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A Paris, le 05/03/2024
Nous, responsables religieux chrétiens de France, sommes solidaires de toutes les victimes de la guerre entre Israël et le Hamas et appelons au cessez le feu. Porteurs des valeurs de l’Évangile, nous souffrons de la désespérante situation que connaissent plus de deux millions de personnes vivant dans la bande de Gaza. Nous tenons à affirmer que la restriction d’accès à des ressources essentielles telles que les soins médicaux, la nourriture et l’eau est fondamentalement inhumaine.
Nous nous sentons solidaires de toutes les victimes de cette guerre, particulièrement des populations civiles mais aussi des soldats ou des combattants qui portent et porteront les conséquences des actions qu’ils doivent mener. Nous avons exprimé notre solidarité au lendemain de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. Nous la redisons, comme c’est notre devoir, après la tuerie de plus d’une centaine de gazaouis affamés qui a eu lieu le jeudi 29 février 2024, et oblige à voir ce qu’il y a d’inhumain dans la situation présente.
Les objectifs militaires et les intérêts politiques poursuivis par cette guerre ne peuvent négliger la priorité que revêt la sauvegarde de toute vie humaine. Nous réprouvons les actes de violence qui exacerbent la souffrance humaine et empêchent l’émergence d’une paix durable. Nous exhortons les parties prenantes de cette guerre à faire de la protection de la vie humaine et de la dignité des civils leur plus haute priorité.
Dans cet esprit, nous demandons instamment à tous les responsables politiques et religieux d’intensifier leur action pour mettre fin à cette violence et de prendre les mesures essentielles dans le cadre d’un processus visant à instaurer une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.
Nous demandons notamment :
En ce temps de carême, nous invitons les chrétiens de toutes les confessions à continuer de porter instamment la situation du Proche-Orient dans leur prière, à ne pas s’habituer à cette situation de guerre et de violence, à être facilitateurs de dialogue et de rencontre là où les sensibilités des uns et des autres s’opposent, à prier et travailler sans relâche pour que tous puisent dans leur religion des raisons de servir la paix et dépasser les peurs et les colères.
Pasteur Christian Krieger,
Président de la Fédération protestante de France
Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort,
Président de la Conférence des évêques de France
Monseigneur Dimitrios,
Président de l’Assemblée des évêques orthodoxe de France

Les étudiants de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre 2021 dans la chapelle du 102 boulevard Arago
L’interculturel, en ces temps de mondialisation, nul n’y échappe ; et pas plus les paroisses protestantes que le citoyen ou le consommateur lambda. La porosité des frontières aujourd’hui ne concerne pas les seuls biens et services marchands ; elle se traduit non seulement par des implantations d’Églises de migrants, mais aussi par l’arrivée de nouveaux paroissiens dans des Églises installées de longue date, entraînant souvent une porosité des frontières entre cultures au sein d’une même paroisse. Conséquence : le protestantisme français aujourd’hui présente une diversité culturelle inédite, ce qui est vécu avec plus ou moins de bonheur… et plus ou moins de difficultés, parfois pratiques, mais aussi théologiques.
Et dans chaque Église, chaque paroisse, les pasteurs se retrouvent au confluent de ces enjeux, qui les mettent au défi d’adapter, voire de réinventer leur rôle. Ils doivent se faire passeurs : être capables de comprendre les contextes dont sont issus leurs paroissiens et les mettre en dialogue, nouer des liens avec d’autres Églises… C’est l’un des rôles du Défap que de les y aider. Comme le soulignait son Secrétaire général, Basile Zouma, en 2021, année où le Défap célébrait son cinquantenaire, « l’Église universelle n’est pas d’abord située géographiquement, elle est plus large. Nous aidons les communautés à en prendre conscience, à dépasser les frontières, à se décentrer dans un réel partage, à ne pas se refermer sur leurs propres difficultés ». Il s’agit donc toujours pour les pasteurs de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particuliers de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais aussi de savoir décrypter et faire communiquer entre elles des manières diverses d’envisager l’Église et la société, de croire et d’exprimer sa foi.
Tâche d’autant plus ardue que le corps pastoral, lui aussi, évolue fortement. Ce que souligne le professeur Élian Cuvillier, de l’Institut Protestant de Théologie (IPT) selon qui « le jeune qui fait de la théologie juste après le bac, européen, protestant venant des paroisses, devient une denrée rare ». Ainsi, depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Celui de l’Église protestante unie de France (EPUdF) compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’EPUdF, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.
Élian Cuvillier sera justement l’accompagnateur du groupe d’étudiants de l’IPT qui doivent se rendre ce 18 mars au Défap. Tous sont en deuxième année de Master, et plus précisément en Cycle M2 « Église et société », ce qui les prépare à exercer un ministère au sein de l’EPUdF. Un Cycle M2 dont Élian Cuvillier est le directeur, depuis juillet 2017, sur les deux facultés de Paris et Montpellier. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiant·es, en tant que futur·es pasteur·es, « seront nécessairement amené·es à travailler ».
Voilà plusieurs années que ces visites d’étudiant·es de l’IPT sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, alors responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de « déjeuners-cultes », avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier. Pour cette année 2024, le programme a été établi par le service Échange théologique du Défap et associe, pour la première fois, la Cevaa. C’est en effet au sein de cette Communauté d’Églises en mission, née en même temps que lui, en 1971, de la Société des Missions Évangéliques de Paris, que se déploient une grande partie des activités du Défap ; elle regroupe la majorité des Églises avec lesquelles il est en lien dans et hors de France ; et la Cevaa, comme le Défap, travaillent à favoriser les échanges et faire vivre les liens entre Églises. Les étudiants du Cycle M2 pourront tout d’abord rencontrer l’équipe du Défap, lors d’une présentation de ses divers services et d’un repas en commun ; et ils pourront s’entretenir avec la Secrétaire générale de la Cevaa, Claudia Schulz, qui leur fera une présentation durant l’après-midi des enjeux et des activités de la Communauté d’Églises en mission.
Devenir pasteur·e ou théologien·neLe cycle M de l’Institut Protestant de Théologie prend la forme d’un cursus de deux ans (M1, M2 Église et société / M2 « Corpus biblique/corpus systématique/corpus historique/corpus pratique/œcuménisme »). Le Cycle M mention « Corpus et œcuménisme » a pour objectif de préparer des théologien·ne·s dans les spécialités nommées pour être capable de réfléchir les faits religieux en dialogue avec les sciences humaines et sociales dans une société laïque (débouchés professionnels : journalisme, travail dans des ONGs, médiation en situation interreligieuse). Le Cycle M mention « Église et société » prépare à un ministère dans l’EPUdF. La première année est commune aux deux mentions et propose des séminaires dans les quatre disciplines histoire / biblique / systématique / théologie pratique et se clôt par un premier mémoire. La deuxième année vise à compléter la formation en approfondissant les connaissances et les expériences. Elle est distincte en fonction de la mention ; l’entrée dans la mention « Église et société » est conditionnée à l’accord de la Commission des ministères (CDM) de l’EPUdF. |
Valérie Iguernsaid © Défap
Au cours du mois de janvier, « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, vous avait permis de faire connaissance avec Richard Lengo : un chercheur venu faire des travaux en France avec le soutien du Défap, et auteur d’une thèse sur l’Église évangélique du Congo. En ce mois de février 2024, voici Valérie Iguernsaid : elle est précisément chargée de tout l’aspect logistique entourant la venue des chercheurs accueillis par le Défap, depuis les procédures administratives jusqu’à la fourniture d’un logement et d’un ordinateur. Et elle nous décrit de quelle manière se passent la venue et le séjour de ces doctorants et post-doctorants, issus d’Églises et d’universités avec lesquelles le Défap est en lien.
Ces chercheurs sont le plus souvent des théologiens : ils poursuivent un cursus au sein d’une faculté de théologie, se sont lancés dans la rédaction d’une thèse… ou travaillent à l’adapter pour une ou des publications, après avoir pris contact avec une maison d’édition. Mais ils peuvent aussi travailler dans d’autres domaines, comme le montre précisément le cas de Richard Macaire Lengo, qui, lui, est sociologue. Dans tous les cas, la venue de ces chercheurs en France s’inscrit dans une perspective plus large d’échanges avec les Églises partenaires du Défap, et a pour but de renforcer les liens. Comme l’explique Valérie Iguernsaid, au sein du service Échange théologique, où elle travaille, « on accueille des chercheurs, on envoie des pasteurs, on accueille et on envoie des enseignants… » C’est une partie importante de l’activité du Défap : les chercheurs accueillis bénéficient ainsi d’une bourse pour leur permettre de rester plusieurs mois en France, qui est directement financée par le Défap.
Valérie Iguernsaid et l’accueil des chercheurs par le DéfapCourrier de MissionÉmission du 18 février 2024 sur Fréquence Protestante |
Pourquoi venir faire des recherches en France ? Bien souvent, parce qu’une bonne partie des documents dont ces doctorants ou post-doctorants ont besoin se trouvent dans des bibliothèques françaises – celle du Défap ou celles de l’Institut protestant de théologie (IPT), à Paris ou à Montpellier. Mais au-delà de cet aspect pratique, et de toute la logistique qu’implique la venue de chercheurs en congé-recherche en France, ces séjours, qui durent généralement de trois à neuf mois, sont l’occasion de nouer des connaissances et d’entretenir des relations qui existent depuis de nombreuses années avec des Églises partenaires. Ces chercheurs, une fois revenus dans leur pays, deviendront généralement pasteurs ou universitaires, et garderont des relations privilégiées avec le Défap, qui permettront par la suite de monter des projets ou de faciliter les travaux d’autres universitaires. Les travaux qui sont publiés, tout comme les interventions que peuvent parfois faire ces chercheurs dans des facultés de théologie en France, permettent de faire dialoguer et de rapprocher les théologies ; de mieux faire connaître les théologies africaines en Europe…

Si, pour ces séjours de recherche, « le Défap est un facilitateur », selon le mot de Valérie Iguernsaid, ces séjours eux-mêmes facilitent par la suite les actions du Défap avec ses Églises partenaires. Les bénéficiaires d’une bourse du Défap sont ainsi engagés à la fois dans une démarche personnelle – leurs travaux universitaires, leur thèse ou leur projet de livre – et dans un projet collectif, qui met en relation les Églises de France et celles de nombreux pays. C’est précisément pour leur permettre de mieux toucher du doigt ce projet collectif que les chercheurs présents en France sont invités chaque année à participer à un week-end de rencontre. Un moment d’échange, de partage, et l’occasion, rare dans le parcours des boursiers, d’avoir des regards croisés sur leurs travaux. Pendant toute la durée de leur séjour en France, ils restent géographiquement éloignés ; tout au long de leurs recherches, ils travaillent en lien avec des facultés de théologie différentes ; et le délai imparti est court, surtout si l’on tient compte du nécessaire temps d’adaptation lors de leur arrivée en France. D’où l’importance de ces rencontres annuelles, qui font aussi partie du travail du service Échange théologique.


Vue du jardin du Défap, au 102 boulevard Arago, Paris © Défap
Samedi 2 mars à 15h, visite guidée de deux institutions protestantes situées boulevard Arago, dans le 14e arrondissement, pour les jeunes adultes protestants à Paris.
???? La Maison des missions, au n°102, est le siège du Défap, et auparavant de la Société des missions évangéliques de Paris fondée en 1822, l’organisme missionnaire protestant français. Aujourd’hui, le Défap agit dans les domaines humanitaire et missionnaire (l’action apostolique de son acronyme), pour ses Églises membres – EPUdF, UEPAL, UNEPREF – et à l’international. defap.fr
???? La Faculté de théologie protestante de Paris, au n°83, abrite une antenne de l’Institut protestant de théologie (IPT). Ses locaux ont été inaugurés en 1879 par Jules Ferry. ipt-edu.fr
Les deux sites seront présentés par deux jeunes, Nicolas et Emmanuelle, qui y travaillent et étudient.
???? Rendez-vous au n°102 boulevard Arago – métro Denfert-Rochereau – à 15h.

Vue de l’Institut Protestant de Théologie, 83 boulevard Arago, Paris © Défap
Événement organisé par les groupes de jeunes des Églises réformées de l’Étoile, de l’Oratoire du Louvre, de Pentemont-Luxembourg, de Montparnasse-Plaisance, du réseau jeune adultes de l’Inspection luthérienne, et de l’Association des étudiants protestants de Paris (AEPP). En partenariat avec « La Fédé » – FFACE.
Richard Macaire Lengo, photographié dans la bibliothèque du Défap © Défap
Les travaux de Richard Macaire Lengo le conduisent régulièrement à tisser des liens et à explorer les frontières communes entre des domaines en apparence très différents. Entre la sociologie et la théologie, entre la recherche et la formation pratique, entre les habitudes du monde et celles des Églises, entre organismes de recherche de pays différents… Il s’est spécialisé sur l’Église évangélique du Congo (EEC), dont il est également membre, mais qu’il scrute à la fois du dedans et du dehors, en aidant à former ses pasteurs mais aussi en s’intéressant à la position qu’elle occupe au sein de la société congolaise.
Richard Macaire Lengo est sociologue, dans une université constituée essentiellement de théologiens, l’UPB (l’Université protestante de Brazzaville). Un choix assumé par le recteur, le pasteur Laurent Gaston Loubassou, qui souhaitait avoir un « sociologue-maison » pour compléter la formation des étudiants. Cette université appartient à l’EEC, et elle forme les futurs pasteurs de l’Église. Mais au-delà de cette formation pratique destinée au corps pastoral de l’EEC, Richard Lengo est aussi enseignant-chercheur à l’Université Marien-Ngouabi (Brazzaville). Et il scrute depuis des années les évolutions des pratiques et des valeurs qui les sous-tendent au sein de son Église, en les replaçant dans le contexte plus global de la société congolaise – des travaux qui l’ont amené à rédiger une thèse pour laquelle il a dû venir faire des recherches en France, avec le soutien du Défap. Un premier séjour a eu lieu entre septembre 2019 et février 2020. Après avoir présenté sa thèse sur « L’Église Évangélique du Congo : l’ethos protestant à l’épreuve des pratiques du «monde» et des mutations sociales », il est revenu en France pour un nouveau séjour de trois mois, avec cette fois pour but de transformer ses travaux en publications. C’est à cette occasion qu’il a été, de septembre à novembre 2023, chercheur invité du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (le GSRL), un laboratoire de recherche du CNRS et de l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL).
Richard Lengo et les mutations de l’Église Évangélique du CongoCourrier de MissionÉmission du 21 janvier 2024 sur Fréquence Protestante |
« Le fait pour le Défap de m’accorder une bourse pour un séjour de recherche de trois mois, ça a constitué un véritable déclic », reconnaît-il aujourd’hui au micro de Guylène Dubois, à l’occasion d’une interview pour « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Radio FM+ et Fréquence protestante. C’est en particulier son second séjour en France qui lui a permis d’être intégré à deux programmes de recherche du GSRL : « Religion et violence » et « Religion et francophonie ».
Pour lui, les changements qui ont si profondément impacté à la fois les habitudes des fidèles de l’EEC, et l’image de cette Église au sein de la société congolaise, ont commencé à se manifester « au tournant des années 90 ». Auparavant, l’EEC et ses membres bénéficiaient d’une image de probité exemplaire, voire de rigorisme. Par la suite, cette perception s’est peu à peu dégradée. Paradoxalement, cette évolution a eu lieu parallèlement aux progrès des libertés au sein de la société congolaise. Mais aussi parallèlement à la dégradation de la situation économique. Or les membres de l’Église sont aussi membres de la société congolaise. Et les aléas de cette société influent nécessairement sur leurs manières d’agir. Voilà comment les effets de la crise économique se sont peu à peu infiltrés dans l’Église, y ont modifié les comportements, les attitudes, voire même la perception du pastorat. « Dans un contexte social où le chômage est devenu endémique », note ainsi Richard Macaire Lengo, « certains jeunes développent des stratégies de survie et d’insertion professionnelle ». Et la carrière pastorale finit par leur apparaître comme « un emploi par défaut ». Richard Lengo évoque ainsi au sein de l’EEC « la conversion d’un ethos de vocation en un ethos de professionalisation ».
Mais ce diagnostic que Richard Macaire Lengo dresse à propos de l’EEC l’aide aussi à mieux former les futurs pasteurs pour y faire face. D’où l’intérêt des concepts de sociologie des organisations qu’il dispense à ses étudiants de l’Université protestante de Brazzaville. Il ne s’agit pas de nier les effets de la société sur l’Église, et d’imaginer une Église idéale, dénuée d’enjeux de pouvoir ou libre de toute préoccupation économique. Mais il ne s’agit pas non plus de rester désarmé face aux problèmes. Richard Macaire Lengo juge ainsi « très important de donner aux pasteurs en formation des outils », de façon à ce qu’ils puissent « comprendre un certain nombre de logiques d’acteurs, qui leur seront utiles une fois qu’ils seront en paroisse ». Car « les paroisses qu’ils auront à gérer sont des structures complexes », et au moment où on les forme, « si on restreint la vision à la théologie, ils risquent de partir sur le terrain avec un grand handicap ».

C’était le 9 septembre dernier. Le Maroc venait de subir, en pleine nuit, son plus puissant séisme jamais enregistré (avec une magnitude de 6,7 à 6,9) et les habitants de la région montagneuse du Haut-Atlas voyaient un nouveau jour se lever sur les ruines. Près de 3000 morts, plus de 6000 blessés, et des dégâts immenses : au-delà des destructions fortement médiatisées de la ville touristique de Marrakech, les zones les plus impactées par le tremblement de terre étaient les régions rurales, où de nombreux villages se retrouvaient à la fois ravagés et coupés du monde. Très vite, un vaste mouvement de soutien s’organisait pour venir en aide aux rescapés et déplacés.
Dans ce pays où l’islam est religion d’État, le Défap est en lien avec une des seules Églises officiellement reconnues par les autorités : l’EEAM (Église évangélique au Maroc). De taille réduite (une douzaine de paroisses réparties dans tout le pays) mais en croissance, elle a développé une importante action diaconale, notamment en direction des migrants à travers son Comité d’Entraide Internationale (CEI). Dans les heures suivant le séisme, sa présidente, la pasteure Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien à toutes les victimes, ajoutant : « Pour chacun et chacune de nos fidèles, que le Seigneur mette sur nos cœurs le désir d’agir avec vrai amour pour leurs prochains au niveau local, que la compassion nous anime pleinement pour que toutes nos actions soient des signes de l’amour éternel de Dieu ». Message entendu : des actions spontanées de solidarité ont commencé à s’organiser au niveau des paroisses. Prières pour les familles touchées, appels aux dons en argent, vivres, matériel, vêtements : les membres de l’EEAM, déjà habitués à venir en aide aux migrants, ont très vite manifesté de manière concrète leur solidarité envers leurs voisins.

Au niveau institutionnel aussi, l’EEAM a voulu montrer son soutien, avec un don symbolique : 50 000 dirhams (4 600 euros) versés au fonds mis en place par le gouvernement marocain aussitôt après le séisme. Mais au-delà du symbolique, l’EEAM avait aussi besoin de ressources pour pouvoir soutenir les victimes et œuvrer à son échelle à la reconstruction. C’est là que le Défap a pu intervenir, avec Solidarité protestante.
Si les projets portés par le Défap se déploient avant tout sur un temps long, l’urgence de certaines situations appelle aussi à une manifestation de solidarité immédiate. C’est précisément pour y faire face qu’a été créée la plateforme Solidarité protestante, que le Défap a contribué à mettre en place et dont il fait partie. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. L’appel aux dons lancé par Solidarité protestante dans les heures suivant le séisme a permis de verser 35 000 euros à l’EEAM, via le Défap, ainsi qu’à l’organisation humanitaire Adra (Agence de développement et de secours adventiste).
Passés les premiers jours d’après-séisme et l’aide spontanée offerte par les paroisses de l’EEAM, les fonds recueillis par l’Église (20 000 euros) ont en partie servi à venir en aide à des réfugiés, notamment d’Afrique subsaharienne, déjà en situation de forte précarité et qui s’étaient retrouvés privés de tout moyen de subsistance avec le tremblement de terre. Il a aussi fallu aider à reloger des étudiants bénéficiant de bourses du Comité d’entraide internationale. Et au-delà de l’aide matérielle et médicale aux migrants aux aussi touchés par le séisme, l’EEAM vise à développer des micro-projets pour leur permettre de retrouver une autonomie financière. À une échéance plus lointaine, l’EEAM veut œuvrer à la reconstruction du pays en partenariat avec des associations locales. Comme le souligne la pasteure Karen Smith, « le plus important pour notre Église est d’être un bon partenaire pour notre prochain, notre voisin. » L’organisation Adra, plus spécialisée dans les interventions d’urgence, a pour sa part utilisé les 15 000 euros reçus de Solidarité protestante pour distribuer des vivres, du matériel d’hygiène et des couvertures à 500 foyers parmi les plus touchés, ce qui représentait environ 2500 bénéficiaires. Adra a aussi aidé à financer des distributions de repas chauds organisées par des associations caritatives locales.

Printemps 2021 : la poursuite de la crise Covid met à mal le Forum Défap programmé en mai 21 en « présentiel » pour réfléchir à l’évolution et aux enjeux de la mission. Le Défap propose alors une alternative en visio. Elle se traduira par six « Ateliers de la mission », cycle de conférences et de groupes de travail d’avril à juin 21.
Cette formule de conférences ayant suscité un vif intérêt, le Défap la reprend en 2024 sous l’appellation « Les jeudis du Défap », pour continuer à nourrir la connaissance et la préoccupation de chacun pour la mission de l’Église universelle.
L’objectif poursuivi est de faire du Défap, un lieu de référence pour le partage de la réflexion missiologique
et interculturelle, avec le concours des spécialistes de la question.
En 2024, trois rendez-vous seront proposés dont les sujets seront communiqués très prochainement : les jeudis 4 avril, 5 septembre et 5 décembre 2024.
Ces rencontres seront structurées de la manière suivante :
Un lien d’accès sera communiqué et mis en ligne via tous nos réseaux et particulièrement sur le site du Défap.
Jean-Pierre ANZALA,
Service Formation théologique

Affiche de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2024 © unitedeschretiens.fr
La semaine de prière pour l’unité des chrétiens est une action œcuménique internationale qui vise à rassembler tous les chrétiens autour d’un thème, des méditations et des louanges communes.
Cette année, ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la Semaine de prière : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même » (Luc 10. 27)
Les chrétiens sont appelés à agir comme le Christ en aimant comme le Bon Samaritain, en montrant de la pitié et de la compassion pour ceux qui sont dans le besoin quelle que soit leur identité religieuse, ethnique ou sociale. Ce qui doit nous inciter à venir en aide aux autres, ce n’est pas l’identité commune, mais l’amour de notre « prochain ». Toutefois, la vision de l’amour de notre prochain que Jésus nous présente est battue en brèche dans le monde d’aujourd’hui. Guerres dans beaucoup de régions, déséquilibres dans les relations internationales et inégalités causées par les ajustements structurels imposés par les puissances occidentales ou par d’autres agents extérieurs inhibent notre capacité d’aimer comme le Christ. C’est en apprenant à s’aimer les uns les autres au-delà de leurs différences que les chrétiens peuvent devenir des « prochains », comme le Samaritain de l’Évangile.
La semaine de prières pour l’unité des chrétiens se déroule chaque année autour de la Pentecôte dans l’hémisphère Sud et entre le 18 et le 25 janvier dans l’hémisphère Nord. Chaque année, les partenaires œcuméniques d’une région différente sont invités à préparer les textes. Le matériel pour 2024 est disponible en français ci-dessus. Pendant de nombreuses années, c’est l’association Unité Chrétienne, à Lyon, qui a adapté les documents internationaux pour le monde francophone européen. Elle a élaboré les outils nécessaires pour vivre la Semaine de prière pour l’unité chrétienne : création d’un visuel, publication de tracts et brochure comportant des éléments de réflexion biblique, spirituelle et théologique autour du thème et suggestions pour la prière et la célébration. Désormais, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF) a pris le relais ; le matériel pour cette semaine 2024 est disponible sur le site https://semainedepriere.unitedeschretiens.fr/
Le CECEF, qui rassemble les responsables de toutes les familles chrétiennes en France, fait une proposition des destinataires pour les collectes recueillies pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Il recommande que les collectes contribuent à soutenir l’Association Dignus qui œuvre pour l’humanitaire et le développement au Burkina Faso ; elle est membre d’ACT Alliance et partenaire de Christian Aid, Diakonia, Lutheran World Relief (LWR) et de l’UNICEF. Les organisateurs de célébrations œcuméniques gardent toute liberté d’envoyer les dons à un autre organisme dont ils auraient connaissance.

« Le baiser », de Gustav Klimt (détail). Huile et feuille d’or sur toile. Galerie autrichienne du Belvédère, Vienne © Domaine public, Google Art Project
« Qui trouvera une femme de valeur ? Elle vaut bien plus que des perles. Le cœur de son mari a confiance en elle, et c’est tout bénéfice pour lui (…) Elle ouvre ses bras au malheureux, elle tend la main au pauvre (…) Son mari est reconnu aux portes de la ville, lorsqu’il siège avec les anciens du pays (…) Ses fils se lèvent et la disent heureuse, son mari aussi, et il chante ses louanges : « Bien des femmes font preuve de valeur, mais toi, tu leur es à toutes supérieure. »
Proverbes 31,10-31

Ce texte des Proverbes n’a pas pour but de nous parler du mariage. Il s’agit de nous amener à Jésus, même si son nom ne s’y trouve pas. Nous lirons donc la « femme de valeur » comme étant une figure de l’Église. Cette expression déjà nous dit des choses sur cette épouse, sur l’Église du Christ, sur notre Église et nos paroisses. « Femme de valeur » : comme des enfants ingrats, il nous arrive de dénigrer notre mère, de ne pas lui reconnaître la valeur que lui voit son époux. Est-ce nous qui avons raison, ou lui ?
Permettez que je le dise : c’est lui ! « Le cœur de son mari a confiance en elle. » L’avez-vous remarqué : la confiance de l’époux ne suit pas les œuvres de sa femme, mais elle les précède.
Ce n’est pas qu’une question d’écriture. La confiance, la grâce de Dieu sont premières, elle nous précèdent, comme le Christ précède l’Église. Aimer, c’est faire confiance.
Or Dieu nous aime, nous fait confiance, fait confiance à son Église. C’est bien cette confiance que le Seigneur de l’Église porte à son épouse qui doit être posée en premier ! Par sa vie et sa mission, par son culte et sa vie communautaire, l’Église exprime et rend visible et manifeste sa confiance en celui qui lui fait confiance !
❝ La confiance de l’époux ne suit pas les œuvres de sa femme, mais elle les précède
Ce qui nous est montré de la vie de l’Église dans ce dernier chapitre du livre des Proverbes est tout à fait intéressant. Elle se préoccupe de son mari, de sa maisonnée, des pauvres, et de la réputation de son mari. Pour tout ceci, elle ne lésine pas sur ses peines, elle se donne les moyens de ce qu’elle veut faire, à l’intérieur et à l’extérieur, sans crainte de commercer avec l’extérieur pour le bien de sa maison. Où trouverait-on plus active que cette femme, et qui ferait mieux qu’elle ?
C’est donc un modèle qui nous est donné. Que notre Église soit comme elle pour son mari – le Seigneur –, pour ses fils – ses membres – et pour les gens qui en ont besoin. Tous ceux qui s’occupent des autres savent bien qu’ils ne peuvent se permettre de se relâcher dans cette occupation. Avouez que ce serait là une belle activité, nouvelle pour beaucoup d’entre nous : confesser devant l’Église qu’elle est riche et heureuse de la confiance que le Seigneur lui fait !
Ce corps qu’est l’Église ne peut pas vivre sans la confiance de l’Époux, mais elle a aussi besoin d’entendre ses enfants la bénir, plutôt que récriminer contre tout ce qu’elle ne fait pas ou fait mal, contre ce qui lui manque. Nous les enfants qu’elle nourrit, nous pourrions lui en être reconnaissants…
Plus nous ferons confiance à la confiance de Dieu, plus nous nous nourrirons de la Parole du Christ, plus nous ressemblerons, en Église, à ce que les Proverbes nous montrent. C’est une vraie bonne nouvelle.
De gauche à droite : Anatole, Nicola, Guylène et Alain, lors de l’interview pour « Courrier de mission » réalisée dans la bibliothèque du Défap © Défap
La précédente émission du Défap sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, en novembre 2023, vous présentait les portraits de deux « envoyés » très différents : Lisa, jeune infirmière en train d’achever ses études et partant pour une mission dans un hôpital au Cameroun, et Luc, partant en Tunisie après avoir eu une carrière bien remplie de travailleur humanitaire : il n’y a pas d’âge ou de parcours type pour s’engager avec le Défap… Pour cette émission de décembre, les volontaires interviewés sont encore très différents, mais tous se rattachent à un même pays : l’Égypte.
Le Défap n’est pas impliqué de manière directe dans ce pays, mais par le biais d’un proche partenaire : l’ACO (Action chrétienne en Orient). Œuvre missionnaire née au sein des Églises protestantes de l’Est de la France, elle entretient des liens à la fois spirituels et de soutien matériel avec les chrétiens d’Orient. À sa création en 1922, l’ACO avait pour but de secourir les populations arméniennes victimes des exactions turques. Grâce aux paroisses protestantes alsaciennes, mais aussi grâce à des comités néerlandais et suisses, l’ACO a rapidement étendu son œuvre et touché aussi bien les personnes de culture arménienne que de langue arabe et assyrienne, en Syrie mais également au Liban puis plus tard en Iran, et jusqu’en Égypte. Aujourd’hui, grâce à de nombreux partenariats, l’ACO soutient des projets très variés dans les domaines de l’éducation, du social, de la santé, de la solidarité en contexte de crise, de la résolution des conflits, de la formation théologique, de la vie d’Église au sein de communautés locales.
Anatole et Nicola en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap
Parmi ces partenariats, il y a le Défap. Au cours des dernières années, l’ACO a eu l’occasion de collaborer de manière quasi quotidienne avec le Service Protestant de Mission, notamment pour l’envoi de volontaires, au Liban, en Égypte… Dans ce pays par exemple, le Défap a régulièrement assuré le suivi des envoyés de l’ACO en lien avec les Églises protestantes locales, dans le cadre de la plate-forme Moyen-Orient. Il s’agissait de missions d’enseignement (soutien scolaire, apprentissage de l’expression française), mais au-delà, d’une expérimentation quotidienne du « vivre ensemble » propre à faire mentir ceux qui prêchent la violence entre les communautés.
L’Égypte : regards croisés d’envoyés du DéfapCourrier de MissionÉmission du 17 décembre 2023 sur Fréquence Protestante |
En lien avec l’ACO, le Défap continue ainsi à envoyer des volontaires au sein d’un foyer d’accueil de jeunes filles défavorisées qui suivent leur scolarité dans une école francophone, mais aussi auprès des élèves d’une école internationale : le New Ramses College, au Caire. Les langues d’enseignement sont l’arabe et l’anglais mais le français est encouragé dans cet établissement soutenu par l’Église protestante. C’est dans ce foyer que s’effectue la mission d’Anatole (sachant que l’enregistrement de l’émission a eu lieu avant son départ). Il connaissait déjà bien l’Égypte, puisqu’il y avait effectué une mission avec un autre organisme. Mission qui lui avait permis de découvrir ce pays, et lui avait donné envie d’y revenir. Il est également impliqué dans une autre association, les Focolare dans le quartier de Shubra.
La mission de Nicola, partie en couple en Égypte, avec son époux Alain, est pour sa part le résultat d’un montage impliquant plusieurs organismes : pasteure de l’Église protestante unie de France, elle est mise à disposition par l’EPUdF, envoyée par l’ACO et DM (l’homologue suisse du Défap), en lien avec le Défap et la Ceeefe (la Communauté des Églises protestantes francophones) pour accompagner les paroisses du Caire et d’Alexandrie. L’autre volet de son ministère est le contact avec les Églises protestantes égyptiennes (le Synode du Nil) et les partenaires des projets de l’ACO sur place (traduction de livres théologiques ; travail pour le vivre ensemble), avec les autres Églises chrétiennes.
À gauche : Luc, envoyé du Défap en Tunisie ; à droite, Lisa, envoyée au Cameroun © Défap
Il n’y a pas d’âge pour être volontaire du Défap. C’est particulièrement vrai quand on part avec le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale). Certaines et certains finissent tout juste leurs études, voire sont encore en train d’hésiter sur leur orientation, et sont en quête d’une expérience à l’international, d’une ouverture, pour pouvoir affiner leurs choix. D’autres, au contraire, ont une vie professionnelle déjà bien remplie et peuvent donner de leur temps et de leur expérience.
Pour ce mois de novembre 2023, « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante, met en dialogue deux de ces volontaires aux parcours très différents. Novembre, c’est une période de l’année au cours de laquelle pratiquement tous les volontaires ayant pris part à la « session de formation au départ » du mois de juillet sont sur le terrain. Ils et elles se retrouvent donc dispersés au Cameroun, en Tunisie, à Madagascar et dans de nombreux autres pays en fonction de leur mission. L’enregistrement de cette émission a justement été réalisé avant le départ des uns et des autres, et peu après cette formation qui constitue l’un des rares moment où tous les « envoyés » du Défap se retrouvent en un même lieu et peuvent échanger à la fois sur leurs parcours, leurs motivations, et sur leurs futurs lieux d’engagement.
Partir avec le Défap : les échanges, ça vous changeCourrier de MissionÉmission du 19 novembre 2023 sur Fréquence Protestante |
Voici donc Lisa et Luc. Lisa a senti que le moment de partir était venu pour elle pendant sa troisième année d’études d’infirmière. Elle connaît le Défap depuis toute jeune : elle avait déjà participé à un échange en tant que catéchumène. Elle a aussi effectué un stage dans un dispensaire en Namibie, qui a constitué pour elle « une révélation », et lui a donné envie de s’engager de nouveau en Afrique. Luc, pour sa part, a déjà une longue expérience de travailleur humanitaire. Il a effectué des missions avec de nombreuses ONG, et sur de nombreux terrains différents, avant de partir en Tunisie avec le Défap.
Dans ce dialogue entre Lisa et Luc, diffusé alors que tous deux ont rejoint leur lieu de mission, ils évoquent leurs attentes, ce qu’ils laissent derrière eux, leurs relations avec leurs proches, ce que cela représente pour chacun d’être ainsi loin de leur pays et de leurs habitudes. Ils évoquent aussi l’après-mission, et le retour en France. Ainsi que la formation au départ suivie au Défap, et ce qu’elle apporte aux envoyés.