Églises et replis identitaires : le programme du forum

Les Églises sont-elles des lieux de mixité, ou favorisent-elles l’entre-soi et le communautarisme ? Cette interrogation est au centre du forum organisé par la revue Perspectives Missionnaires. Ce rendez-vous dont sont partenaires la Cevaa, le Défap, DM-échange et mission et la Fédération Protestante de France, a lieu les vendredi 23 et samedi 24 novembre à la Maison du protestantisme, au 47 rue de Clichy, à Paris. En voici le programme complet.

Source : Pixabay

Vendredi 23 novembre

09h00 Accueil

Recueillement animé par Michel Durussel
Ouverture
Marc Frédéric Muller, directeur de la revue Perspectives Missionnaires
François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France

A. Quels effets de la mondialisation dans le champ religieux européen ?

Les sociétés européennes ont changé de visage au cours des dernières décennies. La mondialisation, les migrations, la révolution numérique sont porteuses de transformations culturelles dont nous ne mesurons pas toujours l’étendue ou la profondeur. De quelle façon le monde religieux et le christianisme sont-ils impactés par ces évolutions en Europe ? Subissent-ils ce mouvement ou en sont-ils des acteurs majeurs ?
Jean-Paul Willaime, Reconfigurations religieuses dans une Europe mondialisée, La sécularisation ouest-européenne remise en cause ?
Jean-Luc Mouton, La réalité du pluralisme ecclésial et culturel en Région parisienne (projection vidéo).
Yannick Fer, Le nouveau visage du protestantisme parisien : globalisation, diversité culturelle et inégalités sociospatiales.
Remarques et discussion avec la salle
Repas

B. Du multiculturel à l’interculturel, comment conjuguer les identités ?

Pour aller plus loin :

Au sein des États-nations en Europe, la cohésion sociale a reposé sur un ensemble de valeurs partagées, même si cela n’a pas empêché des crises et des conflits. Aujourd’hui, la diversité culturelle, supposée trop importante, est souvent présentée comme un facteur d’éclatement social et une menace pour la paix. Est-il nécessaire de construire le dialogue interculturel pour favoriser le « vivre-ensemble » ? Quel est le jeu des Églises face aux défis d’une réalité multiculturelle ?
Frédéric de Coninck, Le dialogue interculturel, une approche socio-politique.
Jean-Claude Girondin, Les défis du multiculturel ecclésial ou inter-ecclésial.
Table ronde
Quatre expériences d’un « témoignage ensemble ».
Georges Michel (Mosaïc) + Gabriel Amisi (Témoigner ensemble à Genève) + Anne Zell (LINFA) + Martin Burkhard (Cevaa)
Remarques et discussion avec la salle
17h00 Fin de la première journée

Samedi 24 novembre

09h00 Accueil

Recueillement animé par Michel Durussel
Échos de la veille par Étienne Roulet

C. Églises affinitaires et « société liquide », quel avenir pour la mixité ?

Pour certains, le monde contemporain est caractérisé par la fluidité et la fluctuation des échanges, par la flexibilité et la volatilité des marchés, par des relations libres et éphémères, suivant des logiques de consommation plutôt que d’engagement. Pour d’autres, les affirmations identitaires répondent à la dissolution des liens sociaux ; elles sont un vecteur de stabilité personnelle, renforcé par l’appartenance à des communautés de partage. Dans cette tension, les Églises sont-elles des lieux de passage et de mixité ou favorisent-elles l’entre-soi et le communautarisme ?
Jean-Luc Mouton, Les relations entre les Églises de la diversité, pour quel avenir ? (Projection vidéo)
Joseph Kabongo, Les Communautés issues de l’immigration : Passerelles pour une intégration ou une
différenciation durable ?

Bernard Coyault, Communautés autochtones mises au défi : Églises en recomposition.
Groupes Identité et mixité en Église
Repas

D. Œcuménisme et mission, quelles priorités pour le témoignage chrétien ?

Pour le témoignage chrétien, la diversification de l’offre est une manière de toucher un public plus large. Dès lors, se diviser pourrait-être une manière de se multiplier. Mais un risque émerge, celui de la perte de l’unité de la foi, de l’unité du corps du Christ. En Église, comment tenir compte de la diversité culturelle sans renoncer à l’exigence de l’annonce de l’Évangile ? Comment attester la communion chrétienne au-delà de la pluralité des origines et des parcours ?
Elisabeth Parmentier, Un témoignage chrétien partagé ? Approche prospective.
Table ronde
L’enjeu missionnaire entre unité chrétienne et diversité culturelle.
Michel Mallèvre + Christiane Énamé + Jean-François Zorn + Marie Kim
Réactions et discussion avec la salle
Frédéric Rognon, Reprise et questionnement d’envoi
Clôture du Forum
16h30 Fin

« Perspectives Missionnaires », revue de missiologie de référence
Il ne suffit pas de vouloir témoigner ; encore faut-il savoir comment s’y prendre. C’est l’un des grands défis de la Mission aujourd’hui, dans un monde changeant, travaillé par une mondialisation qui érige souvent plus de murs qu’elle n’abat de frontières. Voilà pourquoi la Mission a besoin de lieux de débats et d’espaces de réflexion. C’est le rôle que joue depuis plus de trente-cinq ans Perspectives missionnaires, unique revue protestante de missiologie de langue française.
Née en 1981 dans la mouvance évangélique, à une époque de remise en question des modèles missionnaires, elle s’est élargie aux différents acteurs francophones de la mission dans le monde protestant et avec une ouverture oecuménique. Elle est actuellement gérée par une association indépendante et s’appuie sur plusieurs organismes de mission de Suisse et de France (DM-échange et mission, et le Défap, avec lesquels elle entretient des partenariats étroits), et depuis fin 2017 la Cevaa.

 




Face à la mondialisation, que peuvent répondre les Églises ?

Troisième et dernier volet en vidéo de la table ronde du Défap sur l’interculturel, qui s’est tenue à Strasbourg au deuxième jour de Protestants en fête : les échanges s’achèvent sur un mot des participants français insistant sur ce qui les a le plus frappés au Bénin, et des participants béninois rappelant ce qu’ils ont rapporté au Bénin. Avant un appel de Jean-Luc Blanc à construire une théologie véritablement interculturelle…




Portraits d’envoyés : Luc Carlen

Quatrième portrait vidéo : Luc Carlen, ancien envoyé du Défap au Cameroun. Infirmier libéral, il a fait deux séjours dans ce pays avec le Service protestant de mission, de 1991 à 1994 à Maroua, puis en 2010 à Pouss. Une expérience qui l’a incité à s’investir davantage auprès du Défap, dont il a intégré la Commission des projets.




«L’interculturalité nous amène à nous dépasser pour rencontrer l’autre»

Deuxième partie de la table ronde du Défap qui s’est tenue à Strasbourg à l’occasion de Protestants en fête : Jean-Luc Blanc demande aux intervenants de revenir chacun sur un point qui lui est apparu comme fondamental à propos de l’interculturel. Pour certains, c’est la nécessité de se dépasser pour rencontrer l’autre, ou le besoin pour les Églises d’aller au-delà des pesanteurs de leurs propres structures pour s’ouvrir ; d’autres citent Senghor pour dire à quel point le vivre ensemble est un impératif, ou soulignent le poids des représentations mentales en revenant sur le concept d’inertie culturelle. Avant d’aborder des questions plus concrètes : qu’implique l’interculturalité quand on est pasteur en France, ou pasteur béninois découvrant une paroisse française ?

 




Portraits d’envoyés : Bernard Croissant

Deuxième de notre galerie de portraits d’envoyés et anciens envoyés du Défap : Bernard Croissant, envoyé en République centrafricaine sur un poste ouvert par la Cevaa, pour faire de l’accompagnement pastoral, aider à la mise en place d’une cellule d’écoute des victimes de la guerre civile et aider à rénover le Centre Protestant pour la Jeunesse de Bangui.

 




«On ne peut pas réfléchir sur l’interculturel tout seul»

Présent pendant trois jours à Strasbourg au Village des Fraternités, le Défap a notamment organisé une table ronde sur l’interculturel. Elle s’est tenue le samedi à 13h30, au deuxième jour de Protestants en fête. L’idée en était née d’un stage de formation continue de pasteurs au Bénin. Sur la scène, entourant Jean-Luc Blanc, deux participants béninois et deux français. Retrouvez ici un premier extrait des échanges – avec, en introduction, une tentative de définition de l’interculturel.

 




Jeunesse dans l’Eglise : l’avenir se conjugue au présent

Le pasteur Jean-Luc Blanc, en charge du service Relations et solidarité internationale (RSI) au Défap, s’est rendu au Rwanda du 12 au 20 août dans le cadre d’un séminaire Responsable de la jeunesse des Eglises de la Communauté organisé par la Cevaa, communauté d’Eglises en mission. De retour à Paris, nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur son séjour.

Une partie du groupe sur la plage du lac Kivu


Ce séminaire était une « mission Cevaa ». Pour quelles raisons avez-vous été invité à participer à cette rencontre ?
Je me suis rendu au séminaire Jeunesse à la demande du secrétariat de la Cevaa afin d’animer deux modules : un sur l’action commune « Famille, Evangile et culture » et l’autre, sur le dialogue interreligieux. Le séminaire regroupait 66 participants venant de 24 pays (Afrique, Amérique Latine et Pacifique, Océan Indien et Europe) et 35 Eglises. Bien organisé, ce séminaire a permis de travailler les thèmes de réflexion que la Cevaa essaie de promouvoir avec les Eglises. Cette rencontre a également permis de renforcer les pistes de travail de la stratégie Jeunesse de la Cevaa.

Une délégation française a participé au séminaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur leur présence à Kigali durant cette semaine ?
Les six jeunes qui sont venus d’Europe représentaient l’EPUDF, l’UEPAL et l’UNEPREF. Ils se sont très bien intégrés au reste du groupe. Je crois que la délégation a pris conscience de l’importance d’une réflexion en communauté car finalement les questions portées par la jeunesse dans le monde sont similaires. Il n‘y a pas de grand décalage entre les questionnements portés par les Européens et les Africains : quelle place y a-t-il pour les jeunes dans l’Eglise ? Quelle conception du couple et de la famille veut-on façonner ? Comment être un leader responsable, au service des autres ? Les réponses varient mais le sujet est universel.

Participants du groupe

Quelles sont les relations entre le Défap et l’Église presbytérienne au Rwanda (EPRW) ?
Jusqu’à présent, les seules relations que nous avions étaient en lien avec la faculté de Butaré où nous avions envoyé des professeurs. Depuis 5 ans, ce partenariat a cessé suite à la décision du Rwanda de remplacer l’enseignement en langue française par l’anglais. Les dirigeants de l’Eglise souhaitent reprendre notre collaboration en insistant sur le fait que les gens parlent toujours français et surtout que les rapports entre Eglises ne doivent pas être dictés par les choix politiques des pays. Les Eglises ne rentrent pas dans ce jeu, elles souhaitent avant tout témoigner d’autre chose. Nous allons désormais voir comment traduire cette demande dans les faits. Pour le président de l’Église presbytérienne au Rwanda, le révérend Dr Pascal Bataringaya, un projet commun entre l’Eglise de France et l’EPRW serait nécessaire.

 

Un mot pour conclure ?
C’est une bonne idée d’avoir organisé ce séminaire au Rwanda. Outre la qualité de l’accueil et de l’organisation, cela a permis à tous les participants de découvrir un autre visage de l’Afrique. Malgré les problèmes liés au respect des droits de l’homme, ce pays nous a donné l’impression que tout marche plutôt bien et cela a surpris nos amis africains d’autres pays. Un déplacement est toujours bienvenu !




On ne peut pas être Eglise tout seul !

Le président du Défap, Joël Dautheville, assistait à la 9ème assemblée générale de la Cevaa qui se déroulait à Sète du 18 au 26 octobre 2016. Pour nous, il revient sur ce moment fort de la vie de la Cevaa.

Joël Dautheville à Sète pour l’AG de la Cevaa, octobre 2016, DR

Joël Dautheville n’est pas un inconnu à la Cevaa. Il fut, dans les années 90, membre du Conseil qui se réunissait alors chaque année*. Il était également à l’AG de Porto Novo, au Bénin, en 2002, en tant que délégué. Preuve que son affection pour la communauté reste infaillible.

Il constate avec plaisir que la Cevaa a pris « son rythme de croisière. Elle est devenue plus solide, les Églises sont de plus en plus en communion les unes avec les autres ». Les soutiens mutuels sont de plus en plus forts. La Cevaa suscite entre les Eglises membres qui vivent dans le même pays des projets communs. « Cela me réjouit, c’est ce qui était attendu de la Cevaa. »

Malgré les tensions dans les relations Nord-Sud qui se concrétisent pour une telle assemblée aux questions administratives, comme le problème récurrent que constitue l’obtention des visas, la Cevaa poursuit sa route. Et c’est là une vraie source de joie pour toutes les Eglises membres.

« On est, dit-il, toujours plus fidèle à l’appel au témoignage lancé par Jésus, le Christ que son évangile est partagé. Ce qui est le cas au sein de la Cevaa et qui demande à être encore et toujours plus encouragé. » Joël formule ce souhait à haute voix, celui de voir au sein de toutes les Eglises de la Cevaa une implication plus forte encore envers les projets : pour développer les pôles santé, la formation des jeunes et des femmes… et cela passe par des efforts financiers, pour une mobilisation plus grande encore.

Il conclut sur le rôle fondamental de la communauté. « On ne peut pas être Eglise tout seul. Ce qui est important, c’est d’être Eglise avec les autres. Ce qui se passe à 10 000 kilomètres de chez soi a des conséquences sur l’Eglise à laquelle nous appartenons. De fait, nous sommes tous interconnectés. Ce qui a des répercussions là-bas en a également ici. »

Joël Dautheville conclut avec cette exhortation : « Gardons cet esprit de partage, la confiance, l’accueil et l’écoute mutuelle pour annoncer constamment l’évangile libérateur. »

* En 1999, il a été décidé de remplacer le Conseil, composé essentiellement par les présidents d’Eglise, par une assemblée générale tous les deux ans, constituée par deux délégués par Eglise, laissant ainsi plus de place à la jeunesse et aux femmes.

 




Saurons-nous faire Eglise ensemble ?

Le Forum du Défap se déroulera du 28 au 30 octobre à Sète autour du thème : Parcours de mission.

Ce Forum réunira environ 200 personnes, invitées à partager des témoignages et des récits sur la foi, la vocation, le parcours spirituel des uns et des autres, les engagements et actions missionnaires, mais aussi à échanger autour de textes bibliques et de thèmes de société.
L’enjeu de ce Forum est « d’encourager la parole à l’heure où nos Eglises sont à un tournant de leur histoire ». D’un côté, la transmission intergénérationnelle est en panne dans bon nombre d’entre elles ; de l’autre, elles connaissent la chance extraordinaire d’un afflux de chrétiens venus des quatre coins du monde.
Saurons-nous FAIRE EGLISE ENSEMBLE ? Et qu’est-ce que FAIRE EGLISE ENSEMBLE ?
Pour travailler cette question, la diversité sera au rendez-vous à Sète, avec des participants de la Cevaa, des amis du programme Mosaïc, des boursiers du Défap, des membres de nos communautés de l’Epudf, de l’Unepref et de l’Uepal. Grâce aux différents intervenants, nous serons entraînés dans une démarche de confiance et de connaissance mutuelles.
Un invité de dernière minute se joindra à nous : Jean-Patrick Nkolo Fanga, professeur de théologie pratique à l’université de Yaoundé (Cameroun), qui réalise actuellement un travail passionnant d’enquête sur l’accueil des chrétiens d’origine étrangère dans les Eglises protestantes françaises.
Nous avons beaucoup à nous apporter mutuellement, au niveau des questions théologiques, spirituelles, éthiques, en nous invitant à un dialogue interculturel !
Que notre Forum soit l’occasion de tisser au niveau national, un réseau de personnes engagées. Avec elles, nous espérons susciter à la suite de notre rencontre, des mini-forums dans les régions.




Cameroun : AG, colloque & jeunesse au programme

Le secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, se trouve en ce moment au Cameroun.

Bertrand Vergniol est présent actuellement au Cameroun pour plusieurs raisons.

Il a participé à l’Assemblée Générale du Conseil des Eglises Protestantes du Cameroun (CEPCA), qui a eu lieu du 5 au 9 mai 2016.

Le thème était le suivant : « Bonne gouvernance, lutte contre l’insécurité et le radicalisme religieux ».

Le secrétaire général du Défap est intervenu le 7 mai sur la question de la bonne gouvernance, en lien avec la mission, la laïcité et la notion de responsabilité. Il a également assuré la prédication lors du culte de clôture.

 

Voeux Défap, DR

Le président du CEPCA (Conseil des Églises protestantes du Cameroun), Robert Goyek (troisième en partant de la gauche) [DR]

 

Bertrand Vergniol s’est également rendu au Cameroun pour discuter de la mise en place d’un colloque avec le CEPCA pour lutter contre l’intégrisme religieux.

 

Dernier point majeur de ce voyage : proposer un projet pour la jeunesse afin de lutter contre la radicalisation.

 

Le pasteur Bertrand Vergniol est présent dans le pays jusqu’au 13 mai.

L’occasion de continuer à renforcer les liens entre le Défap et les institutions protestantes camerounaises.

 




Stage de pasteurs au Bénin : retour d’expériences

Tous les jours, à partir d’aujourd’hui, retrouvez sur Facebook un témoignage de pasteur actuellement au Bénin.

Photo de groupe, stage CPLR (Bénin), avril 2016

Photo du groupe lors de la séance d’ouverture de la session du stage CPLR (Bénin), avril 2016

Nous vous l’annoncions la semaine dernière, le pasteur Jean-Luc Blanc est au Bénin dans le cadre d’un stage de pasteurs.

Tous les jours, il nous envoie un texte écrit par l’un des participants, racontant son expérience.

Retrouvez-les à cette adresse : https://www.facebook.com/defapmission/notes

 




David Brown : « encourager l’unité dans le monde chrétien »

Le pasteur David Brown et sa femme Julie sont les nouveaux responsables du projet Mosaïc en Île-de-France. Interview du pasteur.

Parcours de Julie et David Brown

Missionnaires américains, ils ont vécu de 1985 à 1994 au Burkina Faso, envoyés par un organisme américain. De 2002 à 2010, ils ont vécu au Maroc où ils ont notamment rencontré le pasteur Jean-Luc Blanc qui leur a demandé d’accompagner des migrants sans-papiers (venant de 43 pays différents). Ils sont ensuite venus à Marseille à la demande de Philippe Girardet, ancien président de la Cevaa. David Brown s’y est installé en tant que pasteur (et musicien…). C’était pour eux l’occasion de passer d’un « pays de transit » (le Maroc) à un « pays d’accueil » (la France).
Le pasteur et sa femme travaillent en équipe et sont aujourd’hui les représentants Mosaïc pour l’Île-de-France.

 

Logo du Projet Mosaïc

 

Comment en sont-ils arrivés là ?

 

A Marseille, David et Julie Brown ont travaillé en relation avec le projet Mosaïc. Venus à Paris lors d’une réunion en lien avec le projet, ils rencontrent François Clavairoly qui leur parle du projet et, quelques semaines plus tard, les appelle pour le leur proposer à plein temps. Ils hésitent mais… « Cela semblait être la volonté de Dieu que nous venions à Paris ».

C’est ainsi que, depuis le 1er février 2015, David Brown est en charge du Projet Mosaïc en région parisienne.

 

La définition du projet

 

Le projet Mosaïc a pour but « d’encourager la rencontre inter-Églises protestantes ».
Le pasteur David Brown explique qu’il faut « apprendre à vivre avec nos voisins, partager nos cultures, vivre notre vie ensemble ».

Le thème de l’interreligieux est cher au pasteur. Par exemple, « aux Etats-Unis, les musulmans sont plus intégrés dans la société » qu’en France, notamment parce qu’il y a plus de travail. « Le problème du racisme et de l’intégration est un enjeu important », dit-il.

« Mosaïc va dans le même sens car on est dans la multiculturalité », avec notamment des « différences liturgiques et théologiques ». L’idée, nous dit-il, est de répondre à la question « comment arriver à vivre ensemble, à être unis, à mettre notre foi unie en action ».

Le pasteur David Brown veut lancer ce message d’unité, dans une société en mutation où il est important que « l’Eglise joue un rôle d’exemple de vie entre cultures ».

« Nous sommes tous chargés du dialogue interreligieux », dit-il. L’œuvre des Églises Mosaïc est de « partager la bonne nouvelle comme les autres Eglises ».

Mais c’est également de venir en aide aux personnes dans une situation de précarité. Il cite ainsi l’exemple d’une Église qui accueille deux personnes sans abri depuis six mois en attendant de trouver une solution durable.

 

Faire connaître le projet

 

Mosaïc est devenu plus un « programme qu’un projet », dit le pasteur.

Mais « beaucoup de gens ne le connaissent pas ». C’est pourquoi il essaye d’assister aux réunions pastorales et contacte directement ses collègues : « je suis quelqu’un du terrain », insiste-t-il.

Cela lui permet également de découvrir de nouvelles Eglises. Mais un problème se pose à Paris qu’il n’a pas eu à Marseille : l’ampleur de la zone géographique. C’est pourquoi, à partir de septembre, il veut « organiser l’activité Mosaïc par zones », même si certaines activités resteront pour toute la région, comme la fête de la musique qui a lieu cette année à l’Eglise Saint-Paul.

 

Les objectifs du mandat

 

Le pasteur a deux buts : au niveau spirituel et au niveau pratique.

 

Au niveau spirituel, il veut « encourager l’unité dans le monde chrétien ». Il est nécessaire de « garder le respect pour l’autre, différent », dit-il avant d’ajouter que « le mal est content quand on est divisé ».
Mosaïc est en cela un « point de rencontre authentique ».

 

Au niveau pratique, dans les trois ans de sa mission, il souhaite « voir de plus en plus de pasteurs inclus dans l’activité Mosaïc ». Certains pasteurs se disent intéressés mais expliquent ne pas avoir le temps : David Brown dit que le « simple fait de participer au repas mensuel de Mosaïc » est déjà enrichissant et permet de multiplier les rencontres.

Il insiste sur son expérience au Maroc où il dit avoir « beaucoup appris avec [ses] amis musulmans », et leur avoir appris en retour : c’est un « vrai partage ».

 

Interview du pasteur David Brown dans Courrier de mission