Les Jeudis du Défap : La place de l’imaginaire dans la théologie de la reconstruction – Le replay

Et si l’imaginaire social africain était une clé pour penser la reconstruction du continent ? Le 22 mai dernier, lors de la dernière session des Jeudis du Défap avant la pause estivale, le Dr Elom Komivi Alagbo nous a invités à une réflexion profonde et stimulante autour de la théologie de la reconstruction. À travers une approche enracinée dans les réalités africaines, il interroge le rôle de l’Église, la place des symboles, et les ressources culturelles mobilisables pour une transformation durable. Revivez dès maintenant cette conférence passionnante en replay.

Qui est Elom Komivi Alagbo ?

Le Dr Komivi Elom Alagbo est pasteur de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo. Docteur en théologie, il enseigne la théologie systématique et la théologie africaine à l’Université Protestante d’Afrique de l’Ouest (campus d’Atakpamé). Ses recherches portent notamment sur la christologie africaine, l’imaginaire social et la reconstruction africaine. Il est l’auteur de plusieurs publications, dont un article intitulé « Les titres christologiques dans la théologie africaine et leurs implications éthiques ».

Les conférences « Les Jeudis du Défap » se déroulent en ligne, notamment sur Zoom

Pourquoi cette thématique ?

Face aux crises multiples qui frappent le continent africain, cette réflexion unique, portée par le pasteur et docteur Malab, propose une lecture profonde des racines culturelles, historiques et spirituelles qui façonnent notre société. L’imaginaire social, cette capacité collective à rêver, à créer du sens et à structurer la vie communautaire, est au cœur de cette reconstruction nécessaire. Car, comme il est démontré, un imaginaire malade conduit à des crises culturelles, politiques et sociales, ravivant l’urgence d’une véritable libération mentale et spirituelle.

Qu’entend-on précisément par ce concept complexe qui englobe les représentations, croyances, mythes, aspirations et visions collectives qui façonnent une société ? Comment la « théologie de la reconstruction » aborde-t-elle cet imaginaire social ? Comment l’imaginaire social africain peut-il être mobilisé efficacement pour redynamiser la culture, l’éducation, les institutions et ainsi impulser un véritable renouveau socio-politique ? Ce sont toutes ces questions qui ont nourri la réflexion de l’intervenant tout au long de la conférence.

La bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap dresse une liste des ouvrages et documents évoqués pendant l’intervention.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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La place de l’imaginaire dans la théologie de la reconstruction : rendez-vous ce 22 mai

Le jeudi 22 mai, ne manquez pas la quatrième et dernière session des « Jeudis du Défap » avant la pause estivale. Nous aurons l’honneur de recevoir le docteur Elom Komivi Alagbo, pasteur de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo, docteur en théologie et enseignant en théologie systématique et en théologie africaine à l’Université Protestante d’Afrique de l’Ouest. Il animera notre réflexion sur le thème : « La place de l’imaginaire dans la théologie de la reconstruction ».

 

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Pourquoi l’imaginaire social et la théologie de la reconstruction ?

Au travers de cette thématique qui aborde la problématique de la reconstruction de nos pays africains, Elom Alagbo nous invite à réfléchir sur la question de la reconstruction africaine sous l’angle de l’imaginaire social africain. Qu’entendons-nous par l’imaginaire social ? Comment la théologie de la reconstruction aborde-t-elle la question de l’imaginaire social africain ? Comment mettre l’imaginaire social africain au service de la reconstruction de l’Afrique ? Quels sont les défis de l’Église dans cette dynamique de reconstruction de l’Afrique ?

Ce sont ces questions qui rythmeront la conférence, nous permettant ainsi d’explorer des pistes essentielles pour une praxis de reconstruction africaine sous l’angle de l’imaginaire social africain.

 

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Prochains rendez-vous en 2025, les soirs de 18h30 à 20h00 :

Voici les quatre rendez-vous suivants des « Jeudis du Défap » :

  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’Église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

Ces rencontres se déroulent en deux temps :

  • Un temps de conférence
  • Un temps de débat et de questions-réponses.

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Nous encourageons les participants à partager leurs réflexions et à s’engager dans un dialogue constructif, afin de mieux appréhender les enjeux contemporains liés à cette thématique. Un lien d’inscription est disponible dans les communications du Défap pour vous permettre de participer à cette visioconférence. Une fois inscrit.e, un lien d’accès vous est automatiquement communiqué. Ne manquez pas cette opportunité de réfléchir ensemble sur la place de l’imaginaire dans la théologie de la reconstruction.




Basile Zouma : 6 ans au service du Défap

Basile Zouma, pasteur engagé dans le dialogue interculturel et l’annonce de l’Évangile, revient sur ses six années au sein du Défap – Service protestant de mission. Alors qu’il achève son mandat de Secrétaire général, il partage son expérience, ses convictions et les enjeux d’une Église ouverte au monde. Dans cette émission de Courrer de mission, il nous aide à mieux comprendre le rôle du Défap aujourd’hui : entre envoi, accueil et accompagnement.

Basile Zouma devant la façade du Défap
Basile Zouma devant la façade du Défap

 

Basile Zouma : 6 ans au service du Défap

Courrier de Mission
Émission du 2 mai 2025 sur Fréquence Protestante

 




Les Jeudis du Défap : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe – Le replay

Après une soirée riche en réflexions et captivante face à l’exploration d’un concept inhabituel qui façonne pourtant le récit de notre société, le replay est désormais disponible. Le « Jeudi du Défap » du 24 avril dernier nous a permis d’accueillir la professeure Jeanine Mukaminega autour de la thématique « Afropéanité et transformation du christianisme en Europe ».

Qui est Jeanine Mukaminega ?

Jeanine Mukaminega est docteure en sciences bibliques et professeure d’Ancien Testament à la Faculté universitaire de théologie protestante de Bruxelles. Membre fondatrice du Centre CARES (Center for Afro-European and Religious Studies), elle mène des recherches en exégèse biblique et en herméneutique critique, avec une attention particulière aux lectures décentrées et aux enjeux culturels contemporains. Elle a publié plusieurs ouvrages et articles, notamment sur les figures prophétiques, les récits d’exil et l’impact des textes bibliques dans un contexte mondialisé. Elle explore également le concept d’afropéanité, ses origines, ses figures et ses implications religieuses et culturelles.

 

Conférence du 24 avril 2025

Pourquoi cette thématique ?

À travers une approche rigoureuse et engagée, Jeanine Mukaminega nous invite à réfléchir aux enjeux identitaires, historiques, culturels et spirituels que recouvre cette notion émergente. Qu’est-ce que signifie être Afropéen·ne aujourd’hui ? Comment ce terme, né dans les marges culturelles, redessine-t-il les frontières entre l’Europe et l’Afrique, entre mémoire et visibilité, entre marginalisation et affirmation de soi ?

Ce concept, encore peu connu du grand public, interroge des notions fondamentales comme l’identité, la mémoire coloniale, la racialisation, l’appartenance, mais aussi les dynamiques ecclésiales et religieuses au sein des sociétés européennes.

À travers cette conférence dont le replay est disponible ci-dessous, Jeanine Mukaminega ne propose pas de réponses toutes faites, mais ouvre des pistes essentielles pour comprendre une démarche profonde et structurante : celle d’une communauté noire européenne qui construit ses propres repères, récits et perspectives.

La bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap dresse une liste des ouvrages et documents évoqués pendant l’intervention.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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Afropéanité et transformation du christianisme en Europe : rendez-vous ce 24 avril

Ce jeudi 24 avril 2025, de 18h30 à 20h, nous accueillerons, dans le cadre des « Jeudis du Défap », Jeanine Mukaminega, théologienne, autrice et professeure à la Faculté Universitaire de Théologie Protestante, autour d’un thème à la croisée des cultures et des identités : « Afropéanité et transformation du christianisme en Europe »

Les Jeudis du Défap - 24 avril 2025

 

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Une notion émergente, au croisement des identités

L’afropéanité : voilà une notion encore récente dans les milieux académiques, mais déjà porteuse de nombreux questionnements. Théorisée par la romancière Léonora Miano, elle désigne une identité multiple, à la croisée de l’Afrique et de l’Europe, qui vient bousculer des repères établis : la nation, le territoire, l’ethnie, le peuple… mais aussi, et c’est l’objet de cette conférence, les formes de communauté chrétienne.

Jeanine Mukaminega nous proposera d’en explorer les origines, les définitions, les évolutions, les limites et les promesses. L’afropéanité, loin d’être un concept abstrait, est d’abord une question de vécu, de réalités sociales complexes, parfois douloureuses. Elle renvoie à ces identités multiples, à ces socialisations diverses qui cohabitent – et parfois s’affrontent – à l’intérieur de soi.

Une invitation à repenser les communautés chrétiennes

Cette réflexion nous amènera à poser une série de questions essentielles :

  • Comment les personnes afropéennes vivent-elles leur foi dans le contexte européen ?

  • Comment les communautés chrétiennes peuvent-elles accueillir ces identités composites sans les lisser ni les marginaliser ?

  • En quoi l’afropéanité transforme-t-elle les dynamiques religieuses, ecclésiales, spirituelles ?

Dans cette conférence, il s’agira non seulement de poser des mots sur ces réalités, mais aussi de s’interroger sur les promesses de transformation qu’elles portent pour le christianisme en Europe.

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Prochains rendez-vous en 2025, les soirs de 18h30 à 20h00 :

Voici les cinq rendez-vous suivants des « Jeudis du Défap » :

  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Eglise en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Eglises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Ethique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

Ces rencontres se déroulent en deux temps :

  • Un temps de conférence
  • Un temps de débat et de questions-réponses.

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Nous encourageons les participants à partager leurs réflexions et à s’engager dans un dialogue constructif, afin de mieux appréhender les enjeux contemporains liés à cette thématique. Un lien d’inscription est disponible dans les communications du Défap pour vous permettre de participer à cette visioconférence. Une fois inscrit.e, un lien d’accès vous est automatiquement communiqué. Ne manquez pas cette opportunité de réfléchir ensemble sur l’afropéanité et la transformation du christianisme en Europe.




Colloque de Pomeyrol 2025 : « Notre héritage missionnaire : perspectives croisées entre Sud et Nord »

Du 4 au 7 juillet 2025, la Communauté de Pomeyrol accueillera un colloque ouvert à tous sur le thème « Notre héritage missionnaire : perspectives croisées entre Sud et Nord ». Organisé en partenariat avec le Défap et le CIPCRE, cet événement rassemblera des personnes aux parcours variés – théologiens, chercheurs acteurs de terrain et toute personne intéressée – pour échanger sur les enjeux passés et présents de la mission chrétienne. Entre discussions, prières et temps de partage, cette rencontre offrira un espace unique de dialogue et de décentrement.

Colloque de Pomeyrol 2024
Photo de famille lors du colloque de Pomeyrol 2024 © Communauté de Pomeyrol

Un rendez-vous unique de réflexion et de dialogue

Chaque début d’été, la Communauté des sœurs de Pomeyrol organise un « colloque ouvert » où se croisent prières, méditation et réflexion approfondie sur les responsabilités des chrétiens dans la société contemporaine.

Cette édition 2025 s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées ces dernières années autour des relations Nord-Sud et des enjeux historiques, culturels et spirituels qui les traversent.

 

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Un héritage missionnaire entre lumières et ombres

L’héritage missionnaire chrétien suscite des débats passionnés. S’il a souvent été perçu comme porteur d’un message de libération et de vie, il est aussi critiqué pour ses liens avec l’expansionnisme idéologique et la domination culturelle de l’Occident. L’objectif du colloque de Pomeyrol 2025 sera donc d’aller au-delà d’un simple bilan comptable des apports positifs et négatifs de la mission. Il s’agira plutôt d’examiner ses effets aujourd’hui et de chercher des pistes pour un dialogue réconciliateur.

Dans un monde où le Nord et le Sud sont de plus en plus interdépendants, les questions de justice, de paix et de sauvegarde de la création restent essentielles. Le colloque proposera ainsi une approche critique et constructive des représentations encore à l’œuvre dans les relations entre anciennes puissances coloniales et pays anciennement colonisés.

Un espace de décentrement et de dialogue

L’histoire des rapports entre l’Occident et les autres civilisations est jalonnée de malentendus et d’asymétries : colonialismes, ingérences politiques, dominations économiques ou encore paternalisme condescendant. Dans ce contexte, le colloque visera à créer un espace de dialogue authentique et de décentrement pour dépasser ces logiques et envisager de nouvelles formes de coopération basées sur la réciprocité et l’enrichissement mutuel.

Des intervenants issus de diverses régions du monde seront invités à partager leurs expériences et leurs réflexions.

Pourquoi la participation du Défap est-elle importante ?

En tant que service protestant de mission, le Défap joue un rôle important dans la réflexion sur les dynamiques missionnaires contemporaines pour ses Eglises membres (EPUdF, UEPAL). Son engagement dans l’organisation de ce colloque est une occasion de mettre en lumière l’importance d’une mission décolonisée, décentrée et ouverte au dialogue interculturel.

Le Défap souhaite favoriser et participer à une réflexion constructive sur les modalités d’une mission repensée pour le XXIe siècle.

Un cadre propice à la méditation et au dialogue

Le colloque de Pomeyrol ne se limite donc pas aux conférences et discussions. Rythmé par les offices de prières et nourri par la beauté naturelle du parc de Pomeyrol, il offre un cadre exceptionnel pour l’introspection et la rencontre. Dans cette atmosphère propice à la réflexion, à l’ouverture et à l’intériorité, les participants seront invités à questionner leur propre regard sur les relations Nord-Sud et à envisager de nouvelles manières de cohabiter et de collaborer dans un monde en mutation.

Informations pratiques

  • Dates : Du 4 au 7 juillet 2025
  • Lieu : Communauté de Pomeyrol, 13150 Saint-Étienne-du-Grès (France)
  • Organisateurs : Communauté de Pomeyrol, Défap, CIPCRE
  • Thème : « Notre héritage missionnaire : perspectives croisées entre Sud et Nord »

 

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Un passage de témoin en préparation au Défap : le rapport du Secrétaire général

À l’approche de la fin de son mandat en tant que Secrétaire général, Basile Zouma prend la parole pour exprimer sa gratitude et revenir sur les engagements du Défap. Une réflexion sur la mission, la solidarité et la transmission, alors qu’il accompagne cette transition avec Vincent Nême-Peyron.

AG 2025 - Discours du Secrétaire général
Basile Zouma, Secrétaire général du Défap, pendant son discours

« Au moment même où je prends la parole pour mon dernier rapport en tant que Secrétaire général du Défap, je profite de l’occasion pour rendre grâce à Dieu en Christ d’avoir non seulement ouvert la possibilité de ce ministère très spécialisé mais aussi pour son soutien tout au long de celui-ci.

Je souhaite aussi dire ici un certain nombre de reconnaissances.

D’abord au Conseil et à son Bureau (incarnation des Églises membres), pour le risque pris et le pari fait qui ont permis qu’en janvier 2019, je sois nommé à ce poste. Merci au Conseil pour sa confiance qui n’a pas vacillé tout au long de ces années – du moins si elle l’a été, il n’a rien laissé paraître. Merci pour cette confiance renouvelée lors de son vote au Conseil de juin dernier, clôturant le processus d’évaluation de mon ministère assortie d’une demande de prolongation. Avec le président Joël Dautheville, cela a été un riche compagnonnage aussi bien fraternel qu’institutionnel et au besoin, une oreille pastorale dans les moments délicats et il y en a eu.

Ensuite à l’équipe du Défap, elle est non seulement une force opérationnelle sur le terrain mais aussi une famille qui peut connaître comme dans toute famille, des temps difficiles mais ici au Défap, vites dépassés et oubliés par la joie d’être et de travailler ensemble. Mon défi en arrivant, était certes de tout faire pour assurer ma charge (et mon parcours à la Sorbonne a aidé) mais surtout de rester pasteur et je crois que vous y avez énormément contribué du fait aussi de vos propres engagements ecclésiaux (une équipe œcuménique et interreligieuse).

Enfin à chacune, chacun de vous que j’ai croisé dans le cadre de ce ministère et dont les conseils, les questions, les interpellations ou même les critiques ont nourri mon engagement et aidé à l’ajuster au mieux. Merci à vous partenaires et associés : Cevaa, DM, ACO, CEPF, CIMADE, CEAF, pour cette collaboration… »

 

Introduction générale

« Venons-en à notre rapport d’activité et c’est avec Albert Einstein que j’annonce la couleur. Ce dernier disait : « Je sais pourquoi tant de gens aiment couper du bois. C’est une activité où l’on voit tout de suite le résultat. » Le vide créé et l’espace ouvert peut bien être frappant, saisissant.

Depuis que je suis SG du Défap, une question qui ne m’a jamais quitté est celle de savoir quel produit pourrait légitimer son action ? Quel retour concret pourrait justifier sa pertinence ? Relation et solidarité qui sont au cœur de son engagement sont-elles des activités mesurables et/ou rentables ? La dimension universelle de l’Église qu’il s’efforce de rendre présent, est-elle évaluable ?

Ce rapport d’activité 2024 que vous avez reçu et finement lu, raconte et compte pour tenter de répondre à ces questions en disant l’action dans les lignes et le sens de celle-ci entre les lignes.

Un lieu d’incarnation

Il raconte un Défap comme un des lieux d’incarnation de l’Église universelle à travers une solidarité internationale d’initiative ecclésiale. Il apporte sa coloration chrétienne protestante au foisonnement de l’entraide mondialisée. Il y participe en vivant des relations qui dépassent les frontières du temps et de l’espace. Plus qu’un contrat d’humanité, cette solidarité est une fraternité qui repose sur une reconnaissance et le fruit de la grâce divine. Elle permet de répondre à l’invitation du Christ à incarner notre amour de Dieu dans l’attention particulière accordée au prochain, à savoir le proche et le lointain : « aimer son prochain [qui est] comme soi-même, c’est aimer Dieu. » (Matthieu 22, 37-39).

Une fraternité sans cesse revisitée

Il raconte aussi une relation fraternelle sans cesse revisitée à travers un récit construit sur la charpente des trois axes stratégiques du programme de travail Convictions & actions 2021-2025 qui arrive bientôt à échéance. Vous y trouverez l’essentiel des nouvelles des pays dans lesquels le Défap est engagé. Il montre comment il continue et revisite sans cesse une fraternité qui dure depuis plus d’un demi-siècle et révèle dans ses lignes comment les actions sont menées de sorte à permettre la rencontre, à faciliter la relation et invite à la réflexion sur la place et la responsabilité sociales et ecclésiales des Églises membres et des partenaires.

Une action et l’éthique de celle-ci

L’action 2024 du Défap, en lien avec son programme de travail a mis un accent particulier sur la rencontre des partenaires sur le terrain pour faire un point sur la relation, la questionner et au besoin redéfinir de nouveaux contours. À ce propos, avec Maëlle NKOT, la chargée de projet et du suivi des partenariats, une grille a été mise en place pour interroger les partenaires sur le regard qu’ils ont sur l’état de la relation afin d’aider, au bout de l’analyse, de la faire évoluer si nécessaire.

À la demande de certaines paroisses aussi bien dans l’EPUdF que dans l’UEPAL, la présence du Défap s’est exprimée sous forme de ce que je qualifierai de « palabre missionnaire » qui est une façon de discuter et de débattre à l’ombre de ce qui nous dépasse (Dieu pour nous et l’image symbolique du Baobab dans certaines cultures africaines), des questions qui nous concernent, ou nous préoccupent ; le défi interculturel dans les communautés, la question du témoignage et sens à donner aujourd’hui au mot « mission », le partage d’expérience et le type de relation à développer avec les Églises sœurs au loin.

La « palabre missionnaire » s’est prolongée dans nos locaux avec les Églises membres, ce qui a permis la rédaction d’un texte -support comme contribution concertée pour nourrir le travail de réflexion de l’UEPAL et de l’EPUdF en vue d’une réponse au processus de refondation ouvert en 2018.

Il faut aussi noter une importante activité du Défap auprès des communautés satellites des Églises partenaires d’Afrique : EPC Europe, EEC France… ; communautés qui connaissent de nombreux conflits dont certains d’entre vous ont eu connaissance du fait qu’elles se réunissent souvent dans vos locaux.

Tout en étant reconnaissant de l’effort des Églises membres et conscient des contraintes financières, le Défap s’est aussi engagé dans une diversification des ressources pour continuer à incarner et de nourrir cette Église universelle que nous confessons dans le symbole des apôtres.  Il a activement travaillé entre autres à travers la compensation carbone, le soutien à la formation des filles et femmes pour que les questions d’environnement et d’égalité de genre ne demeurent pas qu’un souci mais que cela s’incarne dans la coréalisation de projets coconstruits.

 

Une équipe et un lieu pour assurer l’action

  • Une équipe

Une reconnaissance aux permanents du Défap dont une partie est mobilisée aujourd’hui pour l’accueil et l’intendance de cette AG. Pour mettre en œuvre un programme, il faut bien l’engagement d’une équipe de femmes et d’hommes (qui n’ont pas toujours compté leurs heures) et un lieu.

Cette équipe a vu des départs et des arrivées. Et je saisi l’occasion pour remercier Anne-Sophie MACOR qui, après un peu plus d’une année au Défap, a rejoint sa famille dans le sud. Caroline Mpessa Lobe a pris sa suite comme responsable du Volontariat et nous nous en réjouissons. Nous remercions Franck Lefebvre et regrettons son départ après environ 13 ans au Défap pour des raisons médicales.  Cela a considérablement perturbée la préparation de cette AG surtout celle du RA dont Franck était un des acteurs majeurs. Merci à Raphaela Tatchoua pour toutes les heures supplémentaires qu’elle a dû faire pour que nous puissions y arriver.

  • Un lieu

La « Maison Défap » au 102 Bd Arago constitue un espace essentiel pour notre dispositif et est identifiée comme telle par la plupart de nos partenaires.  Que ce soit par l’accueil quotidien de responsables d’Églises de tous horizons, la location de salles à des communautés, visages ici d’Églises de là-bas, l’ouverture de la bibliothèque, l’accueil de groupes comme les Masters cycle M « Église et société de l’EPUdF », l’accueil des étudiants de l’IPT, la formation des envoyés ou d’événements comme l’Assemblée Générale de la CEPF, les rencontres avec des partenaires, tout cela participe d’un tissage de liens entre Églises d’ici et d’ailleurs et permet à notre réseau de s’élargir.

Une riche collaboration

Cette présence au monde ne se fait pas seule, mais à travers une riche collaboration dans un réseau associatif extrêmement diversifié et les instances gouvernementales qui lui renouvellent sa confiance dans les agréments accordés. La table ronde de cet après-midi et le profil des partenaires montrent bien ce réseau dans lequel le Défap est inscrit. La collaboration particulière avec la Cevaa est à noter et je tiens ici à remercier la Secrétaire générale pour le maintien d’une dynamique positive entre nos deux institutions. Avec DM, nous travaillons dans une mutualisation de nos actions en vue d’une présence plus efficace auprès de nos partenaires… »

 

Perspectives 2025

« L’année dernière, j’avais terminé mon propos en ouvrant des perspectives mais vous comprenez que cette année, je me garderai de cela pour en laisser le soin à Vincent. Mais je l’entends déjà penser très fortement en disant, « il ne va tout même pas me faire bosser dès aujourd’hui ? » ; bien sûr que non cher ami.

Sans toutefois ouvrir de perspectives, je me permets tout de même d’injecter quelques idées dans les processus synodaux et d’assemblée d’union qui vont s’ouvrir sur le sujet Défap. Il me semble utile de rappeler que notre bibliothèque et nos archives regorgent de ressources abondantes dans lesquelles le mot refondation apparaît plus d’une fois. Des réflexions ont été menées et des traces existent. Il est fondamental de ne pas faire l’économie de son exploitation. Il faut se rappeler la parole de l’Ecclésiaste qui dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste 1, 9b). « Nulle avancée ne surgit du néant : toutes portent l’empreinte discrète de ceux qui ont rêvé avant nous. » – Sabrina Mouray

Nous avons d’ailleurs mis ici à votre disposition à un prix défiant toute concurrence, le premier tome de l’œuvre magistrale du professeur Zorn qui donne des clefs utiles à toutes celles et ceux qui veulent se plonger un peu dans l’histoire de cette maison. Un tome 2 est en préparation pour le mois de septembre qui couvre la période 1914-1971.

L’histoire du Défap est riche et la matière abondante pour aider non seulement à penser l’avenir mais surtout à le construire sans préjuger de ce qui adviendra. J’ai bon espoir et mon ambition ces dernières années était de travailler de sorte à baliser le sentier de cet avenir en donnant les premiers coups de pinceaux pour faire apparaître son visage.

Il y a un sport que j’apprécie énormément et il s’agit de la course de relai ; c’est une compétition dans laquelle l’effort est solitaire mais la victoire collective. Pour que les conditions soient optimales pour le trophée, il faut qu’au moment même où le coureur passe le témoin, qu’il ait encore suffisamment de réserve et même une envie folle de continuer.  »

 

Conclusion

« Cher Vincent, j’ai couru ma part de distance, j’ai encore suffisamment de réserve et toujours la même envie qu’au début ; je n’arrive pas au bout du souffle mais au bout de ma part de course. Les conditions sont donc optimales pour te passer le flambeau et t’assurer de la constance de ma prière et de la sincérité de mon soutien pour ton ministère au Défap. Je le fais avec sérénité car j’ai le sentiment que le chantier de la refondation s’est un peu éclairci de ses gravats et que les Églises membres ont ouvert l’espace de la palabre à l’ombre de celui par qui tout arrive… celui qui permet de passer de la dispute à la discussion et de la discussion à l’incarnation de ce que nous confessons : l’Église universelle.

Je vous remercie de votre écoute. »

Basile Zouma,

Paris, le 29 mars 2025




Rééquilibrer nos liens : de la compétition à la confiance, le mot du Président

Quand la compétition prime sur la confiance, les relations humaines s’effritent. Lors de l’Assemblée Générale 2025 du Défap, son président a appelé à rééquilibrer nos modèles sociaux et ecclésiaux en misant sur la coopération et l’entraide. Un message fort qui résonne avec la vocation missionnaire du Défap, engagé dans des partenariats interculturels et solidaires.

Discours du Président du Défap - AG 2025
Joël Dautheville, Président du Défap, pendant son discours

« Quand la compétition remplace la confiance

C’est avec cette phrase que Thomas Kauffmann, anthropologue et directeur général de Médecins Sans Frontière au Luxembourg, intitule son article dans l’Œil de Réforme du 29 janvier dernier en pointant du doigt la compétition effrénée vécue dans les pays occidentaux : la course à la domination, au profit et au pouvoir prime sur tout : l’actualité aux États-Unis nous montre que cette compétition est un dogme revendiqué désormais sans retenue. La compétition remplace la confiance et a des effets délétères sur les relations entre humains, relations qui s’inscrivent désormais dans la seule dimension verticale. Il pose alors la question : Si l’esprit du capitalisme s’est nourri de l’éthique protestante, avant de basculer dans l’extrême, peut-être nous incombe-t-il de le rééquilibrer ? Comment ? Il invite à pro-mouvoir des modèles socio-économiques basés plutôt sur la coopération que la compétition, le partage plutôt que l’accumulation. Et il termine cet article en incitant à redécouvrir la richesse des relations humaines, de l’entraide, de l’acte gratuit, et de l’échange sans but lucratif. Tout est là, il suffit de le valoriser à nouveau.

Des recommandations qui résonnent au Défap

Ce qui semble important sur le plan économique pour rééquilibrer l’esprit du capitalisme issu de l’éthique protestante, l’est tout autant pour le Défap et ses Églises membres, au nom de la vision du Christ d’une Église universelle. Rééquilibrer une vision de la mission en développant des relations horizontales. C’est pourquoi, depuis ses origines, le Défap met en pratique l’importance des relations à travers les échanges de personnes telles que les théologiens et théologiennes, pasteur.es, volontaires. Aujourd’hui il développe l’esprit de réciprocité dans les échanges comme nous le verrons cet après-midi. Il met en pratique l’entraide, la solidarité avec les projets présentés par les partenaires et travaillés avec eux, sans oublier la dimension écologique de plus en présente au Défap et chez les partenaires comme l’indique le document Convictions et Actions du Défap pour les années 2021-2025 largement diffusé et présent sur le site defap.fr. J’en profite pour appeler le Défap et les Églises membres à envisager la période quadriennale suivante 2026-2030. Le document actuellement en vigueur aide à la priorisation des actions autour de 3 axes : Développer les liens avec les partenaires, s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine, et vivre l’interculturalité. Le rapport d’activités évoque les nombreuses actions organisées par le Défap dans un esprit partenarial où chacun des partenaires apporte à l’autre ses richesses : richesses théologiques, richesses culturelle, richesses humaines. Comme le précise l’article 2 de ses Statuts : l’objet du Défap est de stimuler et coordonner les efforts des Églises membres en vue d’éveiller et d’entretenir en elles le sens de leurs responsabilités et de leur action commune dans les domaines missionnaire et humanitaire. Il s’agit de mettre en œuvre cet objet entre autres par la solidarité financière, l’accueil et l’envoi de personnes, formation à la rencontre interculturelle, etc. La refondation du Défap engagée par les Églises chacune selon sa temporalité et sa méthode de consultation devra confirmer, préciser ou infléchir cet objet.

Le Défap, un témoin privilégié de violences internationales et de l’espérance

Depuis sa création, le Défap, association instituée par les Églises, relaie la parole des témoins que sont les partenaires, notamment les partenaires qui sont sur le continent africain, et particulièrement sub-saharien. C’était le cas au moment où le Défap a été créé. C’est encore le cas aujourd’hui. Des liens récents avec l’Eglise du Christ au Congo, notamment avec les Églises et leurs facultés de théologie protestante dans les régions des Grands Lacs, permettent au Défap de relayer les souffrances endurées par des chrétiens dans cette région du monde. Les chrétiens et chrétiennes sont témoins et victimes de la prédation féroce avec son cortège de violences organisée par des grands groupes, par des pays sur les matières premières à destination, entre autres, de la haute technologie. Je remercie le pasteur et docteur en théologie Fiston Mumbere Ngesera qui a présidé le culte d’ouverture de pouvoir faire ainsi le lien entre les Églises membres du Défap et son Église. N’oublions pas qu’en RDC vit la plus grande communauté protestante francophone au monde.

Le Défap est témoin de la demande de liens et de partenariat exprimées par les facultés de théologie de cette région et d’ailleurs. Celles-ci savent que le Défap a des moyens limités. Pourtant elles sont en demande de liens qui sont pour elles des soutiens à leur mission d’annoncer l’Évangile en paroles et en actes.

Certains pensent que ces liens avec les partenaires n’ont aucun impact sur les Églises de France. Une remobilisation des Églises et des partenaires autour du Défap pourrait changer la donne. La triangulation des relations est une opportunité pour l’Évangile et la vie des Églises. En favorisant les liens entre les partenaires de là-bas d’une part et d’autre part avec les personnes venant de là-bas et vivant en France, en approfondissant et élargissant la dimension interculturelle, le Défap est l’outil des Églises de France qui sème de l’espérance ici et là-bas. Il est également l’outil qui permet aux Églises de freiner le risque de voir se dégoupiller un système politique gros de violence en France. Lors de la dernière rencontre des Jeudis du Défap du 20 mars dernier sur Identité, hostilité et hospitalité, Olivier Abel si-gnalait son inquiétude de voir la France, du fait de son histoire, créer de l’hostilité notamment lorsque le contexte est tendu. Elle est nostalgique de son unité nationale perdue avec les guerres de religion. De ce fait elle peut être encline à fabriquer de l’hostilité, voire de nouvelles Saint-Barthélemy comme il l’exprimait déjà dans son message à l’Assemblée du Désert en 2022.

Favoriser les échanges entre jeunes, pasteur.es, théologiens et théologiennes d’ici et de là-bas, c’est témoigner de l’évangile de Jésus-Christ qui permet de comprendre que nous recevons notre identité chrétienne de Dieu, qu’elle est un don pour l’autre et non le facteur d’un repli sur soi ou sur une communauté fermée. Favoriser de tels partenariats, c’est une manière pour les Églises même si elles sont en difficulté, même si le contexte international est tendu, d’être en mission, et de favoriser ainsi en commun l’annonce de l’évangile libérateur de Jésus-Christ. »

Joël DAUTHEVILLE,

Paris, le 29 mars 2025

 




Les Jeudis du Défap : Identité, hostilité, hospitalité – Le replay

Le jeudi 20 mars dernier, le Défap a reçu le professeur Olivier Abel lors des « Jeudis du Défap » pour partager sur le thème « Identité, hostilité, hospitalité ». Le replay est disponible.

Qui est Olivier Abel ?

Olivier Abel est un philosophe français, élève de Jankélévitch, Levinas et surtout Ricœur. Après avoir enseigné six ans au Tchad et en Turquie, il devint professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie, d’abord à Paris pendant 30 ans, où il contribua à la création du Fonds Ricœur, puis à Montpellier durant 9 ans.

Spécialiste de Ricœur (La promesse et la règle, Le vocabulaire de Paul Ricœur…), il a aussi exploré la pensée de Calvin, Milton ou Bayle, ainsi que les enjeux du langage (L’éthique interrogative, La conversation). Ses travaux en éthique politique abordent des thèmes comme le pardon ou le mariage (Le vertige de l’Europe). Plus récemment, il a publié La naissance, qu’est-ce que ça change ? et De l’humiliation.

 

Olivier Abel - Les Jeudis du Défap - mars 2025
Olivier Abel © Labor et Fides

Pourquoi cette thématique ?

À une époque où les tensions sociales et culturelles sont palpables, comprendre comment les concepts d’identité, d’hostilité et d’hospitalité interagissent devient essentiel pour soigner les blessures de nos sociétés contemporaines.

Comment la notion d’identité, qu’elle soit personnelle ou collective, influence-t-elle notre rapport aux autres, en particulier à ceux que nous considérons comme des “autres” ou des étrangers ? Comment accueillir l’autre sans renier sa propre identité ? Dans un monde globalisé, où les migrations sont fréquentes et les identités souvent mélangées, dans quelle mesure pouvons-nous tisser des liens avec ceux qui peuvent sembler diamétralement opposés à nous ? Comment créer des espaces d’accueil qui permettent à l’autre de se sentir en sécurité, tout en reconnaissant les limites nécessaires à la coexistence pacifique ?

Ce sont ces interrogations – qui résonnent particulièrement dans le contexte actuel, où la question des réfugiés et des migrants est devenue centrale dans les débats politiques et sociaux – qui ont servi de base pendant la conférence dont le replay est disponible ci-dessous.

La bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap dresse une liste des ouvrages et documents évoqués pendant l’intervention.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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Identité, hostilité, hospitalité : rendez-vous ce 20 mars

Le jeudi 20 mars prochain, ne manquez pas la deuxième session des « Jeudis du Défap » de l’année. Nous aurons le plaisir d’accueillir le professeur Olivier Abel, philosophe français, pour une réflexion profonde sur le thème « Identité, hostilité, hospitalité ». Dans un monde marqué par des tensions identitaires croissantes, comment penser l’identité sans tomber dans l’exclusion ou l’effacement de l’autre ? Quels équilibres trouver entre l’ouverture et la protection de soi ? Autant de questions qui seront abordées lors de cette conférence.

Jeudi du Défap 20 mars 2025

 

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La question de l’identité est aujourd’hui au cœur des débats sociétaux et politiques. D’un côté, certains considèrent l’identité comme une réalité figée, entraînant des crispations identitaires qui se mêlent aux enjeux de sécurité. De l’autre, une vision plus libérale cherche à dissoudre les frontières, effaçant ainsi les distinctions entre soi et l’autre. Entre ces deux extrêmes, comment concevoir une identité fluide mais structurante, ouverte sans être déracinée ?

Olivier Abel nous invite à repenser cette tension entre identité et altérité. Pour rencontrer l’autre, encore faut-il avoir un « soi », un ancrage propre. Mais cette identité ne doit pas devenir un mur infranchissable. Il s’agit plutôt de la concevoir comme une frontière vivante, une zone de dialogue et d’échange plutôt qu’un fossé infranchissable. Une identité trop rigide engendre le repli et l’exclusion, tandis qu’une identité trop diluée risque de déposséder les individus et les communautés de leur singularité.

L’identité : une construction narrative et collective

L’identité ne se limite pas à une essence fixe, elle se raconte et se construit dans le temps. Chacun de nous inscrit son histoire personnelle dans un récit collectif, enchevêtré à d’autres histoires. Ce processus de narration commune permet de sortir d’une vision binaire, où chaque identité serait en opposition avec une autre. Trop souvent, les récits identitaires sont pensés comme exclusifs, alimentant hostilité et clivages. L’enjeu est de construire des identités capables d’accueillir la diversité sans perdre leur cohérence.

Penser l’hospitalité

L’hospitalité renvoie à la relation entre celui qui accueille et celui qui est accueilli. Il est important de penser cette éthique de l’hospitalité dans ses différentes dimensions. Si l’accueil est nécessaire, il ne peut se faire sans une réflexion sur l’identité de chacun et sur la manière dont elle se construit en relation avec les autres.

Dans nos sociétés contemporaines, marquées par des crispations identitaires, comment transformer l’hostilité en hospitalité ? Comment concevoir une identité dynamique, ouverte à l’altérité sans se renier ? Ces questions seront au cœur de cette rencontre avec Olivier Abel.

Quelques pistes de réflexion :

  • Identité et altérité sont-elles vraiment opposées ?
  • Comment articuler le besoin de frontières et celui d’ouverture ?
  • En quoi les récits identitaires influencent-ils nos sociétés ?
  • Comment penser l’hospitalité à partir de l’expérience de l’accueillant et de l’accueilli ?

 

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Prochains rendez-vous en 2025, les soirs de 18h30 à 20h00 :

Voici les six rendez-vous suivants des « Jeudis du Défap » :

  • 24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Eglise en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Eglises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Ethique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

Ces rencontres se déroulent en deux temps :

  • Un temps de conférence
  • Un temps de débat et de questions-réponses.

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Nous encourageons les participants à partager leurs réflexions et à s’engager dans un dialogue constructif, afin de mieux appréhender les enjeux contemporains liés à cette thématique. Un lien d’inscription est disponible dans les communications du Défap pour vous permettre de participer à cette visioconférence. Une fois inscrit.e, un lien d’accès vous est automatiquement communiqué. Ne manquez pas cette opportunité de réfléchir ensemble sur l’identité, l’hostilité et l’hospitalité.




Les Jeudis du Défap : Promotion / Leadership des femmes dans l’Église en Afrique – Le replay

La première des huit conférences des « Jeudis du Défap » en 2025 s’est tenue le 13 février dernier avec la pasteure et théologienne Gertrude Kamgue Tokam autour de la thématique : « Promotion / Leadership des femmes dans l’Église en Afrique ».  Vous pouvez désormais voir le replay.

Les "Jeudis du Défap" avec Gertrude Kamgue Tokam

Qui est Gertrude Kamgue Tokam ?

Originaire de l’Ouest du Cameroun, Gertrude est actuellement pasteure à l’EpudF, en poste à Montargis et à Châtillon Coligny. Malgré sa croissance dans un environnement hostile au ministère pastoral des femmes, elle commence sa formation théologique à l’Institut théologique protestant de Ndoungué en 1999 avant de rejoindre l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC) à Yaoundé. Elle obtient son doctorat en théologie en 2014. Au-delà de son pays, où Gertrude a été pasteure et aumônier universitaire à l’Église évangélique du Cameroun (EEC), elle a également eu des engagements à l’international, enseignant l’éthique et la dogmatique à la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui en République centrafricaine. Par ailleurs, l’intervenante est engagée dans plusieurs associations de théologiens et théologiennes dont le Cercle des théologiennes africaines engagées (CTAE).

En France, Gertrude Kamgue Tokam a été chercheure boursière du Défap, ce qui lui a permis d’effectuer ses recherches post-doctorales à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) de Montpellier.

 

Gertrude Kamgue Tokam - conférence Les Jeudis du Défap
Gertrude Kamgue Tokam pendant la conférence – © Défap

Pourquoi cette thématique ?

La question de la promotion et du leadership des femmes est fondamentale tant sur le plan théologique que sociétal, car elle touche à l’égalité des sexes et à la reconnaissance des femmes comme leaders au sein des communautés religieuses.

Pourquoi les femmes sont-elles encore sous-représentées dans les instances décisionnelles des Églises, malgré leur présence massive ? Comment la formation théologique peut-elle transformer la perception du rôle des femmes dans l’Église ? Quels obstacles culturels et institutionnels freinent leur ascension au leadership ?

Ce sont des questions qui ont été abordées pendant la visio-conférence dont le replay est disponible ci-dessous.

Retrouvez la bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap, reprenant les ouvrages et documents évoqués par l’intervenante.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 20 mars : Identité – hostilité – hospitalité, avec Olivier ABEL
  • 24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

Vous pouvez vous inscrire afin de recevoir les informations relatives à chaque rencontre et choisir ou pas d’y participer.

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Les jeudis du Défap, bilan et perspectives après une première expérience

La série de visioconférences « Les Jeudis du Défap » entame sa deuxième année après une première phase expérimentale. Cet espace d’échange et de réflexion missiologique et interculturelle permet de discuter de la mission et de son évolution. Différentes thématiques sont abordées pour mieux comprendre ses enjeux, avec l’intervention de conférenciers aux profils variés (chercheurs, enseignants, experts, etc.). Jean-Pierre Anzala, l’un des principaux initiateurs de ce concept, en parle dans Courrier de Mission.

Les "Jeudis du Défap", bilan et perspectives après une première expérience
© Photo de Skylar Kang

En 2025, huit conférences sont programmées, soit cinq de plus que l’an dernier. Jean-Pierre Anzala revient sur la genèse de ce projet, ses objectifs et son organisation. Le prochain rendez-vous des « Jeudis du Défap » aura lieu le jeudi 13 février 2025, sur inscription.

 

Les jeudis du Défap, bilan et perspectives après une première expérience

Courrier de Mission
Émission du 7 février 2025 sur Fréquence Protestante