L’hommage d’Emmanuel Macron aux protestants, «vigies de la République»

Emmanuel Macron s’exprimant lors du colloque « Protestantismes convictions et engagements » (capture écran de la conférence de presse diffusée sur Twitter)

Lorsqu’il s’exprime en public, Emmanuel Macron n’est jamais aussi à l’aise que dans le cadre d’un débat. Vendredi soir, il a donc en grande partie improvisé son intervention d’une quarantaine de minutes donnée à la Mairie de Paris, pour répondre aux questions que venaient tout juste de lui poser ses hôtes. Le chef de l’Etat s’exprimait au soir du premier jour du colloque « Protestantismes convictions et engagements » organisé par la Fédération protestante de France. Et qu’il s’agisse de questions liées à l’Europe, à la politique migratoire, au climat ou à la révision des lois de bioéthique, dans tous les grands enjeux politiques actuels, il a demandé aux protestants de faire entendre leur voix. Au nom même de la laïcité…

L’apport du protestantisme dans la société, a souligné le président, se mesure à travers de nombreux indicateurs comme la promotion de la conscience individuelle, l’essor de la démocratie participative, le libéralisme politique et économique ; mais il ne peut être séparé de la foi. « Comme président d’une République laïque, je serais tenté de saluer l’œuvre séculaire des protestants pour les libertés en France. Ce serait éluder quelque peu ce qui vous réunit ici : dans une réflexion commune menée dans le cadre de ces 500 ans de la Réforme et ce serait éluder votre foi. (…) Ma conviction profonde est que je ne rendrais nullement service à la laïcité si je m’adressais à vous comme à une association philosophique. Votre identité de protestants ne se construit pas dans la sécheresse d’une sociologie, mais dans un dialogue intense avec Dieu et c’est cela, ce que la république respecte. »

«  La laïcité, ce n’est pas une religion d’Etat »

Pour aller plus loin :
Quel rôle peuvent jouer les protestants dans la société ? (Réforme)
Retrouvez en vidéo l’intégralité de l’intervention du chef de l’Etat

« Vous me pardonnerez de redire ici ce que j’ai déjà dit ailleurs au sujet de cette laïcité dont trop souvent on méconnaît la nature », a insisté le chef de l’Etat ; « mais ce combat n’est jamais terminé. On ne redira jamais assez les mots d’Aristide Briand, rapporteur de la loi (de 1905, ndlr), pour définir la neutralité laïque consistant, je le cite, à « ne rien faire qui soit une atteinte à la libre constitution des Eglises ». La laïcité, ce n’est pas une religion d’Etat ; c’est une exigence politique et philosophique. » Ce n’est pas non plus « la dilution des croyances » mais « la capacité à faire dialoguer les religions dans un débat fécond ».

C’est en s’appuyant sur cette conception d’une laïcité ouverte que le président fait appel à l’éclairage des religions dans certains débats qui pourraient diviser la société. Citant volontiers son « maître », le philosophe Paul Ricœur, il a loué le rôle des « confrontations utiles » afin de trouver des « consensus féconds ». Exercice dans lequel le protestantisme français, qui a su « faire coexister sous un même toit, dans une foi partagée, des pratiques différentes, des conceptions sociales et morales parfois divergentes », a su montrer sa « vitalité démocratique et intellectuelle ». Aussi, a souligné le chef de l’Etat,  « nous avons besoin que vous restiez les vigies de la République ». Il a même formé ce vœu pour les protestants : « Pour les 500 prochaines années, en tout cas les cinq ans à venir, ne cédez rien, restez tels que vous êtes. »

Parmi ces débats qui pourraient diviser, il y a par exemple ceux qui s’annoncent dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, en 2018. « Notre société bouge, se transforme, elle a à aborder des profonds changements » a souligné le chef de l’Etat. Mais « la manière que j’aurai d’aborder ces débats ne sera en rien de dire que le politique a une prééminence sur vous et qu’une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n’est pas mûr. J’ai sur certains de ces sujets pris des engagements durant la campagne présidentielle. J’ai aussi pris des engagements de méthode. » Concernant la question des migrants, un autre sujet sur lequel il avait été interpellé, peu avant son intervention, par le président de la Fédération protestante de France, le pasteur François Clavairoly, Emmanuel Macron a répondu : « Je n’oublie pas dans quelles conditions j’ai été élu par le peuple français. Je n’oublie pas le souffle chaud des extrêmes. »

Un colloque et des rendez-vous pour les 500 ans de la Réforme

Le colloque « Protestantismes convictions et engagements », organisé par la Fédération protestante de France, était un événement accueilli par la Mairie de Paris à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. Ce rendez-vous international, historique et interreligieux réunissait les meilleurs spécialistes de l’histoire du protestantisme en France et dans le monde. A l’occasion du lancement de ce colloque, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, s’est aussi entretenu avec l’hebdomadaire Réforme sur le thème du rôle des protestants dans la société. La FPF a également présenté vendredi les autres initiatives programmées tout au long de l’année 2017 pour marquer les 500 ans de la Réforme, que l’on peut retrouver dans cet article de La Croix.

 




Jeunesse dans l’Eglise : l’avenir se conjugue au présent

Le pasteur Jean-Luc Blanc, en charge du service Relations et solidarité internationale (RSI) au Défap, s’est rendu au Rwanda du 12 au 20 août dans le cadre d’un séminaire Responsable de la jeunesse des Eglises de la Communauté organisé par la Cevaa, communauté d’Eglises en mission. De retour à Paris, nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur son séjour.

Une partie du groupe sur la plage du lac Kivu


Ce séminaire était une « mission Cevaa ». Pour quelles raisons avez-vous été invité à participer à cette rencontre ?
Je me suis rendu au séminaire Jeunesse à la demande du secrétariat de la Cevaa afin d’animer deux modules : un sur l’action commune « Famille, Evangile et culture » et l’autre, sur le dialogue interreligieux. Le séminaire regroupait 66 participants venant de 24 pays (Afrique, Amérique Latine et Pacifique, Océan Indien et Europe) et 35 Eglises. Bien organisé, ce séminaire a permis de travailler les thèmes de réflexion que la Cevaa essaie de promouvoir avec les Eglises. Cette rencontre a également permis de renforcer les pistes de travail de la stratégie Jeunesse de la Cevaa.

Une délégation française a participé au séminaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur leur présence à Kigali durant cette semaine ?
Les six jeunes qui sont venus d’Europe représentaient l’EPUDF, l’UEPAL et l’UNEPREF. Ils se sont très bien intégrés au reste du groupe. Je crois que la délégation a pris conscience de l’importance d’une réflexion en communauté car finalement les questions portées par la jeunesse dans le monde sont similaires. Il n‘y a pas de grand décalage entre les questionnements portés par les Européens et les Africains : quelle place y a-t-il pour les jeunes dans l’Eglise ? Quelle conception du couple et de la famille veut-on façonner ? Comment être un leader responsable, au service des autres ? Les réponses varient mais le sujet est universel.

Participants du groupe

Quelles sont les relations entre le Défap et l’Église presbytérienne au Rwanda (EPRW) ?
Jusqu’à présent, les seules relations que nous avions étaient en lien avec la faculté de Butaré où nous avions envoyé des professeurs. Depuis 5 ans, ce partenariat a cessé suite à la décision du Rwanda de remplacer l’enseignement en langue française par l’anglais. Les dirigeants de l’Eglise souhaitent reprendre notre collaboration en insistant sur le fait que les gens parlent toujours français et surtout que les rapports entre Eglises ne doivent pas être dictés par les choix politiques des pays. Les Eglises ne rentrent pas dans ce jeu, elles souhaitent avant tout témoigner d’autre chose. Nous allons désormais voir comment traduire cette demande dans les faits. Pour le président de l’Église presbytérienne au Rwanda, le révérend Dr Pascal Bataringaya, un projet commun entre l’Eglise de France et l’EPRW serait nécessaire.

 

Un mot pour conclure ?
C’est une bonne idée d’avoir organisé ce séminaire au Rwanda. Outre la qualité de l’accueil et de l’organisation, cela a permis à tous les participants de découvrir un autre visage de l’Afrique. Malgré les problèmes liés au respect des droits de l’homme, ce pays nous a donné l’impression que tout marche plutôt bien et cela a surpris nos amis africains d’autres pays. Un déplacement est toujours bienvenu !




Forum R500 : le protestantisme mondial au centre des échanges

 

Comment est né ce projet de forum international ?

Il est né d’un choc ! J’étais en octobre 2013 au Congrès international sur le Jubilé de la Réforme 2017, à Zurich. C’était le lancement de ce processus avec les Eglises de Suisse et de France et d’Allemagne. Nous nous sommes demandés : « comment peut-on inclure les Eglises du Sud dans ce processus ? ». Il faut absolument trouver une manière de faire émerger ces Eglises à ce Jubilé. Puis, à l’Assemblée des délégués de la Cevaa en octobre 2014, j’en ai également parlé et trouvé d’autres personnes enthousiastes. Ainsi est né ce projet.

Comment parler aujourd’hui de protestantisme à l’international ?

En mettant ensemble les Eglises des quatre coins du Monde ! Les organisations missionnaires, comme le Défap, DM échange et Mission et la Cevaa, sont des plateformes où on peut justement se rencontrer et ainsi
voire comment le protestantisme a voyagé. A la Réforme au 16e siècle, le vaste monde largement inconnu, n’était pas la priorité des réformateurs. L’idée de propager le protestantisme est venu bien plus tard, à partir du 17ème siècle, d’une part par la migration des certains protestants persécutés en Europe, d’autre part par le piétisme né en Allemagne et qui a motivé des protestants de créer des sociétés missionnaires. Ce qui est nouveau au 21ème siècle, c’est le retour du protestantisme par des expressions nouvelles. Ici, dans les grandes villes d’Europe, ce protestantisme, qui a voyagé, nous revient autrement. Nous le vivons même, parfois, en tension avec le protestantisme plus historique en Europe. Ce qui est intéressant c’est : « qu’est ce qui est fondamental dans l’identité protestante ? ». Ce Forum permettra de découvrir ce qui nous rallie en tant que protestant et ce qui est culturellement différent. La simplicité protestante, au niveau de son expression peut s’adapter culturellement et prendre des formes très différentes.


Martin Burkhard de DM – échange et Mission

Quelles sont les régions du globe les plus représentées ?

Au Forum, les régions les plus représentées sont issues de l’Afrique, à la
fois francophone, anglophone et lusophone mais aussi du Pacifique. Les invités viennent du Bénin, Rwanda, Zambie, le Liban, le Mexique, Madagascar, Cameroun, la Nouvelle Calédonie. Mais bien-sûr les suisses pourront également y participer ! Les rencontres sont publiques.

 

Quelle place le dialogue interreligieux a-t-il dans le R500 ?

Lors du jubilé de la Réforme, le dialogue interreligieux n’est pas nécessairement un sujet
en soi mais nous l’avons intégré à notre forum. Lors du deuxième jour, en effet, nous parlerons de l’autre croyant, qui est différent. La naissance du protestantisme comme une autre manière d’être chrétien a poussé la culture européenne occidentale à s’ouvrir à la pluralité religieuse. Aujourd’hui, globalement, les protestants soutiennent le respect des religions et la paix interreligieuse. Nous verrons comment cela se vit dans d’autres contextes. Ce qui est aussi intéressant, c’est le renouveau de certaines religions tribales et comment les Eglises protestantes s’y confrontent.

 

A qui s’adresse ce forum ?

Il s’adresse à toutes les personnes intéressées par le protestantisme et à ces thématiques que nous abordons durant ces trois jours. Nos invités vont essayer de transmettre leur vision du protestantisme et comment il a influencé leur pays.  L’objectif principal est de faire émerger les voix du protestantisme du Sud dans ce jubilé de la Réforme comme un enrichissement dans cette introspection des Eglises protestantes en Europe durant cette année du Jubilé.

 

Comment avez-vous choisi vos intervenants ?

Heureusement que l’on peut s’appuyer sur les relations de longue date de nos Eglises d’Europe avec les Eglises du Sud. Nous avons donc cherché des théologiens dans nos réseaux existants (ceux de la Cevaa, DM échange et mission et l’ACO). Nous avons veillé à ce qu’il y ait un équilibre femme-homme, chef d’Eglise et théologien, laïque et pasteur. Nous avons également souhaité une
diversité protestante en invitant, par exemple, un luthérien et un baptiste du Cameroun.

 

Informations pratiques sur le forum R500
 

 




Voeux du Défap : « vivons 2017 comme une année de grâce»

Plus d’une cinquantaine de personnes étaient réunies le 20 janvier 2016 pour assister à la traditionnelle cérémonie des vœux du service protestant de mission. Retour sur une soirée porteuse d’espérance pour cette nouvelle année qui démarre.

« Le rôle des missions est avant tout d’apprendre pour comprendre. Les ambassades sont dans les capitales. Les églises sont là où sont les gens et elles appréhendent la réalité de leur vie », c’est avec un message fort que le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, a ouvert cette soirée des vœux. Une introduction à sa prise de parole qui s’est ensuite orientée sur le lycée protestant Do Neva et son fondateur Maurice Leenhardt. En novembre 2016, ce lycée agricole, de la commune de Houaïlou en Nouvelle Calédonie, a été contraint de fermer suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région. Depuis le début du drame, le service protestant de mission s’est impliqué dans l’aide à la reconstruction du complexe scolaire, via un appel aux dons lancé notamment sur son site, pendant la période des fêtes de fin d’année. 

 


Bertrand Vergniol ouvrant la cérémonie des vœux
( janvier 2017, DR )

 

Rodolphe Gozegba s’est ensuite exprimé devant l’assemblée attentive. Ce jeune pasteur doctorant, boursier du Défap, a rappelé son parcours : « je suis de confession évangélique mais je me considère de plus en plus comme un chrétien réformé. Je n’ai pas réformé ce en quoi je croyais. Je réforme seulement ma foi en Dieu. Au Maroc, j’ai appréhendé ma foi dans un contexte interreligieux ».
Le jeune pasteur centrafricain a alors abordé plusieurs thèmes d’actualité comme la crise centrafricaine, le dialogue interreligieux et la place des leaders religieux dans notre société. Pour lui, « les prêtres, cardinaux, pasteurs, rabbins et imams construisent la paix…au-delà de leur différences religieuses ».

 


Rodolphe Gozegba, janvier 2017, DR

 


Assemblée attentive lors de la cérémonie des vœux, DR

 

Entre chaque prise de parole, Danielle Vergniol a partagé ses créations musicales à la guitare. Des chansons aux compositions originales tantôt sur la place de l’Eglise, tantôt sur l’accueil des étrangers.

 


Danielle Vergniol interprétant ses chansons à la guitare, janvier 2017, DR


Le pasteur Joël Dautheville, président du Défap, a clos la cérémonie avec le partage de cinq vœux pour 2017. Pour cette nouvelle année, il a exprimé son souhait que le service protestant de mission « amplifie son objectif d’être la maison commune des églises qui le composent et que l’engagement reste au cœur du Défap » ; mais également « que l’église locale soit universelle et qu’elle renvoie à l’universel » et « que le Défap soutienne l’accueil et ne le délègue pas ». Enfin, le président a affirmé sa volonté qu’en 2017 le service protestant de mission conserve sa vocation à dénoncer les inégalités et les déviances politiques. « Celui qui dénonce doit aussi montrer des chemins d’espérance », a-t-il insisté.

 


Joël Dautheville clôturant la cérémonie, janvier 2017, DR


Le mot du président s’est alors conclu sur un message porteur d’espérance : « j’appelle de mes vœux que le Défap aide les églises à témoigner à temps et à contretemps de l’espérance du Christ, qui donne du sens à la vie ».

 

A la fin de la soirée, Danielle Vergniol a interprété une dernière chanson sur la définition de son Eglise, à l’occasion des 500 ans de la Réforme.

 

 




Les vœux du Défap : entre engagement et espérance dans la foi

Mercredi 13 janvier, une centaine de personnes étaient présentes aux vœux du Défap. Un exercice incontournable et attendu par un auditoire à l’image de l’institution : bienveillant et multiculturel.

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, a ouvert la soirée en évoquant d’abord le service philatélie, l’une des très anciennes activités de l’institution, toujours assurée par des bénévoles et dont le produit sert au financement d’une école du Congo. Des planches de timbres étaient en effet disponibles à l’achat dans le « salon rouge », pour les collectionneurs.

 

Certificat de liberté, DR

Certificat de liberté, DR

 

Il s’est ensuite penché sur un moment tourmenté de notre histoire à tous, la période de l’esclavage, pour mieux mettre l’accent sur les efforts faits notamment par les Églises protestantes pour sortir de ce système. Il s’est appuyé en cela sur une série de documents très particuliers, dont les originaux figurent dans les archives du Défap, reproduits en fac-similé et mis à la disposition des invités de la soirée : des « certificats de liberté ». Ces documents administratifs émis au Sénégal, alors colonie française, datent de la fin du XIXème siècle. Ils servaient à officialiser le rachat de liberté. L’esclavage était pourtant aboli depuis 1848, mais si la traite transatlantique avait cessé, nombre de personnes, notamment cet enfant de 8 ans nommé Diéry Sidibé évoqué par Bertrand Vergniol, demeuraient encore en servitude en 1882, date de son certificat. La liberté souvent s’arrache et parfois se donne.

 

Bertrand Vergniol, lors de son discours, DR

De gauche à droite : Jean-Christophe Peaucelle, Jean-Luc Blanc, Danielle Vergniol, Bertrand Vergniol

 

Le président du Défap, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, a ensuite dit quelques mots tout autant porteurs d’espérance. Il a évoqué sa mission en Centrafrique, où il a passé les fêtes de Noël, partageant avec l’Église protestante Christ Roi des moments de liesse que le pays n’avait plus connu depuis le début de la crise politique, en 2012 (lire son discours).


Danielle Vergniol, dont les familiers du Défap avaient découvert les talents de chanteuse et de guitariste lors de la fête de Noël, a clos ce moment de partage par un chant hérité des temps anciens de la mission, témoignant de l’espérance universelle en des temps lumineux et paisibles.

 

Le délicieux cocktail dînatoire, confectionné par Marlène Blanc avec la coopération d’une partie du personnel du Défap, a alors été servi, agrémenté par un punch maison fruité – et sagement – alcoolisé.
La soirée s’est poursuivie par un entretien croisé entre le pasteur camerounais Robert Goyek, président du Conseil des Églises protestantes du Cameroun (CEPCA), invité d’honneur du Défap et trois interlocuteurs : Jeanne-Louise Djonga, ancienne journaliste et chroniqueuse franco-camerounaise, Jean-Christophe Peaucelle, conseiller aux Affaires religieuses au ministère français des Affaires étrangères et Samuel D. Johnson, secrétaire exécutif du pôle Animation à la Cevaa – Communauté des Églises en mission.

 

Intervenants, DR

De gauche à droite : Jeanne-Louise Djonga, Bertrand Vergniol, Robert Goyek, Jean-Christophe Peaucelle

 

L’un des objectifs du programme 2015-2018 du Défap étant le dialogue inter-religieux, il était intéressant d’écouter les propos du pasteur Goyek, qui vit et travaille notamment dans le nord du Cameroun, où sévissent sporadiquement les terroristes du mouvement islamiste nigérian Boko Haram.

Il a d’abord retracé l’histoire de la mission protestante, très active en termes d’éducation et de santé, et la création des Églises protestantes au Cameroun. Depuis toujours, les familles musulmanes et chrétiennes cohabitent pacifiquement. Ce n’est que depuis quelques années que des extrémistes venus du Nigeria voisins sèment le désordre et la mort au Cameroun. Le CEPCA se positionne donc en première ligne dans les programmes de dialogue islamo-chrétien. Le pasteur Goyek demeure, avec raison, convaincu que le plus important pour assurer la paix et la concorde civile est d’assurer à tous un niveau de vie décent, autrement dit un développement durable.

 

Il a été appuyé en cela par Jeanne-Louise Djonga, qui a insisté sur la lutte contre la corruption et le népotisme, témoignant de son expérience personnelle vécue lors de son retour au pays, après ses études en France.

 

Jean-Christophe Peaucelle a, pour sa part, relevé quatre thèmes importants : le rôle des missions et des communautés religieuses, le danger que représentent les intrusions de Boko Haram, la lutte contre la pauvreté, et le dialogue interreligieux, essentiel à la paix dans le monde. Il a insisté sur l’indispensable distinction à faire entre islam et terrorisme commis au nom de l’islam. Boko Haram signifiant « l’éducation à l’occidentale est un péché », il est plus que jamais nécessaire de convaincre, à tous les niveaux de l’échelle sociale, que bien au contraire : la qualité de l’éducation est le principal rempart, avec la lutte contre la pauvreté, face au recrutement de pauvres gens qui, dûment manipulés, deviennent des terroristes. Il faut dire à tous que la liberté permet avant tout de réfléchir, critiquer, contester, défier. Un écho aux propos liminaires du secrétaire général sur le rachat de la liberté : sans elle, nul espoir.

 

Intervenants, DR

L’assistance, DR

 

Un invité présent dans la salle, Luc Carlen, ancien envoyé du Défap en tant qu’infirmier à Garoua, une ville du Nord Cameroun, est venu au micro raconter son expérience puis, gagnant en assurance, a livré quelques anecdotes cocasses sur son séjour.

C’est aussi cela, la mission : des moments graves, des étincelles de lumière et la joie, toujours, qui jaillit de l’espérance.

 

Le pasteur Samuel D. Johnson a clos le débat en rappelant la devise de la Cevaa : la mission est de partout vers partout. Malgré les critiques qu’elle reçoit parfois, l’action de la mission reste positive et conserve un rôle historique important qu’il ne faut pas occulter. Le Cameroun est doté de nombreuses ressources, tant humaines qu’économiques, qui sont autant de promesses d’un avenir meilleur, et donc porteuses d’espoir.

 




Du nouveau au service « animation-formation »

 

Un fort engagement religieux

 

Née en Bretagne, Florence Taubmann est d’origine catholique.

Elle a étudié à l’Institut protestant de théologie de Paris puis est devenue pasteur en 1992.

Après des « expériences paroissiales diverses » – en région parisienne puis à Limoges – elle revient de deux ans passés en Israël où elle a accompagné son mari.

 

Au milieu, Florence Taubmann à la session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

 

Une ouverture à l’autre

 

Toujours intéressée par de nouvelles rencontres, elle est passionnée par le dialogue avec les autres Eglises et les autres religions. L’œcuménisme est pour elle un sujet important.

Elle a d’ailleurs été présidente de l’Amitié judéo-chrétienne pendant six ans et a participé à l’animation de plusieurs groupes interreligieux (notamment entre juifs, chrétiens et musulmans). Mais  « je vais également à la rencontre du monde laïc, dit-elle. Et à Limoges je participais à une association de dialogue entre chrétiens et francs-maçons ».

Pour le pasteur Florence Taubmann, le soutien de l’autre est quelque chose de primordial dans son ministère. « La dimension personnelle et sociale est importante pour moi ». A l’aide spirituelle s’ajoute l’aide concrète, qu’elle considère comme essentielle.

 

Le Défap : une finalité logique

 

Ce n’est pas un hasard si Florence Taubmann est arrivée au Défap.

« Dans le ministère pastoral, j’aime la diversité, la possibilité d’exercer dans des postes différents. Mon arrivée au Défap est dans la suite de tout ce que j’ai vécu et développé auparavant, avec l’ouverture sur d’autres pays, le travail avec d’autres Eglises.

C’est une chance de devoir réfléchir sur ce qu’est aujourd’hui la mission du christianisme, et du protestantisme en particulier. On pose la question de manière abstraite et on la vit de manière concrète : comment un chrétien peut-il témoigner de sa foi dans le monde actuel, multiculturel et multi-religieux, sans chercher à convertir l’autre mais en faisant entendre l’Evangile ? Est-ce que la parole chrétienne peut faire du bien aujourd’hui ? »

 

L’arrivée au Défap

Florence Taubmann a rencontré Bertrand Vergniol, alors sur le point de devenir secrétaire général du Défap, en Israël/Palestine où il a passé trois mois.

Ils ont parlé du ministère : « Deux pasteurs se rencontrent, ils parlent de l’Eglise », dit-elle en plaisantant.

Lorsque le poste de chargée d’animation missionnaire s’est libéré, il lui a proposé : « C’était l’occasion d’avoir un autre regard, un autre type d’action et d’engagement, une autre manière de travailler », dit-elle. C’est également une façon pour elle de « repenser la mission ».

 

La mission

Florence Taubmann découvre aujourd’hui au Defap une équipe de professionnels et de bénévoles qui assument des tâches et responsabilités spécifiques. Mais elle se réjouit des temps d’échanges et de concertations, qui permettent aux idées et aux informations de circuler. Elle découvre aussi une « vie à l’échelle du monde, avec des envoyés et des nouvelles venant de partout, de France et de l’étranger».

 

Toutefois, elle réalise qu’il lui faudra du temps et de nombreuses visites pour prendre la mesure de sa mission. Même si la lecture et la formation sont importantes, rien ne remplace l’écoute et l’échange.

 




« À Maurice, ‘God is One’ »

Iris et Frank Reuter sont partis trois mois à l’Île Maurice dans le cadre d’une activité missionnaire. Ils assurent des formations sur les activités d’animation et s’occupent de l’école du dimanche. Ce projet de travail avec l’Eglise est soutenu par le Défap. Iris Reuter nous livre ici son témoignage.

« « Plus de la moitié des Français ne se réclament d’aucune religion », titre le journal Le Monde dans son édition du 7 mai 2015. Quelle différence avec la société d’ici, à l’île Maurice.

En balade au bord de la mer, j’arrive à la plage joliment dénommée « Le Bouchon ». Au bord de l’eau, un petit autel hindou. À quelques pas de là, une minuscule chapelle dédiée à Marie. Je roule en voiture et, au bord d’un port, quelques panneaux peints aux couleurs du drapeau mauricien (rouge comme le flamboyant, bleu comme le ciel, jaune comme le soleil, vert comme la canne à sucre), portent des inscriptions : l’environnement propre = santé. Et juste en dessous : « God is One ». Dans les villages, des murs sont peints avec des phrases : « Un esprit positif est un esprit paisible », ou « Un esprit positif est un environnement sain ».

Les religions, hindouisme, christianisme et islam, coexistent d’une manière naturelle. Chacun a son Dieu, pratiquement tout le monde est croyant. Il semble aller de soi que transcendance et immanence sont un. Je ne sais pas si la société est plus tolérante ou plus juste pour autant, je ne la connais pas encore assez, mais le fait est que les religieux ont souvent lutté pour les droits des engagés (Gandhi et ses collaborateurs), l’éducation pour tous (Jean Le Brun, fondateur de l’Église presbytérienne), ou encore  l’abolition de l’esclavage. La religion n’est donc pas vécue comme un « opium du peuple », mais comme la recherche d’une vie meilleure pour tous.

Je me sens bien dans une telle perception de la religion. Temple hindou, église catholique ou mosquée, on se sent le bienvenu, même si on ne partage pas la religion. Je me sens à l’aise dans une telle société. C’est si différent de la France, où la suspicion pèse sur toute religion. Pour moi, la religion, ou plutôt la foi, est une dimension naturelle et qui donne du sens pour l’humain et je me reconnais dans l’esprit de tolérance et d’accueil vécu ici.

Eglise Saint Columba à Phoenix

 

Mais comme toujours, tout n’est pas rose pour autant. Ainsi, il paraît que lors des recensements, le gouvernement (issu de la majorité hindoue) cherche à occulter les milliers de conversions des hindous au christianisme, notamment vers les mouvements évangéliques et pentecôtistes. Certains disent que le dialogue interreligieux sert notamment à éviter « que tout n’explose ». Lors des mariages mixtes de femmes chrétiennes avec un homme hindou ou musulman, souvent ces dernières doivent quitter leur religion d’origine. Mais est-ce là une question de religion ou de relation entre les sexes ?

Certes, je pense qu’au fond, chaque religion (mais pas pour autant chaque croyant !) a la conviction de détenir la vérité. Mais si cela n’empêche pas de vivre en tolérance avec le voisin qui ne croit pas la même chose, cela me va. Si cela permet de pratiquer en toute simplicité, cela me va. Car au fond : God is One… même si les religions sont multiples. »

Iris Reuter




Karen Smith et l’islam : oser la rencontre

Karen Smith, pasteure à l’université d’Ifrane, au Maroc, dont le ministère est soutenu par le Défap, est en tournée dans les paroisses du Sud-Ouest de la France pour partager son expérience du dialogue interreligieux. Rencontre avec une personnalité lumineuse.

Karen Smith © F. Lefebvre-Billiez pour Défap

Ce qui frappe d’emblée chez Karen Smith, outre sa vitalité et son savoureux accent américain parfois émaillé d’un mot d’arabe, c’est son refus de s’arrêter aux codes et aux apparences. « Dans le RER, raconte-t-elle à peine arrivée à Paris, j’avais une grosse valise. Au moment de descendre à la station Denfert-Rochereau, une jeune femme en hijab me demande : « Puis-je vous aider ? » Et elle a été très touchée quand je lui ai répondu quelques mots en arabe. C’est ça, l’esprit de l’accueil au Maghreb. Nous aussi, nous avons besoin de pouvoir accueillir les minorités aussi chaleureusement. Et de les accueillir en entier, avec leur foi. Permettre que leur foi devienne point d’interrogation pour nous, et que la nôtre devienne point d’interrogation pour eux. Il faut oser la vulnérabilité, l’échange vrai avec l’autre… »

Karen Smith est pasteure à l’université d’Ifrane, au Maroc, depuis 1996. Comme chaque année depuis 2008, elle est de passage en France à l’invitation du Défap, où elle vient parler de son expérience du dialogue interreligieux. Après les paroisses de l’Est et du Pays de Montbéliard en 2013, au tour des paroisses du Sud-Ouest (voir agenda). Pour elle, l’ouverture à l’autre, à l’étranger, date de l’enfance : à 12 ans, il lui arrivait de travailler comme bénévole auprès de Vietnamiens réfugiés aux États-Unis. Sa vocation pastorale s’est révélée de manière tout aussi précoce : née dans une famille baptiste du Kentucky, avec un père et deux oncles pasteurs, elle se voyait tout naturellement « full time minister », comme elle le dit elle-même – travaillant à temps plein pour le Seigneur. Pour concrétiser cet engagement, il lui aura pourtant fallu aller jusqu’au Maroc ; entre-temps, elle aura vécu la montée des thèses conservatrices et fondamentalistes au sein de son Église, une quête personnelle qui, après des études universitaires de philosophie, l’aura menée chez les protestants d’Atlanta et chez les bénédictins du Minnesota pour étudier la théologie… Sans compter une année au Burkina-Faso, en 1986-87, consacrée à l’aide aux réfugiés.

« Je ne peux pas prier avec vous »

Karen Smith dans les jardins du Défap

Karen Smith : rencontre entre religions au Monastère Notre Dame de l’Atlas

Karen Smith : la société marocaine face aux fondamentalismes chrétiens et musulmans

De ce goût tôt marqué pour le dialogue et la découverte de l’autre, de ce souvenir du raidissement qu’elle a vécu au sein de sa propre Église, Karen Smith a gardé la volonté d’une authenticité dans les échanges et une méfiance vis-à-vis des certitudes trop haut proclamées. Son intérêt pour les relations avec l’islam datait d’avant même ses études universitaires ; il n’aura fait que s’accroître ensuite, y compris à travers des rencontres douloureuses. Elle évoque ainsi ce musulman victime de la guerre de Bosnie-Herzégovine, auquel elle avait proposé de prier ensemble pour la paix : « Je ne peux pas », avait-il répondu ; « je ne peux pas prier avec vous ». Sur sa poitrine, un soldat serbe avait gravé au couteau une grande croix.

Mariée à un enseignant de haut niveau en informatique, baptiste comme elle, et fils d’un pasteur, mais ayant grandi en Indonésie, Karen Smith a longtemps cherché où exercer son ministère sans être séparée de son mari. Jusqu’à ce que tous deux apprennent, par un ami, en 1995, ce projet du roi Hassan II de créer de toutes pièces un campus à l’américaine au milieu des montagnes du Moyen Atlas. Avec l’idée de former la future élite marocaine, ouverte aux idées occidentales et aux échanges internationaux, dans ce cadre à part, protégé de l’agitation des grands centres urbains mais à une heure à peine de Fès et Meknès. Tout devait être mis en œuvre pour éviter la fuite des cerveaux, garder les jeunes talents au pays et permettre les échanges avec des universités étrangères de renom. Versant religieux de cette volonté d’ouverture, le campus devait être doté d’une mosquée, d’une église et d’une synagogue. Il cherchait encore à recruter des enseignants… et il lui manquait un pasteur. Un poste non rémunéré : qu’importe…

Sa découverte de l’université Al Akhawayn d’Ifrane, Karen Smith en parle avec une émotion intacte : « un lieu protégé, en pleine nature, dans les montagnes ; c’était beau, frais, environné de cèdres, avec des singes dans les arbres… » Mais la beauté du lieu ne cache pas longtemps la misère environnante : la toute nouvelle pasteure de l’université d’Ifrane découvre bientôt la vie des bergers du Moyen Atlas, privés du confort le plus élémentaire et même du droit de bâtir des maisons en dur, vivant dans de précaires cabanes édifiées à partir de matériaux de récupération. Elle s’implique au sein d’une association, « Hand in hand » (« Main dans la main ») qui vise à favoriser le développement dans la région. Puis elle obtient que les étudiants puissent, au cours de leur cursus, s’engager dans des actions sociales dans les villages voisins du campus : « S’il s’agit de les ouvrir au monde, aux autres religions, il ne faut pas oublier de les ouvrir vers leurs propres concitoyens, vers les démunis… »

« Créer une communauté chrétienne capable d’entrer en dialogue avec les musulmans »

Son but principal reste, toutefois, de créer une communauté chrétienne. Non pas en allant prêcher l’Évangile, mais en rassemblant les quelques dizaines d’étudiants et professeurs étrangers présents parmi les quelque 1500 étudiants du campus, « pour qu’ils ne soient plus isolés au sein d’une société musulmane, mais qu’ils se perçoivent en tant que groupe chrétien, capable d’entrer en dialogue avec les musulmans ». Pour cela, Karen Smith met progressivement en place des ateliers de lecture biblique où se retrouvent les étudiants catholiques, protestants, orthodoxes venus sur le campus dans le cadre des échanges inter-universitaires. La lecture du Coran n’en est pas absente, et il arrive que des étudiants musulmans y viennent aussi… La cause du dialogue islamo-chrétien, année après année, fait des adeptes. Ses étudiants créent un club, « Interfaith Alliance Club of Al Akhawayn University ». Ils vont ensemble à la rencontre des moines trappistes de la communauté de l’Atlas, à Midelt – une petite communauté issue de Tibhirine, en Algérie. Tout comme ils vont à la rencontre de sheikh Sidi Hamza al-Qâdiri Boudchich, une figure très populaire du soufisme.

Karen Smith fait aussi connaissance au fil des ans avec l’Église Évangélique au Maroc et découvre avec joie ce protestantisme francophone si différent du protestantisme anglo-saxon qu’elle connaissait jusqu’alors. Elle devient bientôt membre de la commission exécutive de l’EEAM, parcourt le pays pour y animer études bibliques, cultes, formations… Des activités qu’elle exerce longtemps, là aussi, de manière bénévole. Jusqu’à ce que l’EEAM, désireuse de pérenniser son poste, se mette en quête de partenaires. De là datent les liens de Karen Smith avec le Défap, qui, désireux d’encourager cette expérience exceptionnelle de dialogue avec l’islam, aide à financer à partir de début 2008 une partie de son ministère. Et lui demande, en échange, de venir témoigner une fois par an auprès des paroisses françaises, elles-mêmes confrontées à cette problématique du dialogue interreligieux… mais dans une perspective inversée : « Au Maroc, souligne Karen Smith, ce sont les chrétiens qui sont minoritaires. Ce qui me permet, ici, en France, de mieux comprendre et de plaider la cause des minorités musulmanes… »

Franck Lefebvre-Billiez

Pour aller plus loin :
L’agenda de la tournée de Karen Smith dans le Sud-Ouest :

– 23 mai : conférence débat : « Le dialogue islamo- chrétien aujourd’hui » (20h30 – Espace protestant Gratiolet, Sainte-Foy-la-Grande)
– 25 mai : journée missionnaire : « Présence et témoignage chrétien en milieu musulman et dialogue interreligieux » (10h30 – Maison Paroissiale de Pau)
– 26 mai : repas-débat : « La prière dans l’islam et le christianisme » (19h – Espace culturel Protestant de Toulouse)
– 27 mai : rencontre avec les membres de la paroisse d’Agen au presbytère : « La grâce dans l’islam et le christianisme (15h – 21 rue Griffon), puis conférence organisée par le comité interreligieux : « Le dialogue des religions est-il possible ? Un exemple : le Maroc » (20h30 – Salle de la Rotonde, Stadium d’Agen)
– 28 mai : conférence : « La prière dans l’islam et le christianisme » (14h – Fondation John Bost, La Force, près de Bergerac)

Portrait de Karen Smith dans Réforme, juin 2012