Chrétiens, à quoi sommes-nous prêts ?

Méditation du jeudi 24 novembre. Nous entrons dans le temps de l’Avent qui nous conduit au mystère et à la joie de Noël. Et nous prions particulièrement pour notre envoyé en Guyane et pour tous les habitants de la Guyane.

illustration méditation du jeudi

 

Ce qui s’est passé du temps de Noé se passera de la même façon quand viendra le Fils de l’homme.  En effet, à cette époque, avant la grande inondation, les gens mangeaient et buvaient, se mariaient ou donnaient leurs filles en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; ils ne se rendirent compte de rien jusqu’au moment où la grande inondation vint et les emporta tous w.

Ainsi en sera-t-il quand viendra le Fils de l’homme.  Alors, deux hommes seront aux champs : l’un sera emmené et l’autre laissé. Deux femmes moudront du grain au moulin : l’une sera emmenée et l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.
Comprenez bien ceci : si le maître de la maison savait à quel moment de la nuit le voleur doit venir, il resterait éveillé et ne le laisserait pas pénétrer dans sa maison.  C’est pourquoi, tenez-vous prêts, vous aussi, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas. »

Matthieu 24,37-44


Source : Pixabay

En se faisant homme Jésus nous a appris une chose : l’humanité est une ! Nous avons la même chair, le même sang, nous éprouvons la même douleur quand on nous blesse, la même joie quand on nous fait du bien. Nos rires, nos pleurs, nos rêves ne sont pas si différents. Ni notre capacité à faire le mal et à faire le bien ! Et nous partagerons le même sort !
Donc nous qui sommes chrétiens ne sommes ni meilleurs ni pires que les autres humains.
Mais si nous reconnaissons le Dieu de Jésus-Christ comme notre Seigneur, nous avons la responsabilité d’agir selon ses attentes. En particulier en nous abstenant de scandaliser, de mépriser, les petits, les faibles, les sans pouvoir et sans défense !
Car si nous le faisons, nous discréditons, nous disqualifions, Dieu, son Fils et son Esprit ! Et alors le déluge de la désespérance humaine s’abat sur le monde, avec les conséquences catastrophiques pour tous.
Alors certes nous ne connaissons pas le jugement divin, ni qui sera pris et qui sera laissé. Il suffit que le Fils de l’homme lui les connaisse.
Accrochés à lui montrons-nous à tout instant attentifs aux êtres vivants qui peuplent ce monde si beau, et qui pourrait être meilleur pour tous, pour peu que nous accomplissions notre tâche quotidienne au service de Dieu et de nos frères et sœurs en humanité.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Chanter c’est prier deux fois disait Martin Luther. C’est avec les paroles du « Psaume de la création » de Patrick Richard que nous allons prier pour notre envoyé en Guyane et pour tous les habitants de la Guyane.

Par les cieux devant toi, splendeur et majesté,
Par l’infiniment grand, l’infiniment petit,
Et par le firmament, ton manteau étoilé,
Et par frère soleil, je veux crier…

Mon Dieu, tu es grand, tu es beau,
Dieu vivant, Dieu Très-Haut,
Tu es le Dieu d’amour !
Mon Dieu, tu es grand, tu es beau,
Dieu vivant, Dieu Très-Haut,
Dieu présent en toute création !

Par tous les océans et par toutes les mers,
Par tous les continents et par l’eau des rivières,
Par le feu qui te dit comme un buisson ardent,
Et par l’aile du vent, je veux crier…

Par toutes les montagnes et toutes les vallées,
Par l’ombre des forêts et par les fleurs des champs,
Par les bourgeons des arbres et l’herbe des praires,
Par le blé en épis, je veux crier…

Par tous les animaux de la terre et de l’eau,
Par le chant des oiseaux, par le chant de la vie,
Par l’homme que tu fis juste moins grand que toi,
Et par tous ses enfants, je veux crier…


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Rencontre au Défap avec Hadi Ghantous, pasteur syrien au Liban

Originaire de Damas, Hadi Ghantous est pasteur de la paroisse presbytérienne de Miniara au nord du Liban, à quelques kilomètres de la frontière syrienne. Il est également en charge des questions spirituelles et ecclésiales du Synode Arabe (National Evangelical Synod of Syria and Lebanon). Cette Eglise est présente en Syrie et au Liban. Témoin et acteur de premier plan, il est venu en France à l’invitation de l’Action Chrétienne en Orient (ACO), pour parler de la crise en Syrie. Nous l’avons interviewé à l’occasion de cette visite.

D : Pouvez-vous nous parler de votre engagement ?
Je suis né à Damas puis j’ai fait mes études au Liban et mon doctorat de théologie, à Berne. Je suis ensuite reparti au Liban où je suis en charge d’une paroisse située au Nord-Est du pays, à 15 km de la frontière avec la Syrie.
Aujourd’hui, je suis également responsable des questions spirituelles et ecclésiales du Synode Arabe ce qui m’amène à visiter les églises syriennes et libanaises une fois par mois, parfois dans des conditions difficiles. Il m’est notamment arrivé de me rendre dans une paroisse située à 1km du check point avec Daesh.

Le président du Défap Joël Dautheville, le directeur de l’ACO Thomas Wild et Hadi Ghantous

D : quelles sont les nouvelles de l’Eglise en Syrie ?
Les pasteurs syriens sont confrontés à des difficultés nouvelles : lever des fonds, trouver des lieux d’habitation, gérer des problèmes psychologiques, faire face aux pressions politiques, s’occuper d’églises dont les pasteurs sont partis mais aussi aider leur propre famille.
Le rôle de pasteur au Liban est difficile lui aussi.
Ma paroisse est située dans la partie la plus pauvre du Liban. Ici vivaient 300 000 personnes. Aujourd’hui, il y a, en plus, 300 000 réfugiés. Cela pose des problèmes économiques, de réconciliation (89 % des réfugiés sont des musulmans sunnites), des problèmes pour faire unité entre les Eglises…

D : quelle est votre mission en tant que responsable des questions spirituelles et ecclésiales du Synode Arabe ?
Le Comité des questions ecclésiales pour le synode arabe prend en charge aujourd’hui des questions liées à la santé (des enfants, des femmes), au financement… L’Eglise, si elle ne fait pas partie du conflit, en subit les conséquences.
Elle fait face à de nombreuses questions :
• Pourquoi on reste ?
• Quel rôle doit-on jouer ?
• Quelle identité a-t-on ?
C’est un nouveau challenge de construire un pont entre les gens !

D : pouvez-vous nous raconter ce que vous vivez au quotidien dans votre paroisse ?
Avec le conflit, la province qui était la plus pauvre s’est encore appauvrie. Principalement peuplée de Sunnites, elle accueille en priorité des réfugiés sunnites qui ont eux aussi de faibles revenus. La pauvreté s’ajoute à la pauvreté.
Pour aider les populations, nous avons mené un certain nombre d’actions :  mise en place d’une ne école pour les enfants syriens réfugiés et d’une clinique pour musulmans et chrétiens, réalisation de plusieurs collectes de vêtements pour les réfugiés (70 sacs de vêtements) et d’une collecte de fonds Jamais le montant collecté n’avait été aussi important !

D : Quelles sont vos principales difficultés au niveau de l’Eglise ?
Avec le conflit, nous avons « perdu » des gens qui sont partis à l’étranger, d’autres se sont déplacés. Nous devons redessiner les contours des paroisses : à cause des destructions d’églises (dans certains lieux, c’est la troisième fois que l’église est détruite), de la baisse du nombre de personnes en Syrie et au contraire, du développement ou de la création de nouvelles églises avec l’afflux de réfugiés au Liban.

D : Quels sont vos principaux enjeux ?
Ils sont multiples et d’ordres différents. Tout d’abord financiers car nous devons trouver des partenaires pour faire face aux besoins des réfugiés. Mais aussi humains, il nous faut répondre aux nouveaux besoins des gens, et religieux car nous avons à associer l’Eglise syrienne, à accueillir et intégrer les musulmans. Un enjeu international également : nous voulons faire entendre la voix de l’Eglise, ne pas être un pion dans une stratégie décidée par d’autres.
Sur ce dernier plan, je crois que nous avons un rôle à jouer dans la résolution du conflit : refuser la violence, négocier, parler, risquer, travailler avec toutes les Eglises.

D Comment financez-vous vos actions ?
Nous sommes soutenus par différentes personnes :
• nos partenaires en Occident = Eglises protestantes en Europe et aux US, ONG comme ACO
• les gens des Eglises locales
• la congrégation elle-même
Ma position, c’est de dire que l’argent est fait pour être utilisé ici et maintenant. Il ne doit pas être mis de côté pour le futur.

D : Comment voyez-vous l’évolution du conflit en Syrie et dans cette région ?
Tout le monde a intérêt à ce que la guerre en Syrie dure très longtemps. Pour les grandes puissances, c’est l’assurance de vendre des armes et de participer aux nombreux programmes de reconstruction à venir. Les pays de la région, Iran, Turquie et Israël, y ont aussi tout intérêt.
Cette guerre sera longue. Le régime de Bachar El Assad ne va pas disparaitre. Que faire avec Daesh ?
Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura moins de chrétiens en Orient après cette guerre.
C’est une région instable mais il y a un espoir : que l’Eglise devienne prophétique, plus active, capable de dire plus haut et plus fort ce en quoi elle croit.
L’espoir aussi qu’après cette période de grande violence, qui me fait penser à la période de l’Inquisition, naisse un Islam réformé.




Entre émotion et fierté

Josiane Aubroo s’est vu décerner la médaille du travail le 14 juillet 2016. Elle était reçue à la mairie le 17 novembre, par la maire du 14ème arrondissement, Carine Petit. A cette occasion, elle recevait son diplôme.

Depuis plus de trente ans, Josiane officie aux commandes de la cuisine et de l’hôtellerie du Défap.
En récompense de sa fidélité et de la qualité des initiatives prises dans son travail, il a paru tout naturel d’œuvrer pour une reconnaissance officielle de son investissement.
Son sourire et sa gentillesse à toute épreuve, auprès des hôtes de passage comme de tout le personnel du Défap, participe à la bonne marche de la mission que nous portons.
La maîtresse de maison, visiblement émue, se souviendra longtemps de cette belle soirée.

Josiane Aubroo et le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol




Rester humain face à l’extrême !

Méditation du jeudi 17 novembre 2016. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais.

Le peuple se tenait là et regardait. Les chefs juifs se moquaient de lui en disant : « Il a sauvé d’autres gens ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie, celui que Dieu a choisi ! » Les soldats aussi se moquèrent de lui ; ils s’approchèrent, lui présentèrent du vinaigre et dirent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Au-dessus de lui, il y avait cette inscription : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’insultait en disant : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous avec toi ! » Mais l’autre lui fit des reproches et lui dit : « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même punition ? Pour nous, cette punition est juste, car nous recevons ce que nous avons mérité par nos actes ; mais lui n’a rien fait de mal. » Puis il ajouta « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras pour être roi. » Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. »

Luc 23,37-43

 


Source : Pixabay

 

Que reste-t-il de l’humain dans les situations d’extrême méchanceté et d’extrême souffrance ? Y a- t – il encore place pour des sentiments autres que la haine, la révolte, l’humiliation, le désespoir ?
Des 4 évangélistes, Luc est le seul à avoir donné la parole à chacun des deux brigands qui sont crucifiés en même temps que Jésus. L’un vocifère et insulte Jésus, à l’instar des responsables religieux. Il entre dans le chœur des foules déshumanisées par la violence.
L’autre reste homme jusqu’au bout, capable, dans sa douleur, de justice et de compassion. Conscient de ses forfaits il ne confond pas l’innocent et le coupable. Ouvert à la relation il demande à Jésus l’impensable : ne pas être oublié, être intégré dans son règne !
Oui lui dit Jésus, dès aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.
Face à l’extrême, Dieu n’abandonne pas le monde. Il se réfugie dans le cœur des hommes pour le maintenir ouvert, malgré les affreuses contractions de la cruauté et de la souffrance.  Certains restent insensibles à ce geste de Dieu en eux, d’autres lui répondent.
Alors surgit l’ultime possibilité que la vie soit plus forte que la mort. Et que l’avenir paraisse !
Merci ô douloureux compagnon de Jésus, pour avoir déchiré le voile de la désespérance !

Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais avec ces paroles écrites par un détenu.

Seigneur, Tu connais cette tristesse qui me ronge parfois le cœur.
Réconcilie-moi avec moi-même.
Que ta grande tristesse me rende confiance en moi,
me fasse exister à mes propres yeux !
Comment pourrais-je te rencontrer et aimer les autres,
si je ne m’aime plus et ne m’aime plus ?
Je voudrais avoir le courage de déverrouiller la parole.
Je tiens moi-même la clé !
Donne-moi la force de sortir de moi-même :
Dis-moi que je peux encore guérir.
Dans la lumière de ton regard et de ta parole.
Seigneur,
Toi qui m’aimes tel que je suis et non tel que je rêve d’être,
aide-moi à vivre avec mes ombres et lumières,
mes douceurs et mes colères,
mes rires et mes larmes,
mon passé et mon présent.
Donne-moi de m’accueillir comme toi tu m’accueilles,
de m’aimer comme toi tu m’aimes.
Délivre-moi de la perfection que je veux donner.
Ouvre-moi à la sainteté que tu veux m’accorder.
Délivre-moi du remords de Judas qui, rentrant en lui-même,
n’a pas pu en sortir, épouvanté et désespéré devant l’immensité de son péché.
Accorde-moi le repentir de Pierre qui a su rencontrer ton regard,
appel silencieux chargé de tendresse,
et si je dois comme lui pleurer,
que ce ne soit pas sur mon orgueil humilié
mais sur ton amour offensé et blessé.

Jean-Pierre. En détention, mai 2002


Source : Pixabay




Khaled Abu Toameh ou le pragmatisme d’un Arabe israélien

Khaled Abu Toameh est un journaliste arabe israélien, chroniqueur célèbre de plusieurs journaux dont « Haaretz » (positionné à gauche). C’est une voix libre et respectée en Israël et en Palestine. Il préconise des attitudes pragmatiques pour améliorer la vie des Arabes israéliens. Rencontre avec cet homme de dialogue, à travers l’extrait d’une interview réalisée par Harold Hyman, pour le magazine « Opinion Internationale ».

L’Autorité palestinienne considère-t-elle les Arabes israéliens en tant que citoyens de la Palestine ?

Notre présence dans l’État d’Israël est un symbole fort pour ces dirigeants palestiniens : nous, les Arabes en Israël, sommes tenaces. Nous sommes les courageux, ceux qui sont restés dans la terre ancestrale en dépit des difficultés et de la discrimination. Le Hamas et l’OLP disent la même chose, et nous appellent d’ailleurs les Palestiniens de 48 (1948 année de la création d’Israël) . Ils ne nous voient pas comme des traîtres devenus israéliens, mais comme une extension du peuple palestinien.  Cette attitude, en fait, est dans l’intérêt des Arabes israéliens. Il y a beaucoup d’interactions entre eux et nous. Cependant, les Arabes en Israël luttent pour l’intégration, les Arabes en dehors (ceux de la Cisjordanie) luttent pour la séparation. Telle est la grande différence.

Que pensez-vous du BDS (Boycott, Divest, Sanction) et de la résistance des gens aux bulldozers israéliens ?

La plupart ne sont même pas des Palestiniens. Et à propos du BDS, comment puis-je boycotter le lait israélien, sans qu’on m’offre une autre source de lait ? Et les gens qui perdent leur emploi en raison du boycott, qui leur trouvera un autre emploi ? Il est injuste que des militants confortablement installés en Occident prêchent ce qu’ils croient être bon pour les Palestiniens. En principe, je suis contre les campagnes négatives. Je n’ai pas vu le BDS affecter l’économie israélienne, il n’y a pas de panique en Israël. Au contraire. Rallier le monde contre Israël est très contre-productif, cela droitise les Israéliens. Cela ne sert pas la paix, et de nombreux Palestiniens ne savent même pas ce qu’est le BDS, ils ne s’en soucient guère, ils travaillent dans les supermarchés israéliens, et les colonies, et ils utilisent les hôpitaux israéliens. Je vois beaucoup de Palestiniens là-bas qui vont dans le sens opposé du BDS.


Khaled Abu Taomeh – © Harold Hyman / Opinion Internationale / 2016

 

Est-ce que la solution d’un État unique gagne chez les Palestiniens ?

Pour commencer, il y a déjà deux États pour les Palestiniens, la Cisjordanie et Gaza ! Cette division a grandement affaibli le projet national palestinien. Mais oublions un instant Gaza. Regardez la situation sur le terrain : en Cisjordanie et à Jérusalem, la situation géographique est devenue extrêmement compliquée. Les gens de chaque groupe vivent très près les uns des autres, parfois dans le même bâtiment, c’est inextricable. Rationnellement parlant, il est impossible d’avoir un deuxième État là-bas, donc la solution de deux États, l’un juif et l’autre arabe, est concrètement irréalisable. Pourtant, l’autre solution, celle d’un État unique (englobant tous les Juifs et tous les Arabes d’Israël et de Cisjordanie) est rejetée par 99% des Juifs, qui préfèrent la séparation physique. L’idée de la séparation semble donc être la seule solution, et si les deux parties professent leur choix de la séparation, elles ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les termes du divorce.

 

Tout accord entraînerait-il des mouvements de population ?

Oui, surtout de la population juive. Mais même si ces Juifs quittaient la Cisjordanie, les Palestiniens se sentiraient étouffés dans un si petit endroit. Pourquoi pensez-vous que les Palestiniens sont opposés au mur ? Parce que même s’ils veulent une frontière entre la Palestine et Israël, ils ne veulent pas être enfermés par un mur, même un mur sur les frontières de 1967 ! Tel est le dilemme : la plupart des Palestiniens veulent la séparation, et aussi un pays ouvert du Jourdain à la Méditerranée ! Paradoxal.

Les Arabes israéliens ne votent plus pour les partis israéliens. Est-ce bon ou mauvais ?

Comment cela est-il survenu ? Parce que les partis israéliens les ont laissé tomber socialement et économiquement. Les listes arabes sont venues pour séduire les Arabes d’Israël, ont obtenu leur vote, et puis ces élus ont négligé les questions pratiques et les conditions de vie se sont  dégradées encore davantage. Les élus arabes israéliens deviennent des ultra-nationalistes palestiniens, rejoignent les flotilles d’humanitaires naviguant vers Gaza. Ils n’apportent rien de concret aux Arabes israéliens, et en outre les Juifs nous voient désormais comme une cinquième colonne.

Nous devrions faire des choses qui n’aliènent pas les Juifs, et ne pas aller contre l’État. Je ne dis pas que nous devrions être sionistes, ni que nous devrions tourner le dos à nos familles en Palestine.

Étonnamment, la communauté juive américaine a fait des choses très positives pour nous. Beaucoup de Juifs américains font du travail social à l’intérieur du secteur arabe en Israël. Leur but est de réduire l’écart social entre les Juifs et les Arabes, afin d’éviter une explosion. Une coalition de grandes organisations juives a mis en place un groupe de travail pour les Arabes israéliens ! Merci les Juifs américains, même si c’est le gouvernement israélien qui devrait faire ce travail ! Après tout, les Arabes israéliens paient des impôts.

 

 

Source : « Opinion Internationale »

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Des souvenirs plein la tête

Du 22 au 24 octobre 2016, le Défap réunissait à Paris l’ensemble des étudiants calédoniens du programme ABS (Après Bac Service). Ce programme, dont le service protestant de mission est chargé de l’accompagnement extrascolaire, offre à de jeunes kanaks la possibilité de poursuivre leurs études en France. Le Défap, au-delà d’un suivi personnalisé, organise régulièrement des évènements pour créer les rencontres et les échanges entre les étudiants. Cette fois, Elise Dangio, la responsable du programme ABS pour « Cadre Avenir » en Nouvelle Calédonie, était également présente. Au programme du week-end : visites de la capitale et des hauts lieux touristiques et ateliers de réflexion et d’échanges. Durant ces trois jours, « l’ABS Family », comme ils s’appellent, était heureuse de se retrouver.

La rencontre a été l’occasion de faire découvrir Paris aux jeunes étudiants mais aussi de créer des moments d’échange et de rencontrer la nouvelle promotion. Ils ont pu aussi vivre ensemble pendant plusieurs jours et en profité pour se retrouver. Les « anciens » pouvaient alors délivrer librement leurs conseils mais aussi faire le point sur les difficultés de chacun pour tenter d’y répondre tous ensemble. Les ABS ont également travaillé en groupe lors d’ateliers.

 

photo de groupe, octobre 2016, DR

Au Défap, Laura et Pascale, chargées du suivi extrascolaire des ABS, ont œuvré au respect de la convention du programme et au bon déroulement du week-end.  Durant leur séjour, les étudiants ont souhaité laisser des messages dans le livre d’or du service protestant de mission.

« C’était pour moi l’entracte dont j’avais besoin », nous confie Lina, une étudiante du groupe. « Après la reprise des cours, le retour à cette vie étudiante, après s’être remis dans le bain depuis septembre, cette rencontre a été bien plus qu’un simple rassemblement. C’était une petite pause dans le temps pour se retrouver, partager et reprendre des forces pour continuer chacun dans nos parcours ».

 

 

Messages laissés par les étudiants au Défap, octobre 2016, DR




De la stupeur devant l’histoire à la confiance en Dieu !

Méditation du jeudi 10 novembre 2016. Nous prions pour nos envoyés du Laos et pour le peuple laotien.

Quelques personnes parlaient du temple et disaient qu’il était magnifique avec ses belles pierres et les objets offerts à Dieu.
Mais Jésus déclara : « Les jours viendront où il ne restera pas une seule pierre posée sur une autre de ce que vous voyez là ; tout sera renversé. »
Ils lui demandèrent alors : « Maître, quand cela se passera – t- il ? Quel sera le signe qui indiquera le moment où ces choses doivent arriver ? »
Jésus répondit : « Faites attention, ne vous laissez pas tromper. Car beaucoup d’hommes viendront en usant de mon nom et diront : « Je suis le Messie !» et « Le temps est arrivé !» Mais ne les suivez pas.  Quand vous entendrez parler de guerres et de révolutions, ne vous effrayez pas ; il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin de ce monde. »
Puis il ajouta : « Un peuple combattra contre un autre peuple, et un royaume attaquera un autre royaume ; il y aura de terribles tremblements de terre et, dans différentes régions, des famines et des épidémies ; il y aura aussi des phénomènes effrayants et des signes impressionnants venant du ciel.
Mais avant tout cela, on vous arrêtera, on vous persécutera, on vous livrera pour être jugés dans les synagogues et l’on vous mettra en prison ; on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs à cause de moi.
Ce sera pour vous l’occasion d’apporter votre témoignage à mon sujet. Soyez donc bien décidés à ne pas vous inquiéter par avance de la manière dont vous vous défendrez. Je vous donnerai moi-même des paroles et une sagesse telles qu’aucun de vos adversaires ne pourra leur résister ou les contredire.
Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos parents et vos amis ; on fera condamner à mort plusieurs d’entre vous. Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »

Luc 21,5-19

 

Source : pixabay

Dans son livre « Le monde d’hier, l’écrivain viennois Stephan Zweig évoque l’effondrement moral et social provoqué par la guerre 14-18. On ne l’avait pas vu venir et on mit du temps à réaliser combien elle était affreuse et allait durer longtemps. Certaines de ses pages expriment la stupeur ; il n’en revient pas, et peu à peu il commence à ne plus reconnaître ses propres amis, devenus étrangers, parfois fanatiques, et ennemis idéologiques.
Ces jours-ci, après l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, on entend également des propos exprimant la stupeur et l’affolement. Car il s’est présenté comme un candidat extrémiste et il n’a aucune expérience de l’exercice du pouvoir.  Qu’allons-nous tous devenir ?
Lire un récit d’apocalypse dans de telles circonstances est très instructif. Comme tous les prophètes bibliques Jésus nous prévient de la fragilité des choses de ce monde et des renversements toujours possible d’une réalité qui nous semblait assurée.
Comme il était beau le temple de Jérusalem ! Et pourtant il ne restera pas, – il n’est pas resté- pierre sur pierre, à part le mur occidental, dit mur des lamentations.
Comme ils sont doux les temps de paix et de prospérité ! Et enivrantes les époques où la démocratie ne semble soucieuse que d’accorder plus de liberté, plus d’égalité, plus de bien-être à tous ses citoyens ! Et pourtant une fracture sociale survient en conséquence de problèmes économiques, la crise persiste, les angoisses montent, les dissensions s’aggravent. La haine sociale, l’extrémisme violent explosent en un orage destructeur.
Ceci est le monde. Ceci est le remous de l’histoire des hommes. Restons accrochés au rocher, solides dans la tempête, assurés que nous la traverserons, fidèles à celui qui nous dit : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »

 

Prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Dieu de paix, à qui rien n’est impossible, créateur, rédempteur, vivificateur :
Une fois de plus nous venons auprès de Toi pour implorer Ta miséricorde et Ton pardon.
Permets-nous de recommencer à nouveau et aide-nous à donner une chance à la paix.
Oui, nous voudrions donner une nouvelle chance à la paix,
puisque nous avons manqué tant d’occasions, que nous avons empêché tant d’initiatives
et que nous avons regardé, sans intervenir, lorsque le bien a été vaincu, au lieu de surmonter le mal par le bien !
Nous Te demandons : Donne-nous la paix !
Nous te rendons grâce pour les acteurs qui cherchent à vaincre la violence
Ils aiguisent notre conscience et renforcent notre désir de paix.
Mais tu attends bien plus de nous pour donner une chance à la paix.
Alors que nous implorons Ton pardon,
donne-nous de nous engager toujours à nouveau comme artisans de justice.
Nous Te demandons : Donne-nous la paix.
Engage-nous à faire la paix.
Aide-nous à ce que notre vie devienne toujours à nouveau  le point de départ pour la paix.
Donne-nous sagesse et courage :
La sagesse pour discerner Ta volonté, le courage pour servir fidèlement la paix.
Nous Te demandons : Donne-nous la paix.
Dieu de paix, à qui rien n’est impossible, Fais de nous les instruments de Ta paix,
Pour que partout dans le monde, nous fassions Ta volonté en donnant une chance à la paix.
Nous Te le demandons au nom de Celui qui est le Serviteur de la Paix : Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Prière venant des Caraïbes – rassemblement mondial des Eglises pour la Paix

 

 

Source : pixabay




« Ce que je crains le plus pour mes fils… »

Elisabeth Mutschler est envoyée par les Eglises protestantes de France auprès du Conseil oecuménique des Eglises. Elle est accompagnatrice des populations palestiniennes dans la Vallée du Jourdain dans le cadre du programme oecuménique d’accompagnement en Palestine et Israël (EAPPI). Le 31 octobre 2016, Elisabeth Mutschler a rencontré quatre femmes du camp de réfugiés Aqbat Jaber, près de Jéricho. Elle adresse cette lettre au Défap.

(de gauche à droite) Rabab, Um Fares, Jamileh et Nihaya 

© Photo EAPPI / E. Mutschler

Um Fares est la présidente du UN Women’s Centre du camp de réfugiés Aqbat Jaber près de Jéricho, une association administrée par des femmes du camp et offrant des programmes à caractère social et éducatif visant principalement un public féminin. Depuis 2015, elles gèrent aussi quelques chambres d’hôtes pour randonneurs et autres, une étape sur le ‘Sentier d’Abraham’ *.

* Abrahampath.org

Le camp d’Aqbat Jaber fut créé en 1948 par l’UNWRA (agence de l’ONU en charge de l’aide aux réfugiés palestiniens) suite à la première guerre israélo-arabe. Avec ses 50.000 habitants originaires de plus de 300 villages du nord de Haïfa et des régions de Gaza et d’Hébron, il fut longtemps le plus grand camp de réfugiés de Palestine. La plupart de ses habitants fuirent en Jordanie lors de la guerre de Six Jours en 1967.
Aujourd’hui le camp compte environ 6000 habitants et ressemble un peu à une banlieue de Jéricho.

Le camp de réfugiés Aqbat Jaber dans la Vallée du Jourdain
© Photo EAPPI / E. Mutschler

Um Fares nous explique :

Bien sûr, la vie dans notre camp est très difficile sur le plan matériel et financier. Les coupures d’électricité sont fréquentes, nous manquons d’eau, surtout l’été * . Les deux écoles de l’UNWRA sont surchargées, l’accès aux soins est difficile. Le chômage est très élevé, surtout celui des jeunes, en raison des restrictions à la liberté de circulation et du système de permis de travail imposés par l’occupation israélienne.

Mais ça va, nous nous épaulons mutuellement.

C’est sur le plan psychologique que la situation est beaucoup plus difficile à supporter. Nous les femmes, nous vivons dans la crainte permanente de ce qui pourrait arriver à nos fils, nos maris, nos frères : sont-ils en danger ? vont-ils rentrer ? l’armée viendra-t-elle les arrêter en pleine nuit à la maison ? C’est cela que je crains le plus pour mes trois fils, car personne ne devrait avoir à supporter les souffrances et les humiliations qu’on leur fait subir dans les prisons israéliennes.

 

* Consommation par jour et par habitant : 70 litres. Le minimum recommandé par l’OMS est de 100 litres.

Rabab, Amouna, Nihaya, Ourouba, Intizar, Jamileh … : elles sont toutes touchées par ce problème ou l’ont été dans un passé récent.

Jamileh, par exemple, raconte l’arrestation de son fils de 14 ans en 2012 :
Des soldats en tenue de combat ont fait une irruption brutale dans la maison alors que tout le monde dormait, bousculant tout et tous sur leur passage. Ils ont tiré Ahmed du lit en hurlant des insultes et il n’a même pas pu s’habiller. Quand je leur ai demandé où ils l’emmenaient, ils n’ont pas daigné me répondre et m’ont poussée de côté. Il a été accusé d’avoir jeté des pierres et a été libéré au bout d’un mois.

Le frère de Nihaya a été arrêté pour la première fois à l’âge de 13 ans. Avant l’aube lui aussi. Il était petit pour son âge, maigrichon mais plein d’énergie et il s’est tellement débattu que les soldats ont eu beaucoup de mal à se saisir de lui. Alors ils l’ont frappé très fort pour le calmer… Nihaya et sa mère hurlaient pour qu’ils s’arrêtent. A la fin, il ne pouvait même plus marcher et ils ont été obligés de le traîner. Il avait été vu dans la rue, lors d’un affrontement entre des jeunes et des soldats et était suspecté d’avoir lancé des pierres. Pour Nihaya, ce fut le jour le plus horrible de sa vie.

Chacune d’elle aurait une histoire à raconter…

Intizar celle de l’arrestation de son fils de 16 ans et demi par un policier habillé comme un palestinien, avec le keffieh noir et blanc.

Ou encore Amouna dont le frère, majeur maintenant, est détenu à Beersheba en Israël et auquel elle ne peut rendre visite que difficilement, malgré l’aide de la Croix Rouge qui s’occupe des autorisations et de l’organisation des convois (escortés par l’armée). A noter que d’après l’article 76 de la 4e Convention de Genève, les ressortissants d’un territoire occupé devraient purger leur peine sur leur propre territoire…
 » Il faut serrer les dents, dit-elle, quand on passe les contrôles aux checkpoints sur le trajet, et pour les deux fouilles avant d’entrer dans le centre pénitentiaire ; une fois j’ai même dû subir une fouille au corps, alors que je n’étais qu’une simple visiteuse et qu’une double paroi en verre blindé vous sépare des détenus ».

Intizar et Amouna

© Photo EAPPI / E. Mutschler

Et Um Fares de conclure :
« Cette grande douleur ne nous quittera pas tant que nous aurons des enfants en prison, tant que nous devrons vivre sous l’occupation, tant qu’il y aura des réfugiés dans les camps de réfugiés… »

 

 

Jéricho, le 31 octobre 2016

Elisabeth Mutschler

 

NB : les avis exprimés dans cette lettre n’engagent que le programme oecuménique EAPPI France.

 

La détention des mineurs palestiniens

 

  •  Environ 500 à 700 mineurs palestiniens sont arrêtés chaque année.
  • Fin février 2016, 440 jeunes étaient détenus, dont 104 enfants entre 12 et 15 ans.
  • Le nombre des arrestations est en augmentation depuis 2015.
  • La plupart d’entre eux sont condamnés pour jets de pierres, la peine maximale pour ce délit pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
  • Ils sont jugés par des tribunaux militaires. Un tribunal militaire pour enfants de 12 à 15 ans a été créé en 2009.
  • Les parents ne peuvent pratiquement pas être présents lors des interrogatoires.
  • La première rencontre avec un avocat se fait souvent juste avant d’entrer au tribunal.
  • Le recours à de mauvais traitements semble systématique pour les arrestations, les interrogatoires et la détention (cf Unicef  6.3.2013 / 13.2.2015 ‘Children in Israeli military detention’)

 

Ces pratiques violent le droit international résultant des conventions ratifiées par Israël, que ce soit le pacte des droits civils et politiques de 1966, la convention interdisant la torture et les traitements cruels et dégradants de 1984 ou la convention des droits de l’enfant de 1989 (notamment de son article 37). Elles affectent durement la vie de milliers d’enfants palestiniens.

 

 

Collégiens arrêtés dans la cour de leur école
© Photo EAPPI / E. Mutschler

Le 14 octobre 2016, à New York, le Directeur de l’ONG israélienne B’Tselem s’exprimait devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Depuis ce jour, son directeur Hagaï El-Ad est violemment pris à partie en Israël, où des politiques proposent de le destituer de sa nationalité israélienne comme « traître » à son pays alors que le directeur de B’Tselem a simplement osé dire ce qui était inacceptable car en contradiction flagrante avec les règles fondamentales auxquelles les plus hautes autorités d’Israël prétendent se référer. Récemment, Hagaï El-Ad s’est exprimé sur ses positions dans le journal israélien Haaretz.

Consulter ici la traduction de cet article

         

                                                                                                              




Alep : une situation intolérable

Suite à la réunion du Comité Exécutif de ACO Fellowship qui se tenait du 15 au 19 octobre 2016 à Strasbourg, une déclaration sur Alep a été faite. Elle vise à compléter et corriger l’information présente à ce sujet dans les médias occidentaux. Le Défap relaie ici le communiqué de l’Action Chrétienne en Orient (ACO).

Strasbourg, le 19 octobre 2016

Le Comité Exécutif de ACO-Fellowship tient à exprimer sa plus vive inquiétude face à la montée de la violence dans la ville syrienne d’Alep. Dans une réunion tenue du 15 au 19 octobre 2016 à Strasbourg, France, l’ACO prend en compte les dernières nouvelles venant des Eglises partenaires à Alep. Ces nouvelles arrivent à la conclusion que la situation humanitaire de la ville se détériore rapidement, non seulement dans les quartiers Est tenus par les rebelles mais aussi dans les secteurs contrôlés par le gouvernement où un grand nombre de personnes ont été tuées par les bombardements ces dernières semaines.

Deux Eglises partenaires de ACO-Fellowship, le Synode National Evangélique de Syrie et du Liban, (NESSL) d’une part et l’Union des Eglises Evangéliques Arméniennes du Proche-Orient (UAECNE) d’autre part, ont été sévèrement touchées par les combats. Pendant ces dernières semaines, une école et une église de l’UAECNE ont été touchées par des tirs de roquette. Une église qui vient juste d’être construite par NESSL est à présent sur la ligne de front. Les bâtiments du XIXe siècle appartenant à cette communauté ont été détruits par des attentats ciblés dès le début de la guerre.

L’ACO demande aux Eglises avec lesquelles elle est en relation de prier pour les habitants de la ville d’Alep, pour les Chrétiens qui sont restés sur place et pour tous ceux qui œuvrent pour secourir les victimes et le maintien de la paix. Entretemps, l’ACO continue d’apporter un soutien au travail pastoral et humanitaire de ses Eglises partenaires à Alep, en Syrie at au Liban.

L’ACO exprime aussi sa conviction que les interventions violentes menées de l’extérieure ne peuvent contribuer à la réalisation de la paix en Syrie. Elle appelle tous les politiciens bien intentionnés à user de leur influence pour que la violence stoppe immédiatement, pour empêcher les livraisons d’armes aux parties en guerre, et pour aider les Syriens à atteindre une solution pacifique.

 

L’Action Chrétienne en Orient (ACO)-Fellowship est un groupe de six partenaires protestants, trois du Moyen-Orient (Iran, Syrie, Liban) et trois d’Europe (Suisse, France et Pays-Bas). Il favorise un travail spirituel, diaconal et de développement principalement au Moyen-Orient.

(traduction ACO France)




Le Dieu des vivants et non le Dieu des morts

Méditation du jeudi 3 novembre 2016. En cette semaine de la Toussaint, nous prions pour toutes les personnes et les familles endeuillées.

Quelques Sadducéens vinrent auprès de Jésus. — Ce sont eux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection. —
Ils l’interrogèrent de la façon suivante : « Maître, Moïse nous a donné ce commandement écrit : «Si un homme marié, qui a un frère, meurt sans avoir eu d’enfants, il faut que son frère épouse la veuve pour donner des descendants à celui qui est mort.»
Or, il y avait une fois sept frères. Le premier se maria et mourut sans laisser d’enfants. Le deuxième épousa la veuve, puis le troisième. Il en fut de même pour tous les sept, qui moururent sans laisser d’enfants. Finalement, la femme mourut aussi. Au jour où les morts se relèveront, de qui sera-t-elle donc la femme ? Car tous les sept l’ont eue comme épouse ! »
Jésus leur répondit : « Les hommes et les femmes de ce monde – ci se marient ; mais les hommes et les femmes qui sont jugés dignes de se relever d’entre les morts et de vivre dans le monde à venir ne se marient pas. Ils ne peuvent plus mourir, ils sont pareils aux anges. Ils sont fils de Dieu, car ils ont passé de la mort à la vie. Moïse indique clairement que les morts reviendront à la vie. Dans le passage qui parle du buisson en flammes, il appelle le Seigneur «le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.» Dieu, ajouta Jésus, est le Dieu des  vivants, et non des morts, car tous sont vivants pour lui. »

Luc 20,27-38

 


Source : pixabay

 

S’il n’y a pas de résurrection des morts, écrit l’apôtre Paul,  Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
Mais que signifie la résurrection ? Comment l’envisage-t-on ?
S’il s’agit d’une réanimation risquant de plonger les réanimés dans l’inconfortable situation évoquée par les sadducéens en discussion avec Jésus, alors nous serons d’accord avec eux que mieux vaut ne pas ressusciter !
Heureusement la réponse de Jésus nous ouvre à une autre perspective. Elle nous libère de nos désirs d’immortalité et de nos fantasmes de grand retour, en même temps qu’elle nous invite à la confiance ! Nous serons comme des anges, nous entrerons dans la vie qui est la vie et qui a vaincu la mort. Cela vaut bien d’abandonner quelques égoïstes préoccupations sur notre devenir !
Jésus ressuscité ne ressemblait pas au Jésus d’avant. Marie le prit pour le jardinier du cimetière et les disciples d’Emmaüs pour un voyageur étranger. Il resta 40 jours puis monta au ciel où il est assis à la droite de Dieu !
Et nous, à qui ressemblerons-nous dans notre forme spirituelle? Au Fils de l’homme ?
En ce temps de Toussaint, où se célèbre la communion des vivants et des morts, la part de la joie doit l’emporter sur la part du chagrin ! Car tous sont et seront recueillis dans l’amour de Dieu, maintenant et pour toute éternité.

 

Nous prions pour toutes les familles endeuillées, en particulier celles qui ont perdu des enfants, celles qui sont frappées par la guerre ou les séismes. Nous trouverons des mots plein de consolation dans cette prière du Pasteur Charles Wagner (1852-1918).

Quand je dormirai du sommeil qu’on nomme la mort,
c’est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront
comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et Tu veilleras.
Sur ceux que j’aime et que j’aurai laissés,
sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus,
sur les champs que j’ai labourés,
Tu veilleras.
Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés;
tu mettras ta paix sur les jours évanouis, passés dans l’angoisse;
tu purifieras ce qui est impur.
Et de ce que j’aurai été,
moi, pauvre apparence, ignorée de moi-même et réelle en toi seul.
Tu feras ce que tu voudras.
Ta volonté est mon espérance, mon lendemain, mon au-delà,
mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers;
les soleils n’en sont qu’un pâle reflet
et les plus hautes pensées des hommes n’en sont qu’une lointaine image.
En Toi je me confie.
À Toi je remets tout.

 


1918, « Devant le témoin invisible », Paris, éd. Fischbacher 1933


Source : pixabay




Le Forum ? C’était passionnant !

L’objectif était ambitieux : interroger et exprimer les fondements existentiels de la mission au sens de la « conscience d’agir pour un Autre et en son Nom ». Dans les faits, ce fut un temps d’échange, de partage et de réflexion à la fois collectif et individuel, grâce au travail en petits groupes. Tous les « forumistes » en sont sortis enchantés, regonflés à bloc pour aller parler de mission dans leurs paroisses.

 

Plus de cent cinquante participants au Forum se sont retrouvés à Sète, entre le 28 et le 30 octobre, pour parler de la mission. Le soleil était aussi de la partie, ce qui a été bien agréable pour les travaux en groupes, certains n’ont pas hésité à s’assembler dans le jardin. On a même vu quelques courageux dîner dehors, le samedi soir !

La bannière du Défap, bien visible dans le jardin méditerranéen du Lazaret (Sète)

Plus sérieusement : cette édition 2016 a été une belle réussite.

Le vendredi soir a démarré sur les chapeaux de roues : orateur hors pair, le lieutenant de l’Armée du Salut Matthieu Bösiger n’a pas hésité à bousculer l’assemblée. « Sortez ! Osez ! Faites quelque chose ! Trompez-vous mais ne restez pas enfermés ! La mission, c’est dehors ! » Mêlant le rire et l’émotion, les traits d’humour et les moments intenses, il a raconté comment lui était venue la vocation et quelle était désormais sa mission. Son intervention a suscité de nombreuses questions et un certain enthousiasme pour la suite.

Cette suite a pris la forme, le samedi matin, d’une première table-ronde en séance plénière, avec une série de témoignages choisis : une soeur diaconesse, un couple de pasteurs de l’EPUdF de retour de Madagascar, où ils venaient de passer quatre ans, une pasteure originaire du Cameroun aujourd’hui en poste en banlieue parisienne et le jeune président de l’association Co-Exister. D’âges et de milieux variés, ces hommes et ces femmes ont trouvé les mots justes pour parler de leurs vocations, aussi diverses et plurielles que possible. Un bel exemple pour tous les participants, qui ont réagi par leurs questions mais aussi par leurs propres témoignages.

Il y a eu ensuite une série de travaux en petits groupes de sept à huit personnes, d’abord à propos des témoignages entendus, pour mettre en commun les échos que cela avait pu provoquer dans la vie personnelle et communautaire des uns et des autres.

Le second temps d’atelier a suivi la conférence du pasteur Evert van de Poll sur la Bible. A partir de versets bibliques, il s’est agi d’aborder des thèmes aussi divers que « Le libéralisme économique est-il une malédiction » ou « Comment la femme fait-elle l’avenir de l’homme ? ». Intitulé « lectio humana, textes à discuter » un livret remis à chaque participant reprenait l’ensemble des textes servant de support à ces thèmes de société. Après avoir partagé la lecture des textes, chacun pouvait réagir avec ce qu’il est, exprimer ce qui le touchait, ou le choquait, en acceptant d’écouter aussi les autres.

Après le dîner, le spectacle « Familles, je vous M », une pièce de théâtre écrite, mise en scène et interprétée par Laurence Tartar-Fouchier a mis en joie toute l’assistance.

Le dimanche, avant le culte, une « lectio divina » a permis à chacun de se ressourcer dans la méditation. Et aussi de rédiger quelques textes : la louange et les autres textes lus pendant le culte étaient donc le fruit de la synthèse des groupes de travail. Une manière originale de célébrer la mission, et Celui qui nous y envoie.

Nous reviendrons certainement sur ce Forum 2016, notamment lorsque nous mettrons à la disposition de tous les différents matériels qui ont aidé les « forumistes » à travailler. En attendant l’organisation de « mini-forums régionaux »…

 

 




Laissons-nous renverser et soyons renversants !

Méditation du jeudi 27 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et pour tous les Réunionnais.

Après être entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville.
Il y avait là un homme appelé Zachée ; c’était le chef des collecteurs d’impôts et il était riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais comme il était de petite taille, il ne pouvait pas y parvenir à cause de la foule. Il courut alors en avant et grimpa sur un arbre, un sycomore, pour voir Jésus qui devait passer par là.
Quand Jésus arriva à cet endroit, il leva les yeux et dit à Zachée : « Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd’hui. »
Zachée se dépêcha de descendre et le reçut avec joie.
En voyant cela, tous critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme est allé loger chez un pécheur ! »
Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit : « Écoute, Maître, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois autant. »
Jésus lui dit : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, parce que tu es, toi aussi, un descendant d’Abraham.  Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

Luc 19,1-10

Source : pixabay

 

Qui n’aime raconter l’histoire de Zachée aux enfants ? C’est que, derrière le puissant  collecteur d’impôt, il reste ce petit homme capable d’oublier son quant à soi social et de grimper aux arbres pour satisfaire sa curiosité.
A celui qui garde une telle capacité enfantine, il est possible de se laisser renverser. ET c’est ce qui arrive.
On l’imagine, à la demande de Jésus, se précipitant à la maison, organisant à la va-vite un repas de fête, proposant au visiteur de lui laver les pieds, sortant son meilleur vin, lui demandant de bénir le pain… Excité, heureux, fiévreux, comme quand un hôte de marque vous fait l’honneur de s’inviter chez vous.
De joie le cœur s’ouvre, et les fatalités comportementales s’assouplissent ! Là où le seul profit imposait sa loi, le souci d’autrui s’immisce, là où la peur et la méfiance servaient de vade mecum, la confiance et la générosité se révèlent comme naturelles. Zachée redevient frère, Zachée redevient fils…
Et pour tous ceux qui viennent après lui, Zachée devient signe de joie, de rédemption et d’espérance. Merci à l’évangéliste Luc d’avoir écrit pour nous cette histoire.

 

Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et tous les habitants de la Réunion.

Saviez-vous déjà que la proximité de quelqu’un peut donner la santé,
Faire mourir ou vivre ?
Saviez-vous déjà que la voix de quelqu’un peut en éveiller un autre
Qui était sourd à tout
Et peut le faire entendre ?

Saviez-vous déjà que la parole et la main de quelqu’un peuvent rendre la vue
A un aveugle qui ne voyait rien,
Qui ne voyait aucun sens à ce monde et à sa vie ?

Saviez-vous déjà qu’écouter fait des merveilles,
Que la bienveillance est féconde,
Que la confiance donnée nous revient au centuple ?

Source : pixabay