La Mission : du sang, des larmes et du courage !

Méditation du jeudi 22 juin 2017 – Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour tous les Egyptiens, en particulier les chrétiens coptes.

« Ne craignez donc aucun homme. Tout ce qui est caché sera découvert, et tout ce qui est secret sera connu. Ce que je vous dis dans l’obscurité, répétez-le à la lumière du jour ; et ce que l’on chuchote à votre oreille, criez-le du haut des toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt Dieu qui peut faire périr n à la fois le corps et l’âme dans l’enfer.
Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, aucun d’eux ne tombe à terre sans que Dieu votre Père le sache. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. N’ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux ! »

« Quiconque reconnaît publiquement qu’il est mon disciple, je reconnaîtrai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux qu’il est à moi ; mais si quelqu’un affirme publiquement ne pas me connaître, j’affirmerai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux que je ne le connais pas.»

Matthieu 10,26-33


    

Source : Pixabay           

 

Les disciples de Jésus ont reçu son enseignement. Ils ont pu constater son autorité sur les esprits impurs et sur les éléments de la nature, son pouvoir de guérison. Ainsi armés, il les envoie à leur tour en mission pour agir selon sa parole et son exemple.

Mais sans langue de bois, Jésus leur annonce les persécutions qui les attendent. Il n’est pas venu apporter la paix dans les familles et dans les peuples, car la vérité dérange l’ordre établi ; elle oppose ceux qui l’aiment et la reçoivent et ceux qui la repoussent et la haïssent.

Dans les conseils qu’il donne à ses disciples Jésus conjugue donc un réalisme rigoureux et une  confiance sans limites.

Il nous faut avoir la ruse du serpent et la candeur de la colombe, la lucidité du sage devant les turpitudes humaines en même temps que la foi de l’enfant envers ceux qui lui ont donné la vie.

Pas facile d’être chrétien ?
Non si l’on songe à tous les chrétiens persécutés en ce monde, et en particulier à nos frères et sœurs de l’Eglise copte en Egypte.

Seuls le témoignage, la prière commune, la méditation personnelle peuvent entretenir notre courage et notre assurance. Comme Jésus, il nous faut rester à tu et à toi avec Dieu notre Père qui nous nourrit, nous sauve des menaces du néant et nous accorde la vie en éternité. Alors nous apprendrons peut-être à parler sans peur, nous aussi !

 

 

Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour tous les égyptiens à travers cette prière de Clément d’Alexandrie (v.150-v.215), Père de l’Église, Premier Lettré grec chrétien qui chercha à harmoniser la pensée grecque et le christianisme.

Sois propice, ô divin Pédagogue, à Tes petits enfants,

Ô Père, guide d’Israël, Père et Fils tout à la fois, Seigneur.

Donne-nous qu’en suivant Tes préceptes, nous atteignions la ressemblance de l’Image,

Et que, selon nos forces, nous éprouvions la Bonté de Dieu, et non point la vindicte du Juge.

Accorde-nous de vivre tous dans ta paix,

De passer en Ta cité,
De traverser avec calme les eaux du péché, paisiblement portés par le Saint-Esprit, ta Sagesse ineffable.

Donne-nous de Te chanter un cantique d’action de grâces, nuit et jour, et jusqu’au dernier jour.

Reçois notre louange, ô seul Père et Fils, ô Fils et Père, Fils, notre Pédagogue et Maître, avec le Saint-Esprit.

Tout est à l’Unique, en qui tout est, par qui tout est un, par qui est l’éternité,
Dont nous sommes tous membres.
A Lui la gloire dans les siècles !

Tout est au Dieu bon, tout au Dieu beau, tout au Dieu sage, tout au Dieu juste.
A Lui la gloire et maintenant et dans les siècles des siècles ! Amen. »

Saint Clément d’Alexandrie (v.150-v.215)

 




Rencontre avec le pasteur Song

Ce pasteur, appelé à la paroisse Emmanuel, est arrivé le 28 mai en Europe dans le but de renouer les rapports avec la Fédération protestante de France et négocier un certain nombre de partenariats avec le Défap, « un parrain de cœur pour l’EPC » comme aime le dire le pasteur SONG. Il en a profité également pour rencontrer les secrétaires exécutifs et le secrétaire général de la Cevaa, afin de promouvoir la candidature de l’EPC au sein de la communauté. Il a été reçu par le secrétaire général du conseil œcuménique des Eglises à Genève, François Clavairoly, président de la Fédération protestante, par le président du département missionnaire à Lausanne et le responsable de l’Institut œcuménique (pour une demande de formation à l’attention des pasteurs de EPC).

Avec les communautés de l’EPC en France
Son séjour lui a également permis de rencontrer un grand nombre de communautés de l’EPC implantées en France. L’EPC, Eglise officiellement reconnue au Cameroun et existante de longue date, s’est implantée en Europe dans le but de promouvoir la mission et d’aller vers l’autre pour annoncer l’Evangile. Certaines communautés, agissant en France sous couvert de la loi 1901, se sont émancipées de cette mission et de l’autorité du conseil presbytéral. De nombreuses associations ont vu le jour, portant le nom de l’EPC mais ne répondant pas toujours aux critères de la constitution de l’EPC. Des divergences ont vu le jour allant jusqu’à la coupure entre certaines communautés et l’Eglise, voir même la naissance de regroupement sans lien avec des paroisses, laissant les communautés sans attaches aucune avec l’EPC.
La visite du pasteur fut ainsi l’occasion de rencontrer une grande partie de ces communautés pour installer un dialogue serein et constructif et permettre à celles qui s’étaient éloignées de la constitution de retrouver l’exercice de leurs activités dans un cadre légal.
Il témoigne : « Nous avons reçu un bon accueil et pu expliquer la vision de l’EPC a toutes  ces communautés ».

 

Jean-Emile Vincent SONG lors de son passage au Défap, juin 2017, DR

 

Renforcement des liens
L’EPC est membre depuis plus de 50 ans du Conseil œcuménique des Eglises (COE). Elle fut parmi les premières à rejoindre cette instance. « Il s’agit désormais de rendre plus fécond cette présence, d’échanger et de construire ensemble une relation vivante et pas seulement sur le papier », ajoute le pasteur Jean-Emile Vincent SONG.
En décembre, elle célèbrera ses 60 ans d’autonomie. Le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit, a promis d’assister aux festivités. Le pasteur et directeur de DM-echange et mission, Nicolas Monnier et le pasteur Clavairoly, Président de la FPF envisagent aussi de s’y rendre.

 

Former les pasteurs
Sur le terrain, les communautés de l’EPC ont besoin de travailler davantage en lien avec les autres.  Les Eglises, pour marcher ensemble, ont besoin de théoriciens formés, de personnes sensibilisées aux questions soulevées par la mise en place d’un vrai dialogue.
C’est la raison pour laquelle l’EPC souhaite envoyer des pasteurs en formation œcuménique en Europe. « L’harmonie entre les chrétiens doit s’exprimer au travers de réalisations communes concrètes », c’est là un des buts clairement indiqués par le COE. Mettre à disposition des fonds pour rendre ces formations possibles répond au besoin des Eglises sur place et œuvre à cette volonté de paix entre tous.
La décision a été prise d’envoyer 5 pasteurs par an en formation.
« Nous remercions le Défap pour tout ce qu’il fait actuellement pour notre église mais surtout pour le soutien qu’il nous apporte à différents niveaux : formation de nos pasteurs, accompagnement auprès de nos universités, projet de réhabilitation de nos centres hospitaliers. Ce qui m’ a particulièrement touché », conclue le pasteur, « c’est l’accueil qui partout nous a été offert lors de notre séjour. Nous avons été sans soucis et tous nous ont ouvert leurs portes dans la fraternité. Merci à Jean-Luc Blanc, et Pascale Audo pour leur grande disponibilité ».




Se donner corps et âme !

« Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Le pain que je donnerai, c’est ma chair ; je la donne afin que le monde vive. »
Là-dessus, les Juifs discutaient vivement entre eux : « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » demandaient-ils.

Jésus leur dit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. 
Celui qui mange ma chair et boit mon sang possède la vie éternelle et je le relèverai de la mort au dernier jour. Car ma chair est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure uni à moi et moi à lui.  Le Père qui m’a envoyé est vivant et je vis par lui ; de même, celui qui me mange vivra par moi.
Voici donc le pain qui est descendu du ciel. Il n’est pas comme celui qu’ont mangé vos ancêtres, qui sont morts. Mais celui qui mange ce pain vivra pour toujours. »

Jean 6,51-58

              


 Léonard de Vinci

 

Considéré comme l’évangile spirituel, l’évangile de Jean est en même temps le plus charnel. Au point de pouvoir choquer, non seulement les contemporains de Jésus, mais également les nôtres. En toutes lettres Jésus offre son corps à manger et son sang à boire !

Décréter qu’il faut comprendre symboliquement de telles paroles nous évite certes l’anthropophagie, mais nous renvoie pourtant à la force de leur sens littéral.

Etre femme peut aider à ressentir physiquement et spirituellement le sérieux de l’offrande de Jésus. Une femme enceinte nourrit le petit être qu’elle abrite de sa propre substance. Quand elle l’aura mis au monde elle l’abreuvera de son lait.

Et que dire de la suite ? La vie parentale -et non seulement maternelle, requiert l’engagement de toutes les forces vives de l’être, corps et âme confondus. Ne dit-on pas communément, pour s’en plaindre avec l’humour de l’affection, qu’on se fait « manger » par ses enfants ?

Ce n’est pas pour rien que la métaphore paternelle a été utilisée dans l’univers biblique pour exprimer la tendresse et la préoccupation divines à l’égard des humains et de la création tout entière.

Jésus d’ailleurs a été sensible à cette image de la grossesse et de l’enfantement qu’il a lui-même utilisée dans un autre chapitre de l’évangile de Jean. (Jean 14)

Quand il s’agit de donner Vie à l’autre, au prochain, à ceux qu’on aime, comment ne pas donner sa Vie ? Jusqu’à en mourir pour porter du fruit à l’infini ! 

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Togo et pour tous les Togolais

avec cette prière de l’Eglise catholique du Togo.


Dieu de nos Pères et Seigneur de tendresse,
Toi le Maître de l’histoire,
Toi qui tiens en Tes Mains le cœur des hommes
Et garantis les droits des peuples,
Tu sais que pour la naissance de notre nation,
Tout notre peuple a crié vers Toi.

N’abandonne pas l’ouvrage de Tes Mains.
Le Togo s’était alors consacré au Cœur de Ton Fils, pour toujours.
Prends soin de Ta vigne,
Prends soin de Ton domaine.

Remplis-nous de Ton Esprit pour que tous les fils de notre cher pays,
De l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud,
Se reconnaissent vraiment frères et sœurs,
Et qu’ils deviennent capables d’Amour au lieu de la haine,
D’union au lieu de la division.

Seigneur, aide-nous par Ta grâce à faire place dans nos cœurs
A la Justice et à la Paix
Au lieu de l’injustice et de la violence,
Au Pardon,
Au lieu du désir de vengeance.

Que partout sur notre terre s’affermissent la sécurité et la paix ;
Et qu’ainsi dans notre pays les ennemis se réconcilient,
Les adversaires se tendent la main,
Les groupes et les familles qui s’opposaient
Acceptent de faire route ensemble,
Et que l’Amour triomphe de la haine.

Que tout malheur soit écarté de nous,
Et que tous les Togolais, rassemblés,
S’unissent enfin pour œuvrer généreusement
A la construction de la Cité terrestre
Dans sa marche vers la Cité Céleste.
AMEN.

 

DR

 




Des jeunes pasteurs du Sud ont besoin de vous

« Leurs dossiers ont été sélectionnés par leur Église d’envoi. Ces candidats prometteurs sont appelés à devenir des pasteurs en responsabilité. Certains de ces profils, notamment des chrétiens peuls, sont très intéressants, mais les Églises qui les soutiennent dans leur démarche n’ont pas les moyens suffisants pour financer leur formation » témoigne Bernard Coyault, directeur d’Al Mowafaqa.

Aidons-les à poursuivre leur formation en apportant une contribution financière ou en relayant cette demande auprès d’institutions, d’Églises, de groupes d’amis…Aider ces jeunes candidats pasteurs, c’est aider le témoignage de leur Église. Dans les pays mentionnés (hormis le Bénin) il n’y a aucune faculté de théologie protestante ou évangélique de niveau universitaire, et la formation pastorale est souvent sommaire. Les tendances fondamentalistes y sont dominantes et exacerbées encore par les conflits interreligieux locaux : ceux-ci engendrent méfiance, préjugés, peurs, violence, compétition religieuse, etc.

Certains d’entre eux n’ont besoin d’un soutien que pour une année (8000 €) et seront pris en charge ensuite. D’autres, un soutien sur 3 ans (6800 €/an). Vous pouvez consulter ici le tableau des budgets des bourses d’étude et le profil des candidats retenus.

 

Bernard Coyault et la promotion 2017 du certificat Al Mowafaqa – DR

 

Une formation comme celle que dispense l’institut Al Mowafaqa permet à ceux qui en bénéficient d’introduire à leur retour d’autres approches dans leur Église d’origine, et ces personnes deviennent à leur tour des têtes de réseaux en matière de formation.

« Je connais des pasteurs sur le terrain qui assurent des séminaires de formation de plusieurs jours regroupant jusqu’à 300 ou même 500 évangélistes eux-mêmes responsables d’églises locales en zone rurale. L’impact est démultiplié… » poursuit Bernard Coyault. « Et investir dans la formation d’un de ces leaders, c’est influer sur la formation du peuple de l’Eglise, et indirectement, participer à des évolutions sociétales où les religions cessent d’être la cause des tensions et problèmes mais participent plutôt au progrès de la société et du vivre ensemble. Ce sont des enjeux vitaux. Ces régions d’où viennent ces étudiants qui nous sollicitent sont traversées par des extrémismes violents (dont les chrétiens sont souvent les victimes, mais parfois aussi – par leurs discours radicaux – des facteurs aggravants).

Votre soutien permettrait à deux, trois, peut être même tous ces candidats d’entamer leurs études à Al Mowafaqa dans un mois ! L’effet sera immédiat !

Un grand merci pour l’attention que vous porterez à cet appel.

 

N’hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire concernant ces candidatures (CV détaillé, lettres de recommandation, etc.).

Pour faire un don (en précisant « Bourses étudiants Afrique de l’Ouest » :
– Si vous résidez en France, vous pouvez adresser votre don à l’association des Amis d’Al Mowafaqa (don déductible des impôts – reçu fiscal) par chèque à l’ordre de « Amis d’Al Mowafaqa » à envoyer chez Morgane Bernet : 42 rue Villeneuve, 92110 Clichy, France ou par virement bancaire (le RIB de l’Association des Amis France est en téléchargement ici)
– Si vous êtes dans un autre pays, virement international sur notre compte bancaire au Maroc (téléchargez notre RIB  ici)

 

 

 

 




Sur la route des esclaves

« La place aux enchères »
A Ouidah, la chaleur peut parfois être écrasante. La découverte de la route des esclaves débute sur la place centrale, la Place aux enchères, où les esclaves étaient rassemblés et marqués au fer afin d’y être vendus. Le silence s’installe progressivement parmi les visiteurs, laissant pour certains leur imagination entendre le bruit des hommes et des chaînes.

Le « commerce » se faisait alors sous le contrôle d’un grand dignitaire de l’État, le yovogan, littéralement chef des Blancs, qui constituait l’interface commerciale entre les négriers européens et l’état négrier d’Abomey. Dans ce royaume relativement centralisé mis en place par le roi Agadja d’Agbomin (1708-1740), la traite négrière fut érigée en monopole royal par le roi Kpengla (1774-1789) et alimentée par de périodiques razzias aux marges du royaume.

Les esclaves parcouraient les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage, et du départ vers leur nouveau-monde, enchaînés les uns aux autres. Cette route, désormais jalonnée de statues présentant symboliquement les différents rois, nous raconte l’inimaginable. Elle questionne : comment penser la différence et la vie ? Le semblable et le dissemblable ?

Les vestiges de l’organisation
Ouidah constitue l’un des principaux ports d’exportation d’esclaves, plusieurs pays européens étaient organisés sur place, disposant de forts spécifiques : français, anglais, danois, hollandais et portugais. Seul existe encore ce dernier, désormais ouvert au public sous forme de musée.

 

Ouidah, avril 2017, DR

Arbre de l’oubli, présent sur le site de Ouidah, DR

 

La mort par étapes
Puis, vient la route de « l’Arbre de l’oubli », ainsi nommée du fait d’un rituel au cours duquel les esclaves tournaient autour d’un arbre pour oublier leurs origines et garantir leur servilité. L’Arbre du retour, planté par le roi du Dahomey et garantissant le retour des âmes des captifs après leur mort. Et enfin le Mémorial du souvenir, érigée sur la fosse commune des captifs morts avant la déportation. Un moment de recueillement, comme pour accueillir ensemble ces pensées que nous portons vers ceux qui ont souffert ici.
Quitter sa terre et laisser son âme
Erigée au niveau de symbole mondial de l’arrachement des captifs africains à leur terre, et de leur déportement vers les colonies d’outre-mer, Ouidah a bénéficié du soutien de l’UNESCO pour la création en 1995 de la « Porte du non retour ». Un monument imposant faisant désormais figure de lieu de mémoire primordial.

 


« Porte du non retour » à Ouidah, DR

 

Ouidah, lieu de mémoire collective, lieu d’une blessure intime mais aussi haut lieu du vaudou. La visite s’achève par le temple du python, un animal sacré dont le culte se pratique assidûment.

 

Exemplaire de « certificats de liberté » *, DR

* Ces documents administratifs émis au Sénégal, alors colonie française, datent de la fin du XIXème siècle. Ils servaient à officialiser le rachat de liberté. L’esclavage était pourtant aboli depuis 1848, mais si la traite transatlantique avait cessé, nombre de personnes demeuraient encore en servitude en 1882, date de son certificat.

 

 

 

Extrait d’un article publié sur le site de la Cevaa, dans le cadre de son Conseil exécutif au Bénin

 




Dieu a besoin de l’Homme

Moïse tailla deux tablettes de pierre, semblables aux précédentes. Tôt le lendemain matin, il monta sur le Sinaï, conformément à l’ordre du Seigneur ; il emportait les deux tablettes.
Le Seigneur descendit dans la colonne de fumée et se tint là, à côté de Moïse. Il proclama son nom : « Le Seigneur ». Puis il passa devant Moïse en proclamant encore : « Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté. Je manifeste ma bonté envers les hommes jusqu’à mille générations, en supportant les péchés, les désobéissances et les fautes ; mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, j’interviens contre celui qui a péché, contre ses enfants et ses descendants jusqu’à la troisième ou la quatrième génération. »
En toute hâte, Moïse se jeta à terre pour adorer le Seigneur, puis il s’écria : « Seigneur, puisque tu m’accordes ta faveur, je t’en supplie, viens nous accompagner. Je sais bien que ces gens sont rebelles, mais pardonne nos péchés et nos fautes, et considère-nous comme ton peuple. »

Exode 34,4-9

 

Source : Pixabay 

 

Il existe dans la tradition juive un enseignement racontant qu’Abraham, après l’histoire de Sodome, alla plaider la cause des humains devant le Saint béni soit-il :

Maître du monde lui dit-il, si tu exerces ta justice de manière stricte, la création ne pourra pas subsister, le monde retournera au chaos, comme au temps du déluge. Il faut donc que tu exerces aussi ta miséricorde afin que le monde vive.

Alors Dieu accepta d’exercer aussi sa miséricorde.

C’est ce qu’il fit également quand Moïse plaida la cause de son peuple après l’épisode du veau d’or.  Les coupables furent punis mais le peuple fut épargné.

Alors pourquoi Dieu ferait – il retomber la faute des pères sur les descendants jusqu’à la troisième ou quatrième génération ?

La question de la punition collective et de la punition intergénérationnelle est éclairée aujourd’hui par les apports de l’anthropologie et de la psychanalyse. Ce n’est pas Dieu qui punit l’innocent, ce sont les hommes eux-mêmes qui s’infligent et se transmettent des maux terribles. De fait le mal commis et le mal souffert par une génération a des répercussions sur plusieurs autres générations. Et il arrive que des criminels plongent toute une société dans le malheur. 

Dieu veut la vie et non la mort !  A nous de nous monter responsables, vis-à-vis de nos contemporains comme vis-à-vis de nos descendants. En nous confiant à Dieu, en obéissant à sa Parole, en agissant en faveur de la création et de toutes les créatures nous participerons au grand chœur de tous ceux qui défendent la vie, pour la plus grande joie du Père, du Fils, et de l’Esprit de sainteté.

 

 

Nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud et pour tout le peuple de ce pays, à travers cette méditation de Nelson Mandela. (1918-2013)

Notre peur la plus profonde, c’est notre lumière
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est au-dedans de nous. Elle est en chacun.
Notre peur la plus profonde n’est pas d’être incapable.
Notre peur la plus profonde est d’être puissant au-delà de toute mesure.
C’est notre lumière, pas notre ombre, qui nous effraie le plus.

Nous nous demandons :
Qui suis-je, pour être brillant, magnifique, talentueux et fabuleux ?
En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?
Vous êtes un enfant de Dieu.
Jouer petit ne rend pas service au monde.

Il n’y a rien de sage à vous rétrécir de telle sorte que les autres ne se sentent pas en danger à cause de vous.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est au-dedans de nous.
Elle est en chacun.

En laissant notre lumière briller, nous donnons incidemment aux autres la permission d’en faire autant. Lorsque nous sommes libérés de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.
Nelson Mandela (1994)

 

Source : Pixabay

 

 




Pentecôte : l’Esprit de Dieu fait pétiller nos vies !

C’est pourquoi je tiens à vous l’affirmer :

Aucun être guidé par l’Esprit de Dieu ne peut s’écrier : « Maudit soit Jésus ! », et personne ne peut déclarer : « Jésus est le Seigneur ! », s’il n’est pas guidé par le Saint-Esprit.

Il y a diverses sortes de dons spirituels, mais c’est le même Esprit qui les accorde.  Il y a diverses façons de servir, mais c’est le même Seigneur que l’on sert. Il y a diverses activités, mais c’est le même Dieu qui les produit toutes en tous. En chacun l’Esprit Saint se manifeste par un don pour le bien de tous. L’Esprit donne à l’un de parler selon la sagesse, et à un autre le même Esprit donne de parler selon la connaissance. Ce seul et même Esprit donne à l’un une foi exceptionnelle et à un autre le pouvoir de guérir les malades. L’Esprit accorde à l’un de pouvoir accomplir des miracles, à un autre le don de transmettre des messages reçus de Dieu, à un autre encore la capacité de distinguer les faux esprits du véritable Esprit. A l’un il donne la possibilité de parler en des langues inconnues et à un autre la possibilité d’interpréter ces langues. C’est le seul et même Esprit qui produit tout cela ; il accorde à chacun un don différent, comme il le veut.

Eh bien, le Christ est semblable à un corps qui se compose de plusieurs parties. Toutes ses parties, bien que nombreuses, forment un seul corps. Et nous tous, Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps par le même Esprit Saint et nous avons tous eu à boire de ce seul Esprit. 1 Corinthiens 12,3-13

 


Source : Pixabay


L’Esprit de Dieu est sa respiration, créatrice de vie, inspiratrice de vérité et d’amour.
Ce souffle ne connaît nulle barrière ; Il passe où il veut et quand il veut – sauf à rencontrer des cœurs hermétiquement fermés qui préfèrent le pouvoir et la domination à l’amour.
L’Esprit de Dieu nous atteste sa présence agissante en Jésus-Christ !
L’Esprit ne concerne pas seulement la religion, les églises …
Son champ d’action est l’univers, son ambition l’histoire du monde, depuis ce temps où  « au commencement, quand Dieu créa le ciel et la terre, l’Esprit planait sur les eaux. »
A l’heure de la mondialisation, alors que notre terre est devenue un village, la compréhension de l’œuvre de l’Esprit est primordiale. 
L’Esprit invite l’humanité à l’unité, mais il ne vise pas l’uniformité.
L’Esprit est Puissance de vie et chaque jour il doit défier les toutes-puissances mortifères.
L’Esprit est Sagesse mais il jubile des désirs, des enthousiasmes, des joies ressentis par les humains. Il féconde leur intelligence, dans toutes les cultures.
L’Esprit s’enchante de tout ce qui est bonté et beauté ! L’Esprit aime la simplicité de vie.
L’Esprit nous invite à reconnaître, aimer, encourager, conjuguer, nos talents, nos espoirs, nos projets. L’Esprit nous aide à vivre et nous fait vivre. Il assèche nos larmes, il purifie nos rires.
L’Esprit donne sens, joie, largeur et longueur, hauteur et profondeur à nos regards sur le Royaume qui vient !

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien avec ces mots du Pasteur Michel Wagner :

 

Merci, Seigneur, pour tous ces autres qui peuplent la terre avec moi.
Pour ces prochains et ces lointains sans qui je ne serais qu’un Robinson prisonnier de son orgueil solitaire.


Merci pour tout ce qui nous est commun, au long des siècles et des continents, tissant la longue tapisserie de l’humanité.
Merci aussi pour tout ce qui nous fait différents et dont les couleurs font chanter le tissu de la vie.
Donne-moi d’accueillir la richesse de ces diversités et d’y saisir la dimension de ton amour.


Pour ceux qui me sont les plus proches, familles, amis, voisins, camarades, collègues, qui cheminent à mes côtés au long des jours, m’apportant chaleur, réconfort ou souci…                      
Pour eux tous je veux te dire merci !

Te dire aussi merci tout simplement pour la vie qui continue.
Parce que le monde n’a pas commencé ni ne se terminera avec moi.

Ouvre mes yeux quand je m’enferme ou m’isole.
Envoie-moi des compagnons fraternels quand je déprime ou désespère.

Donne-moi d’être ce petit chaînon joyeux de la grande caravane humaine en marche vers cet avenir que ton fils nous a dépeint aux couleurs de l’espérance.

 


Source : Pixabay

 

 

 




La plateforme Haïti face aux dégâts de l’ouragan Matthew

La plateforme Haïti met en lien tous les acteurs du protestantisme français qui ont des projets et des partenariats dans ce pays. La délégation Défap / FPF, qui s’est rendue sur place début mai lors de la 31ème Assemblée Générale de la FPH, a rendu compte de sa visite. Ceci a permis de travailler sur la suite du partenariat en Haïti. Lors de cette visite, le président de la FPF a annoncé à la direction de la FEPH la contribution du protestantisme français au projet de réhabilitation des écoles dans la région du grand Sud. Celui-ci s’ajoute à d’autres interventions menées par les associations humanitaires ADRA, SEL et MEDAIR.

Lire l’article consacré à cette rencontre

Lors de la visite de la délégation, Laura Casorio, la chargée du DEFAP des relations avec Haïti, s’est rendue, avec le directeur de la FEPH (Fédération des écoles protestantes en Haïti) le Dr Christon St Fort, sur les lieux touchés par l’ouragan Matthew en octobre dernier.

Situation en Haïti
Aujourd’hui, le constat dans la région du Grand Sud est désastreux. Seulement au niveau scolaire, et au-delà de toutes les infrastructures publiques et dégâts des bâtiments, 900 écoles dont été détruites ( dont environ 200 liées au réseau de la FEPH). Si la FEPH en a réhabilité une dizaine, les besoins restent encore énormes.


Les routes et les infrastructures nécessitent toujours
des interventions de reconstruction

 

Les cours ont repris dans plusieurs écoles, même si la réhabilitation est parfois encore précaire, mais la valeur psychologique de la reprise des activités est très importante pour les enfants, les enseignants et leur famille pour encourager vers un retour à la normalité.

Au niveau national, la FEPH coordonne 3000 écoles. Ses membres ont la responsabilité d’améliorer la qualité de l’enseignement, en organisant notamment des formations, le planning de formation étant de 4 formations annuelles. Malgré les dommages de l’ouragan, la FEPH a réussi à maintenir dans cette région les 3 séances de formation, une seule séance a été annulée. Malgré toutes les difficultés, les activités de formation des enseignants ont continué. C’est encourageant pour la FEPH.

 

Salle de classe d’une école réhabilitée dans le Grand Sud, 2017, DR

 


Etablissement réhabilité. La toiture légère répond aux normes de sécurité,
les salles de classes bénéficient d’un éclairage naturel.

 

Le Défap en Haïti
Lors de sa récente mission, Laura Casorio est restée sur place pour une visite sur le terrain, dans la région du Grand Sud avec la FEPH. Elle a alors rencontré les comités régionaux de la FEPH à Jérémie et Les Cayes, ainsi que leurs référents locaux.

En Haïti, Laura Casorio et le directeur de la FEPH ont également rencontré le directeur départemental de l’éducation de Jérémie qui a reconnu la valeur de travail de la FEPH. Il demande aujourd’hui l’aide et le soutien des associations partenaires car l’Etat haïtien n’a pas les moyens suffisants pour travailler.

L’engagement pour Haïti se poursuit. Plusieurs animations missionnaires ont eu lieu le weekend de l’ascension lors des journées missionnaires, comme par exemple à Nilvange, avec les interventions de Sylvain Cuzent et Robert Louinor, boursier haïtien du Défap qui vient de terminer son master en théologie à l’IPT, ou encore en Alsace, à Furdenheim Handshuheim, avec les interventions de Laura Casorio et du pasteur Pascal Hickel.

Ces rencontres permettent de témoigner sur les réalités des églises sœurs à l’étranger, tisser des liens de fraternité ainsi que de donner plus de renseignements sur les activités de solidarité soutenues par le Défap grâce aux dons reçus, que ce soit directement au Service protestant de Mission ou par le biais de la Fondation du protestantisme.
 




A l’impossible, nul n’est tenu

Il est probable que Célin Nzambé, ancien envoyé de la Cevaa et toujours collaborateur du Défap, ignore cette formule. Le projet monumental auquel il s’est attelé ne semble pas l’effrayer une seconde. Médecin et pasteur, il nous a accueillis lors de son passage en France fin mai pour un entretien passionnant.

C’est le fruit de la collaboration de plusieurs paroisses de France (La Rochelle, Villeneuve Saint Georges et Valence). Son but : réhabiliter au Cameroun une quinzaine d’hôpitaux abandonnés depuis plus de 10 ans pour certains. Personnel individualiste, patients méfiants, hiérarchie corrompue…tout est à reconstruire. C’est avec l’œil brillant et le sourire facile qu’il raconte simplement cette épopée, celle d’un témoin de Jésus Christ.

« Mon premier projet de réhabilitation d’hôpital a été pour l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun (UEBC). Le cas est fréquent. Les hôpitaux laissés par les missionnaires ont souvent été considérés comme un tiroir-caisse où il était légitime que chacun se serve. Je suis désormais en poste dans l’EPC où m’a été confié la réhabilitation d’hôpitaux appartenant à l’Eglise.

Nous partons d’un constat : nous héritons de très beaux bâtiments construit entre 1920 et 1935, des quartiers entiers qui peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes, avec parfois 10 places en blocs opératoires. Mais il n’y a plus de patient et le personnel, impayé depuis des années, s’est approprié les lieux en famille.

A la base, il y a toujours un problème de gestion. Mais j’ai développé une méthode qui a fait ses preuves : je m’installe avec les gens. En habitant avec eux et en partageant leur quotidien, je me fais petit à petit une place.  Je soigne gratuitement tous ceux qui ont en besoin et communique auprès des vendeuses de poissons, des motos taxi et des coiffeuses qui, en contact avec le reste de la population, diffusent facilement l’information : à l’hôpital, on peut à nouveau se faire soigner.

Dès le 3ème mois, les malades reviennent. On peut ainsi payer 30 à 40% des salaires du personnel. Certains n’ont pas été payés depuis 10 ans ! Il faut environ un an pour que tous les villages aux alentours aient l’information. Mon but, c’est de redonner confiance. Redonner confiance aux patients mais surtout aux personnels hospitaliers. Et leur donner envie à nouveau de faire de la médecine.
Dès la deuxième année, on rééquipe l’hôpital et restaure le matériel. »

 

La difficulté des premiers mois

« C’est vrai que le premier trimestre est très dur : pas de salaire, des conditions de travail épouvantables, une grande amplitude de tâches…Il faut être à la fois urgentiste, radiologue, chirurgien, gynécologue, laborantin, directeur, trésorier, RH… et tout apprendre pour ne pas se faire avoir par la hiérarchie qui considère toujours l’hôpital comme une manne inépuisable.

Bien-sûr, j’adapte mes méthodes à chaque établissement. Et je réalise avec le personnel des livrets de formations pour atteindre les objectifs que nous formulons ensemble, 12 au total : améliorer l’accueil, la motivation, la gestion et les soins… Ce sont eux qui décident comment le faire. Chaque semaine, nous choisissons un axe de travail.

Toutes les décisions sont collectives et doivent être approuvées par le comité de gestion. Cela évite les demandes illégitimes car personne n’a envie d’être associé à haute voix et devant témoins à ces pratiques. Le comité est constitué du conseil, de deux délégués du personnel, d’un représentant du village et du pasteur. »

La moyenne d’âge du personnel actuel est de 50 ans. Certaines compétences seront difficiles à remplacer après les départs en retraite.

 

Panser aujourd’hui et penser demain

« L’objectif, c’est aussi de repérer rapidement ceux et celles qui prendront ma suite. Pour cela, l’épreuve des premiers mois est fort utile : ceux et celles qui acceptent de s’investir dans le projet sans attente financière prouvent ainsi la force de leur implication. Ils sont le plus souvent jeunes, dotés d’une petite expérience médicale et habités d’une forte volonté d’apporter aux autres un peu de ce qu’ils sont. Le sacrifice du début, à mes côtés, est une sorte d’épreuve du feu. Ils vivent cette expérience comme une aventure. Je pense tout particulièrement à Angela Boumsong qui opère désormais seule les patients, avec une belle réussite.

Le recrutement se fait petit à petit. Il y a actuellement 6 jeunes infirmières et 1 kinésithérapeute en stage dans les établissements. Des jeunes volontaires en service international (VSCI) permettent aussi de faire changer les comportements professionnels. Encore une fois, c’est le comité de gestion qui approuve le recrutement, évitant ainsi tout parachutage « amical » mais souvent incompétent. Aujourd’hui, 3 médecins sont à l’œuvre dans les 4 premiers hôpitaux du programme de réhabilitation et leurs salaires sont assurés, garantissant ainsi la pérennité des établissements.

Bien gérées, ces structures nous permettent d’augmenter petit à petit le niveau de vie du personnel, de donner des primes et de rendre le vol auparavant monnaie courante plus rare.
Nous participons aussi à la vie de la cité, en finançant des projets pour les groupes de femmes ou les écoles environnantes. »

 


Poste d’échographie à l’hôpital de Sarbayeme, DR


Madame Sara Moutassi, infirmière chef, DR

 

De la mort à la vie

« Réparer les corps, réconcilier les familles, donner la vie sans la perdre…voilà ce qui m’anime. Je me sens plus pasteur que médecin, c’est vrai. Mais j’ai d’autres projets encore. Le rêve de fonder une mutuelle de santé qui servirait de modèle pour tous les autres hôpitaux de l’EPC.  Avec un objectif : soigner avec un coût à hauteur de 20 % les malades, le reste étant à la charge de la mutuelle, et permettre ainsi aux plus pauvres un accès aux soins. Les calculs sont faits, deux consistoires sont intéressés et plus de 44 églises soutiennent déjà le projet.

Je ne cherche pas à changer le Monde, je suis simplement un témoin, une petite lumière dans les ténèbres qui entourent parfois l’action humaine. Grâce à Dieu, je peux être ici, là où l’on a besoin de moi. Je peux agir, à ma mesure certes, et même si je n’avais pu sauver qu’une seule vie, ne former qu’un seul médecin, cela me suffirait déjà. Je ne cherche pas à gagner la guerre mais à placer quelques lumières qui peut être, donneront naissance à leur tour à d’autres lumières. »


Madame Bien Suzanne, laborantine, DR


Ordre de passage des médecins et infirmiers chefs, DR




« Dans l’amour ! Dans l’amour seulement ! »

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux vers le ciel et dit :

« Père, l’heure est venue. Manifeste la gloire de ton Fils, afin que le Fils manifeste aussi ta gloire. Tu lui as donné le pouvoir sur tous les êtres humains, pour qu’il donne la vie éternelle à ceux que tu lui as confiés.

La vie éternelle consiste à te connaître, toi le seul véritable Dieu, et à connaître Jésus-Christ, que tu as envoyé.

J’ai manifesté ta gloire sur la terre ; j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donné à faire. Maintenant donc, Père, accorde-m’en ta présence la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.

Je t’ai fait connaître à ceux que tu as pris dans le monde pour me les confier. Ils t’appartenaient, tu me les as confiés, et ils ont obéi à ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’as données et ils les ont accueillies. Ils ont reconnu que je suis vraiment venu de toi et ils ont cru que tu m’as envoyé.

« Je te prie pour eux. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as confiés, car ils t’appartiennent. Tout ce que j’ai est à toi et tout ce que tu as est à moi et ma gloire se manifeste en eux.
Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; moi je vais à toi. Père saint, garde-les par ton divin pouvoir, celui que tu m’as accordé, afin qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un. » 

Jean 17 ,1-11

 

  
Tableau d’Augustin Tshipamba-Mputu, peintre congolais (RDC)

 

Ce qui menace fondamentalement l’humanité relève de trois choses : l’idolâtrie, qui conduit au fanatisme et au mépris des êtres humains, la haine qui les divise et les détruit, et la désespérance, qui engendre le nihilisme.

Seul l’amour peut déminer ces dangers.

En nous rendant témoins de sa relation avec son Père, de la prière qu’il lui adresse dans son discours d’adieu, Jésus nous fait comprendre que Dieu n’est Dieu que dans l’amour. Un amour relationnel, anti-idolâtre par essence, car il crée un respect et une tendresse mutuels.

De Dieu nous n’avons à connaître que cet amour. C’est ce qu’il a choisi dès le commencement. Etre amour et se révéler dans l’amour. C’est si précieux, si crucial, que Jésus reste éternellement le Fils afin de nous redire d’âge en âge cette vérité de l’amour.

Seul cet amour peut lutter contre les ravages de la haine et de la division. Nous autres humains, pris dans nos passions, nos désirs, nos rivalités, nos angoisses et nos faiblesses, nous ne pouvons pas nous unir par nous-mêmes, sinon parfois pour de mauvaises raisons, comme la folie de Babel ou la détestation d’un « ennemi » véritable ou fabriqué.

En priant son Père devant nous et pour nous, Jésus nous permet à tous d’entrer dans leur relation, d’en goûter les joies merveilleuses, et de nous y trouver les uns à côté des autres, les uns avec les autres, dans un cercle d’amour, un désir de construction, de partage et de communion fraternelle.

Découvrant alors dans l’amour que la terre et le ciel ne sont pas séparés, nous échappons au troisième danger, celui de la désespérance, car notre mort n’est pas la fin de tout.  Acceptant, à cause de l’amour, de disparaître avec Jésus, comme lui, avec et comme tous ceux qui nous ont précédés dans la mort, nous recevons la promesse, l’avant-goût, la réalité de la vie éternelle, la vie en éternité.

Dans l’amour ! Dans l’amour seulement !

 

 

Prions pour nos envoyés au Congo et tous les Congolais avec cette prière inspirée du Ps 84.

Comme tes cases sont aimées, Seigneur puissant,
Tes cases de bambou, tes cases de papier,
Tes cases de chaume doré
Où tes enfants s’en vont joyeux à la source de l’Eternel,
Le cœur trop grand pour être comblé par l’humain.
Et leur chair se met à chanter devant ta face.

Tous les oiseaux ont un abri pour leurs petits.
La meilleure case pour tes enfants est ta maison, Seigneur,
Car ils peuvent t’y louer sans limite,
Y recevoir la pluie de tes bénédictions,
Se perdre en toi quand tu les nourris de ton pain.
.
Bienheureux l’homme qui se met en route à l’aube
Sur la piste qui mène à ta sainte demeure.
Nous construirons d’autres sentiers par les collines,
Par les vallons qui mènent jusqu’au sanctuaire.

Une heure à ton écoute avec une âme en feu
Redonne à nos esprits l’élan des pèlerins.
Nous restons dans l’attente du ciel à venir
Mais déjà nous sentons le vent de ton amour.
Il nous donne la forte et folle espérance
Voilà ce qu’il nous laisse à tous en héritage

Le cœur de chaque pauvre est aussi une case
Où tu as fait ton nid avec prédilection.
Chaque fois qu’on accueille un d’entre ces petits
Ton visage divin vient à notre rencontre. Amen !
 

Auteur inconnu, « Paroles lointaines, paroles si proches »

 

   
Fresque de Rhode Bath-Schéba Makoumbou
(Peintre/Sculpteuse, née en 1976 au Congo-Brazzaville)

 

 




Camille, envoyée à l’école Kallaline

Camille a 18 ans. Elle est assistante d’éducation à l’école Kallaline de Tunis. Lors de sa session de formation en 2016, c’était la benjamine du groupe. Après avoir passé un bac ES à Colmar, cette alsacienne protestante a choisi de partir 10 mois comme VSCI avec le Défap.

 


Camille avant son départ, au Défap, DR

 

« Il y’a 3 ans j’étais partie en Egype avec le groupe de jeunes de la paroisse de Colmar. On était allés au Caire, à l’orphelinat Fowler. Cela m’a donné envie de m’investir dans un projet de missionnaire et de repartir là-bas. J’ai fini mon bac et je voulais partir avant de commencer des études pour pouvoir apprendre d’une autre culture et apprendre sur moi-même. Je me suis dit plutôt que démarrer maintenant les études, autant partir et me rendre utile. »

La mission Kallaline proposée à Camille lui convient parfaitement. La jeune fille adore les enfants et l’animation. Elle a d’ailleurs passé son BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) durant son adolescence.   « J’adore l’animation, c’est d’ailleurs ça qui m’a attiré dans cette mission à Kallaline, c’est le fait que ce soit avec des enfants ».

Sur place, Camille occupe un poste polyvalent. « Je suis à la fois surveillante, aide-éducatrice, aide en français. L’objectif principal est d’apprendre le français aux élèves ». Elle collabore à nombreux projets au quotidien. A Noël, elle participe à l’animation. « Nous avons monté une pièce de théâtre où les élèves parlaient en français. C’était vraiment super. On se dit qu’une fête chrétienne peut être vécue aussi au sein d’un pays musulman. Les élèves peuvent aussi découvrir le sens de cette fête, c’est remarquable ! C’était très enrichissant pour les enfants et pour nous aussi ». 

La mission de Camille s’achèvera cet été. A quelques mois du retour, la jeune femme dresse déjà un premier bilan très positif. « C’est une expérience tellement enrichissante pour moi. Je grandis, j’acquiers de l’assurance et de la patience. Je garderai toujours l’école Kallaline dans mon cœur ! ».

 

 




Retour à Bangui

C’était à la fois une visite de soutien à l’égard du pasteur Bernard Croissant, envoyé Défap/Cevaa auprès de l’Église du Christ-Roi à Bangui, et une occasion de prendre la mesure de tous les projets en cours : en particulier le programme qui vise à la réhabilitation du CPJ, et celui de l’école de l’Église baptiste du 5ème arrondissement (Sica III) financée par l’UEPAL. De multiples rencontres sont venues s’adjoindre à un emploi du temps déjà chargé.

 

Contexte général

Si ce n’est hélas pas le cas dans les provinces, la sécurité est bel et bien revenue à Bangui, en dépit de quelques problèmes sporadiques. Les patrouilles de police et de gendarmerie sont nombreuses et la Mission des Nations unies pour la sécurisation en Centrafrique (Minusca) est toujours bien visible dans les rues. L’ensemble des déplacés sont rentrés chez eux. Tous les camps, y compris celui qui jouxtait l’aéroport de Mpoko, ont été démantelés.

Le défi d’aujourd’hui, dans la capitale, est non seulement que tout le monde puisse trouver du travail, mais – c’est même une condition indispensable à la bonne marche de l’économie – redonner confiance tant aux Centrafricains qu’aux étrangers, et de favoriser les investissements. Il est également crucial de redonner un élan salvateur à l’éducation, que ce soit celle des écoles et universités, ou celle des centres culturels. D’où l’importance donnée à la réhabilitation du CPJ.

Le Secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, et le pasteur Bernard Croissant, DR

La rénovation du Centre Protestant pour la Jeunesse (CPJ)

L’Église du Christ-Roi, détentrice de la concession foncière, est parvenue à régulariser le permis de construire pour le mur d’enceinte. Grâce à l’implication personnelle de l’architecte, Philippe Makoundji, membre de la paroisse, les petits marchants informels ont pu être déplacés et une palissade de tôle a été mise en place. Elle délimite avec précision le terrain du CPJ et permettra de construire, en toute sécurité, le mur d’enceinte. C’est le Défap qui finance l’ensemble de ces travaux (34 millions de FCFA, soit 50 K€).

À l’intérieur, l’ensemble des bâtiments est en mauvais état. Ils sont pourtant occupés par un complexe scolaire de 1 500 élèves, un cyber café, un centre sanitaire et divers organismes de formation (dont l’un est géré par ATD Quart Monde). La salle de spectacle, ancienne mais dont la charpente est restée en bon état, n’est malheureusement que très peu utilisée, notamment en raison de l’obsolescence des équipements, y compris électriques.

Lors de sa visite, l’équipe du Défap a pu rencontrer successivement Gisèle Pana, ministre de la Culture et de la francophonie, Sylvère Ngarso, ministre de la Promotion de la jeunesse et des sports, et enfin le Premier ministre, Simplice Sarandji. Trois occasions de plaider la cause de cette réhabilitation.

Il faut dire qu’à Bangui, rares sont ceux qui ne sont pas un jour ou l’autre passés par le CPJ. Construit dans un quartier populaire, il a été de tout temps un lieu de rencontre, de formation et de spectacles, et est resté centre de la vie culturelle pendant des décennies. C’est pourquoi le projet rencontre toujours un très bon accueil. Vouloir remettre sur pieds le CPJ, c’est non seulement remettre en état une infrastructure importante, mais c’est aussi participer directement au rétablissement de la paix et de la concorde civile par le biais d’activités essentiellement dédiées à la jeunesse.

Hélas, la remise en état totale est évaluée par l’architecte à 650 millions de FCFA, soit 950 K€. Pour trouver une telle somme, il est important d’inscrire le chantier dans un programme comme par exemple celui signé conjointement par le système des Nations unies et la Centrafrique à Bruxelles en mars dernier et qui vise à promouvoir tout ce qui concerne la jeunesse.

Les autres projets

Depuis bientôt trois ans, le Défap, sous l’égide de la Cevaa, envoie auprès de l’EPCR un/des pasteurs pour des missions temporaires et un. Le Conseil presbytéral de l’Église du Christ-Roi a demandé au Défap de poursuivre l’envoi régulier de pasteurs et du psychologue qui travaille pour la cellule d’écoute, et ce pour une nouvelle période de trois ans.

L’école construite par l’Église baptiste du 5ème arrondissement (Sica III), financée par l’UEPAL, accueille plus de 200 enfants et a besoin d’une nouvelle salle de classe. L’enveloppe 2017 va permettre de la construire.

Salle de classe de l’école de Sica III, DR

Bertrand Vergniol et Valérie Thorin, journaliste au Défap qui l’accompagnait, ont également visité la concession de Béthanie, dont le responsable est le père de Rodolphe Gozegba, boursier du Défap et la station de Morija, membre de l’Église du Christ-Roi. Par ailleurs, ils se sont rendus au centre Linga Tere, dirigé par l’auteur dramatique, metteur en scène et producteur Vincent Mambachaka. Ils ont également rencontré les trois personnalités qui ont fondé la Plateforme confessionnelle : le pasteur Nicolas Guérékoyamé, l’imam Oumar Kobine Layama et le cardinal Dieudonné Nzapalainga.

( de gauche à droite) Le pasteur Bernard Croissant, le cardinal Dieudonné Nzapalainga,

l’imam Oumar Kobine Layama et le pasteur Bertrand Vergniol

Le pasteur Bernard Croissant et Valérie Thorin, en compagnie de deux paysans de la paroisse de Morija