Erica Brucker : une vie dédiée à la mission

Collaboratrice de longue date du Défap, Erica Brucker est décédée le 3 mai 2016 à 104 ans. Retour sur l’engagement d’une femme hors du commun.

Née à Sarre-Union, dans un milieu luthérien, Erica Brucker a fait des études de théologie à Genève, où elle décroche le diplôme de l’Institut des ministères féminins. Elle acquiert parallèlement une formation pédagogique et sociale. En 1955, elle répond à un appel de la Société des Missions Évangéliques de Paris (SMEP) et part au service des Églises évangéliques et baptistes du Cameroun, où elle va allier recherche biblique, réflexion sociologique sur le monde et prière commune.

 


Erica Brucker, DR

Elle effectuera, pour le compte de la SMEP, des tournées au Gabon en 1962, au Lesotho et à Madagascar en 1964, en Côte d’Ivoire et au Togo en 1965.
Revenue définitivement en France en 1965, c’est à partir des bureaux parisiens de la SMEP, devenus Service protestant de Mission – Défap en 1971, qu’Erica Brucker poursuit sa tâche comme responsable du service jeunesse, mais aussi par la création du service boursiers-formation. Son champ d’action s’étend à la formation de cadres envoyés par d’autres Églises d’Afrique anglophone, de Madagascar et d’Amérique latine.

 

Dès 1960, elle avait eu l’idée de créer des équipes itinérantes, à la fois œcuméniques et internationales, de techniciens : ce sont les Actions Apostoliques Communes (AAC), qui anticiperont la création de la Communanuté Évangélique d’Action Apostolique (Cevaa, dite aujourd’hui Communanuté des Églises en mission).

 

En retraite à partir de 1977 dans le 14e arrondissement, pendant près de trente ans Erica restera la cheville ouvrière d’un groupe oecuménique de recherche biblique, né dans la mouvance du Concile des jeunes de Taizé de 1978, devenu groupe « Prière pour le Monde ».

 




Les grandes décisions du dernier Conseil

C’est au siège du Défap que le Conseil a eu lieu le 11 juin 2016. Au cours de cette journée, plusieurs décisions ont été prises. Retour sur les trois décisions phares du Service protestant de Mission.

  • Nomination du nouveau président

À compter du 1er juillet 2016, c’est le pasteur Joël Dautheville qui présidera le Conseil du Défap.
Retrouvez ici l’intégralité de l’article sur la nomination du nouveau président.

  • Ouverture d’un poste d’animateur pasteur jeunesse

Le Défap a voté la création d’un poste d’animateur jeunesse. Cette décision illustre bien la volonté du Service Protestant de Mission de développer le secteur jeunesse.
L’animateur sera donc chargé des animations jeunesse en lien avec la Mission et le programme ABS (accueil des jeunes de Nouvelle Calédonie). Le poste sera ouvert dés juillet 2017.

  • Un soutien important aux réfugiés en Orient

Le Défap apporte un soutien financier à l’Action Chrétienne en Orient (ACO) pour son action auprès des réfugiés au Moyen-Orient. Cette subvention est destinée à financer les 2 projets en cours, présidés par le pasteur Thomas Wild (responsable de l’ACO). L’un concerne le synode arabe et le second l’Union des Eglises Evangéliques arméniennes.




Joël Dautheville, nouveau président du Défap

Le président du Service protestant de mission – Défap, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, a adressé ce jour une lettre aux présidents des Églises fondatrices du Défap, Union des Églises protestantes d’Alsace-Lorraine (UEPAL), Union nationale des Églises évangéliques de France (UNEPREF) et Églises protestantes unies de France (EPUdF) pour les informer de l’élection de son successeur, lors de la réunion du Conseil du Défap le 11 juin dernier.

À compter du 1er juillet, c’est donc le pasteur Joël Dautheville, qui présidera le Conseil du Défap.

Jean-Arnold de Clermont reste en effet en fonction jusqu’au 30 juin, notamment en raison de son déplacement au Cameroun, en compagnie du président de l’EPUdF Laurent Schlumberger et du Pr Jean-François Zorn, de l’Institut protestant de théologie de Montpellier. À leurs côtés, il y représentera le Défap lors de la cérémonie en mémoire d’Eric De Putter, envoyé du Défap comme professeur d’Ancien Testament assassiné il y a quatre ans sur le campus de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC), à Yaoundé.

« Je profite de ce courrier pour vous remercier de votre accompagnement pendant les années où j’ai assuré cette présidence. Votre accompagnement sera d’autant plus important dans les mois à venir, qui verront se dérouler l’Assemblée générale de la Cevaa à Sète, suivie par le Forum missionnaire organisé par le Défap, puis [au quatrième trimestre 2016] le colloque financier du Défap, autant d’occasions où le lien entre l’animation missionnaire portée par le Défap et l’engagement financier des Églises sera au cœur de notre réflexion commune », écrit-il.

Le pasteur Joël Dautheville sera sur Fréquence protestante, dans l’émission du Défap « Courrier de mission » mercredi 30 juin prochain, à 13 h 15.

 




Tous descendants d’Abraham !

Méditation du jeudi 15 juin 2016 – Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais.

Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi qui vous lie à Jésus-Christ. Vous tous, en effet, avez été unis au Christ dans le baptême et vous vous êtes ainsi revêtus de tout ce qu’il nous offre. Il n’importe donc plus que l’on soit juif ou non-juif, esclave ou libre, homme ou femme ; en effet, vous êtes tous unis dans la communion avec Jésus-Christ. Si vous appartenez au Christ, vous êtes alors les descendants d’Abraham et vous recevrez l’héritage que Dieu a promis.

Galates 4,26-29

 

Source : Pixabay

 

Comme il est bon d’apprendre par Jésus-Christ que nous sommes tous, ensemble, enfants d’un même Dieu, descendants d’Abraham, en qui sont bénies toutes les familles de la terre !
Qu’il est bon de croire que cette filiation concerne aussi – du point de vue de notre foi chrétienne, ceux qui ne connaissent ou ne reconnaissent pas Dieu, ou bien qui sont d’une autre religion que la nôtre, et que cela nous fait obligation de les traiter en frères.
En revanche, ne nous servons pas de cette parole ô combien généreuse de l’apôtre Paul pour déclarer caduques les identités singulières, et malvenues les cultures résistant à la nôtre. Plus encore, n’utilisons pas la communion de tous en Jésus-Christ pour oublier qu’en ce monde – ci existe encore l’esclavage, et que des femmes sont terriblement maltraitées dans de nombreux pays.
Haut et fort aimons et respectons cette humanité aux mille visages et à la ressemblance de Dieu, car si nous aimons le Christ, qui nous a tous aimés, notre joie ne peut être parfaite sans la joie et la liberté de tous.

 

Prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais avec ce poème

de René Philombé, poète camerounais (1930-2001)

J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton cœur
Pour avoir un bon lit
Pour avoir un bon feu
Pourquoi me repousser?
Ouvre-moi mon frère !…

Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique
Si je suis d’Amérique
Si je suis d’Asie
Si je suis d’Europe ?
Ouvre- moi mon frère !

Pourquoi me demander
La longueur de mon nez
L’épaisseur de ma bouche
La couleur de ma peau

Et le nom de mes dieux,
Ouvre-moi mon frère !…

Je ne suis pas un noir
Je ne suis pas un rouge
Je ne suis pas un jaune
Je ne suis pas un blanc
Mais je ne suis qu’un homme
Ouvre-moi mon frère !…

Ouvre-moi ta porte
Ouvre-moi ton cœur
Car je suis un homme
L’homme de tous les temps
L’homme de tous les cieux
L’homme qui te ressemble !…

 


Source : Pixabay




Attentat de Tel Aviv : l’escalade de la violence

Mercredi 8 Juin, une attaque meurtrière est perpétrée dans l’un des endroits les plus populaires de Tel Aviv : le marché Sarona. Le lendemain, les autorités israéliennes décident de geler les permis d’entrée de 83 000 Palestiniens. Le Défap réaffirme son engagement pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens.

 

Dans un Proche Orient largement perturbé, cet attentat vient en rajouter dans l’escalade de la violence. Tel Aviv est une belle ville, le quartier Sarona un quartier populaire, les terrasses de café des lieux de vie, de convivialité et de liberté. C’est là que les terroristes ont frappé. 4 morts et des dizaines de blessés.

Le Défap adresse ses sentiments de fraternité et de solidarité aux familles endeuillées, à tous ceux qu’il connait en Israël et au peuple israélien.

 

Centre-Ville de Tel Aviv

 

Parce que nous sommes engagés dans le combat pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, dans le cadre du programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment in Palestine and Israël) mené par le Conseil Œcuménique des Eglises (COE), le Défap au nom des Eglises Protestantes de France dénonce et combat le terrorisme sous toutes ses formes à Paris, Tel Aviv ou Hébron.

Pour les peuples qui vivent en Israël et Palestine, ce n’est que dans la sécurité aujourd’hui, et dans l’espérance de la fraternité de demain, qu’une paix juste pourra se forger. Tout le contraire de l’escalade de violences que nous déplorons.




Plateforme « Ensemble pour le Congo » : Le Défap poursuit son engagement

Lancée en 2002 suite aux guerres civiles qui ont ravagé le pays, la plateforme « Ensemble pour le Congo » s’engage dans la mise en place d’actions humanitaires sur le terrain. Un appel auquel le Défap a immédiatement répondu présent, aux côtés de ses partenaires l’Armée du Salut, la Cimade, les Eglises Libres, la Cause, le SEL ou encore les UCJG. Le 1er juin 2016, les acteurs de la plateforme se réunissaient. L’occasion de faire le point sur les actions en cours et celles à venir.

Santé, éducation, paix, reconstruction, formations théologiques…depuis son lancement il y a presque 15 ans, la plateforme s’appuie sur un large choix d’actions. La réussite de cette initiative solidaire réside dans la synergie de moyens financiers et humains mis à disposition par des partenaires engagés. A l’approche de l’été, quel premier bilan peut-on alors dresser ? Le Défap fait le point d’une année déjà riche en résultats.

 


Groupe de bénévoles impliqués dans la lutte contre le Sida, DR

 

2016 : l’engagement continue

Cette année, malgré les récents évènements dans la région du Pool dont les conséquences restent encore difficiles à évaluer, la plateforme poursuit ses actions au Congo-Brazzaville. 4 grands champs d’actions ont donc été privilégiés : la prévention et l’accompagnement des malades du Sida, la scolarisation des enfants sourds, l’éducation à la paix et le soutien à la faculté de théologie de Brazzaville.

Prévenir et accompagner les malades du Sida

Mise en place en novembre dernier mais interrompue pendant les récentes élections, la formation à la prévention devrait reprendre en septembre prochain. L’objectif est simple : former sur l’ensemble du territoire congolais de plus en plus de personnes afin d’organiser auprès des paroisses et des groupes de jeunes des animations centrées sur la prévention.
Côté accompagnement des malades, de nombreux animateurs interviennent auprès des centres d’accueil et d’information. On les appelle les «Serviteurs éducateurs itinérants ».

Scolarisation des enfants sourds : des résultats encourageants

Depuis la création de la plateforme, le Défap milite également en faveur de la scolarisation des enfants sourds. Il met ainsi en relation le CROP (Centre de Rééducation de l’Ouïe et de la Parole) avec des écoles du Congo.  L’objectif : former les enseignants à l’accueil des enfants sourds.
Aujourd’hui, le bilan est encourageant. Des classes spécialisées pour enfants sourds ont en effet été inclues dans les 2 écoles pilotes du projet, à Brazzaville et à Owendo. Mais il reste encore beaucoup à faire et il n’est pas toujours facile de trouver des formateurs prêts à partir au Congo pour former les enseignants sur place.

L’Education à la Paix

Il ne faut pas l’oublier, l’un des objectifs essentiels du programme au Congo reste l’éducation à la Paix. Dans le contexte violent du pays, un tel programme est d’autant plus nécessaire.
La formation dispensée sur place passe donc par l’initiation des enfants à la communication non-violente via des techniques mises en place par L’Ecole de la Paix de Grenoble.

 

A la plateforme, on parle des projets en cours mais aussi de l’évolution politique du pays dont les récents évènements survenus dans la région du Pool, sans oublier bien entendu des initiatives menées envers les autorités françaises et européennes.
Parallèlement, de nouveaux projets émergent. Ils seront étudiés dans les prochaines semaines.

 

 




L’échange théologique entre Eglises de cultures différentes : une volonté qui ne se dément pas

Le Défap porte depuis toujours un programme de bourses théologiques. Cette spécificité est inscrite dans l’ADN de l’institution. Les échanges entre les différentes cultures théologiques favorisent le débat et permettent au réseau de développer ses compétences.

Le projet des boursiers du Défap s’inscrit dans un programme plus large, celui de la formation théologique. Il poursuit plusieurs objectifs.

 

Université Protestante au Congo, Kinshasa (Source : site de l'UPC)

Université Protestante au Congo, Kinshasa (Source : site de l’UPC)

 

En premier lieu, celui d’aider chaque faculté partenaire à se doter d’un professeur référent pour chaque discipline théologique.

A Madagascar par exemple, il y avait une carence en théologie biblique. Le Défap a donc formé deux professeurs de Nouveau Testament et commence à en former un en Ancien Testament.

L’institution apporte son soutien et ses compétences « sur-mesure », selon les besoins des facultés et des universités partenaires.

 

Tisser des liens multilatéraux

 

Le second but de la formation théologique du Défap est de développer des liens entre les facultés de théologie du Nord et celles du Sud pour développer une théologie interculturelle.

Les boursiers sont un élément clé de ce dispositif. Ce seront eux les cadres des facultés de théologie de demain, dans les pays où le Défap intervient. Dans les faits, les boursiers deviennent assez souvent doyen de leur faculté ou directeur d’un département.

 

De cette façon, un réseau d’amis du Défap se développe dans les facultés du sud. Il n’existe pas de facultés et universités protestantes, dans le pays où le Défap entretient des partenariats, qui ne compte pas un ancien boursier du Défap dans ses cadres, même celles avec lesquelles Défap travaille peu, comme l’importante université de Kinshasa (UPC).

Ce réseau d’anciens boursiers du Défap permet de développer les relations avec des facultés en France.
Ces théologiens, une fois formés, connaissent à la fois la manière de faire de la théologie dans le Nord et dans le Sud. Ces ponts sont indispensables pour garantir des relations saines et réciproques.

 

Publications

 

Nous arrivons donc au troisième objectif de ces échanges, les publications. Les travaux des boursiers sont fréquemment publiés et les ouvrages, pas seulement disponibles en Afrique mais également en Europe, sont marqués par les deux cultures, deux approches de la théologie.

Ainsi s’élabore une « théologie interculturelle » entre culture occidentale et culture africaine.

 

Quelques exemples de ces boursiers

Sébastien Kalongo, professeur à Kinshasa, a travaillé avec des chercheurs du CNRS. Il vient de publier le premier tome d’un ouvrage en deux parties sur les Pentecôtismes africains. Cette thématique intéresse énormément les chercheurs français, qui ont par ailleurs expliqué qu’ils n’auraient pas pu avoir ce matériel important sans l’aide du boursier du Défap.

Nadège Ngo Lend a réalisé sa thèse de doctorat en cotutelle (France-Cameroun) et va publier ici un ouvrage consacré à la dynamique de la transculturation, élaboré à partir des archives du Défap.

Samuel Dawai est en train de travailler avec un professeur de Montpellier sur un ouvrage concernant les millénarismes africains. En Afrique, il existe de nombreux courants millénaristes aujourd’hui, notamment des sectes qui inspirent tous les courants extrémistes, musulmans et chrétiens.

Lévin Ngangura, également boursier du Défap, a publié plusieurs ouvrages en France, notamment sur les femmes de la Bible.

Les boursiers du Défap sont principalement africains, mais aussi haïtiens ou nicaraguayens. La plupart sont repérés par des professeurs français lorsqu’ils donnent des cours sur place. Chaque année, on en compte une petite dizaine.

Ce programme de formation théologique est constitutif de l’histoire du Défap.

Si l’un des objectifs principaux reste le développement du réseau de boursiers, il est aussi primordial que ces derniers tissent des relations entre eux. C’est dans ce but que le Défap organise des week-ends boursiers. Ils sont l’occasion de créer un véritable réseau.

 




Cameroun : voyage « retour »

Après la visite de Robert Goyek, président du CEPCA (Conseil des Eglises protestantes du Cameroun), en France en janvier 2016, c’était au tour du secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, de se rendre au Cameroun.

A l’origine de ce voyage, il y a d’abord une invitation du CEPCA, l‘équivalent au Cameroun de la Fédération protestante en France, à participer à leur assemblée générale. Celle-ci se tenait à Garoua du 2 au 8 mai. Le pasteur Bertrand Vergniol a assuré la prédication du culte de clôture et a pu intervenir devant l’AG sur les questions de gouvernance dans les Eglises.

 

Environs de Garoua, Nord Cameroun (DR)

Environs de Garoua, Nord Cameroun (DR)

 

Cette visite fut également l’occasion de rendre visite à Nathan Minard, envoyé du Défap sur place. Il travaille comme « enseignant technique » dans deux établissements scolaires de Garoua. Accompagner et former des équipes techniques est sa spécialité.

Un partenariat renouvelé

 

Lors de l’AG du CEPCA, la volonté d’un partenariat renouvelé avec les Eglises protestantes de France, via le Défap, a été soulignée : échange de personnes, développement du réseau d’envoyés, organisation d’événements en commun tels des colloques, mise en place d’aumôneries.

Le Défap et le CEPCA envisagent d’ailleurs l’organisation d’un double colloque – un en Europe, un en Afrique – d’ici 2018, sur le thème « intégrisme et sécularisation ».

Education

 

Le pasteur Goyek souhaite développer des actions d’éducation populaire en direction de la jeunesse du Nord et Extrême Nord du Cameroun pour qu’elle ne succombe pas à l’attrait de l’islamisme radical. Il souhaite, en tant que président du CEPCA, associer les différentes Eglises implantées au Nord Cameroun et les communautés musulmanes traditionnelles dans le cadre d’un projet global aux dimensions multiples (inter religieux, sécurité alimentaire, médical, etc.), projet soutenu par divers organismes européens.

 

Ecole primaire dans l'enceinte de l'Eglise fraternelle luthérienne du Cameroun, Garoua (DR)

Ecole primaire dans l’enceinte de l’Eglise fraternelle luthérienne du Cameroun, Garoua (DR)

 

Le secrétaire général du Défap a profité de son séjour pour visiter le campus de l’UPAC à Yaoundé, avec son recteur, le professeur Bouba Mbima. Il a ainsi pu saluer ses étudiants et professeurs, et visiter les différents services du CEPCA avec son secrétaire général, le pasteur Jonas Kemogne.

Rencontre avec les officiels

 

Ce fut aussi l’occasion pour Bertrand Vergniol de rencontrer le Consul de France à Garoua et l’Ambassadrice de France à Yaoundé. Cette dernière prévoit d’organiser fin juin 2016, à l’Institut français du Cameroun à Yaoundé, une journée à la mémoire d’Eric de Putter, rassemblant les personnes ayant travaillé avec lui au Cameroun.

 

Ambassade de France à Yaoundé, DR

Ambassade de France à Yaoundé : au milieu, Madame Christine Robichon, ambassadrice ; à droite, Pasteurs Robert Goyek et Jonas Kemogme, du CEPCA ; à gauche, Claude Nwafo, consultant, et Bertrand Vergniol, Secrétaire Général du Défap (DR)

 

« Nous ne relâcherons pas nos efforts pour connaître la vérité et faire que la justice passe. J’ai demandé aux responsables d’Eglises concernés de tout faire pour que ce dossier soit poursuivi au Cameroun », indique le secrétaire général du Défap.

L’espoir, toujours là

Comme à chaque visite, Bertrand Vergniol a profité de son séjour pour visiter les Eglises et aller à la rencontre de la population.

 

Il a découvert avec joie l’Eglise située à Lagdo, à 50 kilomètres de Garoua. Une énergie formidable anime cette communauté. Nous le savons, le manque d’eau est une problématique constante dans cette partie du pays. Le forage d’un puit à côté du presbytère a permis une nette amélioration des conditions de vie des habitants. Des familles se sont même rapprochées du nouveau point d’eau, preuve que la vie se fortifie au milieu de ce désert aride.

 

Lagdo, à 50km de Garoua, DR

Forage réalisé par la paroisse protestante pour le quartier environnant (les maisons et cases de la ville sont sans eau courante), à Lagdo, à 50km de Garoua.

Sur la photo : à gauche, les reponsables d’Eglises ; à droite, Nathan Minard, envoyé du Défap.

 

« Yaoundé a beaucoup changé depuis ma dernière visite en 1984.  Bien sûr, les travaux de voirie et les transports en commun se font toujours attendre mais on perçoit une belle vitalité dans cette ville, en plein boom économique et immobilier » témoigne le pasteur Bertrand Vergnol.

 

Il note avec plaisir cette volonté forte des Camerounais de nouer des contacts avec les Eglises de France. L’accueil chaleureux que le CEPCA a réservé au Défap illustre cette détermination à faire fructifier ces relations multilatérales.

 




Des projets ambitieux pour Djibouti

Le pasteur Jean-Luc Blanc s’est rendu à Djibouti pour faire le point sur les projets du Défap sur place mais aussi aller à la rencontre de l’Eglise locale et des différentes partenaires.

Djibouti possède une communauté protestante très variée, ayant pour pasteur Michaël Schlick. Celui-ci, envoyé du Défap, arrive en fin de mandat. Le Défap est donc à la recherche d’un remplaçant pour son poste.

Outre l’envoi d’un pasteur, le service protestant de mission participe à plusieurs projets sur place.

 

Temple de Djibouti, mai 2016, DR

Temple de Djibouti, mai 2016, DR

 

Entre autres, la construction d’un temple à Djibouti : il est important de donner aux protestants un lieu de culte dédié. Les travaux sont toujours en cours, mais le projet avance, la façade étant finie et le mobilier acheté ; dès que la toiture sera en place, l’endroit pourra être utilisé comme lieu de culte.

 

Jardin du temple de Djibouti, DR Jardin du temple de Djibouti, DR

Jardin du temple, remis en forme dans le cadre du projet, DR

 

Un projet de formation des handicapés a également été mis en place, avec succès. La collaboration avec l’Union Européenne est tout à fait satisfaisante. Le programme touche 37 étudiants et le taux de réussite s’élève pour le moment à 67% !

 

Temple de Djibouti, DR

Temple de Djibouti, DR

 

Autre entreprise accompagnée par le Défap : un programme de formation « énergie solaire ». Des techniciens vont être formés en maintenance d’installations photovoltaïques. Ce projet permettrait non seulement au Centre de Formation de se développer, mais aussi de doter l’Église Protestante Evangélique de Djibouti (EPED) d’une unité de production d’électricité solaire. Par ailleurs, dans ce cadre, des panneaux solaires vont être installés sur le toit du temple en construction.

 

De beaux projets pour les années à venir !

 




Promouvoir l’enseignement protestant

Christon St Fort est membre du bureau du RIEP. Il nous parle de son organisme, la Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH) et de son rôle primordial dans la création du RIEP.

Christon St Fort est directeur de la FEPH, un regroupement de missions d’Eglises et d’organisations protestantes travaillant avec des écoles.

Créée le 9 mai 1986, elle a pour but de coordonner les différentes entités de l’enseignement protestant en Haïti.

Pour fonctionner et se développer, elle bénéficie de fonds internes apportés par ses membres (cotisations annuelles) et de fonds externes destinés aux projets qu’elle développe et qui sont financés par des bailleurs de fonds internationaux, organisations non gouvernementales ou confessionnelles comme le Défap.

 

Christon St Fort, DR

Christon St Fort, DR

 

Une Fédération partenaire de l’Education nationale

 

L’importance de la FEPH est reconnue en Haïti car elle sert, auprès des écoles protestantes du pays, de relais local au ministère de l’éducation haïtien. Ses actions ont une portée nationale car elle est présente dans les dix départements d’Haïti. « Là où il y a les Eglises protestantes, il y a la FEPH, car il y a une école », dit Christon.

Et pour être fidèle à sa vocation d’accueil, même si la FEPH est liée à l’Eglise, elle ne fait pas de discrimination religieuse dans ses élèves : elle existe pour tous les enfants d’Haïti, sans distinction de sexe ni de religion.

 

Actuellement, la Fédération possède un plan stratégique sur cinq ans dont les principaux axes sont :

– la mobilisation de ressources humaines, financières et matérielles ;
– la structuration et l’adéquation des services aux besoins des membres ;
– l’amélioration de la qualité de l’éducation et l’augmentation de l’offre scolaire (axe pour lequel la Fédération a été créée) ;
– la consolidation de la gouvernance et la mise en œuvre opérationnelle des nouvelles structures régionales ;
– le plaidoyer pour l’équité et la qualité dans le système éducatif national.

 

Le rôle de directeur de la FEPH qu’assume Christon St Fort implique des tâches nombreuses et variées : exécution des décisions du Conseil d’administration, mise en œuvre des projets (supervision pour la plupart, rôle d’officier de projet pour les autres), recherche d’opportunités financières ou non (fournitures scolaires, matériel, locaux), représentation de l’institution auprès de partenaires (plaidoyer), administration et gestion de la Fédération.

 

La FEPH & le RIEP : une histoire intimement liée

 

En 2011, la FEPH a participé à un colloque sur l’enseignement protestant organisé par le Défap. En 2013, pour le second, le Défap a proposé à la FEPH de participer à sa préparation.

Les participants du premier événement avaient « exprimé leur envie de poursuivre ce genre d’échanges, et de voir comment créer une plateforme permanente d’échanges, non seulement entre les pays du Sud, mais également avec les pays du Nord », explique Christon.

C’est ainsi qu’en 2013, la résolution a été prise de créer une structure.

Christon St Fort est un des membres fondateurs du RIEP, « que ce soit au niveau de l’institution que je représente, ou au niveau personnel, car je suis impliqué dans la création du Réseau », dit-il. Il a été désigné officiellement par le conseil d’administration pour représenter la FEPH au sein du Réseau. Il est ainsi membre, mais également secrétaire du bureau.

 

Le RIEP : un succès

 

« Le RIEP est un coup d’essai, mais aussi un coup de maître aujourd’hui, car il se renforce au jour le jour. Le nombre de membres du RIEP a augmenté, c’est un réseau qui s’agrandit :  nous sommes passés de 11 à 14 membres et 1 observateur ».

Pour Christon, le RIEP est un outil efficace de promotion de l’enseignement protestant et de recherche de financements. « Depuis 2011, c’est ce que nous avons essayé de faire : promouvoir l’enseignement protestant, les valeurs protestantes à travers nos moments d’échanges, nos regroupements, jusqu’à la création de la structure ». La mise en place d’un organisme de plus grande envergure, avec l’appui du Défap, permet d’ouvrir des portes qui sont aujourd’hui fermées à de plus petites structures.

 

« Il faut continuer à avancer patiemment mais sûrement. Nous avons intégré de nouveaux membres. Des projets se mettent en place, se construisent », explique-t-il. Lors du bureau d’avril 2016, des demandes ont été faites pour « dynamiser les échanges entre les membres. Le RIEP se veut, d’après moi, un outil de promotion de l’enseignement protestant. Il faut pouvoir donner une grande place aux échanges entre les membres du RIEP, avec un partage d’expériences sur ce qui se fait, pour voir comment chacun, dans sa sphère d’action, peut présenter un exemple positif ».

 

Christon St Fort conclut : « Je crois qu’il est important de promouvoir l’enseignement protestant. Et ceci pour deux raisons fondamentales : la première est que les valeurs protestantes peuvent promouvoir la paix et le progrès dans le monde. La deuxième raison est liée aux 500 ans de la Réforme [2017, NDR], qu’on a commencé à fêter. Des dispositions ont déjà été prises en Haïti pour fêter le bicentenaire de l’éducation protestante en Haïti ».

 




Développer les valeurs humaines à l’école

Jean Kaseréka est coordinateur communautaire des écoles de la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA). Egalement membre du bureau du RIEP, il nous a parlé de son expérience éducative.

La CBCA gère 655 écoles : 22 écoles maternelles, 418 écoles primaires, 255 écoles secondaires.
Au sein de la communauté, Jean est un des quatre coordinateurs. Comme il réside à Goma (République Démocratique du Congo), où se trouve le siège de la CBCA, il a été également désigné comme chef du département de l’éducation.

 

Jean Kaseréka, DR

Jean Kaseréka, DR

Outre ces fonctions, il est directeur du programme de formation des enseignants à pédagogie active participative, programme financé par l’Allemagne depuis 10 ans.

 

L’ÉTAT DE L’ÉDUCATION EN RDC

 

« Nos écoles sont appelées « écoles conventionnées » : publiques, mais confiées par l’Etat aux Eglises pour la gestion », explique-t-il.

En effet, les écoles de RDC ont été nationalisées en 1975. Mais, au vu de la dégradation de la situation des établissements scolaires (pillage, corruption), les parents ont demandé la rétrocession des écoles aux Eglises. C’est pourquoi, depuis 1977, l’Etat et les institutions religieuses (Eglise catholique, Eglises protestantes et communauté musulmane) ont signé une convention de gestion.

Ainsi, les écoles restent publiques mais elles sont gérées par les Eglises qui peuvent y dispenser des cours de religion et instaurer l’aumônerie au sein des écoles. Pour Jean, c’est ce qui a permis de sauver l’éducation en RDC : moins de 15 % des écoles publiques sont gérées par l’Etat.

 

LE RIEP : POURQUOI ?

 

Jean Kaseréka est membre du bureau du RIEP depuis 2015 : il souhaite y apporter sa contribution.

Au niveau régional, une telle organisation existe avec le Rwanda et un travail a été mis en place avec le Cameroun : il souhaite élargir ce cercle régional à d’autres pays (Congo-Brazzaville, République centrafricaine…).

« Ce que nous attendons du RIEP, c’est de coordonner les activités qui se font dans les écoles protestantes pour favoriser les échanges entre les membres », dit-il. « Nous avons besoin de travailler comme un corps si nous voulons promouvoir la qualité de l’éducation dans les écoles protestantes ».

 

Pour Jean, il existe un grand défi : « Dans mon pays, les écoles protestantes ont longtemps été perçues comme des écoles de second niveau. Mais depuis que nous avons mis en place le Programme de formation des enseignants à pédagogie active participative, nous recevons des témoignages, notamment d’inspecteurs officiels, qui constatent que la qualité de l’éducation est meilleure. Le but n’est pas d’être le premier », souligne-t-il, mais de « développer les valeurs humaines dans nos écoles. Il y a beaucoup de corruption, d’insécurité et de chômage dans le pays », dit-il, et il existe ainsi le « besoin que l’école apporte des valeurs à la société. C’est cette école-là que nous voulons promouvoir, d’où la nécessité du partage d’expérience. A travers le RIEP, le Défap, nous voulons travailler pour échanger autour d’expériences réussies, les partager ».

 

LE RIEP, UN APPUI AUX PROJETS

 

Un autre aspect important selon Jean, c’est de « développer des projets communs avec le RIEP ». Tout comme les autres membres du bureau, il a présenté des projets à développer au sein de son pays, avec l’objectif que le RIEP participe à leur financement grâce à de grands bailleurs de fonds.

Ces projets ciblent différents thèmes : l’éducation à la paix (chose essentielle dans la région des Grands Lacs, région imprégnée d’une insécurité permanente), la sauvegarde de l’environnement, la réhabilitation de certaines infrastructures scolaires.

 

Le bilan que Jean fait du RIEP depuis deux ans est éloquent : « Nous saluons le travail du RIEP, avec Mme Mireille Boissonnat qui s’investit beaucoup dans le projet, mais aussi le pasteur Jean-Luc Blanc. Le RIEP milite pour une éducation de qualité dans le secteur protestant. » Et d’ajouter : « Nous comptons beaucoup sur le Défap pour nous fédérer. Nous voulons aussi compter sur le gouvernement français, car nous faisons partie d’un espace francophone ».

 




Partager et échanger pour mieux enseigner

Samuel Mutabazi est membre du bureau du RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant). Il a répondu à nos questions concernant son engagement dans l’éducation.

Samuel est pasteur de l’Eglise anglicane au Rwanda. Outre sa fonction pastorale au sein d’une paroisse, il est directeur du Bureau National de l’Enseignement Protestant dans son pays (BNEP).

A ce titre, il est chargé de coordonner toutes les écoles protestantes du Rwanda, c’est-à-dire plus de 1 300 établissements scolaires (maternelle, primaire, secondaire), 30 écoles professionnelles et 6 instituts d’enseignement supérieur.

 

Samuel Mutabazi, DR

Samuel Mutabazi, DR

 

Les différentes écoles membres du BNEP appartiennent aux 19 Eglises protestantes du pays. Elles sont regroupées au sein du Conseil protestant du Rwanda, pour une meilleure coordination.

 

La naissance du RIEP

 

Le BNEP a participé aux différents colloques sur l’enseignement organisés par le Défap. C’est ainsi qu’en 2013, cette organisation a pris part à la mise en place du RIEP dont il est l’un des membres fondateurs.
Elu par ses collègues pour être membre du bureau du Réseau, Samuel est trésorier du RIEP. C’est dans ce cadre qu’il participait à la réunion du bureau qui a eu lieu les 19 et 20 avril dernier à Paris.

Pour Samuel Mutabazi, l’échange est quelque chose d’essentiel. Une opportunité que lui offre la RIEP car, même cette institution est encore jeune, elle a déjà organisé de nombreuses réunions, lieux d’échanges entre membres autour des questions d’éducation et mis en place des outils pour faciliter le partage d’expériences.

 

Projets

 

Au Rwanda, les membres du BNEP effectuent tout un travail régional de coordination des écoles protestantes dans la région. Un travail validé et encouragé par le RIEP.

Le pasteur Mutabazi a de grands espoirs pour le RIEP : « C’est vraiment un réseau d’une grande importance », dit-il, « parce qu’aujourd’hui, il n’est pas possible de se développer seul. Nous avons besoin les uns des autres, besoin de nous retrouver dans un réseau comme celui-ci pour voir les progrès de chacun, échanger sur leurs difficultés, mais aussi mettre en place des actions et une stratégie qui vont nous permettre de mieux avancer ».

Il conclut sur ce message : « J’appelle les autres organisations protestantes impliquées dans l’éducation à se joindre à nous afin de constituer un réseau fort et dynamique ».