« L’enfant est le pied du vieux »

 

Former la jeunesse, leur donner les moyens de construire, au propre comme au figuré, le monde dans lequel ils évoluent, voilà bien une utopie qui mérite son lieu.

A l’origine, il y a un don. Comme toujours. Et quand il n’est pas financier, on devine néanmoins son importance. Il est indissociable de tout projet, et peut revêtir différents visages : volonté, envie et espérance étaient eux aussi de la partie.

 

Le centre de formation, DR

Le centre de formation, DR

L’espace de formation professionnelle Darvari de Saint Louis a donc été inauguré le mois dernier. Nous y étions en la personne du pasteur Jean-Luc Blanc. Mais l’histoire débute en 2009 avec la création d’un premier centre de formation dédié aux techniques du froid, le Centre liberté. Habilement mené, ce projet donne des idées et d’autres succès voient le jour à sa suite.

Passées les formalités administratives et les difficultés économiques, des solutions sont trouvées pour financer la construction d’un second centre de formation, dédié à l’apprentissage des techniques d’éco-construction géobéton. Deux années passent et nous voilà en 2013 : le chantier école débute sous la direction d’un spécialiste, Sirlin Loufimpou, grâce au don de M. Loyson, exécuteur testamentaire de monsieur Darvari.

 

Le chantier, DR

Le chantier, DR

Le pasteur Jean-Luc Blanc, acteur important du projet, témoigne : « cette idée de chantier école vient du Défap. Nous avions expérimenté ce type de projet à Djibouti et les résultats étaient vraiment positifs. Quand M. Loyson a vu la qualité des formations dispensées par le centre de Dakar, il a tout de suite voulu apporter son aide ».

L’inauguration s’est faite dans un climat solennel et largement multiconfessionnel : un imam, un curé, un pasteur, le préfet et le gouverneur avec en toile de fond l’hymne national et le fameux ruban n’attendant que d’être coupé pour donner vie au nouveau centre de formation. Quinze diplômes ont été remis aux jeunes, déjà prêts à rendre service au village qui les accueille.

 

L'inauguration du centre, DR

L’inauguration du centre, DR

Prochain défi : relancer la vente de terrains pour financer la suite du programme, à savoir deux écoles, un centre de santé, une maison d’hôtes et l’extension de la boutique. N’ayons pas peur de nos ambitions, elles servent le futur.

 

Des élèves du centre, DR

Des élèves du centre, DR




L’Alter’Kiff : le rendez-vous de la jeunesse en 2016

 

“Y’a plus d’jeunesse” disent certains !

Preuve qu’ils ne vivent pas dans le même monde que nous. Il suffit pourtant de s’intéresser un tant soit peu aux initiatives des jeunes pour prendre conscience de leur présence et de leur énergie. Une force qui donne naissance à des projets porteurs de sens et d’avenir. L’Alter’Kiff 2016 est de ceux-là.

 

Alter'Kiff - EPUdF, DR

 

Ce camp service dédié aux 18-30 ans est organisé par l’Eglise protestante Unie avec le soutien du Défap.

Rendez-vous à Saint Malo en juillet 2016. Durant ce rendez-vous, formations rimeront avec animations et expérimentations avec comme mot d’ordre : bonne humeur et talents au service de notre Eglise !

En savoir plus : Site de l’EPUdF




Séminaire de formation au Gabon

 

Outre la charge du service RSI, Jean-Luc Blanc s’occupe également des relations avec les pays d’Afrique.
Il s’est rendu au Gabon dans le cadre d’un séminaire « Nouvelle Action Commune » (en savoir plus sur l’Action Commune), dont le thème est « Familles, Evangile et Cultures dans un monde en mutation ».
A la fin de ce séminaire, le pasteur a répondu à quelques questions.

 

 

Résumé de la vidéo

 

Le ressenti du pasteur Jean-Luc Blanc vis-à-vis du séminaire est globalement positif.

Il rappelle que l’animation théologique dans le cadre de la Cevaa s’adresse à des personnes qui ne sont pas forcément des théologiens. Elle vise donc à travailler avec les équipes des questions concrètes liées aux situations rencontrées sur le terrain.

Le but : trouver les réponses adéquates en construisant une théologie communautaire.

 

Il souhaite volontiers que ces séminaires soient plus interculturels, conscient que cela est compliqué à mettre en place et coûteux. L’idéal serait de confronter les différentes visions de la famille dans le monde, car les gens ne la conçoivent pas de la même manière en Europe, en Afrique ou dans le Pacifique. C’est d’ailleurs le but de la Cevaa : ouvrir les mêmes questions à plusieurs cultures.

 

Jean-Luc Blanc regrette cependant que ne soient pas ressorties de ce séminaire des idées plus audacieuses. De sa première participation à ce type de rencontre, en 1987, il dit : « à cette époque, on osait imaginer des choses différentes. On est devenu plus conservateurs qu’avant pour différentes raisons ».

 

Enfin, il trouve bon que le thème du mariage islamo-chrétien ait été traité, car l’approche interreligieuse est très différente d’une culture à l’autre. C’est un sujet transversal qui fonctionne à la fois entre Africains mais aussi en Europe ou dans le monde arabe.

 




[Exclusivité Défap] Les épisodes du chemin

 

« Que dit le visage quand je l’aborde ? Le visage exposé à mon regard est désarmé » (Emmanuel Lévinas)

 

Ce matin-là, nous avions rendez-vous au ministère de l’Education de Dura, dans la banlieue-sud d’Hébron. Un projet d’école dans un petit hameau près de la « ligne verte ». Pas d’école depuis des années dans ce hameau, car l’école précédente avait été détruite par l’armée après la guerre de 1967. Conséquence perverse : seuls les garçons peuvent aller à l’école de la petite ville voisine d’Adh Dhahiriyah. Les filles restent à la maison.

 

Le check point 56, DR

 

Bien qu’EAPPI n’ait pas de rôle direct dans la construction d’écoles ou dans des projets d’infrastructures ou de développement économique, notre intervention peut être utile en tant qu’intermédiaire, car les situations les plus simples buttent parfois sur des obstacles futiles, que quelques réunions autour d’un verre de thé à la menthe peuvent aider à résoudre. Et c’était bien le cas de cette école, pour laquelle il s’agissait de trouver un terrain. De vieilles querelles de voisinage bloquaient les initiatives successives.

 

En tout état de cause, nous étions en route vers ce rendez-vous. La route que nous avions prise nous faisait passer par le camp de réfugiés d’Al Fawwar, l’un des points chauds de la sous- région. La population d’Al Fawwar vient de villages évacués lors des conflits successifs, et vit dans l’espoir incertain du retour ; les frustrations et tensions montent à mesure que cet espoir s’éloigne.

 

Au check-point, la première chose que l’on aperçoit, ce sont en général d’énormes blocs de béton grisâtre, desquels dépassent des rangées de fusils mitrailleurs et de casques métalliques. Les visages des soldats sont protégés par des passe-montagnes dans le froid vif du matin, rendant ces apparitions plus inhumaines encore. Le passage d’un check-point est toujours un moment désagréable car, après avoir attendu un long moment que la file de voitures et camions se résorbe, il faut répondre aux mêmes questions stéréotypées : où allez-vous ? Que faîtes-vous en Israël (sic) ? Où habitez-vous ? « A Yatta ? Mais c’est très dangereux ! Avez-vous des armes ? »

Cette fois-ci, l’interrogatoire a tourné court car lorsque j’ai présenté mon passeport, le soldat de service, un jeune homme d’une vingtaine d’années au visage poupin, s’est soudain détendu, et c’est dans un français parfait – je pense qu’il avait dû grandir en France – que nous avons eu une conversation brève et sympathique, étonnés l’un et l’autre que nous puissions dans de telles circonstances échanger calmement quelques mots sur les problèmes de la population locale.

 

Peut-être pensait-il encore à notre conversation quand, quelques minutes plus tard, il a été blessé grièvement de plusieurs coups de couteau portés par un jeune Palestinien.

Il a pu être transporté à temps dans un hôpital voisin, et ses jours ne sont plus en danger. Son assaillant, jeune étudiant de 19 ans venu du camp voisin, a eu moins de chance. Il a été blessé mortellement par les compagnons du soldat israélien.

 

Depuis, j’ai eu d’autres conversations avec des soldats israéliens, toujours trop rapides et superficielles, mais c’est le visage de ce jeune soldat, soudain si confiant et détendu, qui ne me quitte pas. Je n’ai pas vu son assaillant, mais sa photo était dans les medias le soir même, et lui aussi portait sur le visage l’espoir et la détermination qui sont ceux d’un jeune homme de 20 ans. Ce visage aussi est pour longtemps gravé dans ma mémoire.

 

Alors, face ce gâchis, quelle doit-être notre réaction ? Sûrement pas la haine, ni la peur de l’autre. Mais plutôt – et nous devons nous le demander sérieusement – n’est-il pas grand temps que nos dirigeants et que nous-mêmes prenions la mesure de nos incompétences ou, au moins, de nos indifférences. Nous devons nous sentir collectivement responsables de la société dans laquelle nous vivons, qui est celle que nous avons créée par nos actes et par nos absences. Est-ce cette société là que nous voulons laisser à nos enfants ?

 

Jacques Toureille
30 novembre 2015




Visite aux pays : Tunisie

 

Durant cette visite de suivi, Laura Casorio a rendu visite à l’Eglise réformée de Tunisie (ERT) : rencontre avec le Conseil et la pastorale.

Le Conseil est en train d’organiser un forum avec des responsables d’Eglises d’Afrique de l’est : l’ERT est une Eglise toujours active, et engagée dans le maintien des relations avec tous ses partenaires.

 

La secrétaire exécutive s’est également rendue auprès des envoyés du Défap : il y en a onze en tout en Tunisie, dix à Tunis, un en milieu rural. Elle les a rencontrés de manière individuelle et collective.

 

Groupe des envoyés et leur famille, DR

 

Ceux-ci travaillent, pour la plus grande partie, pour les programmes extra curricula au sein de l’école Kallaline, institution privée liée historiquement au monde protestant et partenaire du Défap. Laura Casorio a également rencontré le directeur pédagogique de cette école.

Les autres envoyés travaillent au sein de projets sociaux de l’ERT : animation d’enfance, accompagnement aux étudiants subsahariens, activités et animation sociales, etc.

Le dernier des envoyés travaille sur le développement rural dans le sud du pays.

 

Cette visite fut aussi l’occasion de faire le point avec France Volontaires : échange de nouvelles autour de la collaboration avec le Défap, sans oublier une discussion sur la question sécuritaire.

Enfin, Laura Casorio a rencontré l’ACT (Association de Coopération en Tunisie), dont l’activité est parfois parallèle à l’action sociale de l’Eglise (jeunes en difficultés, mères célibataires etc.). C’est une organisation avec laquelle le Défap est en contact car leurs actions sont similaires sur le terrain ; une forme de collaboration est d’ailleurs en cours de discussion.

Une situation sécuritaire tendue

 

Des attentats ont eu lieu mardi à Tunis, sur l’avenue Mohamed V, une avenue centrale de la ville.
Le Défap a eu des nouvelles de tous les envoyés : ils vont bien et gardent le moral, même si les mesures de sécurité sont renforcées. Un couvre-feu a été mis en place en Tunisie.

Tous les envoyés sont en relation avec la police ou les autorités diplomatiques : l’ambassade de France a mis en place des personnes de contact sur place pour tenir informer les ressortissants français.

 

Les envoyés montrent leur solidarité envers le peuple tunisien : ils souhaitent soutenir la population face à ces événements, comme eux ont reçu du soutien lors des attentats à Paris. En effet, des personnes dans la rue leur ont fait part de leur solidarité, ne serait-ce que par quelques mots : c’est une chose à laquelle ils ne s’attendaient pas.

 

C’est aussi un point important pour l’Eglise : les communautés chrétiennes sur place sont attentives aux mesures et conditions sécuritaires.

L’Eglise se prépare cependant à vivre le temps de l’Avent : c’est un moment qui se vit au sein de l’Eglise principalement, très peu à l’extérieur.

 

Freddy Nzambé et sa femme Sylvie, DR

Freddy Nzambé et sa femme Sylvie. Il est le premier VSI du Défap en Tunisie et en est à 4ème année. DR

 

Cette visite fut l’occasion pour Laura Casorio de passer du temps avec les envoyés, d’observer leur travail sur place ainsi que de rencontrer les différents responsables des activités des partenaires.

Une soirée a été également organisée, comme moment de partage, notamment autour du ressenti des envoyés sur leur mission et de la question sécuritaire. L’animation a été assurée par certains envoyés :  musiques, chants, jeux, repas etc.

 




L’instant suspendu

 

« C’est jour de fête à Umm al-Kheir, un campement bédouin accroché à la colline, quelques mauvaises tentes déchirées par le vent, toilettes portatives et abris en tôle ondulée. Une clôture grillagée le sépare de la colonie israélienne de Karmel, villas attrayantes bénéficiant de tout le confort moderne, électricité, eau courante, système de traitement des eaux usées, jardins verdoyants, et une immense exploitation industrielle de volailles à quelques centaines de mètres. La convention de Genève prévoit bien que l’occupant israélien doit garantir l’égalité des moyens à tous les citoyens, mais ici clairement, certains sont plus égaux que les autres.

 

Les petits colons assistent à la partie, DR

 

Pourtant, la joie et les vivats, c’est du côté des Palestiniens qu’on les trouve aujourd’hui. Une équipe anglaise amateur, les cowboys de Bristol, est venue jouer au football avec les gamins du village. Le niveau technique est limité, et le terrain parsemé de rochers et broussailles n’est pas vraiment réglementaire, mais qu’importe, l‘enthousiasme est au rendez-vous et les joueurs se dépensent sans compter.

Catastrophe, un coup de pied plus fort que les autres expédie la balle de l’autre côté du grillage, dans la colonie. En principe, un bataillon de soldats israéliens aurait dû venir s’interposer, car ces jets de ballon intempestifs pourraient blesser malencontreusement un colon passant par là. Mais non, pas de soldats pour une fois, mais plutôt trois ou quatre jeunes colons qui, entendant les cris poussés par les petits palestiniens, se sont dit qu’eux aussi participeraient bien à la fête et sont venus à quelque distance pour regarder le jeu.

 

En fait, ils viendraient bien jouer ! / DR

 

Alors, pour quelques minutes hors du temps, nous avons assisté de loin à un rapprochement magique entre ces enfants. Les petits colons ont rendu le ballon par-dessus le grillage, puis sont venus au contact des petits Palestiniens, à travers le grillage. Ils ont échangé sourires, paroles, et jeux d’enfants. Mais bien vite, malheureusement, un colon athlétique en bermuda, lunettes noires, et doberman aux ordres, est venu mettre fin à cet « instant suspendu », et les petits colons ont dû regagner bien à regret leurs bunkers cossus.

 

Bref échange, avant qu’un colon adulte n’intervienne / DR

 

Espérons que ces enfants se souviendront de cet instant de grâce, lorsqu’ils se retrouveront peut-être face à face, plus tard, les uns dans la force d’intervention israélienne, les autres cagoulés et armés de lance-pierres. Alors, s’ils se souviennent… »

 

Jacques Toureille
22 novembre 2015

 




Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

 

Sur les photos, il a toujours l’air d’un enfant sage, attentif et réfléchi. À 25 ans, petite barbe court taillée, cheveux disciplinés, on sent chez lui dès l’abord à la fois la profondeur d’un esprit vif et la gaité du jeune garçon élevé au soleil, dans l’amour et la fraternité.

 

Venu en France après son bac, dans le cadre du programme ABS, il a très tôt pris conscience de l’opportunité, pour son pays natal, de ces études supérieures. D’un trait, il a d’abord obtenu un DUT en Gestion des Entreprises et des Administrations à Bourges, en plein centre de cette France qui lui était alors largement inconnue. Dans la foulée, il s’est inscrit en licence de droit à Tours, ville universitaire à la fois bouillonnante et provinciale. Toujours très éloignée de la douceur calédonienne, mais l’habitude était déjà prise… C’est ensuite à Bordeaux qu’il s’installe, et obtient un master en droit.

 

© DR JONATHAN THOLO Jonathan Tholo aux Nations Unis

© DR JONATHAN THOLO Jonathan Tholo aux Nations Unis (Source : outre-mer 1ère)

 

À la rentrée universitaire 2015, Jonathan intègre Sciences-Po Bordeaux avec un objectif final : se préparer au concours externe de l’École nationale d’administration (ENA). S’il réussit, ce qui semble être bien parti, vu la première partie de son parcours, il sera le premier Kanak à y être admis.

 

Mais Jonathan Tholo n’est pas qu’un étudiant. Il a déjà à son actif une belle expérience professionnelle : en 2012, il est « Assistant Manager » au sein de la branche écossaise de l’ONG Save The Children. L’année suivante, il fait un stage d’assistant parlementaire dans le cabinet du député européen Maurice Ponga, au siège bruxellois du Parlement européen. Cet été, c’est pour le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban, à La Haye, qu’il a exercé son activité de juriste international. Là aussi : beau parcours !

 

Mais ce portrait ne serait pas complet sans la mention des activités associatives de Jonathan : il a été tour à tour vice-président de l’association des Calédoniens de Bordeaux, engagé dans la Fédération Nationale des Étudiants Cagous [autrement dit : calédoniens !] en métropole et organisateur d’une grande conférence sur la Nouvelle-Calédonie, à laquelle a évidemment assisté la promotion 2014-2015 des ABS !

 

Jonathan est toujours en contact avec le Défap : il était présent à la rencontre entre ABS à Bordeaux en février 2015, et a d’ailleurs aidé à son organisation. Il a également participé à l’encadrement du week-end ABS qui a eu lieu à Paris en octobre 2015, et il est prévu qu’il accompagne le prochain week-end ABS, en février 2016.

Article de la chaîne outre-mer 1ère

 




L’Eglise Evangélique du Gabon : de nouveaux projets

 

Les Eglises de France ont une longue tradition de relations avec l’Église du Gabon. Bien sûr il y a eu le Docteur Schweitzer, mais le plus célèbre des missionnaires ne doit pas faire oublier tous les autres, nombreux, qui ont marqué l’histoire de cette Église. Ces dernières décénnies, en partie à cause de conflits internes à l’Église Evangélique du Gabon (l’EEG), nos relations s’étaient distendues se réduisant à quelques échanges avec la région Centre Alpes Rhône de l’EPUdF. En 2011, le Défap a affirmé sa volonté de renouer des relations avec cette Eglise membre de la Cevaa. Ainsi, il a a reçu deux doctorants boursiers gabonais, un groupe de femmes de l’Église ainsi que son Président. En 2014 une nouvelle équipe a été élue à la tête de l’EEG. Le moment semblait alors venu d’aller sur place à la rencontre de ses paroisses, de ses régions et de ses instances nationales afin de déterminer ensemble comment, dans le cadre de la Cevaa, nous pourrions intensifier nos relations. Jean-Luc Blanc y était du 7 au 21 novembre. Il en revient avec des nouvelles et des propositions.

 

Le pasteur Jean-Luc Blanc lors du Séminaire Nouvelle Action Commune de la Cevaa, DR

Le pasteur Jean-Luc Blanc, à gauche, lors du Séminaire Nouvelle Action Commune de la Cevaa, à Libreville, en novembre 2015, DR

 

L’Église Evangélique du Gabon a fêté liturgiquement sa réconciliation en juillet 2015 après de longues et destructrices luttes internes. L’image qu’elle donnait à l’étranger était déplorable. Pourtant, pendant tout ce temps, les hommes et les femmes de cette Eglise, les membres des paroisses, n’ont jamais cessé de se réunir pour prier pour la réconciliation et chercher comment sortir de ces conflits. A aucun moment, le découragement n’a vidé les paroisses qui malgré les difficultés, ont continué à assumer leur mission.

 

Les participants et les formateurs, au séminaire, DR

 

Aujourd’hui, l’EEG se tourne vers l’avenir et veut le faire avec nous !

 

• Avec nous, elle veut développer sa faculté de théologie. Créée il y a trois ans, cette petite faculté fonctionne avec des professeurs extérieurs et une bibliothèque minuscule. Elle se tourne vers nous pour que nous lui envoyions des enseignants pour assurer quelques modules, que nous l’aidions à équiper sa bibliothèque et pour que nous participions à la formation de ses enseignants.

 

• Avec nous, elle souhaite former les cadres de son mouvement de jeunesse aux techniques d’animation et développer son mouvement de scoutisme.

 

• Avec nous, elle souhaite que le mouvement des femmes intensifie ses relations avec les Eglises de France de manière à s’ouvrir à d’autres réalités, d’autres manières de voir.

 

• Avec nous, elle souhaite que nous aidions son département de l’enseignement primaire et secondaire à collaborer avec d’autres structures semblables notamment par l’adhésion au RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant). Elle souhaiterait aussi pouvoir accueillir deux jeunes volontaires dans ses écoles.

 

• Avec nous, elle souhaiterait développer des jumelages entre des paroisses du Gabon et des paroisses de France.

 

Lors du séminaire à Libreville, DR

 

Bref, avec nous, cette Eglise veut tout simplement vivre la réalité de l’Église Universelle dans le cadre des liens communautaires qui nous lient déjà : tout un programme que nous allons petit à petit mettre en œuvre ensemble ! La première étape sera une visite du Président de l’EEG au Défap, le 10 décembre.

 

Libreville, DR

 




La petite fenêtre rouge

 

« A cinq heures, ils ont fait violemment irruption dans la petite maison blottie contre la falaise blanche. Une trentaine de soldats israéliens puissamment armés, gilets pare-balles, fusils mitrailleurs pointés, lance-grenades, casques lourds, tout l’attirail nécessaire pour mener une attaque en règle contre un adversaire redoutable.

A l’intérieur, le père, la mère, la grand-mère, et cinq enfants dormaient paisiblement sur des matelas jetés à même le sol. Ils leur ont donné cinq minutes pour s’habiller et évacuer leurs maigres effets.

Ensuite, le bulldozer est entré en œuvre, et en quelques instants, la modeste construction, murs de parpaing, toit de tôle, réservoir d’eau, tout ce qui n’a pu être sauvé à temps, ont été réduits en un amas informe de gravats et ferrailles tordues.

 

Ce qu’il reste de la maison, DR

 

Lorsque nous sommes arrivés quelques heures plus tard, les femmes, le regard vide, étaient assises sur les quelques meubles et coussins qu’elles avaient pu sortir à la hâte. Un petit meuble vernis, soigneusement mis de côté par la grand-mère, contenait tout ce que la maisonnée détenait de précieux : quelques verres à thé, une bouilloire en métal embouti, et une douzaine d’assiettes de faïence.

Sami, le père, effondré, contemplait ce qui restait de son rêve détruit en un instant, une maison bien à eux, construite depuis à peine trois mois, et fruit de tant d’efforts et de privations. A l’écart, la petite Leïla, cinq ans, pleurait silencieusement, appuyée sur un chambranle de porte resté debout par quelque miracle.

 

Le désarroi des femmes, DR

 

En France, c’était le 1er novembre, et la trêve hivernale venait juste de commencer. Mais ici, pas de trêve, bien au contraire. L’arrivée de l’hiver, c’est le moment idéal pour entreprendre les sinistres besognes de destruction. Le froid est déjà bien présent dans cette banlieue de Jérusalem, le Jebel Mukkader, où l’altitude avoisine les 800 mètres, et il n’est pas question de s’attarder dehors bien longtemps, avec femme et enfants en bas âge. Avant le soir, il faut avoir trouvé un abri temporaire, auprès d’un cousin ou d’un ami.

Alors, pour la famille de Sami, comme pour tous ces familles délogées sans ménagement, il a fallu partir, et partir encore. Combien de fois la famille de Sami a-t-elle déjà dû déguerpir à la hâte ? Combien de fois ont-ils vu leurs maigres biens dévastés. A ce jour, plus de 5000 habitations ont été détruites par l’armée israélienne, sur un territoire de la taille de la moitié d’un département français.

 

Le visage ravagé de Sami, le père, DR

 

Sami, comme plus d’un million de palestiniens, est un réfugié. Mais qu’entend-on donc par réfugié en Palestine ? Au sens de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, dite Convention de Genève, un réfugié est « une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ». Mais ici, en Palestine, le réfugié est un réfugié dans son propre pays. Sa résidence, il l’a perdue au gré des guerres et des expulsions. Pour la plupart, ces familles ont été déplacées dès 1948, et jamais, en près de 70 ans de conflits, elles n’ont pu retrouver une habitation sûre et un emploi stable. Les demandes de permis de construire des palestiniens sont pratiquement toujours refusées par l’administration israélienne, et la sécurité de l’emploi n’existe pas.

 

Dans la chambre que Leïla partageait avec ses sœurs et sa grand-mère, la fenêtre était rouge.  En terre musulmane, le rouge est la couleur des gardiens de la Mecque. Par la fenêtre, on pouvait apercevoir les fils de fer barbelés et l’horrible mur de béton grisâtre édifié à partir de 2002 pour ceinturer Jérusalem, et séparer Israël de la Cisjordanie.

Mais pour la petite Leïla, cette fenêtre rouge, c’était la chose la plus importante dans sa maison nouvelle, et elle appelait de ces sanglots celui qui pourrait l’aider à retrouver la petite fenêtre sous les débris. Un cousin s’efforçait donc de soulever les poutrelles enchevêtrées pour essayer de dégager les restes de la fenêtre, comme s’il n’y avait rien de plus urgent à faire, au milieu de tant d’infortune.

Leïla devant sa maison effondrée, DR

 

Peu de temps après notre arrivée, un ami est arrivé à bord d’une petite camionnette blanche, et a pu y charger sans difficulté tout ce que la famille possédait. Un vieux taxi poussif est venu ensuite, et, après nous avoir remerciés bien chaleureusement pour notre présence, la famille est partie pour une destination qui nous était inconnue.

Mais ce dont nous sommes certains, pour avoir rencontré un grand nombre de palestiniens dont les maisons ont été détruites, c’est que dès le lendemain, Sami s’efforcera de trouver un emplacement pour une nouvelle maison, qu’il mettra toute son énergie à la construire, avec l’espoir qu’enfin, cette maison-là, personne ne viendra la détruire, et qu’il pourra y vivre en paix avec sa famille. »

 

Jacques Toureille
18 novembre 2015




Madagascar : de nombreuses rencontres

 

Après un bref arrêt à Antananarivo, les voyageurs se sont rendus à Antsirabe où ils ont logé à la Mission norvégienne : en effet, les Norvégiens sont très présents sur l’île depuis 150 ans ; ils y ont envoyé de nombreux missionnaires luthériens dans le passé et continuent de soutenir des projets éducatifs.

 

Vue sur Antananarivo, DR

Rencontre avec les envoyés à Antsirabe

 

Antsirabe est une ville surprenante : ville d’eau avec un hôtel des thermes dans le style colonial. Elle aurait presque un charme européen, si ce n’était la grande misère qui y règne.

 

C’est dans cette ville qu’a eu lieu une première rencontre avec les envoyés :

– Ando, en service civique, est basée à la maison des sœurs de Mamré à Antananarivo ;

– Mathilde, en service civique à l’orphelinat luthérien Akany Soa d’Antsirabé, fait de l’animation auprès de la trentaine d’enfants qui habitent la maison et va enseigner le français à une vingtaine d’enfants du primaire ;

– Thomas, en service civique à l’orphelinat de Tangaïna, dans la banlieue d’Antananarivo, déjeune avec les enfants au retour de l’école, puis les aide dans leurs devoirs.

– Vincent Ligneau est en mission à Ecole Normale luthérienne de Frandriana. Il enseigne le français, pratique et académique, pour le primaire et le secondaire. Il fait aussi du suivi de stages en brousse, a conçu un module d’adaptation à l’enseignement en milieu rural, enseigne le sport, à un niveau pratique et didactique, et souhaite animer un club lecture et un club cinéma. Il en est à sa sixième année de coopération, la dernière pour un VSI ;

– Irène Ott est en VSI pour la deuxième année à l’école FJKM d’Ivato, près d’Antananarivo. Elle enseigne le français à neuf classes, de la 5ème à la terminale, à raison de deux heures hebdomadaires par classe, ce dans des conditions particulières : une soixantaine d’élèves dans des salles très petites. Elle souhaite animer un club vidéo.

 

A cette rencontre étaient également présentes des personnes qui sont en envoi court : Hélène et Michel Brosille, présents de début octobre à début décembre, à l’Ecole normale Luthérienne de Fandriana. Envoyés dans les années 2000 pour deux ans par le Défap, ils retournent deux mois tous les ans à Madagascar. Hélène forme les enseignants du préscolaire, pour les enfants de 3 à 5 ans. Michel assure des modules de formation autour du rôle de l’enseignant comme agent de développement dans son environnement.

 

Une longue route pour Fianarantsoa

 

Après Antsirabe, cap sur Fianarantsoa : la route fait 250km mais prend sept heures…

Un voyage épuisant mais des paysages magnifiques : la terre rouge des petites montagnes, en harmonie avec les maisons traditionnelles à deux étages, dont le confort est très sommaire mais le tracé simple et élégant, d’innombrables petites rizières vertes en terrasse, soigneusement cultivées, des plantations d’herbes diverses servant à la confection d’huiles essentielles, de loin en loin l’arbre du voyageur, panachant le ciel de ses palmes, puis de petits étals en bord de route… avec quelques aliments, légumes ou autres improbables produits qui ne doivent pas toujours trouver preneurs.

 

Maisons en briques et terre rouges, DR

Maisons en briques et terre rouges, DR

 

Sur cette route, on passe également par Ambositra, la ville des artisans : on y trouve de belles sculptures en bois, des objets en corne, des sacs tressés aux belles couleurs, de la soie sauvage…

 

Arrivés à Fianarantsoa, les pasteurs Florence Taubmann et Pascal Hickel se sont rendus à la faculté de théologie luthérienne où a travaillé le pasteur Mino.

Ville de 200 000 habitants construite dans les montagnes, Fianarantsoa est considérée comme la ville intellectuelle de Madagascar. Sa partie haute, qui compte six ou sept églises et de très jolies maisons traditionnelles, est un lieu prisé par les touristes. C’est à Fianarantsoa que le photographe de renommée internationale Pierrot Men a son atelier.

 

La vieille ville de Fianarantsoa, DR

La vieille ville de Fianarantsoa, DR

 

La rencontre avec le doyen, les professeurs, la bibliothécaire et les étudiants de la faculté luthérienne fut très chaleureuse, égayée par le chant du chœur d’hommes qui viendra dans un proche avenir faire une tournée en France. Ce fut l’occasion aussi de partager les soucis et les manques, matériels et académiques. En effet, le pasteur Mino Randriamanatena, qui est resté 4 ans, n’a pas été remplacé et le besoin d’enseignants en diverses matières se fait sentir.

 

Le choeur d'hommes de la SALT, DR

Le choeur d’hommes de la SALT, DR

 

Dernière étape à Antananarivo

De retour à Antananarivo, Florence Taubmann a encore multiplié les visites et les rencontres, notamment avec Dominique Ranaivoson, en envoi court d’une semaine pour participer à la rentrée des étudiants à l’Institut de Formation et de Recherche Pédagogique. Le pasteur s’est aussi rendu à l’orphelinat de Topaza, chez les sœurs de Mamré, à l’orphelinat de Tangaïna… Et chez les Mangado autour d’un dîner très amical.

Benjamin Mangado a travaillé au Défap comme animateur jeunesse et est actuellement envoyé à Madagascar par DM-échange et mission. Il travaille dans la formation continue et son épouse est professeur au lycée français d’Antananarivo.

 

Le Palais de la Reine, symbole de la nation malgache, qui domine Antananarivo, DR

Le Palais de la Reine, symbole de la nation malgache, qui domine Antananarivo, DR

 

Entre autres pasteurs, Florence a fait la connaissance d’une collègue, le Pasteur Vololona Randriamanatena, mise par la FJKM à disposition de l’ONG SAVE qui lutte contre le sida. Dans le cadre de ces responsabilités, elle anime un programme d’ateliers bibliques autour de la violence sexuelle : la Campagne Tamar, lancée par la FECCLAHA (Fellowship of Christian Councils and Churches in the Great Lakes and Horn of Africa*). Toutes deux ont partagé l’idée d’organiser conjointement, à Madagascar et en France, des groupes d’études sur le même thème et les mêmes textes, avec le projet de visites mutuelles qui permettraient aux lecteurs de croiser leurs interprétations et leurs expériences. Affaire à suivre !

 

* Communauté des Eglises et des Conseils Chrétiens de la Région des Grands Lacs et de la Corne de L’Afrique

 




Communiqué du Défap après les attentats du 13 novembre

 

Des centaines de personnes, à Paris, ont perdu la vie ou ont été blessées, lors des actes terroristes du vendredi 13 novembre. Nous recevons au Défap des marques de sympathie du monde entier, Guyane, Liban, Congo, La Réunion, Haïti, Madagascar, Israël et Palestine, Mayotte…

Selon nos informations actuelles, personne parmi nos connaissances au Défap, n’a été directement victime du terrorisme. Néanmoins chacun, chacune, citoyen, membre d’Eglises, est touché. En France et bien ailleurs. Notre pays est blessé.

 

Communiqué de l’EPUdF

Communiqué de la FPF

Communiqué du Pôle protestant de Guyane




Situation des bédouins, démolitions & récoltes

Situation des bédouins, démolitions & récoltes
Village bédouin de Ja’ba

 

« Le chef de ce village est propriétaire de la terre que son père a achetée avant 1967, ce qui n’est pas courant ; avant 1948, ils vivaient dans le désert du Néguev d’où ils ont été chassés. Son père a construit une belle maison en pierres qui est toujours là. Ils sont considérés comme réfugiés mais peuvent rester sur leur terre.

Mais, depuis, la colonie d’« Adam » s’est construite au bord de leur village, et sur une partie de leurs terres et de l’autre côté, on a construit une autoroute qui les sépare du reste du village.

Il y a maintenant trente-cing familles ici, isolées et coincées entre cette colonie et une autoroute. (…) Et les enfants devaient traverser l’autoroute à pied pour aller à l’école !

 

Claude Smith, DR

A droite, Claude Smith, à Jérusalem DR

 

Les bédouins ont demandé un permis de construire une école sur leur propre terrain, ce qui leur a été refusé. (…) ils n’ont pas le droit de construire « en dur » (…) : tout leur est interdit même de planter, tout est réglementé par des lois militaires. (…)

[Le chef du village] a décidé de construire une école (primaire) pour les cinquante-cinq enfants du village, illégalement évidemment. Avec quelques subventions européennes ils ont acheté quelques « baraques » en tôle qu’ils sont en train d’installer…avec un toit pour la cour.

 

Dans un autre village de bédouins Khan Al Amar, (…) le chef de village a également décidé de construire une école illégalement : elle est entièrement faite de pneus, et recouverte de torchis. Quatre-vingt-dix enfants de 6 à 14 ans la fréquentent.

Mais les colons ont demandé la destruction de l’école et le chef de village qui travaillait comme maçon dans la colonie a perdu son travail, en représailles, ainsi que tous les autres hommes du village. (…)

 

Il y a beaucoup d’écoles illégales en Palestine, presque dans chaque village ; grâce à des fonds internationaux, ils peuvent parfois confectionner une école de fortune, avec quelques jeux et toboggan…

Elles ont toutes reçues des ordres de démolition, mais, en attendant, la vie continue…

Les Palestiniens ont le taux le plus élevé de gens éduqués dans le monde arabe. »

 

Démolitions

 

« Alors que nous étions en visite dans le village bédouin de Ja’ba dans la banlieue de Jérusalem, nous avons reçu une alerte nous informant qu’une maison était en cours de démolition dans la ville de Beit Hanina.

(…) quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre qu’il s’agissait d’une démolition programmée par le propriétaire lui-même avec un bulldozer qu’il avait loué !

Il avait en effet une date butoir pour démolir sa maison sinon l’armée viendrait le faire elle-même et ça coûterait deux à trois fois plus cher. Car le propriétaire doit payer cette opération ainsi que le ramassage des débris… Sans compter que ça permet de récupérer les panneaux solaires parfois, des portes et des fenêtres pour une éventuelle reconstruction…

 

(…) le permis de construire ne lui ayant pas été attribué, il n’avait eu d’autre choix que de construire illégalement pour abriter sa fille veuve avec huit enfants ; et après quinze ans, malgré trois procès en justice, et trois amendes à payer, il a dû finalement détruire lui-même cette maison (…)

 

Une demande de permis de construire coûte une fortune pour les Palestiniens et la réponse peut se faire attendre plusieurs années ; rien n’est construit pour eux depuis des années… (…)

 

Les bédouins payent très cher leur attachement à la terre et leur résistance à l’occupation ; ils manquent d’eau, d’écoles, d’infrastructures, et ils sont constamment menacés d’être déplacés. »

La récolte des olives

 

« C’est l’époque de la récolte des olives ; donc nous donnons un coup de main dans les villages où notre présence offre une sorte de protection pour les paysans palestiniens, qui sont souvent la cible des colons pendant ce travail.

 

Les paysans palestiniens ont des jours précis pour aller  travailler dans leurs champs confisqués ; récemment nous devions aller aider un village, mais quand les Palestiniens sont arrivés, les colons étaient déjà passés et s’étaient servis… (…)

 

Nous voulions aider une institutrice (…), mais elle pense que cette année, elle n’aura pas le permis d’aller sur sa terre, à cause des « événements » ; de toutes façons, elle expliquait qu’en général on la prévient deux jours avant, et avec des horaires très précis (…). Et dès que les paysans sont entrés, la grille est fermée derrière eux : s’ils ont un problème ils ne peuvent pas sortir (…) « On passe plus de temps à [attendre l’ouverture de] la grille que dans nos champs. » Ils n’ont droit qu’à quarante-cinq jours par an, s’ils les obtiennent… certains nous ont dit : « demander un permis pour aller sur nos terres ? Jamais de la vie », mais du coup, ils la perdent complètement après trois années sans y aller… »