Une journée au Défap pour les futurs pasteurs

Visite des étudiants en Mastère professionnel de l’IPT © Défap

Assis côte à côte à la même table, Claire Oberkampf et Christo Karawa échangent avec Laure Daudruy, responsable du service financier du Défap. Nous sommes le 14 mai, le repas s’achève dans la salle à manger du 102 boulevard Arago qui reçoit pour la journée neuf étudiants en Mastère Professionnel de l’Institut Protestant de Théologie (IPT), accompagnés du professeur Élian Cuvillier. Claire Oberkampf, future pasteure et violoniste, est née dans une famille protestante ; son père était pasteur lui-même. Après une licence d’allemand, elle s’est orientée vers des études de théologie. Elle est partie en Allemagne, à la faculté de théologie d’Heidelberg, pour y faire sa troisième année, avant de revenir en France pour un Mastère Recherche, puis un Mastère Professionnel. Christo Karawa, pour sa part, est d’origine congolaise : il vient de Kinshasa, où il a fait ses études de théologie jusqu’à la licence, avant de bénéficier d’une bourse de la Fondation Eugène Bersier pour un Mastère Recherche à Strasbourg. Se destinant lui aussi à devenir pasteur, il a poursuivi sur un Mastère Professionnel.

Claire Oberkampf, Christo Karawa : deux parcours très différents, pour deux pasteurs qui seront en poste dans des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) à partir du 1er juillet 2018, et qui illustrent chacun à sa manière les évolutions que connaît le protestantisme français. Un protestantisme de plus en plus divers, de plus en plus ouvert à des influences nouvelles, dans un contexte où la sécularisation croissante pousse aux rapprochements au sein des Églises. «S’affirmer aujourd’hui en tant que chrétien, en France, ce n’est pas toujours facile», souligne ainsi Claire Oberkampf, qui juge nécessaire «d’apprendre à être chrétien avant d’être protestant». Si ses années de scoutisme l’ont aidée à faire vivre sa foi de manière pratique et vivante, elle a aussi beaucoup appris lors de l’année sabbatique qu’elle a prise à l’issue de son Mastère Recherche : une année au cours de laquelle elle s’est impliquée au Burkina Faso, auprès d’une association d’aide aux femmes et aux familles en grande difficulté. Une année qui lui a permis, également, de connaître d’autres visages du protestantisme à travers une Église des Assemblées de Dieu… D’où, sans doute, son intérêt pour les questions liées au dialogue œcuménique et à la jeunesse ; et la conviction, alors qu’elle s’apprête à devenir pasteure, de la nécessité de «travailler main dans la main avec les catholiques»…

«Transformer l’image ancienne de la Mission»

Ces évolutions du protestantisme français apportent sans doute des arguments supplémentaires à Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également directeur du Mastère Professionnel : il considère le Défap comme «un rouage essentiel de l’Église», avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, «seront nécessairement amenés à travailler». Pour sa part, Tünde Lamboley, responsable Jeunesse au sein du Défap, chargée également de la formation théologique, et qui a initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», constate que le Service Protestant de Mission reste encore «trop souvent méconnu». D’où l’idée de cette journée de formation au 102 boulevard Arago. Au programme, une matinée de «reprise» – un culte préparé et célébré par un des étudiants dans la chapelle du Défap, commenté ensuite en groupe par tous les membres de la promotion de Mastère Professionnel ; et à la mi-journée, un repas en commun avec l’équipe du Défap sur le modèle des «déjeuners-cultes», pour présenter à la fois l’histoire, les activités et les différentes branches du Service Protestant de Mission. Le début d’après-midi étant consacré à une séance de questions-réponses de manière plus formelle dans la chapelle, les membres du Défap et les étudiants étant tous groupés en cercle pour faciliter les échanges.

Visite des étudiants en Mastère professionnel de l’IPT © Défap

Ainsi, le repas terminé, chaque participant du cercle se présente à tour de rôle : Marie-Pierre, actuellement en stage à Houilles, dans les Yvelines, sera pasteure le 1er juillet de la paroisse de Plaisance, dans le 14e arrondissement de Paris. Christo, en stage à Grenoble, ira à Compiègne. Et les questions s’enchaînent, témoignant toutes d’un réel intérêt des étudiants pour le Service Protestant de Mission, qu’ils connaissent peu. De quelles Églises le Défap est-il le service missionnaire en France ? Avec quels pays est-il en relation ? Quelles sont les relations avec la responsable des relations internationales de l’EPUdF ? En cas de besoin d’une animation en paroisse autour de la Mission, à qui faut-il s’adresser ? Quelles sont les missions du pôle France ? «Il y a depuis quelques années tout un travail de fait pour transformer l’image ancienne de la Mission, explique Florence Taubmann, responsable du pôle France. Aujourd’hui, la Mission est au près, et pas seulement au loin. C’est ce que soulignait le titre du forum du Défap organisé en 2012 : « Le monde est chez toi ». Il y a une dimension interculturelle de plus en plus forte dans nos Églises, dans nos paroisses. Je travaille beaucoup sur cette dimension de la « Mission ici ». Mais pour mettre de la transversalité dans les actions des divers services du Défap, 20% de mon temps est consacré au service Relations et Solidarités Internationales (RSI) ; j’ai donc aussi une « responsabilité pays » : je m’occupe des relations avec Madagascar et le Nicaragua. De même, les membres du service RSI sont amenés à travailler pour le pôle France, par exemple en faisant des animations en paroisse».

«Il nous paraissait essentiel que ces futurs pasteurs, qui seront en poste dans quelques mois, puissent avoir un contact avec le Défap, conclut Tünde Lamboley. Qu’ils puissent rencontrer son équipe au moins une fois au cours de leur formation, identifier ses divers services.» Et arriver dans leur paroisse en ayant déjà en tête ce que le Défap peut leur offrir… Comme le souligne une des étudiantes et futures pasteures, «être impliqués dans la Mission, beaucoup de paroissiens ne seraient pas contre… mais quels outils leur donner pour savoir par où commencer ?»




Haïti : la FEPH recherche un(e) chargé(e) de programme

La FEPH, acteur crucial de l’éducation en Haïti
L’éducation, en Haïti, est un secteur sinistré. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une minorité ; et le niveau général est tellement faible que seule une petite partie d’une classe d’âge obtient le bac. La question de l’éducation constitue donc un enjeu majeur. Face à ces lacunes, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), grâce à son réseau de 3000 écoles, revendique la scolarisation de 300.000 enfants, avec une qualité d’enseignement reconnue. Elle travaille en lien avec le ministère de l’Éducation nationale haïtien et avec des acteurs internationaux comme l’Unicef ; elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France. 

«Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris» : retrouvez le témoignage de Marie-Bénédicte Loze, ancienne envoyée du Défap

 

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Contexte du poste  : Dans le cadre de son partenariat avec la Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH), le Défap répond à la demande de la FEPH de recruter un chargé de programme.

Avec la validation du Plan stratégique 2018-2022 de la FEPH en janvier 2018, de nouveaux défis se dressent devant l’institution dans le sens de l’amélioration de la qualité de l’éducation en Haïti au bénéfice des enfants haïtiens sans distinction de sexe et de religion. Il y a donc une obligation de résultats. Fort de ce constat, la FEPH a sollicité le Défap-Service protestant de mission pour l’envoi d’un Volontaire de la Solidarité Internationale (VSI) en appui au développement de l’institution. Cette démarche, pour cette mission d’appui de trois ans (2+1), s’articulera autour des modalités suivantes :

Descriptif du poste  : Le volontaire apportera un support technique et organisationnel à la FEPH, d’une part dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des projets et d’autre part, dans la recherche de financements. De ce fait, il se chargera de l’entrainement du staff haïtien appelé à prendre le relais au terme de la mission d’appui et travaillera en étroite collaboration avec l’ensemble du personnel pédagogique et technique de l’institution.

Profil recherché  : Le volontaire doit disposer de solides compétences et expériences en gestions de projets et en recherche de financement qu’il devra être en capacité de transférer. Il doit avoir pleinement conscience et accepter sans réserve le fait de travailler dans le cadre d’une institution confessionnelle. Il doit s’engager à signer la politique de protection de l’enfant de la FEPH.

Capacité à travailler en équipe en contexte interculturel, capacités en animation de groupe, capacités d’écoute et d’observation active, bonne aptitude à s’adapter. La fonction de représentation de l’institution auprès des bailleurs et partenaires étant déterminante dans ce poste, un profil de personne expérimentée est souhaité. De préférence non-fumeur.

Qualités requises : dynamisme et forte motivation, autonomie, responsabilité, professionnalisme, rigueur, capacité d’adaptation à un contexte culturel et confessionnel affirmé.

Conditions : Statut de Volontaire de Solidarité Internationale qui garantit une couverture sociale complète et le versement d’une indemnité de subsistance. Logement fourni. Le volontaire sera accueilli et accompagné par la FEPH dans ses démarches d’installation et sa mission.

Engagement : contrat de 2 ans (ou 1 an renouvelable), à partir de septembre 2018.

En cas de validation de la candidature, il faudra suivre une formation au départ obligatoire qui se tiendra au Défap du 09 au 20 juillet inclus (pension complète, PAF demandée).

Candidature : Vous pouvez adresser un CV et une lettre de candidature (en précisant votre motivation à vous engager au service d’un organisme missionnaire protestant) au :

Défap – service Envoyés

102 boulevard Arago

75014 Paris

envoyes@defap.fr

 




Haïti : «Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris»

Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres © DR

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement de volontaire en Haïti et auprès de la FEPH ?

Marie-Bénédicte Loze : J’avais plusieurs types de motivations. Sur le plan personnel, partir en Haïti répondait chez moi à un désir de découvrir une autre culture, de m’en imprégner et de m’y impliquer. Je voulais, non pas pas me contenter d’un regard extérieur et rapide sur le pays, mais vraiment rencontrer l’autre, partager des moments de vie. Sur le plan professionnel, j’avais besoin d’acquérir une expérience de terrain de longue durée, au moins deux années à l’étranger. Je voulais en particulier travailler avec les membres d’une structure locale, pour vraiment connaître leur réalité : c’est le meilleur moyen pour mesurer les vrais enjeux et pour faire du travail efficace. J’ai eu l’opportunité de travailler avec la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, qui faisait face à pas mal de défis, et qui avait un besoin crucial en termes de ressources humaines : j’ai vite compris que là, j’aurais une grande latitude pour apprendre et pour agir.

Comment s’est déroulée votre mission ?

Marie-Bénédicte Loze : J’ai eu d’emblée la chance de travailler avec Christon Saint-Fort, le directeur exécutif de la FEPH : quelqu’un de remarquable, très compétent, qui se bat pour la structure, et qui m’a fait confiance. De cette manière, j’ai vraiment pu faire équipe avec les autres membres de la FEPH. Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris. Pour donner un aperçu de ce que fait cette fédération d’écoles, il faut savoir qu’en Haïti, il n’y a que 12% d’écoles publiques : la grande majorité des établissements sont privés, payants, et doivent financer leurs activités sur leurs fonds propres. Le système éducatif haïtien manque terriblement de moyens, ce qui se traduit sur le plan matériel mais aussi au niveau des recrutements : beaucoup d’écoles, ne pouvant rémunérer correctement leurs enseignants, embauchent des répétiteurs pour s’occuper des classes. Ce qui explique qu’alors même que le paysage éducatif haïtien est très peuplé, beaucoup d’établissements soient si peu satisfaisants en termes d’apports éducatifs pour les enfants. Un certain nombre d’écoles ouvrent sans autorisation et sans disposer d’enseignants compétents. Mais comme les frais d’écolage (d’inscription dans les écoles) représentent une lourde charge pour les familles, elles doivent se contenter d’établissements mal lotis. Il y a donc de gros enjeux en termes d’éducation en Haïti, et c’est précisément là qu’intervient la FEPH. Elle représente un réseau de 3000 écoles (près de 30% du secteur éducatif du pays), se bat pour garantir un niveau d’enseignement suffisant ; son action est d’ailleurs jugée indispensable par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), ainsi que par des partenaires internationaux comme l’Unicef (le Fonds des Nations unies pour l’enfance).

Que vous a apporté cette mission sur les plans personnel et professionnel ?

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Marie-Bénédicte Loze : Sur le plan personnel, j’ai beaucoup grandi, à tous les niveaux. J’ai eu l’occasion de travailler avec des personnes remarquables et j’ai pu vraiment m’imprégner des réalités de la vie haïtiennes, notamment en ce qui concerne les défis du secteur éducatif. C’était aussi une grande satisfaction pour moi de travailler avec des acteurs de terrain, de me battre à leurs côtés pour la même cause… Sur un plan plus professionnel, j’ai acquis une solide expérience de terrain qui me donne aujourd’hui un profil recherché. Travailler avec un organisme local qui se structure et se développe nécessite de faire preuve de souplesse, et garantit une grande diversité dans les actions à mener. C’est passionnant quand on aime relever des défis, s’adapter aux réalités du terrain, réfléchir aux actions à mener avec une équipe : il y a vraiment une grande marge d’action. Cette expérience m’a aussi apporté un large réseau, car même si la FEPH est un acteur local, elle travaille avec des acteurs importants au niveau national et international.




Défense et illustration de la Mission

Le 102 boulevard Arago, à Paris, siège du Défap – DR

« La Corrèze avant le Zambèze ». Dans les années 1960, cette formule fut souvent employée en politique française pour dire que nous devons nous tourner en priorité vers les problèmes nationaux. Cette vision à courte vue semble redevenir d’actualité lorsqu’on constate que les Synodes de nos Églises rabotent continuellement la ligne « mission » dans les budgets annuels. La mission est-elle devenue simplement une variable d’ajustement financière? Pourtant, à la lecture de l’Évangile, on peut se demander si une Église qui n’est plus missionnaire est encore une Église vivante et en devenir ?

Alors pourquoi les paroisses ne prendraient-elles pas en charge directement la mission ? Nos Églises protestantes françaises (ÉPUdF, UÉPAL, UNÉ- PREF) ont pris conscience que la mission au près ou au loin ne s’improvise pas. C’est pourquoi elles ont créé en 1971 le Défap (Département français d’action apostolique maintenant Service protestant de mission), qui a recueilli l’héritage spirituel et matériel de la société des missions protestantes. Il ne s’agit pas de faire du néocolonialisme, mais d’accompagner des Églises sœurs dans une relation d’égalité et de partage. Malgré tous ses défauts (réels ou imaginaires…), le Service protestant de mission est indispensable.

La mission ne s’improvise pas

Pour aller plus loin :

Les contraintes légales et financières et le contexte international font que l’on n’improvise pas la mission. On n’envoie pas une personne ou une famille au bout du monde et on ne tisse pas des relations d’Églises à Églises n’importe comment. Cela demande une expérience et un savoir-faire que seuls le Défap et ses partenaires peuvent apporter.

Le Défap définit ainsi sa mission actuelle : «Le monde évolue et la mission évolue avec lui. Si, au 19e siècle nos Églises envoyaient des hommes et des femmes essentiellement dans les pays du Sud, notamment dans les colonies, aujourd’hui la mission se vit également dans la paroisse. Les échanges se font du Nord vers le Sud, mais aussi du Sud vers le Nord, du Sud vers le Sud et du Nord vers le Nord. Les brassages culturels sont démultipliés (…) Nos Églises ne peuvent pas vivre repliées sur elles-mêmes. »




Une visite pour toucher du doigt l’histoire de la Mission

Simon Assogba présentant le Bénin et l’Église méthodiste béninoise de Paris aux jeunes visiteurs © Défap

Voir et vivre l’Église autrement : pour les 18 jeunes venus au Défap les 5 et 6 mai derniers, ce passage au 102 boulevard Arago s’inscrivait dans le cadre d’un séjour dans la capitale destiné à leur permettre de rencontrer d’autres manières de vivre et de partager la foi. D’où la rencontre avec la communauté de l’Église méthodiste béninoise de Paris, ou la participation au culte de l’Église Hillsong Paris… Dans ce programme, la visite de la maison du Service Protestant de Mission permettait d’apporter la dimension historique, en rappelant l’apport des missionnaires de la SMEP, et de montrer comment la Mission se vit aujourd’hui.

Venus de diverses paroisses du consistoire de l’Église Protestante unie «Entre vignes et forêts», qui englobe au sud Nevers, au nord Fontainebleau et à l’est Troyes, ces jeunes âgés de 16 à 22 ans étaient accompagnés par trois pasteurs : Jean-François Blancheton, de Sens ; Amos-Raphaël Ngoua-Mouri, pasteur à Cosne (Nièvre) – Sancerre (Cher) – Bords de Loire ; et Odile Roman-Lombard, pasteure de l’Église protestante unie de France à Fontainebleau. L’idée était précisément, à l’occasion de cette visite organisée dans la lignée des séjours «Voir et revoir Paris» (voir encadré), de susciter une dynamique entre jeunes au niveau consistorial, au-delà du cadre des paroisses. Après un temps de rencontre et d’échanges pour souder le groupe, les visiteurs ont eu droit à une visite guidée de la maison des Missions protestantes, et notamment de la chapelle où l’on peut voir une exposition sur l’histoire des missionnaires du XIXème siècle à la décolonisation, ou encore du Salon Rouge, où sont réunis les portraits de quelques-uns des grands noms de la Société des Missions Évangéliques de Paris. En compagnie de Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, ils ont pu aussi visiter les archives et découvrir dans quelles conditions voyageaient les missionnaires du temps de la SMEP ; comprendre également quelle vision du monde prévalait au XIXème siècle.

Quand la confrontation avec d’autres cultures devient découverte réciproque

«J’avais l’impression qu’à travers cette visite de la bibliothèque, l’histoire de la Mission devenait palpable pour eux, raconte Tünde Lamboley, responsable Jeunesse au Défap, qui accueillait le groupe. L’un des jeunes a demandé s’il pouvait revenir voir les archives : il avait l’impression de toucher l’histoire de ses mains. La découverte de la maison, de tous les objets qui s’y trouvent et sont liés à la Mission, la visite des archives, tout ceci leur a permis de s’approprier cette histoire, qui est devenue dès lors leur histoire. Certes, c’est une histoire mouvementée, avec ses zones d’ombre ; Claire-Lise met d’ailleurs un point d’honneur à ne rien enjoliver ou maquiller.» Ce qui permet d’autant mieux de souligner les zones de lumière, ou de nuancer la perspective que l’on peut avoir aujourd’hui sur la Mission : car si les missionnaires qui partaient au XIXème siècle se voulaient porteurs d’une certaine idée du progrès, le plus souvent, leur confrontation avec d’autres cultures s’est transformée en découverte réciproque. Et ce sont ces mêmes missionnaires qui se sont faits par la suite ethnographes, linguistes et avocats des cultures qui les avaient accueillis.

Les jeunes visiteurs et leurs accompagnateurs dans le jardin du Défap © Défap

Pour compléter ce voyage dans les cultures et dans le temps, la rencontre avec huit jeunes de l’Église méthodiste béninoise de Paris, et avec leur animateur théologique Simon Assogba (également membre de l’Équipe Régionale Mission de la région parisienne) a permis une découverte des coutumes et des chants béninois. Avant un repas typique préparé par la communauté béninoise, partagé dans la salle à manger du Défap. Le tout suivi d’une soirée de découverte de la capitale «Paris by night». Le 6 mai, pour sa part, faisait une large place à l’Église Hillsong Paris, qui organise chaque dimanche un culte au théâtre Bobino, non loin de Montparnasse. Née à Sydney dans les années 80, sous l’impulsion de Bobbie et Brian Houston, la Hillsong Church Family (ainsi que se nomme le réseau Hillsong) compte aujourd’hui 29 Églises (ou «Campus») dans le monde. Sa branche australienne est membre des Assemblées de Dieu d’Australie (Australian Christian Churches). Sa branche française, lancée en 2004 par un jeune pasteur Anglais, Brendan White, est membre de la Fédération protestante de France. Elle se caractérise par un fort accent mis sur la jeunesse et des cultes émaillés de cantiques pop-rock à la ferveur communicative.

Retrouvez ci-dessous quelques images de la visite des jeunes du consistoire «Entre vignes et forêts» :

 

Rencontrez la maison, découvrez la mission
Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




Seul l’amour nous fait comprendre l’amour !

«Je vous aime comme le Père m’aime.

Demeurez dans mon amour.

Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j’ai obéi aux commandements de mon Père et que je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.

Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous aime.

Le plus grand amour que quelqu’un puisse montrer, c’est de donner sa vie pour ses amis.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous appelle amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai chargés d’aller, de porter des fruits et des fruits durables.

Alors, le Père vous donnera tout ce que vous lui demanderez en mon nom. Ce que je vous commande, donc, c’est de vous aimer les uns les autres.» Jean 15,9-17

 


Source : Pixabay

 

Jésus nous invite à demeurer dans son amour.

À demeurer dans le temps !

À demeurer dans l’espace !

Demeurer c’est rester, durer, s’inscrire dans la fidélité.

La demeure, c’est la maison, le foyer.

Jésus désire être notre demeure. Et que nous soyons la sienne.

Afin de vivre en communion !

Sachant qu’il va souffrir, mourir, partir, il prie pour ses disciples et leur confie ses ultimes enseignements :  ils doivent tenir bon !

Jésus craint pour eux – et pour nous- l’épreuve du temps, la déchirure de la séparation, les effets de la peur et du désespoir.

Il faut à tout prix comprendre que sa mort n’est pas un échec mais le don de sa vie jusqu’au bout !

Alors il offre sa joie, comme un philtre puissant capable de garder les cœurs ouverts à l’espérance.

Si les disciples reçoivent cette joie, ils pourront suivre le chemin de ses commandements,  et être ses témoins, ses amis intimes, à lui qui s’est fait leur serviteur !

Seul l’amour nous fait comprendre l’amour !

 

 


Source : Pixabay

 

Prions avec cette prière de Martin Luther King, dont nous venons de commémorer le cinquantenaire de la mort :

Ô Dieu, notre Père du ciel,
Nous te remercions pour ce privilège merveilleux de pouvoir t’adorer
Toi, le seul vrai Dieu de l’univers.
Nous venons à toi aujourd’hui
Pleins de reconnaissance que tu nous aies gardés
A travers la longue nuit du passé
Et nous aies fait entrer dans le défi du présent et la brillante espérance du futur.
Nous savons, ô Dieu,
Que l’homme ne peut se sauver de lui-même
Car l’homme n’est pas la mesure des choses et l’humanité n’est pas Dieu.
Ligotés par les chaînes du péché et de la finitude
Nous savons que nous avons besoin d’un Sauveur.
Aide-nous à ne jamais laisser quelqu’un ou une situation nous pousser si bas
Que nous en venions à haïr.
Donne-nous la force d’aimer nos ennemis
Et de faire le bien à ceux qui, méchamment, nous utilisent et nous persécutent.
Nous te remercions pour ton Église fondée par ta Parole
Elle nous provoque à faire plus que chanter et prier
C’est-à-dire à aller dans le monde et travailler
Comme si la vraie réponse à nos prières dépendait de nous et non de toi.
Aussi, finalement, aide-nous à réaliser
Que l’homme a été créé pour briller comme les étoiles et vivre pour l’éternité.
Garde- nous, nous t’en prions, en parfaite paix
Aide-nous à marcher ensemble, à prier ensemble, à chanter ensemble
Et à vivre ensemble jusqu’au jour où tous les enfants de Dieu
Noirs, Blancs, Rouges et Jaunes
Se réjouiront en une seule humanité commune Dans le Royaume de notre Seigneur et notre Dieu.

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Jean 15, 9-17 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




«La fraternité … jusqu’à aimer ses ennemis»

Affiche de la 13ème «Nuit des veilleurs» de l’ACAT © ACAT-France

Chaque année, le 26 juin, à l’occasion de la Journée de l’Onu de soutien aux victimes de la torture, l’ACAT-France et plusieurs autres ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), sur divers continents, proposent aux chrétiens de diverses confessions de devenir veilleurs, au cours d’une nuit de prières à l’intention de ceux qui, partout dans le monde, sont torturés. Cette chaîne de prière mondiale est un événement œcuménique unique, une action à la fois individuelle et collective. Pour la 13ème «Nuit des veilleurs» – nuit du 26 au 27 juin 2018 – l’ACAT propose le thème suivant : «La fraternité … jusqu’à aimer ses ennemis», d’après Matthieu 5/ 43-44.

Pour celles et ceux qui voudraient s’y engager, un site internet rappelle les fondements de cette action, propose des ressources spirituelles sur le thème choisi cette année, et met en avant dix victimes de la torture à porter en prière. Tout en présentant leurs portraits et leurs parcours, l’ACAT rappelle : «Ils sont sahraoui, tunisien, bahreïni, mexicain, américain, vietnamien, rwandais, gabonais, mauritanien, chinois. Ils ont été menacés, battus, torturés, emprisonnés, maintenus en détention. Pour leurs convictions, pour leur engagement, pour ce qu’ils sont. Pour les faire taire, pour les faire parler. Sans raison…»

Les moyens d’action de l’ACAT

Créée en 1974, l’ACAT est une ONG chrétienne œcuménique de défense des droits de l’homme qui se bat pour faire reculer la torture, la peine de mort, défendre le droit d’asile et promouvoir le respect de la dignité de chacun. L’ACAT affirme que la torture n’est jamais légitime et que la dignité de toute personne doit être respectée sans exception aucune. L’ACAT prend donc la défense de toutes les victimes de tortures et de mauvais traitements, qu’elles soient des prisonniers d’opinion ou de droit commun, qu’elles soient détenues par des États ou des entités non-étatiques, qu’elles aient commis ou non des actions répréhensibles. L’ACAT ne fait aucune distinction idéologique, ethnique ou religieuse. Elle fonde son action sur un réseau actif de membres adhérents, donateurs et salariés.

Ses moyens d’action tournent essentiellement autour de trois axes :

  • Exercer des pressions sur les responsables de tortures, par des campagnes de pétitions, par du plaidoyer auprès des institutions internationales, des gouvernements et décideurs, et par des actions en justice ;
  • Informer (par des enquêtes de terrain, des rapports de missions, des publications, des témoignages, des campagnes de presse) ;
  • Soutenir : accompagner les victimes, correspondre avec des prisonniers…

Chaque année, l’ACAT aide ainsi à mettre fin au calvaire de plusieurs centaines personnes dans le monde entier.

Le 26 juin, une date symbolique
L’ONU a toujours condamné la torture comme l’un des actes les plus vils commis par des êtres humains sur leurs semblables. La torture est un crime en vertu du droit international et fait l’objet d’une interdiction absolue qui ne peut être justifiée en aucune circonstance. Cette interdiction fait partie du droit international et s’applique à tous les membres de la communauté internationale, que l’État ait ou non ratifié les traités internationaux dans lesquels la torture est expressément interdite. La pratique systématique ou généralisée de la torture constitue un crime contre l’humanité. Par la résolution 52/149 adoptée le 12 décembre 1997, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 26 juin Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, en vue d’éliminer totalement la torture et d’assurer l’application effective de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui est entrée en vigueur le 26 juin 1987.

 




Rencontre missionnaire à Strasbourg

Réunion plénière des partenaires missionnaires de l’UEPAL Une première depuis de nombreuses années. © Défap

L’UEPAL, l’une des Églises fondatrices du Défap, a pour la première fois depuis plusieurs décennies organisé une rencontre de ses principaux partenaires missionnaires à Strasbourg, les 1er et 2 mars derniers. Le thème : «Mission, aide au développement, solidarité internationale… le cœur de métier des œuvres et comment l’appeler aujourd’hui».

Autour d’une table, dans un cordial mélange de français, d’allemand et parfois d’anglais, les représentantes du Défap – le pasteur Tünde Lamboley et Valérie Thorin – ont fait connaissance avec ceux de Mission 21 (l’ancienne « Mission de Bâle »), de L’œuvre missionnaire de Hermannsburg, en Allemagne, et de la Société luthérienne de mission. Il y avait également deux délégués de l’Action chrétienne en Orient, tous deux connus de longue date au Défap : Thomas Wild et Albert Huber.

Des ressemblances et des différences profondes

Après une matinée de présentation des diverses organisations, les participants sont entrés dans le vif du sujet, exposant chacun sa vision de la mission par le biais de ses actions sur le terrain et de ses convictions.

S’est ensuivie une discussion particulièrement riche et intéressante, car d’une rive à l’autre du Rhin, il y a des ressemblances et des différences profondes, toutes susceptibles d’enrichir la réflexion individuelle. Le Défap défendait sa vision «ni ONG, ni organisme d’évangélisation» mais à l’écoute de la demande en provenance des Églises, locales ou nationales, du Nord ou du Sud, le tout porté par une solide culture soutenue par la bibliothèque et les archives.

Un compte-rendu plus détaillé des débats est disponible ici en téléchargement au format pdf.




La Mission, ce n’est pas seulement pour les autres

Les jeunes visiteurs dans le jardin du Défap © Défap

Jeudi 26 avril : au deuxième étage du 102 boulevard Arago, dans la «salle de cours» du Défap (celle-là même où avait lieu, au temps de la Société des Missions Évangéliques de Paris, la formation des futurs envoyés), un petit groupe est réuni en demi-cercle. Il y a là neuf jeunes venus de quatre paroisses de la région Est-Montbéliard et leurs accompagnateurs. Ils sont en train d’évoquer ensemble les quatre jours qu’ils viennent de passer dans la capitale. Quatre journées largement consacrées au Défap, à son histoire, à ses activités, mais aussi à des visites dans Paris liées aux thématiques de la découverte et de l’échange, comme le musée du Quai Branly ou le Centre Georges Pompidou.

Aux yeux de Dalip Hugon, coordinateur Jeunesse pour la région Est-Montbéliard de l’Église Protestante Unie de France, l’objectif du voyage était clair : «Susciter des vocations chez les jeunes». Quel genre de vocation ? Celle de partir en mission à l’international à travers un Service Civique ou en tant que Volontaire de Solidarité Internationale, par exemple ; ou plus largement, toute forme d’engagement au service des autres à travers la Mission. Pari réussi, si l’on en juge par les réactions des jeunes visiteurs : «Ils se sont vraiment sentis accueillis au Défap, ils ont pu voir que c’est une maison qui vit, où l’on peut rencontrer des gens de divers horizons», estime Valérie Mitrani, accompagnatrice du groupe et pasteur d’Épinal, Thaon-les-Vosges et Remiremont. «Pour eux, cette visite représentait une vraie découverte. Les appréciations sont positives ; et dans le feu de l’action, il y en a même un ou deux qui ont dit : s’engager, pourquoi pas ?»

«Une réelle méconnaissance de la Mission chez les jeunes»

L’idée de ce voyage était née lors de la pastorale régionale organisée en juin 2017. Florence Taubmann, responsable du service Animation France – Jeunesse du Défap, invitée dans la région Est-Montbéliard, avait alors évoqué le projet «Voir et revoir Paris», visant à ouvrir les portes de la «maison des Missions» à des groupes issus de diverses paroisses, pour leur permettre de mieux connaître son histoire et son fonctionnement actuel. «Cette offre du Défap correspondait à un réel besoin chez nous», souligne Dalip Hugon. «Nous avions pu constater, dans nos Églises, une réelle méconnaissance de la Mission chez les jeunes». L’organisation du voyage se met dès lors sur pied : outre Dalip Hugon, les jeunes seront accompagnés par Valérie Mitrani et son mari, David Mitrani, pasteur lui aussi ; trois réunions successives permettent de construire le programme, de définir l’offre proposée aux jeunes. Public visé : celui des «post-caté» (adolescents-jeunes adultes). «Il y avait pour nous plusieurs points importants, insiste Dalip Hugon : tout d’abord, que cette visite permette une dynamique consistoriale, avec plusieurs paroisses associées au projet. Ensuite, l’aspect participatif. Chacun devait avoir un temps de service, qu’il s’agisse de servir les repas, de ranger, de s’occuper de l’aumônerie…» Et voilà comment, dans la deuxième moitié du mois d’avril, un groupe de jeunes venus de trois paroisses vosgiennes et d’une paroisse meurthe-et-mosellane débarque à Paris et vient pousser la porte du 102 boulevard Arago.

Les accompagnateurs : Dalip Hugon (à gauche) Valérie Mitrani (au centre) et David Mitrani (à droite) © Défap

Le programme s’établit autour de trois axes, que détaille ainsi Valérie Mitrani : «la découverte du Service Protestant de Mission dans ses divers aspects – notamment tout ce qui tourne autour de l’envoi et de l’accueil – et de l’histoire de la Mission ; l’animation biblique ; et une découverte de Paris en lien avec le thème de la visite». Au Défap même, les neuf jeunes et leurs trois accompagnateurs ont trois temps d’animation. Le premier, avec Florence Taubmann, est consacré à une approche biblique de la Mission. Le deuxième, avec Laura Casorio, du service Relations et Solidarités Internationales, détaille les activités du Défap en lien avec l’envoi de volontaires à l’international. Le troisième, avec Claire-Lise Lombard, prend la forme d’une visite de la bibliothèque du Défap, où une exposition est organisée, ainsi que des archives. Autant de manières de montrer d’où vient la Mission, et de quelle manière elle se vit aujourd’hui. «La Mission, résume Valérie Mitrani, ce n’est pas seulement pour les autres. S’engager, ce n’est pas quelque chose d’impossible. Nous voulions montrer aux jeunes qu’eux aussi, ça peut les concerner».

Retrouvez ci-dessous quelques images mises en ligne par les jeunes de la région Est-Montbéliard à l’occasion de leur visite :

Rencontrez la maison, découvrez la mission
Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




«Les guerrières de la Paix», un film en quête de donateurs

Après le témoignage de Charlotte dans le cadre du programme EAPPI, voici une autre vision de la situation en Israël et Palestine : l’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, ont financé grâce à une campagne de «crowdfunding» un film documentaire sur le mouvement Women Wage Peace. Cette association, formée après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza, est composée de femmes juives et arabes israéliennes réclamant la coexistence. Elle réunit des dizaines de milliers de femmes et ne cesse de grandir ; elle a déjà organisé deux marches pour la paix, dont la dernière, en octobre 2017, a rassemblé 30 000 personnes à Jérusalem.

Michal Froman la juive orthodoxe, Huda Abuarqob la Palestinienne d’Hébron : deux femmes que tout oppose, que tout semble destiner au conflit, et qui pourtant s’engagent et l’une et l’autre pour la paix. Deux portraits et deux parcours que devrait rassembler bientôt un film documentaire, «Les guerrières de la Paix», consacré au mouvement Women Wage Peace (WWP), et actuellement en quête de financements. L’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, espèrent le voir diffusé «par une chaîne publique française en mai prochain».

Un projet participatif pour lequel les deux femmes ont dû continuer à se battre jusqu’au bout : si l’essentiel du film bénéficiait déjà d’un financement, il restait encore des «dépenses non couvertes» – transports, matériel et logement. Elles étaient en quête de 20.000 euros. Pour les trouver, les réalisatrices ont organisé une campagne de levée de fonds sur Ulule. Avec un plein succès : l’objectif a été atteint le 30 mars dernier, et le total des fonds collectés dépasse aujourd’hui les 25.000 euros.

Un mouvement qui compte aujourd’hui plus de 40 000 membres

Michal Froman la juive orthodoxe, Huda Abuarqob la Palestinienne d’Hébron : deux femmes que tout oppose, que tout semble destiner au conflit, et qui pourtant s’engagent et l’une et l’autre pour la paix. Deux portraits et deux parcours que devrait rassembler bientôt un film documentaire, «Les guerrières de la Paix», consacré au mouvement Women Wage Peace (WWP), et actuellement en quête de financements. L’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, espèrent le voir diffusé «par une chaîne publique française en mai prochain».

Un projet participatif pour lequel les deux femmes ont dû continuer à se battre jusqu’au bout : si l’essentiel du film bénéficiait déjà d’un financement, il restait encore des «dépenses non couvertes» – transports, matériel et logement. Elles étaient en quête de 20.000 euros. Pour les trouver, les réalisatrices ont organisé une campagne de levée de fonds sur Ulule. Avec un plein succès : l’objectif a été atteint le 30 mars dernier, et le total des fonds collectés dépasse aujourd’hui les 25.000 euros.

Le courage de tendre la main

Le mouvement Women Wage Peace est né dans le sillage de l’opération militaire israélienne à Gaza de l’été 2014. Son but : faire entendre toutes les voix des femmes qui, au sein de la société civile, réclament la paix. Et faire ainsi pression sur les dirigeants. WWP est représenté à travers tout le pays par 70 groupes dans lesquels se retrouvent des femmes israéliennes juives, arabes (qu’elles soient musulmanes ou chrétiennes), bédouines, druzes. «Pour moi, témoigne une des membres du mouvement, Yaël Dagan, l’exemple à suivre est celui des femmes du Nigeria, chrétiennes ou musulmanes, qui ont obligé les belligérants à négocier. Elles ne les ont pas lâchés une minute. C’est ça qu’il faut faire.»

Pour cela, il a d’abord fallu trouver le courage de tendre la main. Ce qu’illustre le parcours des deux femmes que suit le documentaire «Les guerrières de la Paix». Hanna Assouline et Jessica Bertaux sont ainsi allées à la rencontre de «Michal Froman, une juive orthodoxe habitant dans les colonies. Subtil mélange entre une extrême douceur et une extraordinaire combativité, cette femme a été victime d’une attaque au couteau l’année dernière. Elle était alors dans son quatrième mois de grossesse… Plutôt que de sombrer dans le ressentiment et la haine elle choisit alors de s’engager auprès d’autres femmes, et parfois contre l’avis de sa communauté, pour que « ce qui lui est arrivé ne se reproduise plus.» En parallèle, les deux réalisatrices ont aussi suivi «Huda Abuarqob, (une) Palestinienne de 42 ans, (qui) habite à Hébron. Engagée depuis sa jeunesse dans la défense de son peuple, elle est la présidente du mouvement palestinien ALLMEP. Elle décide aujourd’hui de se battre aux côtés des femmes de Women Wage Peace. Un choix difficile et courageux pour cette palestinienne militante qui prend le risque d’être accusée par les siens de «pactiser avec l’ennemi».

Retrouvez ci-dessous le teaser du film :

Credits photos : Des milliers de femmes marchent pour la paix avec WWP © Hanna Assouline et Jessica Bertaux / Marie-Lyne Smadja, de WWP © Women Wage Peace




Trois mois à Jérusalem, «cité de paix»

Des soldats israéliens dans une rue de la vieille ville de Jérusalem © Charlotte pour EAPPI

 

«Jérusalem signifie étymologiquement «cité de paix». Ce n’est pas ce que j’ai observé. (…) La paix n’est ni dans la rue ni dans les esprits. Les jeunes craignent de se faire arrêter sur le chemin du lycée, accusés à tort d’un crime non commis. Les bédouins craignent que leurs maisons, en même temps que leur culture, soient démolies (…).

Lors de nos rondes dans la vieille ville, nous passions régulièrement devant la chapelle de Véronique, celle qui aurait donné son voile à Jésus pour qu’il s’essuie le visage lors du chemin de croix. Elle n’a pas changé le cours des choses, mais elle l’a soulagé de son fardeau pour un instant.

C’est ainsi que je vois ma mission d’accompagnement. Nous ne résolvons pas le conflit, nous essayons d’alléger le quotidien en faisant preuve de solidarité et d’humanité sous le signe de la non-violence et du respect des droits de l’homme. Car dans cette terre berceau de l’humanité, bien peu en font preuve(…).»

 

 

EAPPI et les missions des accompagnateurs œcuméniques

Pour aller plus loin :

«J’ai passé trois mois à Jérusalem. Et voici les missions des accompagnateurs œcuméniques :

Nous surveillions l’accès au travail, à l’éducation et au lieu de culte. Nous assurions plusieurs fois par semaine une présence au checkpoints de Qalandiya. C’est la première humiliation de la journée. Attendre en ligne des heures qu’on les contrôle ainsi que tous les permis qui régissent leur vie. La ligne prioritaire étant toujours fermée, il est communément admis que les vieilles personnes et les femmes peuvent passer devant. Nous étions aussi présents au checkpoint via Dolorosa dans la vieille ville. Les lycéens y passent tous les jours et se font fouiller et vérifier leur identité par des soldats agressifs. 10 lycéens mineurs d’un même lycée ont fait de la prison durant mon séjour.

Nous visitions de manière hebdomadaire plusieurs villages bédouins. Visiter ces communautés d’anciens nomades enfermées entre le mur, des autoroutes et les colonies m’a particulièrement touchée. Le nomadisme est pour moi un symbole de liberté. Mais ici, ils sont dans une prison à ciel ouvert. Ne pouvant déjà plus se déplacer au gré des saisons, ils se battent pour maintenir ce qui reste de leur mode de vie et de leur terre.

Nous soutenions aussi les manifestations non-violentes menées par les Israéliens pacifistes. Ils se battent pour et au côté des Palestiniens pour mettre fin à l’occupation et aux colonies. La vie n’est pas facile non plus de leur côté du mur. Insultés, agressés, accusés de traitrise, ils portent les couleurs de la Palestine.

Nous assistions aux nombreuses démolitions. Ces démolitions ont pour motif l’absence de permis, sachant que seulement 13% du territoire reste à l’usage des Palestiniens, et que l’application de punitions collectives est interdite par le droit international (…).»

 

Combattre la violence par la non-violence

L’Esplanade des Mosquées, lieu concentrant les tensions © Charlotte pour EAPPI

«EAPPI est un programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël. Ses piliers sont l’impartialité et la non-violence. Ces deux concepts paraissent compliqués à concilier avec le conflit israélo-palestinien, mais ils étaient pourtant indispensables à respecter. Combattre la violence par la non-violence. Certains diront que c’est une utopie, je dirai que c’est le meilleur moyen. En effet, lui seul montre l’irrationalité et l’injustice de l’usage de la violence. Faire preuve de vulnérabilité dénonce l’agressivité.

On m’a demandé avant de partir, si j’allais porter un gilet par balle, ce à quoi j’ai toujours répondu : «non, mais je porterai un gilet avec une colombe pour me protéger». Une colombe contre une arme est un symbole plus fort.»

Retrouvez ci-dessous quelques images de la mission de Charlotte à Jérusalem :

 

EAPPI : un programme et des témoins
Le programme EAPPI (Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel) du COE (Conseil œcuménique des Églises) est porté par le protestantisme français depuis ses origines en 2002. Il est aujourd’hui coordonné en France par Jacques Toureille et Bertrand Vergniol. Les candidats sont recrutés par l’intermédiaire du Défap. Décrire à leur retour ce qu’ils ont vécu, à travers des lettres ou des cycles de conférences, fait partie de leur engagement dans le programme EAPPI. Témoins de la non-communication ou des difficultés à vivre et à comprendre les autres, les accompagnateurs EAPPI ont parfois été témoins de scènes violentes qu’ils partagent avec beaucoup d’émotion. Charlotte, après ses trois mois passés à Jérusalem, est de nouveau à Paris, et a entamé un cycle de conférences de sensibilisation à la situation dans le cadre universitaire, associatif, cultuel et médiatique.

 




50 ans après sa mort, que reste-t-il du combat de Martin Luther King ?

Martin Luther King s’adresse à la foule depuis les marches du Lincoln Memorial où il a prononcé son célèbre discours « I Have a Dream » lors de la marche du 28 août 1963 à Washington DC © Wikimedia Commons

Le 4 avril 1968, Martin Luther King mourait assassiné. Le message de ce pasteur baptiste, prix Nobel de la paix, a marqué les consciences dans le monde entier. 50 ans plus tard, il reste d’une brûlante actualité à un moment où ressurgissent ici et là des messages de haine et des politiques d’exclusion. La vie et le message de Martin Luther King ont été marqués par le refus de la violence, des injustices, de la ségrégation, du racisme. Il a inlassablement milité en faveur de la réconciliation et du vivre ensemble.

Dans le cadre de l’année 2018 , commémorative des 50 ans de l’assassinat de Martin Luther King, la Fédération protestante de France, avec la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), l’association MLK50 et la librairie Jean Calvin organisent une soirée dédiée : «Martin Luther King, 50 ans après sa mort, combat pour l’égalité : quel héritage, quelles perspectives?», le vendredi 6 avril de 18h30 à 21h00, à la maison du protestantisme – 47 rue de Clichy, 75009 Paris.

Parallèlement, de nombreux hommages et commémorations marquent ce 50e anniversaire de la mort de Martin Luther King, dans le monde protestant et au-delà :

Soirée d’hommage, exposition, publications, émissions…

Soirée MLK du 6 avril : le programme

– 18H30 : Ouverture par François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France
– 18H45 : Présentation et Vernissage de l’exposition MLK50 par la pasteure Anniel Hatton (FEEBF)
– 19H45 : Conférence «Martin-Luther King : emblème de la longue lutte des noirs pour leur émancipation»
Cette conférence à deux voix sera animée par Franck Belloir responsable de la librairie Jean Calvin. Les deux intervenants Bertrand Van Ruymbeke, Professeur de civilisation américaine, Université de Paris 8 et Institut Universitaire de France et Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à l’université de Strasbourg aborderont tour à tour cette thématique ; tout d’abord Bertrand Van Ruymbeke proposera d’évoquer la question noire de la fin du XIXème siècle aux droits civiques en partant du discours de Barack Obama. Ensuite, Frédéric Rognon mettra en relief Martin-Luther King, sa foi et ses convictions au regard de son engagement social et politique.
Un temps de questions du public aux deux intervenants viendra clore la conférence.
Entrée libre sur inscription en ligne

 

Inauguration et vernissage de l’exposition MLK50
Conférence « Martin-Luther King : emblème de la longue lutte des noirs pour leur émancipation »,
Maison du Protestantisme, 47 rue de Clichy 75009 Paris, Vendredi 6 avril à 18h30 – Inscrivez-vous

Le site www.mlk50.fr souhaite faire connaître MLK, l’homme, son message et son action. À l’occasion du 50e anniversaire de la mort du pasteur baptiste et prix Nobel de la Paix, ce site met à disposition une exposition modulable à travers une centaine d’affiches ou de panneaux. L’exposition sera présentée à la maison du Protestantisme tout au long de l’année 2018, la soirée du 6 avril sera l’occasion de l’inaugurer avec une présentation de celle-ci par la pasteure baptiste Anniel Hatton qui a contribué à son élaboration avec l’équipe de l’association Martin Luther King 50 ans après. Retrouvez tous les événements organisés en France autour de cette exposition.

Téléchargez le flyer relatif à la soirée et le communiqué de presse relatif à l’exposition.

Martin Luther King, la force d’aimer, un documentaire de Présence Protestante réalisé par Audrey Lasbleiz sera diffusé le dimanche 15 avril, de 10h à 10h30 sur France 2.

Réforme, hebdomadaire protestant d’actualité, propose cette semaine un Spécial Martin Luther King. C’est également le cas du magazine Christianisme Aujourd’hui, avec un dossier complet et notamment cet article sur Martin Luther King, la non-violence qui dérange.

Dans le journal La Croix, plusieurs articles et une vidéo : Martin Luther King et son héritage intergénérationnel

En octobre 1965, Martin Luther King, invité par la Fédération protestante de France, était à Paris. Retrouvez le dossier réalisé en 2008, pour les 40 ans de la commémoration.

Des vidéos réalisées par Campus protestant

 

Martin Luther King : sa vision du monde et de l’Église. Par Jean-Claude Girondin

 

50 ans après l’assassinat de Martin Luther King. Entretien avec Jean Marie Muller