«Vivre d’un appel», thème du prochain synode de l’EPUdF

Le Synode national de Lille en mai 2017 © EPUdF

Cinq ans après la création de l’Église protestante unie de France, la paroisse protestante de Lezay (Deux-Sèvres) recevra du 10 au 13 mai le Synode national. Alain Millet, modérateur de cette session synodale 2018, accueillera les 220 délégués des neuf Régions et des invités de France et d’Europe. Il conduira leurs travaux, nourris par les divers rapports sur la vie matérielle et spirituelle de l’Église protestante unie de France.

Le vendredi 10 mai à 18h30, la présidente du conseil national, la pasteure Emmanuelle Seyboldt, donnera son premier message au Synode.

Le Synode sera placé sous le signe d’une exhortation : «Vivre d’un appel». Le Conseil national a choisi de centrer ce Synode sur «l’Église», ou plus précisément sur «Être Église», faire communauté, comment être témoin de l’Évangile aujourd’hui ? Au cours du Synode, plusieurs temps seront consacrés à cette thématique qui sera déclinée sur différents modes : animation biblique, ateliers d’expressions, parcours de découverte…

Le samedi 12 mai à 11h30 sera inauguré la dynamique interrégionale d’encouragement à la lecture de la Bible.

Le culte de clôture dimanche à 10h30 accueillera cinq nouveaux pasteurs, récemment ordonnés dans leur ministère.




Djibouti : des réussites et des projets

Le projet de formation de jeunes en situation de handicap moteur © EPED

L’Église Protestante Évangélique de Djibouti se réjouit depuis ces dix dernières années, des avancées au niveau de son partenariat avec le Service Protestant de Mission-Défap qui l’accompagne depuis plus de 50 ans maintenant. Plusieurs projets ont été développés avec le soutien, en ressources financières et humaines, pour la mise en œuvre des projets d’éducations destinés aux jeunes en échec scolaire venant des quartiers défavorisés et ceux à besoin spéciaux.

Le Défap emploie depuis septembre 2017 un pasteur directeur et subventionne le salaire de l’administrateur coordinateur des projets éducatifs de l’EPED depuis 2005. Il est aussi garant des financements demandés par l’EPED auprès de tous ces bailleurs de fonds et en assure le suivi à travers des échanges d’informations comptables régulières, de suivi et de validations de tous les rapports narratifs et financiers élaborés à cet effet. Il réalise au moins deux visites d’accompagnement chaque année à Djibouti.

Cet accompagnement permanent, permet à l’EPED de s’engager dans l’amélioration des conditions de vie des populations par des moyens appropriés à sa mission. C’est ainsi que plusieurs activités de formations ont été déroulées en plusieurs phases :

La formation de jeunes en situation de handicap

Pour aller plus loin :

Entre 2015 et 2017, le Centre de Formation de l’EPED avait accueilli dans le cadre d’un projet éducatif cofinancé par l’Union Européenne, le Défap et l’EPED, une trentaine de jeunes en situation de handicap moteur pour une formation professionnelle au métier d’assistant gestionnaire de réseau informatique et aux notions d’entreprenariat.

Ce projet avait pour objectif d’améliorer l’employabilité et la réinsertion professionnelle des personnes en situation d’handicap moteur en revalorisant leur niveau de scolarité et les rendant capables de contribuer au développement de la société en pleine expansion. Cette action visait également à modifier le regard des employeurs potentiels sur les personnes en situation de handicap en général et sur leur employabilité en particulier.

Le résultat de ce projet a été très satisfaisant parce que trois mois seulement après sa mise en œuvre, 6 bénéficiaires sur 33 finissant la formation avaient déjà trouvé un l’emploi contribuant ainsi aux efforts de réhabilitation des personnes vivant avec un handicap sur leurs droits. Ce droit sera renforcé par la loi d’orientation nationale votée par l’assemblée nationale obligeant maintenant les entreprises de la place à prévoir désormais au moins 2 % des personnes vivant avec un handicap parmi leur effectif lors des embauches.

La rénovation des bâtiments

Suivi du projet de rénovation des bâtiments © EPED

Entre 2010 et 2017 le Défap a accompagné un grand projet de rénovation des bâtiments sous forme d’un chantier école. À l’issue de ce projet, le Centre de Formation de l’EPED est aujourd’hui doté de sept grandes salles de classe rénovées, trois bureaux, un appartement de fonction où loge l’administrateur, un presbytère et un temple pouvant accueillir jusqu’à 120 personnes. Ce projet de rénovation avec une approche innovante le «chantier école», fut un moment privilégié pour former plus de 50 jeunes Djiboutiens aux métiers de maçonnerie, d’électricité, de plomberie et de soudure.

En novembre 2017, le temple qui était la dernière phase de ces grands travaux de rénovation a été inauguré et quelques activités autour du 500ème anniversaire de la réforme protestant prônée par Luther ont marqué ce moment important de la vie de l’Église à Djibouti.

Le projet «panneaux solaires»

Panneaux solaires sur un des bâtiments de l’EPED © EPED

Depuis décembre 2017 avec le soutien financier de l’organisation «Pain pour le monde», le Centre de formation accueille courageusement 36 jeunes Djiboutiens dont 40% de jeunes filles pour une formation aux métiers d’entretien, de pose et maintenance des panneaux solaires photovoltaïques et aux notions d’entreprenariat sur une période de 18 mois.

Avec la nouvelle politique de développement de l’État dénommé «vision 2035», l’État de Djibouti souhaite réaliser une transition dans le secteur énergétique pour passer totalement à l’énergie renouvelable. Pour cette raison, à l’initiative de l’Ambassade d’Allemagne à Djibouti, de la Chambre de Commerce de Djibouti, et des chambres de commerce allemandes, le Centre de formation de l’EPED, a participé du 08 au 11 mars 2018, à l’atelier «renewable energies for Africa» dont l’objectif était de mettre en relation les entreprises en recherche de techniciens qualifiés et pour sensibiliser les Djiboutiens à la question de l’énergie verte. Cet atelier fut une occasion pour notre Centre de formation de partager sa nouvelle expérience sur la production d’électricité par les énergies renouvelables connectées au réseau public et de témoigner de son implication au développement de la République de Djibouti à travers son service diaconal.

Et pour la suite…

Signature du contrat avec l’ambassade du Japon © EPED

Dans un avenir proche, le Centre de formation de l’EPED accueillera des réfugiés hommes et femmes pour des formations professionnelles en électricité, maçonnerie, coupe couture, énergies renouvelables et formation de techniciens de surfaces en partenariat avec le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l’ONU.

Ce projet consiste à former des refugiés pour qu’ils aient des compétences requises pour travailler à Djibouti ou dans leur pays d’origine. Ce projet est aussi une façon pour notre centre de participer aux efforts de prise en charge des questions liées aux réfugiés.

Pour faciliter la mise en œuvre de ce projet avec les Nations Unies, l’EPED vient de signer un contrat avec l’ambassade de Japon pour la réhabilitation d’une nouvelle salle informatique et d’une salle d’accueil avec mezzanine, ouvrage que nous n’avons pas pu réaliser lors de la grande rénovation de 2010 à 2017. Il s’agit d’un financement à hauteur de 73.000 dollars américains donné sous forme de micro projet. Nous aimerions ici saluer le soutien du Défap lors de la phase rédactionnelle de ce projet et l’apport du couple Jean François FABA dans la facilitation et l’aboutissement heureux de ce projet lors de leur séjour à Djibouti entre mars et mai 2017.

En perspective, l’EPED avec l’aide du Défap souhaite ré-ouvrir son école maternelle fermée en 2011 pour des raisons de travaux de rénovation de ses bâtiments, et cette fois-ci avec une option de continuer jusqu’au cycle élémentaire (école primaire).

Pierre Tschim, administrateur de l’EPED




Découvrez le Défap autrement avec le parcours «Paris protestant»

Le bâtiment du Défap, vu depuis le jardin

Quel meilleur moyen de découvrir Paris que de flâner dans ses rues ? En évitant les transports en commun bondés, les boulevards embouteillés… Depuis leur invention en 1947, les sentiers de grande randonnée n’ont cessé de se développer en France, offrant aux piétons aventureux de multiples possibilités de s’initier à l’intimité d’un terroir, mais aussi de redécouvrir des zones urbaines avec un regard neuf : le dernier GR en date, le GR 2013, traverse ainsi la totalité de la métropole marseillaise… Avec ses multiples quartiers isolés des grands boulevards, ses parcs et jardins, sa richesse historique et architecturale, Paris se prête particulièrement au tourisme pédestre ; les possibilités de randonnées sont légion, depuis les itinéraires officiels recensés sur Google Maps et dans la liste des GR, jusqu’aux guides touristiques en bonne et due forme, en passant par les sites spécialisés, ceux de passionnés ou les parcours proposés par les auberges de jeunesse

Avec son parcours «Paris protestant», le Musée virtuel du Protestantisme propose de regarder la capitale avec des yeux neufs, à travers une partie de son patrimoine dont l’histoire reste parfois méconnue. L’occasion de se souvenir que Saint-Germain des Prés joua un rôle important dans la naissance du protestantisme avec le théologien et humaniste Jacques Lefèvre d’Étaples, qui traduisit le Nouveau Testament en français et rédigea des commentaires des épîtres de Paul qui devaient faire de lui un précurseur des grands réformateurs ; ou encore, que c’est dans le Quartier latin que Jean Calvin a habité durant ses études…

L’histoire d’une maison et celle de la Mission

Pour aller plus loin :

Dans ce parcours «Paris protestant», la Maison des Missions, au 102 boulevard Arago, figure en bonne place, dès la deuxième étape, juste après le «Paris de Calvin». Avec une présentation très détaillée, à la fois de l’histoire du bâtiment, construit en 1886 et qui a connu plusieurs extensions en 1909 et 1950, mais aussi de l’aventure de la Société des Missions Évangéliques de Paris (SMEP), l’ancêtre de l’actuel Défap. L’occasion de découvrir ce qui se vit aujourd’hui dans le prolongement de l’histoire des Missions – et pourquoi pas, de faire un mini-séjour au Défap (voir encadré ci-dessous) ?

Auteur de cette initiative, le Musée virtuel du Protestantisme a été créé en 2003 par la Fondation pasteur Eugène Bersier, avec le concours de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français. Ila pour buts affichés de :

  • Faire connaître les spécificités des chrétiens protestants.
  • Illustrer les moments significatifs de l’histoire du protestantisme.
  • Conserver les images, textes, tableaux, dessins, objets, témoins de l’histoire des protestants.

Le musée se veut avant tout pédagogique, instructif, esthétique, pour expliquer comment s’est développée la communauté protestante en France depuis le XVIe siècle.Actuellement, ses collections comprennent un millier de notices, 2 800 images et 700 références bibliographiques. Il s’enrichit progressivement, notamment de vidéos et d’extraits sonores.

Rencontrez la maison, découvrez la mission

Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




Vous raconterez, et vous comprendrez !

Alex Sakamesso, conteur de Brazzaville exerçant au Maroc – DR

 

Et eux-mêmes leur racontèrent ce qui s’était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il rompait le pain.

Ils parlaient encore, quand Jésus lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Ils furent saisis de crainte, et même de terreur, car ils croyaient voir un fantôme.

Mais Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous troublés ? Pourquoi avez-vous ces doutes dans vos cœurs ? Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi et voyez, car un fantôme n’a ni chair ni os, contrairement à moi, comme vous pouvez le constater. » Il dit ces mots et leur montra ses mains et ses pieds.

Comme ils ne pouvaient pas encore croire, tellement ils étaient remplis de joie et d’étonnement, il leur demanda : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui donnèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux.

Puis il leur dit : « Quand j’étais encore avec vous, voici ce que je vous ai déclaré : ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les livres des Prophètes et dans les Psaumes, tout cela devait se réaliser. » Alors il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Écritures, et il leur dit : « Voici ce qui est écrit : le Messie doit souffrir, puis se relever d’entre les morts le troisième jour, et il faut que l’on prêche en son nom devant toutes les nations, en commençant par Jérusalem ; on appellera les humains à changer de comportement et à recevoir le pardon des péchés. Vous êtes témoins de tout cela. Luc 24,35-48

 

 

Jusqu’à l’ascension nous sommes dans le temps de la résurrection. Et c’est un Jésus bien Vivant qui vient à la rencontre de ses disciples.

Il marche, il parle, il montre son corps, ses pieds et ses mains, il mange, il bénit et bénit encore !

Pourtant ce surgissement du Vivant échappé des bras de la mort reste stupéfiant, effrayant même dans un premier temps. Il semble impossible de reconnaître immédiatement Jésus dans les traits du ressuscité. Ses disciples croient voir un fantôme. Et même quand la frayeur se transforme en joie, il faut encore du temps pour que sa présence agissante, sa voix, ses gestes, révèlent à nouveau son identité.

Alors Jésus pourra préparer ses disciples, par son enseignement et l’annonce du don de l’Esprit, à leur mission future, qui est d’être ses témoins.

En Jésus-Christ, Dieu s’est révélé dans le temps ! N’est-il pas normal qu’il faille du temps pour recevoir cette révélation, en comprendre le sens pour nous et pour l’humanité tout entière ?

Mais avant même d’avoir compris nous pouvons, comme les femmes revenant du tombeau, comme les disciples d’Emmaüs, comme tous ceux qui à travers les siècles l’ont fait, raconté la joie de Pâques et toutes les merveilles de Dieu.

 

 


Source : Pixabay

 

Nous prions pour nos envoyés au Congo et pour tous les Congolais.

Prière pour le temps de Pâques

Être là, Seigneur, lorsque la nuit tombe.
Être là, comme une espérance :
Peut-être allons-nous toucher le bord de ta lumière…
Être là, Seigneur, dans la nuit, avec au fond de soi
Cette formidable espérance :
Peut-être allons-nous aider un homme, très loin de nous, à vivre.
Être là, Seigneur, n’ayant presque plus de parole,
Comme au fond du cœur qui aime,
N’ayant plus de regard ailleurs que sur ce point de feu
D’où émerge la vie qui nous change en flamme.
Être là, Seigneur, comme un point tranquille tourné vers Toi.
Être là avec tous ceux qui nous tiennent à cœur,
Et savoir que nous nous entraînons tous dans ta lumière,
Et pas un instant n’est perdu.
Être là, Seigneur,
Nous abreuver à la Source qui indéfiniment coule.
Dieu de paix dont la paix n’est pas de ce monde
Dieu d’une vie qui abolira toute mort
Dieu compagnon qui te tiens tous les jours en nous,
Et entre nous,
Sois avec nous maintenant et pour l’éternité.

Texte de Sœur Myriam, ancienne Prieure des diaconesses de Reuilly

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Luc 24, 35-48 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




«Les guerrières de la Paix», un film en quête de donateurs

Après le témoignage de Charlotte dans le cadre du programme EAPPI, voici une autre vision de la situation en Israël et Palestine : l’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, ont financé grâce à une campagne de «crowdfunding» un film documentaire sur le mouvement Women Wage Peace. Cette association, formée après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza, est composée de femmes juives et arabes israéliennes réclamant la coexistence. Elle réunit des dizaines de milliers de femmes et ne cesse de grandir ; elle a déjà organisé deux marches pour la paix, dont la dernière, en octobre 2017, a rassemblé 30 000 personnes à Jérusalem.

Michal Froman la juive orthodoxe, Huda Abuarqob la Palestinienne d’Hébron : deux femmes que tout oppose, que tout semble destiner au conflit, et qui pourtant s’engagent et l’une et l’autre pour la paix. Deux portraits et deux parcours que devrait rassembler bientôt un film documentaire, «Les guerrières de la Paix», consacré au mouvement Women Wage Peace (WWP), et actuellement en quête de financements. L’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, espèrent le voir diffusé «par une chaîne publique française en mai prochain».

Un projet participatif pour lequel les deux femmes ont dû continuer à se battre jusqu’au bout : si l’essentiel du film bénéficiait déjà d’un financement, il restait encore des «dépenses non couvertes» – transports, matériel et logement. Elles étaient en quête de 20.000 euros. Pour les trouver, les réalisatrices ont organisé une campagne de levée de fonds sur Ulule. Avec un plein succès : l’objectif a été atteint le 30 mars dernier, et le total des fonds collectés dépasse aujourd’hui les 25.000 euros.

Un mouvement qui compte aujourd’hui plus de 40 000 membres

Michal Froman la juive orthodoxe, Huda Abuarqob la Palestinienne d’Hébron : deux femmes que tout oppose, que tout semble destiner au conflit, et qui pourtant s’engagent et l’une et l’autre pour la paix. Deux portraits et deux parcours que devrait rassembler bientôt un film documentaire, «Les guerrières de la Paix», consacré au mouvement Women Wage Peace (WWP), et actuellement en quête de financements. L’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, espèrent le voir diffusé «par une chaîne publique française en mai prochain».

Un projet participatif pour lequel les deux femmes ont dû continuer à se battre jusqu’au bout : si l’essentiel du film bénéficiait déjà d’un financement, il restait encore des «dépenses non couvertes» – transports, matériel et logement. Elles étaient en quête de 20.000 euros. Pour les trouver, les réalisatrices ont organisé une campagne de levée de fonds sur Ulule. Avec un plein succès : l’objectif a été atteint le 30 mars dernier, et le total des fonds collectés dépasse aujourd’hui les 25.000 euros.

Le courage de tendre la main

Le mouvement Women Wage Peace est né dans le sillage de l’opération militaire israélienne à Gaza de l’été 2014. Son but : faire entendre toutes les voix des femmes qui, au sein de la société civile, réclament la paix. Et faire ainsi pression sur les dirigeants. WWP est représenté à travers tout le pays par 70 groupes dans lesquels se retrouvent des femmes israéliennes juives, arabes (qu’elles soient musulmanes ou chrétiennes), bédouines, druzes. «Pour moi, témoigne une des membres du mouvement, Yaël Dagan, l’exemple à suivre est celui des femmes du Nigeria, chrétiennes ou musulmanes, qui ont obligé les belligérants à négocier. Elles ne les ont pas lâchés une minute. C’est ça qu’il faut faire.»

Pour cela, il a d’abord fallu trouver le courage de tendre la main. Ce qu’illustre le parcours des deux femmes que suit le documentaire «Les guerrières de la Paix». Hanna Assouline et Jessica Bertaux sont ainsi allées à la rencontre de «Michal Froman, une juive orthodoxe habitant dans les colonies. Subtil mélange entre une extrême douceur et une extraordinaire combativité, cette femme a été victime d’une attaque au couteau l’année dernière. Elle était alors dans son quatrième mois de grossesse… Plutôt que de sombrer dans le ressentiment et la haine elle choisit alors de s’engager auprès d’autres femmes, et parfois contre l’avis de sa communauté, pour que « ce qui lui est arrivé ne se reproduise plus.» En parallèle, les deux réalisatrices ont aussi suivi «Huda Abuarqob, (une) Palestinienne de 42 ans, (qui) habite à Hébron. Engagée depuis sa jeunesse dans la défense de son peuple, elle est la présidente du mouvement palestinien ALLMEP. Elle décide aujourd’hui de se battre aux côtés des femmes de Women Wage Peace. Un choix difficile et courageux pour cette palestinienne militante qui prend le risque d’être accusée par les siens de «pactiser avec l’ennemi».

Retrouvez ci-dessous le teaser du film :

Credits photos : Des milliers de femmes marchent pour la paix avec WWP © Hanna Assouline et Jessica Bertaux / Marie-Lyne Smadja, de WWP © Women Wage Peace




Trois mois à Jérusalem, «cité de paix»

Des soldats israéliens dans une rue de la vieille ville de Jérusalem © Charlotte pour EAPPI

 

«Jérusalem signifie étymologiquement «cité de paix». Ce n’est pas ce que j’ai observé. (…) La paix n’est ni dans la rue ni dans les esprits. Les jeunes craignent de se faire arrêter sur le chemin du lycée, accusés à tort d’un crime non commis. Les bédouins craignent que leurs maisons, en même temps que leur culture, soient démolies (…).

Lors de nos rondes dans la vieille ville, nous passions régulièrement devant la chapelle de Véronique, celle qui aurait donné son voile à Jésus pour qu’il s’essuie le visage lors du chemin de croix. Elle n’a pas changé le cours des choses, mais elle l’a soulagé de son fardeau pour un instant.

C’est ainsi que je vois ma mission d’accompagnement. Nous ne résolvons pas le conflit, nous essayons d’alléger le quotidien en faisant preuve de solidarité et d’humanité sous le signe de la non-violence et du respect des droits de l’homme. Car dans cette terre berceau de l’humanité, bien peu en font preuve(…).»

 

 

EAPPI et les missions des accompagnateurs œcuméniques

Pour aller plus loin :

«J’ai passé trois mois à Jérusalem. Et voici les missions des accompagnateurs œcuméniques :

Nous surveillions l’accès au travail, à l’éducation et au lieu de culte. Nous assurions plusieurs fois par semaine une présence au checkpoints de Qalandiya. C’est la première humiliation de la journée. Attendre en ligne des heures qu’on les contrôle ainsi que tous les permis qui régissent leur vie. La ligne prioritaire étant toujours fermée, il est communément admis que les vieilles personnes et les femmes peuvent passer devant. Nous étions aussi présents au checkpoint via Dolorosa dans la vieille ville. Les lycéens y passent tous les jours et se font fouiller et vérifier leur identité par des soldats agressifs. 10 lycéens mineurs d’un même lycée ont fait de la prison durant mon séjour.

Nous visitions de manière hebdomadaire plusieurs villages bédouins. Visiter ces communautés d’anciens nomades enfermées entre le mur, des autoroutes et les colonies m’a particulièrement touchée. Le nomadisme est pour moi un symbole de liberté. Mais ici, ils sont dans une prison à ciel ouvert. Ne pouvant déjà plus se déplacer au gré des saisons, ils se battent pour maintenir ce qui reste de leur mode de vie et de leur terre.

Nous soutenions aussi les manifestations non-violentes menées par les Israéliens pacifistes. Ils se battent pour et au côté des Palestiniens pour mettre fin à l’occupation et aux colonies. La vie n’est pas facile non plus de leur côté du mur. Insultés, agressés, accusés de traitrise, ils portent les couleurs de la Palestine.

Nous assistions aux nombreuses démolitions. Ces démolitions ont pour motif l’absence de permis, sachant que seulement 13% du territoire reste à l’usage des Palestiniens, et que l’application de punitions collectives est interdite par le droit international (…).»

 

Combattre la violence par la non-violence

L’Esplanade des Mosquées, lieu concentrant les tensions © Charlotte pour EAPPI

«EAPPI est un programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël. Ses piliers sont l’impartialité et la non-violence. Ces deux concepts paraissent compliqués à concilier avec le conflit israélo-palestinien, mais ils étaient pourtant indispensables à respecter. Combattre la violence par la non-violence. Certains diront que c’est une utopie, je dirai que c’est le meilleur moyen. En effet, lui seul montre l’irrationalité et l’injustice de l’usage de la violence. Faire preuve de vulnérabilité dénonce l’agressivité.

On m’a demandé avant de partir, si j’allais porter un gilet par balle, ce à quoi j’ai toujours répondu : «non, mais je porterai un gilet avec une colombe pour me protéger». Une colombe contre une arme est un symbole plus fort.»

Retrouvez ci-dessous quelques images de la mission de Charlotte à Jérusalem :

 

EAPPI : un programme et des témoins
Le programme EAPPI (Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel) du COE (Conseil œcuménique des Églises) est porté par le protestantisme français depuis ses origines en 2002. Il est aujourd’hui coordonné en France par Jacques Toureille et Bertrand Vergniol. Les candidats sont recrutés par l’intermédiaire du Défap. Décrire à leur retour ce qu’ils ont vécu, à travers des lettres ou des cycles de conférences, fait partie de leur engagement dans le programme EAPPI. Témoins de la non-communication ou des difficultés à vivre et à comprendre les autres, les accompagnateurs EAPPI ont parfois été témoins de scènes violentes qu’ils partagent avec beaucoup d’émotion. Charlotte, après ses trois mois passés à Jérusalem, est de nouveau à Paris, et a entamé un cycle de conférences de sensibilisation à la situation dans le cadre universitaire, associatif, cultuel et médiatique.

 




Carnets de route à Madagascar

Tananarive : les bâtiments de la communauté des sœurs de Mamré © Enno Strobel, UEPAL

À Madagascar, maîtriser correctement le français, être capable de le parler dans la vie de tous les jours, c’est un défi. Conséquence des aléas et revirements de la politique linguistique, d’une vingtaine d’années de «malgachisation» de l’enseignement à marche forcée, de la préférence pour l’anglais du temps de l’ancien président Marc Ravalomanana, le français est trop souvent enseigné dans les écoles comme une langue morte et les élèves n’en ont, au mieux, qu’une connaissance livresque. On estime que 5% seulement de la population est réellement francophone, c’est-à-dire capable de parler aussi bien français que malgache, alors même que le français est la langue officielle de l’écrit, des procédures… et le sésame indispensable pour obtenir un emploi. Il y a dès lors un rapport direct entre la maîtrise de la langue et le niveau social. Voilà pourquoi les missions des envoyés du Défap à Madagascar (cliquez ici pour trouver la liste des envoyés dans l’Océan Indien) tournent en grande partie autour de l’enseignement, et notamment du français. C’est le cas de Mathieu Ramanitra, envoyé en tant que VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) au sein du département éducation de la direction nationale des écoles de la FJKM (la plus grande fédération protestante de l’île, avec environ 5 millions de membres) pour coordonner la formation des enseignants.

Nouvelles en images des envoyés au centre d’accueil des sœurs de Mamré

Mirjam Strobel et Yoann Deguilhaume, pour leur part, travaillent au centre d’accueil pour enfants de la communauté des sœurs de Mamré, qu’ils encadrent et dont ils assurent l’accompagnement scolaire… avec là encore quelques défis liés à la maîtrise du français. «Me voilà Zoki-Yoann pour les enfants, zoki veut dire éducateur ou aîné, écrivait Yoann dans sa dernière lettre de nouvelles. Je travaille avec Zoki-Michel qui est l’éducateur employé par les sœurs pour l’accueil des enfants et Zoki-Mirjam, service civique qui travaille aussi à la cantine. J’ai très vite compris que la présence de Zoki-Michel nous sera très précieuse. En effet, le niveau de français des enfants est très bas. Ils ne parlent pas du tout et comprennent les consignes simples mais la communication avec eux reste difficile. Zoki-Michel est donc très présent pour traduire ce que nous souhaitons dire aux enfants.»

Mirjam Strobel et Yoann Deguilhaume ont été tous deux rencontrés récemment par Enno Strobel, responsable du service mission de l’UEPAL, qui se trouve à Madagascar jusqu’au 11 avril. Sur la page Facebook «UEPAL Service Mission», il poste au fil de ses rencontres photos, commentaires et vidéos ; l’occasion d’avoir quelques nouvelles des envoyés en images :

Les enfants, premières victimes de la misère

La communauté des sœurs de Mamré, où travaillent Mirjam Strobel et Yoann Deguilhaume, s’occupe chaque jour d’une cantine qui accueille plusieurs dizaines d’enfants de familles particulièrement défavorisées de ce quartier de Tananarive. Pour beaucoup, c’est leur seul vrai repas de la journée. D’après l’Unicef, dans certains quartiers de la capitale malgache, neuf mineurs sur dix vivent sous le seuil de pauvreté. Avec leur cantine, les sœurs de Mamré combattent la pauvreté… mais également avec leur ferme, qui se situe près d’Andasibe, et qui est un lieu de vie et d’espoir pour les paysans voisins qui y travaillent. Présentation ci-dessous avec ce post d’Enno Strobel :

Action sociale et éducative se conjuguent ainsi souvent dans les projets où les Églises de France sont impliquées à Madagascar. À Antsirabé, l’orphelinat d’Akanisoa fait office d’école, non seulement pour les pensionnaires, mais également pour les enfants du quartier, qui se sont inscrits en plus grand nombre cette année. Il accueille deux envoyés du Défap, Samy Chenuelle (déjà en poste l’an passé) et Fenitra Roetman ; Samy y travaille comme instituteur en remplacement d’une enseignante en congé de maternité, et Fenitra comme animatrice auprès des petits.

Ceux qui relèvent les défis de la société malgache

À travers ces missions d’accompagnement scolaire ou d’enseignement, les Églises de France sont ainsi en lien avec des institutions qui combattent la pauvreté. Mais elles entretiennent aussi des relations avec des acteurs engagés contre d’autres défis de la société malgache. La lutte contre la misère est aussi directement liée à celle contre la corruption. C’est l’objectif de la campagne «La chaîne de l’honnêteté». En mai 2017 le pasteur Solofo Ramaholimihaso était venu au Défap présenter cette action, et expliquer comment la corruption gangrénait toutes les relations sociales et économiques à Madagascar, y compris dans l’Église. Il a également été rencontré au cours de son voyage par Enno Strobel :

Citons aussi parmi les courageux le pasteur Vololona Randriamanantena, responsable de l’association Save, qui lutte contre le Sida. Engagée dans l’accueil et l’écoute de malades et de personnes séropositives, mais aussi dans la prévention et l’éducation à une sexualité responsable, Vololona déplore que la sexualité reste un sujet tabou, ce qui empêche souvent la diffusion et la communication des informations.




50 ans après sa mort, que reste-t-il du combat de Martin Luther King ?

Martin Luther King s’adresse à la foule depuis les marches du Lincoln Memorial où il a prononcé son célèbre discours « I Have a Dream » lors de la marche du 28 août 1963 à Washington DC © Wikimedia Commons

Le 4 avril 1968, Martin Luther King mourait assassiné. Le message de ce pasteur baptiste, prix Nobel de la paix, a marqué les consciences dans le monde entier. 50 ans plus tard, il reste d’une brûlante actualité à un moment où ressurgissent ici et là des messages de haine et des politiques d’exclusion. La vie et le message de Martin Luther King ont été marqués par le refus de la violence, des injustices, de la ségrégation, du racisme. Il a inlassablement milité en faveur de la réconciliation et du vivre ensemble.

Dans le cadre de l’année 2018 , commémorative des 50 ans de l’assassinat de Martin Luther King, la Fédération protestante de France, avec la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), l’association MLK50 et la librairie Jean Calvin organisent une soirée dédiée : «Martin Luther King, 50 ans après sa mort, combat pour l’égalité : quel héritage, quelles perspectives?», le vendredi 6 avril de 18h30 à 21h00, à la maison du protestantisme – 47 rue de Clichy, 75009 Paris.

Parallèlement, de nombreux hommages et commémorations marquent ce 50e anniversaire de la mort de Martin Luther King, dans le monde protestant et au-delà :

Soirée d’hommage, exposition, publications, émissions…

Soirée MLK du 6 avril : le programme

– 18H30 : Ouverture par François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France
– 18H45 : Présentation et Vernissage de l’exposition MLK50 par la pasteure Anniel Hatton (FEEBF)
– 19H45 : Conférence «Martin-Luther King : emblème de la longue lutte des noirs pour leur émancipation»
Cette conférence à deux voix sera animée par Franck Belloir responsable de la librairie Jean Calvin. Les deux intervenants Bertrand Van Ruymbeke, Professeur de civilisation américaine, Université de Paris 8 et Institut Universitaire de France et Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à l’université de Strasbourg aborderont tour à tour cette thématique ; tout d’abord Bertrand Van Ruymbeke proposera d’évoquer la question noire de la fin du XIXème siècle aux droits civiques en partant du discours de Barack Obama. Ensuite, Frédéric Rognon mettra en relief Martin-Luther King, sa foi et ses convictions au regard de son engagement social et politique.
Un temps de questions du public aux deux intervenants viendra clore la conférence.
Entrée libre sur inscription en ligne

 

Inauguration et vernissage de l’exposition MLK50
Conférence « Martin-Luther King : emblème de la longue lutte des noirs pour leur émancipation »,
Maison du Protestantisme, 47 rue de Clichy 75009 Paris, Vendredi 6 avril à 18h30 – Inscrivez-vous

Le site www.mlk50.fr souhaite faire connaître MLK, l’homme, son message et son action. À l’occasion du 50e anniversaire de la mort du pasteur baptiste et prix Nobel de la Paix, ce site met à disposition une exposition modulable à travers une centaine d’affiches ou de panneaux. L’exposition sera présentée à la maison du Protestantisme tout au long de l’année 2018, la soirée du 6 avril sera l’occasion de l’inaugurer avec une présentation de celle-ci par la pasteure baptiste Anniel Hatton qui a contribué à son élaboration avec l’équipe de l’association Martin Luther King 50 ans après. Retrouvez tous les événements organisés en France autour de cette exposition.

Téléchargez le flyer relatif à la soirée et le communiqué de presse relatif à l’exposition.

Martin Luther King, la force d’aimer, un documentaire de Présence Protestante réalisé par Audrey Lasbleiz sera diffusé le dimanche 15 avril, de 10h à 10h30 sur France 2.

Réforme, hebdomadaire protestant d’actualité, propose cette semaine un Spécial Martin Luther King. C’est également le cas du magazine Christianisme Aujourd’hui, avec un dossier complet et notamment cet article sur Martin Luther King, la non-violence qui dérange.

Dans le journal La Croix, plusieurs articles et une vidéo : Martin Luther King et son héritage intergénérationnel

En octobre 1965, Martin Luther King, invité par la Fédération protestante de France, était à Paris. Retrouvez le dossier réalisé en 2008, pour les 40 ans de la commémoration.

Des vidéos réalisées par Campus protestant

 

Martin Luther King : sa vision du monde et de l’Église. Par Jean-Claude Girondin

 

50 ans après l’assassinat de Martin Luther King. Entretien avec Jean Marie Muller




Service civique : partir avec le Défap

Partir en Service Civique avec le Défap partout dans le monde © Défap

Le Service Civique, c’est la possibilité de vivre de nouvelles expériences et de vous ouvrir à d’autres horizons en effectuant une mission au service de la collectivité. C’est également une opportunité de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences. Accessible sans condition de diplôme, il est indemnisé et s’effectue en France ou à l’étranger. Connu par 93% des jeunes et plus généralement par plus de neuf Français sur dix, selon une étude Ifop, il suscite l’intérêt de près de 67% des jeunes. Plus d’un français sur deux cite spontanément le Service Civique comme le premier dispositif d’engagement proposant aux jeunes des missions citoyennes. Ce rôle d’acteur de référence en matière de jeunesse et d’engagement se retrouve aussi dans les concepts qui lui sont spontanément associés : «solidarité», «engagement», «utile», «aide», «civisme», «citoyenneté», «volontariat».

La spécificité des missions proposées par le Défap, c’est qu’elles s’effectuent à l’étranger, et plus particulièrement en-dehors du continent européen. Ce qui est plutôt exceptionnel dans le cadre d’un Service Civique. Ainsi, en 2014, sur 35.000 volontaires, 784 au total s’étaient engagés pour des missions à l’étranger, dont 491 hors Europe. La découverte d’un pays, le travail dans un contexte interculturel, représentent une expérience dont les Volontaires en Service Civique à l’International (VSCI) reconnaissent tous qu’ils en sortent transformés. Un vrai atout pour l’avenir, tant citoyen que professionnel, avec des bénéfices directs pour poursuivre des études, pour l’orientation professionnelle ; une expérience qui peut aussi déboucher par la suite sur d’autres formes d’engagement.

Le Service Civique, de plus en plus reconnu par les DRH

Pour aller plus loin :

Le Service Civique est aujourd’hui de plus en plus reconnu par les DRH qui, à 87%, en ont une bonne voire très bonne image. Ils considèrent à 75% que c’est un atout dans le parcours d’un jeune et à 64% que cette expérience d’engagement citoyen pourrait les inciter à recruter. Huit ans après la création de ce dispositif, des volontaires de la «première génération» reconnaissent eux aussi le bénéfice qu’a pu avoir le Service Civique dans leur propre parcours. Illustration avec ce témoignage de Daniel Cremer, parti avec le Défap comme assistant d’éducation à l’école primaire protestante Kallaline, en Tunisie, pendant l’année scolaire 2012-2013. Son investissement personnel a été reconnu et apprécié non seulement au sein de l’école elle-même, mais aussi en-dehors, puisqu’il lui a permis de devenir lauréat de l’Institut du Service Civique (devenu depuis l’Institut de l’Engagement). Avec à la clé un soutien pour la suite de son parcours professionnel. Signe de cette prise en compte de plus en plus importante du Service Civique dans le parcours d’un volontaire, l’Institut de l’Engagement augmente d’ailleurs spectaculairement, d’année en année, le nombre de l’auréats qu’il accompagne…

Voici quelques exemples de pays où vous pouvez vous engager et de missions proposées par le Défap pour l’automne 2018 (sous réserve d’agrément) :

  • à Madagascar : assistant(e) d’éducation en centre d’accueil pour enfants à Tananarive ou à Antsirabe
  • au Sénégal : appui à la mise en place de formations pratiques et manuelles à M’bour ; appui à un programme de santé communautaire à Fatick
  • au Cameroun : appui à un programme de santé communautaire à Bafia
  • au Congo-Brazzaville : appui à un programme de santé communautaire à Brazzaville
  • au Bénin : animateur(rice)/répétiteur(rice) en école et crèche à Cotonou
  • en Tunisie : assistant(e) d’éducation à l’école Kallaline à Tunis
  • en Égypte : assistant(e) de français en lycée au Caire

Et pour vous montrer ce que peut vous apporter une mission de Service Civique, voici deux témoignages en vidéo d’anciens envoyés du Défap, partis en mission au cours de l’année 2015-2016… Vous pourrez en rencontrer d’autres au siège du Défap lors de notre journée d’information prévue le 28 avril prochain (pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55).

William, de retour de mission en Tunisie : «Dix mois dans une vie, ça marque un virage»

Nicolas, de retour du Bénin : «J’espère que ce que j’ai créé là-bas a toujours du sens aujourd’hui»




A Pâques, l’inouï de Dieu peut nous effrayer !

Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d’aller embaumer Jésus.

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin, au lever du soleil.

Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre qui ferme l’entrée du tombeau ?»

Mais quand elles levèrent les yeux, elles s’aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée.

Elles pénétrèrent dans le tombeau, virent un jeune homme assis à droite, habillé d’une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit : « N’ayez pas peur. Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qui a été crucifié. Il est ressuscité, il n’est pas ici ! Voici l’endroit où on l’avait déposé.

Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.»

Elles sortirent du tombeau et s’enfuirent, toutes tremblantes et bouleversées, et elles ne dirent rien à personne car elles étaient effrayées. Marc 16,1-8

 


Source : Pixabay

 

La mort est terrible. Celle de Jésus fut horrible et traumatisante pour tous ceux qui l’aimaient, en particulier les femmes qui l’entouraient.

Mais on s’habitue à tout, et passé le choc, même la douleur s’apaise. Les rites funéraires ont un grand rôle à jouer dans cette acceptation de la mort, et stèles et tombeaux peuvent devenir des lieux de recueillement, et même de pèlerinage quand il s’agit de personnages importants.

Inscrite dans la tradition juive, trois femmes se rendent donc au tombeau après le shabbat pour procéder à l’embaumement du corps de leur Rabbi.

Surprise, frayeur, stupeur ! Le tombeau est vide. Il n’y a personne d’autre qu’un étrange porte-parole tout de blanc vêtu, qui annonce l’invraisemblable absence-présence ailleurs de Jésus !

Certes il y eut de ces disparitions dans les temps anciens :  Hénoch, père de Mathusalem, puis le prophète Elie enlevé au ciel dans un char de feu. Et Moïse lui-même fut enterré par Dieu sans que personne ne connaisse le lieu de sa sépulture !

Mais Jésus ?  Que s’est-il vraiment passé ?

La peur des femmes témoigne, non de leur manque de foi, mais de leur vive conscience que l’inouï de Dieu vient de croiser leur vie et celle du monde. Désormais elles n’ont plus le choix : elles sont invitées à se détourner de la mort pour marcher dans les pas du Vivant !

 

 


Source : Pixabay

En ce temps de Pâques nous remettons à Dieu notre Père pour tous nos envoyés, nos communautés, et toutes les Eglises et Institutions avec lesquelles nous sommes en lien à travers le monde.

Seigneur Jésus Ressuscité,
Par ta vie, ta mort et ta résurrection,
Tu as saisi la main de l’homme et de la femme
Pour les arracher à leur détresse et les entraîner vers le Père,
Dans la force de l’Esprit Saint.

Tu es toujours avec nous jusqu’à la fin des temps.
Nous croyons en ta présence, invisible et réelle,
Silencieuse et efficace.
Tu pardonnes nos faiblesses, renouvelles notre confiance.

Envoie sur nous ton Esprit Saint !
Qu’il nous apprenne
A te chercher, comme Marie Madeleine, parce que nous t’aimons,
A souffrir quand nous te délaissons ;
A te trouver dans les Écritures, comme les disciples d’Emmaüs,
Et te recevoir comme pain rompu pour notre Vie ;
A te redire que nous t’aimons, comme Pierre,
Chaque fois que nous avons peur de reconnaître,
Devant les autres, ton influence sur nous.

Que ton Esprit nous communique un souffle de Résurrection
De pardon, de guérison et de communion
En faveur de tout homme et de tout peuple,
Avec priorité au service des plus méprisés et des plus oubliés.

Arrache-nous à nos instincts de mort et d’agressivité,
A nos tentations de désespérer ou capituler devant le mal.

Fais de ton Église une communauté vivant de l’Amour et de l’espérance.
Avec ceux qui te cherchent même sans te nommer,
Toi, le vivant qui fait vivre pour les siècles des siècles.

D’après Jean-Charles Thomas, ancien évêque de Versailles

 

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 16,1-8 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Madagascar : la SALT frappée par une tornade

Fianarantsoa, décembre 2017 : des membres de la SALT récupèrent les tôles emportées par la tornade © Mino Randria pour Défap

La communauté de la SALT, où j’ai été envoyé pour donner des cours intensifs de Sciences des religions durant deux semaines, en février 2018, m’a beaucoup parlé d’une tornade qui les a frappés (traumatisés) le jeudi 21 décembre 2017 (lire ici). Elle est apparue sous un énorme cumulonimbus, a traversé la ville de Fianarantsoa du Sud vers le Nord, réduisant fortement la luminosité pendant 15 minutes et donnant de la grêle et de très puissantes rafales de vent.

La tornade a emporté la toiture en tôle et fait s’effondrer les murs du bâtiment des services techniques de la Municipalité de la ville, blessant grièvement 3 personnes qui se sont abritées sous le hangar (lire ici).

Poursuivant son chemin vers le nord, la tornade (« queue du ciel », en malgache) a causé d’importants dégâts au lycée luthérien d’Ivory Atsimo où Emmanuelle Mouyon a été envoyée par le Défap de 2011 à 2015 comme professeur de français. M. Solofo, proviseur du lycée, raconte que plusieurs logements d’enseignants et bâtiments scolaires ont été touchés et ont pu être réparés à la va-vite, sauf 4 salles de 4 classes de Terminale dont la toiture a été emportée, laissant les murs à la merci des intempéries, le lycée n’ayant pas prévu d’argent pour ce genre d’imprévus.

La tornade a traversé en se renforçant la vallée située au nord du lycée luthérien avant de s’abattre de toute sa puissance sur la SALT (Faculté de théologie luthérienne où Emmanuelle Mouyon et Mino Randria ont été envoyés pour enseigner de 2011 à 2015), arrachant des arbres centenaires, emportant les toitures de plusieurs maisons d’étudiants, de cadres et d’enseignants, ainsi qu’une partie du clocher de la chapelle.

Une maison irréparable doit être démontée

Pour aller plus loin :
Le point sur Madagascar et sur les actions du Défap

Les membres de la communauté de la SALT, élèves, personnels, enseignants et cadres, se sont mobilisés tout de suite pour récupérer les tôles, éparpillées un peu partout dans un rayon d’un kilomètre environ à la ronde, pour recouvrir à la va-vite les maisons touchées.

Une maison de plusieurs familles d’étudiants dont toute la toiture s’est envolée, déchiquetée par le vent, n’a pas pu être réparée, et a finalement été démontée complètement en février 2018 pour essayer de récupérer la boiserie et les briques non abîmées par les intempéries.

Les autres maisons touchées ont récupéré leurs toits juste posés dessus et maintenus par des objets lourds (moellons, sacs de terre, etc.), faute de budget pour une meilleure réparation. Comme le budget ne permet (et donc ne prévoit) pas de ligne pour l’entretien, les imprévus dus aux catastrophes naturelles ne peuvent que faire très mal et laisser des séquelles qui se dégradent de plus en plus avec le temps.

La crèche épargnée par la tornade

Vue de la crèche © Mino Randria pour Défap

La tornade a épargné en revanche la crèche, fraichement rénovée grâce entre autres à une aide conséquente de 4000€ de la part du COS (Comité Œcuménique de Solidarité de Valentigney). Heureusement car la toiture a été complètement refaite. Les murs ont été construits directement sur les fondations, presque de plain-pied, sans la surélévation caractéristique des maisons missionnaires, et réduits d’au moins trois mètres en hauteur par rapport à la crèche d’avant. La varangue a été refaite et sert de clôture pour les tout-petits. Tout a été crépi et repeint à neuf. La petite crèche de secours, utilisée avant la rénovation de la grande, est devenue un logement loué à une famille d’étudiants.

Complètement laissée à l’abandon jusqu’en 2017, la grande crèche accueillait en février 2018 jusqu’à une cinquantaine d’enfants d’étudiants de la SALT. Elle permet aux enfants de la communauté de vivre celle-ci à leur manière. Elle permet aux parents, soit d’assister tous les deux aux cours et faire des recherches à la bibliothèque s’ils sont étudiants tous les deux, soit de travailler pour nourrir la famille pour l’un des deux parents qui n’est pas inscrit.

Tatie Crèche et son associée, une épouse d’étudiant, remercient de tout cœur au nom de la SALT tous ceux du COS qui ont participé à cette collecte !

Mino Randriamanantena
mars 2018


Retrouvez dans la vidéo ci-dessous une présentation de Madagascar, des liens existant aujourd’hui avec les Églises protestantes de France, et des actions du Défap.




RD Congo : l’appel du pasteur Bokundoa à «nos frères et sœurs protestants»

Le pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, en visite au Défap © Défap

Depuis 1997, la République Démocratique du Congo est dirigée par un Kabila : il y eut d’abord Laurent-Désiré Kabila, le tombeur de Mobutu ; puis, après son assassinat en 2001, son fils, Joseph Kabila. Il est toujours à la tête du pays, mais depuis fin 2016, et depuis la fin de son deuxième et théoriquement dernier mandat présidentiel, il a épuisé toutes les formes légales qui lui permettaient de se maintenir au pouvoir. Il gouverne donc sans mandat ; l’opposition politique, divisée depuis la mort en Belgique de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, ne semble pas en mesure de le contrer efficacement, ni de résister à une répression qui s’avère violente. Dans ce pays divisé, en proie à des guerres civiles larvées, qui figure parmi les plus pauvres du monde (le taux de pauvreté y est de 64%), c’est l’Église catholique, seule institution ayant la légitimité suffisante auprès de la population, qui après avoir joué un rôle de médiateur entre le régime et les opposants, a fini par prendre la tête de la contestation. Quant aux protestants, Joseph Kabila s’était acquis leur soutien tacite… jusqu’à l’arrivée du pasteur André Bokundoa à la présidence de l’Église du Christ au Congo (ECC), fédération qui regroupe à elle seule 95 communautés ecclésiales à travers le pays. Depuis lors, les relations se sont tendues avec le pouvoir et l’ECC à son tour est menacée par la répression.

En visite au mois de février en République Démocratique du Congo, le pasteur Jean-Luc Blanc, du service des Relations et Solidarités Internationales au Défap, avait eu l’occasion de participer à une réunion de la 53ème session ordinaire du Comité exécutif national de l’ECC et de transmettre un message de soutien voté lors de l’Assemblée Générale de la Fédération Protestante de France (FPF). En ce mois de mars, c’est le pasteur Bokundoa qui est, à son tour, l’invité des protestants de France. Il a notamment rencontré le président de la FPF, le pasteur François Clavairoly, et participé à une réunion de travail rue de Clichy ; il a également été l’invité du Défap, boulevard Arago. Deux visites que Jean-Luc Blanc voit comme complémentaires : «En ce qui concerne les projets d’avenir et nos relations, ils ont surtout été abordés à la Fédération, en allant dans deux directions : plaidoyer en direction des autorités françaises et organisation d’une plateforme RDC sous l’égide de la Fédération. La visite au Défap a davantage permis de parler de la Mission et d’expliquer le rôle du Défap.» À l’occasion de cette visite au 102 boulevard Arago, André Bokundoa a accepté de répondre à quelques questions sur la situation de l’ECC, et a demandé aux protestants de France «une parole publique» de soutien face aux pressions politiques. Il a également transmis le texte de la Déclaration du comité exécutif national de l’Église du Christ au Congo, qui interpelle directement le régime du président Kabila (à retrouver ici).

 

Pour aller plus loin :

Quelle est la situation politique actuelle en République Démocratique du Congo ?

Pasteur André Bokundoa : Nous sommes dans la fièvre et l’ébullition. La dernière élection présidentielle dans notre pays aurait dû être organisée en 2016 ; elle n’a toujours pas eu lieu. Tous à présent, nous attendons cette échéance électorale, car nous avons besoin d’alternance au pays. Nous voulons croire que le 23 décembre 2018, nous aurons bien les élections présidentielle, législatives, provinciales et locales qui nous ont été annoncées pour cette date, et que nous espérons démocratiques et transparentes.

Quelle est la position de l’Église du Christ au Congo ?

La position de l’Église du Christ au Congo, c’est de rester une Église prophétique – dénoncer le mal, encourager le bien. C’est ce que nous faisons aujourd’hui. On a longtemps accusé l’Église du Christ au Congo d’être proche du pouvoir; mais nous voulons nous démarquer de cette image.

Ce qui n’est pas une position facile à tenir, si l’on en juge par la situation du pasteur Ekofo

Certes, ce n’est pas une position facile ; pourtant nous devons nous y tenir, si nous voulons qu’il y ait un vrai changement. Mais actuellement, c’est plutôt le statu quo : nous attendons l’Assemblée qui doit déterminer la répartition des sièges au niveau national; et nous attendons aussi que la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante de la RD. Congo) puisse nous confirmer la tenue effective des prochaines élections. Sinon, nous lui retirerons notre confiance.

Qu’attendez-vous de vos relations avec les protestants de France ?

Nous attendons de vous, d’abord vos prières ; ensuite, une parole publique, qui montre que vous nous soutenez. De manière à ce que les autorités de notre pays sachent que les protestants de France et d’ailleurs soutiennent ceux du Congo. Car parfois, nous nous considérons un peu comme des abandonnés, des orphelins… Lorsque nos amis catholiques organisent des manifestations, ils savent qu’ils ont le Vatican derrière eux. Nous, nous n’avons pas le Vatican; mais nous avons nos frères et sœurs protestants partout dans le monde qui peuvent nous soutenir par leurs déclarations.

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez