Centrafrique : vers la normalisation ?
Le président du Défap, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, se rend en Centrafrique du 16 au 21 février 2016. L’occasion de faire le point sur la situation politique du pays.
Second tour de l’élection présidentielle le 14 février
À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, et malgré des irrégularités dans le comptage des voix qui ont eu pour résultat d’invalider les scrutins législatifs, ce sont bien deux anciens Premiers ministres qui se sont retrouvés face à face, mais pas ceux que l’on croyait.

Carte RCA, Google Maps
Avec 24 % des voix, Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre de feu le président Ange-Félix Patassé, est en tête. Il avait eu la bonne idée de passer un accord politique avec Kwa Na Kwa, parti de l’homme qui avait renversé Patassé en 2003, l’ancien président François Bozizé. À la surprise générale, son challenger est Faustin-Archange Touadéra, 19 %. Lui était le dernier Premier ministre de François Bozizé, avant le coup d’État du 24 mars 2013 qui lui a coûté sa place.
Le second tour, prévu pour le 14 février en même temps que la répétition du premier tour des législatives, départagera ces deux poids lourds de la vie politique centrafricaine.
Après l’investiture du nouveau chef de l’État et la remise en marche de la Chambre, il est fort probable que les Français mettront fin à l’opération militaire Sangaris, laissant le soin de la sécurité intérieure à la force des Nations unies (Minusca) et à ce qui subsiste des forces de l’ordre centrafricaines.
L’Église Protestante du Christ-Roi : prêcher l’espérance
Alors qu’il semble bien que la RCA puisse, au-delà des élections, retrouver un calme relatif, l’EPCR envisage de relancer ses programmes de travail jusqu’alors suspendus, notamment la sécurisation du Centre protestant pour la jeunesse de Bangui, qui a été plusieurs fois pillé, ou encore le développement de son annexe de Morija, dans le village de Kpangba.
Les projets Défap
La Centrafrique est l’une des priorités du programme 2015-2018 du Défap. Les projets y sont portés par la Cevaa avec le soutien logistique et financier du Défap.
L’accompagnement de l’Église Protestante du Christ-Roi est assurée de trimestre en trimestre par des visites des pasteurs Henri Fischer et Bernard Croissant qui y séjournent à tour de rôle environ trois semaines
Le Centre Protestant pour la Jeunesse comprend un complexe scolaire qui devrait, à terme, pouvoir offrir un enseignement de qualité accessible à tous. Un partenariat avec l’enseignement protestant au Cameroun est à l’étude, pour effectuer un audit et proposer des améliorations à l’établissement scolaire déjà en place.
Au Centre culturel, un espace d’information sur le SIDA, dédié aux jeunes, est ouvert depuis plusieurs années, en coopération avec un partenaire allemand. Il devrait être mis en relation avec le travail de l’Église évangélique du Congo (Brazzaville) qui propose déjà une information similaire.
À Kpangba, la paroisse annexe de Morija comprend un lieu de culte, une école maternelle et une première classe d’école primaire, une pisciculture, un espace maraîcher. Un projet de centre de santé est à l’étude. Il s’agit de permettre à quelques 15 000 personnes, isolées de la capitale, de trouver des moyens de vivre décemment et d’éduquer leurs enfants.
Le pasteur Jean-Arnold de Clermont sera à nouveau en Centrafrique en mars 2016, en compagnie, cette fois, du secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol.
Mieux comprendre la situation en RCA
Gladys Vantrepotte, Bénin – Alsace
Gladys a travaillé au sein du Centre social de Dangbo pour une mission autour de la nutrition et de l’encadrement des enfants et de l’aide aux devoirs.
Gaël Soler, Madagascar – Nord
Gaël était en mission de service civique pour dix mois comme animateur socio-éducatif dans l’orphelinat Tangaïna, à Tananarive.
Visite au Cameroun : pour un partenariat exigeant et renouvelé
Après la venue à Paris du président du CEPCA (Conseil des Églises protestantes du Cameroun), Robert Goyek, c’est au tour du Défap de se rendre au Cameroun. Bertrand Vergniol, secrétaire général, et Jean-Luc Blanc, chargé du service Relations et Solidarité Internationale, seront sur place dès le 23 janvier.
Le programme, volontairement ambitieux, saura combler les nombreuses espérances.

Culte dans le cadre de la paroisse « Jérusalem » de l’Union évangélique baptiste du Cameroun
Bonaberi, quartier de Douala, dimanche 24 janvier 2016, DR
Les pasteurs Bertrand Vergniol et Jean-Luc Blanc participeront tout d’abord à la réunion des Coordinations de la Cevaa (pour en savoir plus sur les Coordinations). Ce rendez-vous est indispensable pour entériner les décisions urgentes, qu’il s’agisse de l’envoi des personnes, des relations avec les boursiers et des financements à mettre en place.
Ils ne manqueront pas de se rendre à l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC).
L’objectif : participer à la redéfinition du partenariat entre le Défap et l’UPAC, étape incontournable pour renforcer la collaboration entre ces deux acteurs historiques. Une rencontre entre anciens et futurs boursiers est également au programme.
La visite auprès du CEPCA est prévue dans un second temps. Elle s’inscrit dans la continuité des discussions amorcées à Paris récemment.
Assurément de nouvelles relations doivent se fonder entre les Eglises de France, le Défap et les Eglises protestantes du Cameroun : elles doivent être fondées sur la vérité exigeante et la fraternité rigoureuse.
Soutenir les structures locales : un geste indispensable
Marie-Bénédicte Loze est envoyée du Défap en Haïti depuis un an et demi. Elle revient sur son parcours, ses motivations et les convictions acquises lors de son expérience.
Marie-Bénédicte est envoyée auprès de la Fédération des Ecoles Protestantes de Haïti (FEPH). Elle est chargée d’appui aux partenariats : conception des projets et recherche de bailleurs de fonds sont ces principales missions. Elle note les besoins et rédige des projets, tout en cherchant les financements nécessaires à leur mise en place, et les lance avec une équipe.

Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres, DR
Deux raisons ont motivé cette décision. Partir à l’étranger, c’était d’abord pour elle une manière d’ « élargir son horizon tout en apprenant de l’autre ». Et puis, elle ressentait une attirance forte pour Haïti. Elle avait effectué de la traduction auprès de missionnaires américaines présents sur place. Elle s’était engagée encore un peu plus lors du séisme de 2010 en participant à des levées de fonds.
La FEPH regroupe plus de 3000 écoles et possède des bureaux dans différents départements. Elle œuvre pour améliorer la qualité de l’éducation dans le pays et fait du lobbying auprès du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle haïtien afin qu’il respecte ses engagements. Et il reste encore du chemin à faire : seul 12% des écoles sont publiques en Haïti.
Elle travaille avec une équipe locale, dont la taille varie selon l’ampleur des projets à mener. Cette forme de collaboration est essentielle pour rester connecté au terrain.
Un engagement sur le long terme
Le Défap soutient la FEPH au travers du poste de VSI occupé par Marie-Bénédicte. Cette aide est précieuse pour la structure, les défis sont nombreux. « Ce poste va être pérennisé sur dix ans », indique-t-elle.
Plusieurs projets sont en cours, tous ayant pour but d’améliorer la qualité de l’éducation sur place : renforcement de l’enseignement autour de la lecture et de l’écriture, formation de directeurs et professeurs (peu formés sur place), construction de blocs sanitaires…
Un projet lui tient particulièrement à cœur : une formation à la gestion des risques et des désastres.
Le principe consiste à simuler des tremblements de terre pour apprendre aux enfants comment réagir lors d’une catastrophe naturelle, principalement les séismes et les inondations. Tout le monde a été victime du séisme. Personne n’a été épargné, chaque famille a eu son lot de proches disparus. Ce traumatisme reste vif et porte en germe un questionnement et une implication forte. Il n’est pas question de ne rien faire et d’attendre que le passé se répète.
Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres, DR
Les besoins autour de ce projet sont immenses. La FEPH travaille directement avec les écoles : elle forme les professeurs qui interviennent auprès des élèves et organise les simulations pour leur apprendre concrètement comment réagir. Un système d’alerte a été mis en place : à chaque type d’alerte correspond une catastrophe – cela se fait en général au sifflet, les écoles ne possédant pas d’alarme. La FEPH leur apprend ainsi les bons gestes à adopter, mais elle demande aussi à un ingénieur d’analyser les lieux pour faire un plan d’évacuation et repérer les endroits dangereux dans l’école, pour en informer les élèves.
« Je me suis beaucoup investie dans ce projet. J’ai formé des encadreurs pédagogiques et organisé des simulations avec les enfants. A la sortie de l’école, quel que soit leur métier, les élèves sauront comment réagir face à une catastrophe : c’est un apprentissage qui leur servira toute leur vie. »
Cette formation touche également les écoles hors du réseau FEPH.
La nécessité d’une approche globale
Le problème de l’approche dite par projets, c’est que lorsque le projet s’arrête, tout ce qui l’accompagne risque, par manque de moyen, d’être suspendu.
Mieux vaut investir dans une structure, qui permet de pérenniser les projets. Et c’est dans cette approche que le Défap, avec l’envoi de personnes, s’inscrit. Il est nécessaire de participer au frais de fonctionnement, les structures locales s’en trouvent renforcées. Et puis, pour faire du développement, il faut écouter les hommes et les femmes qui vivent sur place, comprendre leurs besoins, et leur faire confiance.
« L’aide du Défap compte vraiment, ajoute-t-elle, c’est une chance [pour la FEPH] que le Défap soit un partenaire pérenne et non un simple bailleur de fonds finançant des projets ponctuels. »
La FEPH travaille avec de nombreux organismes nationaux, mais aussi internationaux, qui interviennent dans le domaine de l’éducation. Elle coordonne également une plateforme qui regroupe une quarantaine d’ONG.
Une expérience enrichissante
Marie-Bénédicte est très heureuse de son expérience : elle lui a permis de découvrir le Défap, de rencontrer d’autres envoyés, qu’elle considère comme une seconde famille.
La Mission lui a permis de faire de vraies rencontres, à Paris et en Haïti. Par exemple avec le directeur exécutif de la FEPH, M. St Fort dont elle dit qu’: « il a des qualités professionnelles et humaines extraordinaires. Il porte une vraie vision, une volonté de changer les choses et d’améliorer les conditions de vie dans le pays, sans aucun intérêt personnel en vue ».
« C’est une chance pour nous, les envoyés, de mettre nos compétences au service d’une structure. » Mais l’essentiel ne réside pas là. Ce qu’ils retiennent de ce genre d’expérience, c’est la part d’humanité qu’ils ont pu partager avec ces autres qui les accueillent : « ils nous donnent plus que nous ne leur apportons ».
Eloïse Deuker, Egypte – Alsace
Eloïse a passé dix mois dans le cadre d’une mission du Défap et de l’Action Chrétienne en Orient. Elle a été animatrice et répétitrice de français au New Ramses College. Elle a également participé à du soutien scolaire.
Mission au Congo : des chantiers nombreux et audacieux
Du 12 au 18 décembre 2015, le pasteur Jean-Luc Blanc s’est rendu au Congo pour faire le point sur les différents engagements du Défap.
A l’écouter suite à son retour, on se demande pourquoi nos regards ne se tournent pas plus souvent vers le Congo.

Construction de l’école inclusive pour enfants sourds d’Owando, DR
Le récit de son séjour pourrait bien faire naître des vocations. Les projets, variés, se révèlent audacieux : programme d’éducation à la paix, formation d’animateurs jeunesse, scolarisation des enfants sourds, formation à l’informatique, construction d’école, programme de lutte contre le sida… Les chantiers ne manquent pas, et malgré les turbulences politiques, ils prennent de la hauteur.

Ecole inclusive pour enfants sourds, Owando, DR
Une question a particulièrement retenu son attention, celle liée à la relation entre universités européennes et universités d’Afrique centrale. Jean-Luc s’est rendu à la faculté de Brazzaville, partenaire avec le soutien du Défap de la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg. Il a pu constater que les conditions d’études des futurs diplômés n’étaient pas la principale pierre d’achoppement.
En effet, comment l’Universitas magistrorum et scholarium, ce pur produit de l’Occident, peut-elle dialoguer, sans l’aide de Dieu (au sens de support rhétorique), avec une pensée construite avec d’autres représentations symboliques. Le fameux, « discerner pour relier et conjoindre », qui n’est peut-être pas la seule façon de formuler une thèse, se heurte à une approche locale éloignée des attentes des correcteurs.
Si l’on considère que les structures de la pensée sont en partie liées à la langue maternelle, pour beaucoup d’étudiants congolais, cela contribue à envisager l’étude avec d’autres concepts et l’enseignement avec d’autres méthodes.

Institut des jeunes sourds de Brazza, DR
Rémi Gounelle, Doyen de la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg, s’est rendu sur place en novembre 2015. Il témoigne, après son intervention :
« Les étudiants ont été surpris par deux aspects de mon cours : d’une part, il relevait de l’histoire des idées et non de l’histoire factuelle qui leur est enseignée à la Faculté ; d’autre part, la posture de l’historien français repose sur une sorte d’athéisme méthodologique, que j’ai explicitée. Lors des discussions que nous avons eues sur ce point en cours ou lors des pauses, les étudiants ont fait écho à des discussions semblables qu’ils avaient eues avec Michel Grandjean [Professeur ordinaire à la faculté de théologie de l’université de Genève, ndlr], ou Elian Cuvillier [Professeur à l’institut Protestant de théologie de Montpellier, ndlr]. Si certains d’entre eux comprenaient la posture distante et critique de l’historien, d’autres ont cherché jusqu’au dernier jour à connaître mon intime conviction. Leurs réactions, par moment amusées, m’ont permis d’expliquer plusieurs problèmes de méthode et d’aborder, en conclusion, la fonction de l’historien, qui ne saurait donner de solutions pour le présent, mais dont le travail permet de prendre des décisions éclairées pour le présent. »
La tension est nécessaire. Reste à savoir comment l’Université Protestante au Congo peut accepter légitimement les exigences universitaires françaises.
En savoir plus sur les projets du Défap au Congo
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Vœux du Défap : discours du président
Voici le discours de Jean-Arnold de Clermont, Président du Défap, lors de la cérémonie des voeux du Défap, le 13 janvier 2016.

Jean-Arnold de Clermont, lors de son discours, le 13 janvier 2016, DR
Il semble relativement facile de formuler des vœux en ce début d’année 2016. La formule qui revient presque systématiquement est la suivante : « Je vous souhaite une année 2016, meilleure que l’année 2015 ». Et avec la profusion de reportage médiatique ces derniers jours en commémoration des assassinats à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Cascher de la porte de Vincennes, avec en mémoire superposée les assassinats de novembre dernier, ces vœux semblent évidents. Nous nous souhaitons les uns aux autres une meilleure année 2016, même si une petite voix nous dit ‘croise les doigts… car cela pourrait être pire !’.
C’est du moins ainsi que j’ai interprété une partie des vœux du Président Hollande le 31 décembre, relayé depuis par de nombreux politiques.
Mais cette façon de faire – s’appuyer sur la noirceur d’hier pour souhaiter la lumière demain – me semble néfaste à un double point de vue.
Hier n’a pas été que sombre ! Je ne peux réduire 2015 aux drames qui l’ont ponctué. Nous en sommes témoins – ou plutôt devrais-je dire : « nous avons à en être témoins » – l’année 2015 a été illuminée par des traits de lumière, par des signes de la grâce de Dieu… je n’en citerai qu’un, tout encore brûlant dans ma mémoire, que d’avoir vu l’Eglise protestante du Christ-Roi fêter Noël il y a quelques jours dans une atmosphère de paix retrouvée. Et je vous invite un instant à vous remémorer tel ou tel événement qui en 2015 vous a marqué et qui appartient au règne de la lumière, cette lumière qui brille dans les ténèbres et dont nous avons à être des reflets.
Ainsi mon premier vœux pour chacun de nous est que malgré la pression médiatico-politique, nous ne passions pas en profit et pertes ce que 2015 nous a offert de beau.
Mais plus encore, sans oublier un seul instant la dureté de notre monde, je veux nous souhaiter une année 2016 que nous sachions vivre avec les moyens que nous donne l’Evangile de Jésus-Christ. Je ne nous souhaite pas de passer loin des crises ou des troubles de ce monde, mais d’y apporter l’espérance de la foi. Je ne nous souhaite pas de passer loin des discours de rejet et de haine, mais d’y répondre en paroles d’apaisement, et en gestes d’accueil et de médiation. Je ne nous souhaite pas de nous tenir à l’écart de la pauvreté, mais d’y répondre par une solidarité accrue…
En un mot, puisque ce sont elles qui s’inscrivent dans mon propos, je nous souhaite de savoir relire et vivre les béatitudes avec modestie et avec confiance, tout au long de cette nouvelle année.
Nous avons choisi de la commencer sous le signe du Cameroun, ou plus précisément de l’Eglise Fraternelle Luthérienne du Cameroun et cela grâce à la présence de son président, le Pasteur Robert Goyek que nous avons invité à venir passer quelques temps en France.
Pourquoi cela ? Je pourrais multiplier les réponses tant nous avons de liens avec cette Eglise depuis des décennies, notamment à travers l’action de la Commission luthérienne des relations avec les Eglises outre-mer aujourd’hui intégrée au Défap, et tant il est important d’avoir des informations directes sur la vie de nos Eglises sœurs. Mais il y a plus.
La présence de Robert Goyek donne corps et visibilité aux vœux du Défap en ce début d’année 2016.
Depuis plusieurs années, dans ce nord-Cameroun menacé par celui que l’on appelle désormais le Groupe Etat Islamique en Afrique de l’ouest, ex- Boko Haram, Robert Goyek, qui suit avec attention l’infiltration d’un Islam Salafiste à travers notamment la création de madrasas, y répond de la seule manière qui convient à une Eglise. Il appelle chrétiens et musulmans à être ensemble sources de paix. Ainsi à Maroua était organisée en janvier 2013 une conférence internationale sur le dialogue islamo-chrétien, faisant écho aux multiples initiatives prises au Cameroun même pour promouvoir ce dialogue, la coopération entre chrétiens et musulmans sur le plan scolaire ou dans l’action sociale. Mais d’emblée, Robert Goyek nous a demandé de nous associer à ce travail, nous Eglises de France et d’Europe. En l’invitant aujourd’hui, le Défap tient à lui dire sa ferme résolution de répondre positivement à son appel.
Comment cela ?
Tout d’abord en s’informant et en relayant régulièrement l’information sur la situation au Nord Cameroun, au Tchad, au Nigeria ou au Niger. Nous avons à organiser une véritable veille médiatique sur cette région afin qu’elle ne soit pas oubliée. Car la vie de Camerounais, de Tchadiens, de Nigérians ou de Nigériens vaut autant que la vie de Syriens, de Kurdes, de réfugiés d’où qu’ils viennent ou d’Européens.
Et puis nous voulons continuer de manifester à l’égard de cette Eglise une solidarité active. Alors que, pour des raisons évidentes de sécurité, nous avons été dans l’obligation de faire revenir les envoyés qui travaillaient dans le domaine médical à Pouss, dans l’extrême nord du Cameroun, nous continuerons de soutenir les projets de développement qui viennent conforter le témoignage de cette Eglise.
Mais, plus encore, l’appel que nous a adressé le Président Goyek portait sur l’intelligence de la situation interreligieuse de toute la région. Elle est soumise aux pressions intégristes, ici islamistes, là néo-pentecôtistes. Il est de notre devoir d’apporter notre soutien à tout effort de recherche qui permet à nos Eglises sœurs d’annoncer l’Evangile face aux idéologies qui asservissent ceux-là même qu’elles disent libérer. Or nous bénéficions en France de nombreux chercheurs que nous pouvons mettre en relation avec la recherche de nos Eglises sœurs. Nous avons des engagements dans les pays limitrophes, des relations fraternelles que Robert Goyek nous engage à activer. Avec son histoire, avec ses relations, le Défap peut ainsi aider au rassemblement des forces de paix. En recevant le président Goyek c’est cet engagement que nous prenons.
Le Défap, vous l’entendez, en ce début d’année 2016, ne cède en rien à la morosité ambiante. A ceux qui se demandent si la mission est encore d’actualité il répond : « venez la vivre avec nous ; venez répondre à des appels comme ceux du Président Goyek ; et croyez-moi, il y en a bien d’autres… ». C’est d’ailleurs ce que je dis à chacun d’entre vous, ce soir. Nous avons besoin de votre engagement à nos côtés. Merci d’avoir répondu à notre invitation.
Jean-Arnold de Clermont