Une semaine pour la paix en Palestine Israël

« Démanteler les murs de séparation », tel est le thème de la semaine mondiale pour la paix en Palestine Israël, qui se déroulera du 18 au 24 septembre 2016. Cette année encore, le Conseil œcuménique des Églises (COE) invite ses Églises membres et ses partenaires à se joindre à lui pour une semaine d’action et de plaidoyer en faveur d’une paix juste en Palestine et Israël. L’objectif : prendre des mesures pacifiques et créer un témoignage international commun sur l’espoir de justice.

Elisabeth Mutschler est l’une des envoyées du programme EAPPI en Israël et Palestine, au nom du protestantisme français par les Eglises de l’Union des Eglises protestantes en Alsace-Lorraine. Elle a effectué un premier séjour à Bethléem d’avril à juillet 2014 et commence le second dans la vallée du Jourdain, à Jéricho, qui s’achèvera le 30 novembre 2016.

Les principales problématiques qu’elle aborde sont : la barrière de séparation et la liberté de se déplacer, l’accès à l’éducation, l’accompagnement à la résolution des conflits, le problème de l’exploitation de l’eau par Israël au détriment des Palestiniens, les démolitions et les évictions, le transfert forcé de communautés bédouines.

L’engagement dans le programme EAPPI est aussi une mission de témoignage sur ce qui se vit là-bas. Les envoyés interviennent sur le sujet à leur retour, dans les paroisses ou auprès de différents groupes personnes qui s’intéressent aux questions de paix en Israël et Palestine.

Des échos de la mission d’Elisabeth Mutschler paraitront régulièrement sur notre site.

 

Un évènement mondialement suivi
Du 18 au 24 septembre 2016, les Églises membres issues de différents pays sont engagées à délivrer un signal clair aux décideurs politiques, aux milieux concernés ainsi qu’à leurs paroissiens sur la nécessité d’un accord de paix sur les droits légitimes et l’avenir des deux peuples.
Les participants à cette semaine d’engagement organiseront leurs activités autour de trois éléments :

• Prier avec les Églises présentes dans les territoires occupés, en utilisant une prière spéciale de Jérusalem
• Informer sur les actions contribuant à la paix et celles qui l’entravent sur le terrain, en particulier les colonies en territoire occupé.
• Interpeller les responsables politiques en préconisant des stratégies œcuméniques promouvant la paix dans la justice.

 

Affiche de la Semaine mondiale pour la paix en Palestine Israël, 2016, DR

L’objectif de l’évènement
La semaine mondiale pour la Paix en Palestine Israël invite les participants à demander justice pour les Palestiniens, afin que les deux peuples vivent enfin en paix. Cela fait près de 68 ans qu’a été créé l’État d’Israël. Pourtant aucun état indépendant palestinien n’a été fondé depuis.  De plus, Jérusalem-Est, la Cisjordanie et Gaza sont des territoires occupés depuis presque cinquante ans.

« Pourtant, le rêve d’une nation ne saurait se réaliser aux dépens d’une autre.
Il est temps pour les Palestiniens et les Israéliens de partager une paix juste.
Il est temps que la liberté succède à l’occupation.
Il est temps pour l’égalité des droits.
Il est temps que commence la guérison des âmes blessées. »

 

Démanteler les murs de séparation
En 2015, le thème de la semaine était « Dieu a abattu les murs de séparation ». Cette année, c’est le mot hashtag #DismantlingBarriers  (qui signifie « démanteler les murs de séparation ») qui sera largement diffusé sur les réseaux sociaux. Un message choc pour inciter à la Paix.

 

* Le hashtag (ou mot-dièse) est un outil de référencement de mots-clés utilisé sur les réseaux sociaux.

 

Retrouvez en format PDF la liturgie, le livret ressources et la prière du patriarche émérite Michel Sabbah.

 

 

 

 

Cet article reflète les positions des Eglises palestiniennes et les engagements du Conseil œcuménique des Eglises dans le cadre du programme EAPPI.

 




Et si nous plaidions les uns en faveur des autres ?

Méditation du jeudi 8 septembre 2016 – En ce temps de rentrée, prions pour tous les envoyés qui viennent de rejoindre les lieux de leur nouvelle mission.

Alors le Seigneur dit à Moïse :

« Redescends tout de suite, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, a commis un grave péché. Ils se sont bien vite détournés du chemin que je leur avais indiqué : ils se sont fabriqués un veau en métal fondu, ils se sont inclinés devant lui et lui ont offert des sacrifices. Ils ont même déclaré : «Voici notre Dieu, qui nous a fait sortir d’Égypte !». 

Eh bien, j’ai vu ce que vaut ce peuple ; ce sont tous des rebelles. Alors laisse-moi intervenir : dans ma colère je vais les exterminer, puis je ferai naître de toi une grande nation.»

Mais Moïse supplia le Seigneur son Dieu de s’apaiser, en disant :

« Seigneur, pourquoi déchaîner ta colère contre ton peuple, après avoir déployé ta force, ta puissance irrésistible pour le faire sortir d’Égypte ? Si tu agis ainsi, les Égyptiens vont dire : «C’est par méchanceté que le Seigneur a fait sortir les Israélites de notre pays ; c’était pour les massacrer dans la région des montagnes et les faire disparaître de la terre.»

 » O Seigneur, apaise ta colère, renonce à faire du mal à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, auxquels tu as fait ce serment solennel : «Je rendrai vos descendants aussi nombreux que les étoiles. Je leur donnerai le pays que j’ai promis et ils le posséderont pour toujours.»

Alors le Seigneur renonça à faire à son peuple le mal dont il l’avait menacé.

Exode 32,7-14

Source : Pixabay

 

Le Dieu qui a sauvé son peuple veut maintenant l’anéantir ! La faute commise est-elle si grave ?

Que signifie le veau d’or ? Le mépris de Dieu, la tentative bien humaine de l’emprisonner pour nous assurer ses services en le paralysant dans l’image que nous lui donnons. Et pourquoi cela ? Par désir de toute-puissance, mais aussi par peur, par angoisse, car le temps de Dieu n’étant pas notre temps, nous ne savons pas vivre l’attente, le silence, l’intermittence de ses actions providentielles. Comme le peuple hébreu s’est affolé du « retard » de Moïse à descendre du Sinaï.

Réduire Dieu à l’image ou à l’idole est terriblement dangereux, car il devient souvent une arme pour asservir les foules, et que les uns brandissent contre les autres. C’est un Dieu inversé, trahi, défiguré.

Devant un tel risque, le Dieu Créateur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est pris de colère et d’un désir d’anéantissement, comme il le fut au temps de la génération de Noé. Qu’y a- t- il à sauver quand l’humanité est complètement pervertie, à part le juste Noé et le serviteur Moïse ?

Mais un tel Dieu, qui ne semble pas connaître les circonstances atténuantes, et oublier ses propres engagements, n’a-t- il pas de quoi nous choquer à notre tour ? Ce serait le cas, si nous n’apprenions que la plaidoirie en faveur des pécheurs est possible, et hautement souhaitée. Selon un commentaire juif, ce fut Dieu lui-même qui engagea Moïse à endosser ce rôle d’avocat capable de le faire renoncer à la stricte justice pour exercer la grâce.

Comme Abraham devant Sodome, et à la différence de Noé au temps du déluge, Moïse a plaidé pour son peuple. Et, bien que « malhabile de la bouche », il a persuadé Dieu de faire miséricorde. L’idolâtrie est mortifère, mais l’idolâtre est et reste un être humain à défendre, surtout contre lui-même.

 

En ce temps de rentrée, prions pour tous les envoyés

qui viennent de rejoindre les lieux de leur nouvelle mission.

Heureux les gens qui se rencontrent dans un esprit de simplicité et d’humilité !
Les personnes qui n’ont pas une barricade de préjugés, de dogmes et de certitudes.
En renonçant à l’exclusivité de la vérité, ils accèdent à la vérité infinie.

Heureux qui fait preuve de douceur dans l’approche d’autrui !

Les gens capables d’une écoute mutuelle et attentive sans chercher à imposer leur point de vue.
Ce sont eux qui rendent possible une coexistence harmonieuse sur terre.

Heureuses les personnes à qui le dialogue arrache des larmes !
La rencontre authentique ne va pas sans dépouillement, sans révision de nos comportements et de nos jugements.
La joie de la réconciliation passe par la reconnaissance de nos différences.

Heureuses les personnes qui viennent au dialogue avec une faim de connaissance et une soif de compréhension d’autrui !
Leur rencontre sera davantage qu’une juxtaposition de monologues.
Leur attente sera comblée par la richesse et la profondeur du partage.

Heureux les miséricordieux ! Non pas ceux qui ont peur de la confrontation,
Ceux qui savent pardonner des mots blessants et surmonter le handicap d’une mémoire meurtrie.
A leur tour, ils rencontreront la compréhension.

Heureuses les personnes qui témoignent d’un coeur pur !
Elles vivent leur foi en toute clarté et disent leurs convictions sans apologétique ni prosélytisme.
Leur souci de la vérité sans artifice les rapproche de Dieu.

Heureux ceux qui mènent un dialogue de paix
Sans éluder les conflits, mais mus par un esprit de conciliation ils rejettent la polémique.
Ils anticipent la paix promise et si souvent trahie par les religions et leurs fidèles.

Heureux les persécutés pour la justice,
Les personnes qui souffrent de discrimination, d’exclusion ou d’oppression

pour des motifs de convictions ou d’appartenance religieuse.
Ils nous tirent de notre indifférence et nous engagent à une solidarité sans esprit de parti.

 

Jean‐Claude Basset

 

Source : Pixabay

 

 




Le shabbat est un cadeau pour le monde !

Méditation du jeudi 25 août 2016 – Nous prions afin que tous puissent connaître le sens et la joie du repos !

Un jour de shabbat, Jésus se rendit chez un des chefs des Pharisiens pour y prendre un repas. Ceux qui étaient là observaient attentivement Jésus. Un homme atteint d’hydropisie se tenait devant lui. Jésus prit la parole et demanda aux maîtres de la loi et aux Pharisiens : « Notre loi permet-elle ou non de faire une guérison le jour du shabbat ? » Mais ils ne voulurent pas répondre. Alors Jésus toucha le malade, le guérit et le renvoya. Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un boeuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas l’en retirer aussitôt, même le jour du shabbat ? » Ils furent incapables de répondre à cela.
Luc 14,1-6

 


Source : Pixabay

C’est en juif pratiquant le shabbat que Jésus en discute le sens et les règles d’application avec ses coreligionnaires. Et ce qui est au cœur du débat est essentiel, car si le shabbat est saint, il importe de réfléchir sérieusement aux raisons de suspendre l’observance de tel ou tel de ses commandements. Or existe dans le judaïsme le principe du « pikuach nefesh », qui signifie que la préservation de la vie justifie de telles suspensions.

La question est donc de savoir si la vie est véritablement en danger, s’il y a urgence de la situation ou bien si l’on peut surseoir à sa résolution jusqu’à la fin du shabbat. En l’occurrence l’homme hydropique aurait pu sans doute attendre quelques heures pour être soigné, à moins que la douleur endurée soit insupportable.  Quant au cas du fils tombé dans un puits la règle pharisienne est de l’en retirer le plus vite possible. De même pour l’animal, a fortiori quand celui-ci est le seul que possède son maître.

Quand Jésus choisit de ne pas attendre la fin du shabbat pour faire une bonne action ou exercer la compassion, il n’invalide pas le shabbat mais rappelle plutôt, face à la tentation de légalisme, que le shabbat est fait pour l’homme.

Il ne faudrait donc pas tirer prétexte de l’attitude de Jésus pour porter le discrédit sur ce jour saint et ceux qui l’observent. Car le shabbat est un cadeau de Dieu qui donne sens à la vie des hommes et au temps de la création tout entière.

Nous prions afin que tous puissent connaître le sens et la joie du repos !

Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours

Et les voir autrement, celles que chaque matin, je croise sans les voir.

Toutes les choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d’année…

Je vais prendre le temps de voir l’étrangeté des arbres,

Ceux de mon jardin, ceux du parc voisin, qui le crépuscule venu bruissent de mystère…

Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime et de regarder autrement les miens…

Celles et ceux qui me sont les plus proches et que parfois je ne vois même plus, que je n’entends même plus…

Tant le souci de mes affaires, de mon travail, parasitent mon cœur et mon corps…

Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j’aime.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi, toi mon Dieu,

Au-delà des mots, des formules et des habitudes.

Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert tu me surprendras, mon Dieu.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement. 

Robert Riber

 


Source : Pixabay




Les ABS arrivent !

L’ « Après-Bac-Service » est un programme qui permet aux jeunes de Kanaky Nouvelle-Calédonie de poursuivre leurs études supérieures en métropole. Dans la maison du Défap dès le 22 août 2016, ils sont accueillis par Laura, Pascale et Leslie, chargées du suivi extrascolaire.

L’objectif de ce préambule à la rentrée scolaire de l’automne est multiple : accueillir les étudiants à leur arrivée en métropole, les aider à finaliser leurs dossiers sociaux, les accompagner pour une installation qui tient compte du décalage culturel qu’ils vont vivre.

Ces quelques détails réglés, ils auront la joie de rejoindre leurs universités respectives aux quatre coins de la France : Pau, Strasbourg, Rennes, Toulouse, Avignon, Montpellier ou encore Cachan pour n’en citer que quelques unes. Les formations visées sont variées et toujours en rapport avec un projet professionnel : BTS métiers de l’eau, DUT carrières juridiques, BTS management des unités commerciales, DUT génie mécanique et productique…

A noter, cette année : l’effectif des étudiants accueillis en France va doubler. Cette décision, prise par le dispositif Formation Cadres Avenirs*, témoigne de l’engagement de l’Etat pour le programme politique destiné au rééquilibrage des compétences.
Des photos et plus d’informations sur les participants au programme ABS très bientôt.

 

* Formation Cadres Avenirs est financé à 90 % par l’Etat et à 10 % par la  Kanaky Nouvelle-Calédonie. Ce dispositif est encadré par un Comité de Suivi regroupant les forces vives, économiques et politiques caledoniennes, dont les signataires des Accords de Matignon Oudinot et de Nouméa.




Nous croyons que tous seront sauvés

Prions pour toutes celles et tous ceux qui doutent de leur propre salut.

Jésus traversait villes et villages et enseignait en faisant route vers Jérusalem.
Quelqu’un lui demanda : « Maître, n’y a- t-il que peu de gens qui seront sauvés ? »
Jésus répondit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; car, je vous l’affirme, beaucoup essayeront d’entrer et ne le pourront pas.


« Quand le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte à clé, vous vous trouverez dehors, vous vous mettrez à frapper à la porte et à dire : «Maître, ouvre-nous.» Il vous répondra : «Je ne sais pas d’où vous êtes !» Alors, vous allez lui dire : «Nous avons mangé et bu avec toi, tu as enseigné dans les rues de notre ville.» Il vous dira de nouveau : «Je ne sais pas d’où vous êtes. Écartez-vous de moi, vous tous qui commettez le mal!»


C’est là que vous pleurerez et grincerez des dents, quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu et que vous serez jetés dehors ! Des hommes viendront de l’est et de l’ouest, du nord et du sud et prendront place à table dans le Royaume de Dieu. Et alors, certains de ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers et d’autres qui sont maintenant les premiers seront les derniers. »
Luc 13,22-30

 


Source : Pixabay

 

Il y a quelque chose d’un peu faux dans la question posée à Jésus, car soit celui qui la pose s’angoisse pour lui-même, soit il se sent assuré d’être du bon côté et il éprouve une mauvaise joie à l’idée que ce n’est pas le cas de tout le monde. N’est-ce pas très humain d’aimer les privilèges ?


Aussi la réponse de Jésus est volontairement énigmatique. Avec la porte étroite il nous renvoie à ces images de panique où tout le monde veut sortir en même temps d’un lieu ravagé par un incendie, ou entrer en un même temps dans une salle où se produit une star !


Oui la question est absurde ; elle n’a rien d’évangélique puisque justement l’évangile place les premiers en dernier et les derniers en premier.


Alors que faut-il faire ?

 

Exercer la célèbre hospitalité de notre père Abraham, et l’évangélique délicatesse qui consiste à aimer se faire le serviteur de tous et à laisser passer les autres devant soi, assurés qu’il y a toujours plus de joie à donner qu’à recevoir.  S’il n’y a pas assez de place ni assez de nourriture pour tous, alors l’Evangile n’est plus l’Evangile. Mais il l’est, alors n’ayons pas peur !

 

 

 

 

Cette semaine encore vous êtes invités à vous ressourcer avec ce passage de la règle
des diaconesses de Reuilly :

Monde !


« Je suis né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité »
Tout est dit !

Les esprits les plus généreux, les plus épris du devenir humain ne se contentent pas de panser les blessures mais cherchent à les prévenir.

Lorsque nous demandons que la volonté de Dieu soit faite, nous assumons, certes, l’immédiat de l’amour mais nous cherchons aussi de quels gestes prophétiques il doit être porteur.

L’ouverture au monde imprègne notre prière, plus encore elle doit la provoquer.

Le cœur du monde bat dans notre cœur. Son péché est le nôtre : il n’y a qu’un pardon pour tous les hommes. Son espérance est aussi la nôtre : il n’y a qu’un salut pour tous les hommes.

Mais la fresque des Béatitudes contemplée chaque jour éclaire l’avenir véritable :
« Passe ce monde, Vienne ta Grâce ! »

 


Source : Pixabay




Éloge de la résistance

Pendant plus de dix ans, Jean Lods a collaboré à la rédaction du magazine Mission, notamment comme critique de films et par ses reportages dans les festivals de cinéma. Écrivain reconnu, il sort aujourd’hui son cinquième roman, « Le dernier colonel », que Valérie Thorin a lu pour vous.

Quelle est donc cette forteresse qui domine la mer, où vivent toute une armée, un colonel, sa fille et son amoureux ? Quel est donc ce pays aux limites incertaines, fait de terres et d’eaux, sur lequel comme dit le poète, « un ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » ? Peu importe que cela soit aux confins du Sahara ou dans une vallée perdue d’Asie centrale, il y a quelque part en chacun de nous, dans nos souvenirs ou dans notre âme, un Dernier colonel qui survit. Ou plus exactement qui résiste, car tout l’enjeu de ce livre est là : tenir.


Ses engagements, ses promesses, ses principes, son rang… Tous, nous avons un jour ou l’autre à lutter contre une adversité, proche ou lointaine, visible ou implicite. Et c’est loin d’être aisé, même si l’on est le dernier d’une longue lignée de colonels ayant commandé la place. Un esprit fort. Un sage. Même si l’on tente des échappées belles sur le dos d’un rêve ayant les allures d’un cheval pâle, prémisse d’une fin ou d’une révélation.


Jusques à quand, Éternel, mon ennemi s’élèvera-t-il contre moi ? dit le psaume 13. À cette question non plus, il n’y a pas de réponse, ou plus exactement : qu’importe la réponse, qu’importe même l’utilité de cette réponse et de cette résistance alors que peu à peu, tout se défait, tout se délite, tout se mêle dans l’informe comme la terre et l’eau de cette contrée lointaine et indéfinissable. L’essentiel est dans cet impératif catégorique qui fait que l’homme est homme : la dignité, pénultième et imprenable rempart.


Bien qu’il s’en défende, Jean Lods a dans ce livre des accents proches de ceux de Julien Gracq, tant dans le sujet que dans le style. Car c’est en effet dans une langue magnifique qu’il entraîne son lecteur vers des rivages inexplorés. Un très beau roman, à lire absolument.


Jean Lods, Le Dernier colonel, Éditions Phébus, 200 pp.  17 euros

 

Couverture du livre (éditions Phébus)

 

 

Lire la fiche du livre sur le site des Editions Phebus

 

 




Gardons vivante mémoire : tout ne vient-il pas de Dieu ?

Méditation du jeudi 11 août 2016 – En ce temps d’été, nous prions ce psaume pour tous les prisonniers, dans tous les pays du monde, particulièrement là où les conditions de détention sont inhumaines et dégradantes.

 

Du répertoire du chef de chorale. Psaume appartenant au recueil de David.
 

J’ai compté fermement sur le Seigneur, il s’est penché vers moi, il a entendu mon appel.
Il m’a retiré du puits infernal, de la boue sans fond.

Il m’a remis debout, les deux pieds sur le roc ; il a rendu ma démarche assurée.

Il a mis sur mes lèvres un chant nouveau, un chant de louange pour lui, notre Dieu.

Beaucoup en seront témoins, ils reconnaîtront l’autorité du Seigneur et lui donneront leur confiance.

Heureux l’homme qui se fie au Seigneur, sans un regard pour ceux qui font pression sur lui  et s’empêtrent dans le mensonge !

Que de merveilles tu as réalisées, Seigneur mon Dieu ! Tu n’as pas ton pareil.

Et que de projets en notre faveur ! Il y en a trop pour que je puisse tout raconter, tout dire.

Ce qui te fait plaisir, ce n’est pas un sacrifice ou une offrande — tu me l’as bien fait comprendre-.

Ce que tu demandes, ce n’est pas des animaux brûlés sur l’autel ou des sacrifices pour obtenir le pardon.

Alors j’ai dit : « Je viens moi-même à toi. Dans le livre je trouve écrit ce que je dois faire. »

Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon coeur.

Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : le Seigneur délivre.

Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur. Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur.

Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté.

Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton coeur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde.


Psaume 40,1-13

 


Source : Pixabay
 

Je ne sais pas prier me disait un jour un ami ! Est-ce si grave, lui répondis-je, ceux qui savent le faire le font pour ceux qui ne le savent pas, comme toi tu exerces la médecine pour tous ceux qui ne sont pas médecins.

En disant que la prière est le métier du chrétien, Luther nous autorise à parler ainsi, et même à accepter que parmi les chrétiens certains ne puissent pas prier, sinon à travers les actes de la vie. Il y a les Marthe et il y a les Marie.  

Mais tous, avec nos frères juifs en plus, nous avons en partage le merveilleux héritage des psaumes, venus à travers les âges nous porter la prière de nos pères dans la foi. Nous savons que Jésus a prié les psaumes, et que partout dans le monde des communautés les chantent, que ce soit dans les synagogues, dans les églises, dans les monastères.

Alors ce qui est dit prend encore plus d’intensité et de poids. Et surtout cela s’offre à tout être humain qui peut se sentir concerné.

Au cœur de ce psaume d’aujourd’hui nous sommes invités à recevoir cette incroyable consolation : l’homme qui a souffert, prié, crié, pleuré a été entendu, relevé ; son sanglot s’est transformé en chant. A tel point qu’il n’a pas hésité à clamer haut et fort devant qui voulait l’entendre qu’il avait eu bien raison de placer en Dieu sa confiance, de suivre sa loi.

Cet homme, délivré, veut le dire, l’affirmer, le chanter : Dieu sauve du désespoir ! Dieu délivre de la mort spirituelle et du fatalisme. Dieu fait vivre.

Une autre amie, aumônier de prison, me dit un jour combien les femmes qu’elles visitaient – non chrétiennes pour la plupart, se laissaient souvent bouleverser par de telles paroles.

«  C’est de nous que cela parle. C’est une Parole pour nous. »

Qu’elles soient remerciées de leur réceptivité et qu’elles reçoivent, là où elles sont, apaisement et consolation.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Si tout ici nous rappelait Dieu …

Les mots, les silences, les lieux, les temps de prière et jusqu’aux gestes de notre corps nous sont enseignés par la Parole de Dieu et redits par l’Eglise.
A nous il suffit d’aimer, car le puits est profond où nous pouvons puiser.

Jubilation et plainte

Aveux et repentirs

Révoltes et confiances

Disent à Celui qui EST que nous cherchons, comme l’oiseau sauvage, à émigrer en lui.

 

Le passereau s’est trouvé un gîte et l’hirondelle un nid pour ses petits.
Tes autels, Seigneur de l’univers, ô mon Roi et mon Dieu !

 

Si tout ici-bas nous rappelait Dieu,

Le ciel, la terre,

Le jour, la nuit

Les visages humains,

La naissance et la mort,

Nous emplirions notre temps de prière aussi naturellement que nous respirons.

 

Orienter le cœur là où est son trésor : telle est la discipline ordinaire, l’art familier de l’amour.

 

 
Source : Pixabay




La foi c’est la confiance !

Méditation du jeudi 4 août 2016 – En ce temps de grande violence, où des fanatiques poursuivent leur œuvre de mort et pervertissent le Nom de Dieu, poursuivons l’œuvre de vie en prêtant foi à la Parole du Dieu de vie.

Mettre sa foi en Dieu, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas. C’est à cause de leur foi que les grands personnages du passé ont été approuvés par Dieu.

Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qui est visible a été fait à partir de ce qui est invisible.

Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn. Grâce à elle, il fut déclaré juste par Dieu, car Dieu lui-même approuva ses dons. Par sa foi, Abel parle encore, bien qu’il soit mort.

Par la foi, Hénok fut emmené auprès de Dieu sans avoir connu la mort. Personne ne put le retrouver, parce que Dieu l’avait enlevé auprès de lui. L’Écriture déclare qu’avant d’être enlevé, Hénok avait plu à Dieu. Or, personne ne peut plaire à Dieu sans la foi. En effet, celui qui s’approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent.

Par la foi, Noé écouta les avertissements de Dieu au sujet de ce qui allait se passer et qu’on ne voyait pas encore. Il prit Dieu au sérieux et construisit une arche dans laquelle il fut sauvé avec toute sa famille. Ainsi, il condamna le monde et obtint, grâce à sa foi, que Dieu le considère comme juste.

Par la foi, Abraham obéit quand Dieu l’appela : il partit pour un pays que Dieu allait lui donner en possession. Il partit sans savoir où il allait. Par la foi, il vécut comme un étranger dans le pays que Dieu lui avait promis. Il habita sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, qui reçurent la même promesse de Dieu.

Hébreux 11,1-9

 


Source : Pixabay

 

Comment expliquer ce qu’est la foi à quelqu’un qui l’ignore et vous pose la question ?

Ce n’est pas facile de décrire ce que l’on ressent comme un don, un cadeau ; mais c’est possible de témoigner de son action dans la vie des hommes, comme le fait l’auteur de l’épître aux Hébreux en évoquant l’expérience des patriarches et des témoins de tous les temps.

Depuis Abel jusqu’à Abraham en passant par Hénok et Noé, les exemples donnés nous font comprendre que la foi n’est pas une croyance mais une relation d’amour, et que celle-ci engendre la joie de Dieu et celle de l’homme, de telle sorte que la confiance et la générosité deviennent la mesure de l’existence.
   
La foi est un élan vers Celui que l’on ne voit pas et que l’on nomme Dieu, une ouverture de l’être à sa Parole, une conviction intérieure qu’IL EST VIE et DONNE LA VIE ; c’est à la fois une émotion, un sentiment, une intelligence du cœur et l’esprit, une dynamique.

Mais attention, une foi sans actes de foi est une foi morte !  Pour inviter d’autres personnes à croire, nos engagements, nos paroles, nos attitudes sont essentiels.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Comment ta volonté, Seigneur Jésus, se fait-elle jour dans l’opacité de nos esprits ? Comment peut-on dire : cette chose est bonne plutôt que celle-là ?

Eclaire-nous.

Mène-nous au point de lumière où s’illuminent les pas.

Parais au rivage des choses comme tu es apparu aux disciples après la nuit infructueuse.

Dis-nous la Parole qui libère de l’errance et de l’incertitude.

Ne nous laisse pas trop longtemps au carrefour des possibles, mais fais résonner à nos oreilles la voix qui dit : C’est ici le chemin, marchez-y !

Donne-nous alors le vouloir ferme et stable de mener à bien cette unique parole, sans plus nous écarter d’elle,

Telle une piste infime au milieu du désert.

 


Source : Pixabay




Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Quelqu’un dans la foule dit à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés. »

Jésus lui répondit : « Mon ami, qui m’a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens ? ». Puis il dit à tous : « Attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche. »

Il leur raconta alors cette parabole :

« Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes. Il réfléchissait et se demandait : « que vais-je faire ? Je n’ai pas de place où amasser toutes mes récoltes.» Puis il ajouta : « voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes autres biens. Ensuite, je me dirai à moi-même : « mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et jouis de la vie » . Mais Dieu lui dit : « Insensé ! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as accumulé ? »

Jésus ajouta : « Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n’est pas riche aux yeux de Dieu. »

Luc 12,13-21

 


Source : Pixabay

 

Nous devrions nous réjouir, et non nous désoler, d’être mortels, inscrits dans la finitude. Car si nous vivons notre simple condition humaine sous le regard de Dieu, cette limitation, cette dépendance deviennent libératrices.

De quoi ?  De tous les vains désirs qui accaparent et torturent notre cœur.

Il ne s’agit pas des désirs liés à la vie, à l’amour, à la joie, à la beauté, à l’être ensemble ! Mais des désirs qui nous font soupirer après les biens d’autrui, les désirs de jalousie et de rivalité, et donc de pouvoir et de domination, d’accaparement et de rétention !

La vie des humains est empoisonnée par de tels désirs ; la vie de celui qui les éprouve et les laisse courir et se multiplier, mais aussi la vie de ceux qui en subissent les affres et les œuvres mortifères !

En aucun cas Dieu n’est juge, ni partie, en nos affaires de partage, souvent inextricables sinon par les processus de la loi des Hommes ! Car au-delà des biens d’autrui c’est bien souvent son identité, sa place, son être qui sont jalousés ! Les histoires de frères dans la Bible nous éclairent suffisamment sur la question !

Qui que nous soyons, laissons-nous offrir le véritable trésor, qui est l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous, mais aussi ce conseil de notre sœur la mort : « Vanité des vanités…. ».

Alors nous comprendrons dans la joie combien nous sommes riches et responsables de cette vie extraordinaire qui nous a été confiée.

 

 

En ce temps de vacances nous prions pour tous ceux qui ont besoin d’être ressourcées et ré-enracinés dans la Parole de Dieu.

 

Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler

Et à bien l’employer sans rien en perdre.

Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées,
Sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir sans me tourmenter,
A imaginer l’œuvre, sans me désoler si elle jaillit autrement.

Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur,
La sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur, à tenir bien serré le fil de l’attention.

Et surtout, comble toi-même les vides de mon œuvre :
Seigneur, dans tout labeur de mes mains,
Laisse une grâce de toi pour parler aux autres,
Et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

 

Prière monastique du XIIe siècle

 


Source : Pixabay

 

 




Visite du groupe « Grand Kiff Océan Indien »

Ils sont 44 jeunes originaires de la Réunion, de Mayotte et de l’ile Maurice. Ils ont entre 15 et 22 ans et pour certains d’entre eux il s’agit d’un premier voyage en métropole. De passage à Paris, avant de rejoindre, le 24 juillet 2016, le rassemblement du Grand Kiff et de poursuivre leur tour de France, le groupe « Grand Kiff Océan Indien » a fait escale au Défap pour quelques jours. Retour sur un projet soutenu par le Service protestant de mission.



Le groupe « Grand Kiff Océan Indien » de passage au Défap (Paris, juillet 2016), DR

 

 

22 jours de voyage en Métropole

Le Défap et le Grand Kiff ont été deux étapes dans le périple de ce groupe de jeunes voyageurs.
Partis de chez eux le 18 juillet 2016, ils ont embarqué pour vingt-deux jours d’un voyage qui a pris des allures de tour de France : Paris, Saint-Malo, La Rochelle, Nîmes, Strasbourg, puis Genève, en Suisse. Les objectifs étaient nombreux :

  • permettre aux jeunes issus des îles d’élargir leur horizon
  • approfondir les rencontres au sein de la Communion des Eglises protestantes de l’Océan Indien (CEPOI)
  • découvrir et vivre la dynamique de la jeunesse protestante en France
  • vivre des temps forts avec les Eglises métropolitaines dans différents lieux
  • découvrir la métropole et l’histoire des protestants
Un projet de longue haleine

C’est en 2015 que naît le projet de faire venir le groupe des jeunes protestants de l’Océan Indien au Grand Kiff. Bertrand Vergniol, Secrétaire général du Défap, propose alors au pasteur de l’Eglise protestante de La Réunion (EPR), Charles Bossert, de convier le groupe au rassemblement de la jeunesse protestante à Saint-Malo. « Le plus difficile a été la coordination entre les iles », nous raconte Charles Bossert. Mais une fois le lien fait entre les groupes des différentes paroisses, tout s’enchaîne. Reste pourtant à réunir les fonds. En parallèle de l’aide financière du Défap et d’autres partenaires protestants, les jeunes du groupe s’investissent à 100 % : aide personnelle des familles, vente de gâteaux, organisation de karaokés, grandes fêtes pour l’Eglise, repas… Ainsi, le groupe parvient à réunir suffisamment d’argent pour financer le voyage.


escale au Défap

Durant près d’une semaine, le Défap a vécu au son d’un groupe de plus de cinquante personnes : les quarante-quatre jeunes voyageurs, le pasteur Bossert et toute une équipe d’encadrement composée de représentants des Eglises locales : Fali Rajaonarison (pasteur à Mayotte), Kevin Lavenerable (pasteur coordinateur à l’Ile Maurice), David Rakotonizao (animateur jeunesse à l’EPR), Mamy Raharison (animateur jeunesse à Mayotte), Myriam Bossert (chargée de la gestion et de l’infirmerie) et Josselin Simon (animateur jeunesse, aumônier des jeunes à Maurice).

« Cette étape parisienne a plusieurs facettes : continuer le rapprochement des protestants des différentes îles, découvrir le protestantisme français et se familiariser avec l’histoire à travers la visite de Paris », poursuit Charles Bossert.

Le séjour à Paris est en effet très riche. Au programme : visite du temple de l’Oratoire, du temple des Billettes, de la cathédrale Notre Dame de Paris, ballade en bateau-mouche, excursion au Musée d’Orsay et jeu de piste géant à travers les rues de la capitale.
 

 




Formation des envoyés 2016 : le bilan

Le 15 juillet 2016 s’achevait la formation des treize envoyés du Défap. Retour sur deux semaines d’enseignement et de rencontres.
Accueil des envoyés

Comme chaque année, toute l’équipe du Défap a accueilli les futurs envoyés. Sous forme de jeu, chacun s’est présenté, avant que tous ne reçoivent les informations essentielles sur le déroulement des deux semaines à venir, de même que les principales règles de vie au Défap. Un petit livret de présentation est alors remis à chacun.

Le premier jour est consacré à l’accueil : présentation du Défap, visite de la bibliothèque et des archives, réflexions sur le départ de chacun à travers le jeu « Je veux partir ».

 


Jeu d’accueil avec toute l’équipe du Défap, juillet 2016, DR

 


Visite de la bibliothèque du Défap avec Claire-Lise Lombard, juillet 2016, DR

Des profils diversifiés

Stéphane, Aimée, Christian, Samy, Nicolas, Salomé, Alexandra, Gérard, Gwénaëlle, Noémie, Camille, Lydie…ils sont treize cette année à avoir été candidats pour partir en mission dans huit pays à travers le monde.
Ils ont entre 18 et 54 ans, sont étudiants, infirmiers, menuisiers ou encore pasteurs et partent pour des durées allant de 10 mois à 3 ans.
Certains sont déjà partis en mission à l’étranger, tandis que pour d’autres candidats c’est la première fois.

 


Les futurs envoyés du Défap, juillet 2016, DR

Un programme passionnant

Chaque jour démarre par une méditation biblique animée par des volontaires à tour de rôle et coordonnée par les pasteurs Florence Taubmann et Jean-Luc Blanc.
Place ensuite à la « météo du jour », où chacun partage son humeur et/ou ses questionnements.

Les deux semaines de formation sont articulées autour de différents thèmes :
– les enjeux politiques
– l’interculturalité
– les relations entre chrétiens et croyants d’autres confessions
– les inégalités Nord-Sud
– les crises et conflits en milieu interculturel
– les relations avec l’Eglise d’accueil
– l’aspect santé de la mission

La conférence sur les crises et conflits en milieu interculturel est animée par Hervé Ott. Ce formateur est aussi consultant en approches et transformations constructives des conflits dans les groupes sociaux ou interculturels. Théologien de formation, il intervient dans le monde de l’éducation et du social. Pour lui, le conflit est inévitable et la préparation essentielle pour les candidats au départ. « Pour ces futurs envoyés, le conflit va forcément faire partie de la rencontre, car celle-ci est liée à la différence culturelle et aux incompréhensions », assure Hervé Ott.  » Dans ma culture, par exemple, c’est l’individu qui prime sur le groupe alors que dans d’autres cultures, comme en Afrique par exemple, c’est le groupe qui prime sur l’individu. Tout cela peut créer des situations d’incompréhensions ou des blessures. L’autre est blessé car je fais un acte qui correspond à ma culture, mais qui n’est pas forcément compris par l’autre. Il vaut donc mieux se préparer au conflit car notre bonne volonté ne suffira pas ».

 

Hervé Ott, intervenant du Défap
Co-auteur de « Pédagogies des rencontres et des conflits transculturels »
(Editions Chronique Sociale, 2014)

Pour Evelyne Engel, qui anime une série de conférences sur l’interculturalité, « l’objectif de la formation est d’éveiller les curiosités. Si, à la fin, les candidats ont moins de certitudes et se disent : « tiens je n’avais pas vu cela ainsi », c’est déjà une belle réussite ». (Retrouvez ici l’interview complète d’Evelyne Engel)

 


Conférence sur l’interculturalité avec Evelyne Engel, juillet 2016, DR

 

Des moments d’échange et de convivialité

La formation dispensée par le Défap se veut avant tout participative. Au-delà des cours, des ateliers pratiques sont aussi proposés, où l’on aborde différents thèmes comme la prévention et la sécurité. La parole est souvent donnée aux envoyés eux-même, comme lors de leur évaluation de mi-parcours. Maison du Défap, gestion du temps, outils… les candidats discutent déjà à propos des cinq jours qui viennent de s’écouler.


Echanges avec le pasteur Jean-Luc Blanc, juillet 2016, DR

Le partage d’expériences a également sa place. D’anciens envoyés formés par le Défap viennent témoigner de leur mission passée.

Ainsi Noémie, qui partira au Caire en septembre, se réjouit d’avoir fait connaissance avec Freddy : « c’ est très enrichissant et cela développe ma curiosité. Je n’aurai donc pas trop d’a-priori en arrivant. Même si, on le voit bien, chaque expérience est différente. »

En parallèle de la formation, chaque candidat est reçu en entretien individuel. Lors de cette entrevue, les futurs envoyés posent toutes les questions administratives et pratiques et finalisent leur dossier.

Bien plus qu’une formation stricto sensu, les deux semaines au Défap sont une expérience de vie unique en son genre.

Les temps libres se vivent souvent entre participants et équipe encadrante. Et les moments de partage sont nombreux : discussions, chants, soirées grillade ou paëlla, visionnage du match de la finale de l’Euro France-Portugal, visite de la cathédrale Notre Dame de Paris et initiation aux règles du Quidditch, un sport… magique !

Camille, la benjamine, s’est tout de suite sentie à l’aise avec les autres participants : « J’ai fait plein de belles rencontres, nous raconte t-elle. C’est très enrichissant de connaître les parcours et les expériences de chacun. Tout le monde a l’esprit très ouvert et… ça fait du bien ! »

 


Préparation de la paëlla par « le Capitaine », juillet 2016, DR

 

Un bilan positif

A l’issue des deux semaines, les participants sont ravis. « La formation concrétise vraiment le projet de départ, explique Noémie, on comprend mieux la place que l’on aura et ce que l’on fera une fois arrivés. Il y a de la théorie bien sûr, mais surtout, nous sommes en compagnie de gens qui sont dans le même état d’esprit que nous ».

« La formation m’a vraiment appris beaucoup de choses », confie Samy. « C’est à la fois de l’enseignement théorique et des cas pratiques. Cela nous permet de nous poser aujourd’hui les questions qui se poseront demain, pendant le voyage ».

Camille, qui partira en Egypte à la fin de l’été, dresse aussi un bilan très positif de cette expérience, « la formation m’a permis de me poser des questions sur moi-même et de voir comment je vais appréhender les situations. Ça prépare au voyage mais aussi aux différences de cultures. Une fois sur place, je pense que ce sera agréable d’être bien préparé. »

 

 




Pour un dialogue interculturel

C’est la troisième année qu’elle collabore avec le Défap. De mère occitane et de père allemand, Evelyne Engel s’est depuis toujours intéressée à la question de l’interculturalité. Ancienne responsable d’un centre d’hébergement pour réfugiés politiques, elle est aujourd’hui consultante sur les questions d’aménagements et d’interculturalité. Durant la formation des envoyés, elle animait une série de conférences. Face à nos questions, elle livre aujourd’hui sa vision de l’altérité et du vivre ensemble.

Comment peut-on définir l’interculturalité ?

Je ne pourrais pas donner de définition précise car en réalité il n’en existe pas. L’interculturalité c’est l’alchimie précieuse de la rencontre de l’autre dans toutes ses différences.

Qu’est-ce qui dans celui que je vais rencontrer m’interroge, me ravit, me questionne, me dérange ou me trouble ? Et au-delà de ce que je ressens, quelles sont les logiques qui sont en œuvre de son côté et du mien ? Pourquoi je pense cela à ce moment-là ? Qu’est-ce qui se passe dans ce rapport à l’autre qui m’est inconnu et qui suscite toutes ces palettes d’émotions ?

Voilà sur quoi nous pouvons nous interroger lorsque l’on parle d’interculturalité.

Evelyne Engel, DR

En quoi ce thème est-il essentiel durant la formation des envoyés du Défap ? 

Il est nécessaire de faire réfléchir à la richesse et à la complexité de la rencontre avec l’autre.
Ces personnes vont partir à la rencontre d’autres cultures et d’autres populations. Lorsqu’un envoyé séjourne dans un autre pays, il tente de trouver une place dans un univers culturel qui n’est pas le sien. Comment alors comprendre les réalités qui nous entourent et comment être en dynamique d’échange ? Chaque individu a déjà sa propre identité, une culture et une origine géographique. Et il doit composer avec celui qu’il rencontre. Mais comment faire pour rencontrer celui qui est différent de nous ? L’interculturalité c’est justement ça : l’interaction de toutes ces cultures.
La découverte de l’autre est toujours d’une grande richesse mais naturellement l’être humain a des réticences pour s’intéresser à l’autre. Entre le désir de bien faire et la rencontre elle-même, qui n’est pas évidente, il faut réussir à tisser une relation de confiance en soi et en l’autre. Car il ne faut pas non plus l’oublier, celui qui est en face de nous n’attend pas forcément la même chose.
A travers ces conférences, je ne cherche pas à donner de mode d’emploi, qui n’existe pas d’ailleurs. Je ne suis pas là pour parler des pays ou des continents. Je ne propose pas un modèle gravé dans le marbre. Il s’agit plutôt d’une façon d’observer le monde. Cette vision incite à se poser des questions et à s’intéresser à l’autre. Je donne donc une sorte d’outillage intellectuel qui permet d’ouvrir des portes et qui donne des clés de compréhension.
La solidarité qui est présente chez les envoyés est indispensable. Leurs parcours sont tous différents, tout comme leurs aspirations. Cela peut être la découverte, le partage, un élan de fraicheur ou de générosité. Mais ce désir d’aller vers l’autre est commun à tous.

 

Conférence sur l’interculturalité, juin 2016, DR

Durant cette formation, quel est votre objectif ?

Eveiller les curiosités : c’est ça l’objectif principal.
Une journée de formation c’est court. Si à la fin de cette journée, les candidats ont moins de certitudes et se disent : « tiens je n’avais pas vu ça ainsi », c’est déjà une belle réussite.

Je suis issue d’un métissage culturel.  Mon expérience c’est avant tout du terrain. Si j’arrive à transmettre le questionnement qui a jalonné mon parcours et ma vie, j’aurai réussi quelque chose.

 

L’intervention d’Evelyne Engel s’intègre au dispositif global de la formation des envoyés. Laura Casorio, responsable des envoyés du Défap, nous explique, elle aussi, pourquoi le service protestant de mission s’adresse à des professionnels (sociologues, formateurs ou chercheurs) pour enrichir le contenu de la formation de ses envoyés.

Pourquoi un tel enseignement, consacré à l’interculturalité, a-t-il sa place dans une formation comme celle des envoyés du Défap ?

Depuis des années, le Défap collabore avec des professionnels pour offrir aux envoyés une formation au départ au sens large du terme. La formation n’est pas construite pour répondre aux besoins de renseignement sur un pays ou sur les enjeux d’un métier. Bien-sûr, les envoyés reçoivent les renseignements nécessaires à leur mission avant leur départ.

Il s’agit d’outiller les envoyés à pouvoir interagir avec l’environnement, la société civile et la communauté locale avec laquelle ils vont passer un temps de leur vie plus ou moins long.
L’expérience du Défap d’envoi de personnes sur plusieurs dizaines d’années montre bien qu’ en mission le savoir-être prime sur le savoir-faire ce qui n’est pas évident pour des Français qui se lancent dans l’aventure d’une mission à l’étranger.

Dans cette optique, le choix fait dans le passé de donner de clés de lecture qui peuvent être ensuite utilisées, déclinées et personnalisées par chaque envoyé nous paraît toujours d’actualité.