Nouvelle-Calédonie : «établir des ponts entre les communautés»

Quel «destin commun» inventer après le référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie ? Le professeur Frédéric Rognon, membre du groupe informel Nouvelle-Calédonie qui se réunit ce mardi au Défap, a été invité par le Service radio de la Fédération Protestante de France pour évoquer la situation de l’archipel à l’approche d’un vote qui cristallise les inquiétudes. Selon lui, ce que peut faire l’Église protestante face aux risques de radicalisation à l’issue du scrutin, c’est «multiplier les occasions pour se parler et essayer de se comprendre.» L’EPKNC encourage ainsi ses fidèles, et plus largement la population du pays, à vivre la période référendaire dans la responsabilité, le respect mutuel et la paix. Les Églises de France accompagnent le processus, à travers la présence du Défap.

Le 4 novembre 2018, la population de la Nouvelle-Calédonie est appelée à se prononcer par référendum sur l’indépendance et la pleine souveraineté du territoire. Un scrutin qui marquera l’aboutissement d’un processus d’une trentaine d’années. Entre 1988, l’année des «événements», et aujourd’hui, les accords de Matignon ont permis de préserver la paix civile. Ils ont été complétés par l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, qui poursuivait la revalorisation de la culture kanak, créait de nouvelles institutions et prévoyait un processus de transfert progressif de compétences à la Nouvelle-Calédonie. Quant au référendum d’autodétermination, prévu initialement en 1998, son organisation avait été, d’un commun accord entre l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes, repoussée au plus tard à l’année 2018. Voilà pourquoi, le 4 novembre prochain, les votants seront invités à répondre à la question suivante : «Voulez vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?»

Or depuis 1988, la société néo-calédonienne s’est transformée. Elle est devenue de plus en plus multiculturelle. Dans des lieux comme Nouméa, les jeunes des diverses communautés se sont habitués à vivre côte à côte – sinon ensemble. Mais l’approche de ce référendum d’autodétermination longtemps annoncé menace de raviver les tensions. Alors même que, quel qu’en soit le résultat, les 260.000 Calédoniens, dont 110.000 Kanak, devront réussir après le vote à construire ensemble l’avenir de l’archipel…

Craintes de radicalisation

Pour aller plus loin :

La Nouvelle Calédonie : «Un destin commun», partie 1

La Nouvelle Calédonie : «Un destin commun», partie 2

Les relations entre protestants de France et protestants de Nouvelle-Calédonie sont inscrites dans l’Histoire, et c’est précisément pour accompagner les Calédoniens à l’heure du choix qu’a été créé un groupe informel qui se réunit régulièrement au Défap. Parmi les membres de ce groupe, qui se retrouve justement ce mardi au 102 boulevard Arago, figure entre autres le pasteur Frédéric Rognon, qui a été récemment l’invité du Service radio de la FPF, où il a répondu aux questions d’Olivier Betti. Professeur de philosophie des religions à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg, Frédéric Rognon est surtout bon connaisseur de la Nouvelle-Calédonie, où il a vécu trois ans dans les années 80. Vous pouvez écouter dans les encadrés ci-contre l’intégralité de ces entretiens, diffusés en deux parties.

Concernant l’ambiance qui prévaut en Nouvelle-Calédonie à l’approche du vote, Frédéric Rognon souligne notamment : «J’y étais encore en juillet-août ; j’ai entendu souvent des craintes sur l’après-référendum, concernant une radicalisation possible. Comment rester dans le destin commun après ce scrutin ? Sachant qu’il y aura un deuxième et un troisième référendum en cas de non à l’indépendance, en 2020 et 2022, ce qui a été prévu dans l’accord de Nouméa…» Quelles sont donc les inquiétudes soulevées par ce vote ? «On craint qu’au lendemain du 4 novembre, il y ait des vainqueurs et des vaincus. L’Église protestante est très soucieuse de cela et cherche à canaliser ces ardeurs, pour éviter à la fois la volonté de revanche et le sentiment d’avoir vaincu.»

Comme le note Frédéric Rognon, «l’indépendance a peu de chances d’être votée directement en novembre. L’enjeu porte plutôt sur le niveau du vote indépendantiste. S’il est vraiment très faible, on a un risque de radicalisation des deux bords : de la part des indépendantistes les plus durs, qui perdraient confiance dans la démocratie et seraient tentés de revenir à la situation des événements des années 80 ; mais aussi de la part des loyalistes les moins modérés, qui voyant que l’indépendance ne fait plus recette, pourraient vouloir remettre en question tout le processus, le deuxième et le troisième référendum, le gel du corps électoral obtenu par les indépendantistes… Ce qui durcirait la situation et créerait de nouveaux clivages.»

La question du corps électoral

Août 2017 : lors du synode de l’EPKNC en Nouvelle-Calédonie © Défap

Cette question du «gel du corps électoral», et au-delà, la question de savoir qui vote ou non lors de tels scrutins engageant tout l’avenir de l’île, est cruciale. La démographie est en effet très défavorable au vote en faveur de l’indépendance. Cette évolution démographique s’explique par l’immigration encouragée par la métropole, qui s’est encore accélérée avec le «boom du nickel» de la fin des années 1960. Résultat : alors que la population kanak représentait 51,1% de la population totale en 1956, cette part était descendue à 46% en 1969 ; elle est de 39% aujourd’hui. D’où l’idée d’une restriction du corps électoral pour obtenir une sorte de rééquilibrage en faveur des Kanak – un principe qui a désormais valeur constitutionnelle et qui a été inscrit dans l’accord de Nouméa. Selon les termes de l’accord, il s’agissait de poser «les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun».

Il existe ainsi en Nouvelle-Calédonie plusieurs corps électoraux, avec des listes électorales de droit commun et d’autres spéciales. Les listes de droit commun sont destinées aux élections à dimension nationale (présidentielle, législatives, européennes…) ; les listes spéciales ont prévu une restriction du corps électoral dans l’optique, précisément, de l’organisation du référendum d’autodétermination, et le principe en a été étendu aux scrutins locaux. Cette question de la composition du corps électoral pour le référendum est longtemps restée une pierre d’achoppement entre les forces politiques en présence.

Accompagner et favoriser les occasions de dialogue

Délégation de la Nouvelle-Calédonie Clôture du 4ème festival des arts mélanésiens, Mwâ kâ Nouméa, Nouvelle-Calédonie 2010 © Sekundo

Que peuvent faire les protestants face à ces risques de tensions – volonté de revanche, radicalisation, voire remise en cause de tout le processus et notamment du gel du corps électoral ? Accompagner et favoriser les occasions de dialogue. Historiquement, les Églises de France ont des liens privilégiés avec l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC), elle-même très majoritairement Kanak et qui s’est longtemps déterminée nettement en faveur de l’indépendance, mais qui plaide aujourd’hui pour l’invention d’une citoyenneté calédonienne. En témoigne le mot de l’Église publié à l’occasion de son synode de l’été 2018 : l’EPKNC y invite «chaque responsable d’Église à vivre pleinement sa mission là où il est. Il invite également les différents acteurs de ce pays à œuvrer pour la paix, la fraternité et la solidarité. À travers la parole d’espérance d’Éphésiens 2 au verset 19, le Synode Général encourage chacun à devenir « citoyen de sa terre et concitoyen d’un pays nouveau ».»

Comme le souligne Frédéric Rognon, la Nouvelle-Calédonie, «c’est un petit territoire, où presque tout le monde se connaît». Ce que peut faire l’Église, c’est «multiplier les occasions pour se parler et essayer de se comprendre ; établir des ponts, des passerelles entre les communautés.» L’EPKNC a ainsi encouragé ses fidèles, et plus largement la population du pays, à vivre la période référendaire dans la responsabilité, le respect mutuel et la paix. Les Églises de France accompagnent le processus d’autodétermination du peuple calédonien, à travers la présence et les actions du Défap, dans un esprit de fraternité, manifestant ainsi leur soutien à cette quête «de paix, de fraternité et de solidarité».




Du harcèlement sexuel et de la calomnie !

Méditation du jeudi 25 octobre 2018 : poursuite de notre série pour une lecture interculturelle du cycle de Joseph. Nous prions pour nos envoyés au Burkina-Faso.

Les Ismaélites qui avaient emmené Joseph en Égypte le vendirent à un Égyptien nommé Potifar. Ce Potifar était l’homme de confiance du Pharaon et le chef de la garde royale.

Le Seigneur était avec Joseph, si bien que tout lui réussissait. Joseph vint habiter la maison même de son maître égyptien. Celui-ci se rendit compte que le Seigneur était avec Joseph et faisait réussir tout ce qu’il entreprenait. Potifar fut si content de lui qu’il le prit à son service particulier ; il lui confia l’administration de sa maison et de tous ses biens. Dès lors, à cause de Joseph, le Seigneur fit prospérer les affaires de l’Égyptien ; cette prospérité s’étendit à tous ses biens, dans sa maison comme dans ses champs. C’est pourquoi Potifar remit tout ce qu’il possédait aux soins de Joseph et ne s’occupa plus de rien, excepté de sa propre nourriture.

Joseph était un jeune homme beau et charmant. Au bout de quelque temps, la femme de son maître le remarqua et lui dit : « Viens au lit avec moi ! » — « Jamais, répondit Joseph. Mon maître m’a remis l’administration de tous ses biens, il me fait confiance et ne s’occupe de rien dans sa maison. Dans la maison, il n’a pas plus d’autorité que moi. Il ne m’interdit rien, sauf toi, parce que tu es sa femme. Alors comment pourrais-je commettre un acte aussi abominable et pécher contre Dieu lui-même ? » Elle continuait quand même à lui faire tous les jours des avances, mais il n’accepta jamais de lui céder.

Un jour Joseph entra dans la maison pour son travail ; les domestiques étaient absents. La femme de Potifar le saisit par sa tunique en lui disant : « Viens donc au lit avec moi ! » Mais Joseph lui laissa sa tunique entre les mains et s’enfuit de la maison. Lorsque la femme se rendit compte qu’il était parti en lui laissant sa tunique entre les mains, elle cria pour appeler ses domestiques : « Venez voir : Cet Hébreu que mon mari nous a amené a voulu se jouer de nous ! Il est venu ici pour abuser de moi, mais j’ai poussé un grand cri. Dès qu’il m’a entendue crier et appeler, il s’est enfui de la maison, en abandonnant sa tunique à côté de moi. »

Elle garda la tunique de Joseph près d’elle jusqu’au retour de son mari. Elle lui raconta la même histoire : « L’esclave hébreu que tu nous as amené s’est approché de moi pour me déshonorer. 18 Mais dès que j’ai crié et appelé, il s’est enfui en abandonnant sa tunique à côté de moi. » Lorsque le maître entendit sa femme lui raconter comment Joseph s’était conduit avec elle, il se mit en colère. Il fit arrêter et enfermer Joseph dans la forteresse, où étaient détenus les prisonniers du roi.

Joseph se retrouva donc en prison. Pourtant, là aussi, le Seigneur fut avec lui e et lui montra sa bonté en lui obtenant la faveur du commandant de la forteresse. Celui-ci confia à Joseph la responsabilité de tous les autres prisonniers. C’était lui qui devait diriger tous les travaux effectués par les détenus. Le commandant ne s’occupait plus de ce qu’il lui avait confié, parce que le Seigneur était avec Joseph et faisait réussir tout ce qu’il entreprenait.   Genèse 39,1-23

 


Joseph et la femme de Potifar Lionello Spada 1576-1622

 

Fort est le contraste entre le malheur qui a frappé Joseph et sa nouvelle situation chez Potifar, présentée comme idyllique. Dieu le protège, ce qui lui apporte le succès et la confiance de son maître, qui lui accorde une autorité incontestable sur toute ses propriétés. Ce rapport de maître à intendant préfigure celui que Joseph aura avec Pharaon, et il pose une problématique que l’on retrouvera souvent dans l’histoire des royaumes et des états : jusqu’où va le pouvoir de celui qui représente le maître ?

Celui de Joseph est à la fois réel et illusoire. Car tout lui est permis sauf de se défendre le jour où il sera calomnié.

Que s’est-il passé ? Potifar a une épouse, qu’il ne satisfait pas ; certains commentateurs ont même suggéré qu’il était eunuque. Toujours est-il que son épouse est saisie d’un vif désir pour le très beau Joseph et commence à le harceler.

Le refus de Joseph de consommer l’adultère s’appuie sur des arguments éthiques et spirituels : il ne peut trahir la confiance de son maître et prendre l’unique « bien » qui lui soit interdit, sa femme.

Voici maintenant que celle-ci joint le geste à la parole en voulant prendre Joseph de force. Elle le saisit par son vêtement. Il répond par la fuite.

Plus que la tentation de l’adultère, le crime de l’épouse de Potifar réside dans la fausse accusation qu’elle lance sur Joseph, en se servant du morceau de vêtement resté entre ses mains pour l’accuser de tentative de viol.

Face à cette calomnie Joseph est forcément perdant. Dans sa colère son maître ne lui laisse aucune chance de plaider sa cause. Mais que se serait-il passé s’il avait demandé à Joseph de s’expliquer ? Dans sa loyauté, Joseph aurait-il pu dire la vérité et accuser la femme de son maître, lui faisant perdre la face ?  C’est difficilement pensable, et s’il l’avait fait, cette vérité lui aurait peut-être coûté encore plus cher qu’une fausse accusation.

Ainsi il existe de nombreux cas où des femmes victimes de violence sexuelle sont réduites au silence sous peine de subir des représailles doublement affligeantes de la part de leur agresseur, surtout s’il est dans une position sociale plus élevée, ou encore de la société quand elle se montre incapable de faire face à de telles réalités.

Joseph va donc se retrouver en prison. Mais Dieu, qui voit tout, continuera de le protéger.

 

 


Taxi-brousse Christophe Sawadogo artiste burkinabais

 

Nous prions pour nos envoyés au Burkina-Faso.

Je te prie, Jésus, mon compagnon de voyage en humanité.
Tu es celui qui m’accompagne sur les chemins chaotiques de ma vie.
Aux jours heureux, pardonne-moi de te donner une place aux repas des retrouvailles.
Pardonne-moi de te laisser dans un coin quand mes amis réchauffent mon cœur.
Excuse-moi de te mettre à part de ceux qui comptent tellement pour moi.
Aux jours douloureux, tu es pourtant Celui qui refus ma solitude.
Tu rêves ma vie quand l’espoir s’enfuit.
Tu me relèves quand tout en moi fléchit.
Tu es mon compagnon de voyage en humanité.
Merci de ta présence, merci pour ton pain, merci pour ta main tendue.
Merci pour ce souffle au rythme de mes pas.
Par toi la source de l’Eternel ranime ma vie :
« Tu as délié mon sac et tu m’as ceint de joie, afin que mon cœur te chante et ne soit pas muet.
Mon Dieu je te louerai toujours » PS 30

Hervé Stucker




Qu’avez-vous fait de votre frère ?

Méditation du jeudi 18 octobre 2018. Nous poursuivons notre série pour une lecture interculturelle du cycle de Joseph. Et nous prions pour notre envoyé au Timor oriental.

Les frères de Joseph se rendirent dans la région de Sichem, pour y faire paître les moutons et les chèvres de leur père.

Un jour Jacob dit à Joseph : « Tes frères gardent le troupeau près de Sichem. Va les trouver de ma part. » — « Oui, père », répondit Joseph.

Jacob reprit : « Va voir s’ils vont bien, ainsi que le troupeau. Puis tu m’en rapporteras des nouvelles. Jacob l’envoya donc depuis la vallée d’Hébron.

Quand Joseph arriva près de Sichem, un homme le rencontra tandis qu’il errait dans la campagne ; il l’interrogea : « Que cherches-tu ? » — « Je cherche mes frères, répondit Joseph ; peux-tu me dire où ils sont avec leur troupeau ? » L’homme déclara : « Ils sont partis d’ici. Je les ai entendus dire qu’ils allaient du côté de Dotan. » Joseph partit à la recherche de ses frères et les trouva à Dotan.

Ceux-ci le virent de loin. Avant qu’il les ait rejoints, ils complotèrent de le faire mourir, se disant les uns aux autres : « Hé ! voici l’homme aux rêves ! Profitons-en pour le tuer. Nous jetterons son cadavre dans une citerne et nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré. On verra bien alors si ses rêves se réalisent. »

Ruben les entendit et décida de sauver Joseph. « Ne le tuons pas ! » dit-il.

Puis il ajouta : « Ne commettez pas un meurtre ; jetez-le simplement dans cette citerne du désert, mais ne le tuez pas. » Il leur parlait ainsi afin de pouvoir le sauver et le ramener à son père.

Dès que Joseph arriva près de ses frères, ils se saisirent de lui, le dépouillèrent de sa belle tunique et le jetèrent dans la citerne. — Cette citerne était à sec, complètement vide. —Puis ils s’assirent pour manger.
Ils virent passer une caravane d’Ismaélites, qui venaient du pays de Galaad et se dirigeaient vers l’Égypte. Leurs chameaux transportaient diverses résines odoriférantes : gomme adragante, baume et ladanum.
Juda dit à ses frères : « Quel intérêt avons-nous à tuer notre frère et à cacher sa mort ? Vendons-le plutôt à ces Ismaélites, mais ne touchons pas à sa vie. Malgré tout, il est de notre famille, il est notre frère. » Ils donnèrent leur accord.

Mais des marchands madianites, qui passaient par là, tirèrent Joseph de la citerne. Ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, qui l’emmenèrent en Égypte.

Lorsque Ruben alla regarder dans la citerne, Joseph n’y était plus. Ruben, désespéré, déchira ses vêtements, revint vers ses frères et s’écria : « Joseph n’est plus là ! Que vais-je faire maintenant ? »

Les frères égorgèrent un bouc, prirent la tunique de Joseph et la trempèrent dans le sang. Ensuite ils l’envoyèrent à leur père avec ce message : « Nous avons trouvé ceci. Examine donc si ce n’est pas la tunique de ton fils. »

Jacob la reconnut et s’écria : « C’est bien la tunique de mon fils ! Une bête féroce a déchiqueté Joseph et l’a dévoré. » Alors il déchira ses vêtements, prit la tenue de deuil et pleura son fils pendant longtemps. Tous ses enfants tentèrent de le réconforter, mais il refusa de se laisser consoler ; il disait : « Je serai encore en deuil quand je rejoindrai mon fils dans le monde des morts. » Et il continua de le pleurer.  Genèse 37, 12-35

 


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Jacob a vécu la violence des relations fraternelles avec son frère Esaü. Malgré cela, c’est avec une relative inconscience qu’il envoie Joseph, seul, vers ses frères dont il connait pourtant la jalousie. Peut-être désire-t-il, en le mettant dans ce rôle de « demandeur de nouvelles », l’éduquer à la modestie, et apaiser ses autres fils ! Si tel est le cas, il paiera cher son initiative.

Mais comment aurait-il pu imaginer ses fils prêts à tuer l’un d’entre eux ? Malgré ce que nous savons de l’histoire et de la nature humaine, il semble que nous ne parvenions que rarement à anticiper le déchaînement de la violence. Et ce qui est vrai de la famille de Jacob l’est aussi au niveau des peuples et des pays. Qu’il s’agisse dans un proche passé du Rwanda, de l’ex-Yougoslavie, ou de l’Irak et la Syrie d’aujourd’hui, comment imaginer que d’anciens voisins vont s’entretuer !

Les frères de Joseph en sont au stade où ils ne peuvent plus voir Joseph sans désirer le supprimer. Son existence même est comme une insulte à ce qu’ils sont et ne sont pas. Alors il devient le bouc émissaire, dont l’exécution sert à satisfaire leur soif de violence.

Contre cet instinct vont pourtant lutter, chacun à sa manière, Ruben et Juda. Ils ne parviendront pas à rétablir complètement la situation, mais du moins le sang humain aura été remplacé par le sang d’un bouc, ce qui peut rappeler le bélier qui fut sacrifié à la place d’Isaac sur le Mont Moriah.

Mais Joseph, vendu comme esclave en Egypte, aura disparu de la vue de son père, qui pleure toutes les larmes de son corps et refuse de se laisser consoler. Cette « inconsolation » n’est-t-elle pas celle de Dieu lui-même, devant les maux que ses enfants s’infligent les uns aux autres sur cette terre ?

 

 


Source : Pixabay

 

Nous prions pour notre envoyé au Timor oriental

Mon Dieu, je viens vers toi
Le cœur habité de tous ces enfants livrés à eux-mêmes
Dans les rues des cités
Dans les bidonvilles
Dans les camps de réfugiés.
Ils ne connaissent ni paix ni avenir
Ni amour ni sécurité.
Ils sont victimes de la folie des hommes
Génération sacrifiée.

Mon Dieu je viens vers toi
Le cœur habité de tous ces jeunes
Qui se cherchent
Qui te cherchent sans le savoir.
Ils sont là dans les rues à crier leur désarroi
Ils n’osent plus croire en l’avenir.

Seigneur tu as pris les petits dans tes bras
Et de tes mains tu les as bénis.
Tu as regardé le jeune homme riche
Avec compassion avec amour.
Toi le Dieu de la vie
Tu as une espérance pour chacun d’eux.
Rends-nous attentifs à ta voix, à ta volonté
Et fais de nous aujourd’hui des témoins d’espérance et de vie
Pour tous ceux qui croiseront notre chemin.

Sœur Danielle




Quand germe la haine entre frères !

Méditation du jeudi 11 octobre 2018 : pour une lecture interculturelle de la Bible. Nous prions pour nos envoyés en Égypte.

Jacob s’installa au pays de Canaan, dans la région où son père avait séjourné.

Voici l’histoire des fils de Jacob.

Joseph était un adolescent de dix-sept ans. Il gardait les moutons et les chèvres en compagnie de ses frères, les fils de Bila et de Zilpa, femmes de son père. Il rapportait à son père le mal qu’on disait d’eux.

Jacob aimait Joseph plus que ses autres fils, car il l’avait eu dans sa vieillesse. Il lui avait donné une tunique de luxe.

Les frères de Joseph virent que leur père le préférait à eux tous. Ils en vinrent à le détester tellement qu’ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

Une fois, Joseph fit un rêve. Il le raconta à ses frères, qui le détestèrent encore davantage. «Écoutez mon rêve, leur avait-il dit : Nous étions tous à la moisson, en train de lier des gerbes de blé. Soudain ma gerbe se dressa et resta debout ; toutes vos gerbes vinrent alors l’entourer et s’incliner devant elle. »

« Est-ce que tu prétendrais devenir notre roi et dominer sur nous ? » lui demandèrent ses frères. Ils le détestèrent davantage, à cause de ses rêves et des récits qu’il en faisait.

Joseph fit un autre rêve et le raconta également à ses frères. « J’ai de nouveau rêvé, dit-il : Le soleil, la lune et onze étoiles venaient s’incliner devant moi. »

Il raconta aussi ce rêve à son père.

Celui-ci le réprimanda en lui disant : « Qu’as-tu rêvé là ? Devrons-nous, tes frères, ta mère et moi-même, venir nous incliner jusqu’à terre devant toi ? »

Ses frères étaient jaloux de lui, mais son père repensait souvent à ces rêves. Genèse 37,1-11

 


Les rêves de Joseph © Shoshannah Brombacher

 

Non seulement Jacob préfère son fils Joseph à ses autres fils mais il extériorise dangereusement cette préférence, notamment par l’habit remarquable dont il le revêt. Alors la haine qui s’empare de ses frères nous rappelle la scène primitive de Caïn et Abel, comme si la rivalité avec le frère demeurait, depuis l’origine, le défi fondamental que l’être humain doit affronter. Cela reste-t-il vrai quand il ne s’agit plus d’une fraternité de sang, mais d’une fraternité religieuse ou associative ?

Joseph en rajoute en racontant à ses frères un rêve étrange qui ne peut que les provoquer. Alors qu’ils sont tous bergers les voici en train de moissonner ensemble, et les gerbes des frères s’inclinent devant celle de Joseph. Est-ce un songe prémonitoire annonçant le rôle du futur ministre de Pharaon en Égypte ? Ou une allégorie de sa domination ?

Au lieu de s’interroger vraiment, et avec Joseph, sur les significations possibles de son rêve, ses frères vont tout de suite le comprendre dans le sens qui attise leur haine.

Alors Joseph renchérit par un second rêve, où sa toute-puissance s’exprime ostensiblement cette fois. Car ce sont les forces cosmiques qui s’inclinent devant lui. Et il en fait part non seulement à ses frères mais également à son père Jacob, qui semble s’indigner et en garde mémoire.

Quel est le rôle des parents, des éducateurs, dans les relations au sein des fratries ? Quelle conscience ont-ils des germes de jalousie et de violence ? Est-il possible de faire de la prévention sur les questions de rivalité, de place dans la famille, d’aspiration à la justice et à l’égalité ?  Si la famille est une micro-société, ces questions ont forcément une répercussion sur l’ensemble du corps social.

 

 


Source : Pixabay

 

Nous prions pour nos envoyés en Égypte avec cette « prière de l’éducateur ».

Seigneur ils vont leur chemin
Ces garçons et ces filles
Comme tes disciples vers Emmaüs.
Tu les as mis sur leur route.
Donne-moi de les rejoindre
Comme tu m’as rejoint dans mon histoire
Respectant les méandres, les déviances de ma vie.
Apprends-moi, Seigneur, non seulement à les voir
Mais à les regarder :
Ces visages chiffonnés, lisses
Ou ceux dont le sourire dit le cœur
Ces yeux vides, fuyants
Ou ce regard pétillant d’étoiles.

Apprends-moi, Seigneur, à rejoindre ton désir pour eux
En embrassant toute l’étendue de leurs propres désirs.
A ne pas me figer sur ce qu’ils sont
Mais à ma fixer sur ce qu’ils ne sont pas encore.
Comme toi avec tes deux disciples
Donne-moi de les aider
A apprendre que l’essentiel est de goûter les choses intérieurement.
Apprends-moi, envers eux,
L’infinie patience que tu nous portes déjà.
Que je sache leur dire, comme toi si souvent :
« Lève-toi et marche ! »
Que je puisse les inviter à incliner leur cœur
Vers cet Autre qui les habite déjà !




Course aux enfants !

Quand le Seigneur vit que Léa était moins aimée que Rachel, il la rendit féconde, alors que Rachel restait stérile. Léa devint enceinte, et mit au monde un fils qu’elle appela Ruben. Elle expliqua en effet : «Le Seigneur a vu mon humiliation ; maintenant mon mari m’aimera.»

Elle fut de nouveau enceinte et mit au monde un deuxième fils. Elle déclara : «Le Seigneur a su que je n’étais pas aimée, et il m’a donné un autre fils.» Elle appela ce fils Siméon.

Elle fut de nouveau enceinte et mit au monde un troisième fils. Elle déclara : «Cette fois-ci mon mari s’attachera à moi, car je lui ai donné trois fils.» Et Jacob appela ce fils Lévi.

Elle fut de nouveau enceinte et mit au monde un quatrième fils. Elle déclara : «Cette fois, je louerai le Seigneur.» Et elle appela ce fils Juda.

Elle cessa alors d’avoir des enfants.

Quand Rachel s’aperçut qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants, elle devint jalouse de sa sœur. Elle dit à Jacob : «Donne-moi des enfants, sinon je mourrai.»

Jacob se mit en colère contre elle : «Me prends-tu pour Dieu lui-même ? C’est lui qui t’empêche d’en avoir.» Elle répondit : «Prends ma servante Bila, pour qu’elle mette au monde des enfants ; je les adopterai. Ainsi, grâce à elle, j’en aurai moi aussi.» Elle donna donc à Jacob sa servante, qui passa la nuit avec lui.

Bila devint enceinte et donna un fils à Jacob. Rachel déclara : «Dieu a jugé en ma faveur. Il a entendu mon souhait et m’a accordé un fils, à moi aussi.» Et elle l’appela Dan.

Bila, servante de Rachel, fut de nouveau enceinte et donna un second fils à Jacob. Rachel déclara : «J’ai livré un dur combat à ma sœur et j’ai gagné.» Elle appela son fils Neftali.

Quand Léa vit qu’elle avait cessé d’avoir des enfants, elle prit sa servante Zilpa et la donna pour femme à Jacob. Zilpa donna un fils à Jacob, et Léa s’écria : «Quelle chance !» Et elle l’appela Gad.

Zilpa donna un second fils à Jacob. Léa s’écria : «Quel bonheur ! Maintenant les femmes peuvent dire que je suis heureuse.» Et elle l’appela Asser.

Un jour, à l’époque de la moisson du blé, Ruben se rendit aux champs et trouva des pommes d’amour. Il les apporta à sa mère Léa.

Alors Rachel dit à Léa : «S’il te plaît, donne-moi quelques-unes des pommes d’amour de ton fils.» Léa répondit : «Il ne te suffit pas d’avoir pris mon mari ? Tu veux encore prendre les pommes d’amour de mon fils !» Rachel reprit : «Eh bien, Jacob passera la nuit prochaine avec toi en échange des pommes d’amour de ton fils !»

Le soir, quand Jacob revint des champs, Léa sortit à sa rencontre et lui déclara : «Tu dois passer la nuit avec moi : j’ai payé le droit de t’avoir contre les pommes d’amour de mon fils.» Jacob passa donc avec elle cette nuit-là. Dieu exauça la prière de Léa. Elle devint enceinte et donna un cinquième fils à Jacob. Elle proclama : «Dieu m’a payé un salaire pour avoir donné ma servante à mon mari.» Et elle appela son fils Issakar.

Léa fut de nouveau enceinte et donna un sixième fils à Jacob. Elle proclama : «Dieu m’a fait un beau cadeau. Cette fois mon mari m’honorera, puisque je lui ai donné six fils.» Et elle appela son fils Zabulon. Par la suite elle mit au monde une fille, qu’elle appela Dina. Genèse 29 ,31-30,21

 


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La stérilité peut être douloureuse pour une femme désirant absolument enfanter. Heureusement aujourd’hui existe la Procréation Médicalement Assistée ! Mais là où elle n’est pas possible et dans une société qui parmi les femmes n’honore que les mères, la stérilité reste un malheur. D’autant qu’elle a longtemps était considérée comme une faute, le résultat d’une transgression imputée à la femme.

La Bible n’accable pas les femmes stériles, mais en fait les porteuses d’un message théologique : c’est Dieu qui donne la vie.  Quel mal aurait donc commis Rachel, sinon d’être la préférée de Jacob, pour que Dieu semble l’oublier et se soucier, en revanche, des enfantements de sa sœur, afin de compenser la moindre affection de leur mari à son égard ?

Donc Léa enfante, puis cesse d’enfanter. Alors les matriarches se lancent dans une compétition à travers le ventre de leurs servantes Bilha et Zilpa. Peut-on parler de Gestation Pour Autrui ?  La différence est que les enfants des servantes, tout en étant adoptés comme leurs par Rachel et Léa, ne sont pas séparés de celles qui les ont portés.

Notons aussi que Jacob les considère tous comme ses enfants. En dehors de sa préférence pour Joseph, c’est en fonction de leur personnalité propre qu’il porte un regard sur ses fils, comme nous le verrons quand, à l’approche de la mort,  il leur donnera sa bénédiction.

Reste l’importance de la nomination, maîtrisée par les deux sœurs Léa et Rachel, qui à chaque fois tente de rendre compte des circonstances et du sens de la naissance de chacun des enfants. On sait combien, dans la Bible, le nom a une portée théologique. Mais au fait, comment nommons-nous nos enfants ? A quelle logique obéissons-nous ? La tradition, les usages familiaux ? La mode ? Leur donnons-nous, en cas d’exil, un prénom du pays d’origine ou du pays d’accueil ? Un prénom biblique, un prénom du calendrier ?  Pourquoi ?

 

 


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Nous prions pour nos envoyés à Madagascar.

Nous prions Dieu !
Dieu nous prie en Jésus-Christ :
Je t’aime tel que tu es
Voici que je me tiens à la porte et que je frappe.
C’est vrai ! Je me tiens à la porte de ton cœur, jour et nuit.
Même quand tu ne m’écoutes pas, même quand tu doutes que ce puisse être Moi,
C’est Moi qui suis là.
J’attends le moindre petit signe de réponse de ta part, le plus léger murmure d’invitation,
Qui me permettra d’entrer chez toi.
Je veux que tu saches que chaque fois que tu m’inviteras, je vais réellement venir.
Je serai toujours là, sans faute.
Silencieux et invisible, je viens, mais avec l’infini pouvoir de mon amour.
Je viens avec ma miséricorde, avec mon désir de te pardonner, de te guérir,
Avec tout l’amour que j’ai pour toi ;
Un amour au-delà de toute compréhension,
Un amour où chaque battement du cœur est celui que j’ai reçu du Père même.
Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé.
Je viens, assoiffé de te consoler, de te donner ma force, de te relever, de t’unir à moi,
Dans toutes mes blessures.
Je vais t’apporter ma lumière.
Je viens écarter les ténèbres et les doutes de ton cœur.
Je viens avec mon pouvoir capable de te porter toi-même et de porter tous tes fardeaux.
Je viens avec ma grâce pour toucher ton cœur et transformer ta vie.
Je viens avec ma paix, qui va apporter le calme et la sérénité à ton âme.
Je connais tout de toi. Même les cheveux de ta tête, je les ai tous comptés.
Rien de ta vie est sans importance à mes yeux.
Je connais chacun de tes problèmes, de tes besoins, des tes soucis.
Oui, je connais tous tes péchés, mais je te le redis une fois encore :
Je t’aime, non pas pour ce que tu as fait, non pas pour ce que tu n’as pas fait.
Je t’aime pour toi même, pour la beauté et la dignité que mon Père t’a données
En te créant à son image et à sa ressemblance.
C’est une dignité que tu as peut-être souvent oubliée,
Une beauté que tu as souvent ternie par le péché,
Mais je t’aime tel que tu es.

Prière écrite par Mère Teresa




Jacob voulait une femme, il en eut quatre !

Lorsque Laban entendit parler de Jacob, le fils de sa soeur, il courut à sa rencontre, l’embrassa et l’amena à la maison. Jacob raconta à Laban tout ce qui lui était arrivé. Laban lui dit : « Tu es vraiment de ma famille, du même sang que moi. » Jacob passa un mois entier chez Laban.

Un jour, Laban dit à Jacob : « Tu es mon parent, mais ce n’est pas une raison pour que tu travailles gratuitement à mon service. Dis-moi quel doit être ton salaire. »

Or Laban avait deux filles. L’aînée s’appelait Léa et la plus jeune Rachel. Léa avait le regard terne, tandis que Rachel était bien faite et ravissante. Jacob était amoureux de Rachel et il dit à Laban : « Je travaillerai sept ans à ton service pour épouser Rachel, ta fille cadette. » Laban donna son accord : « J’aime mieux la donner à toi qu’à un autre. Reste chez moi. »

Pour obtenir Rachel, Jacob resta sept ans au service de Laban. Mais ces années lui semblèrent passer aussi vite que quelques jours, tant il l’aimait. Puis Jacob dit à Laban : « Le délai est écoulé. Donne-moi ma femme. Je veux l’épouser. »

Laban invita tous les gens du lieu au repas de noces. Mais le soir il prit sa fille Léa et la conduisit à Jacob, qui passa la nuit avec elle. Laban avait donné Zilpa comme servante à sa fille. Le matin Jacob s’aperçut que c’était Léa et il dit à Laban : « Que m’as-tu fait là ? N’est-ce pas pour épouser Rachel que j’ai travaillé à ton service ? Pourquoi m’as-tu trompé ? » Laban lui répondit : « Ce n’est pas la coutume dans notre région de marier la cadette avant sa soeur aînée. Finis la semaine de noces avec l’aînée. Nous te donnerons aussi la plus jeune si tu travailles encore sept ans pour moi. »

Jacob donna son accord : il acheva la semaine de noces avec Léa, puis Laban lui accorda Rachel. A Rachel, il donna Bila comme servante. Jacob passa la nuit avec Rachel et l’aima plus que Léa. Il continua de travailler pour Laban pendant sept ans de plus.  Genèse 29,13-30

 


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C’est par ruse, en profitant de la cécité de son père, que Jacob obtint sa bénédiction à la place d’Esaü son frère aîné.

C’est en profitant de la nuit que Laban se joua de Jacob, en mettant dans sa couche Léa et non Rachel qu’il venait pourtant d’épouser.

Mais elle était la cadette et il fallait marier l’aînée d’abord. Cette coutume s’est longtemps prolongée ; peut-être a-t-elle encore cours dans certaines sociétés ?

Mais ce récit nous pose encore d’autres questions que le droit d’aînesse. Jacob amoureux de Rachel a le désir de l’épouser, et donc de fonder un foyer monogame. Il se voit imposer un projet polygame, avec non seulement deux femmes mais également leurs servantes, dont l’assujettissement sexuel semble aller de soi dans le contexte. Sara n’avait-elle pas eu elle-même recours à sa servante Hagar au temps de sa stérilité ?
Complexe est la Bible, qui à côté de la réalité polygame des contextes dans lesquels elle s’enracine, présente, dans ses premiers chapitres, le couple humain comme fondement de la vie et de la civilisation. C’est au singulier qu’Adam s’exprime quand il reconnaît sa femme « Voici l’os de mes os et la chair de ma chair. » Et il est appelé à « quitter son père et sa mère pour aller vers sa femme et ils deviendront une seule chair. »
La polygamie n’est pas le pluriel de la monogamie, mais un modèle anthropologique différent, où les femmes sont considérées comme mineures et propriétés de l’homme. Elles doivent être protégées et assurer une descendance nombreuse.

Dans une théologie de l’alliance, où la relation de Dieu à son peuple, puis du Christ à son église, est comparée à un mariage, l’union monogame va se charger de sens, car l’amour des époux l’un pour l’autre sera considéré comme une image de l’amour de Dieu. Ceci ouvrira un long chemin vers l’égalité homme-femme.

Mais déjà dans le Nouveau Testament est annoncé : « Il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ ». Galates 3,28

 

 


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Nous prions pour nos envoyés à Madagascar.

Seigneur,
J’ai faim et soif de croissance.
Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays
J’aimerais atteindre ma taille réelle
Occuper l’espace auquel j’ai été appelée de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif d’équité.
Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays
J’aimerais pouvoir regarder chaque personne dans les yeux
Vivre la dignité qui m’a été donnée à grand prix
De très haut et depuis très longtemps.

J’ai faim et soif, faim et soif de reconnaissance.
Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays
J’aimerais pouvoir appeler mon travail « travail »
Construire des espaces dans lesquels je puisse lui dire que je suis
Par pure grâce
De très haut et depuis très longtemps.

J’ai faim et soif de justice.
Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays
Victimes des violences les plus brutales et les plus subtiles
Je ne veux plus être violée, maltraitée
Réduite au silence, assassinée.
Parce que de très haut et depuis très longtemps je suis
Avec chaque être humain
Image et ressemblance de toi qui m’as créée.

Laura Figueroa Granados




La rose et la mission

Rencontre des ERM du 20 septembre 2018 © Défap

On parle de sujets très larges lors des rencontres des Équipes Régionales Mission. Y compris de musique… Quel rôle ont les chants, la louange, dans la vie d’une communauté et lors des célébrations ? «David Brown avait beaucoup axé sur la musique lors des cultes quand il s’occupait du programme Mosaïc», rappelle la pasteure Florence Taubmann, du service Animation-France du Défap, qui préside à la réunion. «Dans ma paroisse, souligne pour sa part le pasteur et musicien Pierre Alméras, j’essaie de trouver un équilibre entre l’émotion de la musique, et l’aspect plus intellectuel de la prédication. Ma paroisse est plus multispirituelle que multiculturelle : on y trouve des gens aux parcours spirituels très différents, et la musique est un facteur important pour faire le lien.»

En ce chaud après-midi du 20 septembre, dans la «salle de cours» du 102 boulevard Arago, à Paris, une quinzaine de représentants des Équipes Régionales Mission sont réunis. On évoque les projets en cours : celui de «mini-forum» de la région Centre-Alpes-Rhône, par exemple, avec une série de rencontres organisées simultanément le dimanche 7 octobre dans sept consistoires en partenariat avec le réseau «Bible et création». On parle de voyages solidaires, comme celui que l’association Espérance Nord-Sud organisera en janvier prochain au Cameroun. On parle de voyages de jeunes, comme celui qu’a effectué un groupe de région parisienne, qui a été accueilli lors d’un week-end à Londres par Andy Buckler, aujourd’hui à la Saint Barnabas Church mais qui a été aussi secrétaire national à l’évangélisation et à la formation au sein de l’EPUdF. On fait remonter des demandes auprès du Défap : «Notre région, indique ainsi le pasteur Georges Massengo, souhaite rencontrer des envoyés après leur retour de mission, pour échanger avec eux sur leur expérience et leur ressenti».

«Au bout d’un moment, il faudra choisir»

Tout au long de l’année, les ERM, composées de pasteurs et de laïcs, soutiennent la dynamique missionnaire des régions et des Églises locales ; les rencontres organisées à Paris sont l’occasion d’échanger des nouvelles, de coordonner les activités et, plus largement, de faire avancer les réflexions sur la mission. La musique, comme élément de la vie d’une communauté, en fait partie. On parle ainsi des mérites respectifs des divers recueils en fonction des générations et de l’arrière-plan spirituel (Nos coeurs te chantent, Les ailes de la foi, Jeunesse en mission…) ; mais sont abordés aussi des sujets parfois plus graves, et sans langue de bois. Des questions financières, par exemple, qui poussent parfois les Églises et les paroisses à des arbitrages qui tiennent plus compte des nécessités les plus urgentes que des besoins de la mission ; des problématiques liées à la croissance des Églises, au vieillissement de certaines communautés, au contexte de dissémination que connaissent certaines paroisses… On aborde la question des relations entre mission et évangélisation, celle de la laïcité et des difficultés de lier action sociale et annonce de l’Évangile…

La mission est aujourd’hui un chantier en cours – chantier qui concerne tous les organismes missionnaires européens – et ce contexte se ressent aussi au niveau du travail des ERM. La richesse des échanges lors des rencontres au 102 boulevard Arago en témoigne. «Il y a là des questions qui sont ressenties comme fondamentales», témoigne Florence Taubmann en marge de la réunion. Il s’agit de faire vivre des communautés humaines, avec toute leur richesse et leur complexité, ce à quoi les pasteurs membres des  Équipes Régionales Mission sont particulièrement attentifs : «L’Église me donne des outils, remarque ainsi Georges Massengo ; mais si je n’intègre pas les attentes de ma communauté, ça ne marchera pas. Au final, qui intègre qui ?» Il s’agit aussi de concilier les engagements, quand les personnes engagées sont déjà très sollicitées : «Dans le Sud-Ouest, beaucoup est fait en ce moment autour de l’accueil des migrants. Mais on ne peut pas indéfiniment disperser les forces : au bout d’un moment, il faudra choisir entre les migrants et l’aumônerie de la prison…»

«Tu peux changer le monde»

« 1914-1918 : Les protestants français et la mission, entre patriotisme et universalisme : parcours d’archives » éd. par Jean-François Faba, Claire-Lise Lombard, Bernard Moziman – Reims, Espace culturel protestant, 2017, 208 p., 25€.

Mais la mission a toujours poussé ceux qui s’y engageaient vers des terrains difficiles, en les confrontant aux réalités de leur époque. Ce que viennent rappeler Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, et Jean-François Faba, en présentant un ouvrage dont ils sont co-auteurs : 1914-1918 – Les protestants français et la mission, entre patriotisme et universalisme. La Première Guerre Mondiale n’a pas seulement représenté une terrible boucherie : elle a aussi provoqué de profondes remises en question au sein de toutes les sociétés impliquées. La Société des Missions Évangéliques de Paris, ancêtre du Défap, n’y a pas échappé. Déjà souvent en porte-à-faux par rapport aux projets coloniaux, les missionnaires de la SMEP se sont retrouvés face à des choix déchirants, accompagnant parfois jusqu’au champ de bataille les jeunes de communautés lointaines qu’ils étaient venus évangéliser. Leurs doutes, leurs interrogations, leurs controverses, leurs interpellations figurent encore aujourd’hui dans des lettres, qui racontent l’histoire de la mission protestante de Paris au cours de ce premier conflit mondial, et qui ont servi de base à cet ouvrage. Or, de cette histoire tragique, sont nées les bases de communautés qui sont encore vivantes aujourd’hui au sein de paroisses françaises, ou des institutions, comme les foyers des soldats, qui ont eu un rôle majeur pour ces mêmes communautés… alors même que les aumôniers n’y avaient pas le droit d’évangéliser.
Vous pouvez voir le tout début de cette intervention ci-dessous ; et écouter ci-dessus un enregistrement audio reprenant de larges extraits de cette présentation.

«Si Dieu nous envoie», rappelait le matin même dans sa méditation la pasteure Danielle Hauss-Berthelin, toute nouvelle inspectrice ecclésiastique, à l’occasion d’une rencontre entre les ERM et le bureau du Défap, «ce n’est pas pour vivre confortablement dans l’assurance de son amour et de son pardon. C’est pour que notre foi devienne une bonne nouvelle.» Elle venait alors de lire le début du chapitre 35 du livre d’Esaïe : «Le désert et le pays aride se réjouiront; la solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse». Et pour illustrer sa méditation, elle avait présenté à tous une petite plante toute sèche : une rose de Jéricho. «Si je serre la main, avait-elle dit, il n’y a plus que de la poussière. Mais si je l’arrose, elle reprend vie.» Et joignant le geste à la parole, en mettant la plante dans un verre, elle avait ajouté : «On peut rester là à contempler les choses, ou se retrousser les manches et se mettre en mouvement. Tu peux changer le monde. Rien ne sera fait si tu ne pries pas. Laisse l’amour de Dieu t’envahir à la place de l’amour de toi.»
«14-18 : Des soldats venus d’au-delà les mers» : retrouvez en cliquant ci-dessous les documents qui ont servi de base à la présentation de Claire-Lise Lombard et Jean-François Faba :




Un colloque sur Israël avec l’Institut Protestant de Théologie

Présentation

Aujourd’hui, dans notre société, mais aussi dans la politique menée par le gouvernement d’Israël, il y a très souvent confusion entre «l’Israël biblique» et l’État moderne d’Israël.

Comment les Palestiniens chrétiens peuvent-ils comprendre ces notions de «terre promise» et de «peuple élu» dans la situation qui est actuellement la leur ? Ils expriment régulièrement leurs réactions aux événements, de façon œcuménique, notamment dans le mouvement KAIROS et à travers les activités de l’association SABEEL. Cette problématique est aussi la nôtre comme lecteurs de la Bible. Nous nous proposons de les rejoindre dans ce questionnement.

C’est pourquoi les Amis de SABEEL-France organisent ce colloque en partenariat avec l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Paris, et L’Atelier protestant.

Les intervenants

  • Maurice Buttin Avocat honoraire, président du Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR-PO).
  • Jamal Khader Palestinien, professeur et prêtre à Ramallah.
  • Corinne Lanoir, Professeur d’Ancien Testament à la Faculté protestante de théologie – Paris
  • Patrice Rolin, Bibliste, animateur de L’Atelier protestant.

Les ateliers

L’objectif des ateliers autour de trois questions est de permettre aux participants de comprendre cette problématique et de se l’approprier. Ils seront suivis d’une table ronde finale qui reprendra les questions des ateliers.

Renseignements pratiques

Des soldats israéliens dans une rue de la vieille ville de Jérusalem © EAPPI

Israël dans la Bible et l’État d’Israël aujourd’hui
Des chrétiens, d’ici et de là-bas, s’interrogent

Colloque organisé à la Faculté protestante de théologie

83, bd Arago – 75014 PARIS
métro Denfert-Rochereau / St Jacques

24 NOVEMBRE 2018
de 9h à 18h

Israël-Palestine, les faiseurs de paix
À l’occasion de la Semaine mondiale pour la paix en Israël et Palestine, du 16 au 23 septembre, le site suisse d’informations protestantes Protestinfo propose un dossier intitulé : «Israël-Palestine, les faiseurs de paix». Une série de cinq articles racontant des personnes, des lieux ou des associations œuvrant à cette fin dans la région. Après Un quart de siècle après Oslo, le courage de ceux qui espèrent, mis en ligne le 17 septembre, voici Le Cercle des Parents, un combat dans les larmes. Gros plan sur une association qui réunit depuis 1995 les proches de victimes du conflit, tant israéliennes que palestiniennes, pour s’entraider. Des hommes et des femmes qui ont choisi d’honorer la mémoire de leurs proches en travaillant pour la réconciliation.

 




Coup de foudre au bord d’un puits !

Jacob se remit en chemin et alla vers la terre des enfants de l’Orient. Il vit un puits dans les champs et là, trois troupeaux de menu bétail étaient couchés à l’entour, car ce puits servait à abreuver les troupeaux. Or la pierre, sur la margelle du puits, était grosse. Quand tous les troupeaux y étaient réunis, on faisait glisser la pierre de dessus la margelle du puits et on abreuvait le bétail, puis on replaçait la pierre sur la margelle du puits.

Jacob leur dit : Mes frères, d’où êtes-vous ?  Ils répondirent : nous sommes de Haran.

Il leur dit : Connaissez-vous Laban, fils de Nahor ? Ils répondirent : Nous le connaissons.

Il leur dit : Est-il en paix ? Et ils répondirent : En paix. Et voici Rachel, sa fille, qui vient avec son troupeau (…)

Comme il s’entretenait avec eux, Rachel vint avec le troupeau de son père car elle était bergère.

Lorsque Jacob vit Rachel, fille de Laban, frère de sa mère, et les brebis de ce dernier, il s’avança, fit glisser la pierre de dessus de la margelle du puits et fit boire les brebis de Laban, frère de sa mère.

Et Jacob embrassa Rachel et il éleva la voix en pleurant. Genèse 29, 1-6 et 9-12

 


William Dyce (1806-1864, Écosse)

 

Quand Isaac, le fils d’Abraham et Sara, fut en âge de se marier, Abraham envoya son serviteur Eliézer dans sa famille à Haran pour lui chercher une épouse. À la génération suivante Isaac dépêche à son tour son fils Jacob à Haran y trouver femme parmi les siens.

La question des unions matrimoniales est essentielle et paradoxale. Qui épouse qui ? Sara la matriarche était la demi-sœur d’Abraham son époux. Ils avaient le même père. Aux générations suivantes on sort de cette situation incestueuse par le mariage avec des cousines. Pourtant le voyage de retour à Haran semble contredire l’ordre premier donné à Abra(ha)m de quitter sa famille et le pays de sa parenté. Ne doit-il pas devenir bénédiction pour toutes les nations ?

L’alternative est de contracter une alliance avec des femmes étrangères, notamment cananéennes. Pour des raisons religieuses, cela apparaît comme une abomination car elles sont jugées idolâtres.

Et aujourd’hui, comment les époux se choisissent-ils, dans notre monde ouvert et à travers les différentes cultures ? Les jeunes gens sont-ils soumis à des conventions sociales, ethniques, religieuses, familiales ? Y a-t-il place pour le coup de foudre ?

Ce qui est touchant dans le cas de Rachel et Jacob, c’est que celui-ci tombe amoureux au premier regard. Il roule la pierre pour faire boire le troupeau de Rachel, l’embrasse, et pleure ! Est-ce émotion ? Est-ce pressentiment de toutes les épreuves qu’il leur faudra traverser ?

Quelle est la signification spirituelle de la rencontre amoureuse ? Quel est le secret qui se cache au cœur des larmes, comme au fond des puits ?

Nous avons certainement beaucoup de choses à partager autour de ces questions.

 


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Nous prions cette semaine pour notre envoyée au Burundi.

En écho à la rencontre de Jacob et Rachel nous proposons cette prière écrite par les «Solos» de La Fondation La Cause.

Notre Père qui es aux cieux, toi le Père de tous les Solos,
Que ton nom soit glorifié à travers nos vies de Solos !
Que ton Règne vienne dans nos solitudes !
Aide-nous à comprendre ta volonté pour nos vies,
Et en attendant l’accomplissement de toutes tes promesses,
Que nous vivions la plénitude de ton amour pour en témoigner au plus grand nombre.

Donne-nous notre pain d’affection chaque jour.
Pour nous qui en avons le désir, permets-nous de rencontrer la femme/l’homme que nous saurions aimer.
Donne-nous aussi la patience, le discernement
Et la détermination pour ne pas passer à côté des rencontres amicales nourrissantes.
Pardonne-nous nos découragements, nos aveuglements, nos désespoirs…
Que notre solitude ne soit pas une occasion de chute!

Ne nous abandonne pas à nos souffrances,
Mais donne-nous ta Paix profonde et remplis-nous de ta joie !
Car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire.
Amen




La «vente des Missions», dernière édition

Photo de la dernière édition de la « vente des missions » © Enno Strobel, UEPAL

Fondée en 1968 à la Petite France, alors «vente du Défap», au fil des années et des lieux divers, elle est devenue «vente des Missions», contribuant avec une somme importante à l’engagement missionnaire de l’UEPAL. En sa 50ème année, les 6 et 7 octobre 2018, elle aura lieu une dernière fois au 23 rue du Lazaret, dans les jardins et locaux de la paroisse protestante du Neudorf.

Il y a lieu d’y célébrer une fête d’action de grâce: un cercle de 300 à 400 bénévoles l’a portée, dont beaucoup étaient en même temps engagés à la vente «sœur» de la SEMIS. Des milliers de personnes ont pu bénéficier d’articles divers et variés pas chers. Pour d’autres, il était simplement un plaisir de se retrouver d’année en année «au Défap», pour y vivre des moments de convivialité. Des milliers de sœurs et frères, notamment de l’hémisphère Sud, ont senti le soutien d’une communauté chrétienne universelle, dont nous faisons partie en Alsace et en Moselle.

Les conditions matérielles ont changé

Pour aller plus loin :
Les bénéfices de la vente des missions pourront permettre le soutien d’un foyer d’accueil pour enfants handicapés en Afrique du Sud, ou aider à financer une bourse pour une étudiante en médecine d’Haïti : en tout, 28 projets de solidarité ont été choisis cette année par l’UEPAL sur proposition de sa Commission Mission. Pour plus d’informations, cliquez sur l’image ci-dessus pour télécharger le PDF de présentation ou rendez-vous sur le site de l’UEPAL.

Aujourd’hui, avec gratitude et non dans la frustration, nous constatons que les mentalités et conditions matérielles ont changé. Grâce à Internet, on peut maintenant vendre facilement ce qu’on aurait donné volontiers il y a 20, 30 ans encore. Les possibilités pour des personnes de s’engager sont nombreuses, de nos jours. Puis, la marge de manœuvre de l’économie tant privée que publique s’est beaucoup restreinte.

Mais : réjouissons-nous de ce que nous avons pu réaliser et vivre durant 50 ans !

Il convient de remercier tous les acteurs: bénévoles, paroisses, ville de Strasbourg, entreprises pour leur soutien fidèle.

Vous êtes quand même tristes de ne pas retrouver vos ami(e)s le premier week-end d’octobre en 2019? Il n’y a pas de quoi…! Rendez-vous le 6 octobre 2019 à la «fête missionnaire de l’UEPAL» au Neudorf, avec culte, concert, déjeuner et après-midi récréative.

 

L’intégralité de cet article a été publiée dans le numéro d’avril 2018 de L’Église Missionnaire, magazine de l’UEPAL.

Renseignements pratiques :
La vente des missions de l’Union des églises protestantes d’Alsace et de Lorraine a lieu au foyer de la paroisse protestante de Neudorf, 23, rue du Lazaret (tram ligne A, arrêt Krimeri ; autobus 14 et 24, arrêt rue du Lazaret). Stands ouverts de 10 h à 18 h le samedi, et de 10 h 30 à 18 h le dimanche.

 




La double mission de Joseph !

Pour les 12 semaines à venir vous seront proposées des méditations sur le cycle du patriarche Joseph. On trouve dans l’histoire de Joseph tous les grands thèmes de l’existence humaine et cela peut nous ouvrir à une lecture interculturelle enrichissante.

Aujourd’hui nous commencerons par la scène finale du livre de la Genèse, puis la semaine prochaine, nous remonterons le temps jusqu’à la rencontre de Jacob et Rachel, les parents de Joseph, afin de reprendre toute l’histoire dans sa chronologie.

La double mission de Joseph !

Les frères de Joseph se dirent : « Maintenant que notre père est mort, Joseph pourrait bien se tourner contre nous et nous rendre tout le mal que nous lui avons fait. » 

Ils firent donc parvenir à Joseph ce message : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette dernière volonté : « Dites de ma part à Joseph : Par pitié, pardonne à tes frères la terrible faute qu’ils ont commise, tout le mal qu’ils t’ont fait. » Eh bien, veuille nous pardonner cette faute, à nous qui adorons le même Dieu que ton père. »

Joseph se mit à pleurer lorsqu’on lui rapporta ce message. Puis ses frères vinrent eux-mêmes le trouver, se jetèrent à ses pieds et lui dirent : « Nous sommes tes esclaves. » Mais Joseph leur répondit : « N’ayez pas peur. Je n’ai pas à me mettre à la place de Dieu. Vous aviez voulu me faire du mal, mais Dieu a voulu changer ce mal en bien, il a voulu sauver la vie d’un peuple nombreux, comme vous le voyez aujourd’hui. N’ayez donc aucune crainte : je prendrai soin de vous et de vos familles. » Par ces paroles affectueuses il les réconforta. Genèse 50,15-21

 


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A notre époque de mondialisation, chacun peut être appelé à quitter son pays pour se rendre ailleurs, puis à revenir, chacun peut vivre une double mission, vis-à-vis de ceux qui lui sont proches par l’origine, et vis-à-vis de ceux que la vie, Dieu ou le destin proposent comme nouveaux proches.

Dans cette perspective le patriarche Joseph fait figure de précurseur, car son exil forcé lui a permis d’exercer une mission vis-à-vis de l’Egypte puis vis-à-vis-à-vis de sa propre famille. « Vous aviez voulu me faire du mal, mais Dieu a voulu changer ce mal en bien, il a voulu sauver la vie d’un peuple nombreux, comme vous le voyez aujourd’hui. ».

Vendu par ses frères, Joseph arriva en Egypte où, après maintes péripéties, il devint le ministre de Pharaon. Alors il sauva le peuple de la famine, grâce à son intelligence et à son charisme d’interprète des songes, qui lui permirent d’organiser la conservation des récoltes. Puis il sauva sa propre famille, mais non sans ce don spirituel particulier qui lui rendit possible l’effacement de la faute de ses frères. Alors toute la famille de Jacob reçut également de la nourriture. « Un peuple nombreux fut sauvé »

Peut-on actualiser cette double-mission vers les siens et vers les autres, en la reconnaissant aux étrangers qui vivent parmi nous ou viennent nous visiter, et en l’assumant nous-mêmes comme étrangers et voyageurs sur la terre ?

De Joseph retenons aussi que c’est un homme qui pleure. Ces larmes sont universelles, elles nous parlent de la condition humaine, en ce qu’elle a d’unique, au-delà des cultures et des appartenances.

Larmes de douleur, larmes d’exil, pleurs sur le mal subi, et sur le mal commis. Larmes personnelles mais aussi larmes sur le monde, larmes pour Dieu. Larmes de pardon et de consolation.

Les larmes sont un don spirituel, elles ont une mission humanisante. Une mission communielle entre les humains. Ce peut être comme une source originelle où nous sommes invités à nous retremper, à faire mémoire que nous sommes une et même humanité, si petite devant le Créateur et Père !

 

 


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Nous prions pour tous ceux qui se mettent en route et en mission en ce début du mois de septembre, dans toutes les Églises d’ici et d’ailleurs.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux !…
Et qui n’avait pas une pierre où poser la tête.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !…
Et qui a pleuré devant la tombe de son ami.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les humbles, car eux hériteront la terre !…
Et qui s’est agenouillé devant ses disciples pour leur laver les pieds.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car eux seront rassasiés !…
Et qui a touché le lépreux pour protester contre son rejet.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les miséricordieux, car à eux il sera fait miséricorde !…
Et qui a arrêté les religieux qui voulaient lapider la femme adultère.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu !…
Et qui a laissé une femme verser un parfum de grand prix  sur ses pieds.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les artisans de paix, car eux seront appelés fils de Dieu !…
Et qui a refusé de se défendre lorsqu’on est venu l’arrêter.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les persécutés à cause de la justice, car le Royaume des Cieux est à eux !…
Et qui a été injustement condamné et crucifié.

Je crois que cet homme  est vivant par son Esprit et qu’il nous appelle à vivre dans l’esprit des Béatitudes.

Amen

Antoine Nouis, La galette et la cruche, tome 3, p. 108, éd. Olivétan




Forum Régional Mission : pour connaître «ta Mission sur terre», rendez-vous le 7 octobre

Détail de l’affiche du «mini-forum» Mission de Centre-Alpes-Rhône

Non pas un, mais toute une série de forums sur la Mission, chacun étant organisé en un lieu différent ; et le tout, sur une journée, le dimanche 7 octobre : le «mini-forum» Mission de la région Centre-Alpes-Rhône s’annonce comme un événement. Orchestré par l’Équipe régionale Mission et par le Réseau Bible et Création, il va proposer cultes, conférences, débats, animations et jeux catéchétiques pour les petits et les grands, avec des intervenants pasteurs ou laïcs spécialistes de la Mission et de la préservation de la Création.

Dire la Mission aujourd’hui implique nécessairement de tenir compte d’un monde qui a évolué. Un monde dans lequel les relations entre pays et entre Églises se sont profondément transformées, dans lequel les échanges se sont accrus ; un monde plus sécularisé, mais aussi en quête de repères et qui voit grandir les interrogations sur le «vivre-ensemble», y compris au sein des Églises. C’est justement pour travailler sur cette manière de dire aujourd’hui ce qu’est la Mission, en quoi elle est une nécessité pour les Églises, que le Défap organise des forums missionnaires : celui de 2012, à Rouen, avait pour thème «Le monde est chez toi» ; il était notamment axé sur les manières de vivre l’interculturel dans l’Église. Celui qui s’est déroulé à Sète en octobre 2016 avait pour thème «Parcours de mission», et annonçait déjà la mise en place de «mini-forums régionaux» pour prolonger ses travaux.

Ces «mini-forums» d’une journée, organisés en divers lieux d’une même région, ont pour but d’atteindre un public plus large : il s’agit de permettre à toute personne intéressée de trouver un événement pas trop éloigné de son domicile, pour pouvoir y aller au cours d’une journée sans avoir nécessairement besoin de prévoir un déplacement à l’autre bout de la France.

Mission et préservation de la Création

Et comme les forums précédents du Défap, le «mini-forum» de Centre-Alpes-Rhônes tient compte des évolutions du monde qui peuvent influer directement sur la manière de dire la Mission : alors que les préoccupations environnementales prennent une place croissante dans les Églises, ce rendez-vous du 7 octobre permettra d’articuler Mission et préservation de la création. Le contexte de ce début octobre s’annonce particulièrement propice, à l’issue d’un mois de septembre déjà riche d’événements : l’automne 2018 correspond à une période déterminante pour le climat après l’accord de Paris de 2015. Une mobilisation mondiale, Rise for climate aura ainsi donné lieu, le 8 septembre, à des actions dans des milliers de villes. En France, aux côtés des actions menées par les ONG, de nombreuses paroisses et diocèses auront célébré un Temps pour la création afin de placer les questions écologiques et le climat au centre des échanges, des cultes, des prières…et des actions. Le label Église verte, lancé en septembre 2017, aura, lui, fêté sa première année. Un label qui encourage les Églises, paroisses, communautés chrétiennes à réduire leur empreinte écologique et à vivre un rapport transformé à la nature.

Vous pouvez télécharger dans l’encadré ci-dessus un premier tableau, encore incomplet, des divers lieux où se déroulera le «mini-forum» ; ainsi que les premières affiches. Et consultez régulièrement cette page pour vous tenir au courant des dernières informations !

Retrouvez ci-dessous un article de présentation dans Réveil (n° 510, octobre 2018) :