Les Jeudis du Défap : La place de l’imaginaire dans la théologie de la reconstruction – Le replay

Et si l’imaginaire social africain était une clé pour penser la reconstruction du continent ? Le 22 mai dernier, lors de la dernière session des Jeudis du Défap avant la pause estivale, le Dr Elom Komivi Alagbo nous a invités à une réflexion profonde et stimulante autour de la théologie de la reconstruction. À travers une approche enracinée dans les réalités africaines, il interroge le rôle de l’Église, la place des symboles, et les ressources culturelles mobilisables pour une transformation durable. Revivez dès maintenant cette conférence passionnante en replay.

Qui est Elom Komivi Alagbo ?

Le Dr Komivi Elom Alagbo est pasteur de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo. Docteur en théologie, il enseigne la théologie systématique et la théologie africaine à l’Université Protestante d’Afrique de l’Ouest (campus d’Atakpamé). Ses recherches portent notamment sur la christologie africaine, l’imaginaire social et la reconstruction africaine. Il est l’auteur de plusieurs publications, dont un article intitulé « Les titres christologiques dans la théologie africaine et leurs implications éthiques ».

Les conférences « Les Jeudis du Défap » se déroulent en ligne, notamment sur Zoom

Pourquoi cette thématique ?

Face aux crises multiples qui frappent le continent africain, cette réflexion unique, portée par le pasteur et docteur Malab, propose une lecture profonde des racines culturelles, historiques et spirituelles qui façonnent notre société. L’imaginaire social, cette capacité collective à rêver, à créer du sens et à structurer la vie communautaire, est au cœur de cette reconstruction nécessaire. Car, comme il est démontré, un imaginaire malade conduit à des crises culturelles, politiques et sociales, ravivant l’urgence d’une véritable libération mentale et spirituelle.

Qu’entend-on précisément par ce concept complexe qui englobe les représentations, croyances, mythes, aspirations et visions collectives qui façonnent une société ? Comment la « théologie de la reconstruction » aborde-t-elle cet imaginaire social ? Comment l’imaginaire social africain peut-il être mobilisé efficacement pour redynamiser la culture, l’éducation, les institutions et ainsi impulser un véritable renouveau socio-politique ? Ce sont toutes ces questions qui ont nourri la réflexion de l’intervenant tout au long de la conférence.

La bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap dresse une liste des ouvrages et documents évoqués pendant l’intervention.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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Les Jeudis du Défap : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe – Le replay

Après une soirée riche en réflexions et captivante face à l’exploration d’un concept inhabituel qui façonne pourtant le récit de notre société, le replay est désormais disponible. Le « Jeudi du Défap » du 24 avril dernier nous a permis d’accueillir la professeure Jeanine Mukaminega autour de la thématique « Afropéanité et transformation du christianisme en Europe ».

Qui est Jeanine Mukaminega ?

Jeanine Mukaminega est docteure en sciences bibliques et professeure d’Ancien Testament à la Faculté universitaire de théologie protestante de Bruxelles. Membre fondatrice du Centre CARES (Center for Afro-European and Religious Studies), elle mène des recherches en exégèse biblique et en herméneutique critique, avec une attention particulière aux lectures décentrées et aux enjeux culturels contemporains. Elle a publié plusieurs ouvrages et articles, notamment sur les figures prophétiques, les récits d’exil et l’impact des textes bibliques dans un contexte mondialisé. Elle explore également le concept d’afropéanité, ses origines, ses figures et ses implications religieuses et culturelles.

 

Conférence du 24 avril 2025

Pourquoi cette thématique ?

À travers une approche rigoureuse et engagée, Jeanine Mukaminega nous invite à réfléchir aux enjeux identitaires, historiques, culturels et spirituels que recouvre cette notion émergente. Qu’est-ce que signifie être Afropéen·ne aujourd’hui ? Comment ce terme, né dans les marges culturelles, redessine-t-il les frontières entre l’Europe et l’Afrique, entre mémoire et visibilité, entre marginalisation et affirmation de soi ?

Ce concept, encore peu connu du grand public, interroge des notions fondamentales comme l’identité, la mémoire coloniale, la racialisation, l’appartenance, mais aussi les dynamiques ecclésiales et religieuses au sein des sociétés européennes.

À travers cette conférence dont le replay est disponible ci-dessous, Jeanine Mukaminega ne propose pas de réponses toutes faites, mais ouvre des pistes essentielles pour comprendre une démarche profonde et structurante : celle d’une communauté noire européenne qui construit ses propres repères, récits et perspectives.

La bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap dresse une liste des ouvrages et documents évoqués pendant l’intervention.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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Colloque de Pomeyrol 2025 : « Notre héritage missionnaire : perspectives croisées entre Sud et Nord »

Du 4 au 7 juillet 2025, la Communauté de Pomeyrol accueillera un colloque ouvert à tous sur le thème « Notre héritage missionnaire : perspectives croisées entre Sud et Nord ». Organisé en partenariat avec le Défap et le CIPCRE, cet événement rassemblera des personnes aux parcours variés – théologiens, chercheurs acteurs de terrain et toute personne intéressée – pour échanger sur les enjeux passés et présents de la mission chrétienne. Entre discussions, prières et temps de partage, cette rencontre offrira un espace unique de dialogue et de décentrement.

Colloque de Pomeyrol 2024
Photo de famille lors du colloque de Pomeyrol 2024 © Communauté de Pomeyrol

Un rendez-vous unique de réflexion et de dialogue

Chaque début d’été, la Communauté des sœurs de Pomeyrol organise un « colloque ouvert » où se croisent prières, méditation et réflexion approfondie sur les responsabilités des chrétiens dans la société contemporaine.

Cette édition 2025 s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées ces dernières années autour des relations Nord-Sud et des enjeux historiques, culturels et spirituels qui les traversent.

 

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Un héritage missionnaire entre lumières et ombres

L’héritage missionnaire chrétien suscite des débats passionnés. S’il a souvent été perçu comme porteur d’un message de libération et de vie, il est aussi critiqué pour ses liens avec l’expansionnisme idéologique et la domination culturelle de l’Occident. L’objectif du colloque de Pomeyrol 2025 sera donc d’aller au-delà d’un simple bilan comptable des apports positifs et négatifs de la mission. Il s’agira plutôt d’examiner ses effets aujourd’hui et de chercher des pistes pour un dialogue réconciliateur.

Dans un monde où le Nord et le Sud sont de plus en plus interdépendants, les questions de justice, de paix et de sauvegarde de la création restent essentielles. Le colloque proposera ainsi une approche critique et constructive des représentations encore à l’œuvre dans les relations entre anciennes puissances coloniales et pays anciennement colonisés.

Un espace de décentrement et de dialogue

L’histoire des rapports entre l’Occident et les autres civilisations est jalonnée de malentendus et d’asymétries : colonialismes, ingérences politiques, dominations économiques ou encore paternalisme condescendant. Dans ce contexte, le colloque visera à créer un espace de dialogue authentique et de décentrement pour dépasser ces logiques et envisager de nouvelles formes de coopération basées sur la réciprocité et l’enrichissement mutuel.

Des intervenants issus de diverses régions du monde seront invités à partager leurs expériences et leurs réflexions.

Pourquoi la participation du Défap est-elle importante ?

En tant que service protestant de mission, le Défap joue un rôle important dans la réflexion sur les dynamiques missionnaires contemporaines pour ses Eglises membres (EPUdF, UEPAL). Son engagement dans l’organisation de ce colloque est une occasion de mettre en lumière l’importance d’une mission décolonisée, décentrée et ouverte au dialogue interculturel.

Le Défap souhaite favoriser et participer à une réflexion constructive sur les modalités d’une mission repensée pour le XXIe siècle.

Un cadre propice à la méditation et au dialogue

Le colloque de Pomeyrol ne se limite donc pas aux conférences et discussions. Rythmé par les offices de prières et nourri par la beauté naturelle du parc de Pomeyrol, il offre un cadre exceptionnel pour l’introspection et la rencontre. Dans cette atmosphère propice à la réflexion, à l’ouverture et à l’intériorité, les participants seront invités à questionner leur propre regard sur les relations Nord-Sud et à envisager de nouvelles manières de cohabiter et de collaborer dans un monde en mutation.

Informations pratiques

  • Dates : Du 4 au 7 juillet 2025
  • Lieu : Communauté de Pomeyrol, 13150 Saint-Étienne-du-Grès (France)
  • Organisateurs : Communauté de Pomeyrol, Défap, CIPCRE
  • Thème : « Notre héritage missionnaire : perspectives croisées entre Sud et Nord »

 

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Un passage de témoin en préparation au Défap : le rapport du Secrétaire général

À l’approche de la fin de son mandat en tant que Secrétaire général, Basile Zouma prend la parole pour exprimer sa gratitude et revenir sur les engagements du Défap. Une réflexion sur la mission, la solidarité et la transmission, alors qu’il accompagne cette transition avec Vincent Nême-Peyron.

AG 2025 - Discours du Secrétaire général
Basile Zouma, Secrétaire général du Défap, pendant son discours

« Au moment même où je prends la parole pour mon dernier rapport en tant que Secrétaire général du Défap, je profite de l’occasion pour rendre grâce à Dieu en Christ d’avoir non seulement ouvert la possibilité de ce ministère très spécialisé mais aussi pour son soutien tout au long de celui-ci.

Je souhaite aussi dire ici un certain nombre de reconnaissances.

D’abord au Conseil et à son Bureau (incarnation des Églises membres), pour le risque pris et le pari fait qui ont permis qu’en janvier 2019, je sois nommé à ce poste. Merci au Conseil pour sa confiance qui n’a pas vacillé tout au long de ces années – du moins si elle l’a été, il n’a rien laissé paraître. Merci pour cette confiance renouvelée lors de son vote au Conseil de juin dernier, clôturant le processus d’évaluation de mon ministère assortie d’une demande de prolongation. Avec le président Joël Dautheville, cela a été un riche compagnonnage aussi bien fraternel qu’institutionnel et au besoin, une oreille pastorale dans les moments délicats et il y en a eu.

Ensuite à l’équipe du Défap, elle est non seulement une force opérationnelle sur le terrain mais aussi une famille qui peut connaître comme dans toute famille, des temps difficiles mais ici au Défap, vites dépassés et oubliés par la joie d’être et de travailler ensemble. Mon défi en arrivant, était certes de tout faire pour assurer ma charge (et mon parcours à la Sorbonne a aidé) mais surtout de rester pasteur et je crois que vous y avez énormément contribué du fait aussi de vos propres engagements ecclésiaux (une équipe œcuménique et interreligieuse).

Enfin à chacune, chacun de vous que j’ai croisé dans le cadre de ce ministère et dont les conseils, les questions, les interpellations ou même les critiques ont nourri mon engagement et aidé à l’ajuster au mieux. Merci à vous partenaires et associés : Cevaa, DM, ACO, CEPF, CIMADE, CEAF, pour cette collaboration… »

 

Introduction générale

« Venons-en à notre rapport d’activité et c’est avec Albert Einstein que j’annonce la couleur. Ce dernier disait : « Je sais pourquoi tant de gens aiment couper du bois. C’est une activité où l’on voit tout de suite le résultat. » Le vide créé et l’espace ouvert peut bien être frappant, saisissant.

Depuis que je suis SG du Défap, une question qui ne m’a jamais quitté est celle de savoir quel produit pourrait légitimer son action ? Quel retour concret pourrait justifier sa pertinence ? Relation et solidarité qui sont au cœur de son engagement sont-elles des activités mesurables et/ou rentables ? La dimension universelle de l’Église qu’il s’efforce de rendre présent, est-elle évaluable ?

Ce rapport d’activité 2024 que vous avez reçu et finement lu, raconte et compte pour tenter de répondre à ces questions en disant l’action dans les lignes et le sens de celle-ci entre les lignes.

Un lieu d’incarnation

Il raconte un Défap comme un des lieux d’incarnation de l’Église universelle à travers une solidarité internationale d’initiative ecclésiale. Il apporte sa coloration chrétienne protestante au foisonnement de l’entraide mondialisée. Il y participe en vivant des relations qui dépassent les frontières du temps et de l’espace. Plus qu’un contrat d’humanité, cette solidarité est une fraternité qui repose sur une reconnaissance et le fruit de la grâce divine. Elle permet de répondre à l’invitation du Christ à incarner notre amour de Dieu dans l’attention particulière accordée au prochain, à savoir le proche et le lointain : « aimer son prochain [qui est] comme soi-même, c’est aimer Dieu. » (Matthieu 22, 37-39).

Une fraternité sans cesse revisitée

Il raconte aussi une relation fraternelle sans cesse revisitée à travers un récit construit sur la charpente des trois axes stratégiques du programme de travail Convictions & actions 2021-2025 qui arrive bientôt à échéance. Vous y trouverez l’essentiel des nouvelles des pays dans lesquels le Défap est engagé. Il montre comment il continue et revisite sans cesse une fraternité qui dure depuis plus d’un demi-siècle et révèle dans ses lignes comment les actions sont menées de sorte à permettre la rencontre, à faciliter la relation et invite à la réflexion sur la place et la responsabilité sociales et ecclésiales des Églises membres et des partenaires.

Une action et l’éthique de celle-ci

L’action 2024 du Défap, en lien avec son programme de travail a mis un accent particulier sur la rencontre des partenaires sur le terrain pour faire un point sur la relation, la questionner et au besoin redéfinir de nouveaux contours. À ce propos, avec Maëlle NKOT, la chargée de projet et du suivi des partenariats, une grille a été mise en place pour interroger les partenaires sur le regard qu’ils ont sur l’état de la relation afin d’aider, au bout de l’analyse, de la faire évoluer si nécessaire.

À la demande de certaines paroisses aussi bien dans l’EPUdF que dans l’UEPAL, la présence du Défap s’est exprimée sous forme de ce que je qualifierai de « palabre missionnaire » qui est une façon de discuter et de débattre à l’ombre de ce qui nous dépasse (Dieu pour nous et l’image symbolique du Baobab dans certaines cultures africaines), des questions qui nous concernent, ou nous préoccupent ; le défi interculturel dans les communautés, la question du témoignage et sens à donner aujourd’hui au mot « mission », le partage d’expérience et le type de relation à développer avec les Églises sœurs au loin.

La « palabre missionnaire » s’est prolongée dans nos locaux avec les Églises membres, ce qui a permis la rédaction d’un texte -support comme contribution concertée pour nourrir le travail de réflexion de l’UEPAL et de l’EPUdF en vue d’une réponse au processus de refondation ouvert en 2018.

Il faut aussi noter une importante activité du Défap auprès des communautés satellites des Églises partenaires d’Afrique : EPC Europe, EEC France… ; communautés qui connaissent de nombreux conflits dont certains d’entre vous ont eu connaissance du fait qu’elles se réunissent souvent dans vos locaux.

Tout en étant reconnaissant de l’effort des Églises membres et conscient des contraintes financières, le Défap s’est aussi engagé dans une diversification des ressources pour continuer à incarner et de nourrir cette Église universelle que nous confessons dans le symbole des apôtres.  Il a activement travaillé entre autres à travers la compensation carbone, le soutien à la formation des filles et femmes pour que les questions d’environnement et d’égalité de genre ne demeurent pas qu’un souci mais que cela s’incarne dans la coréalisation de projets coconstruits.

 

Une équipe et un lieu pour assurer l’action

  • Une équipe

Une reconnaissance aux permanents du Défap dont une partie est mobilisée aujourd’hui pour l’accueil et l’intendance de cette AG. Pour mettre en œuvre un programme, il faut bien l’engagement d’une équipe de femmes et d’hommes (qui n’ont pas toujours compté leurs heures) et un lieu.

Cette équipe a vu des départs et des arrivées. Et je saisi l’occasion pour remercier Anne-Sophie MACOR qui, après un peu plus d’une année au Défap, a rejoint sa famille dans le sud. Caroline Mpessa Lobe a pris sa suite comme responsable du Volontariat et nous nous en réjouissons. Nous remercions Franck Lefebvre et regrettons son départ après environ 13 ans au Défap pour des raisons médicales.  Cela a considérablement perturbée la préparation de cette AG surtout celle du RA dont Franck était un des acteurs majeurs. Merci à Raphaela Tatchoua pour toutes les heures supplémentaires qu’elle a dû faire pour que nous puissions y arriver.

  • Un lieu

La « Maison Défap » au 102 Bd Arago constitue un espace essentiel pour notre dispositif et est identifiée comme telle par la plupart de nos partenaires.  Que ce soit par l’accueil quotidien de responsables d’Églises de tous horizons, la location de salles à des communautés, visages ici d’Églises de là-bas, l’ouverture de la bibliothèque, l’accueil de groupes comme les Masters cycle M « Église et société de l’EPUdF », l’accueil des étudiants de l’IPT, la formation des envoyés ou d’événements comme l’Assemblée Générale de la CEPF, les rencontres avec des partenaires, tout cela participe d’un tissage de liens entre Églises d’ici et d’ailleurs et permet à notre réseau de s’élargir.

Une riche collaboration

Cette présence au monde ne se fait pas seule, mais à travers une riche collaboration dans un réseau associatif extrêmement diversifié et les instances gouvernementales qui lui renouvellent sa confiance dans les agréments accordés. La table ronde de cet après-midi et le profil des partenaires montrent bien ce réseau dans lequel le Défap est inscrit. La collaboration particulière avec la Cevaa est à noter et je tiens ici à remercier la Secrétaire générale pour le maintien d’une dynamique positive entre nos deux institutions. Avec DM, nous travaillons dans une mutualisation de nos actions en vue d’une présence plus efficace auprès de nos partenaires… »

 

Perspectives 2025

« L’année dernière, j’avais terminé mon propos en ouvrant des perspectives mais vous comprenez que cette année, je me garderai de cela pour en laisser le soin à Vincent. Mais je l’entends déjà penser très fortement en disant, « il ne va tout même pas me faire bosser dès aujourd’hui ? » ; bien sûr que non cher ami.

Sans toutefois ouvrir de perspectives, je me permets tout de même d’injecter quelques idées dans les processus synodaux et d’assemblée d’union qui vont s’ouvrir sur le sujet Défap. Il me semble utile de rappeler que notre bibliothèque et nos archives regorgent de ressources abondantes dans lesquelles le mot refondation apparaît plus d’une fois. Des réflexions ont été menées et des traces existent. Il est fondamental de ne pas faire l’économie de son exploitation. Il faut se rappeler la parole de l’Ecclésiaste qui dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste 1, 9b). « Nulle avancée ne surgit du néant : toutes portent l’empreinte discrète de ceux qui ont rêvé avant nous. » – Sabrina Mouray

Nous avons d’ailleurs mis ici à votre disposition à un prix défiant toute concurrence, le premier tome de l’œuvre magistrale du professeur Zorn qui donne des clefs utiles à toutes celles et ceux qui veulent se plonger un peu dans l’histoire de cette maison. Un tome 2 est en préparation pour le mois de septembre qui couvre la période 1914-1971.

L’histoire du Défap est riche et la matière abondante pour aider non seulement à penser l’avenir mais surtout à le construire sans préjuger de ce qui adviendra. J’ai bon espoir et mon ambition ces dernières années était de travailler de sorte à baliser le sentier de cet avenir en donnant les premiers coups de pinceaux pour faire apparaître son visage.

Il y a un sport que j’apprécie énormément et il s’agit de la course de relai ; c’est une compétition dans laquelle l’effort est solitaire mais la victoire collective. Pour que les conditions soient optimales pour le trophée, il faut qu’au moment même où le coureur passe le témoin, qu’il ait encore suffisamment de réserve et même une envie folle de continuer.  »

 

Conclusion

« Cher Vincent, j’ai couru ma part de distance, j’ai encore suffisamment de réserve et toujours la même envie qu’au début ; je n’arrive pas au bout du souffle mais au bout de ma part de course. Les conditions sont donc optimales pour te passer le flambeau et t’assurer de la constance de ma prière et de la sincérité de mon soutien pour ton ministère au Défap. Je le fais avec sérénité car j’ai le sentiment que le chantier de la refondation s’est un peu éclairci de ses gravats et que les Églises membres ont ouvert l’espace de la palabre à l’ombre de celui par qui tout arrive… celui qui permet de passer de la dispute à la discussion et de la discussion à l’incarnation de ce que nous confessons : l’Église universelle.

Je vous remercie de votre écoute. »

Basile Zouma,

Paris, le 29 mars 2025




Rééquilibrer nos liens : de la compétition à la confiance, le mot du Président

Quand la compétition prime sur la confiance, les relations humaines s’effritent. Lors de l’Assemblée Générale 2025 du Défap, son président a appelé à rééquilibrer nos modèles sociaux et ecclésiaux en misant sur la coopération et l’entraide. Un message fort qui résonne avec la vocation missionnaire du Défap, engagé dans des partenariats interculturels et solidaires.

Discours du Président du Défap - AG 2025
Joël Dautheville, Président du Défap, pendant son discours

« Quand la compétition remplace la confiance

C’est avec cette phrase que Thomas Kauffmann, anthropologue et directeur général de Médecins Sans Frontière au Luxembourg, intitule son article dans l’Œil de Réforme du 29 janvier dernier en pointant du doigt la compétition effrénée vécue dans les pays occidentaux : la course à la domination, au profit et au pouvoir prime sur tout : l’actualité aux États-Unis nous montre que cette compétition est un dogme revendiqué désormais sans retenue. La compétition remplace la confiance et a des effets délétères sur les relations entre humains, relations qui s’inscrivent désormais dans la seule dimension verticale. Il pose alors la question : Si l’esprit du capitalisme s’est nourri de l’éthique protestante, avant de basculer dans l’extrême, peut-être nous incombe-t-il de le rééquilibrer ? Comment ? Il invite à pro-mouvoir des modèles socio-économiques basés plutôt sur la coopération que la compétition, le partage plutôt que l’accumulation. Et il termine cet article en incitant à redécouvrir la richesse des relations humaines, de l’entraide, de l’acte gratuit, et de l’échange sans but lucratif. Tout est là, il suffit de le valoriser à nouveau.

Des recommandations qui résonnent au Défap

Ce qui semble important sur le plan économique pour rééquilibrer l’esprit du capitalisme issu de l’éthique protestante, l’est tout autant pour le Défap et ses Églises membres, au nom de la vision du Christ d’une Église universelle. Rééquilibrer une vision de la mission en développant des relations horizontales. C’est pourquoi, depuis ses origines, le Défap met en pratique l’importance des relations à travers les échanges de personnes telles que les théologiens et théologiennes, pasteur.es, volontaires. Aujourd’hui il développe l’esprit de réciprocité dans les échanges comme nous le verrons cet après-midi. Il met en pratique l’entraide, la solidarité avec les projets présentés par les partenaires et travaillés avec eux, sans oublier la dimension écologique de plus en présente au Défap et chez les partenaires comme l’indique le document Convictions et Actions du Défap pour les années 2021-2025 largement diffusé et présent sur le site defap.fr. J’en profite pour appeler le Défap et les Églises membres à envisager la période quadriennale suivante 2026-2030. Le document actuellement en vigueur aide à la priorisation des actions autour de 3 axes : Développer les liens avec les partenaires, s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine, et vivre l’interculturalité. Le rapport d’activités évoque les nombreuses actions organisées par le Défap dans un esprit partenarial où chacun des partenaires apporte à l’autre ses richesses : richesses théologiques, richesses culturelle, richesses humaines. Comme le précise l’article 2 de ses Statuts : l’objet du Défap est de stimuler et coordonner les efforts des Églises membres en vue d’éveiller et d’entretenir en elles le sens de leurs responsabilités et de leur action commune dans les domaines missionnaire et humanitaire. Il s’agit de mettre en œuvre cet objet entre autres par la solidarité financière, l’accueil et l’envoi de personnes, formation à la rencontre interculturelle, etc. La refondation du Défap engagée par les Églises chacune selon sa temporalité et sa méthode de consultation devra confirmer, préciser ou infléchir cet objet.

Le Défap, un témoin privilégié de violences internationales et de l’espérance

Depuis sa création, le Défap, association instituée par les Églises, relaie la parole des témoins que sont les partenaires, notamment les partenaires qui sont sur le continent africain, et particulièrement sub-saharien. C’était le cas au moment où le Défap a été créé. C’est encore le cas aujourd’hui. Des liens récents avec l’Eglise du Christ au Congo, notamment avec les Églises et leurs facultés de théologie protestante dans les régions des Grands Lacs, permettent au Défap de relayer les souffrances endurées par des chrétiens dans cette région du monde. Les chrétiens et chrétiennes sont témoins et victimes de la prédation féroce avec son cortège de violences organisée par des grands groupes, par des pays sur les matières premières à destination, entre autres, de la haute technologie. Je remercie le pasteur et docteur en théologie Fiston Mumbere Ngesera qui a présidé le culte d’ouverture de pouvoir faire ainsi le lien entre les Églises membres du Défap et son Église. N’oublions pas qu’en RDC vit la plus grande communauté protestante francophone au monde.

Le Défap est témoin de la demande de liens et de partenariat exprimées par les facultés de théologie de cette région et d’ailleurs. Celles-ci savent que le Défap a des moyens limités. Pourtant elles sont en demande de liens qui sont pour elles des soutiens à leur mission d’annoncer l’Évangile en paroles et en actes.

Certains pensent que ces liens avec les partenaires n’ont aucun impact sur les Églises de France. Une remobilisation des Églises et des partenaires autour du Défap pourrait changer la donne. La triangulation des relations est une opportunité pour l’Évangile et la vie des Églises. En favorisant les liens entre les partenaires de là-bas d’une part et d’autre part avec les personnes venant de là-bas et vivant en France, en approfondissant et élargissant la dimension interculturelle, le Défap est l’outil des Églises de France qui sème de l’espérance ici et là-bas. Il est également l’outil qui permet aux Églises de freiner le risque de voir se dégoupiller un système politique gros de violence en France. Lors de la dernière rencontre des Jeudis du Défap du 20 mars dernier sur Identité, hostilité et hospitalité, Olivier Abel si-gnalait son inquiétude de voir la France, du fait de son histoire, créer de l’hostilité notamment lorsque le contexte est tendu. Elle est nostalgique de son unité nationale perdue avec les guerres de religion. De ce fait elle peut être encline à fabriquer de l’hostilité, voire de nouvelles Saint-Barthélemy comme il l’exprimait déjà dans son message à l’Assemblée du Désert en 2022.

Favoriser les échanges entre jeunes, pasteur.es, théologiens et théologiennes d’ici et de là-bas, c’est témoigner de l’évangile de Jésus-Christ qui permet de comprendre que nous recevons notre identité chrétienne de Dieu, qu’elle est un don pour l’autre et non le facteur d’un repli sur soi ou sur une communauté fermée. Favoriser de tels partenariats, c’est une manière pour les Églises même si elles sont en difficulté, même si le contexte international est tendu, d’être en mission, et de favoriser ainsi en commun l’annonce de l’évangile libérateur de Jésus-Christ. »

Joël DAUTHEVILLE,

Paris, le 29 mars 2025

 




Les Jeudis du Défap : Identité, hostilité, hospitalité – Le replay

Le jeudi 20 mars dernier, le Défap a reçu le professeur Olivier Abel lors des « Jeudis du Défap » pour partager sur le thème « Identité, hostilité, hospitalité ». Le replay est disponible.

Qui est Olivier Abel ?

Olivier Abel est un philosophe français, élève de Jankélévitch, Levinas et surtout Ricœur. Après avoir enseigné six ans au Tchad et en Turquie, il devint professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie, d’abord à Paris pendant 30 ans, où il contribua à la création du Fonds Ricœur, puis à Montpellier durant 9 ans.

Spécialiste de Ricœur (La promesse et la règle, Le vocabulaire de Paul Ricœur…), il a aussi exploré la pensée de Calvin, Milton ou Bayle, ainsi que les enjeux du langage (L’éthique interrogative, La conversation). Ses travaux en éthique politique abordent des thèmes comme le pardon ou le mariage (Le vertige de l’Europe). Plus récemment, il a publié La naissance, qu’est-ce que ça change ? et De l’humiliation.

 

Olivier Abel - Les Jeudis du Défap - mars 2025
Olivier Abel © Labor et Fides

Pourquoi cette thématique ?

À une époque où les tensions sociales et culturelles sont palpables, comprendre comment les concepts d’identité, d’hostilité et d’hospitalité interagissent devient essentiel pour soigner les blessures de nos sociétés contemporaines.

Comment la notion d’identité, qu’elle soit personnelle ou collective, influence-t-elle notre rapport aux autres, en particulier à ceux que nous considérons comme des “autres” ou des étrangers ? Comment accueillir l’autre sans renier sa propre identité ? Dans un monde globalisé, où les migrations sont fréquentes et les identités souvent mélangées, dans quelle mesure pouvons-nous tisser des liens avec ceux qui peuvent sembler diamétralement opposés à nous ? Comment créer des espaces d’accueil qui permettent à l’autre de se sentir en sécurité, tout en reconnaissant les limites nécessaires à la coexistence pacifique ?

Ce sont ces interrogations – qui résonnent particulièrement dans le contexte actuel, où la question des réfugiés et des migrants est devenue centrale dans les débats politiques et sociaux – qui ont servi de base pendant la conférence dont le replay est disponible ci-dessous.

La bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap dresse une liste des ouvrages et documents évoqués pendant l’intervention.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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Les Jeudis du Défap : Promotion / Leadership des femmes dans l’Église en Afrique – Le replay

La première des huit conférences des « Jeudis du Défap » en 2025 s’est tenue le 13 février dernier avec la pasteure et théologienne Gertrude Kamgue Tokam autour de la thématique : « Promotion / Leadership des femmes dans l’Église en Afrique ».  Vous pouvez désormais voir le replay.

Les "Jeudis du Défap" avec Gertrude Kamgue Tokam

Qui est Gertrude Kamgue Tokam ?

Originaire de l’Ouest du Cameroun, Gertrude est actuellement pasteure à l’EpudF, en poste à Montargis et à Châtillon Coligny. Malgré sa croissance dans un environnement hostile au ministère pastoral des femmes, elle commence sa formation théologique à l’Institut théologique protestant de Ndoungué en 1999 avant de rejoindre l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC) à Yaoundé. Elle obtient son doctorat en théologie en 2014. Au-delà de son pays, où Gertrude a été pasteure et aumônier universitaire à l’Église évangélique du Cameroun (EEC), elle a également eu des engagements à l’international, enseignant l’éthique et la dogmatique à la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui en République centrafricaine. Par ailleurs, l’intervenante est engagée dans plusieurs associations de théologiens et théologiennes dont le Cercle des théologiennes africaines engagées (CTAE).

En France, Gertrude Kamgue Tokam a été chercheure boursière du Défap, ce qui lui a permis d’effectuer ses recherches post-doctorales à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) de Montpellier.

 

Gertrude Kamgue Tokam - conférence Les Jeudis du Défap
Gertrude Kamgue Tokam pendant la conférence – © Défap

Pourquoi cette thématique ?

La question de la promotion et du leadership des femmes est fondamentale tant sur le plan théologique que sociétal, car elle touche à l’égalité des sexes et à la reconnaissance des femmes comme leaders au sein des communautés religieuses.

Pourquoi les femmes sont-elles encore sous-représentées dans les instances décisionnelles des Églises, malgré leur présence massive ? Comment la formation théologique peut-elle transformer la perception du rôle des femmes dans l’Église ? Quels obstacles culturels et institutionnels freinent leur ascension au leadership ?

Ce sont des questions qui ont été abordées pendant la visio-conférence dont le replay est disponible ci-dessous.

Retrouvez la bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap, reprenant les ouvrages et documents évoqués par l’intervenante.

 

Les « Jeudis du Défap » : prochaines conférences

  • 20 mars : Identité – hostilité – hospitalité, avec Olivier ABEL
  • 24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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« Les jeudis du Défap » en 2025 : les réflexions missiologiques et interculturelles reprennent

Les « Jeudis du Défap », ensemble de visio-conférences interactives lancées en 2024, reprennent de plus belle cette année avec 8 conférences qui mobiliseront des intervenants sur la scène internationale. Les dates sont désormais connues, les thématiques et les intervenants également.

Les "Jeudis du Défap" en 2025 : les dates

Vous avez aimé le concept l’année dernière ? Bonne nouvelle, cinq rendez-vous de plus vous sont proposés en 2025 pour vous exercer davantage à la réflexion missiologique et interculturelle. Les huit intervenants proviennent de divers pays (France, Cameroun, Togo, RDC, Congo), ce qui aura le mérite d’enrichir les points de vue et le partage d’expériences pendant ces moments à la fois chaleureux et instructifs.

Découvrez les dates, les sujets et les intervenants :

  • 13 février : Formation théologique et promotion / leadership des femmes dans l’église en Afrique, avec Gertrude KAMGUE TOKAM
  • 20 mars : Identité – hostilité – hospitalité, avec Olivier ABEL
  • 24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
  • 22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
  • 11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
  • 9 octobre : La femme dans l’Eglise en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
  • 6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Eglises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
  • 11 décembre : Ethique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO

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Pour rappel, chaque conférence est structurée de la manière suivante :

  • Un temps de conférence
  • Un temps de débat et de questions/réponses permettant à l’audience qui est connectée d’intervenir

Les replay sont disponibles quelques jours plus tard sur la page YouTube du Défap et sur notre site internet, ainsi qu’une retranscription.

Un lien d’accès vous sera communiqué si vous signifiez votre intérêt pour une conférence en vous y inscrivant.

 

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Vous avez assisté à une ou plusieurs conférences des « Jeudis du Défap » en 2024 ? Vos avis nous sont précieux ! Partagez-nous ce que vous avez pensé, dites nous si vous avez des thématiques que vous aimeriez voir abordées pendant ces moments.




Les Jeudis du Défap, 3ème session : Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Eglise – Le replay

Le replay de la dernière conférence des « Jeudis du Défap » avec Gilles Vidal est disponible ! Pour cette année 2024, la dernière conférence a porté sur la « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Eglise ».

Théologie interculturelle et interculturalité dans l'Eglise - replay du 5 décembre avec Gilles Vidal

Qui est Gilles Vidal ?

Gilles Vidal enseigne l’histoire du christianisme à l’époque contemporaine à l’Institut Protestant de Théologie (IPT), à la Faculté de Montpellier. Ses travaux portent sur l’histoire des missions protestantes et la théologie contemporaine dans le Pacifique Sud. Par ailleurs, il est co-directeur du centre Maurice-Leenhardt de recherche en missiologie de l’IPT et est également membre du laboratoire CRISES de l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Le professeur Vidal est président de l’AFOM, Association francophone œcuménique de missiologie (AFOM) et membre du Centre de recherches et d’échanges sur la diffusion et l’inculturation du christianisme (CRÉDIC).

Son lien avec le DEFAP/CEVAA remonte à plusieurs années, car en 1988 il a été volontaire en Nouvelle-Calédonie, envoyé de la Cevaa pour une durée de 3 ans, expérience qu’il a renouvelée en 2003 pour une durée de 5 ans cette fois.

 

Gilles Vidal ©Institut Protestant de Théologie

Pourquoi cette thématique ?

Dans un monde marqué par la diversité culturelle, la théologie interculturelle est plus que jamais nécessaire. Elle nous invite à dépasser les clivages, à construire des ponts entre les cultures et à vivre notre foi de manière plus authentique.

Qu’est-ce que la théologie interculturelle et en quoi diffère-t-elle de la multiculturalité ? Comment nos interactions quotidiennes avec des personnes de cultures différentes peuvent-elles être enrichies par une perspective théologique interculturelle ? Comment concilier la mission et l’évangélisation avec le respect de la diversité culturelle ?

Plusieurs questions ont été abordées pendant cette conférence, veuillez retrouver le replay ci-dessous.

Une bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap pour ce webinaire est également disponible.

 

Les « Jeudis du Défap » en 2025

Les « Jeudis du Défap » reprennent dès février prochain et seront désormais organisés à une fréquence mensuelle. Les différents sujets et intervenants seront communiqués très bientôt.

En attendant, qu’avez-vous pensé de cette série de webconférences qui a été lancée cette année ? Qu’avez-vous apprécié, qu’avez-vous moins aimé ? Partagez-nous vos avis via ce formulaire qui nous aidera à nous améliorer et à vous proposer des contenus de plus en plus qualitatifs.

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Jean-Pierre Anzala en mission au Sénégal : Renforcer les liens et préparer l’avenir

Dans le cadre de la préparation du stage de formation continue des pasteurs, prévu en février 2025 au Sénégal, Jean-Pierre Anzala, responsable de l’échange théologique au Défap, et Natacha Cros-Ancey, coordinatrice de la Communion protestante luthéro-réformée (CPLR) se sont rendus sur place. Cette mission s’inscrit dans une démarche de renforcement des partenariats historiques avec les Églises Protestantes et Luthériennes du Sénégal (EPS et ELS), tout en posant les bases théologiques et logistiques pour un événement clé du dialogue interculturel et de la réflexion théologique.

Le temple de Dakar

Ce déplacement avait pour ambition de :
• Collaborer avec les Églises locales pour ajuster le contenu et l’approche du stage au contexte sénégalais ;
• Identifier les intervenants clés, tels que le Professeur Seydi Diamil Niane, spécialiste de l’islam africain, et le Professeur Djim Dramé, promoteur du dialogue interreligieux ;
• Anticiper les besoins logistiques liés à l’hébergement, aux déplacements et aux visites prévues pendant le stage ;
• Explorer les défis locaux et les opportunités pour l’Église dans des contextes de minorité et de sécularisation.

L’accueil de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) Cheikh Anta Diop

Des rencontres fructueuses avec les Églises sénégalaises

Jean-Pierre Anzala et Natacha Cros-Ancey ont rencontré les principaux responsables de l’Église Protestante du Sénégal et de l’Église Luthérienne du Sénégal, marquant une étape essentielle dans le renforcement des relations.

Avec l’Église Protestante du Sénégal (EPS)

L’équipe a été accueillie par plusieurs responsables, dont le Pasteur André Ouattara, modérateur, et Mme Florence Kembo, responsable de la communication. Les discussions ont mis en lumière les priorités de l’EPS :
• Développer une mission en milieu rural et diversifier la prédication en langues locales.
• Soutenir des projets d’impact social, tels que l’accès à l’eau, la scolarisation et la formation professionnelle, via l’APES (Association protestante d’entraide du Sénégal).

Jean-Pierre Anzala, Natacha Cros-Ancey et André Ouattara

Avec l’Église Luthérienne du Sénégal (ELS)

L’accueil au centre « Femmes pour Christ » a permis de constater les possibilités d’hébergement pour le stage. Les échanges avec des figures clés, comme le Pasteur Latyr Diouf, ont porté sur des projets stratégiques :
• Construction d’une église à Fatick sur un vaste terrain ;
• Reprise d’un institut de formation pastorale à Yeumbul ;
• Développement d’une catéchèse continue adaptée aux contextes citadin et rural.

Jean-Pierre Anzala, Natacha Cros-Ancey et Latyr Diouf

Des projets qui naissent de chaque rencontre

Ce voyage a permis de poser des bases solides pour la formation, mais aussi pour de futurs partenariats :
• Soutien à la création d’un institut théologique pour la formation pastorale avec l’ELS.
• Renforcement des projets diaconaux de l’EPS par l’envoi de volontaires en mission.
• Appui à l’implantation d’églises dans des zones rurales.

 

Une formation pour l’universalité de l’Église

Le stage prévu en février 2025, fruit de ce travail préparatoire, sera un moment unique d’échange entre pasteurs sénégalais et français. Il permettra d’explorer des thématiques comme le témoignage chrétien en contexte minoritaire ou la cohabitation interreligieuse. Ce projet s’inscrit pleinement dans la vocation du Défap : tisser des liens interculturels au service de l’Église universelle.

Ce déplacement de Jean-Pierre Anzala et Natacha Cros-Ancey illustre la mission du Défap, qui œuvre pour le dialogue, la solidarité et la réflexion théologique en contexte interculturel. Une belle étape pour vivre et témoigner de la richesse de l’Église dans sa diversité.




Les Jeudis du Défap, 2ème session : le pardon chez Paul Ricœur – Le replay

Pour la deuxième des 3 conférences des « Jeudis du Défap » en 2024, le pasteur et docteur Robert Louinor était notre invité. Découvrez le replay de ce webinaire qui avait pour thème : « Le pardon chez Paul Ricœur : une proposition de construction socio-politique de la paix ».

Cette deuxième conférence des « Jeudis du Défap » qui s’est tenue le 5 septembre dernier a été présidée par le pasteur Jean Pierre Anzala, avec comme invité le pasteur Robert Louinor.

Qui est Robert Louinor ?

Pasteur et théologien haïtien, Robert Louinor est titulaire d’un doctorat en théologie à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) de Paris. Arrivé en France en 2014 dans le cadre d’une bourse d’études du Défap, il s’est rapidement distingué par son engagement académique et ecclésial.

Après un Master II en théologie obtenu en 2017, il a également effectué un Master en philosophie à l’Université Paris VIII en 2018. Sous la direction du professeur Olivier Abel, il a soutenu avec succès sa thèse intitulée « Le pardon chez Paul Ricoeur : une proposition socio-politique de la paix » le 16 janvier 2023. Ce travail de recherche explore les dimensions philosophiques et théologiques du pardon selon Paul Ricoeur, en particulier dans le cadre de la construction de la paix sociale et politique, un thème qui suscite l’intérêt des chercheurs et des communautés religieuses.

Parallèlement à ses études doctorales, Robert Louinor a activement participé à la vie ecclésiale dans plusieurs paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF). Il a servi dans la paroisse luthérienne de Saint Paul à Paris (18ème arrondissement), la paroisse de la Réconciliation à Suresnes (Hauts-de-Seine), ainsi qu’à l’Église locale de Meudon en région parisienne. Ces expériences ont renforcé son engagement pastoral et sa compréhension des besoins spirituels et sociaux des communautés locales.

Depuis le 1er juillet 2023, Robert Louinor exerce comme pasteur proposant pour la deuxième année à l’Église Protestante Unie de France à Creil, dans l’Oise, où il continue de servir avec passion et dévouement. Ses conférences et enseignements, imprégnés de sa riche formation théologique et philosophique, apportent des réflexions profondes sur des thèmes tels que le pardon, la paix et la justice sociale.

En dehors de toutes ces activités, il a également fondé une école en Haïti pour les enfants en difficulté. Cette école compte un peu plus de 130 élèves, et est disposée à recevoir du soutien pour ces enfants.

Robert Louinor le 5 septembre pour les jeudis du Défap

©Robert Louinor pendant sa conférence le 5 septembre

Pourquoi cette thématique ?

« C’est par rapport à mon parcours en France. En Haïti, on a l’habitude de réciter – comme en France – le « Notre Père » tous les dimanches (la question du pardon). Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait d’autres philosophes qui parlent d’une question, d’une thématique religieuse. En arrivant en France, spécialement à l’Université Vincennes-Saint-Denis, dans un cours titré « Mémoire et démocratie« , le professeur a essayé d’aborder cette question du pardon en mobilisant certains philosophes comme Vladimir Jankélévitch, la philosophe Hannah Arendt, Jacques Derrida et le professeur Olivier Abel. Je me suis posé la question « Pourquoi nous, à l’Église, nous récitons le « Notre Père », mais dans une perspective liturgique, pourquoi nous n’avons pas l’habitude d’aborder cette question – la question du pardon – dans une autre perspective, c’est-à-dire une perspective sociale et politique ? » C’est à partir de 2015 que j’ai commencé à travailler sur cette thématique, le pardon dans une perspective socio-politique. » Robert Louinor

Dans ses œuvres, Paul Ricœur aborde des thèmes en rapport avec la théologie. Peut-on le considérer comme un philosophe chrétien ?  Y a-t-il un lien existant entre justice et pardon et comment Ricœur le développe dans ses travaux philosophiques ? Peut-on parler du pardon quand les victimes et les bourreaux ne sont plus là pour le faire ?  Si le pardon sociopolitique invite à revisiter les histoires d’un passé traumatique dans le but de construire la paix, n’y a-t-il pas un risque de semer le feu sur des sujets sensibles dans les relations interhumaines ou interétatiques ? Comment vivre en Église le concept de pardon sociopolitique ?

Voici quelques questions qui ont permis à notre orateur de construire son propos et de nous tenir en haleine pendant cette heure riche en réflexion. Ci-dessous le replay de la webconférence.

Une bibliographie établie par le service Bibliothèque et documentation du Défap pour ce webinaire est également disponible.

 

Le prochain et dernier webinaire en décembre

  • Le jeudi 5 décembre 2024 : « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Église ».
    Intervenant : Professeur Gilles VIDAL




«Les jeudis du Défap» : rendez-vous avec Paul Ricœur

À vos agendas : les rendez-vous du Défap en visioconférence reprennent le 5 septembre. Pour ce premier webinaire de rentrée, l’intervenant sera le Pasteur Robert LOUINOR, sur le thème : « Le pardon chez Paul Ricœur : une proposition de construction socio-politique de la paix ». N’oubliez pas de vous inscrire, si vous ne l’êtes déjà !

Le premier webinaire du Défap, en avril dernier, nous avait entraînés dans le mouvement des communautés protestantes camerounaises installées en Europe et des prêtres catholiques africains venant en France. Avec une question (ces mouvements témoignent-ils d’une forme de « mission inversée » du Sud vers le Nord ?) et un double regard de chercheurs et sociologues : Adrien Franck MOUGOUE pour le côté protestant, et Corinne VALASIK pour le côté catholique.

Après la pause estivale, ces webinaires reprennent dès le 5 septembre : il sera cette fois question de Paul Ricœur avec le Pasteur Robert LOUINOR, qui interviendra sur le thème : « Le pardon chez Paul Ricœur : une proposition de construction socio-politique de la paix ». Comme les précédentes, cette rencontre en visio se fera en deux temps :

  • Un temps de conférence
  • Un temps de débat et de questions-réponses.

Robert Louinor © DR

 
N’oubliez pas de vous inscrire, si ce n’est déjà fait ! Le lien Zoom vous sera fourni par mail quelques jours avant le webinaire.

Inscrivez-vous aux prochains rendez-vous

 

L’objectif poursuivi est de faire du Défap, un lieu de référence pour le partage de la réflexion missiologique et interculturelle, avec le concours des spécialistes de la question. Cette série de webinaires se conclura le jeudi 5 décembre 2024, avec un rendez-vous sur le thème « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Église » : l’intervenant en sera le professeur Gilles Vidal.

« Nous voulons nous pencher sur des sujets que nous vivons tous au quotidien, avec des professeurs, des spécialistes, explique Jean-Pierre Anzala, responsable du service Échange théologique, qui a lancé ces rendez-vous par Zoom. Par exemple, cette question de l’interculturalité sur laquelle Gilles Vidal va venir réfléchir avec nous, on la vit déjà tous les jours dans les paroisses des grandes villes. Mais comment bien la vivre en Église ? »

Jean-Pierre Anzala dans la bibliothèque du Défap © Défap