Traduire : Animation

Traduire

Cette activité concerne en priorité les jeunes, mais elle peut être vécue dans le cadre d’une catéchèse intergénérationnelle.

Objectifs :

  • Prendre conscience de la multiplicité des langues qui se parlent parmi nous et autour de nous, mais aussi des malentendus possibles quand on parle la même langue.
  • Appréhender à travers différentes animations (lecture d‘image, jeu, réflexion biblique) le rôle de l’interprétation : les joies et les difficultés, et même parfois l’impossibilité, de se comprendre entre nous.

Que représente cette image ? Comment la comprendre, quel est pour vous son message ?

 

Questions

Combien y a-t-il de chrétiens dans le monde ?
Dans quels pays sont-ils les plus nombreux ?
Dans quels pays sont-ils persécutés pour leur foi ?
En combien de langues la Bible est-elle traduite ?
Et dans ma famille ou ma paroisse, parle-t-on d’autres langues que le français ?

 

Au commencement était la traduction

Le récit de Pentecôte nous décrit l’événement merveilleux et unique de la traduction simultanée du témoignage de Pierre en plusieurs langues. Tous ceux qui étaient rassemblés ce jour-là à Jérusalem ont pu entendre et comprendre son message dans leur propre langue.

« Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils étaient tous ensemble au même endroit.

Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent violent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis.

Des langues qui semblaient de feu leur apparurent, séparées les unes des autres, et elles se posèrent sur chacun d’eux.

Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.

À ce bruit, ils accoururent en foule, et ils furent stupéfaits parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous remplis d’étonnement et d’admiration et ils se disaient les uns aux autres : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous galiléens ? Comment se fait-il donc que nous les entendions chacun dans notre propre langue, notre langue maternelle ?

Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée, de la Cappadoce, du Pont, de l’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Egypte, du territoire de la Libye voisine de Cyrène et résidents venus de Rome, Juifs de naissance ou par conversion, Crétois et Arabes, nous les entendons parler dans notre langue des merveilles de Dieu!» Tous remplis d’étonnement et ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ?» Actes 2,1-11

 

Questions 

Que pouvons-nous dire sur les disciples présents ce jour-là à Jérusalem ? Pourquoi sont-ils là ? Et pourquoi y a-t-il tant de monde ? Imaginez l’ambiance…

En quelle langue Pierre s’adresse-t-il aux gens rassemblés ?

Comment pouvons-nous interpréter que les gens qui écoutent les apôtres les comprennent dans leur langue maternelle ?

 

Et si on jouait !

  • Animation : Jeu du « Passe-Parole » avec mime et parole.
  • Durée de l’animation : 30 minutes pour un groupe de 10 personnes. Cette animation peut être répétée plusieurs fois. Il est important de réfléchir au préalable et préparer une liste de mots, qui peuvent être prises dans la vie quotidienne (mimer des animaux, des métiers, des situations simples) ou tirés de l’univers biblique (des personnages connus, des objets, en prenant en compte les connaissances bibliques du groupe).
  • Matériel nécessaire : espace de jeu (dehors ou dedans), liste de mots préalablement notés.
    Il est possible d’adapter ce jeu pour pouvoir le jouer avec un groupe par Visio conférence (zoom), en demandant de dessiner le mot entendu au lieu de le mimer. Le dessin pourrait alors être montré à l’écran à la personne suivante qui devrait trouver le mot. Dans ce cas, prévoir des feuilles et des crayons par chaque participant. Inviter les participants pour qui ce n’est pas encore le tour à fermer les yeux. Vous pouvez aussi simplement jouer à ce jeu en ligne à l’adresse suivante : https://garticphone.com/fr
  • Objectif : faire prendre conscience :
    • Qu’on peut communiquer non seulement par la parole mais aussi par le corps, le visage, les signes.
    • Que la communication n’est pas une mécanique parfaite. On interprète toujours ce qu’on entend et ce qu’on voit. L’erreur, le malentendu, peuvent faire rire, mais parfois provoquer souffrance et colère.
  • Déroulement : les participants doivent former une ligne droite en se plaçant les uns derrière les autres. Le dernier reçoit un mot qu’il doit mimer à celui qui est en face de lui. Pour cela cette personne doit se retourner. Après avoir regardé le mime (plusieurs fois si nécessaire) cette personne doit trouver le mot mimé et à son tour transmettre à la personne qui se trouve devant lui en le lui chuchotant dans l’oreille ; Celui qui a écouté le mot trouvé, invite par une tape sur l’épaule la personne qui se trouve devant lui à se retourner, et à son tour, il mime ce qu’il a entendu, et ainsi de suite jusqu’à la dernière personne. La dernière personne de la ligne pourra révéler le mot qu’il a reçu ou qu’elle a compris à travers le mime de son voisin. Le mot initial pourrait être comparé au dernier mot entendu ou compris.

 

Ouverture pour aujourd’hui

Quel est le message du récit de Pentecôte pour nous aujourd’hui ?

Comment le message de l’Évangile résonne dans notre cœur ? Et dans nos relations avec les autres ? Parlons-nous de notre foi avec nos ami (e)s ?

Comment traduire ce que nous vivons intérieurement : notre relation à Dieu, nos convictions, notre cheminement d’enfants de Dieu pour ceux et celles qui nous entourent ?

Connaissons-nous des chrétiens d’autres Églises, d’autres pays, d’autres langues ?

 

Sans se comprendre on peut se comprendre…

Nous vous proposons de partager ce chant en arabe par de jeunes chrétiens égyptiens :

Nous vous proposons de visionner ce reportage : « Au fournil de Fewen tout le monde apprend la langue des signes ».

Un texte à méditer et à prier…

J’ai dit à Dieu que sa Pentecôte ne valait pas grand-chose
Et que son Saint-Esprit n’était pas très efficace.
Avec toutes ces guerres, ces gens qui meurent de faim,
Avec toute cette drogue et ces assassinats.

Mais Dieu m’a répondu :
« C’est à toi que j’ai remis Mon Esprit.
Qu’en as-tu fait ?
Qui fera la justice si tu ne commences pas à être juste ?
Qui fera la vérité si tu n’es pas vrai toi-même ?
Qui fera la paix si tu n’es pas en paix avec toi-même et avec tes frères et sœurs ?
C’est toi que j’ai envoyé porter La Bonne Nouvelle ! « 

Jean Debruynne

Version téléchargeable :

 

« Traduire – Animation » : le document complet en pdf

 

 




50 témoignages : Jacqueline

Jacqueline a passé huit ans de sa vie comme envoyée à Tahiti ; elle a vécu le passage de la SMEP au Défap, l’autonomie de l’Église protestante de Tahiti et l’installation du centre d’essais nucléaires, qui a bouleversé la vie de la population de l’île…

 

 

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50 témoignages : Tahina Eloi

Tahina Eloi Rakotomahefa, pasteur de la FLM (l’Église luthérienne malgache), témoigne de son accueil en France en tant que boursier du Défap.

 

 

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50 témoignages : Frédéric

Frédéric Rognon, professeur de philosophie à la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg, revient sur ses années passées en tant qu’envoyé en Nouvelle-Calédonie. Une période qui a durablement influencé sa vie.

 

 

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50 témoignages : Étienne

Étienne Bonou, pasteur de l’EPMB (l’Église Protestante Méthodiste du Bénin) et professeur de théologie pratique à l’UPAO (Université Protestante d’Afrique de l’Ouest), témoigne de ses relations avec le Défap, établies sur de nombreuses années : il a participé à des échanges de groupes de jeunes, a été boursier du Défap, a été responsable de l’équipe de coordination lors d’un stage de la CPLR (programme de formation permanente des pasteurs), a participé à des échanges de professeurs de théologie…

 

 

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50 témoignages : Philippe

Philippe, enseignant, témoigne de son expérience d’envoyé du Défap à Madagascar.

50 témoignages de Pâques à Pentecôte : Philippe


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50 témoignages : Élisabeth

Élisabeth Marchand a été pendant 9 ans membre de l’équipe des permanents du Défap, en tant que secrétaire exécutive au sein du service RSI (Relations et solidarité internationales).

 

 

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50 témoignages : Luc

Luc Carlen a effectué deux missions au nord du Cameroun avec le Défap, d’abord dans le cadre de son service militaire en 1991, puis comme VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) de 2010 à 2012. Il s’est depuis investi dans la Commission des projets du Défap.

 

 

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Traduire : Célébration

Traduire

Célébration :

Nous vous proposons un culte avec une liturgie centrée sur le thème de la traduction et de la compréhension, et des pistes de prédication à partir de deux récits :

  • D’un langage unique à la multiplication de langues en Genèse 11,1-9
  • Comprendre dans sa langue maternelle : Actes 2,1-13

 

Accueil – Salutation

Frères et sœurs, un jour Dieu a parlé ; tous les jours Dieu parle !
Mais que dit-il ? Qui le comprend ?
Le langage de foi est un langage de vie, de bénédiction et d’amour !
Le Seigneur notre Dieu nous appelle au rassemblement :« Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples ! »
Venez tous pour l’écouter, l’entendre, le comprendre ! Il vous accorde sa grâce.

Cantique : Nous vous proposons d’écouter le psaume 8 en hébreu Adonaï Adoneinu ma adir shimcha

 

Invocation

Au jour de la Pentecôte, l’Esprit se saisit des disciples du Christ.
Dans leur diversité, ils se font entendre des uns et des autres.
Soyez les bienvenus en ce lieu où nous devenons Église.
Que l’Esprit se saisisse de chacun de nous et nous saurons être signes de la présence de Dieu dans le monde. Amen.

 

Prière de louange

Louons le Seigneur avec le Ps 19

Le ciel raconte la gloire de Dieu, toutes les étoiles annoncent ce qu’il a fait.
Chaque jour raconte cela au jour suivant, chaque nuit le fait connaître à la nuit qui la suit.
Ce n’est pas un discours, il n’y a pas de paroles, aucun son ne se fait entendre.
Mais leur message parcourt toute la terre, et il se répand jusqu’au bout du monde.
Là-haut, Dieu a planté une tente pour le soleil.
Le matin, celui-ci est comme un jeune marié qui sort de sa maison. Il s’élance comme un champion heureux de courir sur la route.
Il se lève à un bout du ciel, il termine sa course à l’autre bout, et rien n’échappe à sa chaleur.

Ô Seigneur ce soleil brille pour tous, car tous sont tes enfants !
Ô Seigneur, en Jésus-Christ, tu as donné au monde ta lumière.
Dans toutes les langues ils te louent pour la vie que tu leur renouvelles chaque jour. Amen.

Cantique : Remplis d’amour et de reconnaissance 41-23 : 1,2,3,4

 

Prière de repentance

Seigneur, pourquoi sommes-nous venus au monde, si ce n’est pour te servir, chanter la splendeur de ta création, nous aimer les uns les autres ?
Tu nous as parlé depuis le commencement,
Tu nous as donné le langage,
La voix, les sons, les mots, les phrases.
Tu as fait de nous des êtres de paroles.
Et tu as envoyé sur terre le Christ, ta Parole, pour ouvrir à toute l’humanité le chemin de ta justice et de ta miséricorde.
Mais avons-nous fidèlement suivi ce chemin ?
Avons-nous utilisé notre bouche pour te chanter, pour te louer, pour témoigner de ton amour ?

Silence

En vérité nous avons trop souvent oublié que tu attendais de nous la bienveillance, et nous nous sommes adonnés à la médisance.
Nous avons jugé les autres, les avons condamnés, nous avons pratiqué le mensonge ou la demi-vérité, nous avons défiguré ta création.
Ô Notre Dieu, pardonne-nous d’avoir péché contre toi et contre notre prochain.
Donne-nous la conscience du mal que nous avons commis et le désir de réparer ce qui peut l’être.
Purifie nos cœurs et nos lèvres afin que nous retrouvions la joie de te chanter et de nous réconcilier les uns avec les autres.
En Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Cantique : Souffle du Dieu Vivant 35-14 : 1

 

Annonce du pardon

Parole du Seigneur :
« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit : alors vous suivrez mes préceptes, vous observerez mes commandements et vous y serez fidèles. »
Celui qui met sa confiance en Dieu et trouve sa joie en Jésus Christ est sauvé.

Cantique : 35-14 : 2

 

Invitation au chemin de Dieu

Pardonnés et libérés nous pouvons retrouver le chemin de vie sur lequel Dieu nous envoie :
Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu.
Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu puisque Dieu est amour.
Voici comment s’est manifesté l’amour de Dieu au milieu de nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.
Voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime d’expiation pour nos péchés.
Mes bien-aimés, si Dieu nous a aimés ainsi, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.
Dieu, nul ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous, est accompli.
À ceci nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous : il nous a donné de son Esprit. 1 Jean 4,7-13

Cantique : 35-14,4

 

Prière d’illumination

Seigneur,
par le mystère de la Pentecôte,
tu répands l’Esprit saint sur l’immensité du monde.
Continue dans le cœur des croyants
l’œuvre d’amour que tu as commencée
à la naissance de l’Église.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et qui règne avec toi, Père, et le Saint-Esprit,
un seul Dieu pour les siècles des siècles. Amen.

 

Lectures bibliques

Genèse 11,1-9

À ce moment-là, tous les habitants de la terre parlent la même langue et ils utilisent les mêmes mots. Un jour, les gens vont vers l’est. Ils trouvent une plaine au sud de la Mésopotamie et ils s’installent là. Ils se disent entre eux : « Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu. » Les briques leur servent de pierres, et le bitume leur sert de ciment. Puis ils disent : « Allons ! Construisons une ville et une grande tour aussi haute que le ciel. Ainsi, nous deviendrons célèbres et nous pourrons rester tous ensemble. » Alors le Seigneur descend du ciel pour voir la ville et la tour que les êtres humains sont en train de construire. Ensuite, il dit : « Ils forment tous un seul peuple et ils parlent la même langue. Cela commence bien ! Alors maintenant, jusqu’où vont-ils aller ? Rien ne pourra plus les arrêter. Ils vont faire tout ce qu’ils veulent. Ah non ! Je vais mélanger leur langage. Il faut les empêcher de se comprendre entre eux ! » Le Seigneur les chasse de leur ville et il les envoie un peu partout dans le monde. Ils arrêtent de construire la ville. C’est pourquoi on donne à cette ville le nom de Babel. En effet, c’est là que le Seigneur a mélangé le langage des habitants de la terre. Et c’est à partir de là qu’il les a envoyés un peu partout dans le monde entier.

Actes 2,1-8

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. A Jérusalem vivaient des Juifs pieux, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis d’étonnement et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? »

Cantique : Masithi, aussi connu sous le nom Amen siyakudumisa (Amen, nous louons ton nom), un cantique d’Afrique du Sud. La partition est disponible sur ce site ; voici une vidéo de ce chant :

 

Prédication

Pistes pour la prédication sur Genèse 11,1-9 et Actes 2,1-8 :

  • Introduction :
    C’est par la Parole que Dieu a créé le monde. C’est comme Verbe de Dieu que le Christ est annoncé dans l’Évangile de Jean. C’est la proclamation, l’enseignement, le partage de la Parole qui font vivre la foi de génération en génération. Cette parole a été confiée à l’humanité, en même temps qu’elle a bénéficié du don de parole. Aussi le langage, les langues, la traduction, l’interprétation, la compréhension sont des questions fondamentales. Les deux textes de Babel et de Pentecôte vont nous aider à poser ces questions.
  • Le beau rêve d’une langue unique :
    Un seul peuple, une même langue, un projet rassembleur ! Quel rêve ! Quelle tentation ! Les conflits entre les humains ne viennent-ils pas de ce qu’ils ne se comprennent pas, aussi bien sur le plan linguistique que culturel et tout ce qui en découle ? Dans les années 1880, un jeune médecin juif, Zamenhof, commença à construire son projet d’une langue unique et universelle, qui allait s’appeler l’esperanto. Cette idée lui était venue en constatant les démêlés et les conflits qui régnaient dans sa ville de Bialystock, alors situé dans l’empire des tsars, où se côtoyaient des polonais, des russes, des allemands et des juifs parlant yiddish. L’objectif de Zamenhof était la compréhension et la réconciliation par le partage d’une même langue. L’esperanto existe encore et est enseigné dans de nombreux pays, mais il ne concerne qu’une toute petite minorité de militants. Il n’a jamais eu le succès rêvé par son fondateur, ni d’impact sur les grands conflits mondiaux.
  • Langue d’espérance ou de puissance ?
    Évoquer l’esperanto et ses motivations permet, par contraste, de proposer une interprétation très différente de la langue de Babel. D’abord, contrairement à l’esperanto, celle-ci est très efficace puisque la tour projetée par les humains s’élève rapidement dans le ciel, au point d’effrayer Dieu. Pourquoi donc ? Où est le problème ? Dans un commentaire rabbinique on lit cette interprétation : « À Babel quand un ouvrier tombait d’un échafaudage on y prêtait à peine attention, mais on pleurait quand la moindre brique se cassait. » Si on suit ce commentaire, on découvre l’inhumanité du projet de Babel. Alors « cette même langue parlée par tous » peut être comprise comme la langue de la tyrannie technique ou politique. C’est la langue de la pure efficacité, qui méprise ou chosifie l’humain. On pense à la novlangue totalitaire du livre 1984, qui s’appauvrit en même temps qu’elle étend sa domination sur les esprits. Mais on peut également évoquer le langage de la communication informatique, quand voulant régner en maître, il tue la nuance, brouille la temporalité, ridiculise le style, l‘humour, la poésie, le temps gratuit.  Alors que Dieu soit remercié pour sa réaction devant Babel, quand, jetant la confusion dans le langage, il le réhumanise en multipliant les langues de l’humanité.
  • Les langues des uns et des autres :
    La nécessité de traduire est aussi ancienne que le langage. Pour se rencontrer, échanger, il faut se comprendre. Et cela concerne aussi bien les affaires profanes que les questions religieuses. Il faut s’entendre sur le sens des sons, des mots, des phrases. Dans une langue, à l’intérieur d’un groupe, mais aussi dans la langue des voisins ou des étrangers. Que le contexte soit de conquête, ou de rencontre pacifique, il faut disposer de personnes connaissant plusieurs langues, ou disposées à en apprendre de nouvelles. A ce sujet c’est intéressant de se pencher sur l’histoire missionnaire. Certains d’entre eux ont fait un travail remarquable sur les langues des pays où ils étaient envoyés : apprentissage, traduction, lexique, grammaire. Prenons l’exemple de Victor Ellenberger, puis de son fils Paul qui ont été des pasteurs missionnaires au Lesotho au tournant du XXème siècle. Comme ils étaient de la deuxième et troisième génération, la langue du pays était pleinement la leur. Et ils n’ont pas traduit la Bible en sotho, mais ont consacré leur énergie à traduire en français des auteurs sotho, écrivains méconnus dont certains seront finalement reconnus (au nombre desquels un certain Thomas Mofolo). D’un autre côté, dans l’histoire coloniale, les colonisateurs ont imposé leur langue. Et souvent, après la décolonisation, celle-ci est restée comme langue administrative, ou langue de communication et d’enseignement. Par exemple au Cameroun, où sont parlées plus de 200 langues, la pratique du français est essentielle, ou de l’anglais dans les deux régions anglophones. Tout ceci nous alerte sur l’importance de la langue dans les relations humaines, comme au niveau politique et géopolitique. La langue peut être un instrument de pouvoir, mais également un instrument de libération, quand on veut faire revivre une langue nationale ou régionale par exemple. Et la traduction peut être considéré comme la marque du respect et de la reconnaissance de toutes les langues, dans leur diversité et leurs singularités. Ainsi, selon l’Alliance biblique universelle, la Bible est aujourd’hui traduite en 704 langues parlées au total par 5,7 milliards de personnes.
  • Si Dieu est universel, il doit pouvoir toucher le cœur de tous !
    On ne sait pas vraiment ce qui s’est concrètement passé à Jérusalem le jour de la Pentecôte. Comme tous les juifs de la diaspora, les apôtres étaient présents pour la fête de Shavvouot, qui célèbre le don de la Torah sur le Mont Sinaï. Et le souffle de Dieu, descendu sur les Douze, leur a donné le charisme d’un enseignement universel. En quelle langue ? Et quelles langues parlaient leurs auditeurs ? Eux devaient utiliser l’araméen, leurs coreligionnaires de la diaspora sans doute le grec, peut-être quelques formes dialectales, tous connaissaient l’hébreu de la synagogue. Il y avait donc, de toute façon, un terrain de compréhension possible. La question n’est pas purement de nature linguistique. Mais ce qui frappe, c’est cette impression des uns et des autres : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? » Comment interpréter ces paroles, et cette mention de la langue maternelle ? La langue maternelle, c’est la langue de l’éveil à la vie, la langue dont on saisit les nuances, les sonorités, les odeurs, langue charnelle, langue du corps, langue du cœur. La langue que l’on comprend sans avoir conscience qu’on la comprend. Alors le miracle de Pentecôte, loin de correspondre à une prouesse de polyglottisme, c’est peut-être le miracle d’un Dieu qui s’est approché de chacun pour lui parler intimement, comme une mère. L’universalité dont il est question, c’est celle qui concerne toute l’humanité, non comme totalité anonyme, mais parce qu’elle concerne tout un chacun dans son humanité profonde.

En écho à notre méditation je vous invite à partager l’annonce du Christ ressuscité en plusieurs langues.

Confession de foi

Avec l’Église universelle nous confessons la foi chrétienne :

Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.
Je crois en l’Église, une, sainte, universelle et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen

Cantique : Tous unis dans l’Esprit tous unis en Jésus 36-24

 

Offrande

Seigneur nous t’ouvrons notre cœur, nous mettons à ta disposition notre vie, nous te présentons nos offrandes d’argent, afin de mettre tout cela au service de ta mission dans le monde. Amen.

Prière d’intercession

Sur les Églises répandues dans tout l’univers,
sur les communautés aux mille visages et aux mille langues,
sur les croyants isolés dans le vaste monde,

Seigneur, envoie ton Esprit.

Sur les responsables des Églises,
sur les pasteurs, les diacres, les missionnaires,
comme sur tous ceux qui exercent un ministère ou un service,

Seigneur, envoie ton Esprit.

Sur ceux qui annoncent l’Évangile,
Sur ceux qui les écoutent, sur ceux qui sont libérés par le pardon,
Comme sur ceux que leurs fautes retiennent liés,

Seigneur, envoie ton Esprit.

Sur ceux qui doutent ou qui hésitent,
Sur ceux qui te reconnaissent comme leur Seigneur,
Sur ceux qui témoignent de leur foi, même au prix de persécutions,

Seigneur, envoie ton Esprit.

Sur ceux qui ont déserté les assemblées chrétiennes,
Sur les nouveaux baptisés et les nouveaux confirmés,
Sur nous qui sommes rassemblés en ton nom, comme sur les absents,

Seigneur, envoie ton Esprit.

Dans le silence, confions à Dieu ce qui nous tient particulièrement à cœur.
Silence
Seigneur, ton Esprit souffle sur le monde.
Tu es béni pour les siècles des siècles. Amen.

Notre Père

 

Exhortation

Nelson Mandela, qui après 27 ans d’emprisonnement devint le premier président noir d’Afrique du Sud, écrivit son autobiographie. Quand celle-ci fut traduite en Afrikaans, la langue de ses anciens oppresseurs, il dit ceci : « Je veux faire partie de toutes les langues de mon pays ».
En ce jour de Pentecôte, frères et sœurs, que cette parole nous inspire à l’échelle de notre pays, de l’Europe, et du monde.
Nous ne parlerons jamais toutes les langues de la terre, mais nous pouvons en connaître quelques-unes, et les considérer toutes !
Car toutes contiennent, protègent, voilent et dévoilent, le langage du cœur et de l’amour, celui qui fait vivre tout être humain, quel qu’il soit, dès qu’il vient au monde.

 

Bénédiction

Le Seigneur vous bénit et vous garde, il tourne vers vous son visage et vous donne sa paix. Allez dans la joie et la reconnaissance, avec énergie, avec confiance ! Amen !

Nous vous proposons de partager ce chant en arabe avec de jeunes chrétiens égyptiens, depuis l’Église Mina du Caire, qui a subi un attentat en 2017 :

 

Version téléchargeable :

 

« Traduire – Célébration » : le texte complet en pdf

 

 




50 témoignages : Freddy

Freddy Nzambe, envoyé du Défap en Tunisie pour travailler à l’accompagnement des migrants subsahariens, est devenu depuis pasteur au sein de l’Église Réformée de Tunisie.

50 témoignages de Pâques à Pentecôte : Freddy


Télécharger son témoignage

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50 témoignages : Jean-Pierre

Jean-Pierre, professeur de français, mathématiques et physique, a été successivement envoyé de la SMEP, puis du Défap au Gabon.

 

 

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50 témoignages : Pierre

Pierre Nsecké, pasteur de l’UEBC (Union des Églises Baptistes du Cameroun) et doyen de l’Institut Baptiste de Formation Théologique de Ndiki, raconte son séjour de recherche en France en tant que boursier du Défap, lorsqu’il préparait son doctorat de théologie à l’UPAC (Université Protestante d’Afrique Centrale).

 

 

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