Familles je vous « crains » !

Jésus se rendit ensuite à la maison. Une telle foule s’assembla de nouveau que Jésus et ses disciples ne pouvaient même pas manger. Quand les membres de sa famille apprirent cela, ils se mirent en route pour venir le prendre, car ils disaient : « Il a perdu la raison ! »

Les maîtres de la loi qui étaient venus de Jérusalem disaient : « Béelzébul , le diable, habite en lui ! » Et encore : « C’est le chef des esprits mauvais qui lui donne le pouvoir de chasser ces esprits ! »

Alors Jésus les appela et leur parla en utilisant des images : « Comment Satan peut-il se chasser lui-même ? Si les membres d’un royaume luttent les uns contre les autres, ce royaume ne peut pas se maintenir ; et si les membres d’une famille luttent les uns contre les autres, cette famille ne pourra pas se maintenir. Si donc Satan lutte contre lui-même, s’il est divisé, son pouvoir ne peut pas se maintenir mais prend fin. »

« Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et s’emparer de ses biens, s’il n’a pas d’abord ligoté cet homme fort ; mais après l’avoir ligoté, il peut s’emparer de tout dans sa maison. Je vous le déclare, c’est la vérité : les êtres humains pourront être pardonnés de tous leurs péchés et de toutes les insultes qu’ils auront faites à Dieu. Mais celui qui aura fait insulte au Saint-Esprit ne recevra jamais de pardon, car il est coupable d’un péché éternel. »

Jésus leur parla ainsi parce qu’ils déclaraient : « Un esprit mauvais habite en lui. » La mère et les frères de Jésus arrivèrent alors ; ils se tinrent en dehors de la maison et lui envoyèrent quelqu’un pour l’appeler.

Un grand nombre de personnes étaient assises autour de Jésus et on lui dit : « Écoute, ta mère, tes frères et tes soeurs sont dehors et ils te demandent. »

Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »

Puis il regarda les gens assis en cercle autour de lui et dit : « Voyez : ma mère et mes frères sont ici. Marc 3,20-35

 


Source : Pixabay

 

Plusieurs scènes des évangiles nous montrent Jésus très réservé par rapport à sa propre famille, même si d’autres scènes expriment l’amour qu’il porte aux siens, en particulier à sa mère !

Dans notre récit il doit faire face au désir d’emprise de sa famille qui le croit fou, dans un contexte où son succès auprès du peuple a attisé la haine de ses adversaires et donc la calomnie. S’il guérit, c’est forcément qu’il est en affaire avec le diable. Le pense-t-on réellement ? En tout cas l’argument a servi très longtemps en Europe pour brûler les guérisseuses qualifiées de sorcières.

La force de Jésus est de prendre au sérieux l’accusation et d’y répondre à deux niveaux.

D’abord par la raison : si moi-même je suis lié à l’esprit du mal, quel serait mon intérêt de chasser les esprits mauvais ? « Si donc Satan lutte contre lui-même, s’il est divisé, son pouvoir ne peut pas se maintenir mais prend fin. »

Mais après avoir utilisé la voix de la raison Jésus utilise celle de la conscience : Le mal existe, et il faut le combattre avec force et intelligence, comme un « homme fort » qu’il faudrait maîtriser. Mais pour cela il ne faut pas voir ou projeter le mal là où il n’est pas.

Alors où est-il ?

Jésus est clair : tout peut être pardonné, même les mauvaises paroles contre Dieu. Mais impardonnable est le péché contre le Saint-Esprit ?

Difficile à comprendre ? Fions-nous à l’intelligence de notre cœur, celle qui nous vient de Dieu. L’Esprit souffle en nous et pour nous faire connaître l’amour et nous le faire vivre vis-à-vis de notre prochain.

Si nous inversons le sens de l’inspiration divine au point d’y entendre le contraire alors nous devenons prisonniers de ténèbres épaisses et infranchissables. Nous mettons Dieu à la place du diable et le diable à la place de Dieu, nous déclarons bon ce qui est mauvais et mauvais ce qui est bon, nous déclarons la haine sainte et méprisons l’amour ! Ce faisant nous tuons notre âme.

Mais si nous sommes ouverts à l’amour de Dieu et que nous en vivons, alors nous découvrons que notre propre famille s’intègre dans la grande famille de tous ceux qui mettent leur confiance et leur joie dans le service de Dieu et dans l’écoute de sa Parole.

 

 


Création de Lamine Biaye, artiste peintre sénégalais qui pratique le récup’art.

 

Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour tous les Sénégalais à travers un extrait du poème de Léopold Sedar Senghor : Elégie pour Martin Luther King

Cependant que s’évaporait comme l’encensoir le cœur du pasteur
Et que son âme s’envolait, colombe diaphane qui monte
Voilà que j’entendis, derrière mon oreille gauche, le battement lent du tam-tam.
La voix me dit, et son souffle rasait ma joue :
« Ecris et prends ta plume, fils du Lion ». Et je vis une vision.
Or c’était en belle saison, sur les montagnes du Sud comme du Fouta-Djallon
Dans la douceur des tamariniers.
Et sur un tertre siégeait l’Etre qui est Force, rayonnant comme un diamant noir.
Sa barbe déroulait la splendeur des comètes ; et à ses pieds
Sous les ombrages bleus, des ruisseaux de miel blanc de frais parfums de paix.
Alors je reconnus, autour de sa Justice sa Bonté,
Confondus les élus et les Noirs et les Blancs
Tous ceux pour qui Martin Luther avait prié.
Confonds-les donc, Seigneur, sous tes yeux sous ta barbe blanche :
Les bourgeois et les paysans paisibles, coupeurs de canne cueilleurs de coton
Et les ouvriers aux mains fiévreuses, et ils font rugir les usines, et le soir ils sont soûlés d’amertume amère.
Les Blancs et les Noirs, tous les fils de la même terre mère.
Et ils chantaient à plusieurs voix, ils chantaient : Hosanna ! Alléluia !
Comme au Royaume d’Enfance autrefois, quand je rêvais.
Or ils chantaient l’innocence du monde, et ils dansaient la floraison
Dansaient les forces que rythmait, qui rythmaient la Force des forces :
La Justice accordée, qui est Beauté Bonté.
Et leurs battements de pieds syncopés étaient comme une symphonie en noir et blanc
Qui pressaient les fleurs écrasaient les grappes, pour les noces des âmes :
Du Fils unique avec les myriades d’étoiles

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 3, 20-35 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Les Églises d’Europe aux côtés des migrants

Accueil des réfugiés en France par la Fédération de l’Entraide Protestante © FEP

De l’Italie à la France, de la Grèce à l’Allemagne : en Europe, la question des migrants est devenue une priorité pour les Églises, transcendant les frontières confessionnelles. Fait révélateur, la Conférence des Églises européennes (KEK-CEC) – la plus grande organisation œcuménique du continent, réunissant 116 Églises orthodoxes, protestantes, anglicanes et vieilles-catholiques de toute l’Europe, ainsi que plus de 40 conseils nationaux d’Églises et organisations en partenariat – a voté au matin du 5 juin 2018, à l’occasion de son Assemblée Générale réunie en Serbie, un document appelant tous ses membres à coordonner leurs efforts dans ce domaine. Avec quelques grandes lignes directrices : promouvoir la mise en place de routes sûres et légales pour les réfugiés vers l’Europe; rappeler aux gouvernements qu’ils sont responsables du sauvetage des migrants en mer; ne pas criminaliser les actes de solidarité envers les migrants.

Cette question des migrants est déjà depuis des années au centre des préoccupations et des réflexions de la KEK. Ainsi, son Assemblée Générale 2009, qui s’était réunie à Lyon sous la présidence du pasteur Jean-Arnold de Clermont et qui avait marqué le cinquantenaire de l’organisation, avait décidé de consacrer l’année 2010 à promouvoir les droits des migrants et à rendre visible l’engagement des Églises à leurs côtés. Elle avait en outre, signe fort, voté l’intégration en son sein de la Commission des Églises auprès des migrants en Europe (Ceme). Ce qui avait fait dès lors du travail auprès des migrants le troisième pilier de la KEK, au même titre que le plaidoyer auprès des institutions européennes et le dialogue théologique entre les Églises.

Les «couloirs humanitaires» et l’accueil des exilés

En cette année 2018, la KEK appelle tout particulièrement les Églises d’Europe à suivre l’exemple italien pour créer des «voies d’accès sécurisées et légales vers l’Europe». L’Italie est en effet le premier pays de l’Union européenne dans lequel un projet associant plusieurs Églises a permis d’amener le gouvernement à signer un accord sur des «couloirs humanitaires», destinés prioritairement aux réfugiés les plus vulnérables. Ce programme œcuménique a été créé à l’initiative de la Communauté de Sant’Egidio, dont les juristes spécialistes du droit des étrangers ont su utiliser les textes européens pour imaginer ce dispositif ; il a été mis en place en association avec la Fédération des Églises évangéliques italiennes et avec l’Église vaudoise, qui assure la plus grande partie de son financement. En ce qui concerne les sauvetages en mer, la KEK invite les Églises «à soutenir les efforts de recherche et de sauvetage humanitaires en mer, et à se souvenir des responsabilités que les gouvernements et les agences ont à cet égard». Il est demandé également aux Églises de «faire entendre leur voix contre la criminalisation des actions de solidarité envers les migrants irréguliers».

Cette préoccupation vis-à-vis du sort des migrants, de plus en plus perceptible à l’échelle européenne, a déjà trouvé des traductions concrètes en France à travers plusieurs programmes. La Fédération protestante de France, la Conférence des évêques de France, la Fédération de l’Entraide protestante, le Secours Catholique et la Communauté de Sant’Egidio, suivant l’exemple italien, se sont ainsi associés pour signer un accord avec le gouvernement sur l’ouverture de «couloirs humanitaires». Le 23 mars dernier a ainsi marqué la cinquième arrivée de réfugiés dans le cadre de ce programme. Ce protocole prévoit d’ici la fin 2018 la venue de 500 personnes choisies parmi les plus vulnérables dans les camps libanais. L’Église Protestante Unie de France (EPUdF) et l’UEPAL (Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine) ont incité leurs paroisses à accueillir ces réfugiés sitôt après leur arrivée en France.

Cette préoccupation est portée par le Défap à travers son implication dans les instances de la Cimade, qui accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits et se mobilise pour témoigner. Le Défap soutient par ailleurs le collectif «Exilés : l’accueil d’abord !», créé par l’EPUdF, qui a lancé une campagne de sensibilisation nationale. Le Défap fait également partie du comité de la plateforme Solidarité Protestante, qui agit entre autres, à travers les actions de la FEP, pour l’accueil des exilés en France.




Disparition d’un homme d’engagement, le pasteur Ben Houmbouy

Le pasteur Béniéla Houmbouy lors de la conférence organisée en novembre 2017 par le Défap sur la Nouvelle-Calédonie © Défap

Pasteur, enseignant, auteur, penseur, homme d’engagement : le pasteur Béniéla Houmbouy aura été tout cela. Sa disparition soudaine au matin du 4 juin 2018, à l’âge de 75 ans, a suscité une émotion profonde à travers la Nouvelle-Calédonie, au sein de l’EPKNC (l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie) et bien au-delà. Victime d’une mauvaise chute alors qu’il réparait la toiture de son habitation, il est décédé quelques heures plus tard.

Homme d’Église, il avait été professeur de philosophie au lycée Do-Kamo à Nouméa. Une fonction à travers laquelle il «servait d’exemple aux jeunes Kanak, il était très respecté et très admiré par ses pairs et par tous», a souligné Marianne Hnyeikone, professeur de Langue et de Culture Kanak au lycée Do-Kamo. Il portait aussi une vision ouverte de l’avenir de la société calédonienne, face aux risques de repli, tout particulièrement à l’approche du référendum d’autodétermination prévu en novembre 2018. «Le défi à relever pour notre société, avait-il ainsi déclaré, est d’ouvrir grandes ses portes sans craindre de se démunir de rien, c’est de donner pour s’enrichir, de pratiquer l’accueil pour être reçu à bras ouverts, évitant ainsi qu’un seul enfant puisse entrer dans notre monde avec un matricule en guise de nom.» Il avait également été pasteur durant six ans à Papeete (Tahiti). Il était aussi auteur de poèmes, contributeur pour des ouvrages collectifs et des conférences. Ses obsèques devraient être prochainement organisées à Ouvéa, au sein de la tribu de Hnymëhë dont il était originaire.

«C’est un sage qui disparaît»

Le Président de l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie a témoigné dans un communiqué de sa reconnaissance au pasteur Ben Houmbouy pour «le service rendu pour la population du pays et pour la société au travers de ses engagements et de son dévouement par l’exercice de son ministère pastoral».

Dans un message adressé aux instances de l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie, Joël Dautheville, président du Défap, fait part de sa «profonde tristesse» et revient sur la vie du pasteur Ben Houmbouy : «Homme de foi, homme de convictions, nous saluons son parcours authentique d’enfant du pays, son grand sens du dialogue empreint de sagesse et son engagement profond aux côtés des siens. Sa présence a été forte lors de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie organisée par le Défap en septembre 2017 dans les locaux de la Fédération Protestante de France, à Paris. À cette occasion, il avait notamment souligné que, pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, la recherche de l’intérêt commun reste fondamentale afin de combattre la peur. Nous portons dans notre prière ses proches et tout particulièrement son épouse Madeleine.»

François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, a souligné dans son message : «C’est un sage qui disparaît aujourd’hui à qui nous devons tous, pour sa foi en Christ, et son engagement au service du prochain, une très profonde reconnaissance.»

Dans une lettre de condoléances adressée aux responsables de l’EPKNC et à Madeleine Houmbouy, le secrétaire général de la Cevaa – Communauté d’Églises en Mission, le pasteur Célestin Gb. Kiki, indique : «C’est avec beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre la mort accidentelle du Pasteur Ben Houmbouy (…) Nous n’avons pas les mots humains pour consoler Madeleine et les enfants ainsi que toute l’Église. Notre source de consolation, ce sont les Ecritures saintes (…) Au nom de la Cevaa, de son Conseil exécutif, de sa Présidente et de son Secrétariat à Montpellier, je vous présente nos condoléances les plus émues.»




Christian Krieger, de l’UEPAL, élu président de la KEK

Christian Krieger, nouveau président de la KEK © CEC/Albin Hillert

La KEK (Konferenz Europäischer Kirchen ou Conférence des Églises européennes) est une association de 116 Églises orthodoxes, protestantes, anglicanes et vieilles-catholiques de toute l’Europe, ainsi que plus de 40 conseils nationaux d’Églises et organisations en partenariat. Elle a été fondée en 1959 pour maintenir les relations entre Églises séparées par le Rideau de fer. Elle est aujourd’hui un outil de dialogue entre Églises et avec les institutions européennes (Commission européenne et Conseil de l’Europe). Elle a des bureaux à Bruxelles et à Strasbourg.

En cette année 2018, l’Assemblée générale de la KEK a été placée sous le thème biblique «Tu seras mon témoin», amenant les participants à explorer les concepts de justice, de témoignage et d’hospitalité dans une perspective chrétienne européenne. Cette réunion s’est tenue du 31 mai au 6 juin à Novi-Sad, en Serbie, où elle a été accueillie par les Églises membres de la Conférence des Églises européennes présentes dans ce pays, y compris l’Église orthodoxe serbe et les églises de Vojvodine, l’Église chrétienne réformée de Serbie et Monténégro, l’Église évangélique slovaque de la Confession d’Augsbourg en Serbie et l’Église méthodiste unie en Serbie. Et pour la première fois, elle a élu son président et ses vice-présidents au suffrage direct. C’est le pasteur Christian Krieger, président du Conseil Synodal de l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (EPRAL), qui a été choisi. L’EPRAL est une des deux Églises constitutives de l’UEPAL (Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine), dont le Défap est le service missionnaire.

Christian Krieger, de l’EPRAL à la KEK

Outre son rôle au sein de l’EPRAL, Christian Krieger est vice-Président de l’UEPAL, dont il préside la commission œcuménique, pilote les réflexions sur l’avenir du ministère pastoral, ainsi que le projet de création d’un enseignement religieux à l’école visant l’éducation au dialogue interreligieux et interculturel. Par ailleurs, il est membre du Conseil des Églises de Strasbourg, du comité de la Conférence des Églises riveraines du Rhin (groupe régional de la Communion des Églises protestantes en Europe) et du comité de la Communion protestante luthéro-réformée en France (CPLR). Il est aussi vice-président de la Fédération Protestante de France.

Désormais élu à la présidence de la KEK, Christian Krieger succède à Christopher Hill, ancien évêque anglican de Guildford, et à Son Éminence Emmanuel, Métropolite orthodoxe grec de France, qui avait présidé la KEK de 2009 à 2013. Cela faisait neuf ans que la KEK n’avait pas été présidée par un Français – plus précisément depuis la fin du mandat du pasteur Jean-Arnold de Clermont en 2009. Le Métropolite Cleopas de Suède et l’évêque anglicane Gulnar Francis-Dehqani ont été pour leur part élus comme vice-présidents.

Gros plan sur la délégation française

5 June 2018, Novi Sad, Serbia: French delegation. The Conference of European Churches General Assembly takes place on 31 May – 6 June 2018, in Novi Sad, Serbia. More than 400 delegates, advisors, stewards, youth, staff, and distinguished guests take part in the 2018 General Assembly and related events. Gathered together under the theme, “You shall be my witnesses,” the assembly forges the path for CEC for the coming five-year period and beyond. Of central concern is the future of Europe in light of economic, political, and social crises and how the churches will live out a vision of witness, justice, and hospitality within this context.
La délégation des protestants de France à l’AG de la KEK © CEC/Albin Hillert

La délégation protestante française à l’AG de la KEK comprenait des représentants de l’Église protestante Unie de France (qui est également une des unions d’Églises dont le Défap est le service missionnaire) : le pasteur Roberto Beltrami et Claire Oberkampf, étudiante en théologie, accompagnés de la pasteure Claire Sixt-Gateuille, responsable des relations internationales de l’EPUdF ; ainsi qu’une représentante de la Fédération Protestante de France, la pasteure Anne-Laure Danet, responsable des relations avec les Églises chrétiennes au sein de la FPF. Cette délégation française comprenait aussi des représentants des Églises protestantes d’Alsace-Lorraine (UEPAL), le pasteur Christian Krieger et la pasteure Emmanuelle Brulin ; de la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), les pasteurs Valérie Duval-Poujol et Jean-Luc Leibe ; des Églises protestantes malgaches en France (le Pasteur Jean Ravalitera).

 

Retrouvez ci-dessous une présentation de la KEK et des enjeux de son Assemblée Générale par Anne-Laure Danet, responsable des relations avec les Églises chrétiennes au sein de la Fédération Protestante de France et ancienne responsable du service Animation-France du Défap :




GR2018 : avancer en confiance

GR2018 : l’atelier du Défap © DR

Environ 600 participants réunis pour une journée consacrée aux «1000 couleurs d’espérance», avec des invités (notamment Emmanuelle Seyboldt, présidente de l’Églises Protestante Unie de France, qui a assuré la prédication du culte), des ateliers, des rencontres, des débats, des spectacles : le GR2018, le Grand rassemblement régional protestant de l’Église Protestante Unie de PACCA (région Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur), a eu lieu le samedi 26 mai à La Castille, entre Toulon et Hyères. Comme le rappelle François Fouchier, qui pilotait la manifestation, le titre en était directement inspiré de Jérémie : «Le verset mobilisateur de notre rassemblement était « Ainsi parle le Seigneur : je vais vous donner un avenir et une espérance ». Une belle promesse pour nous et nos communautés qui nous incite, pour reprendre les termes de Emmanuelle Seyboldt dans sa prédications, « de cesser de regarder dans le rétroviseur » et d’avancer en confiance sur le chemin de la foi.»

Revenant sur cette «promesse de plus de 2600 ans de Jérémie, le prophète», un participant souligne : «Dans ces temps de doute, de violence, de conflits, quelle actualité de cette petite phrase, de cette promesse adressée à ceux qui font confiance et se font mutuellement confiance ; ce qui est la définition de la Foi. François Fouchier le pilote de cette manifestation, homme de convictions, engagé, pratique, avenant, ouvert et Sybille Klumpp, pasteur, présidente de la région Provence Alpes Côte d’Azur ont réussi le pari de porter un message d’espérance, de croiser le ludique, le spirituel le culturel et les engagements protestants au cours d’une journée dense, interactive, intergénérationnelle et joyeuse.»

Un atelier pour parler de nos missions, rêves, projets

Le Défap était présent à la manifestation et notamment lors des rendez-vous du matin, qui de´clinaient le the`me «La Bible en action» à travers l’animation biblique, la mission, la cate´che`se, l’entraide, l’art et la culture, l’environnement et la justice climatique, … Florence Taubmann et Tünde Lamboley, du service France du Défap, ont tenu avec Christine Villard (animation régionale) un atelier sur le thème : «Donner une mission, c’est faire confiance !». À partir de l’envoi des disciples par Jésus (décrit dans l’évangile de Marc, 6,12) il s’agissait de parler de nos missions, rêves, projets. Que sommes-nous prêts à laisser derrière nous pour partir comme envoyé ? Qu’emportons-nous avec nous ?

Quant aux carrefours de l’après-midi, comme le souligne un participant de la manifestation, ils ont notamment «permis d’écouter les acteurs de l’accueil des migrants témoigner des situations dramatiques d’une région comme la nôtre qui est aujourd’hui en première ligne, une région qui met chaque croyant devant ses responsabilités. Le carrefour sur l’espérance dans l’interreligieux a permis d’écouter Bernard Coyault, pasteur, directeur et membre fondateur de l’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa a` Rabat, le pasteur de Beyrouth en vidéo Pierre Lacoste, Bernard Guay du Groupe interreligieux et non croyant d’Aubagne et avec le témoignage et l’engagement politique du député Modem en marche Mohamed Laqhila, qui a montré comment un député de la République profondément attaché à la laïcité peut se mettre en dialogue avec les religions, pourquoi il est allé à Rome avec la délégation qui a rencontré le pape François, et quelle est sa vision du rôle des religions.»

La collecte du culte d’environ 3000 € permettra de financer :

  • Pour moitié l’Institut œcuménique Al Mowafaqa à Rabat. Créé en 2014, soutenu par le Défap, ce centre de formation théologique forme aussi au dialogue interreligieux.
  • Pour l’autre moitié un projet de replantation au Bénin, proposé et suivi par le Secaar. Créé en 1988, ce réseau dont le Défap est membre fondateur regroupe 18 Églises et organisations engagées dans le développement.

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images sur le GR2018 :




Du seder juif à la cène chrétienne !

Le premier jour de la fête des pains sans levain, le jour où l’on sacrifiait les agneaux pour le repas de la Pâque, les disciples de Jésus lui demandèrent : « Où veux-tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ? »
Alors Jésus envoya deux de ses disciples en avant, avec l’ordre suivant : « Allez à la ville, vous y rencontrerez un homme qui porte une cruche d’eau. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire de la maison : « Le Maître demande : Où est la pièce qui m’est réservée, celle où je prendrai le repas de la Pâque avec mes disciples ?» Et il vous montrera, en haut de la maison, une grande chambre déjà prête, avec tout ce qui est nécessaire. C’est là que vous nous préparerez le repas. »

Les disciples partirent et allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus le leur avait dit, et ils préparèrent le repas de la Pâque.

Quand le soir fut venu, Jésus arriva avec les douze disciples. Pendant qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : l’un de vous, qui mange avec moi, me trahira. » Les disciples devinrent tout tristes, et ils se mirent à lui demander l’un après l’autre : « Ce n’est pas moi, n’est-ce pas ? »

Jésus leur répondit : « C’est l’un d’entre vous, les douze, quelqu’un qui trempe avec moi son pain dans le plat.
Certes, le Fils de l’homme va mourir comme les Écritures l’annoncent à son sujet ; mais quel malheur pour celui qui trahit le Fils de l’homme ! Il aurait mieux valu pour cet homme-là ne pas naître ! »

Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir remercié Dieu, il le rompit et le donna à ses disciples ; il leur dit : « Prenez ceci, c’est mon corps. » Il prit ensuite une coupe de vin et, après avoir remercié Dieu, il la leur donna, et ils en burent tous.

Jésus leur dit : « Ceci est mon sang, le sang qui garantit l’alliance de Dieu r et qui est versé pour une multitude de gens. Je vous le déclare, c’est la vérité : je ne boirai plus jamais de vin jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. »

Ils chantèrent ensuite les psaumes de la fête, puis ils s’en allèrent au mont des Oliviers. Marc 14,12-26

 


Source : Pixabay

 

C’est au cours du repas du soir de Pessah que Jésus a institué la cène, la communion au pain symbolisant le don de son corps et au vin symbolisant son sang.

Lors du seder ( ce repas festif), tous les mets, tous les mots portent une charge symbolique très riche. Il s’agit de célébrer la sortie d’Egypte des hébreux sous la conduite de Moïse, ce qui se fait par l’évocation du récit biblique en réponse à la question du plus jeune participant au diner : « En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?

Mais cette haggadah de pessah ( liturgie) indique également les gestes à accomplir, l’ordre de consommation des aliments et leurs bénédictions, les chants et les prières. Si le pain est sans levain, c’est pour se souvenir qu’au moment de la libération d’Egypte il n’a pas eu le temps de lever. Si les herbes sont amères c’est pour se souvenir de l’esclavage, et si des 4 verres de vin consommés pendant le seder on fait tomber quelques gouttes sur son assiette, c’est pour se rappeler les larmes de Dieu, qui ne peut se réjouir pleinement de ce qui par ailleurs a causé la mort des nouveaux – nés d’Égypte.

Dans le judaïsme, Il est essentiel d’actualiser chaque année cette histoire, qui n’est pas une simple commémoration, mais une invitation à vivre toujours à nouveau cette libération proposée par Dieu.

En donnant sa vie pour nous et en nous invitant à faire mémoire de ce don dans le partage du pain et du vin de la cène, Jésus nous permet de participer au seder des nations et il nous rend co – héritiers de cette libération des enfants d’Israël.

 

 


Source : Pixabay

 

Nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud et pour tout le pays.

Dieu, tu es le pain complet, odorant et nourrissant
Tu es le pain rompu, morcelé, en miettes,
Négligemment éparpillé.

Dieu, tu es la vigne qui vit, grandit, porte du fruit.
Tu es le vin, les grappes de raisin écrasées et piétinées
Jusqu’à la dernière goutte bue, lie partout répandue.

Dieu, tu es la lumière qui brille, qui étincelle et resplendit de mille feux.
Tu es l’obscurité profonde, l’ombre mystérieuse et cachée.
Dieu, tu es l’eau pure et fraîche qui abreuve nos êtres desséchés.
Tu es larmes, ces larmes de frustration, de chagrin,
De colère qui perlent de nos yeux.

Dieu, tu es parole adressée en amour et en vérité.
Tu es le silence, le secret qu’on n’ose dire,
Le sens caché derrière les mots.

Canberra, pré-assemblée « Femmes » 1991

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 14,12-26 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Maurice Leenhardt, la rencontre d’un homme et d’un peuple

Maurice Leenhardt. Pour un « destin commun » en Nouvelle Calédonie – Éditions Olivétan

Plus qu’une biographie, le livre de Frédéric Rognon, professeur de philosophie à la Faculté de théologie de Strasbourg et auteur notamment de plusieurs biographies de protestants remarquables (Dietrich Bonhoeffer, Martin Luther King, Charles Gide) traite de la rencontre d’un homme et d’un peuple, d’une terre : Maurice Leenhardt et la Nouvelle-Calédonie. Le missionnaire protestant qui a œuvré dans l’archipel au cours du premier quart du XXe siècle s’est montré animé d’un profond amour pour le peuple Kanak et d’une grande admiration pour sa culture ; il a su écouter, comprendre, pour mieux rendre à cette population l’envie de vivre, la fierté de son identité, la volonté de construire son avenir.

Colonisé par la France à partir du milieu du XIXe siècle, l’archipel, au moment de l’arrivée de Maurice Leenhardt, est entré dans le champ de la Société des Missions Évangéliques de Paris. Ses missionnaires remplacent ceux qui avaient été envoyés depuis Londres et qui avaient commencé l’évangélisation protestante de la Nouvelle-Calédonie, avant d’être relayés par des natas (pasteurs) kanaks locaux. Maurice Leenhardt est nommé missionnaire dans ce territoire en 1902, à l’âge de 24 ans, et y met en pratique le conseil que lui a donné son père lors de son départ : «Écoute d’abord !». Ce conseil paternel fera du missionnaire un ethnologue en herbe, pour devenir, si possible, un meilleur missionnaire.

Mais les débuts sont rudes. Le maire de Nouméa l’accueille par ces mots : «Que venez-vous faire ici? Dans dix ans il n’y aura plus de Kanaks».

 

Annonce de l’Évangile et la lutte contre l’alcool

Un quasi-génocide, comme l’évoque Frédéric Rognon: pour la France, la Nouvelle-Calédonie a servi d’abord de bagne et ensuite de terre de peuplement. La population locale, essentiellement agricole, a grandement souffert de cette occupation, notamment en raison de l’introduction de l’élevage, qui provoquait la destruction des cultures, et surtout de l’alcool, de sorte qu’à la fin du XIXe siècle elle était en voie d’extinction. Face à ces ravages, Maurice Leenhardt mène son action sur deux fronts : 1) associer à l’annonce de l’Évangile l’éducation et l’aide sociale, en particulier la lutte contre l’alcool, 2) essayer de comprendre la population locale et d’en apprendre la langue. Ainsi, symboliquement, la première salle de classe est ouverte dans un hangar qui avait été d’abord un comptoir d’alcool. Par ailleurs il forme de nouveaux pasteurs, avec lesquels il peut traduire la Bible collégialement, respectant les conceptions locales : à titre d’exemple, «pierre angulaire» est rendu par «poteau central».

En revanche, il subit souvent l’hostilité des colons, et même quelquefois de l’Administration, qui condamnent son «indigènologie» : il sera régulièrement menacé de mort. Mais en dépit de cette hostilité, malgré même le manque de reconnaissance de ses efforts à son retour à Paris, Maurice Leenhardt aura, au bout d’un quart de siècle d’immersion complète dans la culture kanak, contribué à donner à cette culture ses lettres de noblesse. Son espérance, liée à ses convictions évangéliques, tablait sur un dépassement des clivages ethniques. Son héritage pourrait aujourd’hui nourrir le débat en vue d’une solution consensuelle, alors qu’approche la date du référendum d’autodétermination prévu en novembre 2018. Au moment où les habitants de Nouvelle-Calédonie sont mis au défi de s’inventer un «Destin commun» sur cette terre du Pacifique, Maurice Leenhardt reste, 70 ans après son dernier séjour en Nouvelle-Calédonie, vénéré par la population kanak, quasiment assimilé à un «ancêtre».

Missionnaires en terre de mission : groupe de « natas » avec, au dernier rang, Maurice Leenhardt et Paul Laffay © Défap

 




Que signifie : faire de toutes les nations des disciples ?

Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la colline que Jésus leur avait indiquée. Quand ils le virent, ils l’adorèrent ; certains d’entre eux, pourtant, eurent des doutes. Jésus s’approcha et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Mt 28.16-20

 


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Les événements importants de la Bible ont souvent lieu dans le désert ou sur la montagne. Dans les débuts de l’évangile, Jésus est baptisé au désert. En cette fin d’évangile, c’est sur la montagne qu’il prononce les paroles d’envoi de ses disciples pour aller baptiser dans le monde entier.

Il a fallu à Jésus de Nazareth tout l’évangile pour se déployer en Christ des nations, à qui « tout pouvoir a été donné sur le ciel et sur la terre ». Mais ce pouvoir n’a rien de dictatorial, c’est celui de sa présence d’amour, avec nous, près de nous, au milieu de nous, jusqu’à la fin du monde.

Mais que signifie faire de toutes les nations des disciples ? Doit-on comprendre que tous les peuples doivent devenir chrétiens pour être sauvés ? Si Dieu aime toutes ses créatures, n’est-il pas essentiel de respecter les croyants des autres religions, ainsi que les non-croyants ? Jésus a parlé à tout le monde, et s’il a parfois donné son enseignement à des foules, il a surtout privilégié les rencontres personnelles. La mission du chrétien n’est pas de convertir les masses mais d’annoncer à chacun, en tout lieu du monde, la libération de l’homme par l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ ! Si nous croyons en Jésus-Christ, nous lui faisons confiance pour nous-mêmes, mais aussi pour ceux qui ne croient pas, et pour le monde entier.

 

 


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Nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour le peuple malgache.

Béni sois-tu, Esprit,
De chuchoter à chacun
Qu’il est le bien-aimé de Dieu.

Il y a ceux que tes feux dévorent,
Ceux que tu couves sous la cendre,
Ceux qui gémissent vers toi,
Comme des branches incendiées,
Ceux qui protègent entre leurs mains
Une modeste lueur,
Ceux qui se souviennent
De ton étincelle, jadis,
Et ceux qui l’ont oubliée ;
Ceux que tu éclaires
Et ceux qui s’enfument,
Ceux qui n’ont plus d’âtre,
Ceux qui ont le cœur en loques,
Et dans la tête un grand abîme.

Mais il n’en est pas un, ô Esprit,
À qui, au travers de la nuit,
Tu n’aies dit la Nouvelle,
Et ne sache son âme façonnée
Par ton amoureuse éternité.

France Quéré

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 28,16-20 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




La Jeunesse à l’honneur au synode de l’Unepref

Image du synode 2017 de l’Unepref © Unepref

Derrière le mot d’ordre «En avant pour transmettre !» choisi en cette année 2018 pour le synode national des Églises réformées évangéliques de France, qui rassemblent une cinquantaine d’Églises dans le Sud, en région parisienne et en Alsace, se profile toute une réflexion sur la question de la transmission de la foi dans le contexte de la société aujourd’hui – une société fortement sécularisée où les débats spirituels trouvent difficilement leur place. Ce qui implique de s’interroger sur les moyens de transmettre cet héritage aux nouvelles générations… et de considérer ce qui n’est pas ou mal transmis pour envisager les progrès à réaliser. Et au-delà, se pose la question de comment vivre l’Église aujourd’hui – une thématique qui trouve des échos dans le synode national de l’Église Protestante Unie de France, qui vient de se tenir à Lezay.

C’est aussi tout ce qui nourrit la réflexion du Projet national de catéchèse dont une nouvelle mouture doit être adoptée lors de ce synode : ce document, résultat du travail accompli depuis plusieurs années par plusieurs équipes qui se sont relayées, vise à formaliser un cadre théorique à partir duquel penser la transmission à hauteur des Églises locales, des écoles du dimanche et des groupes de jeunes. Il sera, après son approbation par le synode, diffusé et rendu accessible aux communautés locales par le biais de sessions de formations.

Regards croisés sur la Jeunesse

Pour enrichir sa réflexion, l’Unepref a invité diverses personnalités à présenter leur travail et les perspectives de leurs organismes en ce qui concerne la Jeunesse. Pour le Défap, ce travail de présentation sera réalisé par Jean-Luc Blanc – Tünde Lamboley, responsable Jeunesse du Défap, participant pour sa part au GR2018, le Grand Rassemblement régional de l’EPUdF organisé en région Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur. Pour la Cevaa (Communauté d’Églises en Mission, dans le cadre de laquelle le Défap organise entre autres des échanges de jeunes), c’est son secrétaire général, Célestin Kiki, qui a été invité. Un autre regard sera aussi apporté par Diane Palm, spécialiste de l’éducation chrétienne et responsable Jeunesse de la GZB-Mission de l’Église protestante unie hollandaise. Le président de la Commission Jeunesse des Églises libres apportera une réflexion biblique sur la question de la transmission. Parmi les invités d’Églises ou d’organismes partenaires figure également Emmanuelle Seyboldt, Présidente de l’Église Protestante Unie de France.

Ce synode de l’Unepref fera aussi une place importantes aux témoignages de jeunes sur leur manière de vivre l’Église. Une soirée sera animée par un groupe de jeunes venu d’Alès et la prédication du culte synodal sera apportée sous forme d’interpellation par un jeune, Nicolas Fines. Et symboliquement, une chaise restera vide durant tout le temps du synode pour exprimer la solidarité de l’Unepref avec le pasteur Andrew Brunson, détenu depuis un an en Turquie, qui est membre de l’Evangelical Presbyterian Church, partenaire des Églises réformées évangéliques de France.




Donner une mission, c’est faire confiance !

Des ateliers, des rencontres, des débats, un culte, des spectacles, le tout réuni sous un titre qui se veut une ode à la foi et à la vie, «1000 couleurs d’espérance» : le GR2018, le Grand rassemblement régional protestant de l’Église Protestante Unie de PACCA (région Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur), va se tenir le samedi 26 mai de 10h à 22h à La Castille, entre Toulon et Hyères. Le titre est directement inspiré du livre de Jérémie (29,11) :  «Ainsi parle le Seigneur : Je vais vous donner un avenir et une espérance !»

Ce thème de l’espérance servira de fil conducteur à la journée, à travers les ateliers interactifs d’information organisés le matin, comme à travers les «carrefours» (rencontres et débats) de l’après-midi.

Les ateliers du matin

Les rendez-vous du matin (de 10h30 à 12h30) de´clineront le the`me «La Bible en action» à travers l’animation biblique, la mission, la cate´che`se, l’entraide, l’art et la culture, l’environnement et la justice climatique, … Florence Taubmann et Tünde Lamboley, du service France du Défap, tiendront avec Christine Villard (animation régionale) un atelier sur le thème : «Donner une mission, c’est faire confiance !». À partir de l’envoi des disciples par Jésus (décrit dans l’évangile de Marc, 6,12) il s’agira de parler de nos missions, rêves, projets. Que sommes-nous prêts à laisser derrière nous pour partir comme envoyé ? Qu’emportons-nous avec nous ? Comment rencontrer les autres, les connaître et les comprendre ? Avec en bonus, un jeu axé sur la géographie de l’Afrique : les participants seront invités à reconstituer une carte du continent en puzzle.

Pour avoir un aperçu des autres ateliers de la matinée, cliquez ici.

L’après-midi : rencontres, débats et culte

Le programme complet :
*ACCUEIL sur site a` partir de 9h*10h : OUVERTURE
Salutations par Sibylle KLumpp, pasteur, pre´sidente du Conseil re´gional de l’Eglise protestante unie, re´gion PACCA, prie`re et louange en musique*10h30 : ATELIERS de´clinant le the`me « La Bible en action » (2 fois 50 minutes)

*12h30 : PIQUE-NIQUE tire´ des sacs
(une buvette payante avec vente de sandwichs et de boissons sera propose´e sur place)

*14h : RENCONTRE AVEC …
le grand te´moin du GR2018 : Bernard Coyault, pasteur, directeur et membre fondateur de l’Institut œcume´nique de the´ologie Al Mowafaqa a` Rabat

*14h45 : CARREFOUR : Quelle espe´rance partager avec les migrants ?

*15h45 : CARREFOUR : Inter-religieux – Espe´rer un avenir en commun ?

*17h : CULTE pre´dication par Emmanuelle Seyboldt, pasteur, pre´sidente du conseil national de l’Eglise protestante unie de France, participation de la chorale malgache de la FPMA.

*18h30 : BUFFET CONVIVIAL

*20h30 : SPECTACLE DE SKETCHUP CIE :
« Espe`ce d’humain toi-me^me ! » (fin 22h)

L’après-midi se répartira en trois temps avec tout d’abord :

  •    à partir de 14h, une rencontre avec le grand te´moin du GR2018 : Bernard Coyault, pasteur, directeur et membre fondateur de l’Institut œcume´nique de the´ologie Al Mowafaqa a` Rabat
  •    de 14h45 à 16h45, deux «carrefours» pour des approfondissements et de´bats sur les enjeux et de´fis de l’E´glise
  •    à partir de 17h : culte, avec une pre´dication par Emmanuelle Seyboldt, pasteure, pre´sidente du conseil national de l’Église protestante unie de France, et avec la participation de la chorale malgache de la FPMA.

Soirée spectacle

La soirée, après un buffet convivial, sera consacrée à un spectacle de la compagnie Sketch Up : «Espèce d’humain toi-même !» Cette représentation prend la forme d’un spectacle de sketchs, de chansons et de créations filmées, mais se veut aussi un événement citoyen. Car face aux tragédies de notre temps (actes de barbarie, états de guerre, choc des radicalismes, crise des migrants…), il est urgent de se poser et de réfléchir : « Comment pouvons-nous engendrer le monstrueux ? Quelle est notre folie ? Quelle est notre violence ? Et que pouvons-nous changer pour donner plus d’humanité à notre humanité ? » Une traversée des époques et des héritages culturels pour retrouver la force de se tenir debout !

En parallèle :

  •     Un parcours me´ditatif : « Un chemin… vers le Pe`re » : Prenons le temps de nous arre^ter pour de´couvrir ou rede´couvrir notre Pe`re. Une fac¸on de faire le point et de reconside´rer sa relation avec le Pe`re.
  •     Une animation photo instantane´e : «un verset qui te parle» (photobooth)
  •     KThe´a^tre : Une dizaine de «come´diens» entre 10 et 15 ans du groupe œcume´nique «KThe´a^tre» de Sanary se propose de vous faire de´couvrir ce script imagine´ et e´crit par Julien Lemarchand : Une e´mission de te´le´re´alite´ pre´sente le projet de Dieu pour l’humanite´.

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Pentecôte : les mots de Dieu soufflés vers la terre entière !

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer.

À Jérusalem vivaient des Juifs pieux, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis d’étonnement et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ?  Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; il y en a qui sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes oeuvres de Dieu ! » Actes 2,1-11

 


Le tableau « Pentecôte » de Pavamani, artiste indien protestant,
a été donné par le peintre au temple de l’Église réformée de Corbeil,
où il est toujours exposé.

 

50 jours après Pessah, le judaïsme célèbre Shavouot, qui est à la fois une fête des moissons, et la remémoration du don de la Torah sur le Mont Sinaï. Comme il s’agit d’une fête de pèlerinage, les disciples de Jésus, ainsi que beaucoup de Juifs de Judée, de Galilée et de la diaspora sont réunis à Jérusalem. C’est Babel à l’envers ! Les humains jadis dispersés et empêchés de communiquer par la multiplication des langues viennent aujourd’hui à Jérusalem entendre une Bonne Nouvelle qu’ils vont accueillir d’un même cœur ! Car cette fête de Shavouot suit de 50 jours la résurrection du Christ. Et sous l’effet du Souffle de Dieu, les paroles de la torah vont prendre une résonance nouvelle.

Comment comprendre ces flammes de feu ? Elles peuvent rappeler le buisson ardent, qui brûle mais ne se consume pas. Elles diffèrent de la colombe, autre symbole de l’Esprit qui descendit sur Jésus au moment de son baptême. Mais elles témoignent aussi d’une révélation fulgurante. Et plus que la vision, c’est le son des mots qui est à l’honneur. Car le don des langues n’est pas un jeu de borborygmes, si musicaux soient-ils. Il vaut par la compréhension claire pour tous de la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu. Pentecôte est la fête de la traduction et de la communication. De l’herméneutique mais aussi de la poésie, non dans un sens purement esthétique, mais parce que l’indicible se trouve exprimé dans sa simplicité et sa radicalité : l’amour de Dieu pour tous les peuples et toutes les nations.

C’est dans sa langue la langue maternelle que chacun entend la Bonne Nouvelle. Langue maternelle, c’est-à-dire de la mémoire et de l’intimité. Quelle est notre langue maternelle, sinon celle dans laquelle nous avons reçu l’appel à l’existence, à la confiance, à la joie, à la croissance, et répondu par nos premiers balbutiements d’enfants heureux de vivre ?

 


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Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Église.

Seigneur Jésus-Christ, envoie ton Esprit sur le monde :
Qu’il souffle en tempête sur notre terre
Qu’il chasse la haine incrustée au cœur des peuples comme un ver
Qu’il détruise les indifférences mortelles
Qu’il enseigne la vanité de la puissance dominatrice
Qu’il donne à tout être humain le désir et le courage d’une fraternité véritable
Qu’il relève les bras fatigués de tant d’efforts sans résultat
Qu’il ranime l’espérance en un avenir meilleur.

Seigneur Jésus-Christ, envoie ton esprit sur l’Église :
Que sa force lui procure un élan nouveau.
Donne-lui ton Esprit pour que cessent de l’habiter les silences honteux
Les bavardages inutiles
Les certitudes sectaires
Les actions démagogiques
Pour qu’elle se mette avec une vigueur renouvelée au service des hommes.
Avec ton esprit donne-lui la passion de la vérité
La soif de l’amour
Le goût de la bonté.

Rends-la audacieuse dans l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Jean-Yves Quellec

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique d’Actes 2, 1-11 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Églises et replis identitaires : un forum en partenariat avec le Défap

Source : Pixabay

Les Églises sont-elles des lieux de mixité ou favorisent-elles l’entre-soi et le communautarisme ? La question n’est peut-être pas totalement nouvelle mais le contexte contemporain, marqué par la mondialisation, lui apporte des contours spécifiques.

La mondialisation favorise de nouveaux flux de population, des mouvements migratoires, et les sociétés se transforment peu à peu. De nouvelles Églises voient le jour et la diversité s’amplifie. Elles sont nombreuses dans les agglomérations urbaines et elles réunissent des personnes par affinités culturelles, linguistiques, générationnelles… par origine géographique et nationale. Elles sont portées par une affirmation identitaire qui n’est pas toujours confessionnelle ; elles peuvent dépasser ces frontières ecclésiales ou parfois les creuser. Ainsi ces Églises nouvelles émergent là où d’autres communautés chrétiennes existent déjà et se réclament pourtant de la même dénomination, de la même foi, du même Évangile.

La théologie et la prédication affirment la vocation universelle de l’Église ; or sur le terrain, la diversité peut apparaître comme un obstacle à la communion et à l’unité. L’accueil des personnes différentes peut s’avérer impossible, ou difficile.

Des Églises juxtaposées peuvent cohabiter sans se rencontrer. Ce phénomène interroge sur ce qui donne de la cohésion aux communautés ecclésiales, sur la cohérence entre leurs convictions et les priorités de leur témoignage.

Quatre axes de réflexion :

  • 1) Quels sont les effets de la mondialisation dans le champ religieux ?
  • 2) Du multiculturel à l’interculturel ou comment conjuguer les identités ?
  • 3) Églises affinitaires et société liquide, crépuscule de la mixité ?
  • 4) Œcuménisme et Mission, quelles sont les priorités du témoignage chrétien ?
« Perspectives Missionnaires », revue de missiologie de référence
Il ne suffit pas de vouloir témoigner ; encore faut-il savoir comment s’y prendre. C’est l’un des grands défis de la Mission aujourd’hui, dans un monde changeant, travaillé par une mondialisation qui érige souvent plus de murs qu’elle n’abat de frontières. Voilà pourquoi la Mission a besoin de lieux de débats et d’espaces de réflexion. C’est le rôle que joue depuis plus de trente-cinq ans Perspectives missionnaires, unique revue protestante de missiologie de langue française.
Née en 1981 dans la mouvance évangélique, à une époque de remise en question des modèles missionnaires, elle s’est élargie aux différents acteurs francophones de la mission dans le monde protestant et avec une ouverture oecuménique. Elle est actuellement gérée par une association indépendante et s’appuie sur plusieurs organismes de mission de Suisse et de France (DM-échange et mission, et le Défap, avec lesquels elle entretient des partenariats étroits), et depuis fin 2017 la Cevaa.