Carême protestant : « Du zapping à la rencontre »

LE SITE DE CARÊME PROTESTANT

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Illustration pour Carême Protestant © EPUdF

Peut-on faire Carême en étant protestant ? Tout dépend de la manière dont on envisage le Carême… Carême et protestantisme semblent ne pas vraiment aller ensemble, si on l’envisage de manière stricte et sous la forme d’un jeûne, et associer les deux termes comme le fait Carême protestant dans une série de conférences diffusées chaque année sur France Culture ne peut qu’impliquer une pratique bien différente.

Le Carême ne fait pas partie de la tradition protestante. Essentiellement pour des raisons historiques. Au tout début du protestantisme, les Réformateurs ne se sont pas prononcés à son sujet. Le carême était trop associé à un contexte de bonnes oeuvres, à un esprit de contrition contradictoire avec l’idée de Grâce. Par la suite, tout ce qui ne relevait pas de la Grâce seule a été rapidement abandonné. De ce fait, le carême est tombé en désuétude chez les protestants, qui sont, de surcroît, relativement étrangers au fait de se fixer des règles de conduite pour une période particulière.

Et pourtant, cela fait maintenant plusieurs années que les protestants retrouvent l’utilité de ce temps précédant Pâques. Il n’existe, bien entendu, aucune règle institutionnelle en la matière. Mais le Carême peut, dans notre vie chrétienne, correspondre à un temps de réflexion. Une période pendant laquelle on peut se demander, ou se redemander, ce que signifie être disciple du Christ dans notre quotidien… 

Carême protestant 2018

Chaque dimanche sur France Culture du 18 février au 25 mars 2017, de 16 heures à 16 h 30, les conférences de Carême seront assurées par Laurent Schlumberger Pasteur de l’Église Protestante Unie de France sur le thème :

« Du zapping à la rencontre » : Mobilités contemporaines et mobile de Dieu

 

L’histoire de Carême protestant

1928
Le Pasteur Boegner présente sa première conférence dans sa paroisse de l’Annonciation. Il sera suivi par bien d’autres pasteurs. Pendant l’occupation, le Pasteur Boegner se battra avec la censure allemande pour que ses conférences soient retransmises par la radio. Il gagnera. Les retransmissions n’avaient pas le retentissement qu’elles ont actuellement ; les postes de radio n’étaient pas aussi nombreux.

1981
Le titre de « Carême protestant » apparaît pour la première fois – une trouvaille qui va faire une percée fulgurante dans tous les milieux et qui est maintenant déposée comme une marque. Peu à peu, le cercle des auditeurs de toutes confessions s’agrandit et comprend 25% de catholiques intéressés par la pensée protestante. Les conférences sont éditées en brochures, en cassettes audio et en CD qui connaissent un bon succès. « Carême protestant » fait partie des émissions satellites de France Culture qui couvrent l’Europe et le bassin méditerranéen, jusqu’en Égypte.

Depuis 1997
« Carême protestant » a son propre site internet, et les prédications sont proposées en intégralité aussitôt après Pâques.

 

Des migrations aux pratiques sportives, de l’accélération sociale aux brassages culturels, ou de la flambée des burn-out à l’engouement pour les « nouveaux départs », pourquoi les mobilités deviennent-elles porteuses de tant de promesses et de tant de détresses ?

Avec Laurent Schlumberger, nous explorerons ce trait de notre époque à la lumière de la Bible. Les Écritures bibliques sont elles-mêmes traversées de mobilités. Et, à l’opposé de l’image d’une divinité siégeant dans son immuable majesté, elles témoignent d’un Dieu mobile, tout entier mû par le désir de rencontrer.


18 février MOBILITÉS DANS L’ESPACE ET SES LIMITES
Avec Adam et Ève, Caïn, Babel, Abraham, l’Exode, l’Exil

25 février MOBILITÉS DANS LE TEMPS ET SES METAMORPHOSES
Avec Noé, le Qohéleth, les prophètes, le sabbat, l’espérance selon le Nouveau Testament

4 mars MOBILITÉS DANS LA CULTURE ET SES ECARTS
Avec Philippe et l’eunuque éthiopien, et toute la Bible comme phénomène interculturel

11 mars MOBILITES DANS L’EXISTENCE ET SES POTENTIALITES
Avec les prophètes, les rois et les disciples appelés, le peuple saint en marche

18 mars LE DIEU MOBILE
Au buisson ardent et à l’Horeb, à Jérusalem et en Chaldée, de l’Égypte à Golgotha, sur la terre comme au ciel

25 mars LE MOBILE DE DIEU
Avec la parabole sans doute la plus scandaleuse de Jésus




Chut ! Jésus m’a guéri mais ne veut pas que je le dise !

Un lépreux vint à Jésus, se mit à genoux devant lui et lui demanda son aide en disant : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur. »

Jésus fut rempli de pitié pour lui ; il étendit la main, le toucha et lui déclara : « Je le veux, sois pur ! » Aussitôt, la lèpre quitta cet homme et il fut pur.

Puis, Jésus le renvoya immédiatement en lui parlant avec sévérité. « Écoute bien, lui dit-il, ne parle de cela à personne. Mais va te faire examiner par le prêtre, puis offre le sacrifice que Moïse a ordonné, pour prouver à tous que tu es guéri. »

L’homme partit, mais il se mit à raconter partout ce qui lui était arrivé. A cause de cela, Jésus ne pouvait plus se montrer dans une ville ; il restait en dehors, dans des endroits isolés. Et l’on venait à lui de partout. Marc 1,40-45

 

 


Source : Pixabay

La lèpre sévit toujours en ce monde. Plus largement on peut lui associer toutes les maladies affectant la peau, qui défigurent ceux qui en souffrent, mais également celles qui effraient les autres à cause du risque ou du fantasme de contagion, en particulier le sida.

Ce type de maladie ravive dans l’imaginaire les catégories du pur et de l’impur, et ont un effet excluant pour les malades, qui sont stigmatisés, culpabilisés, isolés.

Au temps de Jésus la législation biblique préconisait la mise à l’écart des lépreux, car ils ne devaient ni contaminer ni souiller la communauté. Mais la loi prévoyait également la possibilité de les réintégrer, après un examen très approfondi de la part des prêtres, qui offraient alors un sacrifice de purification.

C’est cette purification que demande le lépreux en se jetant aux genoux de Jésus. « Si tu le veux, tu peux me rendre pur ». Quelle épreuve pour Jésus ! Comment approcher le lépreux, à moins de prendre sur lui cette impureté ?

Pourtant il va écouter la voix de la compassion, et prononcer les paroles de libération : « Je le veux, sois purifié ». En signe il le touche de sa propre main.

Puis comme effrayé de son propre pouvoir, Jésus intime à l’homme guéri l’ordre de se taire. Cet acte doit rester secret. En respect de la loi Jésus l’envoie à un prêtre qui devra attester sa guérison. Et par l’offrande sacrificielle, l’homme exprimera sa reconnaissance envers Dieu. Alors il sera réintégré dans la communauté, ce qui est essentiel.

Comme s’il y avait d’abord l’œuvre de foi, qui se joue dans la rencontre croyante entre cet homme et Jésus, et le sacrement de réconciliation qui ouvre le chemin du retour à la vie avec les autres.

Mais l’homme guéri, tout à sa joie, ne peut obéir à Jésus, et clame à qui veut l’entendre ce qui lui est arrivé, forçant Jésus à fuir et se cacher.

Ceci nous donne à réfléchir à notre manière de proclamer l’évangile : parfois trop de bruit peut obliger Jésus à se cacher ! En revanche il se montre bien présent, dans nos communautés, dès lors que nous accueillons avec affection et délicatesse les personnes fragilisées par la maladie, quelle que soit cette maladie !

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour nos envoyés en Égypte et pour les Égyptiens, avec cette prière de Raoul Follereau qui vient faire écho à notre récit d’évangile :

Seigneur, apprends-nous
A ne plus nous contenter d’aimer les nôtres, d’aimer ceux que nous aimons.
Seigneur, apprends-nous à ne penser qu’aux autres,
A aimer ceux, d’abord, qui ne sont pas aimés.
Seigneur, fais-nous mal avec la souffrance des autres.
Seigneur, donne-nous la grâce de réaliser
Qu’à chaque minute de notre vie, de notre vie heureuse et par Toi protégée,
Il y a des millions d’êtres humains qui sont tes filles et tes fils,
Qui sont nos sœurs et nos frères,
Et qui meurent de faim,
Et qui n’ont pas mérité de mourir de faim,
Et qui meurent de froid,
Et qui n’ont pas mérité de mourir de froid…
Seigneur, aies pitié de tous les pauvres gens du monde.
Aies pitié des lépreux auxquels Tu as tant souri, jadis, sur cette terre,
Des millions de lépreux qui tendent vers Ta Miséricorde
Leurs mains sans doigts,
Leurs bras sans mains…

Et pardonne-nous de les avoir trop longtemps,
Par peur honteuse, abandonnés…
Seigneur, ne permets plus que nous soyons heureux tout seuls.
Donne-nous l’angoisse de la misère universelle
Et délivre-nous de nous-mêmes.
…Si telle est Ta volonté.

Raoul Follereau

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 1,40-45 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Premier «déjeuner-culte» avec les étudiants de l’IPT

Premier «déjeuner-culte» au 102 boulevard Arago, 6 février 2018 © Défap

«Une flamme en moi, Réchauffe mon cœur. Cette flamme en moi, Brûle mes malheurs. Je sens qu’elle est là, Sa douce lueur, Brille en moi, brille en moi, brille en moi !» Repris par un chœur d’une quinzaine de voix, le chant monte dans la salle à manger du Défap, au premier étage du 102 boulevard Arago. Par les hautes fenêtres, on aperçoit la neige qui tombe et les toits blanchis de Paris en cet humide 6 février. Autour de la table, des étudiants venus, en voisins, de l’Institut Protestant de Théologie (IPT) ; ils ont été accueillis par les pasteurs Florence Taubmann et Tünde Lamboley, qui s’occupent respectivement des relations avec les paroisses et de la jeunesse au sein du Défap.

Le repas est simple et convivial : soupe et plateau de charcuterie ; au dessert, des parts de gâteau et de quatre-quart. Les plats circulent autour de la longue table et les discussions s’engagent. Florence Taubmann présente les lieux – l’historique maison de la Société des Missions Évangéliques de Paris, fondée en 1822 et qui céda la place en 1971 au Défap – Service protestant de mission, et à la Cevaa – Communauté d’Églises en mission. Cette grande maison, l’actuelle équipe du Défap y travaille, y accueille des invités, y organise des rencontres ; c’est là qu’ont lieu chaque année les sessions de formation des futurs envoyés… Aux côtés de Florence Taubmann, Tünde Lamboley décrit le fonctionnement actuel du 102 boulevard Arago : «C’est une maison où il passe beaucoup de monde. Il n’est pas rare d’y croiser une délégation d’une Église-sœur venue d’Afrique, le président d’une Église du Cameroun ou du Sénégal. On peut se retrouver à la même table qu’eux au petit-déjeuner…»

Quel programme pour les prochains «déjeuners-cultes» ?

Pour aller plus loin :
Le site de l’Institut protestant de théologie…
… et la page Facebook de l’IPT

Les convives écoutent, attentifs. Plus d’une moitié d’entre eux n’ont jamais eu l’occasion de pousser la porte du 102 boulevard Arago. Les bâtiments de l’IPT sont pourtant situés le long du même boulevard, à quelques centaines de mètres en droite ligne du siège du Défap. Après une petite introduction à la vie de la maison, chacun se présente en un rapide tour de table. Marc suit une formation à distance depuis Auxerre, il est à Paris pour ses cours le mardi ; il a déjà été hébergé au Défap. Aymeline a un peu plus fréquenté les lieux, y a déjà fait des rencontres telles que celles décrites par Tünde… Evariste, lui, connaît bien la maison. Mais pour beaucoup des invités du jour, le Défap reste plutôt mystérieux. D’où l’idée d’une telle rencontre, afin de permettre aux uns et aux autres de mieux se connaître.

Vue de l’IPT, côté jardin © IPT

Pour les étudiants en théologie, leurs relations avec le Défap se limitent souvent à la bibliothèque, où ils peuvent venir faire des recherches. Mais au début de l’année scolaire, l’IPT était en demande d’un pasteur pour organiser des cultes une fois par semaine. Tünde Lamboley s’est proposée ; depuis septembre 2017, elle cumule ainsi ces cultes avec ses activités de secrétaire exécutive chargée de la jeunesse au Défap. Et c’est elle qui a proposé d’organiser, certains mardis, une réunion conviviale au 102 boulevard Arago : un déjeuner, suivi d’un culte.

Pour cette première édition, cruciale car elle doit servir à mesurer si une telle initiative a un avenir, les convives sont venus nettement plus nombreux que prévu. Malgré des délais d’organisation très serrés (les étudiants n’ont été prévenus, par mail, que la veille…) Après les nombreux échanges autour de la table, le moment de culte prendra une demi-heure, consacrée au texte biblique du dimanche 11 février : la guérison d’un lépreux par Jésus racontée au premier chapitre de l’évangile de Marc (versets 40 à 45). Les invités ont eu droit entre-temps à une présentation des divers champs d’activité du Défap, à une description du travail réalisé auprès des paroisses en France et des relations établies avec des Églises hors de France, ainsi qu’à une explication sur les différences de statuts entre envoyés… Et pour la suite ? «Nous avons pensé à faire participer un intervenant : un membre de l’équipe du Défap, qui pourrait présenter son travail», explique Tünde Lamboley. Les «déjeuners-cultes» ont désormais tout un programme à inventer.

Ci-dessous, retrouvez une présentation en vidéo des études de théologie à l’IPT :

«Quand on fait de la théologie, on ne s’ennuie pas !»




Aider les Haïtiens à prendre leur destin en main

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Haïti est un pays où les difficultés se cumulent. Avec un PIB par an et par habitant inférieur à 740 dollars, il est seul de la région Amériques-Caraïbes à figurer parmi la trentaine de «pays à faible revenu» recensés par la Banque Mondiale. Les deux-tiers des Haïtiens sont touchés par le chômage. En termes d’indice de développement humain, le pays est 163e sur une liste de 188 établie par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement). Les problèmes environnementaux sont criants (plus de 9 Haïtiens sur 10 sont exposés à des risques de catastrophes naturelles), avec notamment des difficultés liées au déboisement et à l’érosion des sols. Aucun de ces maux n’est une fatalité ; mais pour les combattre, et permettre aux Haïtiens de prendre leur destin en main à long terme, la meilleure arme est l’éducation.

C’est dans ce domaine qu’intervient Mickaël Roux, envoyé du Défap en Haïti. Il est arrivé à Port-au-Prince le 13 septembre 2017. «Ma mission, détaille-t-il dans sa première lettre de nouvelles, consiste à trouver des fonds et des financements pour la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (la FEPH). Cette institution a un important parc scolaire (3000 écoles). Les activités sont diverses : reconstruction d’écoles et de bâtiments scolaires, réhabilitation, formation des enseignants, distribution de kit et de matériel scolaire, mise en place de cantines scolaires…»

«Ma motivation est de voir ces enfants évoluer»

Pour aller plus loin :
L’actualité du Défap en Haïti
PLATEFORME HAITI Présentation sur le site de la Fédération protestante de France
Le site de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti

Pourquoi passer par une fédération d’écoles ? Tout simplement parce que l’éducation, en Haïti, fait aussi partie des secteurs sinistrés. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une petite minorité (9 écoles sur 10 sont des établissements privés) ; et le niveau général est tellement faible que moins de 5% d’une classe d’âge obtient le bac. La question de l’éducation constitue donc un enjeu majeur ; exemple typique, Le Nouvelliste, grand journal de Port-au-Prince et plus ancien quotidien du pays, a dressé l’année dernière la liste des lycées qui, à travers Haïti, ont eu 0% de réussite au baccalauréat… Face à ces lacunes, la FEPH, grâce à son réseau, revendique la scolarisation 300.000 enfants, avec une qualité d’enseignement reconnue. Elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France et où le Défap se retrouve aux côtés de divers acteurs du protestantisme français impliqués dans ce pays, comme La Cause ou la Mission Biblique. Ainsi, après le passage destructeur de l’ouragan Matthew sur Haïti, trois écoles ont été réhabilitées avec un financement direct de la fondation du protestantisme.

Le 26 janvier dernier, la FEPH a tenu à Port-au-Prince sa 28ème assemblée générale sur le thème : «Un meilleur engagement des parents pour une éducation de qualité». Y assistaient notamment le président de la Fédération protestante d’Haïti, le pasteur Sylvain Exantus, un représentant du ministre de l’Éducation nationale, ainsi qu’une secrétaire exécutive du Défap, Laura Casorio. L’occasion pour le président de la FEPH, Guilbaud Saint-Cyr, de tirer un bilan de l’année 2017 : la formation de 1383 enseignants et 109 directeurs d’école sur des thèmes touchant notamment à la pédagogie ou à la gestion participative de l’école ; l’encadrement de 144 établissements pour améliorer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; la dotation de 54 écoles en matériel scolaire… Christon Saint-Fort, le directeur exécutif de la FEPH, s’est dit fier de diriger une institution qui s’améliore de jour en jour. Pour sa part, le représentant du ministre de l’Éducation, le Dr Délima Pierre, a souligné que «la contribution de l’Église protestante dans le développement et l’amélioration de la qualité de l’éducation n’est plus à démontrer en Haïti».

Affiches de la FEPH : la formation pour la limitation des catastrophes naturelles © Laura Casorio pour Défap

Au cours de cette AG a été également adopté le plan stratégique de la FEPH pour la période 2018-2023. Il prévoit entre autres la promotion de la protection de l’enfant, que ce soit à travers la poursuite de la campagne «Bon trètman» («Bon traitement») ou des actions de formation ; le développement d’un système de certification des écoles ; la promotion de l’environnement et la réduction des risques de catastrophes. Mais la FEPH, réseau d’écoles privées, doit aussi se préoccuper de son financement, et la question de la diversification des sources de revenus figure en première place parmi les priorités de la période à venir. Les partenaires de la FEPH seront donc directement sollicités ; et tout au long de sa mission à Port-au-Prince, Mickaël aura de quoi faire. «Ma motivation, témoigne-t-il, est de voir ces enfants évoluer. Pour ma part, une nouvelle donne n’est possible qu’avec une nouvelle génération. L’éducation est le seul moyen pour certains d’avoir un avenir.»

Franck Lefebvre-Billiez




Un ancien boursier du Défap distingué au Gabon

Pépin Le Vieux Ngyema Essone (à gauche) photographié à Libreville en compagnie de deux secrétaires exécutifs du Défap : Tünde Lamboley (au centre) et Jean-Luc Blanc (à droite) © Défap

Avant de devenir le premier docteur en théologie de l’Église évangélique du Gabon (EEG), le pasteur Pépin Le Vieux Ngyema Essone a été boursier du Défap. Un parcours dont il ne se souvient pas sans émotion, alors qu’il vient tout juste de soutenir sa thèse à l’Université protestante d’Afrique centrale (Upac), à Yaoundé : «Pour moi, c’est une grande joie et un aboutissement», reconnaît-il. Il a séjourné en France de novembre 2012 à juin 2013, pour effectuer des recherches à l’Institut Protestant de Théologie, à la fois à Paris et à Montpellier, ainsi qu’auprès des archives du Défap et de la Cevaa. Ses travaux, menés depuis 2010 à l’Upac sous la direction de Dieudonné Massi Gams, titulaire de la Chaire d’Histoire Ecclésiastique, portaient sur «L’Église évangélique du Gabon face au défi de la pauvreté : de l’autonomie à nos jours».

Né en novembre 1968 à Libreville, dans la paroisse de Baraka-mission (héritage de la première mission protestante américaine), Pépin Le Vieux Ngyema Essone est actuellement secrétaire académique de l’Institut supérieur des sciences technologiques de l’EEG, et pasteur en second de la paroisse d’Ayananga, à Bitam. Avant d’étudier la problématique de l’Église face à la pauvreté, il avait travaillé sur la question de la recomposition du paysage confessionnel au Gabon ainsi que sur la thématique de la théologie face aux croyances traditionnelles. La soutenance de sa thèse a eu lieu le 12 janvier dernier à l’amphithéâtre Emmanuel David de l’Upac, en présence d’invités venus à la fois du Gabon et du Cameroun. Parmi la délégation gabonaise figurait notamment le secrétaire général chargé de la formation à l’EEG, le pasteur Basile Nguema Allogo.

Lutte contre la pauvreté : quels liens entre politiques publiques et action de l’Église ?

Pour aller plus loin :
Fiche pays : le Gabon
L’échange théologique entre Eglises de cultures différentes : une volonté qui ne se dément pas
Un boursier du Défap à l’honneur : Lévi Ngangura Manyanya

La thèse de Pépin Le Vieux Ngyema Essone a reçu la mention «Très honorable». Ce qui représente à ses yeux «une grande nouvelle non seulement pour moi, mais pour toute l’Église évangélique du Gabon : elle attendait son premier docteur en théologie depuis 1842», date de la fondation de la première mission protestante américaine au Gabon. «Je sais que beaucoup d’espoirs avaient été placés en moi, ajoute Pépin Le Vieux Ngyema ; et malgré les difficultés que j’ai rencontrées, Dieu a permis ce résultat.» Après lui, plusieurs autres étudiants en théologie devraient, au cours des prochaines années, accéder à leur tour à ce titre de docteur, contribuant à améliorer le niveau de formation de l’EEG.

Sur le fond de sa thèse, Pépin Le Vieux Ngyema s’est attaché aux liens possibles entre l’action de l’État et de l’Église dans la lutte contre la pauvreté au Gabon, où l’on estime qu’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. «Le gouvernement a adopté en 2006 un Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) qui prévoyait une lutte contre la misère à l’horizon 2009. Face à une telle tâche, les autorités publiques ne peuvent agir seules et ont besoin de toutes les forces vives du pays. L’Église évangélique du Gabon, plus vieille institution religieuse du pays, ne peut rester en marge. Mais pour agir efficacement, il faut d’abord qu’elle se restaure. L’EEG, qui était une référence pour toutes les composantes de la société gabonaise, a beaucoup perdu…» Au cours de ses travaux, Pépin Le Vieux Ngyema s’est donc attaché à «remonter histoire de la mission, pour voir notamment comment, en France, la Société des Missions Évangéliques de Paris s’était adaptée face au changement dans ses relations avec les autorités publiques.» Il espère que la reconnaissance dont bénéficient désormais ses travaux permettra «d’attirer l’attention des autorités de l’Église, ainsi que celle des autorités publiques : l’Église peut vraiment être un partenaire de l’État dans la lutte contre la pauvreté. Même si elle-même ne peut agir seule et doit trouver des partenaires extérieurs, hors du Gabon… ».

Ci-dessous, nous reproduisons l’article diffusé dans le grand quotidien national gabonais «L’Union» sur la soutenance de thèse du pasteur Pépin Le Vieux Ngyema Essone :

 




Les protestants de France solidaires de la RDC

Carte de RDC © Division Géographique de la Direction des Archives du Ministère des Affaires Étrangères – 2004

 

Officiellement, Joseph Kabila ne devrait plus être président de la République démocratique du Congo depuis plus d’un an. Son deuxième mandat a pris fin le 19 décembre 2016. Il dirige pourtant toujours le pays, promettant des élections pour le 23 décembre 2018. Promesse à laquelle bien peu de monde accorde du crédit en RDC, même si elle semble admise par la communauté internationale. En attendant, toutes les manifestations sont réprimées, souvent violemment, toute contestation baîllonnée ; les arrestations arbitraires se multiplient. Une situation qui interpelle directement les Églises.

En décembre 2016, lorsque la fin du deuxième et, théoriquement, dernier mandat de Joseph Kabila a dégénéré en crise politique aiguë, l’Église catholique a accepté de jouer un rôle de médiation entre le pouvoir et l’opposition. Résultat : un accord pour des élections transparentes et une alternance politique. Mais cet accord dit de la Saint-Sylvestre, en vertu duquel une élection présidentielle aurait dû avoir lieu avant le 31 décembre 2017, est resté lettre morte. En mars 2017, les évêques se sont retirés de leur rôle de médiateurs. En novembre, ils ont demandé à Joseph Kabila de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. Le 31 décembre, des marches pacifiques pour l’alternance politique, organisées à Kinshasa par une association de laïcs reconnue par l’Église catholique, ont été réprimées avec une violence meurtrière. Nouvelle manifestation le 21 janvier, et nouvelle répression. Le 26 janvier, le président de la RDC, s’exprimant lors d’une conférence de presse, la première en cinq ans, a intimé aux Églises de se tenir à l’écart de la politique : «Nulle part, dans la Bible, Jésus-Christ n’a jamais présidé une commission électorale».

Une répression qui s’étend progressivement aux Églises

AG de la FPF © Fédération protestante de France

Ce rôle assumé par l’Église catholique, avec le soutien d’une grande partie de la population, interpelle directement toutes les autres Églises et notamment le protestantisme congolais, à travers l’Église du Christ au Congo (ECC). Le 16 janvier dernier, pour la commémoration du 17e anniversaire de l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, qui fut maître du pays avant lui de mai 1997 à janvier 2001, Joseph Kabila avait choisi de prier avec les protestants. Espérant sans doute éviter ainsi un sermon critique. Mais devant le chef de l’État et ses proches, le pasteur François-David Ekofo a dénoncé les lacunes de l’autorité et de la justice en RDC. «Nous devons léguer à nos enfants un pays où l’État existe réellement. Je dis bien réellement. Parce que j’ai l’impression que l’État n’existe pas vraiment. (…) Il faut renforcer l’autorité de l’État. Nous devons léguer à nos enfants un pays où l’État est réel, un État responsable, où tout le monde est égal devant la loi.»

Désormais, ce sont toutes les Églises qui sont menacées par la répression pendant que Joseph Kabila se maintient au pouvoir par la force. Suscitant un mouvement de solidarité au-delà des frontières de RDC : ainsi l’assemblée générale de la Fédération protestante de France, qui s’est tenue les 27 et 28 janvier à Paris, réunissant près de 170 délégués représentant 30 unions d’Églises et plus de 500 œuvres, communautés et associations (dont le Défap), a voté la recommandation suivante :

Le texte de la recommandation de l’AG de la FPF

«Informée de la situation sécuritaire et de tensions politiques en République Démocratique du Congo et de la répression que subissent dans ce pays les chrétiens qui réclament des élections crédibles et la cessation des violences politiques, l’Assemblée Générale de la Fédération protestante de France (FPF), réunie à Paris les 27 et 28 janvier 2018, demande :

  • à son président, de transmettre au pasteur André Bokundoa, nouveau président de l’Église du Christ au Congo (ECC), un message fraternel et de prière face aux menaces dont font l’objet les dirigeants de l’Église.
  • à son président, d’alerter les autorités françaises sur les risques concernant la sécurité personnelle des autorités ecclésiastiques et communautés chrétiennes congolaises, tant protestantes que catholiques, actuellement ciblées par le régime en place.
  • à son Conseil, d’étudier la meilleure façon de suivre la situation (contacts réguliers, mise en place d’une plateforme rassemblant les différents organismes protestants travaillant avec l’ECC ou autres).»



Laïcité, migrants : les protestants endossent le rôle de «vigies»

François Clavairoly lors des vœux de la FPF. © Fédération Protestante de France

«Être protestant, c’est être citoyen protestant, c’est être responsable et solidaire avec d’autres, dans la cité.» Ces quelques mots, extraits de l’allocution de François Clavairoly prononcée le soir du 24 janvier lors des vœux de la Fédération Protestante de France, montrent à eux seuls combien le rôle de «vigies de la République» reconnu par Emmanuel Macron aux protestants de France a été pris au sérieux. Ce discours, tenu en présence de 150 à 200 invités (responsables politiques, responsables des Cultes, responsables d’Églises et d’œuvres, membres de la FPF, dirigeants d’entreprise, partenaires) s’adressait tout particulièrement au Premier ministre Édouard Philippe, qui représentait le gouvernement lors de cette cérémonie organisée à la Maison du Protestantisme.

Cette expression de «vigies» avait été employée pour la première fois fin septembre par le chef de l’État, au cours d’une allocution prononcée lors du colloque «Protestantismes convictions et engagements» ; Emmanuel Macron avait alors plaidé pour une laïcité ouverte permettant une participation des religions aux grands débats de société. Depuis, il a donné des gages de cette volonté d’ouverture, notamment en recevant début décembre à l’Élysée les représentants des principaux cultes en France… précisément pour parler de laïcité.

«Qui peut oser penser que la spiritualité est une dimension facultative?»

Pour aller plus loin :
Présentation des vœux de la Fédération Protestante de France sur le site de la FPF
Allocution de François Clavairoly
Allocution d’Édouard Philippe
L’hommage d’Emmanuel Macron aux protestants, «vigies de la République»

Une position vis-à-vis des questions de foi dans la société saluée par François Clavairoly, qui a repris l’expression du chef de l’État lors de ses vœux : «La foi est comprise par nous comme source et ressource pour la société, et non pas comme une menace. Le christianisme est contributeur éclairé et critique et non pas conservateur. Le protestantisme est comme sentinelle et vigie. (…) Je suis reconnaissant que se fasse jour dans ce pays, à cet égard, une compréhension de la laïcité qui ne se réduise donc pas à un slogan pour lutter sans le dire contre l’Islam, ou qui soit une notion détournée de son sens servant à enjoindre tout citoyen d’avoir honte de sa foi. Qui peut oser penser que la spiritualité est une dimension facultative de l’existence, la transcendance un sujet d’ordre privé n’ayant aucun rapport avec l’élaboration des valeurs de notre société qui font de l’humain ce qu’il est ?»

Mais ce rôle même de «sentinelles» donne aux protestants une légitimité renouvelée lorsqu’il s’agit d’interpeller le gouvernement. Ce qu’a fait le président de la FPF sur le chapitre des migrants, en pointant la circulaire du 12 décembre 2017, qui prévoit le déploiement dans les centres d’accueil d’équipes mobiles, composées notamment de membre de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), pour «procéder à l’évaluation administrative» des personnes étrangères en hébergement d’urgence et «veiller à une orientation adaptée» de ces migrants selon leur droit au séjour. Un texte unanimement dénoncé par les associations, dont un certain nombre d’acteurs protestants comme la FEP (Fédération d’Entraide Protestante) ou la Cimade. Un texte, surtout, ressenti par le monde associatif comme un très mauvais signal à l’égard des réfugiés et migrants alors que devrait être bientôt débattu un projet de loi «asile-immigration».

Appel au retrait de la circulaire du 12 décembre 2017

«Entendez ceux qui sont sur le terrain (…) entendez cette demande de retrait de la circulaire du 12 décembre 2017 de la part des acteurs les plus légitimes», a insisté François Clavairoly devant le Premier ministre. «Ces associations souhaitaient et souhaitent toujours une vraie concertation. Elles ne sont pas dans l’émotion, dans l’agression ou aveuglées par une bonne volonté irréaliste.» Un appel face auquel le Premier ministre a réagi en défendant le mot d’ordre : accueillir moins pour accueillir mieux, assurant qu’il s’agit bien «d’honorer la tradition française de l’asile» sans pour autant accepter un «accueil indifférencié» ni un «droit au séjour inconditionnel». Et de plaider : «Au fond, comme l’a dit à Calais le Président de la République, cela veut dire concrètement qu’à chacun, nous devons permettre la mise à l’abri que sa situation justifie ; à tous, nous voulons donner une réponse rapide ; à ceux à qui nous disons « oui », nous devons leur donner une vraie chance de s’intégrer ; à ceux à qui nous disons « non », nous devons faire en sorte qu’ils regagnent effectivement leur pays.»

Au-delà de ces thèmes, les vœux de la FPF ont permis d’exprimer le message du protestantisme français aux autorités publiques pour 2018 sur d’autres sujets qui concernent toute la société. Comme la bioéthique, alors qu’ont été lancés les États généraux de la bioéthique, vaste table ronde qui vise à prendre en compte des contributions émanant de l’ensemble des parties prenantes : citoyens, scientifiques, courants de pensée et religieux, associations, sur des questions aussi difficiles que celle de la GPA. Ou comme les relations inter-religieuses… Une soirée qui a aussi permis d’annoncer pour 2018, à l’occasion du 50ème anniversaire de la mort du pasteur baptiste Martin Luther-King, une année riche de débats et d’engagements sur les questions d’égalité et de lutte contre les discriminations.

Retrouvez ci-dessous les dix interviews réalisées à la FPF à la suite de ces allocutions (cliquez sur la playlist en haut à gauche) ; et retrouvez cette vidéo sur le site de la Fédération Protrestante de France.




Jésus discret, Jésus public, Jésus secret !

Ils quittèrent la synagogue et allèrent aussitôt à la maison de Simon et d’André, en compagnie de Jacques et Jean. La belle-mère de Simon était au lit, parce qu’elle avait de la fièvre ; dès que Jésus arriva, on lui parla d’elle. Il s’approcha d’elle, lui prit la main et la fit lever. La fièvre la quitta et elle se mit à les servir.

Le soir, après le coucher du soleil, les gens transportèrent vers Jésus tous les malades et ceux qui étaient possédés d’un esprit mauvais. Toute la population de la ville était rassemblée devant la porte de la maison. Jésus guérit beaucoup de gens qui souffraient de toutes sortes de maladies et il chassa aussi beaucoup d’esprits mauvais. Il ne laissait pas parler les esprits mauvais, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Très tôt le lendemain, alors qu’il faisait encore nuit noire, Jésus se leva et sortit de la maison. Il s’en alla hors de la ville, dans un endroit isolé ; là, il se mit à prier. Simon et ses compagnons partirent à sa recherche ; quand ils le trouvèrent, ils lui dirent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins. Je dois prêcher là-bas aussi, car c’est pour cela que je suis venu. » Et ainsi, il alla dans toute la Galilée ; il prêchait dans les synagogues de la région et il chassait les esprits mauvais.
Marc 1,29-39

 


Source : Pixabay

Pourquoi la belle-mère de Pierre a-t- elle de la fièvre ? Est-ce par réaction aux événements extraordinaires qui viennent de se produire ? Est-ce par mécontentement vis-à-vis de son gendre qui s’est enthousiasmé pour ce nouveau « prophète » ? Pourtant quelle simplicité dans cette scène où un invité se joint à la famille pour un repas shabbatique. On imagine Jésus et ses disciples rentrant de la synagogue, devisant les uns avec les autres.

Puis il y a ce détail plus vrai que nature. La maîtresse de maison est malade, alitée. Ce n’est pas bien grave. Rien à voir avec ce qui vient de se passer avec l’homme possédé.

A moins que la fièvre ne signifie, selon Rachi, commentateur juif du XIè siècle, un feu intérieur qui donne une soif perpétuelle et inextinguible, ce qui peut relever du niveau matériel comme du niveau spirituel.

Quoiqu’il en soit, quand Jésus entend dire que cette femme est souffrante, il s’approche, la touche et éteint la fièvre. Alors elle se met à les servir, comme si rien n’était arrivé. Comme si Jésus était aussi l’homme des rencontres discrètes, des lieux d’intimité.

La publicité, la communication, la foule de gens devant la maison, les innombrables guérisons de malades et de possédés, c’est lui aussi bien sûr. Et il est vite sollicité par tous ceux qui entendent parler de ses dons. Mais attention aux dangers et à l’ambiguïté du succès ! Jésus choisit de s’éloigner, seul : hors de la maison, hors de la ville, dans un endroit isolé. Et là il prie. Il parle à Dieu, il écoute son Dieu, son Seigneur, son Père… dans un vis-à-vis qui n’appartient qu’à eux.

 

 


Source : Pixabay

 

Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour tous les Sénégalais

 

Les gens sont souvent déraisonnables, illogiques et centrés sur eux-mêmes,
Pardonne-leur quand même…
Si tu es gentil, les gens peuvent t’accuser d’être égoïste et d’avoir des arrières pensées,
Sois gentil quand même…
Si tu réussis, tu trouveras des faux amis et des vrais ennemis,
Réussis quand même…
Si tu es honnête et franc, il se peut que les gens abusent de toi,
Sois honnête et franc quand même…
Ce que tu as mis des années à construire, quelqu’un pourrait le détruire en une nuit,
Construis quand même…
Si tu trouves la sérénité et la joie, ils pourraient être jaloux,
Sois heureux quand même…
Le bien que tu fais aujourd’hui, les gens l’auront souvent oublié demain,
Fais le bien quand même…
Donne au monde le meilleur que tu as, et il se pourrait que cela ne soit jamais assez,
Donne au monde le meilleur que tu as quand même…
Tu vois, en faisant une analyse finale, c’est une histoire entre toi et Dieu, cela n’a jamais été entre eux et toi.

Mère Térésa de Calcutta

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 1,29-39 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Pour un accueil digne des exilés

Des organisations d’Église locales apportent de l’aide aux réfugiés en Hongrie. © Daniel Fekete / Hungarian Interchurch Aid /Alliance ACT

 

La recommandation dont le texte suit a été votée lors de l’assemblée générale de la Fédération protestante de France, qui s’est tenue les 27 et 28 janvier au siège de l’Armée du Salut à Paris, réunissant près de 170 délégués représentant la diversité de tous les courants du protestantisme ; le Défap y était représenté parmi 30 unions d’Églises et plus de 500 œuvres, communautés et associations.

 

 

«Dans le contexte du débat actuel sur les questions migratoires, l’Assemblée Générale de la Fédération protestante de France (FPF), réunie à Paris les 27 et 28 janvier 2018, relance l’appel pour un accueil digne des exilés, lancé en 2015, avec fermeté et humanité dans la défense intransigeante de la dignité de chacun et la condamnation de tout ce qui humilie l’humanité dans l’Homme, dans l’exigence du respect des droits fondamentaux de chaque personne, d’où qu’elle vienne et quel que soit son statut administratif.

L’objectif fixé par le Gouvernement de mieux accueillir les personnes à qui la France doit protection risque de n’être qu’un effet d’annonce. Le projet de loi Asile-immigration, profondément déséquilibré, révèle une orientation principalement répressive : il y est davantage question de mieux expulser que de mieux protéger et accueillir. Cette vision binaire, injuste, opposant réfugiés “légitimes” et migrants économiques “illégitimes”, ne correspond ni à la complexité des parcours ni à la diversité des besoins d’accueil et de protection. Il s’agit d’une posture idéologique qui ne fait qu’aggraver les problèmes complexes qu’il prétend résoudre.

Pour aller plus loin :
Présentation de l’AG 2018 de la Fédération protestante de France
Présentation du collectif «Exilés : l’accueil d’abord !»…
… et dernières nouvelles sur le blog du collectif
Dernières nouvelles de la Plateforme Solidarité Protestante

L’engagement de très nombreux membres de nos Eglises, communautés, œuvres et mouvements dans des actions concrètes d’accueil et d’accompagnement de personnes étrangères justifie l’expression d’un malaise profond face à des politiques qui n’apportent pas de réponses à la hauteur des besoins humains fondamentaux d’aujourd’hui et qui n’offrent pas non plus de perspectives lucides et courageuses pour répondre aux enjeux des mobilités humaines à venir. L’échec et le gâchis humain des politiques sécuritaires de fermeture et de dissuasion menées jusqu’à présent en sont la preuve.

C’est pourquoi, l’Assemblée générale de la FPF, demande au Conseil de la FPF de faire entendre au gouvernement et aux élus de la nation, tout en reconnaissant les mesures qui vont dans le sens d’un meilleur accueil, leur profonde inquiétude face à la surdité des pouvoirs publics aux alertes de la société devant :

  • les pratiques de harcèlement des personnes migrantes et de ceux qui leur viennent en aide ;
  • les conséquences désastreuses de la mise en œuvre du règlement Dublin. Des milliers de personnes restent pendant des mois dans un no man’s land juridique et social, ou seront demain placées en rétention pour le seul tort d’avoir des empreintes enregistrées dans un autre pays de l’Union Européenne ;
  • l’absence de réponse concrète à la situation de dizaines de milliers de familles sanspapiers ou «aux droits incomplets» qui vivent dans l’angoisse et la complète précarité. Vu leur nombre et la durée de leur séjour en France, laisser croire qu’elles pourraient être majoritairement expulsées du territoire est irréaliste et humainement inconcevable,

encourage les Eglises, communautés, œuvres et mouvements à continuer à s’inscrire dans le vaste mouvement d’initiatives citoyennes de solidarité en actes (collectifs d’accueil, couloirs humanitaires, etc.), à poursuivre le dialogue avec les élus et à soutenir les initiatives concrètes qui constituent le meilleur rempart contre les forces de repli, de rejet qui fracturent notre société et qui témoignent de notre espérance dans la force de transformation des attitudes et des pratiques d’hospitalité.»

 




Les voyages forment la Mission

Samuel Ajayi Crowther – DR

Sa vie est un roman. Avant de devenir le premier évêque noir de l’histoire de l’anglicanisme, Samuel Ajayi Crowther s’appelait seulement Ajayi. Il était né, aux alentours de 1809, dans ce qui est aujourd’hui le Nigéria. Plus précisément à Oshogun, petite ville située dans la forêt en pays yoruba, assez loin au nord de la côté atlantique et de la ville de Lagos. A 12 ans, il avait été enlevé par des trafiquants d’esclaves pour être vendu à des négriers portugais. Puis libéré par la Royal Navy et envoyé à Freetown, Sierra Leone… Et c’est là, en terre étrangère, alors qu’il était pris en charge par la société missionnaire anglicane, la Church Mission Society, qu’il fut baptisé et prit le nom du vicaire de la Christ Church Greyfriars de Newgate, Samuel Crowther (un des premiers membres de la CMS). Dès lors, Ajayi devint Samuel Ajayi Crowther. Après avoir appris l’anglais, le latin, le grec, avoir eu droit à une formation à Londres et avoir été ordonné prêtre, il retrouva le pays yoruba… en tant que missionnaire. Faut-il voir dans ce destin hors norme l’origine de ses idées très en avance sur son temps concernant l’interculturel ? Des idées qui le conduisirent, par exemple, à oeuvrer pour une Église autonome et africaine, au risque de générer des frictions avec d’autres missionnaires…

Ce portrait de Samuel Ajayi Crowther dressé par la bibliothécaire du Défap, Claire-Lise Lombard, était une nouveauté lors de la rencontre des Équipes Régionales Mission qui s’est tenue à la mi-décembre à Paris. Il s’agissait de replacer le travail missionnaire dans une perspective historique. Et entre hier et aujourd’hui, des constantes se dégagent naturellement dans la Mission : l’échange, les voyages, les relations interculturelles…

Articuler Mission ici et Mission là-bas

Pour aller plus loin :
Un service d’Église : actualité et enjeux de la mission

Qu’est-ce qui nourrit l’activité missionnaire ? Qu’est-ce qui la rend pleinement vivante et permet de dynamiser les paroisses ? L’articulation entre Mission ici et Mission là-bas est depuis longtemps au coeur de la problématique des Équipes Régionales Mission. Et les réunions qui sont organisées tout au long de l’année au siège du Défap, à Paris, sont l’occasion de réfléchir en commun sur ce thème. Composées à la fois de pasteurs et de laïcs, les ERM travaillent, tout au long de l’année, avec les régions et les Églises locales pour soutenir leur dynamique missionnaire ; lorsqu’elles se rencontrent au 102 boulevard Arago, c’est pour échanger des nouvelles et coordonner leurs actions ; mais ces réunions prennent aussi la forme d’un groupe de réflexion sur la Mission, qui peut être, selon les périodes et les enjeux, plus axé sur le concret (organisation d’un forum…) ou plus théorique. Celui de la mi-décembre se voulait plutôt pratique et axé sur des questions d’organisation, même si la présentation de Samuel Ajayi Crowther a élargi la perspective de la journée.

L’ordre du jour prévoyait ainsi tout d’abord une présentation du projet de «mini-forums» missionnaires en Centre-Alpes-Rhône par le pasteur Dina Radafiarijaona, avant des échanges sur les projets, des témoignages sur les synodes et des nouvelles de l’accueil des groupes dans la maison des Missions. Le dernier forum régional en Centre-Alpes-Rhône remontait à 2014 ; il avait été organisé à Évian, dans l’extrême Est de la région, et avait mobilisé des participants principalement dans les alentours de cette même ville. D’où l’idée, pour le prochain rendez-vous, d’organiser non pas un grand forum régional, mais une série de «mini-forums» répartis dans toute la région. Et si possible, tous organisés le 1er dimanche du mois d’octobre 2018… Le but étant de se rapprocher de celles et ceux qui pourraient être réceptifs aux enjeux de la Mission, mais n’iraient pas forcément se déplacer très loin pour participer à une journée de rencontres… Autre enjeu soulevé par ce projet de «mini-forums» : comment faire pour croiser les réseaux au bénéfice de la Mission ? «On s’est intéressé à un réseau existant, le réseau Bible et Création», a souligné le pasteur Dina Radafiarijaona, en insistant sur les convergences entre les préoccupations missionnaires et le questionnement sur la justice climatique : ce que l’on fait ici a des effets à l’autre bout du monde…

Accueillir, c’est bien ; convaincre de revenir, c’est mieux

Le 102 boulevard Arago, à Paris, siège du Défap – DR

Mais cette présentation du projet de «mini-forums» a aussi permis de souligner la raréfaction des correspondants locaux, chargés de porter les enjeux de la Mission au coeur de leur paroisse. Une raréfaction qui pourrait être compensée en regroupant les forces au niveau régional sous forme «d’équipes Mission» ; mais quelle en est l’origine ? La discussion lancée sur ce propos a pointé rapidement l’existence de «classes creuses» dans la mission : plus précisément, après la fin du service militaire. Du coup, la Mission manque aujourd’hui d’anciens envoyés pour aller plaider sa cause au sein des paroisses. Une solution envisagée : encourager les projets de voyage, pour que celles et ceux qui vivent cette expérience de la rencontre aient envie de lui donner des suites et deviennent naturellement des avocats de la Mission. Le projet de «mini-forums» pourrait y aider.

Autre préoccupation enfin : les paroisses font souvent l’expérience qu’elles accueillent facilement les nouveaux venus… mais qu’au-delà, elles ont du mal à les convaincre de rester. Comment aller au-delà de cet accueil pour les inviter à s’impliquer ? «Le protestantisme français, a suggéré une participante, peine aujourd’hui à se « reproduire ». Nos Églises accueillent de plus en plus de personnes qui ont eu un parcours de foi différent. En même temps, elles ont un besoin croissant de gens en postes de responsabilités. Mais ces personnes qui arrivent ne comprennent pas la lourdeur institutionnelle, la nécessité de se réunir une fois par mois, de créer une équipe… Penser local, c’est une énergie inouïe ; penser régional, c’est encore plus lourd ; et là-dedans, le Défap est si loin ! Il faut repenser les projets locaux…» Et au-delà de la lourdeur institutionnelle propre à la vie des paroisses, comment réussir à parler la même langue, comment amoindrir le choc de la différence – un choc qui peut être à la fois culturel et théologique ? Peut-on l’amoindrir grâce à l’ouverture et aux échanges permis lors des voyages ? Peut-être, alors, ceux-là même qui ont vécu ces chocs pourraient-ils devenir les meilleurs ambassadeurs de la mission…




Puissance libératrice du verbe !

Jésus et ses disciples se rendirent à la ville de Capernaüm.

Au jour du sabbat, Jésus entra dans la synagogue et se mit à enseigner. Les gens qui l’entendaient étaient impressionnés par sa manière d’enseigner ; car il n’était pas comme les maîtres de la loi, mais il leur donnait son enseignement avec autorité.

Or, dans cette synagogue, il y avait justement un homme tourmenté par un esprit mauvais. Il cria : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je sais bien qui tu es : le Saint envoyé de Dieu ! »

Jésus parla sévèrement à l’esprit mauvais et lui donna cet ordre : « Tais-toi et sors de cet homme ! » L’esprit secoua rudement l’homme et sortit de lui en poussant un grand cri. Les gens furent tous si étonnés qu’ils se demandèrent les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela ? Un nouvel enseignement donné avec autorité ! Cet homme commande même aux esprits mauvais et ils lui obéissent ! » Et, très vite, la renommée de Jésus se répandit dans toute la région de la Galilée.
Marc 1,21-28

 


Source : Pixabay

Par qui, par quoi le pauvre homme de la synagogue de Capernaüm est-il hanté ? L’esprit mauvais qui le possède est-il une incarnation du Satan, l’adversaire et le diviseur du genre humain ? S’agit-il de l’esprit mécontent d’un ancêtre, d’une force naturelle ou surnaturelle, ou encore d’une maladie psychique, d’un traumatisme toujours actif et douloureux dans la vie de cet homme ? A-t-il déjà essayé de se soigner ?

L’important est qu’en ce jour de shabbat, Jésus, après avoir donné son enseignement, va se mesurer à l’esprit mauvais, s’imposer à lui, le maîtriser par la parole. Il a fort à faire car cet esprit est puissant, il essaie par tous les moyens de résister à ce Jésus qu’il connaît comme Saint de Dieu !

Mais il est finalement vaincu, expulsé.

Tous les présents s’étonnent : « Qu’est-ce que cela ? Un nouvel enseignement donné avec autorité ! Cet homme commande même aux esprits mauvais et ils lui obéissent ! »

Ainsi, dès le début de l’évangile nous apprenons, concrètement, qu’aucune force adverse, à l’extérieur comme à l’intérieur de nous-mêmes, ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, pour peu que nous laissions entrer en nous sa Parole libératrice.

 

 


Chaque jour, des dizaines d’Haïtiens de toutes confessions se rendent sur la colline de Ti Pinski. Au milieu des cactus et des roches, ils prient et rêvent de meilleurs lendemains. Le photographe Thomas Freteur les a rencontrés.

 

Nous prions pour notre envoyé à Haïti, et pour tous les Haïtiens.

 

« Toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité,
Nous te prions Père,
Et nous te supplions nous rassembler,
Par ton Esprit Saint,
Tout ce qui est divisé. Veuille aussi nous accorder
De nous convertis à ton unité,
De rechercher ton unique et éternelle vérité,
Et de nous abstenir de toute dissension. Ainsi nous n’aurons plus qu’un seul cœur
Une seule volonté, une seule raison. Et tournés tout entiers vers Jésus-Christ notre Seigneur
Nous pourrons, Père,
Te louer d’une seule bouche
Et te rendre grâce
Par notre Seigneur Jésus-Christ
Dans l’Esprit-Saint Amen.

Martin Luther

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 1,21-28 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Du temple à l’Église, l’œcuménisme au quotidien

A gauche, le temple de Mont-de-Marsan, place Pancaut ; à droite, l’église Saint-Vincent-de-Paul – DR

Si la semaine de prière pour l’unité des chrétiens donne l’occasion de multiplier les rencontres et les échanges œcuméniques, ou les célébrations en commun, c’est tout au long de l’année que les relations se tissent entre communautés. Si entre Églises, les différences et les divergences demeurent, au niveau des paroisses les contacts sont fréquents et l’entraide est souvent naturelle. Les problèmes d’ordre pratique et la pression d’une société fortement sécularisée font parfois plus pour les relations œcuméniques que les débats théologiques. On s’invite pour un repas. On partage une salle.

Mont-de-Marsan, préfecture des Landes, est typique de ces villes où les communautés chrétiennes se sont rapprochées de manière naturelle. On y trouve une paroisse de l’Église protestante unie, petite communauté avec en son sein un groupe malgache actif, qui anime une chorale ; une communauté méthodiste, une communauté des Assemblées de Dieu (ADD), une paroisse catholique… Les réformés sont présents depuis fort longtemps (la terre des Landes a beaucoup souffert des huit guerres de religion successives) : Marguerite de Navarre a séjourné souvent à Mont-de-Marsan, son «ermitage», et la ville et ses environs ont eu plusieurs nobles tôt convertis au protestantisme comme Jehan de Mesmes ou Rolland de Chauveron. Les protestants montois se réunissaient alors au Château Vieux pour leurs cultes et ont dû attendre 1870 pour avoir leur propre temple, construit grâce aux dons de la communauté avec le soutien des Églises de Hollande et d’Écosse, sur le terrain d’un magasin détruit par un incendie…

Les communautés se serrent les coudes

Appel à la solidarité :
  Suite à l’effondrement du plafond du temple de Mont-de-Marsan, la paroisse des Landes vous remercie de vos dons. Merci de libeller vos chèques à l’ordre d’EPUL (Église Protestante Unie des Landes).
  Contacter le pasteur FABRICE BENOIT, 39bis rue Joseph de Laurens 40100 DAX (mail) ou la trésorière Madame ROSE DURANTOU 10 rue Jules Ladoumègue 40140 MAGESCQ.
  Plus d’informations sur le site paroissial.

Mais les guerres de religion sont loin. Le vieillissement de la communauté et de longues années sans pasteur ont eu sur les anciens réformés, désormais membres de l’EPUdF, une influence abrasive qui pousse aujourd’hui plutôt au rapprochement avec les autres Églises. «Nous avons d’excellentes relations avec la paroisse catholique et avec son curé, Benoît Marchal», témoigne le pasteur actuel, Fabrice Benoît, venu de l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine).

Lors de la journée organisée pour l’accueillir en octobre 2017, étaient ainsi invités l’administrateur apostolique du diocèse d’Aire et Dax, les curés de Dax et de Mont-de-Marsan, le pasteur de l’Église méthodiste… Fabrice Benoît songe à présent à relancer une association réunissant toutes les confessions chrétiennes de la ville, «Bible et Culture», quelque peu tombée en sommeil ces dernières années.

Les dégâts subis par le temple de Mont-de-Marsan – © Fabrice Benoît

Il a pourtant des soucis plus immédiats. Car le temple de Mont-de-Marsan a subi de gros dégâts pendant les vacances de Noël. Une partie du faux plafond s’est effondrée, victime d’infiltrations sans doute aggravées par les récentes intempéries. Le désastre n’a été découvert qu’aux premiers jours de janvier, au moment de préparer le culte malgache. En attendant le passage de l’expert des assurances, il a fallu trouver une solution d’urgence pour assurer les célébrations. «La paroisse catholique nous a proposé d’utiliser une salle située sous l’église Saint-Vincent-de-Paul de Mont-de-Marsan. La chose s’est faite de manière toute naturelle, nous n’avons même pas eu à demander», souligne Fabrice Benoît.

Mais il faut songer à réparer, reconstruire, et la paroisse protestante n’est pas riche. Fabrice Benoît a déjà lancé un appel aux dons et anticipe : «pour nous, ce sera forcément un gros choc financier». La solidarité naturelle, l’œcuménisme en action au quotidien ne résolvent malheureusement pas tout. Pourtant, comme Fabrice Benoît le souligne dans l’appel lancé sur le site paroissial, «il va falloir se serrer les coudes. C’est un test pour la communauté mais nous avons l’habitude de ne pas baisser les bras.» Un test de plus : quatre ans plus tôt, c’est le temple de Dax qui s’était retrouvé inondé suite à la crue du fleuve Adour…

Franck Lefebvre-Billiez