Avec Jésus, ouvrir les destins qui semblent fermés !

Méditation du jeudi 23 mars 2017. Entrant dans la quatrième semaine du carême, nous prions pour notre envoyé à la Réunion, pour l’Eglise et pour tous les Réunionnais.


Source: Pixabay

En chemin, Jésus vit un homme qui était aveugle depuis sa naissance. Ses disciples lui demandèrent : « Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle : à cause de son propre péché ou à cause du péché de ses parents ? »
Jésus répondit : « Ce n’est ni à cause de son péché, ni à cause du péché de ses parents. Il est aveugle pour que l’oeuvre de Dieu puisse se manifester en lui. Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les oeuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Après avoir dit ces mots, Jésus cracha par terre et fit un peu de boue avec sa salive ; il frotta les yeux de l’aveugle avec cette boue et lui dit : « Va te laver la figure à la piscine de Siloé. » — Ce nom signifie « Envoyé ». —
L’aveugle y alla, se lava la figure et, quand il revint, il voyait ! Ses voisins et ceux qui l’avaient vu mendier auparavant demandaient : « N’est-ce pas cet homme qui se tenait assis pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » D’autres disaient : « Non, ce n’est pas lui, mais il lui ressemble. » Et l’homme disait : « C’est bien moi. » Ils lui demandèrent : « Comment donc tes yeux ont-ils été guéris ? » Il répondit : « L’homme appelé Jésus a fait un peu de boue, il en a frotté mes yeux et m’a dit : « Va à Siloé te laver la figure. » J’y suis allé et, après m’être lavé, je voyais ! » Ils lui demandèrent : « Où est cet homme ? » — « Je ne sais pas », répondit-il.
Jean 9,1-12

 


Pourquoi les disciples de Jésus lui posent-ils cette question sur l’origine du mal et de la souffrance ? Est-ce simple curiosité théologique de leur part ? Ou cherchent-ils à se rassurer, comme en leur temps les amis de Job, qui voulaient à tout prix interpréter son malheur comme l’effet d’une punition divine pour ses péchés. Dans cette logique absurde la santé viendrait prouver l’innocence, ou l’illusion de l’innocence vaudrait assurance tout risque ! Cela ne marche pas et n’a rien à voir avec Dieu, qui fait pleuvoir sur les justes et les méchants.
Mais parfois la question est posée par celui-là même qui se trouve en état de souffrance. Alors elle peut être considérée comme une forme de prière. « Est-ce toi mon Dieu qui m’envoie cette épreuve ? L’ai-je méritée de quelque façon ? »
Comment répondre à celui qui s’interroge du plus profond de son angoisse ? Jésus fait silence sur ce que Dieu seul sait et doit savoir ! Il n’explique rien du pourquoi de l’épreuve.
En revanche il nous invite à regarder vers l’avenir avec confiance et à accomplir avec lui les œuvres de lumière. Il nous apprend que l’aveugle-né n’est pas enfermé dans un destin ni une fatalité. Le temps reste ouvert. Certes nous ne sommes pas Jésus pour « réussir » comme lui le signe qui rendra la vue à celui qui ne voyait pas, mais il met à notre portée les gestes et les paroles de bénédiction, qui libèrent du désespoir mortifère et envoient vers la vie.

 

 


Source: Pixabay

Entrant dans la quatrième semaine du Carême, nous prions pour notre envoyé à la Réunion, pour l’Eglise et tout le peuple réunionnais avec cette méditation de Mgr Albert Decourtray (1923-1994).

Jamais homme n’a respecté les autres comme Jésus.

Pour lui, l’autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues, même des sages et des docteurs de la Loi, tendent à le réduire.

Il voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
Il lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l’action de grâce !

Il ne dit pas : « Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme ». Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation.

Il ne dit pas : « Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans son vice ». Il dit : « Elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux que ceux qui tiennent à leurs richesses ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir ».

Il ne dit pas : « Celle-ci n’est qu’une adultère ». Il dit : « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ».

Il ne dit pas : « Cette vieille qui met son obole ans le tronc sur les œuvres du Temple est une superstitieuse ». Il dit qu’elle est extraordinaire et qu’on ferait bien d’imiter son désintéressement.

Il ne dit pas : « Ces enfants ne sont que des gosses ». Il dit : « Laissez-les venir à moi, et tâchez de leur ressembler ».

Il ne dit pas : « Cet homme n’est qu’un fonctionnaire véreux qui s’enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres ». Il s’invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Il ne dit pas, comme son entourage : « Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres ». Il dit que l’on se trompe à son sujet et il stupéfie en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu :

Il ne dit pas : « Le centurion n’est qu’un occupant ». Il dit : « Je n’ai jamais vu pareille foi en Israël ».

Il ne dit pas : « Ce savant n’est qu’un intellectuel ». Il lui ouvre la voie vers la renaissance spirituelle.

Il ne dit pas : « Cet individu est un hors-la-loi ». Il lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».

Il ne dit pas : « Ce Judas ne sera jamais qu’un traître ». Il accepte son baiser et lui dit : « Mon ami ».

Jésus n’a jamais dit : « Il n’y a rien de bon dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci… ». De nos jours, il n’aurait jamais dit : « Ce n’est qu’un intégriste, un moderniste, un gauchiste, un fasciste, un mécréant, un bigot ». Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique, de celui qui fait briller le soleil sur les bons et sur les méchants.

Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs !

 




A lire dès que possible

Avec un talent de conteur…

Ce n’est pas un ouvrage facile… et il pourrait bien déclencher des polémiques. Toutefois, et justement parce qu’il bouscule les idées que nous avons sur la traite négrière, il faut lire le dernier livre – traduit – de Randy J. Sparks, professeur à l’université de Tulane (Nouvelle-Orléans, Louisiane), qui raconte l’histoire d’Annamaboe, plaque tournante de la Côte-de-l’Or (actuel Ghana) au XVIIIe siècle. Sans perdre de vue la place qu’a occupée le commerce triangulaire dans l’économie mondiale et les échanges transatlantiques, l’auteur nous fait revivre à l’aide d’archives dont certaines sont tout à fait étonnantes, ce qu’ont vécu les habitants de ce port, où se croisaient commerçants anglais, aventuriers français, riches Danois etc., tous avec un seul objectif et une seule contrainte : négocier avec les grandes familles régnantes africaines, lesquelles savent habilement jouer des uns contre les autres. Randy J. Sparks, Là où les nègres sont maîtres. Un port africain au temps de la traite, Alma éditeur, collection « Essai et histoire », 360 pp. 25 €

 

Pour la cause des femmes

C’est une missive enjouée et pleine d’humour que l’auteur, la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, envoie à une de ses amies qui vient de mettre au monde une petite fille. Cette lettre, longue comme une petite nouvelle, est en réalité un manifeste pour la cause des femmes en Afrique. On la lira avec gourmandise et jubilation, et non sans une certaine réflexion car le propos est juste, précis, mordant parfois. Ce petit livre s’adresse aux hommes comme aux femmes et à tous les parents qui s’interrogent sur les questions d’égalité. Chimamanda Ngozi Adichie, Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, Éditions Gallimard, 78 pp. 8,50 €

 

 




Bouddhisme + Confucianisme + Christianisme = bonté

Monsieur le Pasteur,

Je vous remercie des brochures et de la lettre que vous avez bien voulu m’envoyer. J’ai lu trés attentivement votre appel. Vos projets sont des plus louables et je suis sûr qu’ils seront approuvés et encouragés par tous les hommes de coeur.

Je voudrais cependant attirer votre attention sur quelques points de l’appel qui semblent aller à l’encontre de l’idée fondamentale de votre oeuvre parce qu’ils peuvent provoquer un conflit de sentiment de ceux pour qui la mission que vous entreprenez est destinée.

Avant de le faire, je vous prie de croire que ce n’est point par esprit de critique et encore moins de politesse que je m’arrête sur ces points.  Etant annamite, je sais ce que pensent les autres annamites, et je veux dans mes faibles moyens, aider tous ceux qui travaillent pour le bien de mes compatriotes à éviter les obstacles qui peuvent se produire. C’est pourquoi je dois dire sincèrement, franchement, ce que je crois vous être utile.
Comme tout ce qui est d’idéal, la religion n’a pas et ne doit pas avoir de frontière, et ceux qui se chargent de la propager doivent se placer au-dessus de tout nationalisme et de tout interêt politique ; c’est pourquoi, suivant mon humble avis, le mot “Indochine” tout court, sans adjectif, traduit l’idée de celui que nous aimons tous, et l’espoir de ceux pour qui vous voulez apprendre à l’aimer. L’adjectif “française” mis après “Indochine” donne un effet tout à fait contraire à ce que vous et nous voulons ; car l’oeuvre du Christ est, comme vous le dites, une oeuvre d’affranchissement et d’émancipation, tandis que le colonialisme, quel qu’il soit, est une oeuvre d’oppression et d’assujetissement. L’Indochine dominée ne peut être une Indochine vraiment chrétienne.

Il paraît que l’Y.M.C.A. en Indochine ne serait ouvert qu’aux anciens soldats, étudiants et fils de mandarins. Serait-il donc fermé aux masses, alors qu’elles seules ont le plus besoin de consolation et de lumière ?

Il a été écrit dans l’appel de Mr. le Capitaine Monet, que le”mensonge et la dissimulation sont pour l’annamite des habilités fort louables”. Je déplore que certaines catégories – comme il en existe malheureusement dans tous les pays et chez tous les peuples – d’annamites ont ces défauts. Mais ces défauts sont des défauts, détestables et destinés aussi bien par l’annamite que par les autres. Dire que l’annamite prend ces défauts pour des habilités fort louables, c’est à dire des qualités nationales, est un peu loin de la vérité. Vous savez que dès son enfance, l’annamite apprend le “taung” et le “tin”,  premières vertus après l’amour filial.

Un peu plus loin, il est dit que “tel trait de dissimulation ou d’égoïsme n’est qu’un résultat de principes essentiels de la “philosophie confusianiste” et de la religion bouddhiste, etc”. Je crois qu’il n’existe pour tout le monde qu’une philosophie, qu’un principe et qu’une religion, puisqu’il n’existe qu’une vérité. Nous ne sommes permis de voir cette vérité que du côté où nous sommes placés, et nous la nommons d’aprés ce que nous voyons et telle que nous pouvons la voir : Confucius ou Bouddha pour les orientaux, et pour les occidentaux : Christ.

Puisque nous avons le Bonheur de contempler ces trois lumières à la fois, ne vaudrait-il pas mieux pour vous de les aimer toutes et de tâcher de les harmoniser avec notre nature pour la rendre meilleure, au lieu de les opposer les unes aux autres ?

Mr. le Capitaine Monet dit que les ”chrétiens français doivent comprendre que le peuple annamite vit opprimé moralement (souligné dans le texte) et il souffre de cette oppression”. Cette révelation est tout à fait exacte, mais non complète parce que le peuple annamite est aussi opprimé matériellement, socialement et politiquement que moralement. On ne peut faire de lui un bon chrétien en ne soulageant qu’une part de sa souffrance, comme on ne peut rendre un homme bien portant qu’en ne guérissant qu’une partie de ses maux ; on risque au contraire de faire du malheureux un paralitique. Je suppose que les bienfaits moraux et matériels doivent marcher parallèlement, parce que les uns ne peuvent s’accomplir sans les autres. Et nous qui luttons pour la vérité, pourquoi ne dirions-nous pas toute la vérité ?

A la fin de son appel, Mr.le Capitaine Monet dit qu’il faut faire le plus possible de 3 000 étudiants de vrais chrétiens et de bons français. Il est matérielement impossible pour un homme ou une société de remplir deux missions opposées en même temps ; l’une la plus belle, la plus noble : celle d’Evangelisation, d’apprendre aux Hommes à aimer leur Dieu et leur prochain ; l’autre à “mettre en castes” un groupe d’hommes et les encourager à nier leur propre partie ou tout au moins à leur faire aimer une autre que la leur.

Etudiants ou paysans illétrés, annamites, ils sont annamites, ils doivent (le) rester. Être bons annamites n’empêche pas d’être bons chrétiens. Au contraire. N’est-ce pas que le seul homme reconnu par le Dieu c’est l’homme libre ; la seule patrie que nous devons reconnaitre, c’est l’Humanité ? Ceux qui restent les moutons dociles des maîtres du jour ne seront point dignes du Berger Eternel, par conséquent, si vous voulez trouver un vrai chrétien en Indochine, cherchez le chez le bon Indochinois mais pas ailleurs.

Monsieur le Pasteur, je sais très bien ce que les missions catholiques ont fait en Indochine et ce que les missions protestantes ont fait pour notre voisine ; la Corée, pour ne pas souhaiter de tout mon coeur que vous réussissiez à propager rapidement la religion reformée dans mon pays. Mais pour changer le moral d’un peuple surtout du peuple qui a des moeurs, des traditions et une sensibilité formées par des milliers d’années d’histoire ; il faut tout d’abord pénétrer sa mentalité. C’est pour vous faciliter cette tâche première et pour répondre à la sympathie que vous m’avez témoigné, que je me permets de vous adresser respectueusement cette lettre. J’espère que vous voudrez bien m’excuser de ma franchise et je vous prie de croire, Monsieur le Pasteur, à mes meilleurs sentiments.

 

Nguyên Aï Quâe
Paris, le 8 septembre 1921

 

 

Pour aller plus loin, visitez notre exposition virtuelle « des protestants français en Indochine »

Retrouvez l’article de Jean-François Faba et Valérie Thorin dans le numéro Afrique-Asie de mars 2017.

 

 




Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches

Une préoccupation de toujours
La Nouvelle-Calédonie, de Maurice Leenhardt (1902) à Jacques Stewart (1988), a toujours été une préoccupation importante du protestantisme français. Les Églises mandatrices du Défap, dans le cadre de la Cevaa, ont eu de nombreux envoyés en Nouvelle-Calédonie ; le Défap s’occupe du programme Après-Bac-Service (ABS, 90 étudiants en 2017) ; des pasteurs kanak ont été accueillis en France ; plusieurs groupes de jeunes de nos paroisses se sont rendus en Nouvelle-Calédonie ; le Défap a accueilli en octobre 2016 à Paris, des étudiants de l’école pastorale de Lifou en visite ; le Défap est en lien proche avec le lycée Do Neva lorsque celui-ci a été frappé par des inondations en novembre 2016… Mais il faut aller au-delà aujourd’hui.

 

La Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins
La Nouvelle-Calédonie entre dans un moment crucial de son histoire, celui du référendum d’auto-détermination qui se tiendra en novembre 2018. L’enjeu pour les 260 000 Calédoniens, dont 110 000 Kanak ? La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la France. C’est le degré de « plus ou moins Français » que la question posée, lors du référendum devra éclaircir indique un fonctionnaire territorial de la Province nord. Autonomie-association, totale indépendance, citoyenneté partagée… Certains veulent une pleine souveraineté. Assumer toutes les fonctions d’un État indépendant. D’autres veulent éviter un référendum couperet pour ou contre l’indépendance. Ils envisagent une association entre la Nouvelle-Calédonie et l’ancienne puissance coloniale. Pour eux décolonisation ne rimerait pas avec totale indépendance. Les responsables politiques posent la question de la « souveraineté ». Les habitants, celle de la « citoyenneté » : un passeport kanak unique ? Une double appartenance, française et calédonienne ? Une protection sociale à la française ? Pour chacun c’est le destin commun, sur toutes les lèvres, indépendantistes et loyalistes. La Nouvelle-Calédonie est à la croisée des chemins.

 

« La clé c’est d’écouter l’autre… »
De longue date, les Églises protestantes de France ont souhaité retrouver des relations particulières avec la Nouvelle-Calédonie et l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC, 40 000 membres). C’est l’une des priorités fixées dans le programme de travail 2015-2018 du Défap. Les relations vivantes de la Nouvelle-Calédonie avec le protestantisme français se sont affaissées depuis quinze ou vingt ans expliquait Billy Wapotro, ancien directeur de l’Alliance scolaire évangélique, il nous revient de leur redonner vie et sens. Les Églises protestantes de France et de Nouvelle-Calédonie sont ensemble au sein de la Cevaa. Il s’agit maintenant de nous retrouver proches de nos frères et sœurs alors même qu’ils doivent décider de l’avenir de leur pays, avec tous les habitants de Nouvelle-Calédonie. Ne nous laissez pas seulement entre nous revient comme un leitmotiv. Il s’agit donc de nous retrouver compagnons aujourd’hui, à l’heure de la réflexion puis de la décision, et demain, quel que soit le résultat du référendum d’auto-détermination. La clé c’est d’écouter l’autre… de le connaître pour le comprendre disait Michel Rocard au sujet de ce référendum calédonien. La place des Églises, en France comme en Nouvelle-Calédonie est ainsi claire : faire vivre le débat. Manifester ainsi la fraternité qui nous unit les uns aux autres, porter la préoccupation des uns pour les autres.

 

 

Bertrand Vergniol,
Secrétaire général du Service protestant de mission – Défap
La Lettre du Défap, mars 2017

 

 

 

 

Retrouvez cette lettre dans la prochaine Lettre du Défap (mars 2017)

 

 




Faire jaillir l’eau du rocher !

Méditation du jeudi 16 mars 2017. Nous entrons dans la troisième semaine du Carême et nous prions pour notre envoyé en Guyane et pour toute la communauté protestante de Guyane.


Source: Pixabay

Assoiffé, le peuple se mit à protester contre Moïse en disant :
« Pourquoi nous as-tu fait quitter l’Égypte ? Est-ce pour nous faire mourir de soif ici, avec nos enfants et nos troupeaux ? »
Moïse implora le secours du Seigneur :
« Que dois-je faire pour ce peuple ? demanda-t-il. Encore un peu et ils vont me lancer des pierres ! »
Le Seigneur lui répondit :
« Passe devant le peuple, accompagné de quelques-uns des anciens d’Israël. Tu t’avanceras en tenant à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil. Moi, je me tiendrai là, devant toi, sur un rocher du mont Horeb ; tu frapperas ce rocher, il en sortira de l’eau et le peuple pourra boire. »
Moïse obéit à cet ordre, sous le regard des anciens.
On a appelé cet endroit Massa et Meriba — ce qui signifie  «Épreuve» et «Querelle» — parce que les Israélites avaient cherché querelle à Moïse et avaient mis le Seigneur à l’épreuve, en demandant : «Le Seigneur est-il parmi nous, oui ou non ?»

Exode 17,3-7

 

 

La situation des hébreux dans le désert, angoissés par la soif et la faim, les pousse à une réaction tellement humaine : regretter le passé, lui trouver des qualités qu’il n’avait pas. Et en tout cas renoncer à un avenir qui leur semble barré par un voile de mort. 
Humain encore le réflexe de s’en prendre à Moïse, jugé responsable de l’histoire, qui de chef bien-aimé se transforme en bouc émissaire.
Simplement le passé est aussi illusoire que l’avenir si nous ne faisons pas face au présent.  Et le Dieu vivant d’Israël est Dieu du temps présent.
Il est bon d’apprendre de la Bible que les temps de crise, les temps où nous nous sentons le plus abandonnés, livrés aux mirages du passé et au trou noir de l’avenir, prêts à nous entredéchirer, peuvent se transformer en temps de révélation, où des sources nouvelles jaillissent des rochers silencieux et stériles que nous portons en nous-mêmes.
A condition que, comme Moïse, nous acceptions le défi de la foi et de la confiance ! En ce temps de Carême, c’est dans les profondeurs de la prière et de la méditation que nous pouvons trouver la force et l’inspiration nécessaires pour relever ce défi.

 

 


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Nous prions pour notre envoyé en Guyane et pour la communauté protestante de Guyane.

Ecoute le silence !
Son langage est sans bruit.
Ni paroles parlées ni paroles écrites mais le silence parle…
Dans les profondeurs du silence, écoute les mouvements du temps, de la nature, des hommes, et de l’Esprit…
Regarde le monde.
Il a détruit le silence salutaire.
L’homme devient malheureux, il est en quête de ce silence :
Silence-joie, silence-paix, silence-justice, silence qui fait sourire et danser le monde…
Réfléchis, prie, apprends à vivre et à souffrir dans le silence de Dieu.
Son silence vient briser nos faux et amers silences :
Silence-peur, silence-angoisse, silence-inquiétude, silence-mort…
Maintenant, dans le silence, espère pour toi et pour tous un monde meilleur tissé d’amitié.
C’est pourquoi dans ton silence, écoute les gémissements des sans-paroles, des prisonniers, des opprimés.
Ecoute les cris des affamés, des chômeurs, des sans-parents, des sans-enfants, des sans-terre, des sans-logis…
Dans les battements de ton cœur écoute pour bien sentir les souffrances amères de la terre…
Dans le silence écoute les hommes solitaires.
Ecoute leurs cris de solitude.
Vis avec eux et meurs pour eux, dans le silence de ton cœur !
Wanir Welepane pasteur et poète kanak.  Paroles lointaines, paroles si proches

 




En chemin avec Abraham !

Méditation du jeudi 9 mars 2017. Entrant dans la deuxième semaine du Carême nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais.

Le Seigneur dit à Abram :
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai.  Je ferai naître de toi une grande nation ; je te bénirai et je rendrai ton nom célèbre. Tu seras une bénédiction pour les autres. Je bénirai ceux qui te béniront, mais je maudirai ceux qui te maudiront. A travers toi, je bénirai toutes les nations de la terre. »
Abram, qui était âgé de soixante-quinze ans, accepta de quitter Haran comme le lui ordonnait le Seigneur.

Genèse 12,1-4

 


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Abraham est l’homme de confiance, celui qui fait confiance à Dieu et celui en qui Dieu a confiance. En hébreu la confiance est de la même famille que la foi, la fidélité et la vérité : emouna (foi, confiance) et emet (fidélité, vérité).
Abram, avant de devenir Abraham, a prêté foi à cette voix qui l’appelait pour lui ouvrir une voie nouvelle, lui enjoignant de tout quitter, de se mettre en route vers une terre de promesse et un avenir fécond.
Abram laisse ses morts derrière lui, dont Térah, son père. Mais en poursuivant la route, Abram manifeste aussi une fidélité profonde envers Térah, car c’est celui-ci qui, le premier, avait pris la décision de quitter Our en Chaldée pour se rendre sur la terre de Canaan. Cependant Térah n’avait pas reçu d’appel de Dieu. Et il est mort à mi-route et à mi-projet, dans la ville de Haran.
Abraham deviendra père de tous ceux qui se reconnaîtront en lui, juifs, chrétiens, musulmans, et bénédiction pour toutes les familles de la terre.
Contrairement à l’humanité de Babel, qui rêvait de concurrencer Dieu dans ses hauteurs célestes, l’humanité abrahamique reçoit vocation de se déployer sur les chemins de la terre, de la vie et de la rencontre, guidé par son Dieu, qui marche devant elle.

 


Source: Pixabay


Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais à travers ce poème de Nafi, un enfant du Sénégal.

Unissons-nous
Enfants d’Europe
Enfants d’Afrique
Enfants d’Asie
Enfants du monde

L’amitié se lie pour l’éternité
L’amitié fait la force
Unissons-nous pour éviter la guerre
Unissons-nous pour éviter la famine
Unissons-nous pour vaincre le mal

Le bonheur ne pourrait s’acquérir
Que par une relation d’amitié.
Grâce à l’amitié,
J’ai oublié la peine et la souffrance
Partageons-nous l’amitié car
C’est la chose la plus merveilleuse au monde.

 




Témoignage de Madagascar

 » Je suis arrivé à Madagascar le 8 septembre dernier, mais j’ai commencé ma mission fin septembre.  Cet intermède m’a permis d’appréhender le malagasy assez rapidement. La mission d’animateur/répétiteur, pour laquelle je suis parti, est en fait plus complète : enseignant le français le matin dans l’école Akanisoa, je suis répétiteur particulier le soir avec les orphelins et animateur à mes heures (non pas perdues) avec les enfants de l’orphelinat.

Les raisons de mon départ en mission sont multiples. Je souhaitais, tout d’abord, retrouver mon amie. J’étais également attiré par le service civique, j’ai donc choisis d’orienter mes recherches dans ce sens. L’offre du Defap correspondant à mes compétences et à mes attentes, j’ai postulé.

 

Samy Chenuelle dans les jardins du Défap en juillet 2016, DR

 

Pour mener à bien ma mission, la compréhension des objectifs et attentes des différents acteurs est essentielle. Le Défap et le contrat du service civique axent ma mission sur l’animation et les cours du soir. Je passe donc une grande partie de mon temps libre avec les enfants pour jouer, chanter, discuter (ce qui n’est pas pour me déplaire). La directrice et les institutrices de l’école attendent de moi une approche plus scolaire. J’ai préparé des cours du matin pour les classes primaires selon leurs conseils et leurs fonctionnements. J’ai aussi pris en compte les attentes très différentes des enfants. Certains veulent des cours alors que d’autres préfèrent des activités ludiques. Mais il y a aussi, bien évidemment, mes attentes, mes souhaits et mes choix pédagogiques qui rentrent en compte.

Je travaille actuellement avec les enfants sur un échange de courrier avec des classes françaises pour faire découvrir d’autres manières de vivre l’école et d’autre façon de vivre le quotidien. Je prévois également d’écrire une chanson, emblème d’Akanisoa, avec les enfants de l’orphelinat.

 

Samy et les 4 classes de l’école, février 2017, DR

 

Cette mission est très enrichissante, notamment dans le domaine de l’éducation, qui m’était jusqu’alors inconnu. J’espère réellement pouvoir réutiliser ces nouvelles compétentes dans l’avenir. Elle me permet aussi de me confronter à mes propres limites, mais de manière positive grâce à la bienveillance des institutrices. Enfin, le contact avec les enfants d’Akanisoa s’est très rapidement bien passé et cela a créé une ambiance très chaleureuse entre nous.

Ma mission est marquée par la complicité. Cette complicité qui se crée au fil du temps, au fil de ces moments anodins et du partage.

Six mois après mon arrivée, je suis heureux de mon choix. »

 

 




Polynésie : retour sur le séminaire Action Commune

Après une première session en novembre 2015 au Gabon pour les régions Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale et une seconde en Suisse en septembre 2016 pour la région Europe, cette session s’adressait aux trois Eglises de la région Pacifique-Amérique Latine. Elle a regroupé une trentaine de participants.

Comme sur le modèle des sessions passées, Corina Combet-Galland et le pasteur Jean-Luc Blanc du Défap ont animé la partie biblique. Un représentant de chaque Eglise à présenté et développé une réflexion à partir d’une expérience de son Eglise.
Les réactions et les apports ont été très différents de ceux des deux dernières sessions. Cette session confirme l’idée de faire travailler sur un thème d’actualité l’ensemble des Eglises de la Cevaa, selon les principes de l’Animation Théologique. Il s’agit là d’une orientation réellement porteuse de sens pour la Communauté.

La valorisation de la culture traditionnelle

Le rapport à la culture traditionnelle est très fort au sein de ces sociétés. La recherche d’une identité est juste mais nécessite une ouverture à l’universel  sinon le risque du  repli identitaire peut prendre le dessus.
Les débats au sein de l’église polynésienne à ce sujet sont nombreux et  révélateurs des différentes tendances qui habitent cette Eglise. Entre ceux qui souhaiteraient que l’Evangile entre complètement dans le moule de la Culture et ceux qui, à l’opposé, inscrivent l’Evangile en rupture avec la Culture, il y a toutes les nuances imaginables. Un vrai témoignage à la diversité ! Ceci se ressentait dans les travaux de groupes, dans la manière d’aborder les textes bibliques et d’en discuter, dans les débats et surtout dans les discussions privées.

La famille, toujours au cœur des échanges

Bien sûr, il a été question des mutations familiales. Les problèmes de rupture entre parents et enfants sont fréquents et de multiples natures. Mariage mixte, départ vers d’autres contrées, retour d’expérience en métropole …cela fait évoluer la famille et plus particulièrement lorsque celle-ci s’appuie fortement sur la notion de tribu.  Elle est d’autant plus puissante qu’être rejeté de la tribu, c’est aussi être rejeté de sa terre.
Mais le public qui a participé à la session de formation était prêt à se laisser questionner, à réfléchir d’une manière nouvelle. C’est d’ailleurs l’avantage de la formule : l’animation théologique tel que l’esprit de la Cevaa l’organise, permet une réflexion interculturelle riche.

Les répercussions sont, selon les groupes, plus ou moins importantes. Charge maintenant aux animateurs d’utiliser le travail fait ensemble, les textes decriptés et les débats provoqués, pour agir sur les décisions ou proposer des orientations lors des prochains synodes. L’avenir nous dira si ce qui a été semé ici donnera plus de sens encore demain.

 

Logement de l’école pastorale, février 2017, DR

Visite de l’école pastorale

Après la session, Célestin Kiki, Samuel Johnson et Jean-Luc Blanc sont allés visiter l’école pastorale qui a déménagé depuis peu et se trouve maintenant sur l’île de Tahaa, un lieu bénéficiant d’une situation exceptionnelle. Intervention auprès des étudiants, cultes dont un pour le « vendredi saint » du mois de février dans la nouvelle chapelle de l’école, rencontres avec les professeurs et le directeur ont constitué le programme.

La Cevaa vient d’ailleurs d’y créer un poste de professeur de Nouveau Testament. L’appel à candidatures est ouvert.

Le pasteur Jean-Luc Blanc témoigne ainsi de cette session : « De toutes ces rencontres je retiens l’image d’une Eglise très vivante et active dans de nombreux domaines. Aujourd’hui, plusieurs tendances coexistent dans l’Eglise Protestante Maori (EPM) et si la culture Maori est très souvent évoquée, elle ne prend pas la place de l’Evangile. »

« Plusieurs projets Cevaa sont en cours avec l’EPM, dont un échange de jeunes avec la Suisse à l’occasion des 500 ans de la Réforme. La participation très active de l’EPM à la vie de la Communauté est particulièrement encourageante. »

Nous vous donnerons très bientôt des nouvelles de ce paradis, loin d‘être perdu, qui a su trouver dans ses églises les forces vives pour mener à bien les défis de ce monde en mutation.

 

 




Me trouves-tu injuste ?

Méditation du jeudi 2 mars 2017. En entrant dans le temps du Carême nous nous joignons à la Journée Mondiale de Prière 2017 préparée par des femmes des Philippines. Nous prions également pour nos envoyés au Laos.


Source: Tableau réalisé par l’artiste Rowena “Apol” Laxamana-Sta.
Rosa pour la Journée Mondiale de Prière 2017 – DR

« Voici, en effet, à quoi ressemble le Royaume des cieux :
Un propriétaire sortit tôt le matin afin d’engager des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux de leur payer le salaire habituel, une pièce d’argent par jour, et les envoya travailler dans sa vigne.
Il sortit de nouveau à neuf heures du matin et en vit d’autres qui se tenaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : « Allez, vous aussi, travailler dans ma vigne et je vous donnerai un juste salaire. » Et ils y allèrent.
Le propriétaire sortit encore à midi, puis à trois heures de l’après-midi et fit de même. Enfin, vers cinq heures du soir, il sortit et trouva d’autres hommes qui se tenaient encore sur la place. Il leur demanda : « Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans rien faire ?»
« Parce que personne ne nous a engagés », répondirent-ils. Il leur dit : « Eh bien, allez, vous aussi, travailler dans ma vigne. »
« Quand vint le soir, le propriétaire de la vigne dit à son contremaître : « Appelle les ouvriers et paie à chacun son salaire. Tu commenceras par les derniers engagés et tu termineras par les premiers engagés. » 
Ceux qui s’étaient mis au travail à cinq heures du soir vinrent alors et reçurent chacun une pièce d’argent.
Quand ce fut le tour des premiers engagés, ils pensèrent qu’ils recevraient plus ; mais on leur remit aussi à chacun une pièce d’argent.
En la recevant, ils critiquaient le propriétaire et disaient : « Ces ouvriers engagés en dernier n’ont travaillé qu’une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d’une journée entière de travail sous un soleil brûlant !» 
Mais le propriétaire répondit à l’un d’eux : « Mon ami, je ne te cause aucun tort. Tu as convenu avec moi de travailler pour une pièce d’argent par jour, n’est-ce pas ? Prends donc ton salaire et va-t’en. Je veux donner à ce dernier engagé autant qu’à toi. N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon argent ? Ou bien es-tu jaloux parce que je suis bon ?»

Matthieu 20,1-16

 


Source: Pixabay

 

La justice de Dieu n’est pas la justice des hommes ! Pourtant la seconde est invitée à se laisser transformer par la première, et Jésus nous y invite par son enseignement. 
Quelle que soit l’heure d’arrivée des ouvriers dans la vigne, il ne peut y avoir de bonnes vendanges sans l’intégration de tous.
Au niveau socio-économique, cela signifie que chacun est nécessaire, et qu’à chacun doivent être donnés les moyens de se nourrir et de subvenir aux besoins de sa famille. C’est ce que fait le maître de la parabole.
Au niveau religieux, cela signifie qu’il y a place pour tous dans le cœur du Père, et que la joie divine de voir arriver enfin les derniers les propulse à une place de choix ! Ne s’agit-il pas de leur manifester qu’ils sont vraiment les bienvenus ?  
Riches et pauvres, puissants et faibles, croyants héréditaires ou convertis de fraîche date, chrétiens d’ici ou d’ailleurs, enthousiastes ou dans le doute, nous sommes tous acteurs de l’histoire sainte et habitants de ce monde créé par Dieu. 
Et cela implique un combat pour les droits à une vie décente, la solidarité, la recherche de la justice. Le travail n’est pas uniquement un moyen d’acheter mais aussi une contribution pour une économie juste au bénéfice de tous.
Dans le tableau qu’elle a réalisé pour la JMP 2017, l’artiste Rowena “Apol” Laxamana-Sta.Rosa, exprime son regard sur la situation aux Philippines aujourd’hui, en évoquant à la fois le monde urbain et industriel avec des scènes sombres et le monde souriant et coloré de la campagne et de la pêche.

A travers les personnages, notamment la femme qui se tient au centre avec le fléau d’une balance en forme de croix, elle semble signifier que le royaume de Dieu est ouvert à tous, même à ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu ou qui ne le reconnaissent pas.
Aux pieds de la femme, une scène d’abondance : trois femmes soutiennent une nappe chargée du pain et du vin de la communion, de poissons, de riz, de légumes, de poulet, et des fruits de la terre.
Que la joie du Seigneur soit notre joie !

 

 

Nous nous joignons à la Journée Mondiale de Prière organisée par les femmes des Philippines.
Et nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

 

Seigneur, fais de nous un instrument de paix
Bénis toutes les femmes qui oeuvrent chaque jour à apporter la paix à leur communauté, leur foyer et leur coeur.

Donne-leur la force de continuer à changer les épées en socs.

Là où est la haine, que je mette l’amour
Nous te prions pour toutes les femmes qui sont confrontées au préjudice, à l’inégalité et à la discrimination sexuelle.
Aide-nous à voir et affronter la discrimination contre les femmes, quelle que soit la forme qu’elle prenne.

 

Là où est l’offense, que je mette le pardon
Réconforte toutes les femmes qui subissent la douleur de la guerre, de la violence et des abus.
Aide-les à devenir les instruments de leur propre réconciliation et apaisement.

 

Là où est la discorde, que je mette l’union
Pardonne à toutes les femmes et les hommes qui ont laissé les différences nourrir la haine et la discrimination.
Que l’exemple de ton respect pour toute la création nous aide à voir que nous sommes des partenaires égaux dans l’intendance de notre monde.

 

Là où est l’erreur, que je mette la vérité
Réconforte toutes les femmes qui luttent dans l’obscurité de l’abus, de la pauvreté et de la solitude.
Puissions-nous nous tenir avec elles dans la lumière, pour reconnaître leur douleur et tâcher d’enlever les fardeaux de la honte ou de la gêne.

Là où est le doute, que je mette la foi
Nous te prions pour toutes les femmes qui vivent dans la peur de leur mari, de leur frère, de leur père… et des forces qui contrôlent leur vie.
Aide-les à devenir capables d’être elles-mêmes en vérité grâce à votre amour éternel et votre foi.

 

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance
Nous te prions pour toutes les femmes qui vivent dans le désespoir de la pauvreté, de la violence, du trafic, de l’esclavage, et des abus.
Que la lumière de ton amour leur porte l’espérance.

 

Là où est la tristesse, que je mette la joie
Aide-nous à voir la force et la bonté dans chaque femme et chaque homme.
Transforme nos coeurs pour qu’ils célèbrent l’amour et la grâce de toutes les personnes.

 




Les étudiants ABS réunis à Lyon

Durant trois jours, le temps s’est arrêté pour tous les jeunes du programme ABS. Heureux de revoir leurs « frères » et « sœurs » de cœur, les étudiants kanaks ont fait grandir « l’ABS Family », comme ils l’appellent.

 


Le groupe ABS, février 2017, DR

 

Le temps des retrouvailles

Venus de Paris, Nice, Vesoul, Brest ou encore Poitiers, les arrivées des quarante étudiants sur Lyon se sont succédées durant la première journée. Certains jeunes n’ont pu rejoindre le groupe qu’après la fin de leurs cours, le vendredi soir. Côté encadrement, Laura Casorio et Pascale Audo du Défap accompagnaient le groupe. Pour la plupart des ABS, Lyon et ses environs étaient une vraie découverte, comme lors des précédents week-ends organisés par le service protestant de mission. « Ce qui me plait dans ces rencontres d’ABS, nous raconte Ornella, c’est qu’on découvre beaucoup de choses et c’est vraiment une grande opportunité pour nous les étudiants car on acquiert une plus grande culture générale, et ça nous sert dans nos études. »

 

Un programme culturel varié

La première journée a été sous le signe de la découverte, avec la visite guidée du musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne. Un lieu emblématique de la région stéphanoise. Beaucoup d’étudiants sont ressortis ravis de la visite, comme Ornella. « Ca m’a appris beaucoup de choses, nous explique-t-elle, notamment avec l’évolution du vélo, des armes, du travail à la chaine…je ne savais pas tout ça ». 

 

Les jeunes ABS au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne, DR

 

Pour le déjeuner, le groupe a pique-niqué dans la ville, avant de repartir vers Lyon. L’après-midi a été dédiée à la visite du centre historique de Lyon, du vieux-Lyon et de Fauvières.


Promenade dans le vieux-Lyon, DR

Le groupe est ensuite revenu à l’auberge de jeunesse. L’occasion de participer au suivi collectif, coordonné par Laura Casorio et Pascale Audo du Défap. « L’objectif de ce type de rencontre, explique Laura, c’est aussi de répondre à toutes les questions que peuvent se poser les ABS ».
La première journée s’est achevée par un restaurant typique lyonnais. Installés confortablement dans une salle au sous-sol, les jeunes étaient tous ensemble. Ils ont ainsi pu découvrir les spécialités de la région comme le tablier de sapeur, les quenelles ou la salade lyonnaise. « On s’est bien régalés , nous raconte Ornella. « Les serveurs du restaurant nous ont même donné la permission de mettre de la musique. Il y avait une super ambiance. Ca me rappelle les mariages au pays. On a beaucoup ri et beaucoup parlé aussi, comme quand on a débattu sur l’indépendance du pays et sur le référendum d’autodétermination prévu pour 2018.»

Le culte dominical

Le lendemain, quelques étudiants ont dû repartir tôt. Pour tous les autres, le rendez-vous était donné au Grand temple de Lyon, pour le culte dominical. Vêtus de leurs costumes kanaks, les jeunes ABS ont chanté avec les autres fidèles présents.
Après le culte, les ABS ont profité des derniers moments tous ensemble. L’occasion d’échanger sur leurs différentes expériences, avant de repartir chacun dans la ville où ils suivent leurs études.  « Le week-end s’est très bien passé », nous raconte Laura Casorio. « Le fait de pouvoir se retrouver tous ensemble est d’une grande importance pour ces jeunes. Le groupe est devenu un support au manque du pays et des relations familiales. Ces jeunes profitent de la présence des uns et des autres, ils partagent et grandissent ensemble. « L’ABS Family », c’est eux qui l’ont créée. Le Défap est juste là pour les accompagner. »




Que tous puissent chanter avec les fleurs des champs et les oiseaux du ciel !

Méditation du jeudi 23 février 2017. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et tous les habitants des Antilles.


Source: Pixabay

« Personne ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
« Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas au sujet de la nourriture et de la boisson dont vous avez besoin pour vivre, ou au sujet des vêtements dont vous avez besoin pour votre corps. La vie est plus importante que la nourriture et le corps plus important que les vêtements, n’est-ce pas ? Regardez les oiseaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de récoltes dans des greniers, mais votre Père qui est au ciel les nourrit ! Ne valez-vous pas beaucoup plus que les oiseaux ? Qui d’entre vous parvient à prolonger un peu la durée de sa vie p par le souci qu’il se fait ?
« Et pourquoi vous inquiétez-vous au sujet des vêtements ? Observez comment poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas, elles ne se font pas de vêtements. Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs. Dieu habille ainsi l’herbe des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu : alors ne vous habillera-t-il pas à bien plus forte raison vous-mêmes? Comme votre confiance en lui est faible !
Ne vous inquiétez donc pas en disant : « Qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? qu’allons-nous mettre pour nous habiller ?» Ce sont les païens qui recherchent sans arrêt tout cela. Mais votre Père qui est au ciel sait que vous en avez besoin. Préoccupez-vous d’abord du Royaume de Dieu et de la vie juste qu’il demande, et Dieu vous accordera aussi tout le reste. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » Matthieu 6,24-34

 


Source: Pixabay


Si nous faisons de l’argent une idole et l’angoisse de nos jours nous aurons du mal à servir Dieu. Et ceci peut arriver aussi bien au riche obsédé de l’accroissement de sa fortune qu’au pauvre obsédé de pouvoir nourrir sa famille. Mais comme nous le montre la Bible, le pauvre se remettra plus volontiers aux mains du Père que le riche, étouffé par ses biens.
Mais se vouer au service de Dieu signifie-t-il que nous puissions devenir comme les lys des champs et les oiseaux du ciel qui ne sèment ni ne moissonnent ?
Ainsi se comportaient, dans les premiers temps du christianisme, les pieux anachorètes qui vivaient au désert, se nourrissant de la charité de ceux qui venaient les visiter sur leur colonne ou dans leur grotte.
Mais dès que la vie monastique se fut organisée de manière communautaire, la règle devint : Ora et labora ! Prie et travaille. Et même si les moines faisaient vœu de pauvreté, les monastères ont créé de la richesse, une richesse bonne non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour les contrées où ils se trouvaient. 
Le risque est la passion sans limite pour l’économie et l’oubli de l’écologie ! Le regard fixé sur l’or et l’oreille inattentive au chant de l’oiseau !
Mais le mépris de l’économie peut conduire à ne réserver l’écologie qu’aux nantis ! Il faut éprouver une certaine sécurité pour vivre dans l’apparence de la gratuité !
Que l’argent soit, non pas notre maître mais notre serviteur, assigné à l’entraide et au bien-être de tous !  Et que nous puissions, comme rappelait Luther, « agir comme si tout dépendait de nous et prier comme si tout dépendait de Dieu ! »
Alors ensemble, riches et pauvres, nous pourrons partager, avec les fleurs des champs et les oiseaux du ciel, de purs moments de grâce où nous chanterons à la gloire de notre Père céleste !

 

 

Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et tous les habitants des Antilles.
 

Jésus est ma vie
La parole à dire.
La Vérité à faire connaître.
Le chemin à parcourir.
La lumière à diffuser.
La Vie à vivre.
L’Amour à aimer.
La joie à répandre.
Le sacrifice à offrir.
La Paix à donner.
Le Pain de Vie à manger.
L’affamé à nourrir.
L’assoiffé à rassasier.
L’être nu à vêtir ;
Le sans-abri à loger.
Le malade à guérir.
L’isolé à aimer.
L’indésirable à accueillir.
Le lépreux pour laver ses plaies
Le mendiant pour lui sourire.
L’ivrogne à écouter.
Le malade mental à protéger.
Le tout-petit à embrasser.
L’aveugle à guider.
Le muet pour parler à sa place.
L’estropié pour marcher avec lui.
Le drogué à secourir.
La prostituée à sortir du danger et à secourir.
Le prisonnier à visiter.
Le vieillard à servir.
Pour moi : Jésus est mon Dieu.
Jésus est ma vie.
Jésus est mon seul amour.
Jésus m’est indispensable.
Jésus est mon tout.
    Mère Térésa (1910-1997)
 




La maison du Défap ouvre ses portes aux jeunes

Quinze c’est le nombre d’adolescents alsaciens venus découvrir le Défap le 15 février dernier. Originaires de la banlieue ouest de Strasbourg, les jeunes membres de ce groupe de catéchumènes ont visité la maison du service protestant de mission. Un périple culturel qui a mis en lumière l’histoire des missionnaires protestants mais aussi éveillé la curiosité des jeunes visiteurs pour les envoyés actuels.

Ce jour-là, le rendez-vous était donné dans la chapelle. Accompagnés de leurs quatre accompagnateurs, les jeunes adolescents des paroisses protestantes du consistoire d’Ittenheim étaient tous présents. Pour les accueillir, trois membres du Défap encadraient le groupe : le pasteur Florence Taubmann, responsable de l’animation France-Jeunesse, Laura Casorio, responsable des envoyés, et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque et des archives.

Avant le démarrage de la visite, une discussion avec les jeunes s’initie et une réflexion sur le sens des mots « mission » et « vocation » fait débattre la jeune assemblée. « Pourquoi part-on en mission à votre avis ? », questionne le pasteur Florence Taubmann. « Pour transmettre », répond un jeune du groupe. Ses voisins réagissent : « Oui, les pasteurs ont comme mission d’enseigner la religion. Et chaque pasteur a une sensibilité différente et une raison différente ».


Le pasteur Florence Taubmann évoquant la notion de « mission », 2017, DR

Le pasteur poursuit. « En effet, dans cette idée de mission, d’être envoyé vers nos frères de partout, il y a cette idée que la communication peut dépasser toutes les frontières. La mission : c’est le coeur de la vocation de cette maison », conclut Florence Taubmann.

 


Jeu autour du mot « mission », 2017, DR

 

Laura Casorio définit alors le terme « Défap » avec les adolescents, qui se sont déjà informés avant d’arriver à Paris. « On a cherché dans Wikipédia et on a visité le site internet du Défap », explique l’une d’entre eux. Claire-Lise Lombard invite alors les jeunes alsaciens à découvrir la maison de l’intérieur. Elle tient dans ses mains les plans d’origine de l’édifice. Certains jeunes consultent des livrets avec des photos du bâtiment. « A travers cette visite, vous suivrez notre histoire et celles de nos missionnaires », poursuit Claire-Lise Lombard.

 


Un des jeunes alsaciens feuillette les illustrations du bâtiment du Défap, 2017, DR

La visite est lancée. Le groupe se déplace de pièce en pièce, en suivant avec intérêt chaque explication pour les lieux visités.
Chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée…la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés. Claire-Lise Lombard ne manque pas l’occasion de partager avec les jeunes des anecdotes sur la maison. « Aujourd’hui on appelle cette salle le musée, mais au départ il y avait un grand musée dans la chapelle avec les objets rapportés par de nombreux missionnaires. Ces objets ont été depuis transmis à des grands musées ».


Claire-Lise Lombard lors de la visite de la bibliothèque, DR, 2017

 

Deux heures plus tard, la visite s’achève et les jeunes alsaciens se retrouvent tous dans la chapelle. Ce périple leur a permis de s’ouvrir aux cultures d’ailleurs comme celles du Gabon, du Lesotho, de la Polynésie ou encore de Madagascar. De leurs côtés, les accompagnateurs sont aussi comblés par la découverte du lieu. Pour le pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, qui avait déjà accompagné un groupe cinq ans auparavant, c’est aussi une occasion privilégiée de concrétiser la notion de mission. « Le mot ne veut pas dire grand-chose pour eux ou alors ça peut avoir une connotation négative , explique t-elle. « Ici cela montre ce qu’est la réalité d’aujourd’hui des envoyés. C’est devenu quelque chose de positif et de très intéressant. A travers ce type de visite, on sème aujourd’hui quelque chose et, qui sait, cela développera peut-être des vocations de missionnaires plus tard ».

 


Le pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, accompagnatrice du groupe alsacien, 2017, DR

 

Suite à cette expérience, le Défap a prévu d’accueillir davantage de jeunes avec leurs pasteurs ou animateurs dans cette maison commune qu’est le service protestant de mission. Des week-ends et mini-séjours « découverte » sont déjà en préparation pour la rentrée prochaine.