Heaven’s Door : Foi, Entraide & Rock’n’Roll

Neuvième édition du festival Heaven’s Door

 

Après le succès des précédentes éditions, le festival Heaven’s Door, neuvième du nom, va se dérouler pour cette année 2017 dans le cadre plus large du rassemblement national Protestants en fête “Vivre la fraternité”  qui aura lieu à Strasbourg du 27 au 29 octobre.

Ce grand rassemblement est une occasion unique de vivre des rencontres, de partager sur le thème de la Fraternité, de construire ses convictions, d’être encouragé dans sa foi et ses engagements. Environ 2000 jeunes de 12 à 25 ans sont attendus pour cet événement, qui est ouvert à tous.

Au programme du festival, 4 temps forts répartis sur 3 jours  :

Soirée Sola Fiesta

Quand ? Le vendredi 27 octobre de 19h à 23h au Wacken

 

Une soirée pour faire la fête et bien commencer le week-end. Au menu pour les participants : fraterniser,  partager un repas, danser, chanter et prier ensemble. Avec la présence d’un invité surprise !

Animation Game of Three

Quand ? Le samedi 28 octobre de 10h à 18h au Gymnase Jean Sturm

Pour aller plus loin :
Heaven’s Door : le site officiel
Heaven’s Door : la page Facebook et les dernières nouvelles
Protestants en Fête 2017 : le programme général sur le site « Protestants 2017 »
La liste détaillée des animations, visites, tables rondes, conférence… à feuilleter en ligne
Protestants en fête : la page Facebook de l’événement

 

Comment cultiver la fraternité ? Un grand jeu a été préparé pour y parvenir : les participants devront relever des défis, faire preuve de créativité, participer à des ateliers et, surtout, faire connaissance avec des personnes passionnantes.

Une scène ouverte sera également disponible au Gymnase Jean Sturm durant toute cette journée du samedi.

Seul ou avec des amis, il sera possible de proposer un sketch, un moment de musique, une chorégraphie, un poème… ou tout autre sujet pourvu que ce soit sur le thème de la fraternité !

Concert

Quand ? Le samedi 28 octobre de 20h à 22h30 au Zénith Strasbourg-Europe

 

Pour sa seule date en France, le groupe IMPACT de Montréal donnera un concert exceptionnel avec notamment des chants issus de leurs deux derniers albums Sola Gratia et Scriptura. Ce groupe de pop rock chrétien a été créé par Sébastien Corn, à partir de l’association « Impact Jeunesse » qui anime les réunions de jeunes, chaque vendredi et chaque dimanche, à l’Église Nouvelle Vie, située à Longueil, dans la banlieue sud de Montréal. Composé d’une dizaines de chanteurs et de musiciens, le goupe IMPACT anime bien sûr en priorité les cultes de l’Église Nouvelle Vie, mais propose aussi dans tout le Québec, et dorénavant dans la francophonie, son répertoire de louange et d’adoration chantée sur des rythmes très enlevés.

 

 

La soirée se poursuivra avec Matt Marvane (France) qui présentera deux extraits de son nouvel album Résistance. Déjà connu comme le leader de JTM Band, basé à Dijon, Matt Marvane est un jeune chanteur qui a la particularité d’être pasteur, papa, mais aussi le premier artiste chrétien à signer avec le Label MyMajorCompany reconnu notamment pour avoir produit les artistes tels que Gregoire, Irma ou encore Joyce Jonathan. Il est porteur d’une parole symbolique qui montre l’ouverture des chrétiens sur le monde, bien loin de certaines idées reçues. Les textes de ses chansons témoignent qu’il faut ouvrir son cœur, porter l’espérance grâce à des moments d’unité et de bonheur, des petits rien.

 

 

La soirée se conclura avec un DJ qui a déjà fait danser Heaven’s Door, mais aussi les jeunes du Grand Kiff à Saint-Malo. Il est anglais, et son nom de scène est Galactus Jack. De son vrai nom Ben Jack, né en 1982 à Bristol, il est à la fois DJ et producteur. Il s’est fait connaître au début des années 2000 comme membre du trio Aorta, groupe qui ambitionnait déjà de renouveler le genre de la musique chrétienne de louange. Depuis son premier single Headspace en tant qu’artiste solo et DJ, en 2008, il a sorti notamment l’album Reality Bytes (avril 2009), Neon (juillet 2012), Universal (novembre 2016) et a produit le projet The Rose Sessions : Volume One.

 

Culte XXL

Quand ? Le dimanche 29 octobre à 10h au Zénith Strasbourg-Europe

Vivre un culte avec quelques milliers de personnes, c’est rare ! Les places seront limitées… Mais ceux qui auront un PASS JEUNES – HEAVEN’S DOOR auront leur place  réservée au pied de la scène du Zénith.




Bénin : une année historique pour la réconciliation de l’EPMB

Le stage CPLR dont est issue la table ronde organisée sur la thématique de l’interculturel à Strasbourg a pris laforme d’un échange avec le Bénin, pays où le Défap a de nombreux projets en lien avec l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin. Cette Eglise, après 19 ans de division, a célébré durant l’été 2017 sa réunification en se dotant d’une nouvelle équipe dirigeante. Ce rapprochement, officialisé dès l’été 2016 avec l’appui du chef de l’Etat béninois Patrice Talon, a pu se concrétiser grâce aux travaux de l’Organe Transitoire de Gestion (OTG). Cet organe aura été présidé durant un an par le pasteur Nicodème Alagbada. Il revient aujourd’hui sur cette année 2016-2017 qui a vu l’EPMB se réconcilier.

A l’occasion de la tenue de Protestants en fête à Strasbourg, le Défap propose une table ronde sur le thème « Se former à l’interculturel », animée par Jean-Luc Blanc, du service Relations et Solidarité Internationale du Défap, et en présence de pasteurs ayant participé à un échange entre la France et le Bénin. C’est précisément cet échange, mené dans le cadre d’un stage de formation permanente de pasteurs de la CPLR (Commission Permanente  Luthéro-Réformée) qui a donné l’idée de cette thématique de l’interculturel. Le Bénin est un pays dans lequel le Défap a lancé de nombreux projets : des envoyés, un partenariat avec l’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO), un soutien à la bibliothèque universitaire, une aide à l’édition d’un manuel de catéchisme dans les langues locales, un soutien à une radio… Le partenaire privilégié du Défap pour ces projets est l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin. Or cette Eglise a connu en 2017 unévénement historique, avec une réconciliation célébrée après 19 ans de division. Entretien avec Nicodème Alagbada, ancien président de l’EPMB, qui a dirigé pendant un an l’Organe Transitoire de Gestion, chargé de mener ce rapprochement au sein de l’Eglise.

 

Où en est aujourd’hui le processus de réconciliation au sein de l’EPMB ?

Le pasteur Nicodème Alagbada, alors président en titre de l’EPMB, et la présidente de la Cevaa, 2017, DR

Pasteur Nicodème Alagbada : L’année 2016- 2017 est et sera considérée comme une année historique pour le peuple Protestant Méthodiste du Bénin. C’est l’année de la Réconciliation et de la réunification de l’Eglise. Je rends grâce à Dieu de ce qu’ensemble tout le peuple de Dieu, avait senti son cœur se réchauffer étrangement le 03 juillet 2016 lors de la signature de la Convention et Proclamation de la Réconciliation et de la Réunification et du mouvement de l’Esprit qui a trouvé ses origines en ce moment-là.

Après la retraite pastorale du 13 au 15 juillet 2016 ayant facilité l’élaboration du Plan d’activités ou Programme d’Action de l’Organe Transitoire de Gestion, nous avons effectué pendant un mois des tournées d’explication, de sensibilisation et d’écoute dans les régions et districts. A la fin de ces tournées pastorales, le bilan à mi-parcours a eu lieu du 04 au 07 janvier 2017. C’est le lieu de dire Merci aux membres des différentes commissions techniques qui ont permis à l’Organe Transitoire de Gestion d’élaborer des codes d’éthique et de déontologie du corps pastoral, des codes électoral, liturgique et habits sacerdotaux, code des affectations, Composition de l’hymne de la Réconciliation et la Réunification et propositions de nouveau découpage des régions synodales, qui sont étudiées au cours d’une retraite pastorale spéciale du 04 au 07 avril 2017. Merci aux pasteurs membres de l’Organe Transitoire de Gestion (OTG) qui ont suivi l’élaboration de tous ces codes avec l’œil du Maître.
Après ce parcours du combattant l’OTG a organisé un deuxième Synode Général extraordinaire dans le Temple de l’Eglise locale Shalom de Gbéto pour consacrer la fin de son Programme d’Action de par le choix des membres du bureau du nouveau conseil du Synode Général le 30 juin 2017 et l’installation du Président Elu le 02 juillet 2017. Les trois premiers membres élus du Bureau du Conseil du Synode Général sont :

  • Président : Rév Dr Amos Kponjesu HOUNSA
  • Secrétaire Général : Rév Clément AKPAKI
  • Vice-Président : M. David Kpessou DOSSA

Les quatre autres membres sont : Président de l’Union des Femmes Méthodistes Président de l’Union des Jeunes Méthodistes, Président de l’Union des Hommes Méthodistes, Le représentant de l’Eglise dans une Institution de Formation Théologique. Ces quatre membres seront présentés aux prochaines sessions du Synode Général en 2018. Pour permettre à la nouvelle équipe dirigeante de prendre service, le Synode Général a décidé de lui adjoindre les anciens présidents (6) des unions des deux communautés réunifiées.

 

Combien de temps cette division a-t- elle duré, et comment le rapprochement a-t- il été rendu possible ?

Pour aller plus loin :

• Fiche d’Eglise : l’EPMB
•  L’Eglise protestante méthodiste du Bénin réconciliée et réunifiée
• Rencontre avec les membres de l’OTG-EPMB
•  Une nouvelle ère pour l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin

Pasteur Nicodème Alagbada : La division de fait de l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin en deux « communautés ecclésiales » a duré 19 ans (1998-2017). Le rapprochement a été rendu possible par la grâce de Dieu dont l’Esprit Saint n’a pas manqué de travailler dans les cœurs. En effet, très tôt une grande partie des membres de l’Eglise a pris conscience du caractère anti- évangélique et de contre témoignage que revêt cette division issue d’une crise institutionnelle et non doctrinale. Il y a eu 22 médiations de l’intérieur comme de l’extérieur.

Le chef de l’Etat, le Président de la République s’est donné l’obligation d’inviter les responsables membres du bureau du conseil du synode général et de la conférence à la table de négociation le 30 mai 2016. Avec son expertise avérée et après plusieurs réunions avec lui au Palais de la République, il réussit à faire organiser un culte de pardon et de réconciliation en vue de la Paix le 26 juin 2016 dans le temple de Béthanie à Cotonou où le déguerpissement avait eu lieu.

Face au succès qu’a connu l’organisation de ce culte en sa présence et présidé par la Révérende Martine Lawson Zinsou Présidente de l’Eglise Méthodiste du Togo, le Chef de l’Etat a demandé qu’un autre culte ait lieu le 03 juillet 2016 pour proclamer la réconciliation et la Réunification de l’Eglise Protestante Méthodiste en Terre Béninoise sur la base de la signature d’une convention par les membres des deux bureaux du Conseil réunifiés. Cette convention prévoit l’installation d’un Organe Transitoire de Gestion ayant à charge de gérer l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin réconciliée et réunifiée pendant un an et dont la mission fondamentale est d’organiser les élections et l’installation d’une nouvelle équipe dirigeante à la tête de l’Eglise.

Au cours de ce culte transmis en direct du Palais des congrès sur les antennes de l’Office de la Radio et Télévision du Bénin (ORTB), le Chef de l’Etat, Président de la République Patrice TALON disait : «Permettez-moi de vous féliciter … pour cet acte de pardon et de paix que vous venez de poser ce jour et qui vous honore tant. Il honore l’Eglise protestante méthodiste et vous honore individuellement. Il honore la foi chrétienne, la foi monothéiste. Il honore tout simplement la foi, la croyance, la spiritualité, l’église… la religion au sein de la République…Cet acte est pour Dieu la meilleure offrande pour la gloire de son nom et pour la promotion de son église. Pour la République, il fait de vous des artisans exemplaires de la paix et de la construction de l’unité nationale. Soyez en remerciés. Vous venez de donner un bel exemple du citoyen. »
Quelles seront les prochaines étapes ?

Pasteur Nicodème Alagbada, président de l’OTG, juillet 2016, DR

Pasteur Nicodème Alagbada : Au lendemain de la passation de service le 12 juillet 2017, la nouvelle équipe s’est mis au travail. La réorganisation administrative est faite et les tournées de sensibilisation et prise de contact ont eu lieu à travers les 15 régions synodales. Actuellement les unions méthodistes préparent leurs congrès nationaux après l’harmonisation de leurs statuts et Règlements Intérieurs. C’est au cours de ces congrès que les nouveaux membres dirigeants de chacune des unions seront élus après adoption des Règlements Intérieurs. Le prochain Synode Général ordinaire qui sera le Synode Général de l’Unité retrouvée sera organisé du 19 au 25 février 2018 par la grâce de Dieu. Au cours de ce synode général, le nombre des régions synodales pourrait être porté du 15 à 19. Plusieurs commissions se réuniront avant l’organisation de ce synode et différents séminaires et retraite pastorale sont prévus entre novembre et décembre 2017.




Protestants en fête : une table ronde pour se former à l’interculturel

A l’occasion de la tenue de Protestants en fête à Strasbourg, le Défap propose, le samedi 28 octobre à 14 heures, une table ronde sur le thème « Se former à l’interculturel« . Elle se tiendra place Kléber, sur la scène centrale du Village des Fraternités, et sera animée par Jean-Luc Blanc, du service Relations et Solidarité Internationale du Défap.

 

Un instantané du stage CPLR au Bénin, en avril 2016 – DR

Tout a commencé au Bénin ; et c’est sur la place Kléber, à Strasbourg, que l’histoire devrait trouver sa conclusion – ou du moins, une conclusion transitoire, sous la forme d’une table ronde organisée par le Défap à l’occasion de Protestants en fête. Première illustration de l’interculturel…

L’interculturel, en ces temps de mondialisation, nul n’y échappe ; et pas plus les paroisses protestantes que le citoyen ou le consommateur lambda. La porosité des frontières aujourd’hui ne concerne pas les seuls biens et services marchands ; elle se traduit non seulement par des implantations d’Églises de migrants, mais aussi par l’arrivée de nouveaux paroissiens dans des Églises installées de longue date, entraînant souvent une porosité des frontières entre cultures au sein d’une même paroisse (lire : « Des Églises aux couleurs du monde« , sur le site du Défap). Conséquence : le protestantisme français aujourd’hui présente une diversité culturelle inédite, ce qui est vécu avec plus ou moins de bonheur… et plus ou moins de difficultés, parfois pratiques, mais aussi théologiques.

Cette diversité d’approches théologiques avait été soulignée en avril 2016 lors d’un stage au Bénin de pasteurs dans le cadre de la CPLR (Communion protestante luthéro-réformée, anciennement dénommée Conseil permanent luthéro-réformé, qui s’occupe notamment de la formation permanente des pasteurs : lire l’article : « Défap et CPLR : une relation au service de la mission« ). « Nos stagiaires français et béninois », raconte Jean-Luc Blanc, responsable du service Relations et Solidarité Internationales du Défap, « se sont rendu compte qu’un certain nombre de problèmes dans le dialogue théologique entre les deux groupes venaient de manières différentes d’aborder les questions théologiques. En gros, leurs approches théologiques étaient influencées par des problèmes culturels. »

Inventer une théologie interculturelle

Pour aller plus loin :
Protestants en fête : programme du Village des Fraternités
Retrouvez le programme des trois jours au Village des Fraternités
Protestants en Fête 2017 : le programme général sur le site « Protestants 2017 »
La liste détaillée des animations, visites, tables rondes, conférence… à feuilleter en ligne
Protestants en fête : la page Facebook de l’événement

La question des relations entre théologie et culture n’est pas nouvelle en soi. Mais comme le souligne Jean-Luc Blanc, « jusqu’ici, dans le cadre de la Cevaa et des organisations oecuméniques, on a beaucoup valorisé les théologies inculturées. C’était là un détour inévitable et nécessaire. On a beaucoup parlé de la culture, de l’inculturation, en essayant de valoriser la culture de chacun. Mais il nous reste encore à réfléchir, dans un environnement marqué par la mondialisation et l’ouverture des frontières, à une théologie qui ne soit pas africaine ou française, mais interculturelle. »

Les stages de pasteurs organisés dans le cadre de la CPLR se faisant sous forme d’échanges entre pays (une partie se déroule à l’étranger, une partie en France), les pasteurs français et béninois devaient donc se retrouver en France pour une nouvelle session. Celle-ci a été organisée du 19 au 31 octobre… soit juste avant Protestants en fête.

Une double occasion dont a voulu tirer profit Jean-Luc Blanc : « Nous avons décidé de travailler sur cette question de l’interculturel lors du stage retour en France. De plusieurs manières : tout d’abord, à travers des témoignages de personnes ayant vécu l’interculturel au quotidien. Nous avons notamment demandé à un couple franco-malgache, qui a vécu successivement en France et à Madagascar, de bien vouloir intervenir. Nous avons aussi un travail biblique avec un premier apport d’Élian Cuvillier sur la thématique « Étrangers et étrangetés : Jésus et les figures de rencontre », et un deuxième sur : « Paul et les communautés pauliniennes au carrefour des cultures » – ou comment Paul a construit des communautés multiculturelles, avec une théologie communautaire… » Quant à Jean-Luc Blanc lui-même, son apport consiste en une réflexion sur les les fondements des différences culturelles.

La tenue de Protestants en fête donnait un moyen de trouver une plus large audience pour ces réflexions : « C’est de tous ces travaux que la table ronde du Défap va s’efforcer de rendre compte », souligne Jean-Luc Blanc, qui animera les discussions où interviendront quatre des participants des stages CPLR. Rendez-vous donc le samedi 28 octobre à 14 heures sur la scène centrale de la place Kléber, à Strasbourg.

Retrouvez ci-dessous une vidéo faite à l’occasion du stage CPLR au Bénin:

 

Les liens CPLR – Défap :
Les domaines d’intervention de la Communion protestante luthéro-réformée (formation, mission…) ont poussé à des rapprochements avec le Défap, service missionnaire des Églises luthéro-réformées (même si l’une des Églises membres du Défap, l’UNEPREF, n’a pas de liens avec la CPLR). Si la formation initiale des pasteurs est assurée par la faculté de Strasbourg en Alsace-Moselle, et par l’Institut Protestant de Théologie pour la « France de l’intérieur », la formation permanente, élément essentiel de la vie des pasteurs, est gérée depuis longtemps en commun grâce à la CPLR. Pour le Défap, il s’agissait de promouvoir les thèmes de la missiologie et les préoccupations liées à la mission dans le cadre de cette formation continue. Après diverses expériences d’échanges de pasteurs (par exemple, un pasteur français pouvait partir un mois au sein d’une Église béninoise, et en retour, un pasteur béninois pouvait venir en France), expériences qui se heurtaient souvent à la difficulté de rendre les pasteurs disponibles durant une période aussi longue, le Défap a décidé de s’insérer dans les stages de formation de la CPLR. Avec l’idée d’organiser tous les deux ans un stage en commun Défap-CPLR, le Défap s’occupant de l’animation internationale.

 




Nouvelle-Calédonie : trouver les ferments d’union

NOUVELLE-CALÉDONIE ET ÎLES LOYAUTÉ
Fiche et présentation du programme ABS

Septembre 2017 : les intervenants de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie © F. Lefebvre, Défap

Après la conférence organisée le 18 septembre dernier au siège de la Fédération protestante de France, la Nouvelle-Calédonie sera évoquée lors du prochain Conseil du Défap, qui se tient les 14 et 15 octobre au 102 boulevard Arago, à Paris. Alors que l’approche du référendum d’autodétermination prévu à l’automne 2018 cristallise les tensions après 30 ans de paix civile, le protestantisme français, lié à l’histoire de l’archipel, a un rôle à jouer pour aider au dialogue. Un dialogue qui apparaît de plus en plus comme une urgente nécessité, alors que les positions politiques, en métropole comme dans l’archipel, tendent plutôt à la crispation. Illustration avec la mission parlementaire d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie : à peine constituée, elle se trouve au coeur d’une tourmente politique avec la démission de Jean-Luc Mélenchon. 

Cette mission, qui existait sous la précédente législature, a tenu sa réunion constitutive le 3 octobre dernier à l’Assemblée nationale. Elle a arrêté à cette occasion la liste de ses membres et nommé à sa tête Manuel Valls. L’ex-Premier ministre a souligné en réunion que l’objectif de cette mission d’information serait « d’informer de la situation locale », de « favoriser le dialogue » et de « préparer le premier référendum de 2018 ». Quelques jours auparavant, dans un entretien au site d’information en ligne Outremers 360, en partenariat avec la télévision Caledonia, Manuel Valls indiquait déjà sa volonté de « beaucoup s’impliquer » dans la préparation du référendum de 2018, soulignant « qu’à l’occasion de la venue de tous les acteurs » à Paris pour le dernier « comité des signataires » avant le référendum (les 2 et 3 novembre), il aurait « l’occasion de (s)’entretenir avec chacun des protagonistes ». Or c’est précisément pour protester contre la nomination de Manuel Valls que Jean-Luc Mélenchon a démissionné de manière fracassante. En Nouvelle-Calédonie même, la composition de cette mission d’information est contestée, le Rassemblement Indépendantiste et Nationaliste soulignant notamment la présence de deux députés du groupe loyaliste « Calédonie Ensemble ».

Un avenir à construire ensemble

Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie : aider au dialogue (conférence du Défap)
Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches
ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

Hasard de calendrier, indépendantistes et non indépendantistes se sont exprimés le mercredi 4 octobre à la tribune de l’ONU devant la commission de décolonisation. Une commission qui se tient tous les ans et qui examinait cette année le cas de la Nouvelle-Calédonie. Les interventions, préfiguration des débats qui devraient monter dans l’archipel au cours des prochains mois, ont mis en présence les différents camps, avec toutes leurs nuances, montrant que le contexte ne se résume pas à l’opposition entre des Kanaks majoritairement indépendantistes et des Caldoches opposés à l’éloignement de l’État français.

La Nouvelle-Calédonie entre dans un moment crucial de son histoire, et quel que soit le résultat du référendum d’autodétermination, les 260 000 Calédoniens, dont 110 000 Kanak, devront réussir après le vote à construire ensemble l’avenir de l’archipel. Mais aux forces de division s’opposent de puissants ferments d’union, des valeurs enracinées aussi bien dans la religion que dans la coutume et qui pourraient permettre de trouver un socle suffisant pour faire dialoguer les positions apparemment les plus irréconciliables. Les Églises (et le protestantisme français en particulier, si lié à l’histoire de l’archipel, depuis Maurice Leenhardt jusqu’à Jacques Stewart) ont un rôle crucial à jouer pour permettre au débat de se déployer avant le référendum, au-delà des querelles de personnes ou de partis, et permettre de retrouver ce qui fonde aujourd’hui l’identité néo-calédonienne. Elles sont attendues sur ce terrain. 

Les rendez-vous de 2017 – 2018 :
  • Août 2017: participation des Secrétaires généraux du Défap et de la Cevaa au Synode général de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) à Lifou, îles Loyauté ; visite du lycée protestant Do Neva et du chantier de réhabilitation après les inondations catastrophiques de novembre 2016.
  • 18 septembre 2017 : soirée publique de conférence au siège de la Fédération protestante de France à Paris sur le thème « la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins ».
  • Septembre 2017 – juillet 2018 : animations dans les paroisses protestantes de métropole, autour des défis que vit la Nouvelle-Calédonie à la veille du référendum et de la place du protestantisme calédonien.
  • Janvier 2018 : visite en France d’une délégation de Nouvelle-Calédonie et de l’EPKNC pour participer à des conférences dans toute la France et rencontrer les nouvelles autorités politiques françaises.
  • Mai 2018 : visite en Nouvelle-Calédonie, avant le référendum de novembre 2018, d’une délégation française sous l’égide de la Fédération protestante de France.

 

 




L’Institut Al Mowafaqa, lieu de rencontre unique entre cultures et religions

MAROC
Actualités du Défap et fiche pays

Institut Al Mowafaqa, DR

 

– Qu’est-ce qui fait, selon vous, de l’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa un lieu de rencontre si particulier entre cultures et religions ?

Nicodème Alagbada : Plusieurs raisons à cela :

1- Le contexte
Cet institut est né dans un contexte musulman. Le Maroc est un pays reconnu comme un pays musulman, qui curieusement favorise la cohabitation de trois cultures : arabe, africaine et francophone.
2- La population
L’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa est implanté à Rabat dans une ville historique dont la population mixte est majoritairement dominée par la communauté marocaine.
3- L’œcuménisme
L’Institut Al Mowafaqa est l’initiative commune de l’Eglise catholique et de l’Eglise Protestante au Maroc. L’enseignement est couvert par des professeurs catholiques, protestants, évangéliques et musulmans venant de l’Europe et de l’Afrique. Les étudiants viennent majoritairement d’Afrique et sont issus des Eglises catholique, protestantes et évangéliques, qui apprennent les langues bibliques et coraniques telles que l’hébreu, le grec et l’arabe. Le personnel est essentiellement marocain.

– Comment avez-vous été amené à y intervenir ?

Je suis invité par le directeur de l’Institut, le Pasteur Bernard Coyault, que j’ai rencontré pour la première fois au Cameroun en 2004 et qui, par le biais du Défap, a facilité mon séjour de recherches à l’Institut Protestant de Théologie de Paris (2005-2006) pour ma thèse de doctorat en Ancien Testament. J’ai d’abord envoyé mon CV, qui a été étudié par le comité scientifique de l’Institut, lequel a autorisé mon intervention pour le cours de 28h sur les prophètes de l’Ancien Testament. Il m’a été également demandé d’animer une conférence sur les prophètes bibliques et l’innovation et un cours sur les livres prophétiques avec les pasteurs et responsables des Eglises dites de maisons.

– Parlez-nous de votre conférence de rentrée, qui a eu lieu le 19 septembre.

Pour aller plus loin :
Le site de l’Institut Al Mowafaqa
L’institut de théologie Al Mowafaqa au Maroc : un modèle en faveur du dialogue interreligieux

Le cœur du monde bat au Maroc !

La conférence du 19 septembre était axée sur le thème « Courage et Innovation chez les Prophètes de la Bible ». Ce thème a pour objectif de montrer comment les prophètes bibliques ont eu à impacter la société et les comportements de leur peuple et des dirigeants de leur époque. Le courage et l’innovation chez les prophètes bibliques consistent à inviter le peuple et ses dirigeants à un changement tant sur le plan moral, spirituel, religieux, politique qu’économique fondé sur l’écoute et la mise en pratique de la volonté de Dieu. Le prophète souvent exposé à la complaisance, la peur, la corruption et la mort, a besoin d’être courageux pour être authentique, honnête et persévérant. En effet le prophète est un homme qui perçoit avec acuité le projet de Dieu. Loin d’être un doux rêveur ignorant des réalités, il a un sens aigu du moment présent. Il « colle » à son temps. La prédication d’Amos et celle de Michée se centrent autour de ces deux pôles d’actualité : l’injustice sociale et le culte formaliste. N’est-ce pas de ces genres de prophètes qu’ont besoin aujourd’hui la plupart des pays africains pris dans l’étau de la corruption et de l’arbitraire érigés en système de gouvernance ?

– Parlez-nous de la formation que vous allez animer prochainement à l’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa.

Nicodème Alagbada, DR

Par rapport au cours sur les prophètes de l’Ancien Testament donné en Licence 3, trois chapitres ont été abordés :

1- LES PROPHETES DE L’ANCIEN TESTAMENT : QUI SONT-ILS ET QUE FONT-ILS ?

2- LES LIVRES PROPHETIQUES DANS L’ANCIEN TESTAMENT

3- LES PROPHETES DE L’ANCIEN TESTAMENT COMME INNOVATEURS ET TRANSFORMATEURS DE SOCIETE: CAS DU PROPHETE MICHEE

Le prophétisme israélite se situe dans le contexte du Proche-Orient ancien marqué par les pratiques divinatoires et magiques. C’est dans ce contexte que se dégage « l’importance du phénomène prophétique pour l’étude de la Bible dont il constitue une part très importante » (1).

Notre intention ici n’est pas simplement de retourner dans le passé historique du peuple d’Israël concernant la personnalité des principaux de ces prophètes selon leurs époques et les circonstances au milieu desquelles ils ont vécu, mais aussi d’en dégager l’impact du mouvement prophétique sur la vie sociale, religieuse, politique et économique de ce peuple. La question de savoir « comment l’homme peut-il parvenir à connaître la volonté et les plans divins ? » est d’une importance théologique dont l’actualité n’est plus à démontrer aujourd’hui. Parmi les approches de réponses, il est indubitable que le prophétisme a joué un rôle capital dans la relation de l’ancien Israël à Dieu et dans l’Eglise Primitive.

(1) J-D, Macchi, cours d’introduction à l’Ancien Testament, Université de Genève, SD.




Nouvelle-Calédonie : aider au dialogue

En Nouvelle-Calédonie, l’approche du référendum d’autodétermination prévu à l’automne 2018 cristallise les tensions après 30 ans de paix civile. Le protestantisme français, lié à l’histoire de l’archipel, a un rôle à jouer pour aider au dialogue. C’est la conviction qui a poussé à l’organisation de la conférence qui s’est tenue le 18 septembre dernier au siège de la Fédération protestante de France.


Septembre 2017 : les intervenants de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie © F. Lefebvre, Défap

« En Nouvelle-Calédonie, l’évangélisation a précédé la colonisation », rappelle Vincent Bouvier devant la salle comble, où se tient une conférence sur l’avenir de l’archipel. Nous sommes au soir du 18 septembre, à la Maison du Protestantisme, à Paris ; et d’une phrase, celui qui fut Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie d’août 2014 à juin 2016, résume la profondeur des liens qui unissent les protestants de France à cette terre. La Mission de Londres y était présente avant le passage sous domination française ; forcée au départ, elle a passé le relais à la Mission de Paris, qui a aidé à vivre l’Eglise locale, mais aussi défendu l’identité Kanak au travers notamment des travaux de Maurice Leenhardt. Aujourd’hui encore, ces liens se concrétisent à travers le Défap par des échanges d’envoyés, de pasteurs, de groupes de jeunes. Lorsque le lycée Do Neva a été frappé par des inondations en novembre 2016, le Défap a lancé un appel aux Eglises de France. Comment ces liens pourraient-ils être utilement employés pour aider la Nouvelle-Calédonie alors qu’approche un référendum d’autodétermination vu avec inquiétude par une grande partie de la population ?

Silencieuses et attentives au sein du public, on trouve plusieurs personnalités fortement liées à l’histoire néo-calédonienne – tel Alain Christnacht, qui précéda de 20 ans Vincent Bouvier au poste de Haut-Commissaire. On trouve aussi des chercheurs, pasteurs, étudiants du programme ABS… Sur l’estrade leur faisant face, Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, distribue la parole entre Vincent Bouvier, Jonathan Tholo, étudiant à l’école navale et figure de proue du programme ABS, et le pasteur Ben Houmbouy, de l’EPKNC (Eglise Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie). Tous témoignent, à leur manière, de l’enjeu représenté par le référendum qui s’annonce à l’automne 2018, et qui devrait marquer la sortie des « Accords de Matignon ». La Nouvelle-Calédonie doit-elle devenir indépendante ? Faudrait-il préférer les solutions de « l’Etat associé » ou de « l’Etat fédéré » défendues par Jean-Jacques Urvoas ? La formulation même de la question qui sera posée suscite déjà les crispations, alimentant les craintes de violences entre pro et anti-indépendantistes à l’approche du vote. Il faudrait un patient travail d’explication pour déminer le débat, ce que les politiques locaux ne font pas.

« La question : indépendance ou non, est vue comme trop radicale »

Pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches
ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie

Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

En introduction à la conférence, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, a voulu mettre des mots sur cet enjeu. Trois mots : confiance ; paix (« la paix qui n’est en rien une évidence ») ; et promesse (« nous voulons croire que la République française et la Nouvelle-Calédonie sauront tenir leur promesse »). Il y a ajouté une référence à la « sagesse des Eglises », qui « ont une responsabilité ». Puis, chacun des trois intervenants a été invité à décrire « sa » Nouvelle-Calédonie à travers plusieurs thèmes : quels ont été les faits marquants de ces 30 dernières années ? Comment sortir des « Accords de Matignon » ? Quelle est la place du religieux, et celle de la coutume? Que serait la Nouvelle-Calédonie de mes rêves dans 50 ans ?

Pour Jonathan Tholo, né après les accords de Matignon, arrivé en métropole il y a 7 ans pour ses études, la Nouvelle-Calédonie reste évidemment « le plus beau pays du monde », comme il le postule avec une pointe d’auto-dérision. Il décrit un pays multiculturel, « un « melting-pot » ethnique, religieux, construit sur un passif lourd », où les jeunes des diverses communauté vivent plus facilement ensemble que leurs aînés (« Je n’ai pas connu ces années où le Caldoche était un ennemi »), ce qui n’occulte ni le problème de la hausse de la délinquance, ni celui du suicide des jeunes.

Intervention du public lors de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie © F. Lefebvre, Défap

Le pasteur Ben Houmbouy, s’il admet que « nous sommes une population multiraciale », nuance : « On se tolère, mais c’est un destin sans relation. Il n’y a pas loin de la tolérance à l’indifférence. On parle de destin commun, mais ça reste plutôt un slogan ». Vincent Bouvier rappelle enfin que les « Accords de Matignon », après la violence des « événements » qui avait culminé en 1988 lors de la sanglante prise d’otages d’Ouvéa, ont permis 30 ans de paix civile. Et il insiste sur le contexte qui pèse sur le référendum à venir. Contexte géographique : un archipel à 18.000 km de la France, proche de grands voisins comme l’Australie qui guettent de près ce qu’il adviendra de l’influence française dans le Pacifique. Contexte économique : le nickel est un enjeu stratégique et politique majeur (la Nouvelle-Calédonie concentre 25 % des ressources mondiales connues). Contexte social : les inégalités restent fortes. Si les accords de Matignon et Nouméa ont offert à la Nouvelle-Calédonie une grande autonomie, ont permis l’émergence d’une citoyenneté néo-calédonienne, de nombreux conflits sociaux continuent à se régler dans les locaux du Haut Commissariat, même en l’absence de compétence officielle de l’Etat…

« La religion a un rôle majeur à jouer »

Les intervenants de la conférence, réunis autour du secrétaire général du Défap © F. Lefebvre, Défap

Dans ce contexte, souligne l’ancien Haut-Commissaire, « un référendum posé de façon binaire risque de déboucher sur une situation de tension ». Jonathan Tholo renchérit : «  la question : indépendance ou non, est vue comme trop radicale par les jeunes, qui veulent voter, s’impliquer, mais redoutent les conséquences ». Pour le pasteur Ben Houmbouy, « chacun a peur. Les indépendantistes, qui attendent depuis longtemps ce vote, ont peur d’échouer dans leur quête ; les non-indépendantistes, habitués à commander, ont peur de devoir obéir. Et chaque camp reste imparfaitement uni, relié par des motifs d’intérêt bien plus que par la recherche de l’intérêt commun ».

Mais à ces forces de division s’opposent de puissants ferments d’union. Des valeurs enracinées aussi bien dans la religion que dans la coutume et qui pourraient permettre, comme l’espère Vincent Bouvier, de trouver un socle suffisant pour faire dialoguer les positions apparemment les plus irréconciliables. « Ce sont des hommes d’Eglise, rappelle l’ancien Haut-Commissaire, qui ont permis, souvent en désaccord avec les autorités de l’époque, de poser un regard différent sur l’identité Kanak. La religion a un rôle majeur à jouer dans la gestion des tensions et le maintien du dialogue. » Dans cette terre où religion et relations coutumières s’imbriquent, les deux se renforcent pour faire vivre une communauté, ce qu’illustre Jonathan Tholo : « Dans la tribu dont je suis issu, le temple a sa place ; le pasteur est intégré au groupe, on lui donne un lopin de terre, on s’occupe de ses enfants… » Comme le résume Bertrand Vergniol, « les Calédoniens ont besoin d’un rien ; ce rien, ce pourrait être l’Evangile. C’est au nom de cet Evangile que Maurice Leenhardt était parti à Nouméa. »




L’hommage d’Emmanuel Macron aux protestants, «vigies de la République»

Emmanuel Macron s’exprimant lors du colloque « Protestantismes convictions et engagements » (capture écran de la conférence de presse diffusée sur Twitter)

Lorsqu’il s’exprime en public, Emmanuel Macron n’est jamais aussi à l’aise que dans le cadre d’un débat. Vendredi soir, il a donc en grande partie improvisé son intervention d’une quarantaine de minutes donnée à la Mairie de Paris, pour répondre aux questions que venaient tout juste de lui poser ses hôtes. Le chef de l’Etat s’exprimait au soir du premier jour du colloque « Protestantismes convictions et engagements » organisé par la Fédération protestante de France. Et qu’il s’agisse de questions liées à l’Europe, à la politique migratoire, au climat ou à la révision des lois de bioéthique, dans tous les grands enjeux politiques actuels, il a demandé aux protestants de faire entendre leur voix. Au nom même de la laïcité…

L’apport du protestantisme dans la société, a souligné le président, se mesure à travers de nombreux indicateurs comme la promotion de la conscience individuelle, l’essor de la démocratie participative, le libéralisme politique et économique ; mais il ne peut être séparé de la foi. « Comme président d’une République laïque, je serais tenté de saluer l’œuvre séculaire des protestants pour les libertés en France. Ce serait éluder quelque peu ce qui vous réunit ici : dans une réflexion commune menée dans le cadre de ces 500 ans de la Réforme et ce serait éluder votre foi. (…) Ma conviction profonde est que je ne rendrais nullement service à la laïcité si je m’adressais à vous comme à une association philosophique. Votre identité de protestants ne se construit pas dans la sécheresse d’une sociologie, mais dans un dialogue intense avec Dieu et c’est cela, ce que la république respecte. »

«  La laïcité, ce n’est pas une religion d’Etat »

Pour aller plus loin :
Quel rôle peuvent jouer les protestants dans la société ? (Réforme)
Retrouvez en vidéo l’intégralité de l’intervention du chef de l’Etat

« Vous me pardonnerez de redire ici ce que j’ai déjà dit ailleurs au sujet de cette laïcité dont trop souvent on méconnaît la nature », a insisté le chef de l’Etat ; « mais ce combat n’est jamais terminé. On ne redira jamais assez les mots d’Aristide Briand, rapporteur de la loi (de 1905, ndlr), pour définir la neutralité laïque consistant, je le cite, à « ne rien faire qui soit une atteinte à la libre constitution des Eglises ». La laïcité, ce n’est pas une religion d’Etat ; c’est une exigence politique et philosophique. » Ce n’est pas non plus « la dilution des croyances » mais « la capacité à faire dialoguer les religions dans un débat fécond ».

C’est en s’appuyant sur cette conception d’une laïcité ouverte que le président fait appel à l’éclairage des religions dans certains débats qui pourraient diviser la société. Citant volontiers son « maître », le philosophe Paul Ricœur, il a loué le rôle des « confrontations utiles » afin de trouver des « consensus féconds ». Exercice dans lequel le protestantisme français, qui a su « faire coexister sous un même toit, dans une foi partagée, des pratiques différentes, des conceptions sociales et morales parfois divergentes », a su montrer sa « vitalité démocratique et intellectuelle ». Aussi, a souligné le chef de l’Etat,  « nous avons besoin que vous restiez les vigies de la République ». Il a même formé ce vœu pour les protestants : « Pour les 500 prochaines années, en tout cas les cinq ans à venir, ne cédez rien, restez tels que vous êtes. »

Parmi ces débats qui pourraient diviser, il y a par exemple ceux qui s’annoncent dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, en 2018. « Notre société bouge, se transforme, elle a à aborder des profonds changements » a souligné le chef de l’Etat. Mais « la manière que j’aurai d’aborder ces débats ne sera en rien de dire que le politique a une prééminence sur vous et qu’une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n’est pas mûr. J’ai sur certains de ces sujets pris des engagements durant la campagne présidentielle. J’ai aussi pris des engagements de méthode. » Concernant la question des migrants, un autre sujet sur lequel il avait été interpellé, peu avant son intervention, par le président de la Fédération protestante de France, le pasteur François Clavairoly, Emmanuel Macron a répondu : « Je n’oublie pas dans quelles conditions j’ai été élu par le peuple français. Je n’oublie pas le souffle chaud des extrêmes. »

Un colloque et des rendez-vous pour les 500 ans de la Réforme

Le colloque « Protestantismes convictions et engagements », organisé par la Fédération protestante de France, était un événement accueilli par la Mairie de Paris à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. Ce rendez-vous international, historique et interreligieux réunissait les meilleurs spécialistes de l’histoire du protestantisme en France et dans le monde. A l’occasion du lancement de ce colloque, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, s’est aussi entretenu avec l’hebdomadaire Réforme sur le thème du rôle des protestants dans la société. La FPF a également présenté vendredi les autres initiatives programmées tout au long de l’année 2017 pour marquer les 500 ans de la Réforme, que l’on peut retrouver dans cet article de La Croix.

 




Protestantismes, convictions et engagements

Qui sont les protestants aujourd’hui ? Quels sont leurs engagements ? Des questions qui intéressent l’ensemble du monde protestant et sur lesquelles sont conviés à intervenir une pléiade de chercheurs et d’acteurs du protestantisme. C’est dans le décor prestigieux des salons d’honneur de la Mairie de Paris que se déroule sur deux jours, à partir de ce vendredi 22 septembre, ce colloque organisé par la Fédération protestante de France dans le cadre de l’année « Protestants 2017, 500 ans de Réformes, Vivre la fraternité ».

L’affiche du colloque © FPF
Le colloque « Protestantismes convictions et engagements », organisé par la Fédération protestante de France, est un événement accueilli par la Mairie de Paris à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. Ce rendez-vous international, historique et interreligieux réunit les meilleurs spécialistes de l’histoire du protestantisme en France et dans le monde. Un moment pour valoriser et comprendre la diversité et l’engagement du protestantisme à travers les siècles.

A l’occasion du lancement de ce colloque, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, s’est entretenu avec l’hebdomadaire Réforme sur le thème du rôle des protestants dans la société. La FPF a également présenté vendredi les autres initiatives programmées tout au long de l’année 2017 pour marquer les 500 ans de la Réforme, que l’on peut retrouver dans cet article de La Croix.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité des événements qui jalonneront le colloque « Protestantismes convictions et engagements », que la FPF propose de suivre en #FacebookLive sur sa page.

 

Vendredi 22 septembre

14 h 00

Pour aller plus loin :
Quel rôle peuvent jouer les protestants dans la société ? (Réforme)
Suivez en direct la conférence sur la page Facebook de la FPFLe programme du colloque en pdf

Inauguration

Avec Anne Hidalgo, François Clavairoly, Patrick Cabanel

 

 

14 h 30 – 16 h 00

Luther et le déploiement de la Réforme

Avec Matthieu Arnold, Marc Lienhard, Thomas Maissen. Séance présidée par Laurent Theis (SHPF).
Trois grands spécialistes, dont les deux récents biographes français de Luther, reviennent sur les origines de l’homme, de l’œuvre, du mouvement, qui ont changé la face du christianisme. 500 ans après, il convient de repartir de l’an 1 de cette histoire.

16 h 00 – 16 h 15

Les protestants 500 ans après la Réforme. Fidélité et liberté

Par le professeur Michel Bertrand.
Présentation de l’ouvrage collectif initié par la Fédération protestante de France sous l’égide du professeur Michel Bertrand. Plus de 50 auteurs, de toutes les sensibilités du protestantisme présentent : le protestantisme actuel dans sa diversité, ses convictions théologiques, ses différents lieux d’engagement, les questions qui font encore débat en son sein. Un livre prestigieux très richement illustré

16 h 30 – 18 h 00

Diversité des Réformes

Avec Neal Blough (anabaptistes), Marianne Carbonnier-Burkard (calvinisme et zwinglianisme), Bernard Cottret (la Réforme dans les îles britanniques). Séance présidée par Pierre-Olivier Léchot.
La caractéristique de « la » Réforme est qu’elle se déploie immédiatement au pluriel, puisqu’il n’y a plus d’unité hiérarchique centralisée. Scissiparité, ruptures, approfondissements, refondations… Contemporaines ou légèrement postérieures à celle, initiatrice de Luther, d’autres réformations se développent au 16e siècle, avec les anabaptistes dans le monde germanique, Zwingli et Calvin dans le monde helvétique (et français), l’anglicanisme en Angleterre, etc.

18 h 00 – 19 h 30

Au miroir des autres

Avec Philippe Joutard (catholicisme), Rachid Benzine (islam), Rita Hermon-Belot ( judaïsme), Michel Stravrou (orthodoxie). Table ronde animée par Isabelle de Gaulmyn (La Croix).
La Réforme s’est évidemment développée dans l’histoire générale du christianisme et des autres confessions ou religions présentes en Europe ou à ses portes. Quels regards le catholicisme, l’orthodoxie, le judaïsme, l’islam, ont-ils jetés sur ce nouveau christianisme ? Leur apparaissait-il comme plus éloigné, ou plus proche ?

19 h 00 – 19 h 30

Conférence de presse au salon G. Bertrand

20 h 00 – 23 h 00

Soirée « Protestantismes, musique et fraternité »

 

 

Samedi 23 septembre

9 h 30 – 11 h 00

Arts et culture

Katarina Schächl (Musique), Olivier Millet (Littérature), Isabelle Saint-Martin (Images), Mark Alizart (Cinéma). Séance présidée par Éric Aeschimann (L’obs).
Le protestantisme, comme toute religion, est aussi un mouvement culturel. Il y a peut- être une musique, une littérature, une esthétique, une cinématographie protestantes. À partir de quels critères les définir ? Quelles œuvres capitales expriment-elles le mieux ce rapport entre une confession et une culture ? Quatre spécialistes interviendront sur autant de domaines clé.

11 h 30 – 13 h 00

Protestantisme et modernité

Jean Baubérot (laïcité), Valentine Zuber (droits de l’homme), Jean-Paul Willaime (la façon protestante d’être religieux), Gabrielle Cadier-Rey ( femmes et féminisme). Séance présidée par Hubert Bost (EPHE).
Depuis le sociologue Max Weber, et dès auparavant, on avance que le protestantisme serait la religion matrice de la modernité : pluralisme, sécularisation, laïcité, droits de l’homme, féminisme… Le « mythe » doit être revisité, il le sera par quelques-uns des meilleurs spécialistes du protestantisme, de la laïcité, de la modernité.

14 h 30 – 16 h 00

Engagements citoyens

Olivier Christin, Céline Borello, Sébastien Fath, Grace Davie, Catherine Trautmann. Table ronde animée par Nathalie Leenhardt (Réforme).
« Mythe » voisin du précédent, le protestantisme aurait été la matrice de la démocratie, voire de la République et de la gauche. Tout est vrai, et tout est bien plus complexe ! Du XVI e siècle à nos jours, du protestantisme en révolution aux courants évangéliques d’aujourd’hui, présentés comme bien plus à droite, là encore les spécialistes nous aideront à revisiter les certitudes les mieux établies.

16 h 30 – 18 h 00

Engagements solidaires

François Dermange, Jean Fontanieu, Martin Kopp, Didier Sicard, Philippe Kabongo, Frédérique Harry. Table ronde animée par Corinne Lanoir (IPT).
Les « œuvres » hier, les oNG aujourd’hui : il existe une forte fécondité associative et sociétale dans le protestantisme, que l’on songe à la Cimade, à SoS-Amitiés, à la Fédération de l’Entraide Protestante, au Planning familial… Responsables et scientifiques aborderont ce riche panorama d’hier et surtout d’aujourd’hui.

18 h 00 – 18 h 30

Conclusions par Olivier Abel




A la rencontre des Calédoniens

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, s’est rendu en Nouvelle-Calédonie du 29 juillet au 21 août 2017. Plusieurs raisons ont motivé ce déplacement et les rendez-vous ont laissé peu de temps à la découverte des lieux fabuleux de cet archipel d’Océanie. Inauguration au lycée Do Neva, synode de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC), conférence publique sur le thème Protestantisme et décolonisation, assemblée générale de l’ASEE, rencontre avec les anciens envoyés et les responsables politique locaux… un programme dense mais indispensable pour aborder au mieux les enjeux politique et spirituel que représente le référendum 2018. L’histoire du protestantisme et celle de la nouvelle Calédonie restent plus que jamais intimement liées.

Inauguration du bâtiment administratif de Do Neva
Le lycée Do Neva a rénové son centre administratif suite aux graves intempéries de 2016. Grâce aux généreux donateurs de France et de Navarre, le Défap a récolté plus de 14 000 euros qui ont contribué fortement à la réhabilitation du lycée. Elèves et professeurs étaient présents lors de cet événement auquel le secrétaire général Bertrand Vergniol était invité.

La traditionnelle cérémonie de coupure du ruban inaugural

Participation au synode de l’EPKNC
Invité avec son homologue de la Cevaa, le pasteur Célestin Kiki, à participer au synode de l’EPKNC, le pasteur Bertrand Vergniol a ainsi eu l’occasion de faire plus ample connaissance avec les membres de l’Eglise. « C’est ainsi, nous dit-il, en rencontrant directement les hommes et les femmes qui composent l’Eglise, que nous pouvons apprendre à nous connaître et travailler en sincérité. »
La réflexion portait également sur la création d‘un poste d’envoyé au sein de l’EPKNC, la mise en place d’une médiation dans la paroisse du Vieux Temple (Nouméa) et les enjeux liés à la préparation du référendum 2018.

 

Ouverture du synode

L’ensemble des participants du synode

 

 

Le pasteur Bertrand Vergniol (SG du Défap) et le pasteur Célestin Kiki (SG de la CEVAA)

 

Conférence publique « Protestantisme et décolonisation »
Bertrand Vergniol est intervenu, avec le pasteur Welepane, ancien président de l’EPKNC, à la conférence organisée par l’Association de réhabilitation du patrimoine de Do Néva, à Houailou, sur le thème « Protestantisme et décolonisation ». L’objectif était de passer en revue les atouts et les contraintes de la pensée protestante occidentale en Nouvelle Calédonie et dans le monde Océanien.

 

Assemblée générale de l’Alliance Scolaire (ASEE)
L’Alliance, qui rassemble l’ensemble des établissements scolaires de Nouvelle-Calédonie, se trouve aujourd’hui face à de nouveaux enjeux. De graves difficultés économiques liées à la baisse démographique et à la mise en place, suite aux accords avec l’Etat français, d’établissements scolaires faisant directement concurrence au dispositif historique protestant, placent l’organisme dans un position très délicate. Une restructuration profonde s’impose. La réflexion est amorcée.

 

 

Accueil des participants à l’assemblée générale de l’Alliance Scolaire (ASEE)

Des rencontres, toujours
Le secrétaire général du Défap a profité de sa visite en Nouvelle Calédonie pour rencontrer le haut-commissaire Thierry Lataste, et monseigneur Michel Calvet, archevêque de Nouméa, avec qui il a pu échanger sur les perspectives du référendum 2018.
Ce fut également l’occasion de retrouver d’anciens envoyés de la Cevaa et du Défap. Ils sont 12 à s’être établis définitivement en Nouvelle Calédonie après leur service d’envoyé et furent très heureux de se retrouver le temps d’une journée, à Nouméa. Ils sont désormais Calédoniens à part entière, certains depuis plus de 30 ans. Professeurs, contrôleurs aérien, chercheurs, ils vivent majoritairement auprès des kanaks.

 

 

Les anciens envoyés avec le pasteur Bertrand Vergniol

 

Ce déplacement fut surtout l’occasion de rencontrer les personnes de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) et de renforcer les relations avec le Défap et les Eglises protestantes de France.
Ces visites s’inscrivent dans le cadre du programme 2015-2018 du Défap qui vise à développer une plus grande proximité avec les protestants de Nouvelle-Calédonie. Et c’est tout naturellement que le pasteur Bertrand Vergniol est allé à la rencontre des hommes et femmes qui font vivre l’Eglise locale.




Conférence publique : la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins

La conférence publique « la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins » se tiendra le lundi 18 septembre, de 18h30 à 21h, à la Maison du protestantisme. Elle sera animée par Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap avec les interventions croisées de Jonathan Tholo, étudiant à l’École navale, Vincent Bouvier, ancien Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et Ben Houmbouy, pasteur.

Les interventions permettront de cerner au mieux le contexte calédonien : les grandes évolutions depuis 1988, l’Accord de Nouméa, la place des Eglises et les relations avec la Coutume…
Elle se clôturera sur cette question : et dans cinquante ans, quelle serait la Nouvelle-Calédonie de mes rêves ?

 

 




Un concert de rock pour les 500 ans de la Réforme

Ils ont entre 12 et 25 ans, sont protestants et s’apprêtent à fêter la Réforme sous le signe du rock’n roll. 2 000 jeunes attendus pour cet événement, qui est ouvert à tous. Cette année, le groupe québécois Impact sera en tête d’affiche. Très connu dans le milieu de la musique chrétienne, le groupe de rockers entend bien faire bouger la foule au Zénith de Strasbourg.
Le festival Heaven’s door est l’un des évènements phares du festival « Protestants en fête ». Co-organisé par la Fédération protestante de France (FPF) et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), « Protestants en fête » avait réuni plus de 20 000 personnes à Paris lors de sa dernière édition, en 2013.


Affiche du groupe Impact, présent au festival 2017, DR

L’évènement « Protestants en fête » se déroule sur trois jours et met en avant trois thèmes forts comme la fraternité, l’exil et l’environnement, autour d’un programme chargé, avec des étapes déjà incontournables comme :
• Le Village des Fraternités
• Le concert Heaven’s Door au Zénith
• La cérémonie culturelle au Zénith
• L’opéra « Luther ou le mendiant de la grâce »
• « Luther aux quatre vents », le spectacle des Colibris, à la Cathédrale
• La Nuit des thèses, à L’Aubette

 


Affiche de « Protestants en fête », 2017, DR

 

Les inscriptions se font en ligne.
Plus d’infos sur www.heavensdoor.fr ou  sur www.protestantsenfete.org

 

 




Fragile sagesse des hommes !

Pendant que Salomon était à Gabaon, le Seigneur Dieu lui apparut durant la nuit dans un rêve et lui dit : « Que pourrais-je te donner ? Demande-le-moi. »

Salomon répondit : « Seigneur, tu as manifesté une grande bonté envers ton serviteur David mon père, tout comme lui-même s’est conduit en homme digne de confiance, juste et loyal envers toi ; et tu lui as conservé ta bonté en lui donnant un fils pour lui succéder comme roi, ainsi qu’on peut le voir aujourd’hui. Oui, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi pour succéder à mon père David. Mais moi, je suis encore trop jeune pour savoir comment je dois remplir cette tâche. Et je me trouve soudain à la tête du peuple que tu as choisi, ce peuple si nombreux qu’on ne peut pas le compter exactement. Veuille donc, Seigneur, me donner l’intelligence nécessaire pour gouverner ton peuple et pour reconnaître ce qui est bon ou mauvais pour lui. Sans cela, personne ne serait capable de gouverner ton peuple, qui est considérable. »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur. Il répondit donc au roi : « Tu n’as demandé pour toi-même ni de vivre longtemps, ni de devenir riche, ni que tes ennemis meurent ; tu as demandé de pouvoir gouverner mon peuple avec intelligence et justice. C’est pourquoi, conformément à ce que tu as demandé, je vais te donner de la sagesse et de l’intelligence ; tu en auras plus que n’importe qui, avant toi ou après toi. 1 Rois 3,5-12


Source : Pixabay

 

Avant de prononcer sa demande, le Roi Salomon exprime sa connaissance des actions de Dieu dans la vie de son père David. Cette connaissance est en même temps une reconnaissance, qui le conduit à l’humilité, c’est-à-dire à la conscience de sa petitesse face à la mission qui l’attend.

Alors il sait ce qu’il doit demander à Dieu :  en tant que son serviteur il lui faut « un cœur écoutant pour juger son peuple et pour discerner entre le bien et le mal. »

Et non pas « des jours nombreux, la richesse, et la mort des ennemis », ce qui exprimerait le souci de lui-même plus que le désir de remplir sa vocation et sa mission de roi !

A cette demande qui lui agrée, Dieu répond : « Tu as demandé un cœur sage et lucide, tu l’as ». Mais il ajoute : « afin qu’il n’y ait jamais personne comme toi, ni avant ni après toi. Et je te donne le surplus, c’est-à-dire la richesse et la gloire ».

Terrible piège !  Un roi puissant et glorieux peut-il rester sage ? Salomon, saisi par l’ivresse du pouvoir, ne le resta pas. Bâtisseur du temple il sut vaincre ses ennemis, mais il eut d’innombrables épouses et concubines, qui l’entraînèrent vers l’idolâtrie !

Qu’est-ce que la sagesse pour un homme ou une femme au pouvoir ?

Cela devrait rester « la crainte de l’Eternel », comme le dit Job au sein de son épreuve.

Traduit en langage séculier cela peut signifier : l’humilité, le sens des responsabilités, l’esprit d’écoute et de concertation, un mélange subtil de confiance et de méfiance, l’amour de son peuple et la culture de l’amitié avec les autres peuples…. le goût de la mesure mais aussi le courage de prendre parfois des décisions « hors mesure » … l’engagement total en même temps que la capacité de renoncement pour soi-même et de transmission à ceux qui prendront la suite… Ainsi soit-il !
 

Nous prions pour les femmes et les hommes qui exercent des responsabilités  politiques dans leur pays, avec cette prière attribuée à Clément de Rome, Père de l’Eglise du 1er siècle, qui fut évêque de Rome.

Accorde-leur, Seigneur, la santé et la paix, la concorde,
La stabilité pour qu’ils exercent sans heurt la souveraineté que Tu leur as remise.
C’est Toi, Maître, céleste roi des siècles, qui donnes aux fils des hommes, gloire, honneur et pouvoir sur les choses de la Terre.
Dirige, Seigneur, leur conseil, suivant ce qui est bien, suivant ce qui est agréable à tes yeux,
Afin qu’en exerçant avec piété, dans la paix et la mansuétude, le pouvoir que Tu leur as donné, ils te trouvent propice.

 


Source : Pixabay

Adinkra : ( symboles de l’Afrique de l’Ouest évocateurs de la sagesse traditionnelle)
Adinkra sont des symboles visuels, créés à l’origine par l’Ashanti du Ghana et le Gyaman de la Côte d’Ivoire, qui représentent des concepts ou des aphorismes, et sont largement utilisés dans les tissus, les poteries, les logos et la publicité.