«On ne peut pas réfléchir sur l’interculturel tout seul»

Présent pendant trois jours à Strasbourg au Village des Fraternités, le Défap a notamment organisé une table ronde sur l’interculturel. Elle s’est tenue le samedi à 13h30, au deuxième jour de Protestants en fête. L’idée en était née d’un stage de formation continue de pasteurs au Bénin. Sur la scène, entourant Jean-Luc Blanc, deux participants béninois et deux français. Retrouvez ici un premier extrait des échanges – avec, en introduction, une tentative de définition de l’interculturel.

 




Portraits d’envoyés : Irène Ott

Voici une série de courts entretiens en vidéo, autour de cette question : que vous a apporté votre engagement auprès du Défap ? Première interviewée : Irène Ott. Envoyée en 2014 à Madagascar, elle y a enseigné le français.

 




Être envoyé ou comment rencontrer l’Autre ?

Thomas Wild, pasteur de l’UEPAL et directeur de l’Action Chrétienne en Orient, intervient dans le cadre de la formation des envoyés du Défap, du 3 au 13 juillet 2017. Il anime un atelier sur le volet interreligieux et notamment la présence chrétienne en terre d’Islam.

En quoi ce volet de la formation est indispensable au futur envoyé ?
Depuis la révolution communiste, on s’est rendu compte que la religion jouait un rôle dans la vie quotidienne et que faire l’impasse sur ce sujet, comme le prétend la laïcité à la française, était impossible. Travailler avec des instances chrétiennes dans un pays musulman implique que l’on soit sensibilisé à la manière dont cette présence est perçue par les habitants du pays.
Cela s’exprime concrètement à plusieurs niveaux, dans la relation au bâtiment religieux par exemple, ou encore dans la relation homme-femme. De même, alors que l’attitude courante en France et en Europe est d’être dans la bienveillance vis-à-vis des religions, une telle attitude de neutralité positive est souvent peu compréhensible dans d’autres contextes. Nous sommes dans une famille religieuse qui par principe accueille la croyance autre car pour nous, si Jésus est la seule voie du Salut, nous ne mettons pas de limite à l’amour de Dieu pour les hommes.
Etre chrétien, être d’une religion, ce n’est pas seulement une opinion. C’est plus que cela : un comportement, une attitude éthique, une manière d’interagir avec le monde.

 

Quelle sera la plus grande difficulté que rencontreront nos envoyés ?
Sans hésitation, c’est la position du donneur de leçon, très tentante, qu’il faut combattre encore et toujours. Il faut éviter à tout pris de tomber dans ce travers facile et mettre tout en œuvre pour trouver un équilibre.
Il leur faudra apprendre à discerner ce qu’on peut faire positivement, cela implique une bonne compréhension de ses propres limites, et ce qui est acceptable par ceux qui les  entourent et les accueillent. Etre envoyé, c’est apporter son identité, ses croyances, sa manière d’être mais c’est aussi et surtout se laisser bousculer et admettre que l’occident n’a pas le monopole du développement.  Nous ne sommes pas propriétaire de la justesse des choses. Les envoyés devront admettre que nous avons aussi des leçons à recevoir : notre conception de la dignité humaine n’est pas partagée partout mais cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas aussi là-bas, sous d’autres formes.

En fin de compte, de quoi sont porteurs ces envoyés ?
Peut-être que ce qui compte, c’est autant ce qu’ils apportent que ce qu’ils reçoivent.
Leurs présences, là-bas, dit notre volonté de vivre en paix, d’être acteur de la réconciliation. C’est un message d’amitié adressé aux peuples chrétiens du monde entier.
Et les envoyés reçoivent là-bas un formidable témoignage de la chaleur de l’accueil chrétien, un message d’espérance.
Lorsque tout semble aller mal et que nous partageons des moments spirituels, je sais alors que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous désunit.

 

Si nos envoyés ne devaient retenir qu’une chose de votre intervention ?
Toujours se souvenir que ce qui est évident pour moi ne l’est pas pour l’autre. Avant de juger, il faut toujours essayer de comprendre.
Notre histoire, notre lecture de l’histoire, est souvent éloignée de l’histoire telle qu’elle peut être lue par les autres peuples.




Jean-Philippe, prêt pour le Bénin.

Jean-Philippe Lepelletier, futur envoyé, participe à la session des envoyés du Défap dans le cadre d’un envoi pour une formation d’auxiliaire de bibliothèque à l’Université Protestante d’Afrique de l’Ouest (UPAO). Il part pour Porto Novo, au Bénin, dès cet été. Pour nous, il a répondu à quelques questions sur la session de formation à laquelle il participe depuis le 3 juillet 2017.

Que penses-tu de la formation reçue au Défap ?
Je suis très content et satisfait d’avoir suivi la formation. J’ai également pu découvrir le monde de la mission et plus particulièrement du Défap.
Les interventions étaient variées et bien rythmées, avec des anecdotes et un contenu pertinent. C’est très enrichissant et cela permet de se projeter là où on va. J’ai maintenant très envie de partir !

 

Quel est l’atelier que tu as préféré ?
Sans conteste celui sur l’interculturalité, avec Evelyne Engel. C’était à la fois dense et très intéressant. Je l’ai reçu comme une méthode adaptable à de nombreux contextes, et pas seulement celui de mon envoi. Bien sûr, ce sera très utile au Bénin mais pas que. Je compte bien m’en servir aussi dans ma fonction de pasteur, auprès des gens en grande précarité par exemple. Cette formation au Défap, c’est un peu comme une école de vie et c’est ce que je trouve passionnant. J’ai pu porter un autre regard sur moi-même, sur mes faiblesses, mes croyances…mais aussi mes forces.
Cela nous permet de nous mettre vraiment en condition.

 

C’est ton premier départ en Afrique ? Quelles sont tes craintes ?
Physiologiques surtout, avec la fatigue du voyage. Je me demande comment rester agréable avec les autres malgré cette fatigue ou les mauvaises conditions.
J’ai aussi un peu peur de faire des faux pas culturels mais j’ai confiance car les équipes sur place sont bienveillantes.  Et puis, nous sommes bien préparés ici.

 

Pourquoi souhaitais-tu partir ?
Dans le cadre de ma formation de pasteur, il faut forcément un stage de spécialisation, si possible où l’on découvre quelque chose qu’on ne connaît pas. Moi, j’ai voulu travailler dans la mission, et celle de la CLCF (Centrale de littérature chrétienne francophone)* était assez naturelle pour moi car j’ai fréquenté la bibliothèque en tant qu’usager et gestionnaire. La partie formation théologique me plaisait aussi. Contribuer à la formation dans une petite structure, je trouve cela très intéressant.
Je suis déjà en contact avec ma future collègue de formation, sur place. J’apporte simplement un autre regard et quelques éléments matériels mais je suis sûr que l’échange sera riche des deux côtés.
Lorsqu’on m’a proposé de partir au Bénin, en mission, je me suis dit que ce serait un vrai plus dans le cadre de ma formation. Et même si c’est seulement pour deux semaines, je me réjouis beaucoup.

 

Un mot pour la fin ?
Je suis très impatient de partir au Bénin. Je suis content d’avoir pu assister à la formation, les gens étaient très sympas, et à l’écoute. Mais là, maintenant, j’ai surtout très envie d’y être.

 

* Jean-Philippe part dans le cadre du partenariat passé entre le Défap et la Centrale de littérature chrétienne francophone (CLCF). Celui-ci contribue au soutien à la formation théologique et se déploie via l’équipement des bibliothèques en ouvrages théologique.




Soutenir un développement de proximité

Nous avons interviewé Gaël Marteau, intervenant à la session des envoyés du Défap qui a démarré le 3 juillet. Il est également le directeur de la coopérative internationale de finance solidaire, Oikocredit.

Vous participez à la formation des envoyés du Défap, c’est une première ?

Oui, et j’en remercie Laura Casorio qui a pris cette initiative. Nous sommes proches par la vision du monde que nous partageons, proches en tant qu’organisations – le DEFAP est membre de la Société coopérative œcuménique pour le développement Oikocredit, et voisins de bureaux boulevard Arago à Paris. L’idée de confier à Oikocredit le soin d’aborder le soutien au développement dans cette formation à travers la question de la finance solidaire est nouvelle : c’est une perspective intéressante et j’espère que cela apportera aux participants un éclairage utile.

Qu’est-ce que Oikocredit ? 

Oikocredit est une coopérative internationale de finance solidaire, créée suite à une réflexion sur le bon usage de l’argent engagée à la fin des années 1960 au sein du Conseil Œcuménique des Eglises. Notre métier est de lever des fonds dans des pays dits « développés » et de les investir dans des pays « en développement », pour soutenir l’initiative économique des personnes défavorisées, l’agriculture paysanne, le commerce équitable les énergies renouvelables, Bref : œuvrer à travers la finance – il s’agit de placement et pas de don – pour un développement inclusif et durable.

Gaël Marteau dans les locaux du Défap, 2017, DR

 

Que souhaitez-vous transmettre à ces futurs envoyés ?

J’ai envie de témoigner du fait qu’il existe plusieurs façons de contribuer à un monde meilleur et un futur désirable sur notre planète : la mission ou la coopération sont essentielles. L’aide humanitaire peut jouer un autre rôle par exemple en situation de crise. Enfin chacun(e) où qu’il/elle soit peut agir pour remettre l’autre et le collectif au centre de ses pratiques, dans ses relations professionnelles et sociales, par son comportement de consommation, et par la façon dont il gère son argent. Tout cela peut coexister voire converger. Sur le terrain des envoyés pourront être amenés à rencontrer ou coopérer avec des organisations soutenues par Oikocredit et ses partenaires, institutions de microfinance ou autres entreprises sociales.

 

Un mot pour conclure ?

Indépendamment de la présence physique et de l’engagement missionnaire des envoyés, le fait de savoir que d’autres liens durables de solidarité financière ont été tissés, et qu’une partie de ce qui est fait de bon là-bas est financé par de l’argent placé ici paraît plutôt stimulant. J’espère sur ce point notamment pouvoir recueillir une première réaction, et plus tard éventuellement le retour d’expérience des envoyés du Défap.

 


Logo Oikocredit, DR




Etre envoyé en Haïti

Marie-Bénédicte Loze est une ancienne envoyée du Défap. Alors que nous sommes en pleine session de formation des envoyés, elle revient sur sa mission en Haïti et nous livre ses sentiments.

Qu’êtes vous devenue depuis la fin de votre mission ?

J’ai fini ma mission avec le Défap en novembre 2016, après deux ans et demi d’investissement passionnant et j’ai choisi de rester en Haïti. Je supervise un projet d’éducation pour la Finn Church Aid, une ONG finlandaise. Le projet vise à réhabiliter les écoles qui ont été endommagées par l’ouragan Matthew.

 

Qu’avez-vous retiré de cette expérience avec le Défap ?

Beaucoup de choses. Au niveau professionnel, j’ai aimé travailler avec la Fédération des écoles protestantes d’Haïti, une  ONG locale, présente sur le terrain depuis près de 30 ans, qui connait bien le secteur de l’éducation. J’ai beaucoup appris dans cette structure de taille humaine, avec des moyens modestes, qui m’a offert beaucoup de responsabilités.  Le travail était passionnant. J’ai apprécié l’approche du Defap : une organisation qui fait confiance à ses partenaires locaux.

 

Quel moment vous a le plus marquée ?

L’ouragan Matthew.  C’était dur, tout était dévasté. Les gens qui avaient déjà très peu, en avaient encore moins. C’est un pays qui est toujours confronté aux intempéries et j’ai été interpellée par la force des Haïtiens et par leur capacité à rire, à se relever encore et encore.


Marie-Bénédicte lors de son départ en mission en 2014, DR

Etes-vous entrée en contact avec d’autres envoyés Défap sur place ? Quels liens avez-vous avec eux aujourd’hui ?

J’ai gardé des contacts avec plusieurs envoyés qui ont participé à la même session de préparation que moi comme Christelle, Sofia ou Laure. On échange toujours des mails et on aime recevoir les lettres de nouvelles que les envoyés partagent. Ainsi, on ne se sent jamais seul.

 

Que conseilleriez-vous à une personne qui souhaite partir en mission ?

Je lui dirais d’y aller ! De ne surtout pas hésiter. Il faut être très humble lorsque l’on part en mission. Là-bas on y apprend l’humilité. On reçoit plus que ce qu’on apporte. On a énormément à apprendre les uns des autres ! C’est une richesse et il faut être prêt à être déboussolé. C’est une très bonne expérience de vie.

Avec le Défap, chaque envoyé peut compter sur un accompagnement avant et pendant la mission. C’est un soutien important.
Les longues missions sont intéressantes.  Elles permettent d’aller en profondeur. C’est une richesse humaine, culturelle et professionnelle.

Avant mon départ pour Haïti, j’avais fait missions courtes et je ressentais le besoin de m’installer pour aller plus en profondeur, pour découvrir une autre culture et mieux l’appréhender. Cela demande du temps.

 

 




La session de formation des envoyés est ouverte !

Aujourd’hui débute la formation des envoyés du Défap. Le programme 2017 s’annonce déjà riche. Du 3 au 13 juillet 2017, la grande maison du Défap accueillera ses envoyés pour un séjour tourné vers l’échange et le partage d’expériences.

 

Cette année encore, un peu plus d’une vingtaine d’envoyés s’apprête à partir en mission dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore de l’enseignement de la langue française. Un groupe où la parité est presque atteinte : 10 hommes présents sur les 22 personnes au total. Les pays destinataires sont aussi divers que Madagascar, Congo, Tunisie, Nouvelle-Calédonie, Timor-Oriental, Haïti, Egypte, Djibouti ou encore Benin.

La moyenne d’âge est autour des 30 ans :  9 volontaires ont moins de 25 ans et 5 plus de 35 ans. Quand à la durée des missions, elles sont majoritairement d’une année mais 7 envoyés se sont engagés sur un contrat de 2 ans (éventuellement renouvelable). Certains partent en famille mais cette année, notons qu’il y a tout de même 14 départs « en célibataire » et 8 participants qui ont déjà eu au préalable une expérience significative d’expatriation.

Les onze jours de formation seront articulés autour de diverses thématiques, en lien avec le départ en mission, comme :

  • les enjeux géopolitiques
  • l’interculturalité
  • les inégalités Nord-Sud
  • les crises et conflits en milieu interculturel
  • les témoignages d’envoyés
  • les relations entre chrétiens et croyants d’une autre confession
  • l’aspect santé de la mission

 

 


Jeu d’accueil lors de la session de formation 2016, DR




République centrafricaine : Bernard Croissant, un pasteur français à Bangui

Bernard Croissant, qui a vécu plusieurs mois en Côte d’Ivoire en tant qu’aumônier militaire de l’EPUdF, est aujourd’hui pasteur retraité. Il est parti à Bangui pour une mission d’accompagnement pastoral de l’Église protestante Christ-Roi de Centrafrique. Il intervient dans le cadre d’un poste ouvert par la Cevaa. Voici son témoignage, porteur d’espérance, sur la situation actuelle en Centrafrique.

Bangui, la capitale martyrisée de la République Centrafricaine manifeste aujourd’hui une vie exubérante. Je n’y avais pas encore vu autant de monde, surtout des enfants se rendant à l’école.
A l’aéroport et tout au long de l’itinéraire qui mène à la FATEB ( faculté de théologie évangélique de Bangui), lieu de mon hébergement, une grande foule en liesse était présente. Ce n’était pas pour mon arrivée mais pour celle du Président de la République, Faustin Touadéra, qui avait emprunté le même vol d’Air France. On pouvait percevoir toute l’espérance placée dans ce président récemment élu, porteur des valeurs évangéliques pratiquées dans le cadre de son Assemblée Baptiste.
C’est dans ce contexte de vie libérée que j’ai entamé mon 4ème séjour d’accompagnement pastoral de l’Eglise protestante du Christ Roi. Il se terminera dans trois semaines après le culte d’installation des nouveaux diacres. Une journée complète sera consacrée à la préparation de cet événement important pour l’Eglise. En attendant les séances d’enseignement et de réflexion se succèdent auprès des groupes d’activités dont un groupe de jeunes adultes catéchumènes qui seront baptisés à Noël.
Au coeur de cette mission se trouve la formation des membres d’une cellule d’écoute et d’accueil de personnes victimes, traumatisées par les exactions de la guerre civile. Pour la seconde fois, l’intervention d’un psychothérapeute – Yann Jurgensen – est attendue et permettra une avancée significative dans la pratique de ce ministère de l’Eglise.
Enfin, je viens d’avoir la satisfaction de constater que la journée que j’avais consacrée, en avril dernier, aux aumôniers militaires avait porté ses fruits : un décret présidentiel officialise la création de l’aumônerie militaire des Forces armées Centrafricaines.
Le 1er décembre, jour de la fête nationale sera célébré avec joie et ferveur, marquant ainsi la liberté et la dignité retrouvées. Je suis heureux d’en être le témoin et le compagnon – au nom du Defap.




« Ce que je crains le plus pour mes fils… »

Elisabeth Mutschler est envoyée par les Eglises protestantes de France auprès du Conseil oecuménique des Eglises. Elle est accompagnatrice des populations palestiniennes dans la Vallée du Jourdain dans le cadre du programme oecuménique d’accompagnement en Palestine et Israël (EAPPI). Le 31 octobre 2016, Elisabeth Mutschler a rencontré quatre femmes du camp de réfugiés Aqbat Jaber, près de Jéricho. Elle adresse cette lettre au Défap.

(de gauche à droite) Rabab, Um Fares, Jamileh et Nihaya 

© Photo EAPPI / E. Mutschler

Um Fares est la présidente du UN Women’s Centre du camp de réfugiés Aqbat Jaber près de Jéricho, une association administrée par des femmes du camp et offrant des programmes à caractère social et éducatif visant principalement un public féminin. Depuis 2015, elles gèrent aussi quelques chambres d’hôtes pour randonneurs et autres, une étape sur le ‘Sentier d’Abraham’ *.

* Abrahampath.org

Le camp d’Aqbat Jaber fut créé en 1948 par l’UNWRA (agence de l’ONU en charge de l’aide aux réfugiés palestiniens) suite à la première guerre israélo-arabe. Avec ses 50.000 habitants originaires de plus de 300 villages du nord de Haïfa et des régions de Gaza et d’Hébron, il fut longtemps le plus grand camp de réfugiés de Palestine. La plupart de ses habitants fuirent en Jordanie lors de la guerre de Six Jours en 1967.
Aujourd’hui le camp compte environ 6000 habitants et ressemble un peu à une banlieue de Jéricho.

Le camp de réfugiés Aqbat Jaber dans la Vallée du Jourdain
© Photo EAPPI / E. Mutschler

Um Fares nous explique :

Bien sûr, la vie dans notre camp est très difficile sur le plan matériel et financier. Les coupures d’électricité sont fréquentes, nous manquons d’eau, surtout l’été * . Les deux écoles de l’UNWRA sont surchargées, l’accès aux soins est difficile. Le chômage est très élevé, surtout celui des jeunes, en raison des restrictions à la liberté de circulation et du système de permis de travail imposés par l’occupation israélienne.

Mais ça va, nous nous épaulons mutuellement.

C’est sur le plan psychologique que la situation est beaucoup plus difficile à supporter. Nous les femmes, nous vivons dans la crainte permanente de ce qui pourrait arriver à nos fils, nos maris, nos frères : sont-ils en danger ? vont-ils rentrer ? l’armée viendra-t-elle les arrêter en pleine nuit à la maison ? C’est cela que je crains le plus pour mes trois fils, car personne ne devrait avoir à supporter les souffrances et les humiliations qu’on leur fait subir dans les prisons israéliennes.

 

* Consommation par jour et par habitant : 70 litres. Le minimum recommandé par l’OMS est de 100 litres.

Rabab, Amouna, Nihaya, Ourouba, Intizar, Jamileh … : elles sont toutes touchées par ce problème ou l’ont été dans un passé récent.

Jamileh, par exemple, raconte l’arrestation de son fils de 14 ans en 2012 :
Des soldats en tenue de combat ont fait une irruption brutale dans la maison alors que tout le monde dormait, bousculant tout et tous sur leur passage. Ils ont tiré Ahmed du lit en hurlant des insultes et il n’a même pas pu s’habiller. Quand je leur ai demandé où ils l’emmenaient, ils n’ont pas daigné me répondre et m’ont poussée de côté. Il a été accusé d’avoir jeté des pierres et a été libéré au bout d’un mois.

Le frère de Nihaya a été arrêté pour la première fois à l’âge de 13 ans. Avant l’aube lui aussi. Il était petit pour son âge, maigrichon mais plein d’énergie et il s’est tellement débattu que les soldats ont eu beaucoup de mal à se saisir de lui. Alors ils l’ont frappé très fort pour le calmer… Nihaya et sa mère hurlaient pour qu’ils s’arrêtent. A la fin, il ne pouvait même plus marcher et ils ont été obligés de le traîner. Il avait été vu dans la rue, lors d’un affrontement entre des jeunes et des soldats et était suspecté d’avoir lancé des pierres. Pour Nihaya, ce fut le jour le plus horrible de sa vie.

Chacune d’elle aurait une histoire à raconter…

Intizar celle de l’arrestation de son fils de 16 ans et demi par un policier habillé comme un palestinien, avec le keffieh noir et blanc.

Ou encore Amouna dont le frère, majeur maintenant, est détenu à Beersheba en Israël et auquel elle ne peut rendre visite que difficilement, malgré l’aide de la Croix Rouge qui s’occupe des autorisations et de l’organisation des convois (escortés par l’armée). A noter que d’après l’article 76 de la 4e Convention de Genève, les ressortissants d’un territoire occupé devraient purger leur peine sur leur propre territoire…
 » Il faut serrer les dents, dit-elle, quand on passe les contrôles aux checkpoints sur le trajet, et pour les deux fouilles avant d’entrer dans le centre pénitentiaire ; une fois j’ai même dû subir une fouille au corps, alors que je n’étais qu’une simple visiteuse et qu’une double paroi en verre blindé vous sépare des détenus ».

Intizar et Amouna

© Photo EAPPI / E. Mutschler

Et Um Fares de conclure :
« Cette grande douleur ne nous quittera pas tant que nous aurons des enfants en prison, tant que nous devrons vivre sous l’occupation, tant qu’il y aura des réfugiés dans les camps de réfugiés… »

 

 

Jéricho, le 31 octobre 2016

Elisabeth Mutschler

 

NB : les avis exprimés dans cette lettre n’engagent que le programme oecuménique EAPPI France.

 

La détention des mineurs palestiniens

 

  •  Environ 500 à 700 mineurs palestiniens sont arrêtés chaque année.
  • Fin février 2016, 440 jeunes étaient détenus, dont 104 enfants entre 12 et 15 ans.
  • Le nombre des arrestations est en augmentation depuis 2015.
  • La plupart d’entre eux sont condamnés pour jets de pierres, la peine maximale pour ce délit pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
  • Ils sont jugés par des tribunaux militaires. Un tribunal militaire pour enfants de 12 à 15 ans a été créé en 2009.
  • Les parents ne peuvent pratiquement pas être présents lors des interrogatoires.
  • La première rencontre avec un avocat se fait souvent juste avant d’entrer au tribunal.
  • Le recours à de mauvais traitements semble systématique pour les arrestations, les interrogatoires et la détention (cf Unicef  6.3.2013 / 13.2.2015 ‘Children in Israeli military detention’)

 

Ces pratiques violent le droit international résultant des conventions ratifiées par Israël, que ce soit le pacte des droits civils et politiques de 1966, la convention interdisant la torture et les traitements cruels et dégradants de 1984 ou la convention des droits de l’enfant de 1989 (notamment de son article 37). Elles affectent durement la vie de milliers d’enfants palestiniens.

 

 

Collégiens arrêtés dans la cour de leur école
© Photo EAPPI / E. Mutschler

Le 14 octobre 2016, à New York, le Directeur de l’ONG israélienne B’Tselem s’exprimait devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Depuis ce jour, son directeur Hagaï El-Ad est violemment pris à partie en Israël, où des politiques proposent de le destituer de sa nationalité israélienne comme « traître » à son pays alors que le directeur de B’Tselem a simplement osé dire ce qui était inacceptable car en contradiction flagrante avec les règles fondamentales auxquelles les plus hautes autorités d’Israël prétendent se référer. Récemment, Hagaï El-Ad s’est exprimé sur ses positions dans le journal israélien Haaretz.

Consulter ici la traduction de cet article

         

                                                                                                              




Formation des envoyés 2016 : le bilan

Le 15 juillet 2016 s’achevait la formation des treize envoyés du Défap. Retour sur deux semaines d’enseignement et de rencontres.
Accueil des envoyés

Comme chaque année, toute l’équipe du Défap a accueilli les futurs envoyés. Sous forme de jeu, chacun s’est présenté, avant que tous ne reçoivent les informations essentielles sur le déroulement des deux semaines à venir, de même que les principales règles de vie au Défap. Un petit livret de présentation est alors remis à chacun.

Le premier jour est consacré à l’accueil : présentation du Défap, visite de la bibliothèque et des archives, réflexions sur le départ de chacun à travers le jeu « Je veux partir ».

 


Jeu d’accueil avec toute l’équipe du Défap, juillet 2016, DR

 


Visite de la bibliothèque du Défap avec Claire-Lise Lombard, juillet 2016, DR

Des profils diversifiés

Stéphane, Aimée, Christian, Samy, Nicolas, Salomé, Alexandra, Gérard, Gwénaëlle, Noémie, Camille, Lydie…ils sont treize cette année à avoir été candidats pour partir en mission dans huit pays à travers le monde.
Ils ont entre 18 et 54 ans, sont étudiants, infirmiers, menuisiers ou encore pasteurs et partent pour des durées allant de 10 mois à 3 ans.
Certains sont déjà partis en mission à l’étranger, tandis que pour d’autres candidats c’est la première fois.

 


Les futurs envoyés du Défap, juillet 2016, DR

Un programme passionnant

Chaque jour démarre par une méditation biblique animée par des volontaires à tour de rôle et coordonnée par les pasteurs Florence Taubmann et Jean-Luc Blanc.
Place ensuite à la « météo du jour », où chacun partage son humeur et/ou ses questionnements.

Les deux semaines de formation sont articulées autour de différents thèmes :
– les enjeux politiques
– l’interculturalité
– les relations entre chrétiens et croyants d’autres confessions
– les inégalités Nord-Sud
– les crises et conflits en milieu interculturel
– les relations avec l’Eglise d’accueil
– l’aspect santé de la mission

La conférence sur les crises et conflits en milieu interculturel est animée par Hervé Ott. Ce formateur est aussi consultant en approches et transformations constructives des conflits dans les groupes sociaux ou interculturels. Théologien de formation, il intervient dans le monde de l’éducation et du social. Pour lui, le conflit est inévitable et la préparation essentielle pour les candidats au départ. « Pour ces futurs envoyés, le conflit va forcément faire partie de la rencontre, car celle-ci est liée à la différence culturelle et aux incompréhensions », assure Hervé Ott.  » Dans ma culture, par exemple, c’est l’individu qui prime sur le groupe alors que dans d’autres cultures, comme en Afrique par exemple, c’est le groupe qui prime sur l’individu. Tout cela peut créer des situations d’incompréhensions ou des blessures. L’autre est blessé car je fais un acte qui correspond à ma culture, mais qui n’est pas forcément compris par l’autre. Il vaut donc mieux se préparer au conflit car notre bonne volonté ne suffira pas ».

 

Hervé Ott, intervenant du Défap
Co-auteur de « Pédagogies des rencontres et des conflits transculturels »
(Editions Chronique Sociale, 2014)

Pour Evelyne Engel, qui anime une série de conférences sur l’interculturalité, « l’objectif de la formation est d’éveiller les curiosités. Si, à la fin, les candidats ont moins de certitudes et se disent : « tiens je n’avais pas vu cela ainsi », c’est déjà une belle réussite ». (Retrouvez ici l’interview complète d’Evelyne Engel)

 


Conférence sur l’interculturalité avec Evelyne Engel, juillet 2016, DR

 

Des moments d’échange et de convivialité

La formation dispensée par le Défap se veut avant tout participative. Au-delà des cours, des ateliers pratiques sont aussi proposés, où l’on aborde différents thèmes comme la prévention et la sécurité. La parole est souvent donnée aux envoyés eux-même, comme lors de leur évaluation de mi-parcours. Maison du Défap, gestion du temps, outils… les candidats discutent déjà à propos des cinq jours qui viennent de s’écouler.


Echanges avec le pasteur Jean-Luc Blanc, juillet 2016, DR

Le partage d’expériences a également sa place. D’anciens envoyés formés par le Défap viennent témoigner de leur mission passée.

Ainsi Noémie, qui partira au Caire en septembre, se réjouit d’avoir fait connaissance avec Freddy : « c’ est très enrichissant et cela développe ma curiosité. Je n’aurai donc pas trop d’a-priori en arrivant. Même si, on le voit bien, chaque expérience est différente. »

En parallèle de la formation, chaque candidat est reçu en entretien individuel. Lors de cette entrevue, les futurs envoyés posent toutes les questions administratives et pratiques et finalisent leur dossier.

Bien plus qu’une formation stricto sensu, les deux semaines au Défap sont une expérience de vie unique en son genre.

Les temps libres se vivent souvent entre participants et équipe encadrante. Et les moments de partage sont nombreux : discussions, chants, soirées grillade ou paëlla, visionnage du match de la finale de l’Euro France-Portugal, visite de la cathédrale Notre Dame de Paris et initiation aux règles du Quidditch, un sport… magique !

Camille, la benjamine, s’est tout de suite sentie à l’aise avec les autres participants : « J’ai fait plein de belles rencontres, nous raconte t-elle. C’est très enrichissant de connaître les parcours et les expériences de chacun. Tout le monde a l’esprit très ouvert et… ça fait du bien ! »

 


Préparation de la paëlla par « le Capitaine », juillet 2016, DR

 

Un bilan positif

A l’issue des deux semaines, les participants sont ravis. « La formation concrétise vraiment le projet de départ, explique Noémie, on comprend mieux la place que l’on aura et ce que l’on fera une fois arrivés. Il y a de la théorie bien sûr, mais surtout, nous sommes en compagnie de gens qui sont dans le même état d’esprit que nous ».

« La formation m’a vraiment appris beaucoup de choses », confie Samy. « C’est à la fois de l’enseignement théorique et des cas pratiques. Cela nous permet de nous poser aujourd’hui les questions qui se poseront demain, pendant le voyage ».

Camille, qui partira en Egypte à la fin de l’été, dresse aussi un bilan très positif de cette expérience, « la formation m’a permis de me poser des questions sur moi-même et de voir comment je vais appréhender les situations. Ça prépare au voyage mais aussi aux différences de cultures. Une fois sur place, je pense que ce sera agréable d’être bien préparé. »

 

 




Pour un dialogue interculturel

C’est la troisième année qu’elle collabore avec le Défap. De mère occitane et de père allemand, Evelyne Engel s’est depuis toujours intéressée à la question de l’interculturalité. Ancienne responsable d’un centre d’hébergement pour réfugiés politiques, elle est aujourd’hui consultante sur les questions d’aménagements et d’interculturalité. Durant la formation des envoyés, elle animait une série de conférences. Face à nos questions, elle livre aujourd’hui sa vision de l’altérité et du vivre ensemble.

Comment peut-on définir l’interculturalité ?

Je ne pourrais pas donner de définition précise car en réalité il n’en existe pas. L’interculturalité c’est l’alchimie précieuse de la rencontre de l’autre dans toutes ses différences.

Qu’est-ce qui dans celui que je vais rencontrer m’interroge, me ravit, me questionne, me dérange ou me trouble ? Et au-delà de ce que je ressens, quelles sont les logiques qui sont en œuvre de son côté et du mien ? Pourquoi je pense cela à ce moment-là ? Qu’est-ce qui se passe dans ce rapport à l’autre qui m’est inconnu et qui suscite toutes ces palettes d’émotions ?

Voilà sur quoi nous pouvons nous interroger lorsque l’on parle d’interculturalité.

Evelyne Engel, DR

En quoi ce thème est-il essentiel durant la formation des envoyés du Défap ? 

Il est nécessaire de faire réfléchir à la richesse et à la complexité de la rencontre avec l’autre.
Ces personnes vont partir à la rencontre d’autres cultures et d’autres populations. Lorsqu’un envoyé séjourne dans un autre pays, il tente de trouver une place dans un univers culturel qui n’est pas le sien. Comment alors comprendre les réalités qui nous entourent et comment être en dynamique d’échange ? Chaque individu a déjà sa propre identité, une culture et une origine géographique. Et il doit composer avec celui qu’il rencontre. Mais comment faire pour rencontrer celui qui est différent de nous ? L’interculturalité c’est justement ça : l’interaction de toutes ces cultures.
La découverte de l’autre est toujours d’une grande richesse mais naturellement l’être humain a des réticences pour s’intéresser à l’autre. Entre le désir de bien faire et la rencontre elle-même, qui n’est pas évidente, il faut réussir à tisser une relation de confiance en soi et en l’autre. Car il ne faut pas non plus l’oublier, celui qui est en face de nous n’attend pas forcément la même chose.
A travers ces conférences, je ne cherche pas à donner de mode d’emploi, qui n’existe pas d’ailleurs. Je ne suis pas là pour parler des pays ou des continents. Je ne propose pas un modèle gravé dans le marbre. Il s’agit plutôt d’une façon d’observer le monde. Cette vision incite à se poser des questions et à s’intéresser à l’autre. Je donne donc une sorte d’outillage intellectuel qui permet d’ouvrir des portes et qui donne des clés de compréhension.
La solidarité qui est présente chez les envoyés est indispensable. Leurs parcours sont tous différents, tout comme leurs aspirations. Cela peut être la découverte, le partage, un élan de fraicheur ou de générosité. Mais ce désir d’aller vers l’autre est commun à tous.

 

Conférence sur l’interculturalité, juin 2016, DR

Durant cette formation, quel est votre objectif ?

Eveiller les curiosités : c’est ça l’objectif principal.
Une journée de formation c’est court. Si à la fin de cette journée, les candidats ont moins de certitudes et se disent : « tiens je n’avais pas vu ça ainsi », c’est déjà une belle réussite.

Je suis issue d’un métissage culturel.  Mon expérience c’est avant tout du terrain. Si j’arrive à transmettre le questionnement qui a jalonné mon parcours et ma vie, j’aurai réussi quelque chose.

 

L’intervention d’Evelyne Engel s’intègre au dispositif global de la formation des envoyés. Laura Casorio, responsable des envoyés du Défap, nous explique, elle aussi, pourquoi le service protestant de mission s’adresse à des professionnels (sociologues, formateurs ou chercheurs) pour enrichir le contenu de la formation de ses envoyés.

Pourquoi un tel enseignement, consacré à l’interculturalité, a-t-il sa place dans une formation comme celle des envoyés du Défap ?

Depuis des années, le Défap collabore avec des professionnels pour offrir aux envoyés une formation au départ au sens large du terme. La formation n’est pas construite pour répondre aux besoins de renseignement sur un pays ou sur les enjeux d’un métier. Bien-sûr, les envoyés reçoivent les renseignements nécessaires à leur mission avant leur départ.

Il s’agit d’outiller les envoyés à pouvoir interagir avec l’environnement, la société civile et la communauté locale avec laquelle ils vont passer un temps de leur vie plus ou moins long.
L’expérience du Défap d’envoi de personnes sur plusieurs dizaines d’années montre bien qu’ en mission le savoir-être prime sur le savoir-faire ce qui n’est pas évident pour des Français qui se lancent dans l’aventure d’une mission à l’étranger.

Dans cette optique, le choix fait dans le passé de donner de clés de lecture qui peuvent être ensuite utilisées, déclinées et personnalisées par chaque envoyé nous paraît toujours d’actualité.

 

 




Christian, futur envoyé du Défap

Il partira le mois prochain pour quatre ans de mission en Guadeloupe et en Martinique. Aujourd’hui le pasteur Christian Bouzy est venu suivre les deux semaines de formation des envoyés du Défap. Comme les autres candidats au départ, il suivra avec attention le contenu des enseignements à venir.

Avant de partir avec le service protestant de mission, Christian Bouzy le connaissait déjà. Pasteur depuis près de trente ans, il a été en lien avec l’institution lorsqu’il était président du conseil régional Cévennes-Languedoc-Roussillon de l’Eglise Protestante unie de France.

 

Christian Bouzy, DR

 

Un projet de longue date

Partir, il y avait songé il y a de nombreuses années mais ses engagements en tant qu’époux et jeune père de famille avaient mis cette idée en suspens. Aujourd’hui, ses quatre fils sont grands et autonomes. Christian n’a donc pas hésité cette fois.
Curieux des cultures guadeloupéenne et martiniquaise, il a hâte de découvrir une région du monde qu’il ne connait pas. Mais Christian est surtout ravi de pouvoir prêcher dans des milieux complètement différents de ceux qu’il a connu lorsqu’il était pasteur au foyer de Grenelle de la Mission Populaire.

Bientôt le départ

A compter d’août 2016, Christian sera en charge des paroisses de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et de Fort-de-France (Martinique). De plus, il sera chargé de l’animation des équipes d’aumôniers des centres pénitentiaires de Baie-Mahault (proche de Pointe-à-Pitre) et de Ducos.

Se préparer à la mission

Au printemps 2016, Christian s’est rendu aux Antilles pour rencontrer les deux paroisses qui ont validé sa candidature. Aujourd’hui, il démarre la session de formation du Défap avec beaucoup d’intérêt : « c’est très important, c’est un bon moyen d’avoir toutes les informations utiles avant le départ. Je suis très curieux des conférences sur l’interculturalité et le dialogue interreligieux ».