Cameroun : un colloque sur le ministère pastoral féminin

À l’occasion de la dixième Assemblée Générale de la Cevaa, qui s’est tenue du 15 au 24 octobre à Douala, poursuite de notre survol du pays et des activités du Défap. La pasteure Florence Taubmann, qui fait partie de l’équipe des permanents du Service protestant de Mission, a ainsi participé au cours de l’été à une rencontre organisée par Madeleine Mbouté, doyenne de la faculté de théologie protestante de Ndoungué, sur le ministère pastoral féminin.

La «photo de famille» du colloque, juillet 2018 © Défap

«Ministère pastoral féminin : mimétisme ou vocation divine ?» Tel était le thème de la rencontre organisée fin juillet 2018 par Madeleine Mbouté, doyenne de la faculté de théologie protestante de Ndoungué (Cameroun). Une cinquantaine de femmes y ont participé, la plupart occupant un poste pastoral, quelques-unes étudiantes et d’autres évangélistes. Des intervenant(e)s ont nourri les discussions à partir d’exposés sur l’Ancien et le Nouveau Testament, mais aussi sur l’histoire et l’avenir du ministère féminin au Cameroun et en France.

Pour aller plus loin :

Les femmes, qui peuvent entrer dans le ministère pastoral depuis le début des années 2000 au sein de l’Eglise évangélique du Cameroun, constituent environ 10 % du corps pastoral. Répondant à un questionnaire, elles ont témoigné en général d’une forte conscience personnelle de leur rôle et d’une bonne reconnaissance de leurs paroissiens, même si leurs collègues hommes bénéficient encore d’une prééminence dans l’attribution des postes.

Lors du colloque, la parole a été bien distribuée à l’ensemble des participantes, entre la génération des aînées et celle des plus jeunes, avec un réel désir de transmission. Ont été également abordées des questions d’éthique sexuelle, non seulement autour de problèmes de harcèlement, mais du point de vue de la responsabilité des femmes dans le maintien du respect qu’on leur doit.

Ce colloque a été l’occasion d’envisager de nouvelles rencontres régulières de pasteures et théologiennes, comme il y en avait dans le passé, mais plus depuis un certain temps.

Florence Taubmann




Cameroun : retour en images sur la dixième AG de la Cevaa

Ce grand rendez-vous réunissant les délégués des 35 Églises membres de la Cevaa, dont font partie les Églises constitutives du Défap (EPUdF, UEPAL et Unepref), s’est tenu du 15 au 24 octobre 2018 à Douala, capitale économique du Cameroun. Avec notamment des réflexions sur la vie financière et sur les célébrations des cinquante ans de la Cevaa en 2021. L’ensemble de cette Assemblée Générale était placé sous le thème «Le chrétien et l’intolérance religieuse», qui a donné lieu à divers ateliers, séances d’animation et tables rondes. Résumé en images.




Cameroun : la mosaïque des protestantismes

Survol de la vie des Églises protestantes au Cameroun, où s’est tenue en ce mois d’octobre 2018 la dixième Assemblée Générale de la Cevaa : présent depuis le XIXème siècle, le protestantisme a laissé son empreinte dans l’histoire du pays. Les protestants ont fondé les premiers hôpitaux, les premières écoles, la première université… Mais dans un pays à la diversité fourmillante, ils sont eux-mêmes partagés en de multiples Églises, que tente de fédérer le Cepca, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun. Le protestantisme camerounais est aussi confronté aux difficultés que connaît le pays, et qui ont pesé sur la présidentielle du 7 octobre : notamment les affrontements dans les régions anglophones, et la poursuite des violences dues à Boko Haram.

Culte d’accueil de la dixième AG de la Cevaa à Douala, octobre 2018 © Cevaa

Le Cameroun est un pays qui pourrait être un continent. Plus de 200 ethnies et autant de langues, réparties dans des milieux naturels très contrastés : c’est une «Afrique en miniature», comme on l’entend parfois dans la bouche de Camerounais. Dans ce paysage fourmillant, le protestantisme s’est implanté de longue date, apportant l’Évangile dès le XIXème siècle, avec tout d’abord les baptistes, incarnés par le Jamaïcain Joseph Merrick et l’Anglais Alfred Saker. Ils ont été suivis par les presbytériens américains, puis par des arrivées successives de missionnaires d’Europe, dont ceux de la Société des Missions Évangéliques de Paris. Les protestants ont construit les premières écoles, les premiers hôpitaux, la première université : l’Université protestante d’Afrique centrale, à Yaoundé. Sa faculté de théologie, où se retrouvent de futurs pasteurs, mais aussi des étudiants catholiques ou musulmans, accueille aujourd’hui dans une perspective interdénominationnelle des étudiants venant de différents pays des sous-régions d’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Ouest, et bénéficie du soutien de la Cevaa. C’est dans une école protestante qu’a été composé l’hymne national camerounais ; et il n’est pas rare de voir en pleine ville des panneaux publicitaires affichant des versets bibliques pour le compte de telle ou telle Église.

Pour aller plus loin :

Mais le protestantisme n’est plus majoritaire au Cameroun. Selon des estimations officielles, il représente aujourd’hui 26% de la population, le catholicisme étant à 40%, et l’islam à 20%. Il porte l’héritage des missionnaires successifs qui ont fondé autant d’Églises dans les diverses régions du pays : à l’ouest les baptistes, au nord les luthériens, au sud la mission américaine… Une géographie dont l’évolution se poursuit avec la croissance plus récente d’Églises pentecôtistes qui font concurrence aux Églises dites «historiques». À ces lignes de partage s’en ajoutent d’autres, parfois internes aux Églises, en fonction des ethnies, créant de sensibles jeux d’équilibre, voire des conflits, dans la gestion des diverses instances ecclésiales. Une situation qui n’est pas propre aux Églises, dans un pays où structures étatiques et structures traditionnelles se superposent sans s’opposer, où l’on peut retrouver des héritiers des dynasties royales, des lamibé ou des sultans, en poste dans des ministères à Yaoundé. À cela s’ajoute encore le poids de l’histoire : la division entre Cameroun francophone et Cameroun anglophone, héritage des colonies allemandes passées sous mandat français et britannique à l’issue de la Première Guerre Mondiale… Fédérer les protestants camerounais peut donc sembler une entreprise hasardeuse ; c’est néanmoins le projet du Cepca, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun, avec lequel le Défap et la Cevaa entretiennent des liens réguliers. Anciennement nommé Fédération des Églises et Missions évangéliques du Cameroun (Femec), il rassemble aujourd’hui onze Églises luthériennes, réformées, baptistes et anglicanes du pays.

Les Églises face aux défis du Cameroun

Bible dans le temple Nazareth Deïdo, de l’Union des Églises baptistes du Cameroun (UEBC), Douala © Cevaa

Outre la complexité de ce paysage ecclésial, le protestantisme camerounais est lui aussi confronté aux difficultés que connaît le pays, et qui ont pesé sur la récente élection présidentielle. Des rendez-vous électoraux traditionnellement tendus ; celui du 7 octobre, auquel se présentait une nouvelle fois Paul Biya, 85 ans dont presque 36 ans à la tête de l’État camerounais, s’est tenu dans un contexte de violences au cœur des régions anglophones et de persistance des déprédations attribuées à Boko Haram. On estime ainsi à 200.000 le nombre de personnes ayant fui les régions anglophones, craignant à l’approche du scrutin une multiplication des affrontements entre militaires et séparatistes. Un conflit qui trouve ses origines tout autant dans l’histoire du pays – divisé par le Traité de Versailles, réunifié durant les années 70-80 dans des circonstances vécues par les non-francophones comme une annexion – que dans ses problèmes de gouvernance et de représentation des anglophones dans l’appareil d’État. Si, dans les régions concernées, les séparatistes bénéficient d’un réel soutien, auquel s’ajoute l’aide de communautés camerounaises aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ils sont eux-mêmes divisés, et les violences sont propices au banditisme qui fleurit sur fond de revendications politiques. Un lourd défi pour les Églises et le Cepca, qui tente de garder les liens et dont les instances reflètent un délicat équilibre : son nouveau président, Samuel Forba Fonki, élu fin mai, est issu d’une Église anglophone, la Presbyterian Church in Cameroon ; les deux vice-présidents sont issus de l’Église presbytérienne camerounaise et de l’Union des Églises évangéliques au Cameroun, le secrétaire général de l’Union des Églises baptistes du Cameroun…

Pendant ce temps, au nord, le groupe Boko Haram, mouvement insurrectionnel mêlant islam rigoriste et magie traditionnelle, continue ses embuscades en profitant de la porosité des frontières sur les pourtours du lac Tchad. Depuis 2014, il serait responsable de plus de 2000 morts dans l’Extrême-nord du pays, à quoi il faut ajouter les enlèvements, destructions matérielles, vols de bétail : sur la période 2012-2016, le ministère camerounais de l’élevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) chiffre le préjudice pour l’économie du pays à 90 milliards de francs CFA, soit près de 137 millions d’euros. Une violence, et des déplacements réguliers de population, face auxquels les Églises se retrouvent là aussi en première ligne : dans l’Extrême-nord, c’est particulièrement le cas de l’Église fraternelle luthérienne du Cameroun, dont est issu Robert Goyek, prédécesseur de Samuel Forba Fonki à la présidence du Cepca…

Et à ces deux crises s’en est ajoutée, juste après le scrutin, une troisième : la crise post-électorale qui a débuté lorsque, moins de 24 heures après la fermeture des bureaux de vote, et contre toute attente, l’un des huit candidats affrontant Paul Biya lors de la présidentielle a revendiqué la victoire. Il s’agissait de Maurice Kamto, ancien ministre et seul parmi les challengers du président sortant à avoir su obtenir le soutien d’un autre candidat, le juriste Akere Muna. Finalement, après une série d’audiences devant le Conseil constitutionnel retransmises par les principaux médias camerounais, afin d’étudier les recours post-électoraux, Paul Biya a sans surprise été proclamé vainqueur par des institutions toutes acquises à sa cause. «L’élection a été libre, équitable et crédible en dépit des défis liés à la sécurité dans les régions anglophones», a insisté le président du Conseil constitutionnel. Les scores officiels semblaient sans appel : 71,28 % des suffrages exprimés sur l’ensemble du pays, 92,91% dans le Sud, 89,21% dans l’Extrême-Nord, 81,62% dans le Nord… Divers candidats de l’opposition, outre Maurice Kamto, ont néanmoins dénoncé des fraudes électorales. Au niveau des Églises, ce sont les évêques camerounais, par la voix du président de la Conférence épiscopale, Monseigneur Samuel Kleda, qui ont émis des doutes sur la fiabilité de tels résultats. Les manifestations ont été interdites et des forces de police déployées pour dissuader toute tentative de protestation dans la rue. 

Le Cepca, partenaire du Défap au Cameroun
Le Conseil des Églises protestantes du Cameroun regroupe l’ensemble des onze Églises issues de la Réforme dans ce pays, et s’est ouvert récemment à six Églises associées de tendance plus évangélique/pentecôtiste. Le Cepca représente environ 9 millions de fidèles, 10.000 temples (paroisses et lieux de cultes), environ 15.000 pasteurs, évangélistes et catéchistes, 1580 écoles, collèges, lycées et instituts de formation, environ 300 hôpitaux et centres de santé, une quinzaine d’institutions universitaires. La formation des aumôniers fait actuellement partie de ses grands chantiers, qu’il mène en lien avec le Défap. Autre projet en cours réunissant Défap et Cepca : la mise en place d’un soutien à l’enseignement confessionnel dans le nord du pays.

 




Aperçus de l’Assemblée Générale de la Cevaa au Cameroun

Début de la dixième Assemblée Générale et information des délégués sur le déroulement des groupes de maison et des ateliers, culte d’ouverture à Nazareth Deïdo (UEBC) : retrouvez en images… et en musique, les principaux moments de la première journée de l’AG de la Cevaa à Douala, le lundi 15 octobre 2018.

Et pour conclure, un extrait musical de la matinée du 15 octobre :




Quand germe la haine entre frères !

Méditation du jeudi 11 octobre 2018 : pour une lecture interculturelle de la Bible. Nous prions pour nos envoyés en Égypte.

Jacob s’installa au pays de Canaan, dans la région où son père avait séjourné.

Voici l’histoire des fils de Jacob.

Joseph était un adolescent de dix-sept ans. Il gardait les moutons et les chèvres en compagnie de ses frères, les fils de Bila et de Zilpa, femmes de son père. Il rapportait à son père le mal qu’on disait d’eux.

Jacob aimait Joseph plus que ses autres fils, car il l’avait eu dans sa vieillesse. Il lui avait donné une tunique de luxe.

Les frères de Joseph virent que leur père le préférait à eux tous. Ils en vinrent à le détester tellement qu’ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

Une fois, Joseph fit un rêve. Il le raconta à ses frères, qui le détestèrent encore davantage. «Écoutez mon rêve, leur avait-il dit : Nous étions tous à la moisson, en train de lier des gerbes de blé. Soudain ma gerbe se dressa et resta debout ; toutes vos gerbes vinrent alors l’entourer et s’incliner devant elle. »

« Est-ce que tu prétendrais devenir notre roi et dominer sur nous ? » lui demandèrent ses frères. Ils le détestèrent davantage, à cause de ses rêves et des récits qu’il en faisait.

Joseph fit un autre rêve et le raconta également à ses frères. « J’ai de nouveau rêvé, dit-il : Le soleil, la lune et onze étoiles venaient s’incliner devant moi. »

Il raconta aussi ce rêve à son père.

Celui-ci le réprimanda en lui disant : « Qu’as-tu rêvé là ? Devrons-nous, tes frères, ta mère et moi-même, venir nous incliner jusqu’à terre devant toi ? »

Ses frères étaient jaloux de lui, mais son père repensait souvent à ces rêves. Genèse 37,1-11

 


Les rêves de Joseph © Shoshannah Brombacher

 

Non seulement Jacob préfère son fils Joseph à ses autres fils mais il extériorise dangereusement cette préférence, notamment par l’habit remarquable dont il le revêt. Alors la haine qui s’empare de ses frères nous rappelle la scène primitive de Caïn et Abel, comme si la rivalité avec le frère demeurait, depuis l’origine, le défi fondamental que l’être humain doit affronter. Cela reste-t-il vrai quand il ne s’agit plus d’une fraternité de sang, mais d’une fraternité religieuse ou associative ?

Joseph en rajoute en racontant à ses frères un rêve étrange qui ne peut que les provoquer. Alors qu’ils sont tous bergers les voici en train de moissonner ensemble, et les gerbes des frères s’inclinent devant celle de Joseph. Est-ce un songe prémonitoire annonçant le rôle du futur ministre de Pharaon en Égypte ? Ou une allégorie de sa domination ?

Au lieu de s’interroger vraiment, et avec Joseph, sur les significations possibles de son rêve, ses frères vont tout de suite le comprendre dans le sens qui attise leur haine.

Alors Joseph renchérit par un second rêve, où sa toute-puissance s’exprime ostensiblement cette fois. Car ce sont les forces cosmiques qui s’inclinent devant lui. Et il en fait part non seulement à ses frères mais également à son père Jacob, qui semble s’indigner et en garde mémoire.

Quel est le rôle des parents, des éducateurs, dans les relations au sein des fratries ? Quelle conscience ont-ils des germes de jalousie et de violence ? Est-il possible de faire de la prévention sur les questions de rivalité, de place dans la famille, d’aspiration à la justice et à l’égalité ?  Si la famille est une micro-société, ces questions ont forcément une répercussion sur l’ensemble du corps social.

 

 


Source : Pixabay

 

Nous prions pour nos envoyés en Égypte avec cette « prière de l’éducateur ».

Seigneur ils vont leur chemin
Ces garçons et ces filles
Comme tes disciples vers Emmaüs.
Tu les as mis sur leur route.
Donne-moi de les rejoindre
Comme tu m’as rejoint dans mon histoire
Respectant les méandres, les déviances de ma vie.
Apprends-moi, Seigneur, non seulement à les voir
Mais à les regarder :
Ces visages chiffonnés, lisses
Ou ceux dont le sourire dit le cœur
Ces yeux vides, fuyants
Ou ce regard pétillant d’étoiles.

Apprends-moi, Seigneur, à rejoindre ton désir pour eux
En embrassant toute l’étendue de leurs propres désirs.
A ne pas me figer sur ce qu’ils sont
Mais à ma fixer sur ce qu’ils ne sont pas encore.
Comme toi avec tes deux disciples
Donne-moi de les aider
A apprendre que l’essentiel est de goûter les choses intérieurement.
Apprends-moi, envers eux,
L’infinie patience que tu nous portes déjà.
Que je sache leur dire, comme toi si souvent :
« Lève-toi et marche ! »
Que je puisse les inviter à incliner leur cœur
Vers cet Autre qui les habite déjà !




Rencontres avec l’Église Protestante Africaine : «la mission se construit à trois»

Si l’Église Protestante Africaine ne fait pas partie des partenaires historiques du Défap, des rapprochements ont lieu depuis quelques mois. Ils ont été initiés à travers la composante française de l’EPA, qui, en nouant des liens avec les Églises de France, a permis d’entrer en relation avec l’Église mère au Cameroun. Souvent aujourd’hui, la mission implique ainsi un triptyque : une Église issue de l’immigration, son «Église mère», et les Églises de France.

Exemple d’action de l’EPA : un groupe de pygmées musiciens © Défap

 

L’EPA (Église Protestante Africaine) est une Église presbytérienne (réformée) camerounaise qui a pour spécificité de faire ses cultes en langues locales. C’est une composante forte de son histoire : issue, à l’origine, des travaux de la mission presbytérienne américaine, elle a commencé à s’organiser comme une Église autonome en 1934 précisément par souci de la défense de la langue kwasio, un dialecte employé principalement en Guinée équatoriale, mais également au Cameroun dans la région du Sud. Initialement concentrée dans la région de Lolodorf, l’Église s’est étendue depuis à d’autres régions du pays.

L’EPA n’est pas un partenaire historique du Défap. Pourtant, ses orientations théologiques auraient pu nous rapprocher, mais les aléas de l’histoire en ont décidé autrement et l’avaient conduite à développer des liens plutôt avec le Département Missionnaire Suisse : DM-échange et mission, l’équivalent du Défap pour les Églises protestantes de Suisse francophone.

Être ensemble missionnaires ici et là bas

Un temple de l’Église Protestante Africaine © Défap

Mais, depuis quelques mois, de nouvelles relations naissent et se développent. Elles sont le fruit de rencontres entre des paroisses de l’Epudf (Église protestante unie de France), de l’Uepal (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine), les communautés de l’EPA en France et le Défap. C’est parce que la composante française de l’EPA est en train de se rapprocher des Églises de France que nous sommes entrés en relation avec l’Église mère au Cameroun de manière à mieux la connaître et la comprendre. Nous pourrons ainsi mieux accueillir ces frères et sœurs camerounais et être ensemble missionnaires ici et là bas !

Comme souvent aujourd’hui, la mission se construit à trois : une Église issue de l’immigration, l’Église «mère» et nos Églises de France. C’est dans cet esprit que le Secrétaire Général de l’EPA, le pasteur Massaga, est venu en France visiter leurs communautés et rencontrer le président de la Fédération protestante de France (FPF), le pasteur François Clavairoly, ainsi que le Défap. Ces diverses rencontres qui ont eu lieu début octobre permettent d’envisager de beaux rapprochements dans un avenir proche.




Comment préparer «l’après-mission»

La mission des envoyés du Défap ne s’arrête pas forcément avec le retour en France : apprendre à capitaliser sur leur expérience, à la partager, à jouer le rôle de «fenêtres sur le monde», tel est aussi le rôle de la «session retour».

Travaux de groupes dans le jardin lors de la session retour 2018 des envoyés du Défap © Défap

Ils se sont répartis en petits groupes de cinq-six personnes, dans trois lieux différents de la grande maison du Défap : l’un dans la «salle de cours», un autre dans le «salon rouge», un autre enfin dans le jardin. L’après-midi de ce samedi 6 octobre, premier jour de la «session retour des envoyés», a été ouverte par la pasteure Florence Taubmann, du service Animation-France du Défap, avec un questionnaire fouillé. Une demi-journée qui, après la matinée destinée à mettre en mots les expériences vécues par les volontaires, est consacrée à l’après-mission. Pour la quinzaine de volontaires revenus en France après la fin de leur mission, et réunis pendant trois jours au 102 boulevard Arago, il s’agit de préparer une nouvelle étape : pour eux-mêmes, pour le Défap et pour ses partenaires au Bénin, au Congo, en Tunisie, à Madagascar…

Florence Taubmann a choisi de placer ces ateliers sous le signe d’un personnage biblique, et plus précisément de la «double mission de Joseph», pour stimuler les réflexions des groupes. Et d’expliquer, avant de faire circuler les questionnaires : «Joseph, avant-dernier fils de Jacob, a eu de nombreuses difficultés au sein de sa fratrie – notamment parce qu’il avait un talent, celui d’interpréter les rêves. À tel point que ses frères ont fini par vouloir se débarrasser de lui, et l’ont vendu à des marchands ismaélites en route pour l’Égypte. Et dans ce pays, c’est justement parce qu’il savait interpréter les rêves qu’il a pu, au final, assumer une double mission de sauvetage : il a sauvé à la fois le pays d’Égypte, et sa famille, de la disette… Pour vous, y a-t-il eu aussi une forme de double mission, entre là-bas et ici ?»

«J’ai encore la tête là-bas»

Pour aller plus loin :

Le cadre a été posé : «Vous avez 40 minutes», a annoncé Florence Taubmann. Et dans chacun des groupes, les échanges se sont engagés autour des lignes directrices définies par le questionnaire. «Comment percevez-vous vos motivations de départ à la lumière du temps passé en mission ?» Pour certains, elles ont été renforcées : «Je voulais découvrir quelque chose que je ne connaissais pas, c’est bien ce qui s’est produit», lance une participante. Pour d’autres, elles ont été affinées, ou contredites, parfois le regard a significativement changé… Autre question : «Vous sentez-vous appelés au retour, avec l’idée de ce que vous avez à faire ici ? Auriez-vous espéré rester en mission là-bas ?» Selon les groupes, certains hésitent : «Nous restons ouverts à ce qui peut nous appeler ici en France, annonce un couple de volontaires ; mais nous sommes aussi prêts à repartir». Une envoyée reconnaît qu’elle a «encore la tête là-bas». Pour d’autres, le retour est tout simplement une étape logique après la mission…

Et les questions s’enchaînent : «Avez-vous découvert ou approfondi vos talents ?». Certains évoquent les défis à relever dans des situations inconnues, qui se révèlent autant d’opportunités d’apprendre et de s’adapter… «Pouvez-vous vous projeter dans cette idée de double mission ? Quelle relation entre ici et là-bas ? Quelles solidarités ?»… Si les envoyés se voient commes des fenêtres sur le monde, être entre deux univers, deux cultures est une position inconfortable ; elle peut aussi donner envie d’un autre engagement de plus longue durée. «Vous avez été envoyés par le Défap, qui est soutenu par trois Églises ; comment percevez-vous aujourd’hui la mission du Défap ?». Un envoyé souligne : «C’est un privilège d’être envoyé par le Défap, d’avoir un soutien, une aide sur le plan administratif ; ça peut permettre de faire partie d’un plus grand groupe…» ; Un autre pointe «le rôle précieux de la formation, les relations humaines qui s’y tissent, même si ce n’est pas l’objectif premier»… «Avez-vous des idées sur la manière dont vous pourriez aider le Défap à poursuivre sa mission – à travers vos échanges avec d’autres envoyés, ce que vous avez vécu dans les Églises qui vous ont accueillies… ?» Sur ce dernier point, certains se disent prêts à témoigner de leur expérience en France, ou à échanger avec les futurs envoyés.

Laura Casorio, responsable des envoyés, rebondit sur ces dernières remarques en parlant du rôle des ERM, les Équipes Régionales Mission : ces groupes régionaux constitués de pasteurs et de laïcs ont précisément pour rôle de stimuler les activités autour de la mission, ici en France, au niveau local. Des anciens envoyés du Défap, jouant le rôle de témoins, voilà pour eux des ressources précieuses. Les ERM ont justement un représentant qui assiste à cette formation, Simon Assogba, membre de l’équipe de région parisienne…

Franck Lefebvre-Billiez




Journées Portes Ouvertes : 10-19 septembre 2021




Journées Portes Ouvertes : 10-19 septembre 2021




«Servir par les livres» : session intensive d’été pour la CLCF

«Servir par les livres» est le slogan de la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone, dont le Défap est un des membres fondateurs, créée pour venir en appui aux bibliothèques des instituts théologiques en Afrique francophone, dans les Caraïbes et l’Océan indien. Elle organise de début août à fin septembre une formation accélérée en bibliothéconomie au Cameroun. Cette session intensive fait partie des programmes de formation que la CLCF organise chaque année depuis le début des années 2000, dans des pays différents de l’espace francophone, en parallèle de ses activités visant à enrichir les fonds documentaires des bibliothèques.

© CLCF

 

La Centrale de Littérature Chrétienne Francophone (CLCF) propose, du 6 août au 28 septembre 2018, une formation intensive destinée aux personnels travaillant dans les bibliothèques de formation de pasteurs en Afrique francophone. Les cours se dérouleront, pour la plupart, sur le site de l’Université Protestante d’Afrique Centrale à Yaoundé (UPAC, Djoungolo).

Sont directement concerné(e)s les employé(e)s des bibliothèques de formation de pasteurs en quête de meilleures connaissances dans le cadre de leur travail, ayant dû interrompre une formation en bibliothéconomie ou ayant besoin d’un «recyclage» après une première formation ancienne. Et sont prioritaires pour cette formation les employé(e)s d’Instituts entretenant un partenariat de longue date avec la CLCF ou avec les organismes missionnaires qui sont en lien direct avec elle, à savoir le Défap, DM-échange et mission ou la Cevaa.

Cette session intensive de deux mois fait partie des programmes de formation d’auxiliaires de bibliothèque en Afrique que la CLCF organise chaque année depuis le début des années 2000, dans des pays différents de l’espace francophone, notamment au Cameroun (de 2001 à 2012), à Madagascar (depuis 2006) et plus récemment au Bénin.

Équiper les bibliothèques des instituts théologiques

Pour aller plus loin :

La CLCF a une vocation humanitaire : elle appuie la formation théologique et pastorale et représente un service d’entraide à l’intention d’environ 170 institutions de formation théologique. Elle soutient aussi directement les étudiants en théologie. Le champ d’action de la CLCF est large : il couvre en effet l’Océan Indien (Madagascar, Réunion, Maurice), toute l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest, le Pacifique (Polynésie française, Nouvelle Calédonie, Fidji) et les Caraïbes, avec en particulier Haïti. Dans ce dernier pays, c’est via le Défap et la Plateforme Haïti, créée par la Fédération Protestante de France en 2008, qu’elle œuvre sur le terrain. On la retrouve aussi, à un moindre degré, dans d’autres pays pas toujours considérés comme francophones, mais où l’on lit et l’on parle du français, comme le Liban.

Un premier service de la CLCF a été mis en place dès 1983 à l’initiative des différents services missionnaires d’Églises protestantes de France (le Défap) et de Suisse romande (DM-échange et mission) pour aider à équiper en livres les instituts théologiques francophones, dans un contexte où les fonds d’ouvrages et de revues manquaient dans les bibliothèques en langue française, en particulier faute de moyens suffisants. Il s’agissait de récupérer revues et ouvrages de théologie dans le Nord et trouver les moyens de les acheminer dans le Sud. Avec des défis logistiques certains : en 2014, ce sont ainsi plus de deux tonnes de revues de théologie qui ont été données par l’Église protestante de Genève, suite à la fermeture du Centre Protestant d’Études de Genève.

Une diversification des activités : centrale d’achat et sessions de formation

© CLCF

Aujourd’hui présidée, depuis l’automne 2015, par la pasteure Claire-Lise Oltz-Meyer (anciennement en poste à Madagascar), et coordonnée par Joan Charras Sancho, docteure en théologie protestante et dynamique secrétaire générale de l’association, la CLCF a su diversifier ses activités au fil du temps, se dotant d’une centrale d’achat, ainsi que d’un service de conseil et de formation en bibliothéconomie. C’est ce service qui organise régulièrement des sessions de formation intensive, avec l’aide d’équipes locales. On trouve ainsi à Madagascar la Fabim, la Formation des Auxiliaires de Bibliothèque, une équipe dont la doyenne est Berthe Raminosoa et la coordinatrice Nivoniaina Raharijaona. Elle propose des formations d’auxiliaire de bibliothèque sur toute l’île et elle supervise le développement des bibliothèques sur une douzaine de campus. La FibY, la Formation Intensive des Bibliothécaires à Yaoundé, est coordonnée par Philibert Moudio Dalle. Cette équipe ne proposait jusqu’ici que des formations estivales, intensives. Elle s’étoffe à présent avec un réseau de mutualisation des informations (le Ridoc) et une tournée des bibliothèques. La plus récente, la Fabao, la Formation des Auxiliaires de Bibliothèque en Afrique de l’Ouest, est coordonnée par Omer Dagan. Cette équipe propose une formation intensive d’auxiliaires de bibliothèque, ainsi que des visites des bibliothèques dans son champ géographique.




Service civique : une journée d’information au Défap le 28 avril

«Les échanges, ça vous change» : livret du Défap destiné aux volontaires © Défap

Pour s’engager, la première étape, c’est s’informer. Vous faites parties des deux-tiers de jeunes qui, aujourd’hui en France, sont intéressés par le Service Civique ? Vous voudriez savoir si les missions proposées par le Défap correspondent à vos aspirations ? Une journée d’information est organisée le samedi 28 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, par le Défap – Service protestant de mission et Visa Année Diaconale. Elle vous permettra d’échanger avec nos équipes qui répondront à vos questions, et d’en apprendre davantage sur les missions, le contexte dans lequel elles se déroulent, et le suivi réalisé.

Ainsi, les volontaires qui partent en mission de Service Civique bénéficient d’un double tutorat : ils sont suivis à la fois par l’organisme qui les envoie, et par un responsable sur le lieu de leur mission. Le statut de Volontaire du Service Civique comprend une indemnité de subsistance et une couverture sociale complète. Le Défap s’assure qu’un logement est disponible et prévoit la préparation et la formation au départ préalable du volontaire. Si vous êtes de nationalité française ou ressortissant(e) de l’Espace Économique Européen, âgé(e) de 18 à 25 ans inclus, autonome, capable de vous adapter à un contexte interculturel, et prêt(e) à respecter les consignes de sécurité imposées par le contexte politique du pays dans lequel vous serez envoyé(e), il y a sans doute une mission de Service Civique pour vous !

Venez rencontrer nos équipes et d’anciens volontaires

Pour aller plus loin :

Le Défap et Visa Année Diaconale sont deux organismes protestants agréés, qui ont une longue expérience d’envoi de volontaires sur des missions de longue durée (plus de 6 mois) à l’international, et qui ont développé depuis des années des missions de Service Civique. Ils proposent des domaines de compétences et des lieux de missions qui peuvent être considérés comme complémentaires, d’où cette journée d’information commune. Elle prévoira :

  • Un temps de présentation sur l’engagement de jeunes dans le secteur social, éducatif, environnemental sur le long terme à l’international
  • Un temps de présentation des organisations, des dispositifs d’envoi et des missions types
  • Des moments de rencontre avec d’anciens volontaires
  • Un temps d’échange plus personnalisé pour répondre aux questions

Alors, prêt(e) à partir avec le Défap ? Pour achever de vous convaincre, regardez donc ce film réalisé par Anna Strumpler dans le cadre de sa mission de Service Civique. Et rendez-vous le 28 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, pour plus d’informations… Pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55.




Synergie de l’engagement protestant à l’international !

L’engagement des jeunes à l’international avant tout

Quitter pendant un an, confort, amis, habitude, repère, langues,… et partir en Europe, en Afrique ou ailleurs pour s’engager dans une mission qui a du sens ; voilà l’objectif commun que proposent les deux associations protestantes « le Défap » et « VISA l’Année Diaconale ». Ces deux organismes protestants agréés ont une longue expérience d’envoi de volontaires sur des missions de longue durée à l’international, et qui ont développé depuis des années des missions de Service Civique.

Une exigence commune d’accompagnement

Le statut de volontaire en Service Civique comprend une indemnité de subsistance et une couverture sociale complète. Cependant le Défap et VISA-AD s’assurent :

  • que les volontaires qui partent en mission de Service Civique bénéficient d’un double tutorat à la fois par l’organisme qui les envoie et par un responsable sur le lieu de leur mission
  • que les volontaires auront un logement mis à disposition et une formation de préparation en amont.

Élargir l’offre d’engagement

Le Défap et VISA-AD proposent des domaines de compétences et des lieux de missions qui peuvent être considérés comme complémentaires puisque chacune des organisations capitalisent leurs expériences sur des zones géographiques et des contenus différents permettant ainsi à chaque jeune voulant s’engager à partir de septembre 2018 de pouvoir trouver son projet personnel quel que soit son parcours.

Des rencontres de Paris à Strasbourg

Les deux associations proposent pour tous les jeunes (<26 ans) ou toutes personnes s’intéressant au volontariat à l’International, des journées d’informations gratuites communes. Celles-ci prévoiront :

  • Un temps de présentation sur l’engagement de jeunes dans le secteur social, éducatif, environnemental sur le long terme à l’international
  • Un temps de présentation des organisations, des dispositifs d’envoi et des missions types
  • Des moments de rencontres avec d’anciens volontaires
  • Un temps d’échanges plus personnalisé pour répondre aux questions

Rendez-vous les :

  • samedi 28 avril à 13h30 au Défap, 102 boulevard Arago à Paris (Facebook)
  • samedi 12 mai à 13h30 au 1bis quai St-Thomas à Strasbourg (Facebook)

Retrouvez ci-dessous en vidéo une présentation des missions proposées par VISA-AD :

 

À propos de Visa-AD
  Engagée dans le volontariat depuis 1959, l’association Volontariat International au Service des Autres – Année Diaconale accompagne des jeunes dans leur Service Civique et Service Volontaire Européen.
Basée à Strasbourg, elle développe des missions de volontariat à long terme dans les domaines de l’action sociale, de l’éducation, de la solidarité et de la santé, en France et en Europe.
Son action crée le lien entre des structures associatives en demande de volontaires et des jeunes de 18 à 30 ans prêts à s’engager.