Nouvelle Calédonie : le lycée Do Neva rouvre ses portes

Plus de quatre mois après les pluies diluviennes qui ont terrassé la Nouvelle Calédonie, le lycée Do Neva a rouvert ses portes pour sa rentrée du 20 février. Thomas Carlen, le directeur de l’établissement, s’en félicite. Quelques jours avant la rentrée, il s’est livré dans un entretien exclusif pour notre site.

Lors de votre interview en décembre dernier, vous dressiez un bilan alarmiste de la situation. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A l’époque, les dégâts étaient considérables. Nous n’avions jamais vécu une telle crise. Aujourd’hui, les installations provisoires ont fait place à la réhabilitation de nos locaux. Nous finalisons la rénovation et la remise en état des deux salles de classes, qui avaient été inondées, et du bâtiment administratif. Nous finissons également la mise aux normes du circuit électrique.

 

Comment s’annonce cette rentrée scolaire ?

La rentrée était initialement prévue au 13 février mais elle a dû être reportée au lundi 20 février. Parce que nous avons eu trois jours de fortes pluies qui ne nous ont pas affectés directement mais qui ont suspendu le chantier électrique et le travail des plafonds et des plâtres.
Nous attendons encore la livraison de la salle de la direction adjointe, la salle de la vie scolaire et les deux salles de classe pour démarrer. Nous avons fait un point avec les entreprises. La livraison des travaux est prévue pour le mercredi 15 février. Jeudi 16 et vendredi 17, nous serons prêts pour réaménager les salles et accueillir les 180 élèves le jour de la rentrée.

 


Travaux de l’espace vie scolaire, février 2017, DR

 

Après la rentrée, que restera-t-il à faire ?

Nous attendrons une quinzaine de jours après la rentrée pour préparer les clôtures et mettre en place la salle de repos du personnel de l’établissement. C’est un lieu important pour le personnel et les 27 enseignants de l’établissement.

 


Plaque commémorative du complexe Do Neva, DR

 

En décembre 2016, nous lancions un appel aux dons sur notre site. Depuis cet appel, combien de dons avez-vous reçu ?

Grâce au Défap, presque la moitié de l’objectif, fixé à 22 500 euros, a été récolté pour nous venir en aide. Je remercie tous les donateurs protestants métropolitains. C’est aussi grâce à eux que la rentrée va pouvoir se faire dans les meilleures conditions.

Nous comptons toujours sur vous !
Soutenez le lycée Do Neva
en adressant un chèque à l’ordre du Défap (en mentionnant « Do Neva »).
Merci d’avance de votre aide.

 

 

L’engagement des protestants français en Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie, de Maurice Leenhardt (1902) à Jacques Stewart (1988), a toujours été une préoccupation importante du protestantisme français : envoyés, étudiants du programme ABS, accueil de pasteurs kanak, échanges avec l’école pastorale… Mais nous pouvons aller plus loin encore. Les Eglises protestantes de France souhaitent renforcer leurs liens avec la Nouvelle-Calédonie. Une des priorités fixées par le programme de travail 2015-2018 consiste à « accompagner nos frères et nos sœurs qui vivent en Nouvelle-Calédonie dans ce moment clé de l’histoire, celui des référendums à venir (novembre 2018) ».

 

Bertrand Vergniol et les étudiants de Do Neva, DR




D’abord aider son ennemi ! L’aimer ensuite !

Méditation du jeudi 16 février 2017. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie.


Source: Pixabay

« Vous avez entendu qu’il a été dit :  « Oeil pour oeil et dent pour dent.»

Eh bien, moi je vous dis de ne pas vous venger de celui qui vous fait du mal. Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, laisse-le te gifler aussi sur la joue gauche. Si quelqu’un veut te faire un procès pour te prendre ta chemise, laisse-le prendre aussi ton manteau. Si quelqu’un t’oblige à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.

Donne à celui qui te demande quelque chose ; ne refuse pas de prêter à celui qui veut t’emprunter. »

« Vous avez entendu qu’il a été dit :  « Tu dois aimer ton prochain et haïr ton ennemi. »

Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous deviendrez les fils de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas.  Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pourquoi vous attendre à recevoir une récompense de Dieu ? Même les collecteurs d’impôts en font autant ! Si vous ne saluez que vos frères, faites-vous là quelque chose d’extraordinaire ? Même les païens en font autant !

Soyez donc parfaits, tout comme votre Père qui est au ciel est parfait. » Matthieu 5,38-48

 


Source: Pixabay


La règle de la vengeance est la démesure.  La loi du talion introduit déjà l’idée de justice, même si l’œil pour l’œil nous apparaît comme une punition insatisfaisante. Mais celle-ci sera remplacée par la réparation ou la compensation : non plus l’œil pour l’œil, la dent pour la dent, mais la valeur de l’œil pour un œil, la valeur de la dent pour une dent.

Alors comment mesurer cette valeur ? Dans la Mishna, livre de la tradition juive, cinq obligations incombent à celui qui blesse son prochain. Il doit réparer : le dommage physique, la douleur, les soins médicaux, la cessation de travail, le préjudice moral (honte, humiliation). Seule la vie échappe à cette loi du talion car sa valeur est au-delà de toute évaluation. Alors c’est Dieu qui juge.

Jésus nous invite à sortir de l’esprit de vengeance, et sans doute à rendre une justice qui soit le plus satisfaisante possible pour tous. Pourtant il est conscient que seul Dieu est juste et que la justice humaine ne peut pas tout. Ainsi comment évaluer le préjudice d’une gifle dont la blessure n’est pas d’ordre physique -au-delà de la douleur passagère-, mais morale -elle humilie. Au danger de la colère, -devenir le meurtrier de son frère, Jésus oppose une maîtrise de soi qu’on prend à tort pour de la passivité.

Tendre l’autre joue suppose de l’intelligence et une grande force morale, de même que donner son manteau au procédurier qui en veut à notre chemise. Ou encore se montrer pleinement disponible et généreux envers quiconque requiert cette disponibilité et cette générosité. Ah ! Comment faire, nous qui sommes si occupés ? A des tâches si importantes ?


Mais Jésus, qui nous fait confiance, nous demande même d’aimer nos ennemis, de prier pour eux ! Que signifie aimer ? Que signifie le mot ennemi ? S’il s’agit de ne rien faire contre celui qui nous a fait du mal, de ne pas lui souhaiter de mal -comme dans l’expression « Je ne souhaiterais pas cela même à mon pire ennemi » et de le remettre à Dieu quand nous ne pouvons pas lui pardonner de tout cœur… le défi est à la mesure de l’amour que Dieu nous porte à tous mais aussi à la mesure de ce que chacun a ou non subi.


Très simplement, il est écrit dans le Livre de l’Exode : « Si vous rencontrez le boeuf ou l’âne égaré de votre ennemi, ramenez-le-lui. Si vous apercevez son âne effondré sous la charge qu’il porte, ne passez pas outre ; aidez plutôt votre ennemi à remettre la bête sur ses pattes. » Exode 23,4-7


Merci au gros bœuf et au petit âne quand il se font artisans de la paix entre les hommes!

 

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien avec cette méditation de St Cyprien de Carthage sur la patience de Dieu

« Quelle immense patience en Dieu !

Nous voyons, par un effet de sa Patience égale et sans faille pour les coupables et pour les innocents,
Pour les gens pieux et pour les impies,
Pour ceux qui témoignent de la reconnaissance et pour les ingrats,
Sur un Signe de Dieu les saisons obéir, les éléments accomplir leur service,

Les vents souffler, les sources couler, les moissons croître en abondance, les raisins de la vigne mûrir, les arbres se charger de fruits, les bois se couvrir de feuilles, les prés de fleurs.

Et bien que Dieu soit douloureusement affecté par nos péchés fréquents, que dis-je ? continuels, Il maîtrise son Indignation et attend patiemment le jour de la rétribution, fixé d’avance une fois pour toutes.

Et bien qu’il tienne la vengeance en son pouvoir, Il préfère conserver longtemps la patience, supportant et retardant avec une évidente clémence pour que, si possible, la méchanceté, à force d’avoir duré, se transforme un jour et que l’homme, après s’être vautré dans les égarements et les crimes contagieux, revienne à Dieu :
« Je ne veux pas la mort de celui qui meurt, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18, 32).

Frères très aimés, la Patience est un attribut de Dieu, et quiconque est bon, patient et doux imite Dieu le Père ! Amen. »

 




En souvenir d’un ami

Les membres du Conseil économique, social et culturel de Tahiti ont rendu hommage à John Doom le 30 janvier 2017. Cette figure de la culture polynésienne, homme de conviction et d’engagement, notamment contre les essais nucléaires français à Mururoa, s’est éteint le 25 décembre 2016 des suites d’une longue maladie. Jacqueline Dom et Jean Adnet, anciens envoyés du Défap à Tahiti, témoignent ici de leur rencontre avec John Doom.

Une lettre de Jacqueline Dom

« Missionnaires, avec mon mari, en Polynésie de 1962 à 1971, nous avons bien connu John Doom.
Lorsque nous sommes arrivés, il était encore secrétaire de mairie à Arue, une bourgade située juste à l’entrée de Papeete… Elle doit quasiment faire partie de la ville, aujourd’hui.

Très engagé dans l’Église Évangélique de Polynésie française par le biais des UCJG (Union chrétienne des Jeunes gens), il est devenu secrétaire général après l’autonomie de cette dernière, instaurée officiellement par le pasteur Marc Boegner venu exprès de Paris en septembre 1963.

Mon mari, Frédy Dom, est quant à lui devenu en 1965 trésorier de l’Église. Certaines personnes se perdaient un peu entre le Secrétaire Doom et le Trésorier Dom !

C’était un homme sage, avec qui il était très agréable de collaborer, qui ne recherchait jamais les honneurs. Nous avons vécu plusieurs temps fort de l’Église ensemble, que ce soient des joies (fêtes, kermesses, collectes annuelles) ou des peines (le décès du pasteur missionnaire Maurice Bach, le départ précipité d’un autre pour cause de maladie)

Son épouse Tetua, disparue il y a quelques années, était également très engagée dans l’Église. Plus tard, ils sont venus s’installer à Ferney-Voltaire dans l’Ain, car John avait été nommé au Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève.
Je me souviens qu’un jour, nous nous sommes retrouvés à Paris lors d’un colloque au Sénat où il présentait « Moruroa et nous », l’Association qu’il avait créée pour dénoncer les effets nocifs des essais atomiques.

Nous gardons un souvenir très vivant de cet homme, grand serviteur de l’Église qui a toujours su vivre sa foi de manière concrète en s’occupant des autres. »

    Jacqueline Dom,
Ancienne envoyée à Tahiti

 

 

Lettre de Jean Adnet

« Nous avons appris la mort de John au moment où, le sachant malade, notre famille lui écrivait un message de NoëI. C’est dire notre émotion d’apprendre qu’il venait de nous quitter.

Parmi les souvenirs les plus marquants que j’ai de John, il y a d’abord le jour où il a commencé à servir son Église en devenant diacre. Il a été, dès le début, supporter du mouvement UCJG, l’Union chrétienne des Jeunes gens, au sein duquel on le voyait, lors des défilés du 14 juillet.

J’ai découvert la Nouvelle Calédonie avec lui, quand a été créée à Lifou la Conférence des Églises Protestantes du Pacifique. Je lui ai aussi rendu visite en France, ainsi qu’à son bureau du Conseil Œcuménique à Genève où il était représentant des Églises du Pacifique.

Cette fonction a été pour lui l’occasion de découvrir d’autres Églises, notamment celles d’Afrique, et de faire la connaissance de personnalités du protestantisme mondial. L’œcuménisme dont il a fait preuve à Tahiti, comme le pasteur Samuel Raapoto, décédé peu de temps avant lui, tient certainement à ses fonctions à Genève.

Il a aussi travaillé avec des collègues catholiques à la première édition du dictionnaire tahitien-français de I’Académie tahitienne. Dans les derniers temps, il avait été nommé représentant du Conseil Œcuménique auprès des Églises du Pacifique. Mais c’est particulièrement dans notre commun désaveu des essais atomiques français en Polynésie et ses interventions pour mettre un terme aux sanctions qui m’avaient frappé du fait de mon opposition à ce projet, que nous avons ressenti une pleine solidarité fondée à la fois sur l’amour du « fenua » (le « pays » en tahitien) et de sa population.

Dans une journée organisée au Sénat de Paris, il m’avait remis une nacre gravée au nom de « MORUROA E TATOU » (Moruroa et nous), association tahitienne défendant les victimes des essais et dont il était l’un des principaux militants.

Je garde précieusement cette nacre en souvenir de lui et de Tetua, son épouse dont il a partagé la vie comme l’indique le titre de son livre : « Mémoire d’une vie partagée ». *

Jean Adnet, pasteur et ancien envoyé à Tahiti.

 

 

*Ouvrage publié en 2016 par les éditions tahitiennes « Haere pô »

 

 




Choisir l’amour-la vie à chaque instant !

Méditation du jeudi 9 février 2017. Nous prions pour nos envoyés au Togo et pour le peuple togolais.


Source: Pixabay

« Ne pensez pas que je sois venu supprimer la loi de Moïse et l’enseignement des prophètes. Je ne suis pas venu pour les supprimer mais pour leur donner tout leur sens.
Je vous le déclare, c’est la vérité : aussi longtemps que le ciel et la terre dureront, ni la plus petite lettre ni le plus petit détail ne seront supprimés de la loi, et cela jusqu’à la fin de toutes choses.
C’est pourquoi, celui qui écarte même le plus petit des commandements et enseigne aux autres à faire de même, sera le plus petit dans le Royaume des cieux.
Mais celui qui l’applique et enseigne aux autres à faire de même, sera grand dans le Royaume des cieux.
Je vous l’affirme : si vous n’êtes pas plus fidèles à la volonté de Dieu que les maîtres de la loi et les Pharisiens, vous ne pourrez pas entrer dans le Royaume des cieux. »
Matthieu 5, 17-20

 


Source: Pixabay


Jésus est juif et assume la totalité de la torah, depuis la plus petite lettre et le plus petit détail jusqu’aux dix Paroles. Si dans le Sermon sur la montagne il nous conduit à un au-delà de la loi, c’est pour en ouvrir le sens et non pour la dénigrer.


Alors se posent des questions épineuses :
– Faut-il considérer à égalité des lois cérémonielles qui visent les rites religieux et les lois éthiques qui concernent l’attitude vis-à-vis du prochain et les relations familiales et sociales ?

– Sur quel principe d’interprétation justifier le discernement des prescriptions et interdits que l’on applique et ceux que l’on rejette, notamment les sanctions cruelles et inhumaines ?

– Comment échapper au légalisme, au moralisme, tout en ne tombant pas dans le laxisme et le relativisme ? Comment suivre et enseigner aux enfants une voie de liberté, qui exige en même temps la prise au sérieux de la Parole de Dieu et l’exercice de la responsabilité personnelle ?


Pour Jésus, reprenant le Lévitique, c’est l’amour de Dieu et du prochain qui sert de mesure à l’exercice de la loi.  Concrètement, c’est la règle d’or : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse et fais pour lui ce que tu aimerais que l’on fasse pour toi. »
C’est ainsi que s’actualise sans cesse le choix ouvert par Dieu, celui de la vie : « Oui, je vous avertis solennellement aujourd’hui, le ciel et la terre m’en sont témoins : je place devant vous la vie et la bénédiction d’une part, la mort et la malédiction d’autre part. Choisissez donc la vie, afin que vous puissiez vivre, vous et vos descendants. » Deut 30, 19.

 

 


Nous prions pour nos envoyés au Togo et pour le peuple togolais.

Dieu de nos Pères et Seigneur de tendresse,
Toi le Maître de l’histoire,
Toi qui tiens en Tes Mains le cœur des hommes
Et garantis les droits des peuples,
Tu sais que pour la naissance de notre nation,
Tout notre peuple a crié vers Toi.

N’abandonne pas l’ouvrage de Tes Mains.
Le Togo s’était alors consacré au Cœur de Ton Fils, pour toujours.
Prends soin de Ta vigne,
Prends soin de Ton domaine.

Remplis-nous de Ton Esprit pour que tous les fils de notre cher pays,
De l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud,
Se reconnaissent vraiment frères et sœurs,
Et qu’ils deviennent capables d’Amour au lieu de la haine,
D’union au lieu de la division.

Seigneur, aide-nous par Ta grâce à faire place dans nos cœurs
A la Justice et à la Paix
Au lieu de l’injustice et de la violence,
Au Pardon,
Au lieu du désir de vengeance.

Que partout sur notre terre s’affermissent la sécurité et la paix ;
Et qu’ainsi dans notre pays les ennemis se réconcilient,
Les adversaires se tendent la main,
Les groupes et les familles qui s’opposaient
Acceptent de faire route ensemble,
Et que l’Amour triomphe de la haine.
 




Guyane : visite auprès des partenaires locaux

Du 25 au 29 janvier 2017, le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, était en déplacement en Guyane auprès de l’Eglise protestante de Guyane et de son pasteur Dominique Calla. Il s’agissait également d’une visite pastorale.

Durant quatre jours, Bertrand Vergniol a eu l’occasion de rencontrer plusieurs interlocuteurs et de renforcer les liens existants avec les partenaires locaux.

Lors du culte du 29 janvier, Bertrand Vergniol a posé la question « quel doit être l’horizon de la présence de l’Eglise protestante de Guyane ? ».


Il a alors partagé trois pistes avec la communauté comme l’animation de la vie paroissiale et son développement, le rayonnement en Guyane d’une parole publique protestante, la mise en place d’activités sociales.

 

La présidente de l’Eglise protestante de Guyane, Monica Razafamihatratra, 2017, DR

 

Situation politique et économique de la Guyane
La Guyane est dotée d’une superficie équivalente à celle du Portugal. Elle compte plus de 250 000 habitants répartis majoritairement à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni.

 

 

 




Cameroun : une énergie à la hauteur des ambitions

Le pasteur Jean-Luc Blanc s’est rendu au Cameroun du 6 au 15 janvier 2017. Une visite qui fut l’occasion de revoir les partenaires et les facultés de théologie, de participer à l’Assemblée Générale de l’EPC (Eglise Protestante du Cameroun), de rencontrer les responsables de l’Oeuvre Médicale de l’EPC, du CEPCA, et de nombreux autres acteurs en lien avec le Défap. Un programme chargé et ambitieux.

 

L’Institut de théologie de Kaélé : un travail remarquable


Dans le passé, l’Institut de Théologie de Kaélé a bénéficié de plusieurs projets de la Colureom (Commission luthérienne des relations avec les Églises d’outre-mer). Depuis la fusion de celle-ci avec le Défap, l’Institut a bénéficié de deux bourses – un congés recherches pour le professeur S. Dawaï et une bourse pour le Maroc, d’un soutien à l’édition d’un ouvrage de S. Dawaï, d’un soutien financier pour la participation de leur bibliothécaire à la formation organisée par la CLCF au Bénin et d’une opération NBS. En outre, le Défap a soumis un projet d’électrification photovoltaïque pour l’Institut auprès de l’Uepal qui l’a accepté.
La bibliothèque a également bénéficié d’un apport conséquent d’ouvrages de la part de la CLCF.

Jean-Luc témoigne : « Comme beaucoup d’autres en Afrique, la faculté de Kaélé vit dans une situation de précarité financière qui ne lui permettrait pas d’exister si elle n’avait le soutien d’organismes missionnaires étrangers. Sur un budget de 30 millions de FCFA, 16 millions proviennent de l’aide extérieure. Pourtant, la faculté fonctionne avec un personnel très réduit : 6 enseignants dont seulement 2 déchargés de paroisse et une secrétaire qui est aussi comptable, pour 70 étudiants. »

Au niveau académique, la faculté a conclu un accord avec l’UPAC afin d’être considérée comme une « antenne » de celle-ci, harmonisant les cursus et les diplômes en vue de leur reconnaissance.
Plusieurs projets ont été évoqués : le soutien à l’édition d’ouvrages de professeur, les bourses pour Al Mowafaqa – il est essentiel que les professeurs soient formés en islamologie dans cette partie du pays -, et les échanges de professeurs. L’envoi de professeurs français est actuellement impossible tant que la région n’est pas officiellement reconnue comme sécurisée.

 


Kaélé, janvier 2017, DR

 

Faculté de Ndoungué : une réussite prometteuse

Le pasteur Jean-Luc Blanc s’est également rendu à Ndoungué afin de visiter la faculté de théologie. Ces dernières années, le partenariat avec les facultés de France était réduit à son minimum : un envoi de professeur et une opération NBS. Aujourd’hui, la faculté compte 159 étudiants et 23 professeurs dont 10 à plein temps, habitant sur place. Elle est dirigée par une doyenne, Madeleine Mboute et une gestionnaire.
« Ces deux femmes à la tête de cette institution font un travail remarquable qui mériterait d’être plus connu ! », appuie Jean-Luc.

Parmi les événements à souligner, la faculté a organisé un colloque de grande qualité pour le lancement de l’année des « 500 ans de la Réforme » et s’apprête à fêter ses 70 ans cette année. Bien entendu, le Défap est attendu à cette grande fête qui aura lieu fin mars.

De nombreuses pistes de travail ont été lancées. Tout d’abord, la faculté souhaiterait renouer sa collaboration avec la CLCF, au point mort depuis de nombreuses années. Conséquence : contrairement à Kaélé, il y a un grand manque en ouvrages récents.
Des congés recherches pour les professeurs pourraient être mis en route car plusieurs portent de bons projets.
Enfin, la mise en place d’un partenariat avec une faculté de France et d’éventuels échanges de professeurs seraient à envisager afin d’accompagner l’évolution et la croissance de la faculté.

 

Retour sur les projets du CEPCA

Plusieurs rencontres ont également eu lieu dans le cadre du CEPCA (Conseil des Églises protestantes du Cameroun) pour préciser les contours des projets en cours : un colloque sur les extrémismes religieux, la mise en place d’un soutien à l’enseignement confessionnel dans le nord du pays ainsi qu’auprès des aumôneries.

Pour ce qui est du projet de colloque, le CEPCA confirme son organisation au Cameroun en octobre 2018. A sa suite, un second sera organisé en France dès 2019.
Le public attendu se situe aux alentours d’une soixantaine de personnes, acteurs susceptibles par la suite de transmettre ces réflexions.
Le projet « enseignement » a trouvé son responsable, qui, avec l’Église Fraternelle Luthérienne, va élaborer un projet chiffré. Celui-ci concerne des écoles protestantes mais également musulmanes.
Le projet de soutien aux aumôneries (militaires, hôpitaux et prisons) est sur la bonne voie.
Des relations ont enfin été établies avec l’aumônerie militaire. Il reste néanmoins encore beaucoup à faire avec les hôpitaux et les prisons.

 

Rencontre avec un de nos envoyés

« Nous avons deux envoyés au Cameroun : Nathan Minard à Garoua et Jonathan Lafont à Bafang. Nathan était en vacances en France et pour ce qui est de Jonathan, comme il m’était difficile de me rendre à Bafang, c’est lui qui a fait le déplacement jusqu’à Ndoungué avec son directeur pour me rencontrer. Jonathan est un de ces quelques « projets personnels » que nous aidons. Après avoir fait un camp au Cameroun avec son pasteur, il a gardé des liens avec la structure partenaire (EEC) qui accueille des jeunes en grandes difficultés et aujourd’hui, il a choisi d’y faire son stage de fin d’études. »

 


(à gauche) Jonathan Lafont et Jean-Luc Blanc (à droite) à Ndoungué, 2017, DR

 

Jonathan souhaite continuer cette relation quand il sera de retour en France et intéresser sa paroisse ou d’autres associations en vue d’obtenir un soutien pour certains de leurs projets. Son souhait est de le faire en lien avec le Défap. Pour l’instant, tout se passe bien. Les surprises et les difficultés n’entament pas son enthousiasme. Son directeur est aussi très content de cette formule et dans l’avenir serait preneur de jeunes en Service Civique.

 

UPAC : bourses, infrastructure et francophonie

Le pasteur Jean-Luc Blanc a rencontré à l’UPAC plusieurs candidats à l’élection d’une bourse. Deux ont particulièrement retenu son attention : les projets de thèse sont déjà bien aboutis et mériteraient largement d’être poursuivis en France.

Plusieurs points ont été également évoqués avec le recteur, les deux doyens et le secrétaire académique.
Comme par exemple les soucis liés au bâti. En effet, l’UPAC est à l’étroit dans ses locaux et a besoin de développer ses infrastructures. Il devient urgent de construire un nouveau bâtiment et d’équiper un laboratoire pour la Faculté des Technologies de l’Informatique et de la Communication. Les pistes que Jacques Fleck avait commencé à explorer sont maintenant à creuser : contacter l’AFD pour un prêt et du C2D (contrat de désendettement et de développement).
Conscient de son inscription dans la francophonie, l’UPAC souhaiterait rééquilibrer ses relations par rapport aux autres pays qui la soutiennent.

Jean-Luc a également eu la chance d’assister au début de la Semaine Interdisciplinaire sur le thème de « Foi et réseaux Sociaux » animée par une journaliste envoyée de BFDW (association allemande Brot für die Welt).


Un voyage au Cameroun, riche de rencontres et de nombreuses perspectives à venir.

 

 




Servir Dieu avec ses cinq sens !

Méditation du jeudi 2 février 2017. Nous prions pour nos envoyés au Cameroun et pour le peuple camerounais.

« C’est vous qui êtes le sel du monde. Mais si le sel perd son goût, comment pourrait-on le rendre de nouveau salé ? Il n’est plus bon à rien ; on le jette dehors, et les gens marchent dessus.
 

Le goût

Source: Pixabay

 

« C’est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville construite sur une montagne ne peut pas être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous un seau. Au contraire, on la place sur son support, d’où elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. C’est ainsi que votre lumière doit briller devant les hommes, afin qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils louent votre Père qui est dans les cieux. » Matthieu 5,13-16

 

La vue

Source: Pixabay


Méditation
Le sel c’est le goût ! Il relève et révèle le goût des aliments ! Trop concentré il les rend immangeables. Affadi il ne sert plus à rien.
La lumière c’est la vue ! Bien orientée et mesurée elle éclaire, montre, illumine … la beauté du monde et l’expression des visages ! Trop violente elle aveugle ! Cachée elle laisse gagner les ténèbres.
Ces deux métaphores que Jésus emploie pour nous envoyer en mission nous engagent à poursuivre ! Sel ! Lumière ! Quoi d’autres pour éveiller les autres sens ? 


L’ouïe

Source: Pixabay


Que serions-nous pour émouvoir l’oreille ? Musique ou parole ? Ou les deux réunis dans le chant ?
Pour atteindre le cœur et lui dire l’amour de Dieu, la joie de vivre, les mille merveilles de la création.
Et surtout nous veillerions à ne pas blesser l’ouïe en nous prêtant aux cris, aux calomnies, à la parole qui humilie et qui tue. 

 

Le toucher

Source: Pixabay


Et pour le toucher ? Serions-nous la main, qui caresse, masse, protège, donne, bénit ? Jésus ne nous a-t- il pas donné l’exemple, lui qui a si souvent mis la main à la pâte des souffrances humaines !
Alors nous nous efforcerions de ne jamais devenir la main qui frappe, défigure, maudit !


L’odorat

Source: Pixabay


Reste l’odorat. Quel doux parfum pourrions-nous devenir pour chatouiller heureusement les narines des uns et des autres ?
Le spirituel encens, qui évoque les senteurs du ciel ou les hauteurs des cathédrales ?
Ou bien le fumet du pot-au-feu qui promet aux affamés une heureuse communion autour de la table sainte et profane ?
Comme dans le fameux banquet d’Esaïe, qui se tiendra sur la montagne sainte, à base de viandes moelleuses arrosées de vins clairs ! « Alors, dit le prophète, sera enlevé, sur cette montagne, le voile qui couvre la face de tous les peuples, la couverture étendue sur toutes les nations. »
Esaïe 25,7
 

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour !

Source: Pixabay

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Cameroun avec ces mots que Jésus nous a enseignés :
Notre Père qui es aux cieux
Que ton Nom soit sanctifié
Que ton règne vienne
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel !
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles Amen

 

 

 




Portrait d’une famille palestinienne

Dans sa dernière lettre, Christopher Annandale, envoyé par le Défap pour participer au programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment Program in Palestine and Israel) dépeint le quotidien d’une famille palestinienne. Voici son témoignage.

Vallée du Jourdain, entre Beït Shéan et Jéricho, vue depuis le côté palestinien
vers les montagnes en Jordanie ©Tango7174-wiki-Media commons

Chaque famille palestinienne a ses spécificités. La famille sur laquelle j’ai décidé de dresser quelques lignes n’est pas, je crois, une famille typique. Mais elle revêt certaines caractéristiques qu’elle partage avec d’autres familles : elle a dû abandonner son domicile lors de la Guerre de 1948, d’une part, et beaucoup de ses membres étant partis à droite et à gauche font partie depuis de la diaspora palestinienne, d’autre part. La majorité des Palestiniens, semble-t-il, vivent aujourd’hui en dehors de la Palestine.

Cette famille est chrétienne, ses membres appartiennent à l’Eglise Grecque Orthodoxe, sans doute la plus grande Eglise palestinienne. Elle est donc atypique car les Chrétiens qui constituaient il y a quelque temps 2% de la population palestinienne ne représenteraient plus que 1%. 

La raison principale pour laquelle j’ai choisi cette famille est d’ordre purement pratique. Les trois membres que nous avons rencontrés, et sans doute les autres membres de la famille directe, parlent couramment l’anglais. Ce n’est pas courant en Palestine de faire la connaissance de Palestiniens dont l’anglais dépasse quelques phrases, nécessitant ainsi un recours à un traducteur avec des risques de compréhension souvent importants.

Nous avons rencontré la famille deux fois. La première fois un des fils, Georges*, âgé de 45 ans environ, qui exerce le métier de fermier. C’est un bonhomme costaud, souriant. Nous n’avons pas vraiment fait la connaissance de sa femme, celle-ci étant sans doute très occupée par ailleurs. Il a l’air content de faire la conversation avec nous au sujet principalement de l’agriculture dans la Vallée du Jourdain et notamment de sa propre ferme.

(*) Ce sont des prénoms fictifs.

Nous lui avons demandé un deuxième rendez-vous pour pouvoir explorer davantage l’histoire de sa famille. La deuxième fois Georges s’est substitué sa mère, Christine*. Elle nous a narré les péripéties de la famille depuis sa naissance.

 

 

Christine est petite, aux cheveux gris. Son visage est lumineux. Nous ne connaissons pas la date de sa naissance. Elle est née avant la Guerre de 1948, guerre dans laquelle les frontières de l’État d’Israël ont été établies pour la première fois. La ville de Jérusalem a été divisée en deux, la partie est étant occupée par la Jordanie et la partie ouest par Israël. Au moment de la Guerre sa famille habitait un peu à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem, dans un quartier en face de la Porte de Jaffa. Elle allait à l’Ecole St Joseph, une école française. D’ailleurs elle parle toujours le français.

Christine nous raconte qu’à l’époque les relations entre Juifs, Musulmans et Chrétiens étaient bonnes. Sa meilleure amie étant juive, elles sont restées en contact mais son amie est partie en Zimbabwe depuis lors.

La famille de Christine est composée des parents et six enfants, quatre garçons et deux filles. Les enfants sont tous restés en Palestine, alors que les membres de la famille élargie se sont dispersés partout dans le monde.

En 1948 la famille a pris peur. Elle a quitté Jérusalem pour s’établir à Bethléem, d’abord dans une maison louée à des amis, ensuite dans une maison dont ils sont les propriétaires. A la suite de la Guerre de Six Jours, en 1967, les autorités israéliennes annoncent aux Palestiniens de Bethléem que des bus sont à leur disposition pour les emmener en Jordanie. Elle était mariée avec 5 enfants. Le couple a décidé de rester en Palestine. Mais ils ont acquis la ferme où nous leur rendons visite aujourd’hui, à quelques kilomètres de Jéricho.

La ferme est exploitée par un de ses fils, Georges. Son frère, Youssef* est propriétaire d’un magasin (nous avons compris que la ferme appartient aux deux frères).

Il y a 15 ou 20 ans, la ferme était en pleine expansion. Elle produisait des tomates, concombres, aubergines …et de nombreux fruits. Il y avait de beaux arbres. Aujourd’hui il ne reste plus grande chose. Les ressources aquatiques de la communauté ont été accaparées par la société israélienne, Mékorot, principalement au profit des colons juifs. Christine nous indique les canaux en béton secs dans le jardin. Son fils est en train de faire creuser deux réservoirs, l’un pour l’eau «grise» (par exemple, l’eau du lessive) et l’autre pour l’eau «noire» (l’eau des toilettes). Il n’est plus possible de vivre sur les produits de la ferme ; il faut y joindre une autre activité rémunérée.

Georges reçoit un groupe d’étudiants américains en ce moment qui s’appelle « Build Israel-Palestine». C’est un groupe mixte de Chrétiens, Juifs et Arabes.

La fille de Christine, que nous avons rencontré brièvement, vit en Jordanie. Elle a acquis la nationalité jordanienne. De temps à autre elle vient rendre visite à sa mère. Elle nous informe que les Israéliens achètent des terres agricoles en Jordanie.

Christine a toujours insisté sur les vertus de l’éducation pour les enfants de la famille. Deux de ses petits-enfants étudient des sujets costauds: le design graphique et les sciences informatiques.

« Nous vivons sur l’espoir », nous dit Christine.

Christopher Annandale , accompagnateur œcuménique




Haïti : trois mois après l’ouragan Matthew

Le 3 octobre 2016, l’ouragan Matthew dévastait Haïti. Pertes humaines considérables, dégâts matériels, routes coupées, rivières débordées…malgré une grande mobilisation de la communauté internationale, l’aide peinait à se mettre en place. La Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) déclenchait alors son plan post-catastrophe, afin d’aider les familles qui avaient tout perdu. Qu’en est-il trois mois après le drame ? Le directeur exécutif de la FEPH, Christon St Fort, nous répond.

Depuis l’ouragan, quelles actions avez-vous pu mettre en place avec la FEPH ?

Par rapport à nos interventions, nous sommes soutenus par plusieurs Organisations Non Gouvernementales (comme le Défap, l’Unicef, Finn Church Aid, Tearfund…). Avec les aides reçues, nous avons pu procéder à l’évaluation rapide des dégâts. Nous avons également pu soutenir une centaine de familles, en apportant une aide d’urgence. Nous avons ainsi réhabilité 13 écoles dans les départements des Nippes, du Sud et de la Grande’ Anse, dans le sud-ouest de Haïti.

La semaine prochaine, nous démarrons un appui psycho-social pour les enfants qui ont été traumatisés par la catastrophe. Nous lançons aussi un programme de cantine scolaire et des kits scolaires. Ces kits (composés de fournitures, cahier, stylos…) ont été envoyés par l’Unicef. Nous allons également distribuer des manuels dans les écoles. Ici les enfants ont pratiquement tout perdu.

Mais les besoins sont encore immenses. 900 écoles environ ont été affectées par l’ouragan.

 


Intervention de la FEPH à l’école Bon Berger de Chambellan, DR

 


Ecole Bon Berger de Chambellan réhabilitée par la FEPH, DR

 

 

Selon vous, le pays était-il préparé à l’arrivée de l’ouragan ?

Je crois que cette « préparation » était mitigée. Quand on considère le cas de l’état haïtien, de grandes dispositions structurelles n’ont pas été vraiment prises pour faire face à ce genre de catastrophe. Je pense par exemple à ces abris provisoires validés par l’état haïtien…et qui n’ont pas résisté à la force des vents. Il faut reconnaitre que l’état haïtien a fait pas mal de prévention et de sensibilisation par rapport à l’ouragan.

La FEPH l’avait d’ailleurs félicité pour cet aspect sensibilisation. En tant que partenaire de l’état haïtien, nous avons pris l’habitude de faire des critiques constructives. Et je crois que l’état nous entend. La FEPH est un témoignage vivant. Même si cela peut prendre un peu de temps, notre voix est toujours écoutée.

En ce qui concerne la prévention, La FEPH, avec l’appui du Défap, s’était aussi lancée dans le transfert des compétences dans le domaine de l’éducation à la gestion des risques. Il y a, par exemple, un cadre de la fédération dans le département de la Grande Anse qui a été formé. Avant l’ouragan, il faisait des formations par rapport aux comportements à adopter en cas d’ouragan. L’intervention de la FEPH ne se situe pas seulement dans la réponse aux catastrophes, mais également dans la prévention.

Ce n’est pas seulement dans ce département que nous avons fait ce genre de formation. Nous avons touché plusieurs autres départements du pays. Il y a beaucoup à faire mais les ressources manquent.

 


Christon Saint Fort Prince au siège de la FEPH,
septembre 2015, DR


Trois mois après l’ouragan Matthew, que reste-t-il à faire ?

Il reste encore beaucoup à faire. Dans le domaine de l’éducation, par exemple, ce qui reste à faire concerne le retour des enfants à l’école. 50% des écoles endommagées n’ont pas été réhabilitées à ce jour ! Les enfants n’ont pas pu retourner à l’école. Quand on parle de « retour », on n’entend pas seulement les infrastructures mais aussi les fournitures scolaires (cahiers, stylos, livres…).

Avec les cultures fortement touchées, on craint aussi que l’insécurité alimentaire augmente dans les régions touchées. C’est pour cela que nous voulons faire des interventions dans le domaine de la cantine scolaire. 

 

De quelles aides avez-vous encore besoin ?

Nous recherchons des financements supplémentaires pour aider les écoles à se relever et, via le Défap et d’autres partenaires en France, des particuliers nous aident à réhabiliter les écoles et faciliter le retour en classe des enfants.

Aujourd’hui nous continuons à compter sur la solidarité internationale. Le Défap, par exemple, nous a soutenu depuis le début en collectant des dons en France. Nous les en remercions.

 

 




Les perles de l’évangile

Méditation du jeudi 26 janvier 2017 – Nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour le peuple malgache.

Quand Jésus vit ces foules, il monta sur une montagne et s’assit. Ses disciples vinrent auprès de lui et il se mit à leur donner cet enseignement :

Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes, car le Royaume des cieux est à eux !

Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera !

Heureux ceux qui sont doux, car ils recevront la terre que Dieu a promise !

Heureux ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le demande, car Dieu exaucera leur désir !

Heureux ceux qui ont de la compassion pour autrui car Dieu aura de la compassion pour eux !

Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu !

Heureux ceux qui créent la paix autour d’eux, car Dieu les appellera ses fils !

Heureux ceux qu’on persécute parce qu’ils agissent comme Dieu le demande, car le Royaume des cieux est à eux !

Heureux êtes-vous si les hommes vous insultent, vous persécutent et disent faussement toute sorte de mal contre vous parce que vous croyez en moi.

Réjouissez-vous, soyez heureux, car une grande récompense vous attend dans les cieux. C’est ainsi, en effet, qu’on a persécuté les prophètes qui ont vécu avant vous. » Matthieu 5,1-12

 

Source: Pixabay

 

Il faut être Jésus pour prononcer de telles paroles du haut de la montagne !

A nous il n’est pas aisé de trouver le ton juste : chuchotement, confidence, chant psalmodié ? Car cette Parole des béatitudes cherche le fond de notre cœur. Là seule elle peut résonner, être entendue, reçue. Dans le recueillement et la méditation.

Là, dans ce temps ouvert à Dieu où c’est Dieu lui-même qui vit en nous, nous pouvons comprendre que la simplicité de cœur donne la véritable intelligence du monde, que la compassion humaine , au moment où elle s’épuise, est relayée par l’infinie compassion de Dieu, que nos larmes de douleur deviennent source de don spirituel, que le dénuement se revêt parfois d’une richesse inépuisable, que paroles et gestes d’apaisement peuvent se multiplier par contagion, que la soif de justice crée de fraternelles communions et que même la persécution pour cause de fidélité peut recéler une joie insoupçonnable.

Cet inattendu de Dieu qui transforme nos vies, des témoins de tous les temps en ont fait un jour l’expérience, et parfois le récit, avec étonnement et reconnaissance.

Merci à eux qui ouvrent notre regard sur la vie intérieure, celle du Christ en nous, toujours prête à féconder notre vie quotidienne dans le monde. 

 


En écho aux Béatitudes, nous prions pour nos envoyés à Madagascar avec cette prière d’un frère franciscain.


Seigneur, réconcilie-moi avec moi-même.
Comment pourrais-je rencontrer et aimer les autres
Si je ne me rencontre et ne m’aime plus ?

Seigneur, Toi qui m’aimes tel que je suis
Et non tel que je me rêve,
Aide-moi à accepter ma condition d’homme
Limité mais appelé à se dépasser.

Apprends-moi à vivre
Avec mes ombres et mes lumières, mes douceurs et mes colères,
Mes rires et mes larmes, mon passé et mon présent.

Donne-moi de m’accueillir comme Tu m’accueilles,
De m’aimer comme Tu m’aimes.
Délivre-moi de la perfection que Tu veux me donner,
Ouvre-moi à la sainteté que Tu veux m’accorder.

Epargne-moi le remords de Judas
Rentrant en lui-même pour n’en plus sortir,
Epouvanté et désespéré par son péché.

Accorde-moi le repentir de Pierre,
Rencontrant le silence de ton regard
Plein de tendresse et de pitié.

Et si je dois pleurer, que ce ne soit pas sur moi-même
Mais sur ton Amour offensé.

Seigneur, tu connais le désespoir qui ronge mon coeur.
Le dégoût de moi-même, je le projette sans cesse sur les autres !
Que ta tendresse me fasse exister à mes propres yeux !
Je voudrais tellement déverrouiller la porte de ma prison
Dont je serre moi-même la clef !

Donne-moi le courage de sortir de moi-même.
Dis-moi que tout est possible à celui qui croit.
Dis-moi si je peux encore guérir
Dans la lumière de ton regard et de ta Parole.

 

Source: Pixabay

 

 




« Courrier de Mission » : l’ émission spéciale du 25 janvier

« La bibliothèque du Défap : son actualité, son réseau, ses relations », tel était le titre de l’émission « Courrier de Mission » diffusée sur Fréquence protestante le mercredi 25 janvier 2017 de 13h15 à 13h45.

Bibliothèque du Défap, janvier 2017, DR

Son fonds photographique et ses archives placent la bibliothèque du Défap au cœur d’un réseau de relations qui dépasse les frontières de l’hexagone.  Elle conserve et valorise une mémoire vivante, celle des missionnaires et de leurs descendants. Mais aussi la mémoire d’individus et d’Eglises – d’Afrique et du Pacifique –  souvent présents aussi en diaspora.


Des chercheurs du Nord et du Sud s’y croisent, des historiens principalement, quelquefois des linguistes, des anthropologues ou des géographes, sans oublier des théologiens.


La bibliothèque du Défap répond à des sollicitations venues d’institutions culturelles les plus diverses : musées protestants, musées ethnographiques, musées d’art. Mais aussi à des demandes émanant de paroisses, d’établissements d’enseignement ou d’autres bibliothèques.

 

L’émission « Courrier de Mission » de Fréquence Protestante est diffusée sur 100.7 FM.

Cliquer ici pour écouter l’émission spéciale

 

 

 




La bibliothèque du Défap s’expose au musée du quai Branly

Après l’exposition Kanak en 2013, c’est cette fois à l’occasion d’une exposition intitulée « L’Afrique des routes » que quelques pièces originales « sortent » de nos collections pour être prêtées au musée du quai Branly.

Dessin de François Maeder représentant le chef sotho Moshesh

Trois dessins des années 1840, réalisés par François Maeder (1811-1888), artisan-missionnaire au Lesotho – et artiste à ses heures-, ainsi que deux photos du début du 20e siècle illustrant la mission protestante dans ce petit pays d’Afrique australe, seront visibles du 31 janvier au 12 novembre 2017.

C’est l’occasion pour un large public de découvrir le Lesotho, dont l’identité s’est forgée, au cours du 19e siècle, au creuset d’une rencontre improbable avec les missionnaires de la Société des missions évangéliques de Paris. Un pays largement méconnu sous nos latitudes.

Toutes les pièces exposées au musée du quai Branly – dans le cadre de cet événement – des pièces datant du 5e millénaire avant notre ère jusqu’à nos jours- évoquent la circulation des hommes, des matériaux et des œuvres sur le continent africain mais aussi hors d’Afrique.

 

L’exposition « L’Afrique des routes » se tiendra au musée du quai Branly du 31 janvier au 12 novembre 2017, du mardi au dimanche.
Cliquer ici pour obtenir plus d’informations sur l’exposition et acheter votre billet. 

 

Pour en savoir plus sur le Lesotho et son histoire, rendez-vous sur le site de la bibliothèque du Défap

http://www.defap-bibliotheque.fr/fr/website/une-mission-sans-projet-colonial,14433.html