Derniers jours avant la formation des envoyés

C’est l’évènement qui mobilise le Défap chaque année. Du 4 au 15 juillet, le service protestant de mission formera sa quinzaine d’envoyés prêts à partir dans 8 pays à travers le Monde. Deux semaines indispensables pour échanger, réfléchir mais aussi découvrir les projets des autres participants.

Comme chaque année, la formation annuelle de préparation dispensée par le Défap s’adresse à tous les candidats au départ à la fin de l’été, quels que soient la durée de leur mission et leur statut. Qui part ? Dans quel but ? Quel est le contexte sur place ? Qui rentre ? Quatre questions sur lesquelles les candidats pourront s’interroger mutuellement.

Deux semaines d’échanges et de réflexions

Interculturalité, cadre de la mission, engagement personnel…la formation s’annonce déjà riche. Au programme : conférences, ateliers de mises en situation et animations basées sur la participation active des envoyés.

En complément de l’équipe du Défap, des intervenants extérieurs animeront des conférences. Certains ont d’ores et déjà confirmé leur présence comme la sociologue Evelyne Engel, le pasteur Thomas Wild (secrétaire général d’ACO) et Hervé Ott, formateur en crise et conflits en milieu interculturel.

 


Envoyés du Défap partis en 2015

Un évènement à ne pas manquer

A l’issue de la formation, chacun aura acquis une meilleure connaissance de soi même mais aussi des autres. Les candidats échangeront sur leur diversité de lieux de mission et d’expériences antérieures.
Service envoyés, pôle RSI, pôle animation France, bibliothèque…cet été tout le Défap vivra au rythme de la formation de ses envoyés.

 

Vous pourrez suivre cet évènement sur notre site. Rendez-vous dés le 4 juillet.

 




« L’abîme appelle l’abîme »

Le président et le secrétaire général du Défap, les pasteurs Jean-Arnold de Clermont et Bertrand Vergniol, se sont rendus en République centrafricaine fin mars, pour le culte de Pâques. Le pasteur Vergniol revient sur ce séjour marquant.

Comment parler de la situation de Bangui sans évoquer ses quartiers dévastés ? C’est une ville abîmée qui nous accueille. La peur est palpable. Les habitants vivent depuis 2013 sous la menace permanente de bandits qui peuvent mettre à sac les écoles, les maisons, les commerces, la vie.

Les milices, chacune de leur côté, poursuivent leurs guerres. Le feu a balayé les rues et a laissé dans son sillage des dizaines de milliers de déplacés. Nus, sans rien d’autres que ce qu’ils ont pu, dans la précipitation, emporter. Enfants au dos et bras surchargés, ils survivent le long de l’aéroport, dans les terrains vagues, en tente ou sous des abris de fortune. La misère est poignante, et personne n’y échappe : femmes, enfants, anciens, blessés… tout le monde subit la violence de ce quotidien incertain. C’est dans ce climat que la France a annoncé le retrait de la force Sangaris. Qu’adviendra-t-il de cette trêve fragile ? Les armes que nous ne voyons plus feront-elles à nouveau entendre la plainte des innocents ?

 

Les pasteurs Vergniol (à gauche) et de Clermont (à droite), en RCA, mars 2016

Les pasteurs Vergniol (à gauche) et de Clermont (à droite), en RCA, mars 2016 (DR)

 

La nuit dépose un voile opaque qu’aucune lumière ne vient troubler. La ville est éteinte.  Quelques fantômes la traversent timidement. Mais les ténèbres ne sont pas seulement la privation de lumière, c’est l’état dans lequel on se trouve lorsque plus rien n’appelle à la vie.

 

Au milieu des blindés de l’armée française et des chars blancs de l’ONU se dessine pourtant un espoir.
Le 30 mars 2016, un nouveau président a été investi. Il hérite d’un pays qui a connu trois guerres civiles en moins de quinze ans. Cinq millions de Centrafricains qui comptent sur ce nouvel espoir. Sans police, sans argent, avec 40% de la population qui à moins de 15 ans : le défi est de taille. Cette jeunesse débordante ne se contentera pas d’attendre, il faut agir, et vite. La violence n’appartient pas encore au passé : victimes et bourreaux partagent le même quotidien.

 

Porter la parole de Dieu

 

Novembre 2015, le pape François prononce un discours exhortant les Centrafricains à « résister à la peur de l’autre ». Il se rend alors à la mosquée centrale de Bangui, dans le quartier du PK-5, théâtre d’atrocités pendant les massacres intercommunautaires de la fin 2013. Depuis cette prise de parole, le rang des forces qui appelaient à la violence s’est tari.

Les Trois Saints, le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pasteur et chef de l’Eglise protestante centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et chef de l’Eglise catholique, et l’imam Omar Kobine Layama, président de la conférence islamique, sont également les artisans de cette paix civile.

En appelant chacun à se souvenir que l’autre est aussi son frère, les forces ecclésiastiques ont peut-être évité le scénario rwandais.

 

Protestant ici et là-bas

 

L’Eglise protestante du Christ Roi ne comptait peut-être que 400 ou 500 participants au culte de Pâques mais leur ferveur témoignait du message d’unité qu’ils portent pour le monde. Les protestants, mais pas seulement. Les hommes et les femmes de toutes horizons aussi. Ceux de l’extérieur, ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qu’il faut aimer malgré les différences car, comme le disait Matthieu (5 ;44), « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ».

 

Cette Eglise réformée nous invite à nous souvenir que nous sommes aussi à Bangui.

 




La mission intégrale & les Eglises

C’est autour de « la mission intégrale » que l’ASAH (Association au service de l’action humanitaire) et la FMEF (Fédération des Missions Evangéliques Francophones) ont organisé un Forum à Lyon les 12 et 13 février derniers.

Qu’est-ce que la mission intégrale ?

 

Le sous-titre du Forum nous en donne une idée : être, dire et faire. Mais encore ?

 

Une conférence du Forum ASAH, DR

Une conférence du Forum ASAH, DR

 

Il s’agit de rompre avec l’idée classique de la mission, reposant sur un « ici » terre d’évangélisation et un « là-bas » terre de mission. Dans un monde globalisé, avec de nombreux pays occidentaux sécularisés voire déchristianisés, la mission est devenue multidirectionnelle, de partout vers partout. Et les œuvres humanitaires, qui traditionnellement occupaient la seconde place dans le projet missionnaire, ont connu un essor qui les place en première position, d’autant qu’elles dépassent le cadre du christianisme.

 

Alors les Eglises dans tout cela ?

 

Dans sa conférence, le pasteur Evert van de Poll, professeur de missiologie, nous a invités à reprendre une théologie biblique de la mission. S’appuyant sur Jean 20, 21 « Comme le Père, m’a envoyé je vous envoie dans le monde », il a réaffirmé que l’Eglise est la mission de Dieu. Aussi la mission de l’Eglise s’inscrit dans la mission du christianisme et dans le plan de salut de Dieu pour l’humanité et la création : il s’agit de vivre personnellement en disciples du Christ, de former des communautés fondées sur l’amour fraternel, de se mettre au service de la justice et de la compassion au sein des sociétés humaines, d’enseigner l’Evangile et d’influencer la société avec des valeurs bibliques, notamment en ce qui concerne la responsabilité humaine vis-à-vis de la création. 

 

Moments de travail en atelier et Assemblée Générale d’ASAH, DR Moments de travail en atelier et Assemblée Générale d’ASAH, DR

Moments de travail en atelier et Assemblée Générale d’ASAH, DR

 

Loin de remettre en question le travail missionnaire accompli dans le passé, la mission intégrale intègre, relie, et relit, ce qu’on a eu souvent tendance à séparer ou opposer : évangile et justice sociale, missionnaire et humanitaire. 

 

Cette réflexion, poursuivie à travers de nombreux ateliers et d’autres conférences, était proposés à 120 participants venant de différentes sensibilités et dénominations chrétiennes. Elle fait pleinement écho aux questions que nous nous posons, dans le cadre du Défap et de la Cevaa.

 




Cameroun : une jeunesse investie pour le climat

Le responsable des jeunes de l’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC), Félix Nkam, était présent à la COP21 qui s’est terminée le 12 décembre 2015 à Paris. Cette participation est l’expression d’un engagement fort de l’EEC dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Quelques mots sur Félix


Félix est responsable des jeunes de l’EEC, en charge des projets, des programmes et des finances. C’est dans ce cadre qu’il s’occupe du programme pour la protection de l’environnement.

Mais ses fonctions ne s’arrêtent pas là. Il a participé, en tant que coordinateur, à la création d’un réseau de jeunes protestants d’Afrique Centrale, impulsé par la Cevaa.

Il est également représentant des jeunes d’Afrique au conseil de la VEM (Vereinte Evangelische Mission*). Il s’est ainsi rendu au Rwanda et au Congo, pour des formations sur la résolution pacifique des conflits.

* Mission évangélique unie, institution protestante allemande

 

Félix Nkam à la COP21, DR

Félix Nkam à la COP21, DR

 

Un engagement et des actes


En parallèle de la COP21 se tenait fin novembre la réunion des jeunes pour le climat, la COY11 (Conference of Youth). Intervenant, Félix a présenté la lutte contre les changements climatiques dans le cas des jeunes chrétiens. Il a été choisi pour représenter cette instance à la COP21.

De tous les jeunes présents, il était le seul à être issu d’un mouvement chrétien protestant d’Afrique centrale. L’idée lui est d’ailleurs venue d’organiser un forum de restitution pour informer ses jeunes concitoyens de la sous-région. Sa première action sera l’envoi d’un rapport sur l’événement.

La COY11 est constituée de jeunes volontaires qui œuvrent pour une prise de conscience globale des problématiques environnementales. Ils ont désormais la caution de certaines associations, le label COP21, et ont pu remettre à Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, leur mémento.

 

La parole, un outil inestimable


Félix insiste sur la nécessité pour les jeunes d’entreprendre eux-mêmes des actions. Il cite ce proverbe : « si chacun balaie devant sa porte, tout le village sera propre ». « Chacun doit entreprendre des choses dans sa localité », ajoute-il.

L’Eglise Evangélique du Gabon soutient ces projets. Elle a organisé une rencontre de jeunes, membres de la Cevaa, afin de parler, entre autres, des changements climatiques.**

Pour Félix, ce dialogue est indispensable : les jeunes doivent se rencontrer, échanger sur leurs expériences et trouver des activités de mobilisation pour modifier les comportements.

 

Le groupe de jeunes de la COY11, DR

Le groupe de jeunes de la COY11, DR

 

Félix a retenu deux choses importantes de la COY11 et de la COP21 :

– Le besoin d’entreprendre des actions personnelles et locales, sans attendre les accords. Il existe une « urgence environnementale » au niveau des localités, il faut y répondre par des actions, notamment des jeunes ;

– La nécessité d’organiser, au niveau de l’Eglise Evangélique du Cameroun, une journée internationale pour l’action climatique, afin de faire de la sensibilisation, avec l’appui des médias : camps de vacances écologiques, actions de reboisement etc.

 

On ne peut pas se passer de la communication et de l’information si l’on veut que les comportements changent, conclut Félix. Ce sont les petits agriculteurs qui sont les premiers touchés par les changements climatiques, et il faut les aider.

Son idée : créer un poste au niveau de l’Eglise, pour traiter des enjeux liés à l’environnement et protéger cette création que nous transmettrons à nos enfants.

 

** Retrouvez la déclaration des jeunes des Eglises membres de la sous-région Afrique centrale et de l’Est, à l’issue de la rencontre internationale de Libreville, Gabon (8-16 août 2015)

 

Lisez le manifeste de la COY11

 




« Noël à Beyrouth »

 

« Alors que les familles libanaises s’apprêtent à célébrer Noël, que les rues de Beyrouth, à l’image de toutes les capitales du monde, scintillent en rouge et blanc, affichant l’apparence du bonheur, le mot « espérance » a-t-il encore un sens ici ?

 

Le sapin de Noël national et la mosquée Al-Hariri, centre de Beyrouth, 2008, DR

Le sapin de Noël national et la mosquée Al-Hariri, centre de Beyrouth, 2008 (Source : Flickr)

 

Depuis presque 6 mois, les poubelles quittent les beaux quartiers pour s’entasser aux abords de la ville, dans ces banlieues pourries où vivent les pauvres, les réfugiés. Un peu plus, un peu moins… qu’est-ce que ça peut bien leur faire après tout ? La crise des poubelles, symbole d’une crise plus profonde, a donné naissance à des mouvements de contestation citoyenne : « Vous puez ! » ; tags et slogans en anglais et en arabe montrant du doigt les vrais fautifs, « les saboteurs de la République » comme les appelle chaque matin le quotidien l’Orient-le-Jour.

 

Noël ici, c’est aussi la présence de 1 300 000 réfugiés Syriens, familles dont la plupart sont sans emploi, sans école, sans maison, sans avenir, est-ce encore une vie ?

Noël ici, c’est la guerre ou le blackout aux frontières Nord, Sud et Est. Au Liban, il n’y a guère que la Méditerranée qui offre aux regards l’illusion de la liberté vers l’occident.

Le Liban, pas encore guéri de sa guerre civile, traverse une crise profonde, majeure au dire des spécialistes, voyant ses élites intellectuelles s’hémophiliser vers des horizons plus sécures, plus prospères.

Noël ici, c’est donc tout cela à la fois, lassitude, incertitude et inquiétude, mises en scène dans une désinvolture, une légèreté et un humour déconcertants qui font, entre autre, le charme des Libanais.

 

Dans ce chaos généralisé, l’Eglise protestante française fait comme toutes les autres : elle prie, elle chante, elle célèbre ! Elle tourne ses regards vers Celui dont les pieds ont laissé une empreinte indélébile dans la terre levantine, la mémoire et les cœurs. Elle espère contre toute espérance, elle croit malgré le spectacle affligeant qui se joue sous ses yeux ; elle pleure et rie en même temps, parce qu’ainsi va la vie au Liban.

 

Nous resserrons nos rangs, sœurs et frères d’un même Père, amis de passage ou résidents de cette petite mais vivace « communauté des hauts de la Colline » pour vous souhaiter, sœurs et frères des Eglises CEEEFE un Noël plein de ce que votre cœur désire.

 

En Christ qui vient, Pierre Lacoste, pasteur. »

 




Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

 

Sur les photos, il a toujours l’air d’un enfant sage, attentif et réfléchi. À 25 ans, petite barbe court taillée, cheveux disciplinés, on sent chez lui dès l’abord à la fois la profondeur d’un esprit vif et la gaité du jeune garçon élevé au soleil, dans l’amour et la fraternité.

 

Venu en France après son bac, dans le cadre du programme ABS, il a très tôt pris conscience de l’opportunité, pour son pays natal, de ces études supérieures. D’un trait, il a d’abord obtenu un DUT en Gestion des Entreprises et des Administrations à Bourges, en plein centre de cette France qui lui était alors largement inconnue. Dans la foulée, il s’est inscrit en licence de droit à Tours, ville universitaire à la fois bouillonnante et provinciale. Toujours très éloignée de la douceur calédonienne, mais l’habitude était déjà prise… C’est ensuite à Bordeaux qu’il s’installe, et obtient un master en droit.

 

© DR JONATHAN THOLO Jonathan Tholo aux Nations Unis

© DR JONATHAN THOLO Jonathan Tholo aux Nations Unis (Source : outre-mer 1ère)

 

À la rentrée universitaire 2015, Jonathan intègre Sciences-Po Bordeaux avec un objectif final : se préparer au concours externe de l’École nationale d’administration (ENA). S’il réussit, ce qui semble être bien parti, vu la première partie de son parcours, il sera le premier Kanak à y être admis.

 

Mais Jonathan Tholo n’est pas qu’un étudiant. Il a déjà à son actif une belle expérience professionnelle : en 2012, il est « Assistant Manager » au sein de la branche écossaise de l’ONG Save The Children. L’année suivante, il fait un stage d’assistant parlementaire dans le cabinet du député européen Maurice Ponga, au siège bruxellois du Parlement européen. Cet été, c’est pour le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban, à La Haye, qu’il a exercé son activité de juriste international. Là aussi : beau parcours !

 

Mais ce portrait ne serait pas complet sans la mention des activités associatives de Jonathan : il a été tour à tour vice-président de l’association des Calédoniens de Bordeaux, engagé dans la Fédération Nationale des Étudiants Cagous [autrement dit : calédoniens !] en métropole et organisateur d’une grande conférence sur la Nouvelle-Calédonie, à laquelle a évidemment assisté la promotion 2014-2015 des ABS !

 

Jonathan est toujours en contact avec le Défap : il était présent à la rencontre entre ABS à Bordeaux en février 2015, et a d’ailleurs aidé à son organisation. Il a également participé à l’encadrement du week-end ABS qui a eu lieu à Paris en octobre 2015, et il est prévu qu’il accompagne le prochain week-end ABS, en février 2016.

Article de la chaîne outre-mer 1ère

 




Bientôt un nouveau départ pour les Églises du Cameroun & le Défap ?

Le fronton du bâtiment du CEPCA, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun © Défap

Qu’est-ce que le CEPCA ?

Avec ses six départements, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun a pour mission principale de fédérer les Églises protestantes du pays autour du « témoignage de l’unité profonde du protestantisme ». Le Conseil a également pour but de « renforcer des liens de solidarité entre les communautés, en « développant et coordonnant les activités entre elles » pour « aboutir à une véritable unité de l’Église, garante de l’épanouissement de l’éthique chrétienne protestante dans le pays ».

 

Renouvellement des relations

Des années difficiles viennent de s’écouler, au cours desquelles est intervenu le tragique décès de l’envoyé du Défap Eric De Putter. L’enquête à ce sujet est d’ailleurs toujours au point mort, malgré toutes les interventions faites en France et au Cameroun.

Le pasteur Kémogne, arrivé à son nouveau poste en janvier 2015, souhaite « transcender les événements négatifs du passé » de façon à créer une « nouvelle dynamique des échanges, sur la base de l’espérance ». Pour lui, il est important de se rappeler aussi des bons moments, et des « échanges importants qui ont pu avoir lieu avec le Défap et avec la Fédération protestante de France. »

 

Projets avec la Fédération protestante de France (FPF)

 

Dans l'ordre : les pasteurs Georges Michel, François Clavairoly, et Jonas Kemogne

Dans l’ordre : les pasteurs Georges Michel, François Clavairoly, et Jonas Kemogne

Le secrétaire général du CEPCA a rencontré François Clavairoly, président de la FPF, et Georges Michel, secrétaire général de la FPF, lors de son passage à Paris. Un tour d’horizon sur le passé a permis de se rendre compte que « l’histoire des relations bilatérales est pleine de grands moments qu’il ne faudrait pas balayer d’un revers de la main ». C’est une « histoire forte », insiste le pasteur Kémogne.

Tous trois sont tombés d’accord pour dire qu’il était nécessaire « d’impulser une nouvelle dynamique dans les rapports mutuels car de grands changements structurels et à tous les niveaux de responsabilités sont intervenus de part et d’autre. »

 

Plusieurs projets ont été envisagés, qui seront peaufinés lors de la venue du président du CEPCA en janvier 2016 : entre autres, le rassemblement des Églises protestantes d’Afrique centrale autour de la question de l’extrémisme religieux dans la région, et notamment les exactions commises à l’encontre des populations par les terroristes du mouvement Boko Haram. Ce difficile problème doit être réfléchi et traité dans une optique œcuménique certes, mais également interreligieuse, avec la communauté musulmane.

En effet, il y a eu sept attentats-suicides dans l’Extrême-Nord du Cameroun depuis juillet 2015*. « Les chrétiens sont pourchassés dans le nord du Cameroun », ajoute le pasteur Jonas Kémogne.

La rencontre avec la FPF a été aussi l’occasion de discuter de la mise en place du programme pour célébrer les 500 ans de la Réforme de Luther, en 2017. Il est possible que la FPF puisse aider le Cameroun à organiser un rassemblement du type « Protestants en fête ».

 

Le Rév. Pasteur Jonas Kémogne souhaite que le projet de conseil régional des Églises protestantes d’Afrique centrale soit mis sur pied en collaboration avec la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) et puisse aboutir en 2016.
Enfin, il souhaite que la structuration de l’aumônerie des armées au Cameroun, dont un premier volet est déjà finalisé, puisse reprendre, et qu’un projet de formation de l’aumônerie des prisons soit mis en place.

 

Le CEPCA & le Défap

 

Le pasteur Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, et Dans l'ordre : le rév. pasteur Jonas Kemogne

Le rév. pasteur Jonas Kemogne et le pasteur Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap

Le Défap a actuellement trois envoyés au Cameroun.

Le Secrétaire Général a aussi évoqué avec le pasteur Jean Luc Blanc la possibilité de la  reprise des relations avec l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC). Une réunion des partenaires de l’UPAC aura lieu au Défap le 30 septembre pour travailler cette question. Le Pasteur Kémogne insiste sur l’importance du rôle que devrait jouer l’UPAC dans la lutte des Eglises contre les extrémismes.

 

Le pasteur Jean-Luc Bland et et le rév. pasteur Jonas Kemogne

Le pasteur Jean-Luc Bland et et le rév. pasteur Jonas Kemogne

 

La venue en France du président du CEPCA sera l’occasion de poursuivre les échanges avec le Défap, en particulier sur les projets pour la lutte contre les extrémismes que les deux institutions pourraient développer ensemble.

 

*Source : Amnesty International, au 16/09/2015

 




Climat et migration au cœur du débat pour la FPF

Déclaration du président

 

François Clavairoly, président de la FPF, a insisté sur le fait que l’année 2015-2016 est marquée par « l’actualité brûlante et complexe sur les migrants ». La réponse « réservée » du gouvernement de l’année dernière, a-t-il ajouté, est très différente aujourd’hui.

Le monde protestant est engagé dans cette actualité, comme par exemple l’Action Chrétienne en Orient (voir l’interview de Thomas Wild, directeur de l’ACO) qui possède un réseau protestant important dans les pays du Proche et Moyen-Orient.

C’est un véritable appel à l’action qu’a lancé le président de la FPF : il faut « persévérer et résister », a-t-il déclaré.

 

conference de presse fpf

Après un rappel du devoir d’hospitalité chrétien, il a parlé de « l’événement exceptionnel » qu’est la COP21. C’est la première fois qu’une telle conférence se tient en France. Il a notamment rappelé l’appel de Nicolas Hulot aux religions dans cette affaire de réchauffement climatique.

Les religions « ont un discours qui dépasse les frontières », qui va « au-delà de l’intérêt national ». « C’est la première fois depuis longtemps que la question de la limite se pose », a ajouté François Clavairoly, et « les religions ont quelque chose à dire sur la question de la limite et de la prudence ».
Il a conclu en affirmant la qualité de « problématique interreligieuse » pour l’ensemble de cette question.

Réfugiés & COP21

Jean Fontanieu, secrétaire général de la FEP (Fédération d’Entraide Protestante), est ensuite intervenu sur la question des réfugiés, en présentant les différentes actions de la Fédération à ce sujet.
Pour lui, les migrations et la question de l’hospitalité méritent une même « prise de conscience ».

A sa suite, Coline Eychène, coordinatrice COP21 pour la FPF et les EEUdF (Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de France), a fait un « focus sur les actions protestantes, œcuméniques et interreligieuses » dans le temps qui nous sépare de la Conférence, prévue du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Elle souhaite « mobiliser les membres des Eglises » et les sensibiliser aux pèlerinages qui sont en train d’être organisés en vue de la COP21. En effet, de nombreux pèlerins se mettent en marche dans toute la France. Ils prévoient d’arriver pour l’ouverture de la conférence et d’interpeller les pouvoirs publics pour « demander un accord plus juste sur le climat ». Sur le plan pratique, un site internet a été mis en place, destiné à aider à l’hébergement des pèlerins chez les particuliers. (En savoir plus.)

Plusieurs temps forts auront lieu en novembre à ce sujet, notamment le 28 novembre avec une matinée interreligieuse sur le climat sur France 2. Une prière œcuménique aura également lieu à Notre-Dame de Paris le 3 décembre, avec l’arrivée des « pèlerinages climatiques ».

 

Enfin, Marie Orcel, nouvelle responsable du service télévision, est intervenue : elle a présenté son parcours et a insisté sur la célébration proche des 60 ans de l’émission Présence protestante (le 4 octobre 2015).

 

Lire l’Appel à la solidarité en faveur des réfugiés (« le protestantisme se mobilise »)

 




Appel conjoint en faveur des réfugiés

 

« En ce moment critique, dit la missive datée du 10 septembre 2015, la coopération œcuménique est particulièrement importante, et l’impact de nos actions sera d’autant plus grand si elles sont collectives. Nous devons donner un témoignage commun de compassion, de justice et de paix. »

 

Logo de la conference of european churches

Ce sont désormais plus de 300 000 personnes qui ont traversé la mer Méditerranée depuis le mois d’août dernier, dont un tiers via l’Italie. D’après le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 200 000 personnes sont arrivées sur les îles grecques.

« Nous appelons à la création d’un système d’asile à l’échelle européenne prévoyant des conditions décentes de réception des migrants, ainsi qu’un processus commun de répartition à l’intérieur de l’Europe qui mette la dignité humaine au centre des préoccupations », plaident les institutions. « Nous appelons les gouvernements à prendre leurs responsabilités, notamment à l’égard des mineurs et de toutes les personnes vulnérables ».

La lettre invite également les responsables des Églises à « faire pression sur leurs gouvernements respectifs et sur les autorités européennes » pour que les politiques migratoires soient profondément réformées et donnent enfin « priorité à l’hospitalité ».

Pour encourager tous les « hommes de bonne volonté », plusieurs exemples d’accueil réussi et de mouvements de solidarité avec les réfugiés sont cités, qu’ils aient eu lieu en Grèce ou en Hongrie, en Suède ou en République tchèque. Mais beaucoup reste encore à faire.

 

Lire l’appel de la Conference of European Churches en entier




Le Chantier de Djibouti va reprendre !

 

Le chantier du temple est la dernière étape de cinq années de rénovation des locaux utilisés par cette Eglise. Le centre de formation qui en fait partie et qui est aujourd’hui rénové, accueille à présent une formation à l’informatique pour les djiboutiens handicapés. La rénovation des locaux s’est déroulée de 2009 à 2014 à travers un chantier école qui a permis de former plus de trente jeunes Djiboutiens aux métiers du bâtiment.

 

Chantier de Djibouti

Chantier de Djibouti ©

 

La rénovation du temple, commencée en 2013 par un chantier-école en charpenterie, était suspendue, faute de moyens, depuis février dernier. Des Eglises se sont mobilisées pour trouver des fonds en 2015. Par exemple, l’Eglise protestante francophone de Washington a organisé un concert de soutien avec le pasteur hautboïste de l’Eglise protestante francophone de Stockholm. L’Eglise protestante Unie de Montpellier a pour sa part organisé une soirée conférence avec l’architecte du projet, etc.

 

Les fonds réunis ont permis de financer une partie d’une première phase de travaux, et l’Assemblée Générale de la Communauté d’Eglises évangéliques d’expression française à l’étranger (ou Ceeefe) – propriétaire des lieux – a décidé fin août que le chantier du temple de Djibouti devait être remis en route pour aboutir en 2017.

 

Chantier de Djibouti

Chantier de Djibouti – Soutien des Eglises ©

Les travaux reprendront donc à l’automne, au mieux en octobre, dans le but de finir la rénovation de la façade du bâtiment. Le Défap et la Ceeefe se sont engagés à réunir les fonds complémentaires pour financer cette étape estimée à 15 000 euros.

 

L’architecte, Nicolas Westphal, a bon espoir de voir le projet aboutir : il planifie les travaux, analyse leur faisabilité, estime leur coût et s’occupe des détails techniques.

 

Après la rénovation de la façade, il faudra s’occuper de la couverture, puis du second œuvre (électricité, enduits, sols,…) et du jardin. Cela nécessite de lever de nouveaux fonds. Il faudra atteindre 150 000 euros pour le temple et 40 000 euros pour ses abords.

 

Chantier de Djibouti - Carreaux de faïence

Chantier de Djibouti – Carreaux de faïence ©

 

Tout don pour aider à la finalisation de ce chantier est le bienvenu ! Vous pouvez, vous aussi, comme déjà plus de 250 personnes de toutes confessions, acheter un ou plusieurs carreaux de faïence au prix de 10 euros le carreau, qui seront apposés, avec votre nom inscrit au dos, sur la façade  du temple (pour plus de détails, vous rapprocher du Défap).

 




L’Action Chrétienne en Orient : ne pas oublier les minorités

 

Rappel : l’ACO a été créée en 1922 par le pasteur Paul Berron. Témoin direct du génocide arménien au XXème siècle et du calvaire des survivants, il a vécu au Moyen-Orient entre 1915 et 1918.

L’ACO est un organisme missionnaire qui a pour souci principal la relation avec le Moyen-Orient et les communautés protestantes qui y sont présentes : Eglises protestantes du Liban, de Syrie, d’Iran mais aussi d’Egypte.

Depuis sa création, le poste de directeur de l’ACO est tenu par des pasteurs de l’UEPAL.

 

Pasteur Thomas Wild

Pasteur Thomas Wild

Quel est précisément votre rôle au sein de l’ACO ?

 

« Mon rôle est de suivre les projets avec les partenaires, projets surtout élaborés avec des Eglises locales.

Depuis 1995, l’ACO a évolué pour une partie de son travail sur le modèle de la Cevaa puisqu’avec les Églises protestantes d’Iran, d’Arménie, de Syrie et du Liban et nos partenaires européens, suisses et hollandais, nous formons une communauté où nous nous retrouvons tous autour d’une table pour soutenir des projets, et ensuite chacun cotise selon ses moyens. »

 

Comment et pourquoi avez-vous pris ces responsabilités ?

 

« Mon parcours de pasteur est marqué par la mission. J’ai été volontaire du Service National en 1975 au Gabon, au service de l’Eglise Evangélique du Gabon. Puis j’ai été pasteur en paroisse en Alsace.

J’ai eu un grand intérêt pour mon ministère gabonais car j’y ai fait beaucoup de découvertes en termes d’acculturation à la foi chrétienne. La rencontre entre Eglises d’Occident et d’ailleurs est nécessaire.

J’ai posé ma candidature pour être responsable du service missionnaire de l’UEPAL et je l’ai été pendant neuf ans. J’ai pu aller en Nouvelle-Calédonie, au Bénin…

 

La mission a continué à nourrir ma vie d’Eglise et de foi.

J’ai été en mission de nouveau en Alsace, à Saint-Thomas (Strasbourg centre), pendant douze ans. Là, le président de l’ACO m’a demandé si j’étais intéressé par ce poste.

Je suis heureux d’y être.
Je pensais que ce serait tranquille, mais c’était avant les printemps arabes ! Le Liban était un peu tendu mais le reste était calme. Maintenant, c’est paradoxalement le lieu le plus sûr de la région.

 

Je suis en relation avec des chrétiens qui vivent des choses difficiles. Le pasteur d’Alep – l’un de ceux avec lesquels nous travaillons – refuse de venir à nos réunions pour rester chez les siens. Je ne peux que tirer mon chapeau devant cette volonté de résister, même quand des bombes peuvent tomber à tout moment sur sa famille, et de maintenir la normalité de la vie dans un contexte où personne ne sait où l’on va. »

Êtes-vous en relation avec l’Œuvre d’Orient, organisme catholique qui vient en aide aux Chrétiens d’Orient ?

 

« Nous avons quelques contacts. Nous nous découvrons au fur et à mesure. C’est une machine beaucoup plus importante. Je connais et respecte beaucoup ce qu’ils font. Les catholiques belges font aussi un gros travail.

 

J’essaye surtout d’être connu dans l’ensemble du protestantisme franco-suisso-belge. Sur place, les collaborations œcuméniques sont beaucoup plus rares. En Orient, il y a à peu près toutes les familles d’Eglises. Au Liban, il y a dix-huit groupes religieux, dont onze groupes chrétiens, et les protestants ne forment qu’un seul groupe. La méthode de l’Empire ottoman a beaucoup marqué cette manière de penser : les groupes chrétiens étaient dans des ghettos.

 

L’identité religieuse est extrêmement importante en Orient. En France, il y a une grosse mécompréhension sur le rôle du religieux. En Orient, vous faites partie, de naissance, d’un groupe et vous n’en changez pas. Ça s’est transformé avec les printemps arabes et notamment quand les mouvements islamistes radicaux sont arrivés au pouvoir : pour eux les chrétiens sont tous « pareils ». Du coup, ils sont davantage solidaires. »

 

Quels sont les grands projets de l’ACO pour l’année à venir, ou ceux qui vous tiennent le plus à coeur ?

 

« Dans le rôle d’un organisme missionnaire traditionnel, nous avons répondu à une demande du Synode du Nil par l’envoi d’un professeur de français, un service civique, dans un lycée de prestige du Caire, le « New Ramses College ».

 

Un projet qui me tient beaucoup à cœur, c’est l’orphelinat Fowler : nous y envoyons des volontaires. Nous participons au « sauvetage » de jeunes filles qui souffrent du triple handicap d’être des filles, chrétiennes, abandonnées par leur famille, donc avec peu de chance dans la vie. Malgré cela, elles reconstruisent leur dignité.

Grâce à des camps de jeunes, des Alsaciens y vont, et des jeunes filles de l’institution viennent en France. Malgré toutes les barrières culturelles et sociales, de vraies relations d’amitié existent maintenant entre les résidentes de Fowler et nos jeunes.

Nous participons à un projet plus théologique avec CEOSS (Coptic Evangelical Organization for Social Services) : il s’agit de conférences sur une lecture respectueuse mais pas littérale des textes sacrés, une théologie respectueuse du texte tout en maintenant une analyse critique. Ce projet est lié à la relance d’un poste pastoral d’une petite paroisse francophone du Caire et d’Alexandrie, en collaboration avec la Suisse.

Avec le CEOSS, nous participons aussi à une formation sur la résolution non-violente des conflits. Il est important d’envoyer des gens et d’être présent dans un contexte où une partie de la population perçoit l’ouverture vers l’étranger comme cause de tout le mal. C’est un témoignage important.

 

Au Liban et en Syrie, il y a une problématique : des réfugiés/déplacés sont en train de peser sur les institutions. Les Eglises protestantes essayent de faire face avec des financements assez conséquents. Il existe un travail social important qui est fait auprès des réfugiés dans la banlieue de Beyrouth, une aide par les comités paroissiaux dans toute la Syrie, un travail médical, social et d’éducation à Alep. Il faut maintenir coûte que coûte le système éducatif : les Arméniens, notamment, en sont fiers. C’est la meilleure façon de combattre les conflits, en formant à la critique. C’est un travail soutenu par l’ACO.

 

Nous finançons aussi, à Homs, une maison de retraite : le fait que nous investissions de  nouveau dans cette ville a fait renaître l’espoir dans la population. »

Quelle est la nature de votre collaboration avec le Défap ?

 

« L’envoi de personnes est notre principal partenariat avec le Défap.

Je suis invité au conseil du Défap. Nous essayons de fonctionner dans la meilleure synergie possible. L’ACO est alsacienne par son histoire mais, à terme, nous voulons que la collaboration avec le Défap et la Fédération protestante de France se développe. Je travaille dans ce sens.

J’ai beaucoup voyagé en France pour donner un témoignage sur ce que nous faisons et comment vivent nos coreligionnaires dans ces pays.

 

Je voudrais insister sur la commémoration du génocide arménien cette année et toutes les questions qu’elle soulève, notamment : que fait l’Occident ?

L’ACO travaille pour qu’on se souvienne. Elle a le souci des minorités opprimées : c’est toute l’humanité qui se joue là. L’humanité de l’homme est perdue si on laisse l’oubli s’installer. C’est le devoir des chrétiens et des citoyens du monde de ne pas se résigner. »

A noter : le livre du fondateur de l’ACO, Paul Berron, « Souvenirs de jours sombres, le génocide arménien : un pasteur alsacien témoigne », a été republié chez L’Harmattan.

 




Honneurs terrestres pour représentants spirituels

 

En décembre 2013, un grand quotidien français les avait surnommés « les trois saints de Bangui » : ce sont le pasteur protestant Nicolas Guerekoyame-Gbangou, 55 ans, président de l’Alliance des évangélistes en Centrafrique ; Mgr Dieudonné Nzapalainga, 46 ans, archevêque de Bangui et chef de l’Église catholique ; et l’imam Omar Kobine Layama, 53 ans, président de la Conférence islamique.

 

Le 19 août de chaque année, le Système des Nations Unies célèbre la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Ici photo de 2013 (Source : MINUSCA).

 

En clôture de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le 19 août dernier, ils se sont vus décerner, au siège des Nations unies à Genève, le Prix Sergio Vieira de Mello 2015, pour leurs efforts accomplis dans le processus de réconciliation en Centrafrique.

Cofondateurs de Interfaith Peace Platform, plateforme interreligieuse, ils travaillent à favoriser le dialogue entre les trois religions les plus largement représentées dans le pays, et encouragent toutes les mesures préventives à la violence interconfessionnelle, élément marquant dans la guerre civile qui endeuille le pays depuis maintenant trois ans.

 

Le prix Sergio Vieira de Mello est remis tous les deux ans à une personne, un groupe ou une organisation ayant œuvré à la réconciliation de parties en conflit, perpétuant ainsi le souvenir et l’idéal de Sergio Vieira de Mello, représentant du Secrétaire général des Nations unies, mort à Bagdad (Irak), le 19 août 2003 dans une attaque à la voiture piégée.