Méditation du jeudi : L’Église, singulière et universelle

Méditation du jeudi 6 janvier. Comment peut-on parler de l’universalité de l’Église, alors même qu’elle est « mise à part », sainte, distincte du monde ? Et comment vivre en témoins de cette preuve d’une autre réalité que notre réalité ordinaire – celle de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ ?

Fleur de pissenlit © Pixabay

Considérez, frères, qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu : il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature ne puisse s’enorgueillir devant Dieu. C’est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et délivrance afin, comme dit l’Écriture, que celui qui s’enorgueillit, s’enorgueillisse dans le Seigneur.
(1 Co 1,26-31)

L’Église est paradoxale : elle est à la fois singulière et universelle. Elle est singulière parce qu’elle est mise à part : c’est ce que signifie, littéralement, le mot « sainte », mise à part, distinguée, non confondue. Elle ne se confond pas avec le monde, parce qu’elle est à part, différente, preuve d’une autre réalité que notre réalité ordinaire. Et en même temps, l’Église est universelle : la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ fait qu’il n’existe plus aucun critère de sélection par lequel les humains pourraient prétendre accéder à l’amour de Dieu en étant plus qualifiés que les autres. L’apôtre Paul le dit bien : il écrit à ceux qui ne peuvent se réclamer ni de la sagesse, ni de la bonne naissance, ni d’une belle position sociale en ce monde. Il écrit à ceux qui renoncent à se sentir importants par eux-mêmes, pour faire simplement confiance à Dieu pour leur donner des raisons de se sentir acceptables. Le théologien Paul Tillich disait que la foi, c’est le courage d’accepter d’être accepté.

Nous avons à dire, c’est notre mission, que l’Église est à la fois universelle (personne n’en connaît les contours et personne ne peut se targuer d’en détenir la clé) et sainte, mise à part (il n’y a plus en ce monde de différence de qualités entre les êtres humains : devant Dieu nous sommes tous accueillis sans qualités, sans surface sociale, sans richesse). En d’autres termes, nous sommes porteurs de ce qui est universel, et c’est ce qui nous met à part !

Comment vivre en témoins de cette universalité qui dépasse les frontières ? Que cette question nous accompagne au cours de cette année qui s’ouvre et que Dieu ouvre nos yeux à l’universel de sa grâce.

Prière

Nous nous unissons dans la prière et nous portons dans cette prière tous les envoyés du Défap de par le monde :

Pour que ta paix rayonne au milieu de nous et que ton amour libère nos vies, Seigneur, nous te prions.
Donne-nous de persévérer dans la foi et mets dans nos cœurs le désir de ton Royaume.
Guide ton Église sur le chemin de l’Évangile, que ton Esprit Saint la garde accueillante.
Nous te prions pour les responsables des peuples, afin qu’ils aient la volonté de promouvoir la justice et la liberté.
Ô Christ, tu as pris nos infirmités, tu t’es chargé de nos maladies ; soutiens ceux qui traversent une épreuve.
Pour ceux qui sont au service des opprimés, des étrangers, des isolés, nous te prions.
Nous te confions nos familles, tous ceux qui nous ont demandé de prier pour eux et qui prient pour nous.
Pour notre pays, notre région, notre village, notre ville, tous nos lieux quotidiens, afin que les chrétiens y soient témoins d’espérance et artisans d’unité, nous te prions.
Jésus notre joie, tu veux pour nous un cœur tout simple, comme un printemps du cœur. Alors les choses compliquées de l’existence nous paralysent moins. Tu nous dis : ne t’inquiète pas, et même si ta foi est toute petite, moi le Christ je demeure toujours avec toi.
Amen

(Prière de Taizé)




Un Conseil sous le signe de la sauvegarde de la création

Le prochain Conseil du Défap, qui se tient en distanciel ces vendredi 7 et samedi 8 janvier 2022, sera notamment l’occasion de mettre en débat l’opportunité de nouvelles mesures en faveur de la sauvegarde de la création. La Commission Projet du Défap a élaboré une proposition de démarche en ce sens.

Une réunion du Conseil du Défap – Défap

Il est des contraintes nouvelles qui se traduisent simplement par une limitation de notre périmètre d’action ; par une restriction plus ou moins perceptible de notre liberté… Il en est aussi qui révèlent des failles ou des fragilités préexistantes, et qui poussent à des prises de conscience nécessaires. C’est le côté ambivalent des crises, qui par les remises en question qu’elles impliquent, offrent des opportunités de transformations. Celle du Covid-19 a largement bousculé notre société et mis en lumière nombre de ses déséquilibres ; elle a aussi affecté les Églises et nombre d’institutions liées aux Églises, représenté des périls inédits, mais également transformé les comportements. C’est tout autant le cas, bien que de manière moins brutale, pour la crise écologique.

Alors que les conséquences des changements climatiques, de la déforestation, de l’épuisement des ressources naturelles font peser des menaces sur l’avenir de toute l’humanité, et notamment des plus fragiles, les questions environnementales ne sont plus du seul ressort des spécialistes ou des militants écologistes. Les humanitaires s’y sont mis aussi. « Oui, le changement climatique est un problème humanitaire », affirmait ainsi fin 2018 un article du « New Humanitarian », anciennement l’agence IRIN News, service d’information et d’analyses humanitaires (IRIN étant un acronyme en anglais pour l’expression : « Integrated Regional Information Networks », un réseau créé en 1995 et qui était à l’origine lié au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU). « Le changement climatique n’est plus perçu comme une menace future: la réalité nous frappe aujourd’hui », poursuivait le même article, signé de Maarten van Aalst, Directeur du Centre climat de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les Églises se sont également saisies de la question, aux côtés de nombreux mouvements citoyens. Si elles ne militent pas directement en faveur du climat, elles manifestent bien souvent, à travers leurs activités, leurs projets, des préoccupations fortes concernant la sauvegarde de la création. Dès 1983, la Déclaration œcuménique de Vancouver a souligné les liens existant entre justice, paix et sauvegarde de la création.

Les Églises et les préoccupations écologiques

 

En France, de multiples initiatives ont vu le jour, comme le label Église Verte ou la mise en place d’une commission Écologie et justice climatique au sein de la Fédération protestante de France. Dans le cas du Défap, il a contribué à la création du Secaar, réseau de 18 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, lequel s’est fixé comme vocation « de rétablir l’Homme et la Création dans son intégrité » ; le Défap soutient aussi des projets associant sauvegarde de la création et lutte contre l’exclusion et la pauvreté, comme, en Tunisie, l’association Abel Granier, qui a mis au point des techniques de réhabilitation des sols, ou au Maroc, l’ALCESDAM, qui aide à la sauvegarde de palmeraies, luttant contre l’avancée du désert et permettant aux paysans de mieux vivre sur place au lieu de devoir s’expatrier.
 

Le prochain Conseil du Défap, qui se tient en distanciel ces vendredi 7 et samedi 8 janvier 2022, sera notamment l’occasion de mettre en débat l’opportunité de nouvelles mesures en faveur de la sauvegarde de la création. Cette thématique, déjà présente dans les faits à travers de nombreuses activités du Défap, a trouvé une première formalisation dans son programme de travail pluriannuel à partir de 2015 ; le lien entre justice, respect de la création et dignité humaine a été développé dans son document « Convictions et actions » qui trace les grandes lignes de ses activités jusqu’en 2025 ; il s’agira désormais de savoir si le Défap doit s’engager dans de nouvelles démarches visant à réduire son empreinte écologique. La Commission Projet du Défap a élaboré une proposition de démarche en ce sens, qui sera soumise au Conseil.

Ce ne sera bien sûr pas le seul thème abordé au cours de cette session du Conseil – l’une des quatre sessions organisées chaque année. Cette réunion sur deux jours donnera aussi l’occasion d’un débat de fond sur la mission à partir d’un texte du théologien Kaï Funkschmidt : « Nous avons besoin de l’Afrique ! Mais pourquoi ? » Elle permettra aussi de donner des nouvelles de ce que vivent les envoyés et boursiers, d’aborder la question du renouvellement des instances du Défap, celle du budget 2022 ou encore de donner la parole aux instances associées au Service protestant de mission : Cevaa (Communauté des Églises en mission), FPF (Fédération protestante de France), ACO (Action Chrétienne en Orient, qui célèbre cette année son centenaire), Ceeefe (Communauté des Églises protestantes francophones), Cimade, CEAF (Communauté des Églises d’expression africaine francophone)… Et elle sera également consacrée à la préparation de l’AG 2022.




« Les deux pieds en Afrique » : « On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé »

« Les deux pieds en Afrique », carnet de voyage publié aux éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap, poursuit son aventure en libraire. Retrouvez une interview de son auteur, Manior, réalisée pour Campus Protestant ; il y évoque sa mission au Cameroun, mais aussi l’importance de la préparation avant le départ suivie au Défap. Vous pouvez commander l’ouvrage sur le site des éditions Scriptura, mais aussi auprès du Défap – ou demander à Manior votre exemplaire dédicacé !

Manior lors d’une séance de dédicaces dans le jardin du Défap © Défap

Quoi de mieux, pour la période des frimas et de Noël, que d’offrir une expédition au Cameroun ? « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » a pour origine une mission vécue au cours de l’année 2014-2015 par Marianne et Romain, tous deux partis avec le Défap. C’est à la fois une bande dessinée, dont la tonalité pourrait évoquer le « Retour à la terre » du tandem Jean-Yves Ferri – Manu Larcenet, et un journal, reprenant beaucoup des éléments publiés à l’époque sur le blog de Romain et Marianne. On y retrouve une grande partie des étapes classiques du vécu des volontaires internationaux : l’euphorie de l’arrivée, suivie de la prise de conscience plus ou moins douloureuse des réalités et des contraintes locales, avant la « période d’immersion » marquant l’adaptation à ce nouvel environnement, et la « période de réalisation »… Le rapport à la langue et aux autres, la manière de se nourrir, de se déplacer, de travailler, les relations à distance avec les proches restés en France… tout doit être revisité. Tout au long de ce carnet de voyage au ton volontairement décalé, on sent bien les transformations qui s’opèrent chez Maya et Manior.

S’il s’agit là d’un récit particulier, nécessairement unique, il fait aussi écho au vécu et aux perceptions de nombreux autres envoyés. Ici, l’accent est mis sur le quotidien, avec ses rencontres et ses quiproquos qui parfois bousculent, parfois entraînent des prises de conscience ou des remises en question profondes ; le tout sur le ton de l’humour, manière de dédramatiser et de démystifier une aventure qui pousse chaque envoyé à sortir de sa zone de confort, et aura des effets sur toute la suite de son existence.

« Un cadre reconnu, légal, bien organisé »

« Les deux pieds en Afrique » a été publié par les éditions Scriptura, à l’occasion des célébrations des 50 ans du Défap. Vous pouvez retrouver ci-dessous une présentation faite lors d’une interview réalisée à la libraire 7ici pour Campus Protestant : un entretien avec Christelle Poujol, responsable de la librairie, au cours duquel Romain (Manior) souligne notamment l’importance de la formation au départ que dispense le Défap : on ne part pas en immersion dans un contexte aussi radicalement différent sans une solide préparation. Cette préparation, comme en témoigne Manior, « permet d’ancrer notre action dans un cadre reconnu, légal, bien organisé ; d’avoir aussi une formation en amont, et un debriefing au retour ».
 

Au Défap, cette formation dure deux semaines, généralement début juillet : deux semaines riches en termes de contenus (sont abordées les questions interculturelles, le travail dans le contexte ecclésial, les problématiques de santé, de sécurité, de relations inter-religieuses) ; en termes de rencontres (entre futurs et anciens envoyés)… « On est formé sur des choses à la fois pratiques et psychologiques concernant la rencontre, le rapport à l’autre », rappelle Manior, en soulignant : « Ça nous a beaucoup aidé. Il y a des exercices qu’on nous a fait faire, qui sur le moment paraissaient un peu légers ; et en fait, lorsque la mission a commencé, lorsqu’on s’est retrouvé au Cameroun, ça prenait tout son sens. On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé pour ce temps-là ».

Pour tous ceux qui la vivent, cette période de l’envoi en mission est bien plus qu’une parenthèse : il y a des liens personnels qui se tissent, des visions du monde qui se transforment ; et depuis 50 ans, le Défap agit comme catalyseur de ces rencontres qui changent des vies. À travers cet album, Maya et Manior nous racontent, avec les mots d’aujourd’hui, un épisode de cette aventure qui dure depuis 1971. Alors pour Noël, offrez un peu de la chaleur du Cameroun ! « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » peut être bien sûr acheté à la librairie 7ici ; sur le site des éditions Scriptura ; vous pouvez aussi en commander auprès du Défap ; et vous pouvez aussi demander directement à Manior un livre dédicacé ! Il lui reste quelques exemplaires…




Méditation du jeudi : Laissons-nous de l’espace à remplir par Dieu

Méditation du jeudi 16 décembre. En ce temps d’avant Noël, évitons le trop-plein : conservons du vide, de l’espace que Dieu puisse remplir. Noël, c’est Dieu qui vient, mais ni de la manière, ni là où nous l’attendions.

« La Nativité », fresque de Sandro Botticelli (vers 1476-1477) © Wikimedia Commons

Pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait accoucher arriva, et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’emmaillota et l’installa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait plus de place pour eux dans la salle commune.
(Luc 2, 6-7)

Le monde est plein. Le monde est plein de monde. Le monde est plein d’objets. Le monde est plein d’ambitions. Le monde est plein de croyances et de bonnes intentions.

Le monde est si plein que Dieu s’y montre dans les interstices. Là où nous ne l’attendons sûrement pas. À la crèche, par exemple : dans le lieu où sont relégués ceux qui ne trouvent pas place dans l’espace commun, dans la salle commune. Le lieu inhospitalier par excellence.
Est-ce qu’il reste un peu de vide, dans ce monde, pour que Dieu puisse y venir ? Est-ce qu’il reste un peu de vide pour qu’un écho de sa Parole puisse résonner ?

Il existe un petit jeu qui s’appelle le taquin, un de ces petits jeux qui s’entassent dans un tiroir ou s’égarent sous un meuble, un jeu sans importance, qui ne sert qu’à passer le temps et sur lequel on se surprend parfois à passer des heures, un de ces petits jeux auxquels on pense aux moments les plus bizarres sans savoir pourquoi.

Il a une règle tellement simple que ce n’est même pas une règle : il s’agit de mettre en ordre une série (des chiffres, des lettres ou une image). Mais le jeu n’est pas dans la règle, il est dans la matérialité du petit plateau, et il faut qu’il soit petit pour qu’on puisse y jouer. Un plateau minuscule, cinq ou six centimètres de côté au maximum, et des cases – des cases qui coulissent les unes par rapport aux autres à l’intérieur d’un cadre.

❝ Il vient !

Si toutes les cases sont occupées, ça n’est qu’un petit carré. Mais si vous enlevez une des cases, si vous libérez une des cases… Là, ça devient intéressant. Vous pouvez faire bouger un des petits carrés qui restent en le poussant du bout du doigt, là où se trouve maintenant une place vide. Dans l’espace ainsi libéré, vous pouvez pousser un autre petit carré. Et ainsi de suite. Vous pouvez faire bouger l’espace vide comme ça, en le remplissant tour à tour. C’est là que c’est beau. Parce que si vous écoutez ce qui se passe en le disant à haute voix, vous entendrez ça : « Un plein dans le vide, encore un plein dans le vide, le vide bouge, c’est le vide qui permet que ça bouge… » C’est exactement ça : sans vide, il n’y a pas de mouvement possible.

Pourquoi vous raconter tout ça ? Parce que c’est presque Noël. Et que c’est le plus beau des cadeaux que nous puissions faire, le plus cadeau que nous ayons reçu. Qu’il y ait un peu de vide quelque part, pour permettre que ça bouge. Que tout ne soit pas plein, pour que le mouvement soit possible. Un peu de vide pour de la vie… à chacun de l’interpréter sur son propre chemin ! Un peu de vide dans notre temps, dans nos certitudes, dans nos habitudes, dans notre quotidien. Un peu de vide pour retrouver le souffle, pour retrouver le sens.

La case vide… c’est la folie de l’Évangile ! C’est le souffle qui, malgré notre monde si plein, malgré nos vies si pleines, vient s’insinuer là où on ne l’attendait pas. Oui, Dieu vient ! Il vient là où vous ne l’attendez pas, mais il vient… Vous pouvez faire de la place pour lui, vous pouvez écouter le son infime qu’il fait en entrant dans nos vies… mais ça n’est pas une condition pour qu’il vienne. De toute façon, il vient. Il s’installe. Il trouve le petit espace nécessaire, dans le monde et en vous. Il parle. Vous l’avez entendu, et vous l’entendrez encore. Il vient !

❝ Un tout petit espace…

Il vient en révélant un visage de Dieu que nous n’attendions pas. Couché dans une mangeoire. Ou là-haut sur une croix. Alors que nos regards se tournent vers le ciel, c’est lui qui vient et qui bouleverse notre monde, comme un souffle de liberté. Il vient !

Ce bébé n’était pas prévu par le monde et le monde ne l’a pas reçu. Il n’y avait plus de place pour lui, plus de place dans la maison commune. Mais quand Dieu s’installe, ça bouscule : la Parole de Dieu qui s’installe dans le monde, ça bouscule. Parce que pour prendre racine, elle va bousculer nos habitudes, nos certitudes, nos attentes et nos vies. Elle vient bousculer l’humanité tout entière.

La Parole de Dieu, personne ne la possède. C’est elle qui est venue trouver sa place dans le monde, de façon inattendue. Et 2000 ans plus tard, pour entendre Dieu, on se souvient de cette mangeoire, l’espace inattendu où a surgit Dieu dans le monde, et surtout on écoute le souffle qui passe. Le monde est plein, mais le souffle a toujours de la place !

Un tout petit espace…

Prière

Nous nous unissons dans la prière et nous portons dans cette prière tous les envoyés du Défap de par le monde :

Père, ta Parole nous a redit ton amour pour ce monde.
Nous te prions pour celles et ceux qui ont faim, fais-nous découvrir la joie du partage.
Nous te prions pour les immigrés et les exilés, prépare-nous à les accueillir avec toutes leurs différences.
Nous te prions pour les solitaires, conduis-nous sur le chemin de leur souffrance.
Nous te prions pour les méprisés et les détenus, rappelle-nous qu’ils ont droit au respect.
Nous te prions pour les malades, inspire-nous l’offrande d’une présence.
Nous te prions pour celles et ceux qui exercent l’autorité dans le monde ; donne à chacun de nous d’assumer ses responsabilités.
Nous te prions pour ton Eglise, apprends-lui à rester fidèle.
Comme Jésus l’a enseigné à ses disciples, nous te disons :
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ;
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles.
Amen.




Un week-end consistorial sur la mission dans les Vosges

Comment parler de la mission dans une paroisse locale ? En faisant appel à des témoignages d’envoyés du Défap et à leur expérience concrète de la rencontre ; en réalisant que dans notre société de plus en plus diverse, l’interculturalité se vit dans le quotidien, et dans la paroisse… Et en rappelant, aussi, que ces problématiques se posaient déjà au temps de Paul, ce qui transparaît dans ses lettres. Exemple avec le week-end organisé par le consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Si les envois de volontaires internationaux par le Défap s’inscrivent dans un cadre légal laïc, dont le strict respect est nécessaire, ils interviennent dans des milieux d’Églises. Ils travaillent à des missions de santé, d’enseignement ; mais ce qu’ils vivent est riche de leçons à tirer pour les Églises ainsi mises en relation. Comment la rencontre est-elle possible par-delà les différences de langue, de culture, entre des groupes humains séparés par plusieurs frontières et des milliers de kilomètres ? Comment trouver une unité dans la diversité ? Autant de thématiques qui ont irrigué le week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, organisé les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Située au pied des cols du Bonhomme et de la Schlucht, entre Colmar et Saint-Dié, au carrefour de la route des Crêtes et de l’Alsace, Plainfaing est une petite agglomération d’un peu plus de 1600 habitants, qui fait partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Elle a su développer le tourisme, profitant à la fois de la proximité des principales stations de ski du massif vosgien, des crêtes et des plus hauts sommets pour la randonnée, mais aussi de la route des vins. Un décor bien éloigné du Congo, de Madagascar ou du Cameroun ; bien différent des grandes métropoles et de leur brassage de population… Et pourtant, les questions d’interculturalité se posent aussi bien dans les Vosges. Et c’est dans ce décor de basse montagne, dans les bâtiments typiques et anguleux d’une colonie des années 60, que se sont retrouvés une quinzaine d’adultes dont la responsable du service des envoyés du Défap, Laura Casorio ; ainsi qu’une dizaine d’adolescents et une dizaine d’enfants. Avec au menu, des animations mettant en scène toute la difficulté et toute la richesse de la rencontre à travers les âges. Car les questions d’interculturalité en Église, si prégnantes aujourd’hui, se posent en fait depuis l’origine, comme en témoignaient déjà les lettres de Paul.

« C’est important de rencontrer, en chair et en os, un envoyé »

Les restrictions persistantes dues au contexte sanitaire ont lourdement impacté la vie d’Église. Et pourtant, comme le souligne la pasteure Valérie Mitrani, les préoccupations des plus jeunes, loin d’être marquées par le repli, dépassent largement le contexte local : « Ils ont d’emblée une vision large, que ce soit sur les problématiques liées à l’écologie, aux questions des origines et des cultures… » Par ailleurs, plusieurs, de par leur vécu personnel, expérimentent déjà le fait de vivre entre deux cultures, soit qu’ils aient été adoptés, soit que leurs parents soient eux-mêmes issus de pays et de contextes religieux différents.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Pour ces enfants et ces adolescents, l’animation centrée sur un bus les emmenant sur les routes d’Achaïe, de Macédoine, de Crête et de Pamphilie, à la découverte des voyages de Paul et de ses rencontres improbables, était largement parlante. De même que les témoignages d’envoyés du Défap au Burundi, au Sénégal, au Timor, au Laos, au Brésil ou à Madagascar, avec les descriptions des contextes de leurs missions. Pour les adultes, ils ont pu réfléchir aux enjeux actuels de la mission après un survol de l’histoire du Défap : dans le monde d’aujourd’hui, les questions de l’accueil et de la rencontre se posent avec une acuité nouvelle, nécessitant une permanente adaptation aux situations et aux personnes… avec une remise en cause permanente des façons de faire Église ensemble. Il ne s’agit plus de distinguer mission au près et mission au loin : l’interculturalité se vit aussi en paroisse, et il peut être aussi difficile d’accueillir un envoyé de retour de mission, avec un vécu qui a renouvelé sa vision de la vie d’Église, et d’entendre son témoignage.

« C’est important pour nous de rencontrer, en chair et en os, un envoyé du Défap, ou une responsable du service envoyés, résume la pasteure Valérie Mitrani. Quelqu’un qui est dans une aventure de vie, qui est témoin et facilitateur d’échanges… Ça permet de vraiment se rendre compte de l’universalité de l’Église. » Et pour souligner encore l’importance de ces échanges, ce week-end s’est conclu sur la rédaction de lettres par les enfants et les jeunes du consistoire ; des lettres destinées non seulement aux envoyés du Défap, mais aussi aux Églises qui les accueillent – et qui leur ont été remises personnellement.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021




Accueillir. Aller vers l’autre. Recevoir.

Trois verbes qui résument la thématique de la journée missionnaire organisée à Loriol, en octobre dernier, dans la foulée de la course Hope360. Un événement local, mais qui en dit long sur les possibilités qu’ont les échanges internationaux d’agréger les bonnes volontés au niveau local…

Un aperçu de la journée missionnaire à Loriol – DR

En 50 ans d’existence, l’activité du Défap s’est traduite par les missions de plus de 2000 envoyés, par des dizaines de projets au sein d’une cinquantaine d’Églises mises en relation, notamment dans le réseau de la Cevaa, mais aussi au-delà ; par des centaines de boursiers accueillis en France, des dizaines d’échanges de professeurs, de jeunes, de pasteurs… Mais quel en est l’impact sur la manière de vivre l’Église au niveau local ? En quoi ces voyages, ces mélanges de cultures, cette foi vécue en commun peuvent-ils servir à alimenter la vie d’une paroisse ?

Une réponse simple serait : par l’ouverture ainsi permise. Encore faut-il l’expérimenter pour percevoir cette porosité entre ce qui se fait au loin et ce qui se vit ici.

Des dynamiques internationales aux dynamiques locales

Un bon exemple est celui de la Journée missionnaire organisée le 10 octobre à Loriol avec la participation de Laura Casorio, du service Relations et Solidarités Internationales du Défap. Il a eu lieu dans la foulée de Hope360, événement festif et solidaire qui avait réuni, une dizaine de jours plus tôt, plus de 800 coureurs à Valence. Mis sur pied par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, Hope360 avait ainsi rassemblé des bonnes volontés issues de toutes les branches du protestantisme, depuis les paroisses luthéro-réformées locales jusqu’aux organismes liés au monde évangélique. Un phénomène d’agrégation qui avait aussi profité aux Églises directement membres du Défap : parmi les jeunes présents à Valence dans le parc de l’Épervière, on trouvait ainsi des membres du consistoire du Valentinois – Haut-Vivarais et du consistoire des Portes du midi de l’Église protestante unie de France (EPUdF), mais aussi un groupe de l’Unepref, autre Église membre du Défap, emmené par le pasteur Pascal Gonzales. Ou comment l’engagement international se traduit par des dynamiques dont profitent les paroisses locales…

Et c’est précisément pour profiter de ces dynamiques que les paroisses de l’EPUdF se sont mobilisées, dès les tentes repliées et les stands démontés dans le parc de l’Épervière, autour d’un week-end de la mission. Dans la salle, un public majoritairement jeune le samedi, plus intergénérationnel le dimanche lors du culte ; une participation allant jusqu’à une centaine de personnes, parmi lesquelles d’anciens envoyés du Défap, diverses personnes impliquées dans des activités de diaconat et paroissiales… Et au-delà de la présentation de l’historique et des missions présentes du Défap, des questions très ouvertes à des anciens envoyés ou anciens boursiers, ayant directement vécu les échanges avec d’autres Églises, dans d’autres pays : qu’en ont-ils retenu ? L’Église d’envoi a-t-elle su les accueillir de nouveau à leur retour, et surtout, accueillir leur expérience et leur témoignage ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur leur Église, et sur la vie d’Église en général ? Comment vivre aujourd’hui l’Église universelle ?

Cet événement Hope360 a ainsi permis, par ricochet, d’alimenter un temps de réflexion autour de la mission à partir des témoignages de divers proches du Défap : anciens envoyés coopérants ou volontaires, professeurs venant des universités du Cameroun ou du Bénin. Elle a aussi permis à tous de s’interroger sur l’Église qu’ils veulent vivre, et sur les manières d’y parvenir, à la lumière de ces apports issus d’autres pays et d’autres communautés.

 

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Deux jours de visite au Défap pour les futurs pasteurs

Lundi 13 et mardi 14 décembre, les Master 2 de l’IPT sont au 102 boulevard Arago, pour rencontrer l’équipe du Défap, visiter la bibliothèque et participer à des ateliers sur la mission et sur l’interculturel. L’objectif de ces rencontres, désormais régulières, est notamment de permettre de mieux faire connaître le rôle du Défap à ces étudiants qui se destinent à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France.

Les étudiants en Master Pro de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre dans la chapelle du 102 boulevard Arago

Si le rôle de pasteur dans les Églises luthéro-réformées, fondamentalement, ne change guère, les conditions du métier ont fortement évolué ces dernières années. Il s’agit toujours de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particulier de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Il compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’Église protestante unie de France, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses, elles-mêmes ayant désormais une sociologie de plus en plus diverse et des origines multiples. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.

Les pasteurs, aujourd’hui, doivent être conscients des enjeux de l’interculturalité dans la vie d’Église. C’est précisément l’un des thèmes de la visite qu’effectuent au Défap pendant deux jours, les lundi 13 et mardi 14 décembre, une quinzaine d’étudiants et d’étudiantes en Master Pro de l’Institut Protestant de Théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), qui d’ici quelques mois devraient achever leur formation et se retrouver en poste dans une des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF). À l’issue de cette visite, ils auront eu l’occasion de participer à deux ateliers sur ce thème. Le premier, lundi après-midi, étant titré « Comment comprendre les différences culturelles ? Peut-on les dépasser ? » ; et le second, mardi, davantage centré sur le cas particulier du ministère pastoral.

Survol de l’histoire des missions protestantes et travaux sur l’interculturel

Cette année, le programme a été établi par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, en association avec Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque. Au menu de ces deux jours : une série de rencontres et un repas partagé avec l’équipe du Défap, une présentation de l’histoire de la Maison des missions, de la SMEP au Défap, avec une visite commentée de l’exposition réalisée à l’occasion du cinquantenaire du Service protestant de mission… Mais aussi des portraits de missionnaires comme Idelette Allier, Mabille, Lavignotte ; une visite de la bibliothèque, lieu unique dans le protestantisme français, qui recèle dans ses fonds nombre de documents uniques sur l’histoire des missions protestantes. Sans compter la découverte de l’escape game réalisé par des anciens envoyés à l’occasion des célébrations du cinquantenaire : un jeu que vous pouvez retrouver gratuitement dans la boutique du Défap, et téléchargeable ici.

Voilà plusieurs années que ces visites des Master Pro sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur du master professionnel des deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».
 

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Devenir pasteur
Le master 2 en théologie appliquée (Cycle M2ThA) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. La Commission des Ministères a réalisé une brochure à destination des étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : «Pour devenir pasteur, un parcours avec la Commission des ministères». Il est possible de la consulter sur le site de l’EPUdF sous format pdf.



Soledad André : du Liban à la France, accompagner les réfugiés

L’accueil de familles de réfugiés syriens en France, via le dispositif des « couloirs humanitaires », a repris en cette fin d’année, suite à la signature d’un nouveau protocole d’accord avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Ce dispositif, mis en place en 2017 et dont la prolongation a été annoncée par la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP) et la Fédération Protestante de France (FPF), s’appuie sur la mobilisation de centaines de collectifs citoyens offrant sur tout le territoire un logement gracieux aux personnes accueillies, au-delà des cercles protestants. Soledad André, envoyée du Défap au Liban comme chargée de mission de la FEP dans le cadre de ce projet des « couloirs humanitaires », évoque sa mission au micro de Benjamin Bories dans l’émission « L’invité de la FPF ».

Soledad André, envoyée du Défap au Liban comme chargée de mission de la FEP © FPF

Le 16 novembre dernier, la Fédération de l’Entraide Protestante et la Fédération Protestante de France annonçaient la signature d’un nouveau protocole d’accord avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Il devait permettre l’accueil en France de 300 personnes réfugiées en provenance du Liban, prolongeant l’engagement initial dit « des couloirs humanitaires » signé en 2017 avec les mêmes ministères. Depuis, les arrivées de réfugiés en provenance du Liban ont pu reprendre à Roissy. Pour permettre leur accueil, il a fallu mettre en place une structure inédite, associant notamment des ONG et des institutions liées aux Églises, mais aussi des centaines de collectifs citoyens sur le territoire français pour héberger, accompagner, aider à l’apprentissage de la langue… Ce projet associe donc de nombreux partenaires, à la fois au Liban où il faut déterminer quelles personnes ou familles peuvent entrer dans le cadre des « couloirs humanitaires » avant de les accompagner dans leur démarche d’obtention de visa, et en France même.

Soledad André intervient au Liban. Elle est envoyée du Défap comme chargée de mission pour la Fédération de l’Entraide Protestante. Après la formation au départ suivie au siège du Défap, à Paris, elle a rejoint Beyrouth. Elle y a été rejointe récemment par une autre envoyée du Défap pour renforcer le dispositif. Elle évoque ci-dessous sa mission au micro de Benjamin Bories dans l’émission « L’invité de la FPF » :

Pour comprendre comment un tel réseau s’est constitué, il faut revenir à 2016, et en Italie. Cette année-là, plus de 5000 migrants tentant d’atteindre les côtes européennes étaient morts en Méditerranée. Chaos libyen, embarcations fragiles et surchargées par les passeurs, multiplication des voyages pour tenter de contourner la surveillance des garde-côtes italiens : autant de facteurs qui avaient fait de 2016 une année particulièrement meurtrière – avec en outre une série de drames fortement médiatisés qui avaient créé un choc au sein des opinions publiques européennes. La provenance de ces naufragés venus mourir en Méditerranée, les « routes de l’exil » entre lesquelles ils avaient dû choisir, dessinaient une géographie de la fuite et du malheur jusqu’alors inconnue du grand public, dans laquelle les guerres dans des pays comme l’Irak ou la Syrie se traduisaient par des mouvements de populations allant vers la Jordanie, les camps du Liban, voire jusqu’en Afrique du Nord. Et la seule réponse des politiques européennes était la fermeture des frontières.

C’est d’abord au sein de la Communauté catholique de Sant’Egidio qu’était née l’idée des « couloirs humanitaires ». Ses juristes spécialistes du droit des étrangers avaient su utiliser les textes européens pour imaginer un dispositif destiné prioritairement aux réfugiés les plus vulnérables : enfants et familles monoparentales, patients en attente de soins urgents, personnes en butte à des persécutions. Il avait été mis en place en association avec la FCEI et avec l’Église vaudoise, membre de la Cevaa. Une opération rendue possible non seulement par l’engagement des Églises qui avaient décidé de le prendre en charge, mais aussi grâce à l’appui de bénévoles et d’associations se chargeant d’accueillir les réfugiés et de les aider à s’intégrer au sein de la société italienne.

Devant le succès de cette initiative, le modèle devait être repris dès l’année suivante en France, par le biais d’un protocole d’entente signé à l’Élysée et associant les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères à cinq partenaires issus du milieu des Églises. Les réfugiés arrivant en France via ce dispositif se retrouvaient dès lors accueillis légalement dans le réseau de la FEP et de ses partenaires locaux ; des collectifs et des hébergements pour lesquels se mobilisaient nombre de bénévoles issus notamment de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ou de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), deux des unions d’Églises constitutives du Défap.

Aujourd’hui, les « couloirs humanitaires » ont conquis leur légitimité. La signature du nouveau protocole d’accord en ce mois de novembre, et la reprise de l’accueil de familles de réfugiés en France, en sont la preuve.




La question interculturelle

Des communautés marquées de plus en plus par la diversité, le besoin d’une meilleure compréhension mutuelle et d’outils pour faire Église ensemble : présentation des enjeux de l’interculturalité en Église par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, dans un article publié sur le site de l’EPUdF (Église protestante unie de France).

Cérémonie de reconnaissance du ministère pastoral-ordination à Montbéliard, septembre 2020 © Défap

Si on peut parler de question interculturelle dans nos Églises, c’est parce que nous venons d’horizons géographiques, culturels et sociaux différents. Rien de nouveau à cela : l’apôtre Paul écrivait à des communautés tiraillées par des sensibilités différentes, cherchant pour elles des moyens de vivre une foi commune sans nier les particularités des différentes cultures.

Aujourd’hui, pour certains, regarder son interlocuteur dans les yeux est un signe d’écoute attentive et de disponibilité ; pour d’autres, regarder dans les yeux une personne en position d’autorité est extrêmement impoli. Que se passe-t-il lorsqu’ils se rencontrent ? Parfois, sans même s’en rendre compte, la fraternité leur échappe, parce qu’ils ne reconnaissent pas les codes de l’autre ; il y a des blessures dues à des codes culturels non compris.

Prendre conscience de cela, comprendre en quoi mon frère, ma sœur porte tout un monde auquel je n’ai accès que dans l’écoute attentive, c’est se donner les moyens de mieux vivre la fraternité en levant des incompréhensions.

En revenant sur l’histoire missionnaire, on peut aussi prendre conscience des bouleversements introduits dans les différentes cultures par l’arrivée de l’Évangile. Par exemple, pour dire comment Jésus est Seigneur, les missionnaires des siècles passés ont dû trouver dans la culture où ils arrivaient un équivalent approximatif. Parfois, le mot « chef » permettait de commencer à expliquer que Jésus était un chef si puissant qu’il avait vaincu la mort, mais il fallait aussitôt ajouter que c’était un chef qui, pour sauver son peuple, acceptait une mort ignominieuse, ce qui mettait en lumière que les chefs locaux n’étaient pas si puissants et que leur autorité n’était pas toujours exercée dans le service et le don de soi, mais dans la domination.

En boomerang, les Églises du Nord, via leurs organismes missionnaires, sont aujourd’hui amenées à s’interroger sur l’inculturation de leur lecture biblique et de leur théologie, mettant à nu l’illusion d’un christianisme « hors culture ».

Le Défap, porteur d’histoires et de réflexions, est un témoin précieux pour comprendre ces enjeux dans le monde qui est le nôtre.




Revivez en images les Journées Portes Ouvertes du Défap




Un Avent de partage

Du 28 novembre au 25 décembre, retrouvez le podcast de l’EPUdF dédié à l’Avent. Ce rendez-vous quotidien sous forme de calendrier donnera la parole à des participants du Grand KIFF. Il sera également à écouter sur EJR Radio.

Du dimanche 28 novembre au samedi 25 décembre retrouvez quotidiennement sur EJR Radio à 7h30, 18h et 21h l’interview d’un participant au Grand KIFF, cet été à Albi. Il nous partagera un moment fort de ce rendez-vous estival qu’il garde en souvenir 4 mois plus tard, comment il vit ce temps de l’Avent en partage et nous offrira un verset ou passage biblique qui lui tient particulièrement à cœur.

Alors ne manquez pas ce rendez-vous quotidien disponible sur la web radio, dont l’accès est à retrouver ci-dessous.

Mais aussi dans les podcasts de l’Église protestante unie de France avec notamment la playlist « Un AVENT de PARTAGE » qui sera mise à jour quotidiennement ou encore sous forme d’un calendrier de l’Avent.

Alors n’hésitez pas à écouter, lire et partager vous aussi ce rendez-vous quotidien, ces belles et fortes rencontres d’une trentaine de témoins…

La playlist « Un Avent de partage »

Le calendrier de l’Avent




Chants du Cinquantenaire

Au cours des 50 jours entre Pâques et Pentecôte, le Défap vous a permis de découvrir 50 témoignages d’envoyés d’hier ou d’aujourd’hui, de boursiers, d’acteurs de la mission qui l’ont vécue ou la vivent encore au près ou au loin. Des témoignages sous forme de textes, de photos, de vidéos, ou de chants… Alors que nous nous acheminons vers la fin de cette année du Cinquantenaire du Défap, retrouvez ici les textes et les partitions de deux de ces chants, composés spécialement pour les 50 ans du Défap. Avec un grand merci pour Mino et Jacques Hippolyte, leurs auteurs.

À gauche : Emmanuelle et Mino (au deuxième plan dans la procession) lors de leur mission à Madagacscar ; à droite, Jacques Hippolyte © Défap
Mino et Emmanuelle, mariés et tous deux pasteurs de l’Église protestante unie de France, ont été envoyés du Défap de 2011 en 2015 à Fianarantsoa, à Madagascar, pour des missions d’enseignement. Dans la vidéo ci-dessous, écoutez un chant composé spécialement pour le cinquantenaire du Défap, et relatant l’expérience qu’ils ont vécue en tant qu’envoyés du Défap :

En étant parti

Auteur-compositeur : Mino Randriamanantena

Refrain 1 : Parti, j’ai rencontré l’humain. Parti, ça m’a ouvert les yeux.
Parti, j’ai pu prêter la main. Parti, précédé par mon Dieu.
Partout, Il était là, Devant mes pas.

1. J’ai appris des mots Questionnant les miens,
Des rythmes nouveaux Qui se chantent bien.

Refrain 2 : En étant parti, J’ai rencontré l’humain,
En étant parti, ça m’a ouvert les yeux,
En étant parti, J’ai pu prêter la main,
En étant parti, Précédé par mon Dieu,
J’ai marché partout Il était là, Devant mes pas !

2. Parfois, me voir à l’envers, Par le biais de son regard,
Par-delà l’identitaire, Par l’aveu de sa mémoire.

3. Parfois, voir la cohérence, Parfaisant toute sagesse,
Partout, croire la différence, Pardonnant les maladresses.

4. Douter Est-ce le même Dieu, Douter Est-ce la même foi,
Douter Sur le sens des cieux, Douter Est-ce la même joie ?

5. Partout le manque est partout, Présent sous des noms divers,
Partout ça peut faire des fous, Partout dans notre Univers.

6. Parti, j’ai croisé des rires, Parti, j’ai croisé des pleurs,
Parfois, j’ai même dû choisir, Parmi de belles couleurs.

En étant parti !

 

Jacques Hippolyte, doctorant en théologie de l’UPAC, a été accueilli en France comme boursier du Défap pour y effectuer des recherches. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez le voir et l’écouter interpréter avec sa fille un chant composé spécialement pour le cinquantenaire du Défap :

La vie en communion

Auteurs-compositeurs : Hippolyte TAYO et Eunice Tayo (Yaoundé – Cameroun)

Gamme : Sol majeur

Il n’y a rien de plus beau que de vivre en communion        Sol – Ré – Mi mineur
Savoir que frères et sœurs en Christ restent unis        Sol – Ré – Mi mineur
Il n’y a rien de plus beau que le vivre ensemble        Sol – Ré – Mi mineur
De s’imaginer un monde harmonieux        Sol – Ré – Mi mineur

La vie en communion        Do – Sol
Ce qu’il nous faut        La – Ré
La vie en communion,        Do – Sol
Rien de plus beau        Ré – Mi mineur
La vie en communion        Do – Sol
Pour la paix        La – Ré
La vie en communion        Do – Sol
Que de bienfaits        Ré – Mi mineur

Quoi de plus beau que de s’aimer        Sol – Ré – Mi mineur
Traverser les couleurs, les races, ouvrir les cœurs        Sol – Ré – Mi mineur
Quoi de plus beau que d’accueillir l’étranger        Sol – Ré – Mi mineur
Avec lui recevoir la vraie douceur        Sol – Ré – Mi mineur
Oui le Défap, Cinquante ans de mission        Sol – Ré – Mi mineur
À travers le monde, Bonne Nouvelle aux nations        Sol – Ré – Mi mineur
Envoyer, recevoir, au nom de la mission,        Sol – Ré – Mi mineur
Apporter plein d’espoir aux peuples des nations        Sol – Ré – Mi mineur

La vie en communion        Do – Sol
Ce qu’il nous faut        La – Ré
La vie en communion,        Do – Sol
Rien de plus beau        Ré – Mi mineur
La vie en communion        Do – Sol
Pour la paix        La – Ré
La vie en communion        Do – Sol
Que de bienfaits        Ré – Mi mineur