Quels talents pour quelle mission ?
Méditation du jeudi 16 novembre 2017. Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour le peuple égyptien.
« Il en sera comme d’un homme qui allait partir en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. Il remit à l’un cinq cents pièces d’or, à un autre deux cents, à un troisième cent : à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Le serviteur qui avait reçu les cinq cents pièces d’or s’en alla aussitôt faire du commerce avec cet argent et gagna cinq cents autres pièces d’or. Celui qui avait reçu deux cents pièces agit de même et gagna deux cents autres pièces. Mais celui qui avait reçu cent pièces s’en alla creuser un trou dans la terre et y cacha l’argent de son maître.
« Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et se mit à régler ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu cinq cents pièces d’or s’approcha et présenta les cinq cents autres pièces en disant : « Maître, tu m’avais remis cinq cents pièces d’or. J’en ai gagné cinq cents autres : les voici. »
Son maître lui dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle dans des choses qui ont peu de valeur, je te confierai donc celles qui ont beaucoup de valeur. Viens te réjouir avec moi. »
Le serviteur qui avait reçu les deux cents pièces s’approcha ensuite et dit : « Maître, tu m’avais remis deux cents pièces d’or. J’en ai gagné deux cents autres : les voici. »
Son maître lui dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle dans des choses qui ont peu de valeur, je te confierai donc celles qui ont beaucoup de valeur. Viens te réjouir avec moi. »
Enfin, le serviteur qui avait reçu les cent pièces s’approcha et dit : « Maître, je te connaissais comme un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé, tu récoltes où tu n’as rien planté. J’ai eu peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. Eh bien, voici ce qui t’appartient. »
Son maître lui répondit : « Mauvais serviteur, paresseux ! Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, que je récolte où je n’ai rien planté ? Eh bien, tu aurais dû placer mon argent à la banque et, à mon retour, j’aurais retiré mon bien avec les intérêts. Enlevez-lui donc les cent pièces d’or et remettez-les à celui qui en a mille. Car quiconque a quelque chose recevra davantage et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a rien, on enlèvera même le peu qui pourrait lui rester. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors, dans le noir, là où l’on pleure et grince des dents. » Matthieu 25,14-31

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L’évangéliste aurait-il pu deviner que sa parabole, adressée à une communauté de croyants en temps de persécution afin de les stimuler, servirait un jour à justifier une forme dure de capitalisme ou une théologie de la prospérité ?
Malheur au faible qui n’a rien et à qui on enlèvera le peu qui lui reste ! La réalité nous montre que c’est souvent le cas, mais quand il s’agit du Royaume de Dieu, comment ne pas espérer qu’il en aille autrement, et que les petits, les sans pouvoir, déclarés chers au cœur de leur créateur, bénéficient de sa justice et de sa bonté, comme l’étranger, la veuve et l’orphelin, ou encore les ouvriers de la onzième heure ?
Mais on peut aussi entendre cette parabole comme un encouragement en temps d’urgence, et qui s’adresse à tous, quels que soient le grade ou la place de chacun dans la société ou dans l’Eglise. Avant d’entrer dans sa passion Jésus annonce la fin des temps, il appelle à la vigilance, à la lucidité, à l’espérance et à l’action. Rien n’est perdu quand tout semble perdu. Le mot-clef est le titre de serviteur, et le défi de remplacer la peur par la confiance.
En nos temps troublés cela vaut plus que jamais. Alors chaque chrétien, chaque Eglise doit s’interroger : quels sont les talents spécifiques qui nous sont confiés, quels sont les dons et les charismes que nous devons et pouvons faire fructifier, non pour notre propre gloire, mais pour le service de Dieu et de notre prochain ? Cette réflexion, ces échanges, mûris dans la prière et la méditation de la Parole de Dieu, devraient nourrir notre mission de témoignage, d’enseignement et d’encouragement auprès de nos contemporains.


Source : Pixabay
Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour le peuple égyptien.
Seigneur, nous voici devant toi,
et nous savons que nous ne sommes pas dignes d’être appelés tes serviteurs :
Nous ne t’avons pas donné notre vie tout entière, nous ne t’avons pas servi de tout notre coeur.
Notre foi est faible et si souvent nous n’avons pas cru que ta parole a le pouvoir de sauver tous les hommes.
Mais c’est ta parole qui nous met en route et nous place au milieu des autres.
Qu’elle nous aide à être fidèles et heureux, qu’elle nous fortifie quand notre peur, nos faiblesses et nos lâchetés gâchent notre plaisir à faire ce que tu commandes. Qu’elle nous donne les mots et les gestes pour accomplir ta volonté.
Seigneur, toi qui es fidèle
et qui nous a appelés à la communion de ton fils Jésus-Christ,
augmente notre foi.
Aide-nous à te faire confiance au-delà de nos doutes, de nos difficultés,
pour que nous puissions te louer d’un coeur sincère et plein de joie ;
Pour que nous puissions proclamer ton nom,
Et dire et partager la grâce que tu nous as manifestée en Jésus-Christ.
Aide-nous, afin que nous apprenions à vivre comme tes enfants,
à te servir de tout notre coeur,
à être tes temoins parmi les humains.
Nous te le demandons au nom de Jésus-Christ. Amen.

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 25,14-31 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :
Portraits d’envoyés : Thomas Wild
Troisième de notre série de rencontres : Thomas Wild, ancien envoyé du Défap au Gabon. Il y est parti en 1975 comme animateur de jeunesse ; une expérience qui l’a durablement marqué et l’a poussé, depuis lors, dans son ministère de pasteur de l’UEPAL, à régulièrement « mettre en avant la dimension missionnaire ». Une dimension que l’on a pu retrouver durant toutes ses années d’engagement comme directeur de l’Action Chrétienne en Orient (ACO).
«L’interculturalité nous amène à nous dépasser pour rencontrer l’autre»
Deuxième partie de la table ronde du Défap qui s’est tenue à Strasbourg à l’occasion de Protestants en fête : Jean-Luc Blanc demande aux intervenants de revenir chacun sur un point qui lui est apparu comme fondamental à propos de l’interculturel. Pour certains, c’est la nécessité de se dépasser pour rencontrer l’autre, ou le besoin pour les Églises d’aller au-delà des pesanteurs de leurs propres structures pour s’ouvrir ; d’autres citent Senghor pour dire à quel point le vivre ensemble est un impératif, ou soulignent le poids des représentations mentales en revenant sur le concept d’inertie culturelle. Avant d’aborder des questions plus concrètes : qu’implique l’interculturalité quand on est pasteur en France, ou pasteur béninois découvrant une paroisse française ?
Noces en attente au Moyen-Orient
Méditation du jeudi 9 novembre 2017. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour tout le peuple tunisien.
« Alors le Royaume des cieux ressemblera à l’histoire de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent pour aller à la rencontre du marié.
Cinq d’entre elles étaient imprévoyantes et cinq étaient raisonnables. Celles qui étaient imprévoyantes prirent leurs lampes mais sans emporter une réserve d’huile. En revanche, celles qui étaient raisonnables emportèrent des flacons d’huile avec leurs lampes. Or, le marié tardait à venir ; les jeunes filles eurent toutes sommeil et s’endormirent.
A minuit, un cri se fit entendre : « Voici le marié ! Sortez à sa rencontre !»
Alors ces dix jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leurs lampes. Les imprévoyantes demandèrent aux raisonnables : « Donnez-nous un peu de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Les raisonnables répondirent : « Non, car il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Vous feriez mieux d’aller au magasin en acheter pour vous. »
Les imprévoyantes partirent donc acheter de l’huile, mais pendant ce temps, le marié arriva. Les cinq jeunes filles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle de mariage et l’on ferma la porte à clé. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent et s’écrièrent : « Maître, maître, ouvre-nous !» Mais le marié répondit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : je ne vous connais pas. » Veillez donc, ajouta Jésus, car vous ne connaissez ni le jour ni l’heure. » Matthieu 25,1-13

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Pour beaucoup d’entre nous cette histoire de noces est très choquante. Il est question de royaume de Dieu, de fête, et cela se termine par un rejet de la moitié des jeunes filles, qualifiées de folles ! Pourtant toutes se sont endormies pendant l’attente du marié.
Dans le cadre des noces orientales, cette attente peut être comprise de deux manières. A un premier niveau elle correspond au temps requis par les discussions autour de la dot de la mariée. C’est important car un bon ou un mauvais accord conditionne non seulement les relations entre époux mais également celles entre les deux familles.
Mais à un deuxième niveau l’attente peut symboliser le temps de passage d’un état à un autre, de la nubilité à la conjugalité, ce qui permettra la maternité et la paternité. Or dans la Bible la conjugalité et la parentalité ont une profonde signification théologique. Dieu est l’époux d’Israël, le Christ l’époux de l’Eglise, l’alliance est la forme de la relation entre Dieu et les humains.
Dans notre récit l’attente du marié peut être comprise à la fois comme ce temps humain, où il est bon de cultiver de bonnes relations, et ce temps de Dieu d’où va surgir le Jour du Seigneur. Alors le sommeil des 10 vierges, loin d’apparaître comme une faute ou un manquement, peut nous faire penser à celui du paysan qui dort confiant car la moisson pousse et poussera quoiqu’il arrive.
Mais qu’est-ce que cette huile de réserve jalousement gardée ? S’il s’agissait simplement de la bénédiction elle se partagerait, comme le pain et les poissons. L’évangile nous a habitués à la profusion et la générosité. Qu’est donc cette huile qui ne suffirait pas si elle se partageait ?
Ne serait- ce pas la foi, ou la conscience de la foi ? Cette conscience que certains ont et d’autres pas de la présence active de Dieu dans nos vies ? Cette certitude mystérieuse qu’il est toujours déjà là.
Cette conscience produit des fruits pour les autres, mais elle est si intime qu’elle ne peut, hélas, être vraiment partagée. Chacun doit la recevoir pour lui-même, en faire provision pour la vie au jour le jour, et la travailler, par la prière et l’approfondissement de la Parole de Dieu.


Source : Pixabay
Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour tout le peuple tunisien.
Nous croyons en un Dieu pèlerin
Que n’arrêtent ni les frontières, ni les barrières,
Qui renoncent à sa grandeur pour nous rejoindre sur le chemin
Et qui se présente à nous en nous tendant la main :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, je prends soin de toi, je marche avec toi. »
Nous croyons en Jésus-Christ, qui foule notre terre,
Qui est né sans feu, qui n’a pas de lieu,
Cheminant et pérégrinant, persécuté dès son enfance,
Qui a révélé la justice et apporté la paix aux gens
Qui a misé sa vie jusqu’à la mort.
Nous croyons en l’Esprit, qui nous affirme et nous polit
Avec un vent fort et du sable,
Et qui nous donne le courage de témoigner de l’immense grâce de Dieu.

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 25,1-13 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :
Nouvelle-Calédonie : faire du référendum un choix d’espérance
A un an presque jour pour jour du référendum d’autodétermination prévu en Nouvelle-Calédonie en novembre 2018, la réunion du Comité des signataires qui s’est tenue à Matignon a permis de trouver un accord sur les listes électorales, un point de vives divergences entre les parties prenantes qui risquait de miner la légitimité même du scrutin. Interrogé par la radio RCF, le secrétaire général du Défap a souligné cette «très belle avancée» et la confiance qui a pu être établie par le Premier ministre avec les interlocuteurs. Mais les tensions restent fortes dans l’archipel et pour les désamorcer, «le rôle des Églises est essentiel» ; dans ce contexte, Bertrand Vergniol s’est félicité de la position adoptée par l’EPKNC vis-à-vis du scrutin qui devra, quel que soit le résultat du vote, être «un choix d’espérance pour le destin commun.»

Août 2017 : lors du synode de l’EPKNC en Nouvelle-Calédonie © Défap
S’il est une question révélatrice des tensions qu’éveille en Nouvelle-Calédonie l’approche du référendum d’autodétermination, c’est celle des listes électorales. Elle figurait en tête des sujets abordés lors de la seizième réunion du Comité des signataires qui s’est tenu jeudi et vendredi à Matignon. L’accord obtenu sur ce point au bout de plus de 9 heures de discussions marque une avancée cruciale. Non seulement parce qu’il a permis de lever les divergences portant sur l’inscription automatique de 11.000 personnes supplémentaires sur ces listes – 7000 de statut civil coutumier (kanak) et 4000 de statut civil de droit commun – mais aussi et surtout parce que le Premier ministre Édouard Philippe a su prendre le temps d’établir un dialogue dans la confiance.
Créé par l’accord de Nouméa signé le 5 mai 1998, le Comité des signataires se réunit sur convocation du gouvernement, à la demande des différents partenaires engagés dans l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, pour faire le point sur l’application de l’accord. Que ce soit à l’occasion des élections locales ou, comme c’est le cas aujourd’hui, pour préparer le référendum prévu d’ici novembre 2018, la question des listes électorales y était devenue récurrente. L’enjeu étant la représentation des Kanak lors des scrutins. Il existe ainsi en Nouvelle-Calédonie plusieurs corps électoraux, avec des listes électorales de droit commun et d’autres spéciales. Les listes de droit commun sont destinées aux élections à dimension nationale (présidentielle, législatives, européennes…) ; les listes spéciales permettent une restriction du corps électoral dans l’optique de l’organisation du référendum d’autodétermination prévu d’ici novembre 2018, et le principe en a été étendu aux scrutins locaux. Cette restriction a pour but de permettre une sorte de rééquilibrage en faveur des Kanak – principe à valeur constitutionnelle inscrit dans l’accord de Nouméa signé en 1988 – sachant que la population kanak est aujourd’hui minoritaire en Nouvelle-Calédonie. Cette évolution démographique s’explique par l’immigration encouragée par la métropole, qui s’est encore accélérée avec le «boom du nickel» de la fin des années 1960. Résultat : alors que la population kanak représentait 51,1% de la population totale en 1956, cette part était descendue à 46% en 1969 ; elle est de 39% aujourd’hui. Mais si le rééquilibrage électoral était clairement inscrit dans l’accord de Nouméa, ses modalités ont été depuis lors l’enjeu de farouches oppositions entre indépendantistes et non-indépendantistes.
L’EPKNC dans la société : un rôle stabilisateur
Pour aller plus loin :– Écoutez ci-dessous l’interview de Bertrand Vergniol sur RCF : – Nouvelle-Calédonie : aider au dialogue (conférence du Défap) – Nouvelle-Calédonie et protestantisme français : tisser des relations proches – ABS : Un programme de soutien aux étudiants de Nouvelle-Calédonie |
C’est dire l’enjeu, à la fois politique et symbolique, de ces listes électorales, et l’avancée représentée par l’accord obtenu à Matignon. Interrogé vendredi matin à l’antenne de la radio RCF, le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, a souligné cette «très belle avancée» en pointant l’importance de la relation que le Premier ministre a su établir avec ses interlocuteurs : «dans nos milieux d’Églises, on sait que la confiance est essentielle». Essentielle aussi «pour que le référendum soit le reflet de la volonté des Néo-Calédoniens». Il a rappelé que jusqu’alors, la situation avait tendance à patiner depuis les accords de Matignon en 1988, puis ceux de Nouméa dix ans plus tard : «Un des risques de la Nouvelle-Calédonie est de tourner sur elle-même», a-t-il souligné. «Le fait qu’une confiance ait pu être établie pour préparer ce référendum que tout le monde attend depuis trente ans, c’est essentiel». Mais il reste beaucoup à faire avant le référendum et les tensions sont fortes : «La violence est à fleur de peau, nous sommes dans une situation très fragile.» Il y a aujourd’hui «huit communautés différentes qui composent la Nouvelle-Calédonie, qui est donc toujours en quête d’un équilibre. Il faut se parler, il faut s’écouter ; c’est simple, c’est presque évangélique.» C’est pourtant le plus difficile «quand les armes ont parlé, que tout le monde se regarde en chien de faïence.»
Dans un tel contexte, «le rôle des Églises est essentiel», a souligné le secrétaire général du Défap. «D’abord parce que les Églises ont une place structurante dans la société. Ensuite, quand on entend des mots comme ceux de destin commun, pardonner… ce sont des thèmes chrétiens.» Et de rappeler ce propos d’Alain Christnacht, qui fut l’un des artisans du dialogue entre partisans et opposants à l’indépendance avant de devenir Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, de 1991 à 1994 : «selon lui, les valeurs calédoniennes sont un tissu des valeurs de la République, des valeurs chrétiennes et des valeurs kanak.»
Bertrand Vergniol a notamment souligné la position de l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) : «Elle vient de se prononcer, j’ai reçu le texte hier, je suis heureux de vous le dire : quel que soit le résultat du référendum, il faudra que ça aille dans le sens de l’émancipation des hommes. Elle ne prend donc pas parti dans le référendum de manière binaire pour ou contre l’indépendance, mais elle dit que ce choix démocratique doit être un choix d’espérance pour le destin commun. Cette perspective de l’EPKNC, avec les autres Églises protestantes, va jouer un rôle stabilisateur, et non pas jeter de l’huile sur le feu ; ça me semble de très bon augure pour toute la Nouvelle-Calédonie. L’EPKNC, c’est à peu près la moitié du peuple kanak ; ce qu’elle dit est écouté, il y a des mouvements de jeunes, et elle a un rôle d’éducation populaire, d’attention à l’autre qui est essentiel.»
Les rendez-vous du Défap de 2017 – 2018 :
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Protestants en fête : la fraternité dans la diversité
Le grand rassemblement organisé par la Fédération protestante de France et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine a donné pendant trois jours une visibilité exceptionnelle au protestantisme français et à sa diversité. Une diversité qui ne va pas sans défis, alors que le paysage protestant se transforme depuis plusieurs décennies. C’est précisément sur le thème de l’interculturel que le Défap, représenté pendant trois jours au «Village des fraternités», a organisé sa table ronde.

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| Peinture participative au « Village des Fraternités » © Défap |
Les stands démontés, les tentes repliées, le Zénith de Strasbourg vidé, que reste-t-il de «Protestants en fête» ? Tout d’abord l’image, rare, d’un protestantisme s’affichant au grand jour dans toute sa diversité pour fêter les 500 ans de la Réforme. Les occasions d’aborder les questions de foi dans l’espace public ne sont pas si nombreuses. Surtout quand elles ont la bénédiction des politiques. Lors de la cérémonie d’ouverture au Conseil de l’Europe, le président du Bundestag allemand, Wolfgang Schäuble, a évoqué dans son discours les célébrations de ce cinq-centenaire, également fêté dans son pays, comme une occasion de renforcer le sentiment d’appartenance européen. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a cité pour sa part le théologien luthérien André Birmelé.
Le mot d’ordre choisi pour ce grand rassemblement (la Fraternité) pouvait trouver écho aussi bien dans la devise de la République que dans les Évangiles ou les épîtres de Paul. Il a permis, pendant trois jours, de réunir à Strasbourg des protestants de tous les lieux de France et de toutes origines : luthériens, réformés, pentecôtistes, baptistes… Français d’origine ou plus récemment installés, témoignant tous à leur manière des mutations qui traversent les Églises. Car si la diversité est inhérente au protestantisme, le paysage des paroisses françaises connaît depuis une trentaine d’années des mutations profondes. Il est désormais plus mélangé, plus coloré ; l’interculturel s’y présente à la fois comme une richesse et un défi. C’est d’ailleurs sur ce thème de l’interculturel que le Défap, présent pendant trois jours au «Village des fraternités», qui réunissait place Kléber les stands des œuvres et mouvements protestants, a organisé une table ronde. Vous pourrez en retrouver prochainement des extraits sur le site du Défap.
«Dépasser les différences»
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| Animation sur le stand du Défap © Défap |
Bien sûr, cette diversité ne va pas sans tensions. Et un rassemblement de l’ampleur de «Protestants en fête» échappe difficilement aux fausses notes. Il y en a eu, notamment autour de la programmation d’un culte « inclusif » accueillant les personnes homosexuelles, et de la tenue d’un stand consacré aux questions LGBT. Deux points qui ont poussé le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) à se mettre en retrait des festivités. Le Cnef n’en était pas moins représenté à la soirée d’inauguration au Conseil de l’Europe, et si son président, Étienne Lhermenault, était absent, son directeur Clément Diedrichs a bien participé à la cérémonie. Et si le stand du Cnef national au «Village des fraternités» a été supprimé, les membres du Cnef local, qui avait pris part à l’organisation de «Protestants en fête», ont participé durant les trois jours aux ateliers et conférences prévus. Les crispations institutionnelles n’ont pas empêché les rencontres entre protestants de diverses tendances et de diverses Églises, aussi bien au «Village des fraternités» qu’au Zénith de Strasbourg, lors des concerts ou du culte «XXL».
Point culminant et conclusion des célébrations, ce culte se voulait un reflet de la diversité protestante. C’est ce qu’a rappelé devant les 8000 participants Joël Dahan, pasteur réformé à la Fondation John Bost, pendant qu’à ses côtés Christiane Enamé, vice-présidente de la Fédération protestante de France, évangélique et membre de l’Église Martin Luther King de Créteil, appelait à «dépasser les différences». Dans sa prédication, le pasteur François Clavairoly, président de la FPF, a souligné que «la foi est avant tout confiance et appel à la fraternité», en appelant tous les protestants à jouer «le rôle de vigie dans la société». Ils doivent, a-t-il insisté, «entendre les colères du monde, sans être complices», mais aussi «réfléchir et ouvrir leur intelligence». Avant cela, dans une série de messages diffusés sur grand écran, des responsables catholique, orthodoxe, juif, musulman, bouddhiste avaient évoqué ce qui les rapproche des protestants.
«Qui es-tu, toi mon frère ?»
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| La foule réunie au Zénith pour le « culte XXL » © Défap |
Un protestantisme divers, multicolore, non dénué de tensions mais riche de débats ; un protestantisme au nom duquel Alexia Rabé, chanteuse révélée au grand public par «The Voice» et étudiante en théologie à la faculté de Genève, a entraîné les participants du culte «XXL» qui se sont aussi tous levés lorsque la fanfare de l’Armée du Salut a joué les premières notes du cantique «À toi la gloire» : voilà ce que les trois jours de «Protestants en fête» ont montré à Strasbourg. Un protestantisme les yeux grand ouverts sur les défis du monde, sans perdre sa foi, à l’image du chant composé pour l’occasion par Françoise et Daniel Priss «Qui es-tu, toi mon frère ?». Repris par les mille choristes réunis dimanche au Zénith, ce chant parlait de tourments et d’espérance, de souffrance et de fraternité : «À Christ j’adresse cette prière, Lui qui a marché sur la terre, A prié guéri et souffert, Par sa parole il libère (…) Que la parole se fasse chair, Dans le quotidien des misères, Nous sommes un peuple de frères».
Retrouvez ci-dessous deux extraits du culte XXL : le chant d’ouverture…
… et le chant composé pour Protestants en fête : Qui es-tu, toi mon frère
«On ne peut pas réfléchir sur l’interculturel tout seul»
Présent pendant trois jours à Strasbourg au Village des Fraternités, le Défap a notamment organisé une table ronde sur l’interculturel. Elle s’est tenue le samedi à 13h30, au deuxième jour de Protestants en fête. L’idée en était née d’un stage de formation continue de pasteurs au Bénin. Sur la scène, entourant Jean-Luc Blanc, deux participants béninois et deux français. Retrouvez ici un premier extrait des échanges – avec, en introduction, une tentative de définition de l’interculturel.
Portraits d’envoyés : Irène Ott
Voici une série de courts entretiens en vidéo, autour de cette question : que vous a apporté votre engagement auprès du Défap ? Première interviewée : Irène Ott. Envoyée en 2014 à Madagascar, elle y a enseigné le français.
Que disons-nous ? Que faisons-nous ?
Méditation du jeudi 2 novembre 2017. Nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud et pour tous les habitants de ce pays.
Alors Jésus s’adressa à toute la foule, ainsi qu’à ses disciples :
« Les maîtres de la loi et les Pharisiens, dit-il, sont chargés d’expliquer la loi de Moïse. Vous devez donc leur obéir et accomplir tout ce qu’ils vous disent ; mais n’imitez pas leur façon d’agir, car ils ne mettent pas en pratique ce qu’ils enseignent. Ils attachent de lourds fardeaux, difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes ; mais eux-mêmes refusent de bouger un doigt pour les aider à remuer ces fardeaux. Ils accomplissent toutes leurs oeuvres de façon que les hommes les remarquent. Ainsi, pour les paroles sacrées qu’ils portent au front ou au bras, ils ont des étuis particulièrement grands ; les franges de leurs manteaux sont exceptionnellement larges. Ils aiment les places d’honneur dans les grands repas et les sièges les plus en vue dans les synagogues ; ils aiment à recevoir des salutations respectueuses sur les places publiques et à être appelés «Maître» par les gens.
Mais vous, ne vous faites pas appeler « Maître », car vous êtes tous frères et vous n’avez qu’un seul Maître. N’appelez personne sur la terre votre « Père », car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler « Chef », car vous n’avez qu’un seul Chef, le Messie. Le plus grand parmi vous doit être votre serviteur. Celui qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. » Matthieu 23,1-12

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En quelques traits Jésus brosse l’esquisse d’un tartuffe qui vise certains pharisiens de son époque, mais qui pourrait convenir à nombre de dignitaires d’Eglises, de religions, et d’autres lieux d’autorité morale, politique ou spirituelle de nos sociétés humaines.
Il est tellement humain de vouloir s’acheter de l’importance, des vertus, une supériorité sur autrui et une rédemption exclusive à coups de signes extérieurs de sainteté, d’attitudes condescendantes, en brandissant doctement des règles, des idéaux, des indignations, des condamnations à destination d’autrui et en se considérant soi-même comme au-dessus de la mêlée !
Mais attention ! Si Jésus discrédite ces comportements déplorables, il prend très au sérieux le cœur de l’enseignement de Moïse. Simplement il nous invite à la cohérence entre ce que nous croyons, communiquons, transmettons, et ce que nous faisons, la manière dont nous agissons. Il en va de la crédibilité de Dieu et de la sincérité de notre témoignage.
Alors un prédicateur honnête ne devrait sans doute parler qu’avec crainte et tremblement, conscient de ses propres faiblesses devant la parole qu’il lui est donné de prononcer en faveur de Dieu. Le métier de vivre selon la volonté du Père ne s’apprend pas à coup d’illumination, mais il s’exerce dans le temps et avec patience. Heureusement Jésus nous offre le plus beau cadeau qui soit : l’humilité, la sienne, qui peut devenir la nôtre, et qu’il n’est pas interdit de conjuguer avec un peu d’humour vis-à-vis de soi-même.


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En même temps que nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud nous nous associons à cette prière pour les pasteurs, qui nous semble en résonance avec l’enseignement de Jésus dans l’évangile de ce jour.
Prière pour nos pasteurs
Tout d’abord, Seigneur, merci de ce qu’ils ont accepté de devenir nos pasteurs.
Si par hasard ils avaient préféré une vie plus confortable nous serions bien ennuyés.
Béni sois-tu, Seigneur, pour les défauts de nos pasteurs.
Les gens parfaits supportent mal les défauts des autres.
Les gens toujours en bonne santé méprisent les petites natures.
Toi, Seigneur, tu as vu mieux que nous.
Alors, conscient de ta sagesse, nous te prions pour le ministère de nos pasteurs.
Fais que, s’ils réussissent, ils ne triomphent pas.
Que s’ils échouent, ils ne se découragent pas.
Ton règne n’est ni dans le succès ni dans l’échec : il est dans l’Amour.
Seigneur, garde nos pasteurs dans ton Amour.
Nos pasteurs sont des phénomènes.
Ils doivent être pédagogues pour les enfants, qualifiés dans les questions du mariage, psychologues pour les jeunes, chefs-d’oeuvre de connaissance, de délicatesse pour la cure d’âme.
Avec les athées ou les autres croyants, on attend d’eux qu’ils soient des théologiens à la fois fermes et larges et des historiens avisés.
En plus, ils doivent se tenir au courant des problèmes théologiques, oecuméniques, sociologiques ou politiques.
Ils subissent même des recyclages en tous genres pour rester toujours à l’écoute de notre monde ainsi que de leurs fidèles.
Nous oublions que s’ils nous reçoivent ou nous visitent, ils doivent être toujours souriants, bien qu’ils soient parfois harassés de fatigue.
Fais que, sur quinze spécialités, notre pasteur en pratique avec aisance la moitié, ou même le quart, nous en serons satisfaits.
O Dieu, nous te demandons de nous donner aussi de la patience et de l’amitié pour notre pasteur, celui de notre église, en pensées et en paroles.
Si notre pasteur fait merveille auprès des enfants, donne-nous d’éviter de conclure avec nos amis du 3ème âge qu’il n’a d’intérêt que pour les jeunes.
S’il a le charisme de visiter les personnes âgées, que nous n’allions pas imaginer qu’il méprise la jeunesse.
Donne-nous, Seigneur, de lui pardonner ses impatiences et ses erreurs.
Fais-nous comprendre que nous n’avons qu’un pasteur à supporter, mais que lui a tous les membres et les amis de son église sur le dos.
Donne-nous enfin, Seigneur, de lui fournir de temps en temps, par notre délicatesse, la consolation de savoir qu’il est entouré d’amitié.
Et puis, nous t’adressons une dernière requête, qui nous sera certainement utile à nous-mêmes : donne-nous, Seigneur, la persévérance dans la prière pour tes enfants, et particulièrement pour nos pasteurs. Amen !

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 23, 1-12 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :
Heaven’s Door : Foi, Entraide & Rock’n’Roll

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| Neuvième édition du festival Heaven’s Door |
Après le succès des précédentes éditions, le festival Heaven’s Door, neuvième du nom, va se dérouler pour cette année 2017 dans le cadre plus large du rassemblement national Protestants en fête “Vivre la fraternité” qui aura lieu à Strasbourg du 27 au 29 octobre.
Ce grand rassemblement est une occasion unique de vivre des rencontres, de partager sur le thème de la Fraternité, de construire ses convictions, d’être encouragé dans sa foi et ses engagements. Environ 2000 jeunes de 12 à 25 ans sont attendus pour cet événement, qui est ouvert à tous.
Au programme du festival, 4 temps forts répartis sur 3 jours :
Soirée Sola Fiesta
Quand ? Le vendredi 27 octobre de 19h à 23h au Wacken
Une soirée pour faire la fête et bien commencer le week-end. Au menu pour les participants : fraterniser, partager un repas, danser, chanter et prier ensemble. Avec la présence d’un invité surprise !
Animation Game of Three
Quand ? Le samedi 28 octobre de 10h à 18h au Gymnase Jean Sturm
Comment cultiver la fraternité ? Un grand jeu a été préparé pour y parvenir : les participants devront relever des défis, faire preuve de créativité, participer à des ateliers et, surtout, faire connaissance avec des personnes passionnantes.
Une scène ouverte sera également disponible au Gymnase Jean Sturm durant toute cette journée du samedi.
Seul ou avec des amis, il sera possible de proposer un sketch, un moment de musique, une chorégraphie, un poème… ou tout autre sujet pourvu que ce soit sur le thème de la fraternité !
Concert
Quand ? Le samedi 28 octobre de 20h à 22h30 au Zénith Strasbourg-Europe
Pour sa seule date en France, le groupe IMPACT de Montréal donnera un concert exceptionnel avec notamment des chants issus de leurs deux derniers albums Sola Gratia et Scriptura. Ce groupe de pop rock chrétien a été créé par Sébastien Corn, à partir de l’association « Impact Jeunesse » qui anime les réunions de jeunes, chaque vendredi et chaque dimanche, à l’Église Nouvelle Vie, située à Longueil, dans la banlieue sud de Montréal. Composé d’une dizaines de chanteurs et de musiciens, le goupe IMPACT anime bien sûr en priorité les cultes de l’Église Nouvelle Vie, mais propose aussi dans tout le Québec, et dorénavant dans la francophonie, son répertoire de louange et d’adoration chantée sur des rythmes très enlevés.
La soirée se poursuivra avec Matt Marvane (France) qui présentera deux extraits de son nouvel album Résistance. Déjà connu comme le leader de JTM Band, basé à Dijon, Matt Marvane est un jeune chanteur qui a la particularité d’être pasteur, papa, mais aussi le premier artiste chrétien à signer avec le Label MyMajorCompany reconnu notamment pour avoir produit les artistes tels que Gregoire, Irma ou encore Joyce Jonathan. Il est porteur d’une parole symbolique qui montre l’ouverture des chrétiens sur le monde, bien loin de certaines idées reçues. Les textes de ses chansons témoignent qu’il faut ouvrir son cœur, porter l’espérance grâce à des moments d’unité et de bonheur, des petits rien.
La soirée se conclura avec un DJ qui a déjà fait danser Heaven’s Door, mais aussi les jeunes du Grand Kiff à Saint-Malo. Il est anglais, et son nom de scène est Galactus Jack. De son vrai nom Ben Jack, né en 1982 à Bristol, il est à la fois DJ et producteur. Il s’est fait connaître au début des années 2000 comme membre du trio Aorta, groupe qui ambitionnait déjà de renouveler le genre de la musique chrétienne de louange. Depuis son premier single Headspace en tant qu’artiste solo et DJ, en 2008, il a sorti notamment l’album Reality Bytes (avril 2009), Neon (juillet 2012), Universal (novembre 2016) et a produit le projet The Rose Sessions : Volume One.
Culte XXL
Quand ? Le dimanche 29 octobre à 10h au Zénith Strasbourg-Europe
Vivre un culte avec quelques milliers de personnes, c’est rare ! Les places seront limitées… Mais ceux qui auront un PASS JEUNES – HEAVEN’S DOOR auront leur place réservée au pied de la scène du Zénith.
Bénin : une année historique pour la réconciliation de l’EPMB
Le stage CPLR dont est issue la table ronde organisée sur la thématique de l’interculturel à Strasbourg a pris laforme d’un échange avec le Bénin, pays où le Défap a de nombreux projets en lien avec l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin. Cette Eglise, après 19 ans de division, a célébré durant l’été 2017 sa réunification en se dotant d’une nouvelle équipe dirigeante. Ce rapprochement, officialisé dès l’été 2016 avec l’appui du chef de l’Etat béninois Patrice Talon, a pu se concrétiser grâce aux travaux de l’Organe Transitoire de Gestion (OTG). Cet organe aura été présidé durant un an par le pasteur Nicodème Alagbada. Il revient aujourd’hui sur cette année 2016-2017 qui a vu l’EPMB se réconcilier.
A l’occasion de la tenue de Protestants en fête à Strasbourg, le Défap propose une table ronde sur le thème « Se former à l’interculturel », animée par Jean-Luc Blanc, du service Relations et Solidarité Internationale du Défap, et en présence de pasteurs ayant participé à un échange entre la France et le Bénin. C’est précisément cet échange, mené dans le cadre d’un stage de formation permanente de pasteurs de la CPLR (Commission Permanente Luthéro-Réformée) qui a donné l’idée de cette thématique de l’interculturel. Le Bénin est un pays dans lequel le Défap a lancé de nombreux projets : des envoyés, un partenariat avec l’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO), un soutien à la bibliothèque universitaire, une aide à l’édition d’un manuel de catéchisme dans les langues locales, un soutien à une radio… Le partenaire privilégié du Défap pour ces projets est l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin. Or cette Eglise a connu en 2017 unévénement historique, avec une réconciliation célébrée après 19 ans de division. Entretien avec Nicodème Alagbada, ancien président de l’EPMB, qui a dirigé pendant un an l’Organe Transitoire de Gestion, chargé de mener ce rapprochement au sein de l’Eglise.
Où en est aujourd’hui le processus de réconciliation au sein de l’EPMB ?
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| Le pasteur Nicodème Alagbada, alors président en titre de l’EPMB, et la présidente de la Cevaa, 2017, DR |
Pasteur Nicodème Alagbada : L’année 2016- 2017 est et sera considérée comme une année historique pour le peuple Protestant Méthodiste du Bénin. C’est l’année de la Réconciliation et de la réunification de l’Eglise. Je rends grâce à Dieu de ce qu’ensemble tout le peuple de Dieu, avait senti son cœur se réchauffer étrangement le 03 juillet 2016 lors de la signature de la Convention et Proclamation de la Réconciliation et de la Réunification et du mouvement de l’Esprit qui a trouvé ses origines en ce moment-là.
Après la retraite pastorale du 13 au 15 juillet 2016 ayant facilité l’élaboration du Plan d’activités ou Programme d’Action de l’Organe Transitoire de Gestion, nous avons effectué pendant un mois des tournées d’explication, de sensibilisation et d’écoute dans les régions et districts. A la fin de ces tournées pastorales, le bilan à mi-parcours a eu lieu du 04 au 07 janvier 2017. C’est le lieu de dire Merci aux membres des différentes commissions techniques qui ont permis à l’Organe Transitoire de Gestion d’élaborer des codes d’éthique et de déontologie du corps pastoral, des codes électoral, liturgique et habits sacerdotaux, code des affectations, Composition de l’hymne de la Réconciliation et la Réunification et propositions de nouveau découpage des régions synodales, qui sont étudiées au cours d’une retraite pastorale spéciale du 04 au 07 avril 2017. Merci aux pasteurs membres de l’Organe Transitoire de Gestion (OTG) qui ont suivi l’élaboration de tous ces codes avec l’œil du Maître.
Après ce parcours du combattant l’OTG a organisé un deuxième Synode Général extraordinaire dans le Temple de l’Eglise locale Shalom de Gbéto pour consacrer la fin de son Programme d’Action de par le choix des membres du bureau du nouveau conseil du Synode Général le 30 juin 2017 et l’installation du Président Elu le 02 juillet 2017. Les trois premiers membres élus du Bureau du Conseil du Synode Général sont :
- Président : Rév Dr Amos Kponjesu HOUNSA
- Secrétaire Général : Rév Clément AKPAKI
- Vice-Président : M. David Kpessou DOSSA
Les quatre autres membres sont : Président de l’Union des Femmes Méthodistes Président de l’Union des Jeunes Méthodistes, Président de l’Union des Hommes Méthodistes, Le représentant de l’Eglise dans une Institution de Formation Théologique. Ces quatre membres seront présentés aux prochaines sessions du Synode Général en 2018. Pour permettre à la nouvelle équipe dirigeante de prendre service, le Synode Général a décidé de lui adjoindre les anciens présidents (6) des unions des deux communautés réunifiées.
Combien de temps cette division a-t- elle duré, et comment le rapprochement a-t- il été rendu possible ?
Pasteur Nicodème Alagbada : La division de fait de l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin en deux « communautés ecclésiales » a duré 19 ans (1998-2017). Le rapprochement a été rendu possible par la grâce de Dieu dont l’Esprit Saint n’a pas manqué de travailler dans les cœurs. En effet, très tôt une grande partie des membres de l’Eglise a pris conscience du caractère anti- évangélique et de contre témoignage que revêt cette division issue d’une crise institutionnelle et non doctrinale. Il y a eu 22 médiations de l’intérieur comme de l’extérieur.
Le chef de l’Etat, le Président de la République s’est donné l’obligation d’inviter les responsables membres du bureau du conseil du synode général et de la conférence à la table de négociation le 30 mai 2016. Avec son expertise avérée et après plusieurs réunions avec lui au Palais de la République, il réussit à faire organiser un culte de pardon et de réconciliation en vue de la Paix le 26 juin 2016 dans le temple de Béthanie à Cotonou où le déguerpissement avait eu lieu.
Face au succès qu’a connu l’organisation de ce culte en sa présence et présidé par la Révérende Martine Lawson Zinsou Présidente de l’Eglise Méthodiste du Togo, le Chef de l’Etat a demandé qu’un autre culte ait lieu le 03 juillet 2016 pour proclamer la réconciliation et la Réunification de l’Eglise Protestante Méthodiste en Terre Béninoise sur la base de la signature d’une convention par les membres des deux bureaux du Conseil réunifiés. Cette convention prévoit l’installation d’un Organe Transitoire de Gestion ayant à charge de gérer l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin réconciliée et réunifiée pendant un an et dont la mission fondamentale est d’organiser les élections et l’installation d’une nouvelle équipe dirigeante à la tête de l’Eglise.
Au cours de ce culte transmis en direct du Palais des congrès sur les antennes de l’Office de la Radio et Télévision du Bénin (ORTB), le Chef de l’Etat, Président de la République Patrice TALON disait : «Permettez-moi de vous féliciter … pour cet acte de pardon et de paix que vous venez de poser ce jour et qui vous honore tant. Il honore l’Eglise protestante méthodiste et vous honore individuellement. Il honore la foi chrétienne, la foi monothéiste. Il honore tout simplement la foi, la croyance, la spiritualité, l’église… la religion au sein de la République…Cet acte est pour Dieu la meilleure offrande pour la gloire de son nom et pour la promotion de son église. Pour la République, il fait de vous des artisans exemplaires de la paix et de la construction de l’unité nationale. Soyez en remerciés. Vous venez de donner un bel exemple du citoyen. »
Quelles seront les prochaines étapes ?
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| Pasteur Nicodème Alagbada, président de l’OTG, juillet 2016, DR |
Pasteur Nicodème Alagbada : Au lendemain de la passation de service le 12 juillet 2017, la nouvelle équipe s’est mis au travail. La réorganisation administrative est faite et les tournées de sensibilisation et prise de contact ont eu lieu à travers les 15 régions synodales. Actuellement les unions méthodistes préparent leurs congrès nationaux après l’harmonisation de leurs statuts et Règlements Intérieurs. C’est au cours de ces congrès que les nouveaux membres dirigeants de chacune des unions seront élus après adoption des Règlements Intérieurs. Le prochain Synode Général ordinaire qui sera le Synode Général de l’Unité retrouvée sera organisé du 19 au 25 février 2018 par la grâce de Dieu. Au cours de ce synode général, le nombre des régions synodales pourrait être porté du 15 à 19. Plusieurs commissions se réuniront avant l’organisation de ce synode et différents séminaires et retraite pastorale sont prévus entre novembre et décembre 2017.





