Lettre de Nouvelles – Mission pas si impossible

À la suite de la formation des volontaires organisée début juillet, Mamadou, 26 ans et originaire de Guinée, s’apprête à rejoindre le Bénin pour une mission de Volontariat de Solidarité Internationale. En tant que chargé de communication et du développement des ressources au CIPCRE, il mettra ses compétences au service d’une ONG engagée auprès des communautés locales. Dans cette première lettre de nouvelles, il revient avec humour et sincérité sur son parcours, ses engagements, ses motivations… et sur le chemin (parfois inattendu) qui l’a conduit jusqu’ici.

Je m’appelle Mamadou Lamarana SOW, mais tout le monde ici m’appelle Mamadou. J’ai 26 ans et je suis originaire de la Guinée dont la capitale est Conakry et non de la Guinée-Conakry comme disent certains :). Je pars pour le Bénin en tant que VSI au poste de Chargé de communication et du développement des ressources au CIPCRE : Cercle International pour la Promotion de la CRÉation. C’est une ONG internationale de droit camerounais et d’obédience protestante qui aide les populations locales, notamment les agriculteurs et artisans à s’autonomiser en leur donnant les compétences et outils nécessaires à l’amélioration de leur activité et de leurs conditions de vie.

J’ai une Licence et un Master en Communication avec une spécialisation dans le web marketing. Actuellement, je travaille à mon compte en tant que Traffic Manager et je donne des cours de français et de maths à domicile au niveau primaire et collège. Si c’est la première fois que vous entendez le mot Traffic Manager, pas de panique ! Moi-même, je ne le connaissais pas avant de commencer mon Master, c’est-à-dire il y a à peine trois ans. Pour le définir simplement, il s’agit de la publicité en ligne et de la création de contenu pour les réseaux sociaux ou sites web d’une organisation.

Par ailleurs, j’ai toujours été engagé pour des causes sociales et sans que je ne sache vraiment pourquoi, on m’a toujours nommé à des postes qui s’apparentent de près ou de loin à la communication. À 17 ans, en classe de seconde, j’ai adhéré à une association de jeunes de mon village pour la première fois. Et déjà à l’époque, j’occupais le poste de chargé à l’information parce que les gens trouvaient que je “parlais bien français”. Une nomination qui s’est révélée prémonitoire pour la suite de ma carrière. Entre septembre 2022 et aujourd’hui, j’ai successivement occupé, à titre bénévole, les postes de Secrétaire général et de chargé de communication pour l’Association des Jeunes et Étudiants Guinéens du Rhône (AJEGUIR), et de chargé de communication pour l’Association des Jeunes Guinéens de France (AJGF). Ces expériences enrichissantes ont été un tremplin pour moi afin de mettre en pratique mes compétences apprises à l’école, et surtout, de me faire un réseau d’amis personnels et professionnels.

En termes de personnalité, je me définirais comme étant quelqu’un de jovial, loyal en amitié et passionné dans ce que je fais. J’essaye toujours de mêler l’utile à l’agréable. Quand quelque chose est utile, j’essaye de le rendre agréable avec une dose d’humour comme le ton de cette lettre, et quand quelque chose est agréable, j’essaye de le rendre utile. Je suis comme ça et je ne peux m’en empêcher 🙂 Par exemple, je suis passionné par l’IA et la communication. Pour rendre cela utile, j’ai créé un pont entre ces deux passions en lançant un blog pour apprendre aux gens à utiliser l’IA pour mieux communiquer. Ça s’appelle commarketingai.com. J’espère que l’équipe Communication du Défap ne me sanctionnera pas pour cet instant commercial en refusant de publier ma lettre sur leur site web :).

Plus sérieusement, les raisons de mon engagement en tant que VSI et en particulier en Afrique, sont multiples. D’abord, je parlerai de signe divin et vous allez comprendre pourquoi. Il y a à peine trois mois, je terminais la lecture du classique de sociologie “L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme » de Max Weber. Une œuvre qui m’a permis de comprendre des valeurs protestantes comme la dévotion et l’honnêteté dans le travail comme forme d’adoration de Dieu, la quête individuelle de la Grâce divine, qui peut se manifester par l’enrichissement économique comme preuve de cette grâce, la solidarité intracommunautaire qui incite à parfaire sa conduite pour préserver sa réputation, et la frugalité dans la gestion des dépenses. Des valeurs qui ont certes favorisé l’émergence du capitalisme de l’avis de ce bon vieux Max, mais surtout, des valeurs dans lesquelles je me suis reconnu, même en tant que musulman.

Quelques jours seulement après avoir fini la lecture de ce livre, je suis tombé sur une offre du Défap en tant qu’Assistant communication pour l’un de ces partenaires au Togo qui est une association d’obédience évangélique. En ce temps, je priais beaucoup Dieu pour qu’il m’aide à trouver un emploi dans mon domaine. Donc quand j’ai vu cela, j’ai directement fait le lien avec le livre que je venais de terminer. Je n’ai pas été retenu pour cette dernière, mais le Défap m’a fait une contre-proposition : une offre au Bénin à laquelle je me suis engagé.

Une autre raison qui me pousse à partir est le fait que ce soit en Afrique. En effet, depuis mon arrivée en France en 2018, je me suis juré que si j’avais l’opportunité de retourner travailler en Afrique à la fin de mes études, je le ferais sans hésiter. Je pense qu’il y a beaucoup plus de choses à faire là-bas, chez moi, qu’ici en France. En tout cas, c’est l’impression que j’ai — et tant mieux, si c’est davantage guidé par le cœur que par la raison. Car comme dirait Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Puis, le fait que ce soit au Bénin, un pays en pleine croissance économique avec une grande richesse culturelle et un énorme potentiel touristique, est une motivation supplémentaire qui rend cette aventure encore plus intéressante. J’ai déjà hâte d’y être !

Pour clore ce chapitre sur les raisons de mon départ, je dirais que ce n’est pas moi qui ai choisi le secteur associatif, mais que c’est plutôt lui qui m’a choisi. J’ai volontairement ignoré le Master Communication Humanitaire et Solidaire à l’Université Lumière Lyon 2 après ma Licence afin de suivre un autre chemin que deux de mes trois grand-frères qui eux, travaillent dans ce secteur avec des ONG internationales. Malgré cela, quand j’ai essayé de trouver une alternance en 2ème année de Master avec l’ISCOM Lyon, la seule organisation qui a accepté de me recruter était un collectif d’ONG internationales de développement dans lequel j’ai occupé le poste de chargé de communication et plaidoyer. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir postulé à des dizaines d’offres et passé quelques entretiens. Finalement, c’était un mal pour un bien car j’ai été vraiment épanoui au sein du Groupe initiatives, c’est le nom du collectif.

Pour ce qui est de mes attentes sur le plan professionnel, je dirais que c’est de bien m’entendre avec mes futurs collègues, avoir les ressources matérielles indispensables à l’exercice de ma fonction et atteindre les objectifs pour lesquels on m’a engagé : accroître la notoriété des actions du CIPCRE, faire comprendre sa mission à la population locale et attirer de nouveaux partenaires techniques et financiers. J’espère à la fin, que cette mission m’ouvrira grandement les portes du secteur de la solidarité internationale afin d’y apporter ma modeste contribution pour rendre le monde un peu plus habitable chaque jour.

Sur le plan personnel, je dirais que c’est de voyager à travers le pays pour apprendre la culture locale. Je compte notamment visiter les Palais Royaux d’Abomey, résidence des anciens rois du Dahomey, classée patrimoine mondial de l’UNESCO. Et en tant que fils de tailleur, je souhaiterais explorer les motifs des tissus locaux pour en comprendre les significations.

S’agissant de mes craintes, je dirais qu’elles sont essentiellement liées au risque d’incompréhension sur les façons de travailler en raison de la différence culturelle, au potentiel manque de moyens matériels car je sais d’expérience que les associations n’ont pas toujours les moyens de leurs ambitions quel que soit le pays ou le continent, et la méconnaissance du pays et de la structure d’accueil.

Cependant, je reste optimiste car quand je regarde le chemin parcouru pour en être là aujourd’hui, je me dis que ça va bien se passer, que c’est le plan de Dieu et qu’il ne peut en être autrement. Comme dit le Saint Coran (3/54), “Allah est Le Meilleur des planificateurs”.

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Le Défap en Tunisie : Des Partenariats Durables au Service de l’Engagement

Du 10 au 14 mars 2025, Caroline Mpessa Lobe, responsable du Volontariat au Défap, s’est rendue en Tunisie. Cette mission avait un triple objectif : renouer les liens avec des partenaires de longue date, visiter des projets concrets sur le terrain et rencontrer les volontaires engagés. Dans un contexte tunisien en évolution, marqué par des tensions sociales mais aussi par une vitalité associative forte, le séjour a permis de prendre toute la mesure des besoins, des dynamiques locales et du rôle que peut jouer le Défap dans l’accompagnement de ces initiatives.

Construire, transmettre, accompagner : les partenaires du Défap à l’œuvre

L’Église Réformée de Tunisie (ERT)

Présente à Tunis et à Sfax, l’ERT a vu son visage évoluer avec l’arrivée de nombreux étudiants d’Afrique subsaharienne et le dynamisme de pasteurs engagés. Profondément ancrée dans l’héritage protestant, elle assume aujourd’hui une mission sociale forte face à l’augmentation de la précarité migrante dans un contexte politique tendu.

Si ses ressources restent limitées, son engagement est intact, et ses relations œcuméniques fécondes. L’ERT souhaite accueillir un volontaire en appui à la structuration de son action sociale : un soutien précieux pour renforcer le travail déjà mené avec les plus vulnérables.

L’Association tunisienne d’agriculture environnementale (ATAE, ou Abel Granier)

Fondée par May Granier, 82 ans, l’ATAE porte une vision humaniste et durable de l’agriculture. Malgré des défis organisationnels et financiers importants, cette association de terrain poursuit son action au plus près des agriculteurs, pour préserver les sols et les pratiques locales.Les volontaires envoyés par le Défap y jouent un rôle-clé dans la gestion de projets, la recherche de financements et l’appui technique. L’ATAE souhaite poursuivre et renouveler cette coopération, signe de sa reconnaissance pour l’accompagnement apporté par le Défap.

L’école Kallaline

Située dans la médina de Tunis, l’école Kallaline bénéficie du label FrancÉducation et propose un enseignement primaire bilingue. Après quelques années sans volontaire, l’école s’était montrée favorable à un nouvel envoi à la rentrée 2025.

Mais son changement de statut rend juridiquement impossible l’accueil de volontaires en VSI ou service civique. Le partenariat est donc suspendu, malgré l’attachement historique à ce projet éducatif d’excellence.

Trois visages de l’engagement en Tunisie

La mission a permis de riches échanges avec l’Espace Volontariats de France Volontaires, qui reste un interlocuteur essentiel pour le suivi, la logistique et les perspectives de coopération en Tunisie. Les volontaires rencontrés incarnent pleinement les valeurs de service et de solidarité portées par le Défap.

Laurent

Volontaire depuis août 2024 à l’ATAE, il œuvre à la structuration interne de l’équipe, à la coordination de projets et à la recherche de financements. Très investi, il a su renforcer l’efficacité organisationnelle de l’association. Son engagement pourrait se poursuivre, à titre bénévole, au-delà de son VSI.

Stéfanie

Volontaire depuis plusieurs années, elle mène aujourd’hui un projet de banque fourragère dans le sud de Tunis. Entre enquêtes de terrain, ateliers avec les agriculteurs et démarches institutionnelles, elle contribue à une gestion durable de l’eau et des ressources agricoles. Parlant arabe et bien intégrée, elle projette aussi un projet d’école verte dans la même région.

Tijmen

Engagé sur des projets agricoles et commerciaux entre l’ATAE et TGS Agro-business, il jongle entre innovation agronomique, coordination logistique et enjeux commerciaux complexes. Très impliqué dans la vie de l’ERT, il milite pour un équilibre entre business et mission spirituelle.

Tous trois témoignent d’un engagement profond, d’une belle intégration locale, et d’un lien fort avec l’ancienne équipe de volontaires restés en Tunisie, notamment Benoît et Patricia.

Des perspectives pour une solidarité durable

Cette semaine de mission a permis de reprendre la mesure du terrain, dans sa complexité et sa beauté : échanges sous le soleil, visites de fermes, repas partagés, balades dans Tunis… autant de moments précieux qui nourrissent l’action du Défap.

Dans un contexte en constante évolution, l’appui aux associations locales, comme l’ATAE, demeure pertinent et nécessaire. La volonté de l’ERT de renforcer son action sociale appelle également une attention renouvelée. Enfin, la question de la réciprocité reste ouverte, avec des partenaires prêts à s’y engager.

Au-delà des projets, ce sont des femmes et des hommes qui portent une espérance concrète, à travers leur foi, leur travail et leurs liens. Le Défap, par sa présence discrète et fidèle, continue de soutenir cet élan vivant de solidarité.




Lettre de Nouvelles – J’avance avec le Seigneur, non par obéissance mais en reconnaissance

À 62 ans, après une carrière riche au sein de l’Éducation Nationale et de l’AEFE, Pierre Llorca s’engage comme Volontaire de Solidarité Internationale à Casablanca, au Maroc. À la suite de la session de formation des volontaires organisée début juillet, il revient sur son parcours, ses rencontres marquantes, et sa motivation profonde : mettre son expérience et son écoute au service des plus vulnérables.

Je m’appelle Pierre LLORCA, 62 ans, originaire de Bordeaux, retraité de l’Éducation Nationale, ancien de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE, Ministère des Affaires Étrangères).

Après une abondante carrière professionnelle en France et à l’étranger, je souhaite aujourd’hui orienter mes engagements vers des missions humanitaires, au service de valeurs chrétiennes.Au-delà des frontières, les liens à tisser et les relations fraternelles à édifier demeurent des motivations essentielles.

Au long de mes affectations et voyages personnels à l’étranger, j’ai souvent été touché par la vie d’hommes, de femmes et d’enfants survivant dans la précarité, soit oubliés des systèmes économiques et sociaux, soit en situation de migration illégale.De ces rencontres parfois improbables, toujours émouvantes, riches d’enseignements, je garde le sens de l’écoute, la volonté de comprendre, le besoin d’aider sans ingérence, tous ces leviers moteurs de compassion et d’empathie.De tous ces mots échangés, ces regards croisés, ces cœurs ouverts et ces bras serrés, rien n’a jamais été oublié…En Colombie, mes petits frères et sœurs, enfants et adolescents des rues oubliés de tous, marqués par la faim, la drogue et la prostitution…Dans les bidonvilles de Mexico, la beauté d’hommes et de femmes qui ne demandent rien mais vous offrent tant…En République Dominicaine, mes amis haïtiens pour la vie, immigrés illégalement dans un pays totalement hostile…Très récemment en Tunisie, à travers l’Église Réformée de Tunis (ERT), mes frères et fils de cœur subsahariens qui m’ont changé pour toujours…

Aujourd’hui, au moment où j’écris ces quelques lignes dans les somptueux locaux du Défap – Paris,je participe à une session de préparation au départ dans le cadre d’un VSI à Casablanca – Maroc.Le Défap et le CEI-EEAM (Comité d’Entraide Internationale – Église Évangélique Au Maroc) m’ont offert la mission de Responsable national du projet « Bourses » afin d’assister l’équipe locale intervenant auprès des migrants, particulièrement des étudiants subsahariens et haïtiens.

Je profite donc de cette page pour adresser ma reconnaissance et dire ma fierté à tous ceux, d’ici et d’ailleurs, qui ont placé leur confiance et bienveillance en moi pour cette mission.Comment ne pas se sentir privilégié de voir s’exaucer les vœux sincères d’avancer et œuvrer au service de notre Seigneur qui ouvre les voies…?

Cette année, notre promotion a pris le nom de « Les Défapés 2025 », sûrement parce qu’il rime avec « engagé », « missionné », « amitié », « solidarité », « fraternité », « complicité », « attentionné »…

Me sentant le « grand frère » de notre promo, je veux dire à mes 11 frères et sœurs Défapés, à ma si jolie famille de cœur, combien je vous admire tous, combien vous êtes chacun dans vos différences une source d’inspiration, combien je vous apprécie de n’être personne d’autre que vous-même, combien j’aime tout ce que je ressens en partage…Une seule promesse des « Défapés 2025 » : « Ne jamais oublier… » !

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Lettre de Nouvelles – Le carnet d’un départ

À la suite de la formation des volontaires organisée début juillet, Noémie, prendra bientôt son envol pour Madagascar dans le cadre d’une mission de solidarité internationale. Avant même son départ, elle partage sa première lettre de nouvelles, dans laquelle elle évoque ses attentes, ses motivations et ses projets personnels.

Je m’appelle Noémie Canon, j’ai 22 ans et je suis originaire de l’île d’Oléron. Après avoir grandi au bord de l’Atlantique, il est temps pour moi de quitter l’île de mon enfance pour en découvrir une autre, bien plus lointaine : Madagascar.

Ce départ est l’occasion pour moi de répondre à un besoin intérieur : celui de me sentir utile, d’apprendre, de me confronter à d’autres réalités, de sortir de ma zone de confort.

Ce que je recherche avant tout, ce sont les liens. J’aime profondément partager, écouter, échanger. Je crois qu’il existe une vraie sincérité, une forme de spontanéité dans les relations avec les enfants. C’est pour cela que j’ai souhaité m’impliquer dans une mission éducative et humaine, dans laquelle je pourrai apporter un soutien affectif, mais aussi recevoir en retour une richesse de vie inestimable.

Mes attentes sont simples, mais elles comptent beaucoup pour moi : Grandir dans un environnement inconnu, apporter un soutien affectif et éducatif aux enfants, vivre des moments de convivialité, découvrir la culture culinaire malgache (et bien manger, on ne va pas se mentir !), être en cohésion avec mon binôme, voyager et m’ouvrir au monde.

Pendant ma mission, j’aimerais aussi partir à la rencontre de la philosophie du mora mora, non pas seulement en parlant, mais en la vivant pleinement, et en la documentant à travers deux petits projets personnels :

  • Série photo : Chaque semaine, je capturerai un moment de lenteur ou de douceur à travers une photo. Ces clichés seront accompagnés de quelques mots, d’un ressenti ou d’un petit titre symbolique. Je compilerai cette série dans un carnet, un blog ou une vidéo de fin de mission.
  • Carnet intérieur : mon rapport au temps. En parallèle, j’écrirai régulièrement sur mon propre rapport au rythme malgache :
    • Est-ce que le “mora mora” me déstabilise ? Est-ce que je m’y habitue ?
    • Comment ça impacte ma vision du travail, des priorités, des relations humaines ?
    • Est-ce que j’arrive à lâcher prise, ou est-ce que je lutte contre le ralentissement ? Ce journal me permettra de mettre des mots sur ce que je traverse, et peut-être, de mieux comprendre ce que cette expérience m’apporte.

Bien sûr, j’ai aussi quelques craintes. Le rapport aux maladies, la peur du paludisme, qui est quand même bien présent à Madagascar…

La peur de me sentir inutile dans ma mission. Et celle de manquer des événements importants avec ma famille, d’être loin quand il se passe quelque chose. Mais malgré tout ça, je pars le cœur ouvert. Avec l’envie de donner, de recevoir, de grandir. Avec curiosité, bienveillance et un brin de trac, ce bon trac qui précède les aventures qui comptent.

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Le Défap au Grand Kiff 2025 : une mission de rencontre et d’ouverture

Du 25 au 29 juillet 2025, le Grand KIFF a rassemblé à La Force, en Dordogne, plus de mille jeunes protestants venus de toute la France et d’ailleurs. Pour cette édition placée sous le thème « Respire, espère – Recevoir sa paix pour agir avec espérance », le Défap était représenté par Raphaëla, Nicolas et Nomena, engagés tout au long de l’événement. Présents aux côtés de la CEVAA – Communauté d’Églises en mission dans la tente de rencontre de l’Église universelle, ils ont porté une mission vivante, interculturelle et profondément engagée.

Une implication en amont avec l’AlterKIFF

Avant l’ouverture du Grand KIFF, le Défap a également pris part à l’Alter KIFF, un camp de jeunes adultes organisé du 18 au 31 juillet, pour contribuer à la préparation et à la réalisation de l’événement. Communication, logistique, animation, musique, accueil… Raphaela, Nicolas et Nomena ont pu mettre leurs talents au service du collectif – ou en découvrir de nouveaux.

Le Défap a également eu l’occasion de présenter ses actions aux participants de l’Alter KIFF, à travers un temps d’échange dédié. Ce moment a permis de mieux faire connaître ses missions, notamment dans le domaine de la solidarité internationale et de l’interculturalité, et de susciter l’intérêt de jeunes curieux d’en savoir plus sur l’engagement à l’étranger.

En plus de la préparation technique et logistique du Grand KIFF, l’Alter KIFF proposait des temps de formation, de vie en communauté, de prière, et de liens renforcés avec la Fondation John Bost, lieu d’accueil du rassemblement. Une expérience où se conjuguent foi, interculturalité et engagement concret.

Un espace de rencontre interculturel

Tout au long de l’événement, le Défap a co-animé la tente de l’Église universelle avec la CEVAA, en accueillant des délégations venues de plusieurs Églises partenaires : Sénégal, Togo, Gambie, Nouvelle-Calédonie… Un espace vivant, rythmé par des temps de discussion, de découverte, des animations et des partages sur les réalités ecclésiales d’ici et d’ailleurs. La tente a été un lieu de rencontre à part entière, incarnant l’un des piliers de la mission du Défap : la rencontre de l’autre, dans toute sa diversité. « Cette tente était un symbole d’interculturalité et de fraternité, c’était le lieu de rencontre et de partage entre différentes cultures » raconte Nomena.

Le volontariat mis à l’honneur

Le Grand KIFF a aussi été une belle vitrine pour le volontariat international et le service civique, deux formes d’engagement au cœur de l’action du Défap. Des jeunes ont pu rencontrer des volontaires en mission ou de retour de mission, écouter leurs témoignages et poser leurs questions. Des volontaires de réciprocité présents au Grand KIFF comme Nomena, en mission à Paris, ont aussi partagé leur expérience, montrant comment l’échange peut transformer, des deux côtés. « Il est intéressant de voir l’aspect multiculturel que je peux constater auprès de La Rédemption ainsi que du Défap. Je découvre la culture même de mes structures de mission, et en parallèle, la culture française. Aussi, je partage ma culture avec les autres (art culinaire, traditions, langues, etc). La réciprocité et le statut de Volontariat de Solidarité Internationale, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir au monde et à une nouvelle culture, de marcher dans l’inconnu et d’élargir ses horizons » explique Nomena.

« Pendant cinq jours, je me suis déconnecté de la vie quotidienne pour me ressourcer spirituellement et socialement », confie Nomena, encore émerveillé par l’intensité de l’expérience. Entre les temps de prière partagée, les animations dynamiques, les échanges interculturels et les veillées festives, le Grand KIFF et l’Alter KIFF ont offert un véritable espace de respiration et de rencontre. L’équipe du Défap en repart le cœur rempli de gratitude, la tête pleine de souvenirs, et renforcée dans sa mission : tisser des liens entre les Églises du monde, encourager la jeunesse à s’engager, et faire vivre au quotidien la richesse de l’interculturalité.




Échos du Colloque de Pomeyrol

Chaque été, le colloque de Pomeyrol réunit théologiens, penseurs et croyants engagés pour réfléchir aux grands enjeux spirituels, politiques et culturels de notre temps. Cette rencontre, ancrée dans la tradition protestante mais résolument ouverte sur le monde, est un espace de dialogue entre foi, engagement et justice.

Parmi les temps forts de cette édition, la session animée par Komivi Elom Alagbo a marqué les esprits. Sous le titre : Notre héritage chrétien occidental : perceptions, pouvoir, sacré, Elom nous invite à un décentrement salutaire. Il interroge l’impact de l’héritage missionnaire occidental sur l’imaginaire social et religieux africain.

À travers une lecture inspirée de philosophes, Elom explore la manière dont cet héritage a façonné la construction des identités culturelles et spirituelles en Afrique. Il met en lumière une triple perception largement répandue dans les sociétés africaines : le christianisme comme institution étrangère et aculturelle, une foi perçue comme « blanche », donc non-africaine, et un héritage religieux qui tend à éloigner les croyants de la vie politique.

Enfin, en mobilisant la théologie de la reconstruction, il appelle à une relecture de l’imaginaire africain, capable de guérir, de créer, et de refonder une spiritualité enracinée, vivante, et engagée.

🎙 Cet épisode vous propose de revivre cette session. Une réflexion profonde sur la mémoire collective, la puissance des mythes, et la nécessité urgente de réenchanter l’imaginaire pour reconstruire l’Afrique.ÉCOUTER L’ÉPISODE




Lettre de Nouvelles – Semer la solidarité sur les terres arides

À la suite de la formation des volontaires du Défap qui s’est tenue début juillet, Bernard, prochainement Volontaire de Solidarité Internationale (VSI) à Djibouti, nous adresse cette première lettre. À travers ces quelques lignes, il partage ses impressions à l’aube de son départ en mission et nous fait part de ses attentes, de ses motivations et de l’engagement qui l’anime avant de rejoindre le terrain.

Au creux de ma foi, telle une flamme vive dans la nuit du monde, brûle un appel : celui d’un désert vibrant de lumière et de silence, où l’espérance se lève avec le soleil. C’est à Djibouti, terre de contrastes et de promesses, que je m’apprête à répondre à cet appel, porté par le Défap.

Ma mission consistera à diriger le centre de formation de l’EPED, dont l’action s’adresse principalement aux personnes en situation de handicap. Il s’agira d’un poste de responsabilité, en lien étroit avec les partenaires internationaux, les institutions locales et la mission protestante. Par cette présence et nos projets, nous chercherons à rendre visible la compassion de l’Église, non pas en paroles, mais en actes, aux côtés des plus vulnérables.

Mes convictions sont les voiles tendues au vent de cette traversée. Ma famille est l’ancre solide, dont le soutien silencieux me rappelle que servir les plus fragiles est un acte de foi. Le Défap et la structure d’accueil seront mes repères, mes étoiles dans la nuit des incertitudes, m’aidant à franchir les seuils de l’inconnu avec confiance.

Oui, des craintes subsistent : l’intégration dans un nouvel environnement, l’adaptation de mes proches, les défis quotidiens. Mais ces appréhensions sont aussi le terreau d’une vigilance aimante, d’une préparation habitée. Elles nourrissent en moi une soif de rencontre, de dialogue, d’échange sincère.

J’imagine déjà ces lieux de formation : un formateur courbé sur son ouvrage, un jeune en situation de handicap découvrant sa propre force, un artisan réconciliant la technique et la beauté. Sous l’ombre mouvante d’un acacia, des liens se tissent, des savoirs se partagent, des visages s’éclairent.

J’espère apprendre autant que je transmettrai. Je désire aussi approfondir ma compréhension des enjeux sociaux et environnementaux : les conflits liés à la gestion de l’eau – cette ressource rare et précieuse – les pratiques agricoles résilientes forgées par l’expérience des communautés locales. Car chaque graine de solidarité, semée avec respect, peut irriguer les terres les plus arides de fraternité.

Cette mission est pour moi un chemin de foi et d’engagement, une marche humble vers l’autre, dans l’esprit d’une justice partagée et d’une humanité réconciliée.

Je vous remercie de la confiance que vous m’accordez. C’est avec détermination, espérance et gratitude que je m’apprête à prendre part à cette aventure.

Avec mes salutations respectueuses et fraternelles,

Bernard Kangni FOLLY

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Cap sur le Grand KIFF #2 – Glad & Jeanne

Dans ce nouvel épisode de notre podcast « Mission témoignage – Défap », direction le Sénégal, avec les témoignages de deux jeunes participants. : Glad et Jeanne, tous deux venus pour la première fois vivre l’aventure du Grand KIFF 2025.

Organisé par l’Église protestante unie de France (EPUdF), le Grand KIFF est un rassemblement national de la jeunesse protestante, qui aura lieu cette année du 25 au 29 juillet à La Force, en Dordogne. Il réunit des jeunes de France et d’ailleurs autour du thème : « Respire, Espère – Recevoir sa Paix pour agir avec espérance ».

Glad et Jeanne nous partagent leur implication dans leurs paroisses au Sénégal, leurs attentes pour cet événement, et surtout leur envie de rencontre et de découverte interculturelle.

« Ce qui m’a donné envie de participer au Grand KIFF, c’est principalement l’envie de rencontrer des jeunes de partout. C’est une grande opportunité parce que c’est l’occasion d’apprendre, de comprendre les réalités que rencontrent les autres et pouvoir tirer le meilleur et l’appliquer à notre niveau », explique Glad.

Dans ce podcast, ils évoquent aussi la richesse des échanges, la curiosité, l’ouverture… et le plaisir de faire découvrir un peu de chez eux aux autres. Jeanne, par exemple, rêve de partager le thiéboudienne, le plat national du Sénégal, avec les autres participants du Grand KIFF !

🎙️ Un échange frais et enthousiaste, à écouter pour entrer dans l’esprit du Grand KIFF.

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Le Défap au Togo : la compensation carbone au service du développement local

Dans le cadre de sa politique de réduction de son empreinte écologique, le Défap finance chaque année un ou plusieurs projets de compensation carbone. Du 03 au 10 juin 2025, Maëlle Nkot, responsable projets et partenariats, s’est rendue au Togo pour visiter deux projets phares portés par le Service Chrétien d’Appui à l’Animation Rurale (Secaar). Cette mission a permis de constater, sur place, l’impact concret de deux initiatives majeures : la production de foyers de cuisson améliorés dans le nord du pays, et le développement d’une ferme-école agroécologique à proximité de Lomé. 

Un souffle nouveau dans les cuisines rurales

Dans la région de Kara, au nord du Togo, les villages de Kassè et Tchikawa sont aujourd’hui les témoins d’une transformation significative. Grâce à l’installation de foyers améliorés construits en terre, les conditions de vie des familles ont évolué. Ces équipements, adaptés aux réalités locales, permettent une meilleure conservation de la chaleur, une cuisson plus rapide des aliments, et une réduction drastique de la consommation de bois. L’impact sur la santé est également notable : la diminution des fumées dans les cuisines limite les problèmes respiratoires et oculaires, tandis que les brûlures chez les enfants, fréquentes avec les anciens foyers à trois pierres, sont devenues rares. 
Les retours des bénéficiaires sont unanimes. Une productrice de savon, initialement réticente, témoigne aujourd’hui des bénéfices directs sur ses revenus, ayant divisé par trois sa consommation annuelle de bois. D’autres soulignent les effets positifs sur l’organisation familiale, l’implication croissante des hommes dans la cuisine et la revalorisation du savoir-faire local. Formés à la construction de ces foyers, plusieurs habitants de Kassè et de Tchikawa ont par ailleurs été sollicités pour transmettre leurs compétences dans d’autres villages, y compris dans le cadre de projets menés par l’Agence Nationale d’Appui au Développement à la Base (ANADEB), preuve de l’efficacité et de la reconnaissance de la méthode promue par la Direction de Lutte contre la Pauvreté (DLP) de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo (EEPT) et le Secaar.

Une ferme-école pour l’avenir de l’agroécologie 

La deuxième partie de la mission a conduit Maëlle à Apédokoè, à une cinquantaine de kilomètres de Lomé, où le Secaar a implanté une ferme-école de 5,5 hectares. Ce site a été conçu comme un espace d’expérimentation, de formation et de démonstration autour de l’agroécologie. Il illustre l’engagement du Secaar, depuis plus de quinze ans, en faveur d’une agriculture durable, respectueuse des écosystèmes et des communautés rurales. 
Grâce au soutien du Défap dans le cadre de la compensation carbone, plusieurs infrastructures ont vu le jour : une salle de formation construite et équipée en matériaux locaux et durables et alimentée à l’énergie solaire ; un forage désormais connecté à un système solaire, garantissant l’autonomie en eau du site ; et un composteur moderne, permettant de d’augmenter la production de compost avec comme objectif final d’en en faire bénéficier les paysans des fermes voisines. 

Parmi les initiatives pédagogiques phares, la micro-ferme expérimentale, mise en place en 2025, accueillera pendant trois ans un ménage paysan, logé sur place. L’objectif est d’évaluer la capacité de l’agroécologie à nourrir durablement une famille, à générer un revenu stable et à améliorer les conditions de vie. Le suivi régulier de cette expérimentation permettra de documenter les résultats et d’adapter les pratiques en conséquence. 

Au-delà des infrastructures, la ferme vise également à renforcer l’autonomie des agriculteurs à travers une banque de semences paysannes, fondée sur un système de prêt et de réciprocité. Les paysans peuvent y emprunter des semences, les cultiver, puis restituer une part de leur récolte pour alimenter à leur tour la réserve commune. 

Cette mission a permis de constater à quel point les projets soutenus par le Défap, à travers son partenariat avec le Secaar, s’inscrivent dans une logique de transformation durable. En combinant réduction des émissions, renforcement des capacités locales et justice sociale, ils offrent des réponses concrètes aux enjeux sociaux et climatiques actuels. Plus qu’une simple compensation, il s’agit d’un investissement dans des solutions locales et durables. 




Cap sur le Grand KIFF #1 – Kodjo Delasee

À l’occasion du Grand KIFF 2025, grand rassemblement national de la jeunesse protestante, nous avons tendu le micro à un invité venu du Togo : le pasteur OHINI Kodjo Delasee, accompagnateur d’un groupe de jeunes.

Organisé par l’Église protestante unie de France (EPUdF), le Grand KIFF réunit des centaines de jeunes de France et d’autres pays pour cinq jours de rencontres, de partages et de réflexion spirituelle. L’édition 2025 se déroulera du 25 au 29 juillet, à La Force, en Dordogne, sur le site de la Fondation John Bost.Le thème de cette année : « Respire, Espère – Recevoir sa Paix pour agir avec espérance », un appel à vivre une paix intérieure pour mieux transformer le monde autour de soi.

🎙️ Dans cet épisode du podcast « Mission témoignage – Défap », Kodjo Delasee revient sur les motivations qui l’ont conduit à participer, et partage sa vision du Grand KIFF comme lieu de transmission, de rencontre interculturelle et d’éveil à l’engagement.Écouter sur Spotify




Volontariat de réciprocité : quand La Cause et le Défap se rejoignent

Dans cette émission, Julien Coffinet, directeur général de la Fondation La Cause, revient sur l’accueil d’un volontaire malgache en mission de réciprocité en 2024. Une expérience rendue possible grâce au Défap, qui ouvre depuis 2023 cette forme d’engagement à des partenaires du Sud. Éclairage sur les enjeux, les bénéfices et le sens d’un volontariat qui fait grandir toutes les parties prenantes.

Julien Coffinet au Défap

 

Volontariat de réciprocité : quand La Cause et le Défap se rejoignent

Courrier de Mission
Émission du 4 juillet 2025 sur Fréquence Protestante

 




L’histoire missionnaire et la littérature

Comment les missions protestantes ont-elles façonné la littérature africaine ? De la traduction de la Bible en langues locales à l’essor d’une littérature autochtone jusqu’aux premiers romans africains, cette rediffusion explore un pan méconnu de l’histoire culturelle. Nos invitées, Claire Lise LOMBARD, responsable Bibliothèque et Archives et Blanche JEANNE, documentaliste, vous guident dans ce passionnant itinéraire entre foi, langue et création. Écoutez la rediffusion de Courrier de Mission de juin, émission diffusée par Fréquence protestante.

De gauche à droite, Blanche et Claire Lise

 

L’histoire missionnaire et la littérature

Courrier de Mission
Émission du 6 juin 2025 sur Fréquence Protestante