Quelle limite à l’amour ?

Méditation du jeudi 13 juillet 2017. Réunis au Défap pour la formation des envoyés nous prions pour eux et pour les personnes qui se préparent à les accueillir.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Marc 12, 31

 


Source : Pixabay

 

Partageons cette méditation de l’un de nos envoyés, Charlie :


Qu’entendez-vous ? Pour ma part pendant longtemps j’ai entendu « Tu aimeras ton prochain ». Puis un jour, j’ai eu accès à la seconde partie de la phrase : « comme toi même ». Et alors a jailli la nouveauté : tu aimeras ton prochain avec une limite.

Aimer Dieu sans limite et aimer son prochain avec une limite.
Il y a quelques années, lorsque j’ai commencé ma mission en temps qu’humanitaire, j’ai été confronté à des hommes et des femmes qui se comportaient un peu comme des « fonctionnaires ». Je portais alors sur eux un regard sévère. Puis progressivement avec le temps, mes camarades de mission, repoussant tous leurs limites, se sont épuisés. Un jour, je me suis épuisé à mon tour.

Aujourd’hui lorsque je me remémore ces personnes, je me dis que peut-être leur posture n’était -après tout- pas dénuée de sagesse. Pour ne pas exploser en vol ils vivaient leurs engagements avec une limite.

Tu aimeras ton prochain avec une limite.

Appréciez vous la prévenance tout en délicatesse dont fait preuve notre Seigneur Jésus Christ dans son commandement ?

 

 

Ecoutez une femme qui a fait l’expérience de cette façon d’aimer. Elle s’appelait Myriam. Elle a été la 7e prieure des diaconesses de Reuilly. 
Dans cet enseignement elle nous invite au ressourcement :

Aimer, détendre l’arc !

Dégage-toi dans la mesure même où tu t’engages sans compter.
Prends de la distance dans la mesure même où tu communies fraternellement à autrui.
Le cœur humain même le plus généreux, n’est pas inépuisable.
Dieu seul est illimité.
À exiger sans cesse le maximum de lui-même, l’être profond se dissocie et se perd. La parole alors devient vide Et la prière inquiète.
Pour retrouver un regard libre sur les événements,
Il faut fuir et se tenir, tranquille et rassemblé, devant le Maître de tout. Pars donc vers la source cachée De toute chose.
Quitte tout et tu trouveras tout.
Prends le temps de vivre amicalement avec toi-même.
Respire.
Reprends haleine.
Apprends
Dans le repos du corps et de l’esprit la calme lenteur de toute germination.
Reçois la paix du Christ.
[…] 

Extrait de la Règle de Reuilly.

 


Source : Pixabay

 

 




Être envoyé ou comment rencontrer l’Autre ?

Thomas Wild, pasteur de l’UEPAL et directeur de l’Action Chrétienne en Orient, intervient dans le cadre de la formation des envoyés du Défap, du 3 au 13 juillet 2017. Il anime un atelier sur le volet interreligieux et notamment la présence chrétienne en terre d’Islam.

En quoi ce volet de la formation est indispensable au futur envoyé ?
Depuis la révolution communiste, on s’est rendu compte que la religion jouait un rôle dans la vie quotidienne et que faire l’impasse sur ce sujet, comme le prétend la laïcité à la française, était impossible. Travailler avec des instances chrétiennes dans un pays musulman implique que l’on soit sensibilisé à la manière dont cette présence est perçue par les habitants du pays.
Cela s’exprime concrètement à plusieurs niveaux, dans la relation au bâtiment religieux par exemple, ou encore dans la relation homme-femme. De même, alors que l’attitude courante en France et en Europe est d’être dans la bienveillance vis-à-vis des religions, une telle attitude de neutralité positive est souvent peu compréhensible dans d’autres contextes. Nous sommes dans une famille religieuse qui par principe accueille la croyance autre car pour nous, si Jésus est la seule voie du Salut, nous ne mettons pas de limite à l’amour de Dieu pour les hommes.
Etre chrétien, être d’une religion, ce n’est pas seulement une opinion. C’est plus que cela : un comportement, une attitude éthique, une manière d’interagir avec le monde.

 

Quelle sera la plus grande difficulté que rencontreront nos envoyés ?
Sans hésitation, c’est la position du donneur de leçon, très tentante, qu’il faut combattre encore et toujours. Il faut éviter à tout pris de tomber dans ce travers facile et mettre tout en œuvre pour trouver un équilibre.
Il leur faudra apprendre à discerner ce qu’on peut faire positivement, cela implique une bonne compréhension de ses propres limites, et ce qui est acceptable par ceux qui les  entourent et les accueillent. Etre envoyé, c’est apporter son identité, ses croyances, sa manière d’être mais c’est aussi et surtout se laisser bousculer et admettre que l’occident n’a pas le monopole du développement.  Nous ne sommes pas propriétaire de la justesse des choses. Les envoyés devront admettre que nous avons aussi des leçons à recevoir : notre conception de la dignité humaine n’est pas partagée partout mais cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas aussi là-bas, sous d’autres formes.

En fin de compte, de quoi sont porteurs ces envoyés ?
Peut-être que ce qui compte, c’est autant ce qu’ils apportent que ce qu’ils reçoivent.
Leurs présences, là-bas, dit notre volonté de vivre en paix, d’être acteur de la réconciliation. C’est un message d’amitié adressé aux peuples chrétiens du monde entier.
Et les envoyés reçoivent là-bas un formidable témoignage de la chaleur de l’accueil chrétien, un message d’espérance.
Lorsque tout semble aller mal et que nous partageons des moments spirituels, je sais alors que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous désunit.

 

Si nos envoyés ne devaient retenir qu’une chose de votre intervention ?
Toujours se souvenir que ce qui est évident pour moi ne l’est pas pour l’autre. Avant de juger, il faut toujours essayer de comprendre.
Notre histoire, notre lecture de l’histoire, est souvent éloignée de l’histoire telle qu’elle peut être lue par les autres peuples.




Jean-Philippe, prêt pour le Bénin.

Jean-Philippe Lepelletier, futur envoyé, participe à la session des envoyés du Défap dans le cadre d’un envoi pour une formation d’auxiliaire de bibliothèque à l’Université Protestante d’Afrique de l’Ouest (UPAO). Il part pour Porto Novo, au Bénin, dès cet été. Pour nous, il a répondu à quelques questions sur la session de formation à laquelle il participe depuis le 3 juillet 2017.

Que penses-tu de la formation reçue au Défap ?
Je suis très content et satisfait d’avoir suivi la formation. J’ai également pu découvrir le monde de la mission et plus particulièrement du Défap.
Les interventions étaient variées et bien rythmées, avec des anecdotes et un contenu pertinent. C’est très enrichissant et cela permet de se projeter là où on va. J’ai maintenant très envie de partir !

 

Quel est l’atelier que tu as préféré ?
Sans conteste celui sur l’interculturalité, avec Evelyne Engel. C’était à la fois dense et très intéressant. Je l’ai reçu comme une méthode adaptable à de nombreux contextes, et pas seulement celui de mon envoi. Bien sûr, ce sera très utile au Bénin mais pas que. Je compte bien m’en servir aussi dans ma fonction de pasteur, auprès des gens en grande précarité par exemple. Cette formation au Défap, c’est un peu comme une école de vie et c’est ce que je trouve passionnant. J’ai pu porter un autre regard sur moi-même, sur mes faiblesses, mes croyances…mais aussi mes forces.
Cela nous permet de nous mettre vraiment en condition.

 

C’est ton premier départ en Afrique ? Quelles sont tes craintes ?
Physiologiques surtout, avec la fatigue du voyage. Je me demande comment rester agréable avec les autres malgré cette fatigue ou les mauvaises conditions.
J’ai aussi un peu peur de faire des faux pas culturels mais j’ai confiance car les équipes sur place sont bienveillantes.  Et puis, nous sommes bien préparés ici.

 

Pourquoi souhaitais-tu partir ?
Dans le cadre de ma formation de pasteur, il faut forcément un stage de spécialisation, si possible où l’on découvre quelque chose qu’on ne connaît pas. Moi, j’ai voulu travailler dans la mission, et celle de la CLCF (Centrale de littérature chrétienne francophone)* était assez naturelle pour moi car j’ai fréquenté la bibliothèque en tant qu’usager et gestionnaire. La partie formation théologique me plaisait aussi. Contribuer à la formation dans une petite structure, je trouve cela très intéressant.
Je suis déjà en contact avec ma future collègue de formation, sur place. J’apporte simplement un autre regard et quelques éléments matériels mais je suis sûr que l’échange sera riche des deux côtés.
Lorsqu’on m’a proposé de partir au Bénin, en mission, je me suis dit que ce serait un vrai plus dans le cadre de ma formation. Et même si c’est seulement pour deux semaines, je me réjouis beaucoup.

 

Un mot pour la fin ?
Je suis très impatient de partir au Bénin. Je suis content d’avoir pu assister à la formation, les gens étaient très sympas, et à l’écoute. Mais là, maintenant, j’ai surtout très envie d’y être.

 

* Jean-Philippe part dans le cadre du partenariat passé entre le Défap et la Centrale de littérature chrétienne francophone (CLCF). Celui-ci contribue au soutien à la formation théologique et se déploie via l’équipement des bibliothèques en ouvrages théologique.




Soutenir un développement de proximité

Nous avons interviewé Gaël Marteau, intervenant à la session des envoyés du Défap qui a démarré le 3 juillet. Il est également le directeur de la coopérative internationale de finance solidaire, Oikocredit.

Vous participez à la formation des envoyés du Défap, c’est une première ?

Oui, et j’en remercie Laura Casorio qui a pris cette initiative. Nous sommes proches par la vision du monde que nous partageons, proches en tant qu’organisations – le DEFAP est membre de la Société coopérative œcuménique pour le développement Oikocredit, et voisins de bureaux boulevard Arago à Paris. L’idée de confier à Oikocredit le soin d’aborder le soutien au développement dans cette formation à travers la question de la finance solidaire est nouvelle : c’est une perspective intéressante et j’espère que cela apportera aux participants un éclairage utile.

Qu’est-ce que Oikocredit ? 

Oikocredit est une coopérative internationale de finance solidaire, créée suite à une réflexion sur le bon usage de l’argent engagée à la fin des années 1960 au sein du Conseil Œcuménique des Eglises. Notre métier est de lever des fonds dans des pays dits « développés » et de les investir dans des pays « en développement », pour soutenir l’initiative économique des personnes défavorisées, l’agriculture paysanne, le commerce équitable les énergies renouvelables, Bref : œuvrer à travers la finance – il s’agit de placement et pas de don – pour un développement inclusif et durable.

Gaël Marteau dans les locaux du Défap, 2017, DR

 

Que souhaitez-vous transmettre à ces futurs envoyés ?

J’ai envie de témoigner du fait qu’il existe plusieurs façons de contribuer à un monde meilleur et un futur désirable sur notre planète : la mission ou la coopération sont essentielles. L’aide humanitaire peut jouer un autre rôle par exemple en situation de crise. Enfin chacun(e) où qu’il/elle soit peut agir pour remettre l’autre et le collectif au centre de ses pratiques, dans ses relations professionnelles et sociales, par son comportement de consommation, et par la façon dont il gère son argent. Tout cela peut coexister voire converger. Sur le terrain des envoyés pourront être amenés à rencontrer ou coopérer avec des organisations soutenues par Oikocredit et ses partenaires, institutions de microfinance ou autres entreprises sociales.

 

Un mot pour conclure ?

Indépendamment de la présence physique et de l’engagement missionnaire des envoyés, le fait de savoir que d’autres liens durables de solidarité financière ont été tissés, et qu’une partie de ce qui est fait de bon là-bas est financé par de l’argent placé ici paraît plutôt stimulant. J’espère sur ce point notamment pouvoir recueillir une première réaction, et plus tard éventuellement le retour d’expérience des envoyés du Défap.

 


Logo Oikocredit, DR




Le cri du coeur de Jésus !

Méditation du jeudi 6 juillet 2017 – Nous te prions pour les futurs envoyés réunis en ce moment au Défap pour leur session de formation.

En ce temps-là, Jésus s’écria : « O Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te remercie d’avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sages et aux gens instruits. Oui, Père, tu as bien voulu qu’il en soit ainsi.

« Mon Père m’a remis toutes choses. Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut le révéler.

« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. Le joug que je vous invite à prendre est facile à porter et le fardeau que je vous propose est léger. » Matthieu 11,25-30
 


Source : Pixabay


Par les évangiles nous savons que Jésus pleura devant le corps sans vie de son ami Lazare. Nous connaissons ses colères et ses peines, ses attentes… ses cris du cœur !

C’est un tel cri du cœur que nous entendons quand Jésus parle des petits ! Petits enfants, mais surtout petits par la simplicité, l’humilité, la fraîcheur, la vérité !  Petits car dépendants de Dieu ! Petits car éloignés des turpitudes et des rancoeurs qui empoisonnent la vie !

Oui Jésus s’émeut, connaissant les dangers qui guettent les âmes droites, sachant qu’elles sont les chéries du cœur de Dieu, qui leur fait entrevoir les richesses de son royaume ! 

Et regrettant peut-être aussi pour lui-même que la pénétration des âmes sombres et tortueuses ne lui ait pas été épargnée ! Car lui, qui est le plus innocent de tous, ne peut faire partie des innocents.

Alors quand Jésus nomme les douloureux, les fatigués, les chargés de cette vie et de ce monde, nous pouvons penser qu’il s’inclue dans cette foule. Il est avec tous les autres, au milieu, afin de porter la plus lourde partie du joug et d’alléger la charge de tous ceux qui l’entourent. Et que leur fardeau devienne léger, léger !

 

 


Source : Pixabay

Nous te prions pour les futurs envoyés réunis en ce moment au Défap pour leur session de formation.


Très haut tout-puissant, bon Seigneur,
A toi sont les louanges, la gloire et l’honneur et toute bénédiction.
À toi seul, Très-haut, ils conviennent
Et nul homme n’est digne de te mentionner.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
Spécialement monsieur frère Soleil,
Lequel est le jour et par lui tu nous illumines.
Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
De toi, Très-Haut, il porte la signification.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Lune et les étoiles,
Dans le ciel tu les as formées claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent
Et par l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps,
Par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Eau,
Laquelle est très utile et humble et précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère feu
Par lequel tu illumines dans la nuit,
Et il est beau et joyeux et robuste et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mère Terre,
Laquelle nous soutient et nous gouverne
Et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par ceux qui pardonnent pour ton amour
Et supportent maladies et tribulations.

Heureux ceux qui les supporteront en paix,
Car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mort corporelle,
A laquelle nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels.
Heureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés,
Car la seconde mort ne leur fera pas mal.

Louez et bénissez mon Seigneur,
Et rendez-lui grâce et servez-le avec grande humilité.

François d’Assise (1182-1226)

 




Etre envoyé en Haïti

Marie-Bénédicte Loze est une ancienne envoyée du Défap. Alors que nous sommes en pleine session de formation des envoyés, elle revient sur sa mission en Haïti et nous livre ses sentiments.

Qu’êtes vous devenue depuis la fin de votre mission ?

J’ai fini ma mission avec le Défap en novembre 2016, après deux ans et demi d’investissement passionnant et j’ai choisi de rester en Haïti. Je supervise un projet d’éducation pour la Finn Church Aid, une ONG finlandaise. Le projet vise à réhabiliter les écoles qui ont été endommagées par l’ouragan Matthew.

 

Qu’avez-vous retiré de cette expérience avec le Défap ?

Beaucoup de choses. Au niveau professionnel, j’ai aimé travailler avec la Fédération des écoles protestantes d’Haïti, une  ONG locale, présente sur le terrain depuis près de 30 ans, qui connait bien le secteur de l’éducation. J’ai beaucoup appris dans cette structure de taille humaine, avec des moyens modestes, qui m’a offert beaucoup de responsabilités.  Le travail était passionnant. J’ai apprécié l’approche du Defap : une organisation qui fait confiance à ses partenaires locaux.

 

Quel moment vous a le plus marquée ?

L’ouragan Matthew.  C’était dur, tout était dévasté. Les gens qui avaient déjà très peu, en avaient encore moins. C’est un pays qui est toujours confronté aux intempéries et j’ai été interpellée par la force des Haïtiens et par leur capacité à rire, à se relever encore et encore.


Marie-Bénédicte lors de son départ en mission en 2014, DR

Etes-vous entrée en contact avec d’autres envoyés Défap sur place ? Quels liens avez-vous avec eux aujourd’hui ?

J’ai gardé des contacts avec plusieurs envoyés qui ont participé à la même session de préparation que moi comme Christelle, Sofia ou Laure. On échange toujours des mails et on aime recevoir les lettres de nouvelles que les envoyés partagent. Ainsi, on ne se sent jamais seul.

 

Que conseilleriez-vous à une personne qui souhaite partir en mission ?

Je lui dirais d’y aller ! De ne surtout pas hésiter. Il faut être très humble lorsque l’on part en mission. Là-bas on y apprend l’humilité. On reçoit plus que ce qu’on apporte. On a énormément à apprendre les uns des autres ! C’est une richesse et il faut être prêt à être déboussolé. C’est une très bonne expérience de vie.

Avec le Défap, chaque envoyé peut compter sur un accompagnement avant et pendant la mission. C’est un soutien important.
Les longues missions sont intéressantes.  Elles permettent d’aller en profondeur. C’est une richesse humaine, culturelle et professionnelle.

Avant mon départ pour Haïti, j’avais fait missions courtes et je ressentais le besoin de m’installer pour aller plus en profondeur, pour découvrir une autre culture et mieux l’appréhender. Cela demande du temps.

 

 




La session de formation des envoyés est ouverte !

Aujourd’hui débute la formation des envoyés du Défap. Le programme 2017 s’annonce déjà riche. Du 3 au 13 juillet 2017, la grande maison du Défap accueillera ses envoyés pour un séjour tourné vers l’échange et le partage d’expériences.

 

Cette année encore, un peu plus d’une vingtaine d’envoyés s’apprête à partir en mission dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore de l’enseignement de la langue française. Un groupe où la parité est presque atteinte : 10 hommes présents sur les 22 personnes au total. Les pays destinataires sont aussi divers que Madagascar, Congo, Tunisie, Nouvelle-Calédonie, Timor-Oriental, Haïti, Egypte, Djibouti ou encore Benin.

La moyenne d’âge est autour des 30 ans :  9 volontaires ont moins de 25 ans et 5 plus de 35 ans. Quand à la durée des missions, elles sont majoritairement d’une année mais 7 envoyés se sont engagés sur un contrat de 2 ans (éventuellement renouvelable). Certains partent en famille mais cette année, notons qu’il y a tout de même 14 départs « en célibataire » et 8 participants qui ont déjà eu au préalable une expérience significative d’expatriation.

Les onze jours de formation seront articulés autour de diverses thématiques, en lien avec le départ en mission, comme :

  • les enjeux géopolitiques
  • l’interculturalité
  • les inégalités Nord-Sud
  • les crises et conflits en milieu interculturel
  • les témoignages d’envoyés
  • les relations entre chrétiens et croyants d’une autre confession
  • l’aspect santé de la mission

 

 


Jeu d’accueil lors de la session de formation 2016, DR




Troisièmes « Rencontres des acteurs chrétiens de la solidarité internationale » : un élan pour tous les participants

Deux jours pour se rencontrer, retrouver les fondamentaux, partager, construire … c’est ce qu’ont permis les troisièmes « Rencontres des acteurs chrétiens de la solidarité internationale », les 9 et 10 juin dernier. Laura Casorio, déléguée du Défap et membre du Conseil ASAH, était présente à la rencontre. Sous la bannière du collectif de l’ASAH, l’Association au Service de l’Action Humanitaire, ces journées ont été rythmées par l’assemblée générale le vendredi soir puis par des ateliers le samedi.

 

Des moments forts qui ont permis à chacun de se réjouir, dans un esprit de reconnaissance, et de renouveler son attachement à la vision et aux missions du collectif. Les membres ont ainsi réaffirmé la nécessité de prendre soin des plus démunis pour témoigner au monde de l’amour du Christ. Non pas dans une démarche prosélyte mais dans celle d’acteurs qui marchent vers un objectif commun et collaborent, donnent, sans attendre en retour.

Les ateliers ont permis à chacun de s’exprimer et de contribuer à l’élaboration du projet associatif que le conseil d’administration devra achever dans les prochaines semaines.

La réflexion « Prends soin de lui » – Que signifie cet appel du Christ pour les ONG chrétiennes ? partagée sans langue de bois a questionné les pratiques.

Plusieurs participants ont témoigné avec enthousiasme, de la richesse de ces journées.

 


Les fondateurs d’ASAH lors de la fête d’anniversaire du vendredi soir
( ils ont parcouru l’histoire et les défis relevés pour démarrer ce projet associatif)


Adoption du projet associatif, 2017, DR

 

L’ASAH

L’ASAH, Association au service de l’action humanitaire, est une organisation non gouvernementale (ONG), qui rassemble aujourd’hui 35 ONG françaises de solidarité internationale. Ce réseau d’associations d’inspiration chrétienne, agit en particulier dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité au Nord et au Sud.

L’objet d’ASAH est de favoriser l’échange, la réflexion et la collaboration entre les associations humanitaires et autres organismes, de mutualiser et renforcer l’efficacité et la qualité des actions de ses membres, et plus largement des acteurs de solidarité, afin de répondre aux besoins réels des populations les plus démunies.
ASAH est membre de Coordination Sud et de la Fédération Protestante de France. Elle a fêté ses 21 ans et tenu son assemblée générale lors de la 3ème édition des Rencontres des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, les 9 et 10 juin dernier.

 

 




Passionnés comme Jésus !

Méditation du jeudi 29 juin 2017 – Nous prions pour notre envoyé à la Réunion et pour tous les réunionnais.

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.
Celui qui ne se charge pas de sa croix pour marcher à ma suite n’est pas digne de moi.
Celui qui voudra garder sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la retrouvera.
Quiconque vous accueille m’accueille ; quiconque m’accueille accueille celui qui m’a envoyé.
Celui qui accueille un prophète de Dieu parce qu’il est prophète, recevra la récompense accordée à un prophète.
Et celui qui accueille un homme fidèle à Dieu parce qu’il est fidèle, recevra la récompense accordée à un fidèle. » Matthieu 10,37-42

 


Source : Pixabay

 

Jésus est un passionné de Dieu et de l’humain. Il est passionné par la vie et pour la vie, lisant au plus profond de son être ce que pourrait être un monde pétri d’amour, fraternel, généreux, juste, miséricordieux…un monde où la haine aurait disparu.

Cette passion joyeuse le conduira à la passion douloureuse de la croix.

Jésus veut nous entraîner dans ce même mouvement de vie en Dieu. Il nous invite à être des passionnés comme lui. Des témoins de feu.

Mais il s’agit d’une passion libératrice. Jésus ne se comporte pas en chef de bande qui voudrait nous manipuler et nous enfermer dans sa bande.

Alors il ne faudrait pas l’enfermer non plus dans ses propos, pris comme une invitation à rejeter la famille, à cultiver la douleur, à comprendre le mot martyre uniquement dans le sens de la mort sacrificielle…

Le christianisme a parfois donné cette image de lui-même, faisant peser sur les esprits une interprétation étroite de certaines paroles de l’évangile, sans prendre la peine de les insérer dans le message général, qui nous conduit sur un chemin d’amour, de liberté, de joie et de courage à la suite de Jésus.

 

 


Source : Pixabay

Prions pour notre envoyé à la Réunion et pour les réunionnais à travers ces mots passionnés de Martin Luther King :

Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de la Bonne Nouvelle,
J’affirme avec audace ma foi en l’avenir de l’humanité.

Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l’être humain n’est qu’un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité, d’influencer en quoi que ce soit le cours des événements.

Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoile, du racisme et de la guerre, que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

Je refuse de faire mienne la prédication cynique que les peuples descendront l’un après l’autre dans le tourbillon du militarisme vers l’enfer de la destruction thermonucléaire

Je crois que la vérité et l’amour sans condition auront le dernier mot effectivement.

La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.

Je crois fermement que, même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent,
il reste l’espoir d’un matin radieux.

J’ose croire qu’un jour tous les habitants de la terre pourront recevoir trois repas par jour Pour la vie de leur corps,

L’éducation et la culture pour la santé de leur esprit,

L’égalité et la liberté pour la vie de leur cœur.

 

Je crois également qu’un jour toute l’humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour. Je crois que la bonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi.

Le loup et l’agneau pourront se reposer ensemble,

Chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne,

Et personne n’aura plus raison d’avoir peur.

Je crois fermement que nous l’emporterons. Amen.


Martin Luther King Oslo, 10 décembre 1964

 




A la recherche du temple promis

Le pasteur Pierre Lacoste et sa femme Christine sont les envoyés du Défap et des Eglises protestantes de France à Beyrouth. Le culte du 25 juin s’est déroulé sur la montagne, une journée intense sous les pins du Mont Liban que nous raconte Christine.

Depuis trois ans notre Eglise attend patiemment son « temple promis », vivant il est vrai un confortable exil au Collège Protestant. Chaque année nous organisons une excursion à la montagne. Temps privilégié du partage de la joie d’être ensemble, de la communion fraternelle et des repas exotiques ou locaux préparés par chacun. Cette année nous avons eu la joie et la surprise d’accueillir une groupe d’amis libanais ayant répondu aux invitations des fidèles.
Ce 25 juin, la fête était double puisque le jour de l’excursion correspondait à la fête d’indépendance de Madagascar.
C’est donc 150 personnes réparties en trois bus et quelques voitures qui ont quitté Beyrouth sous une chaleur accablante. Notre petite caravane s’est arrêtée dans la région du Metn, au bout d’une une petite vallée bien exposée à la fraîcheur, dans un lieu à l’enseigne attirante : « Moussa (Moïse) Pique-Nique », le patron du lieu, à défaut d’un prophète !  Au cœur d’une végétation préservée, entouré de l’air pur des montagnes, dans un silence troublé seulement par le crissement des cigales, notre destination nous est apparue comme un havre de paix. Très vite le culte entonnait ses premiers cantiques, notre louange montait vers Dieu, portée par une chorale malgache toute bariolée des couleurs nationales.


La chorale malgache – Photo : Christine Lacoste

Pierre a médité avec nous le passage de Matthieu 10 v 34 :  » Je ne suis pas venu porter la paix mais l’épéee », l’épée désignant dans ce passage la puissance de la Parole et de l’Esprit, nous équipant pour un travail de séparations salutaires, celui des relations fusionnelles et totalitaires qu’elles soient affectives, familiales, nationales, culturelles ou cultuelles, nous libérant de ce qui nous attache, nous enferme, pour nous rendre UN, c’est-à-dire autonomes et vrais dans notre relation à Dieu et aux autres.
N’est-ce pas ce que s’efforce de vivre notre petite communauté mosaïque. Que nous venions du Liban, de Madagascar, d’Afrique ou de France, que notre origine ecclésiale soit protestante, catholique, maronite ou orthodoxe, nous nous rassemblons un à un chaque Dimanche pour écouter la Parole de Dieu et faire Eglise ensemble. C’était particulièrement visible en ce beau dimanche de fête. Et si nous étions déjà « le temple promis » ?

 

 

 




« Témoins de paix en Palestine »

Depuis 2002, 1800 témoins, de 25 pays différents, se sont succédés en Palestine et Israël. Engagés aux côtés du Conseil Œcuménique des Eglises dans le « Programme d’Accompagnement Œcuménique en Palestine et Israël » (EAPPI), ils ont vécu trois mois auprès des populations palestinienne et israélienne, en partageant leur vie quotidienne et leurs aspirations à la paix, soutenues par de nombreuses associations. Parmi eux quelques envoyés de France, trop rares… D’où l’importance de cet ouvrage, le premier en français, qui relate le contenu de l’engagement de cinq d’entre eux, donne la parole à des militants pacifistes tant israéliens que palestiniens. « Votre présence est le garant de notre existence», entend-on souvent de la part des chrétiens palestiniens qui ont appelé de leurs vœux cette «présence protectrice». C’est en pensant à eux, chrétiens de la Méditerranée s’il en est, que les auteurs, parmi lesquels figurent deux de ces témoins, ont rassemblé les témoignages et les informations contenus dans cet ouvrage. Il est important que des éléments de la vie quotidienne des populations palestiniennes soumises aux check-points, aux contrôles, à la privation de leurs droits fondamentaux, soient ainsi mis à la portée du public. Il est important également que d’aucuns sentent ainsi l’appel à poursuivre ce chemin qui ne doit pas s’arrêter, et qu’ils s’engagent à leur tour pour vivre ces semaines d’immersion dans une réalité douloureuse et pour rapporter à leur retour auprès de leurs communautés et concitoyens ce qu’ils auront vécu, vu et entendu.


Couverture de l’ouvrage « Témoins de paix en Palestine »

 

Le réseau Chrétiens de la Méditerranée, Citoyens pour la paix, suit ce programme depuis longtemps et a régulièrement diffusé les courriers des accompagnateurs et accompagnatrices qui ont sillonné les routes, de Jérusalem à Tulkarem, de Bethléem à Jayouz, de Yanoun à Hébron, de la vallée du Jourdain aux collines de Yatta… et aussi de Haïfa à Tel Aviv, de Sderot à Tibériade ou de Naplouse à Jéricho… En les suivant, vous passerez de longues heures à attendre l’ouverture d’un « portail agricole» qui sépare un village de ses champs ; vous visiterez une maison qui se confond avec le mur ; vous accompagnerez des enfants sur le chemin de l’école ; vous rendrez compte du massacre de brebis ou d’oliviers ; vous visiterez des familles obligées de rentrer chez elles par la fenêtre parce que leur porte est condamnée… Et vous côtoierez les acteurs et actrices d’associations souvent réduites en nombre d’adhérents mais si utiles à nourrir l’espoir qu’une autre manière de vivre ensemble est possible.

Titre : Témoins de paix en Palestine
Sous la direction de Lucienne Gouguenheim, Claire-Lise Ott, Jacques Toureille, Danielle Vergniol
Préface de Dominique Vidal
Editeur : Temps Présent
Paru le 15 juin 2017
170 pages
Prix : 14 euros




Bienvenue Tünde Lamboley !

D’origine hongroise, elle a fait ses études à Debrecen puis en France. Pasteur au sein de l’EPUdF depuis 2001, elle a vécu plusieurs années en Nouvelle-Calédonie avant d’être en poste dans le Chablais.

Membre de l’équipe régionale mission, elle a toujours été très engagée dans les projets interculturels et intergénérationnels.

Nous sommes tous ravis de l’accueillir.

 


Source : Peggy Kraag