La plateforme Haïti face aux dégâts de l’ouragan Matthew

La plateforme Haïti met en lien tous les acteurs du protestantisme français qui ont des projets et des partenariats dans ce pays. La délégation Défap / FPF, qui s’est rendue sur place début mai lors de la 31ème Assemblée Générale de la FPH, a rendu compte de sa visite. Ceci a permis de travailler sur la suite du partenariat en Haïti. Lors de cette visite, le président de la FPF a annoncé à la direction de la FEPH la contribution du protestantisme français au projet de réhabilitation des écoles dans la région du grand Sud. Celui-ci s’ajoute à d’autres interventions menées par les associations humanitaires ADRA, SEL et MEDAIR.

Lire l’article consacré à cette rencontre

Lors de la visite de la délégation, Laura Casorio, la chargée du DEFAP des relations avec Haïti, s’est rendue, avec le directeur de la FEPH (Fédération des écoles protestantes en Haïti) le Dr Christon St Fort, sur les lieux touchés par l’ouragan Matthew en octobre dernier.

Situation en Haïti
Aujourd’hui, le constat dans la région du Grand Sud est désastreux. Seulement au niveau scolaire, et au-delà de toutes les infrastructures publiques et dégâts des bâtiments, 900 écoles dont été détruites ( dont environ 200 liées au réseau de la FEPH). Si la FEPH en a réhabilité une dizaine, les besoins restent encore énormes.


Les routes et les infrastructures nécessitent toujours
des interventions de reconstruction

 

Les cours ont repris dans plusieurs écoles, même si la réhabilitation est parfois encore précaire, mais la valeur psychologique de la reprise des activités est très importante pour les enfants, les enseignants et leur famille pour encourager vers un retour à la normalité.

Au niveau national, la FEPH coordonne 3000 écoles. Ses membres ont la responsabilité d’améliorer la qualité de l’enseignement, en organisant notamment des formations, le planning de formation étant de 4 formations annuelles. Malgré les dommages de l’ouragan, la FEPH a réussi à maintenir dans cette région les 3 séances de formation, une seule séance a été annulée. Malgré toutes les difficultés, les activités de formation des enseignants ont continué. C’est encourageant pour la FEPH.

 

Salle de classe d’une école réhabilitée dans le Grand Sud, 2017, DR

 


Etablissement réhabilité. La toiture légère répond aux normes de sécurité,
les salles de classes bénéficient d’un éclairage naturel.

 

Le Défap en Haïti
Lors de sa récente mission, Laura Casorio est restée sur place pour une visite sur le terrain, dans la région du Grand Sud avec la FEPH. Elle a alors rencontré les comités régionaux de la FEPH à Jérémie et Les Cayes, ainsi que leurs référents locaux.

En Haïti, Laura Casorio et le directeur de la FEPH ont également rencontré le directeur départemental de l’éducation de Jérémie qui a reconnu la valeur de travail de la FEPH. Il demande aujourd’hui l’aide et le soutien des associations partenaires car l’Etat haïtien n’a pas les moyens suffisants pour travailler.

L’engagement pour Haïti se poursuit. Plusieurs animations missionnaires ont eu lieu le weekend de l’ascension lors des journées missionnaires, comme par exemple à Nilvange, avec les interventions de Sylvain Cuzent et Robert Louinor, boursier haïtien du Défap qui vient de terminer son master en théologie à l’IPT, ou encore en Alsace, à Furdenheim Handshuheim, avec les interventions de Laura Casorio et du pasteur Pascal Hickel.

Ces rencontres permettent de témoigner sur les réalités des églises sœurs à l’étranger, tisser des liens de fraternité ainsi que de donner plus de renseignements sur les activités de solidarité soutenues par le Défap grâce aux dons reçus, que ce soit directement au Service protestant de Mission ou par le biais de la Fondation du protestantisme.
 




Camille, envoyée à l’école Kallaline

Camille a 18 ans. Elle est assistante d’éducation à l’école Kallaline de Tunis. Lors de sa session de formation en 2016, c’était la benjamine du groupe. Après avoir passé un bac ES à Colmar, cette alsacienne protestante a choisi de partir 10 mois comme VSCI avec le Défap.

 


Camille avant son départ, au Défap, DR

 

« Il y’a 3 ans j’étais partie en Egype avec le groupe de jeunes de la paroisse de Colmar. On était allés au Caire, à l’orphelinat Fowler. Cela m’a donné envie de m’investir dans un projet de missionnaire et de repartir là-bas. J’ai fini mon bac et je voulais partir avant de commencer des études pour pouvoir apprendre d’une autre culture et apprendre sur moi-même. Je me suis dit plutôt que démarrer maintenant les études, autant partir et me rendre utile. »

La mission Kallaline proposée à Camille lui convient parfaitement. La jeune fille adore les enfants et l’animation. Elle a d’ailleurs passé son BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) durant son adolescence.   « J’adore l’animation, c’est d’ailleurs ça qui m’a attiré dans cette mission à Kallaline, c’est le fait que ce soit avec des enfants ».

Sur place, Camille occupe un poste polyvalent. « Je suis à la fois surveillante, aide-éducatrice, aide en français. L’objectif principal est d’apprendre le français aux élèves ». Elle collabore à nombreux projets au quotidien. A Noël, elle participe à l’animation. « Nous avons monté une pièce de théâtre où les élèves parlaient en français. C’était vraiment super. On se dit qu’une fête chrétienne peut être vécue aussi au sein d’un pays musulman. Les élèves peuvent aussi découvrir le sens de cette fête, c’est remarquable ! C’était très enrichissant pour les enfants et pour nous aussi ». 

La mission de Camille s’achèvera cet été. A quelques mois du retour, la jeune femme dresse déjà un premier bilan très positif. « C’est une expérience tellement enrichissante pour moi. Je grandis, j’acquiers de l’assurance et de la patience. Je garderai toujours l’école Kallaline dans mon cœur ! ».

 

 




Retour à Bangui

C’était à la fois une visite de soutien à l’égard du pasteur Bernard Croissant, envoyé Défap/Cevaa auprès de l’Église du Christ-Roi à Bangui, et une occasion de prendre la mesure de tous les projets en cours : en particulier le programme qui vise à la réhabilitation du CPJ, et celui de l’école de l’Église baptiste du 5ème arrondissement (Sica III) financée par l’UEPAL. De multiples rencontres sont venues s’adjoindre à un emploi du temps déjà chargé.

 

Contexte général

Si ce n’est hélas pas le cas dans les provinces, la sécurité est bel et bien revenue à Bangui, en dépit de quelques problèmes sporadiques. Les patrouilles de police et de gendarmerie sont nombreuses et la Mission des Nations unies pour la sécurisation en Centrafrique (Minusca) est toujours bien visible dans les rues. L’ensemble des déplacés sont rentrés chez eux. Tous les camps, y compris celui qui jouxtait l’aéroport de Mpoko, ont été démantelés.

Le défi d’aujourd’hui, dans la capitale, est non seulement que tout le monde puisse trouver du travail, mais – c’est même une condition indispensable à la bonne marche de l’économie – redonner confiance tant aux Centrafricains qu’aux étrangers, et de favoriser les investissements. Il est également crucial de redonner un élan salvateur à l’éducation, que ce soit celle des écoles et universités, ou celle des centres culturels. D’où l’importance donnée à la réhabilitation du CPJ.

Le Secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, et le pasteur Bernard Croissant, DR

La rénovation du Centre Protestant pour la Jeunesse (CPJ)

L’Église du Christ-Roi, détentrice de la concession foncière, est parvenue à régulariser le permis de construire pour le mur d’enceinte. Grâce à l’implication personnelle de l’architecte, Philippe Makoundji, membre de la paroisse, les petits marchants informels ont pu être déplacés et une palissade de tôle a été mise en place. Elle délimite avec précision le terrain du CPJ et permettra de construire, en toute sécurité, le mur d’enceinte. C’est le Défap qui finance l’ensemble de ces travaux (34 millions de FCFA, soit 50 K€).

À l’intérieur, l’ensemble des bâtiments est en mauvais état. Ils sont pourtant occupés par un complexe scolaire de 1 500 élèves, un cyber café, un centre sanitaire et divers organismes de formation (dont l’un est géré par ATD Quart Monde). La salle de spectacle, ancienne mais dont la charpente est restée en bon état, n’est malheureusement que très peu utilisée, notamment en raison de l’obsolescence des équipements, y compris électriques.

Lors de sa visite, l’équipe du Défap a pu rencontrer successivement Gisèle Pana, ministre de la Culture et de la francophonie, Sylvère Ngarso, ministre de la Promotion de la jeunesse et des sports, et enfin le Premier ministre, Simplice Sarandji. Trois occasions de plaider la cause de cette réhabilitation.

Il faut dire qu’à Bangui, rares sont ceux qui ne sont pas un jour ou l’autre passés par le CPJ. Construit dans un quartier populaire, il a été de tout temps un lieu de rencontre, de formation et de spectacles, et est resté centre de la vie culturelle pendant des décennies. C’est pourquoi le projet rencontre toujours un très bon accueil. Vouloir remettre sur pieds le CPJ, c’est non seulement remettre en état une infrastructure importante, mais c’est aussi participer directement au rétablissement de la paix et de la concorde civile par le biais d’activités essentiellement dédiées à la jeunesse.

Hélas, la remise en état totale est évaluée par l’architecte à 650 millions de FCFA, soit 950 K€. Pour trouver une telle somme, il est important d’inscrire le chantier dans un programme comme par exemple celui signé conjointement par le système des Nations unies et la Centrafrique à Bruxelles en mars dernier et qui vise à promouvoir tout ce qui concerne la jeunesse.

Les autres projets

Depuis bientôt trois ans, le Défap, sous l’égide de la Cevaa, envoie auprès de l’EPCR un/des pasteurs pour des missions temporaires et un. Le Conseil presbytéral de l’Église du Christ-Roi a demandé au Défap de poursuivre l’envoi régulier de pasteurs et du psychologue qui travaille pour la cellule d’écoute, et ce pour une nouvelle période de trois ans.

L’école construite par l’Église baptiste du 5ème arrondissement (Sica III), financée par l’UEPAL, accueille plus de 200 enfants et a besoin d’une nouvelle salle de classe. L’enveloppe 2017 va permettre de la construire.

Salle de classe de l’école de Sica III, DR

Bertrand Vergniol et Valérie Thorin, journaliste au Défap qui l’accompagnait, ont également visité la concession de Béthanie, dont le responsable est le père de Rodolphe Gozegba, boursier du Défap et la station de Morija, membre de l’Église du Christ-Roi. Par ailleurs, ils se sont rendus au centre Linga Tere, dirigé par l’auteur dramatique, metteur en scène et producteur Vincent Mambachaka. Ils ont également rencontré les trois personnalités qui ont fondé la Plateforme confessionnelle : le pasteur Nicolas Guérékoyamé, l’imam Oumar Kobine Layama et le cardinal Dieudonné Nzapalainga.

( de gauche à droite) Le pasteur Bernard Croissant, le cardinal Dieudonné Nzapalainga,

l’imam Oumar Kobine Layama et le pasteur Bertrand Vergniol

Le pasteur Bernard Croissant et Valérie Thorin, en compagnie de deux paysans de la paroisse de Morija




« Parole de Dieu, violence des hommes » : un colloque à Beyrouth

Comment est né ce projet du colloque des Cèdres ?

Je ne me souviens plus des circonstances précises, mais l’idée d’un colloque pour marquer l’entrée en scène du nouveau projet protestant au Liban flottait dans l’air depuis deux ans. Il est né dans la concertation entre le Défap, la CEEEFE, La APFB et l’Eglise protestante. La thématique générale choisie, et développée par la Fondation des Cèdres et son président Marc Friedel, « Défaire la violence » a servi d’inspiration. « Parole de Dieu, violences des hommes », comme titre a été proposé par un membre du comité scientifique. Il sonne bien, dit les choses sans allumer de feu et offre un angle d’approche large et plaisant à investiguer. L’Eglise et la Fondation ont donc décidé de porter ensemble ce projet ; l’Eglise protestante à l’organisation pratique et la Fondation au pilotage du contenu du colloque.


Le pasteur Pierre Lacoste à Beyrouth, 2017, DR

A qui s’adresse ce colloque ?

Le colloque s’adresse en priorité aux publics étudiants et enseignants, à la jeunesse libanaise qui réfléchit sur son présent et cherche à construire son avenir. Mais aussi aux Institutions qui mettent en vie sur le terrain les idées de vivre ensemble, de dialogue entre les religions, comme entre les religions et la société civile. Ce colloque « Parole de Dieu, violences des hommes » tire son originalité davantage de la pluralité des approches qu’il propose que par son titre. La question « violence et religion » est malheureusement devenue un lieu commun des salles de conférences ces dernières années ! Notre prise de risque se situe précisément à cet endroit : mettre en dialogue des disciplines universitaires qui d’ordinaire ne se côtoient pas. L’historien, le psychanalyste, le politologue, le philosophe, le sociologue et le théologien seront assis à la même table pour croiser leurs lectures du phénomène de la violence en religion. Ce colloque s’annonce de bonne tenue, nous espérons qu’il répondra aux attentes des invités, sans voler trop haut non plus.

Qu’attendez-vous de cet évènement ?

Qu’il permette aux intellectuels et acteurs de la vie sociale, religieuse et politique libanaise, issus de différentes confessions ou de différents partis, un temps de réflexion de qualité qui ose nommer les difficultés et ouvrir des pistes favorables à un vivre ensemble somme toute complexe. Qu’on ne s’impose plus le silence et la distance comme unique mode de gestion des différences mais que l’on découvre dans la parole échangée un vecteur commun de déplacement et d’interrogation capable de susciter le désir d’aller plus loin dans la connaissance et la rencontre de l’autre. J’espère secrètement aussi que l’on pourra identifier un peu plus encore l’Eglise protestante Française de Beyrouth à ces idées généreuses de réflexion, de dialogue et de rencontre. Le Liban est un pays dont les frontières sont plus pesantes à l’intérieur qu’à la périphérie. Nous sommes heureux d’apporter une pierre d’évangile, un témoignage qui pourrait l’ouvrir un peu plus.
Nous nous réjouissons de retrouver le Secrétaire Général du Défap, Bertrand Vergniol, ainsi que tous les partenaires français comme la CEEEFE ou l’ACO. Le Défap est un partenaire privilégié et historique de l’Eglise protestante française de Beyrouth. Sa présence à un tel événement est à la fois naturelle et encourageante.

 

Retrouver toutes les informations pratiques sur le colloque des Cèdres 2017




Appel à voter le dimanche 7 mai

A toutes ses relations dans le monde, le Défap dit que c’est dans le partage que se crée la richesse.

 

 


La FPF a déjà eu l’occasion de s’exprimer et de communiquer à l’occasion de la campagne présidentielle. L’organisation des rencontres « la politique en vérités » avec les candidats et « l’Adresse » qui leur a été envoyée marquent l’intérêt que porte le protestantisme français au débat qui concerne la société et chacun des citoyens de ce pays.

Il est vrai que la situation d’entre deux tours laisse un grand nombre dans l’insatisfaction et suscite un réel questionnement quant au choix citoyen.

La FPF rappelle toutefois encore aujourd’hui combien ses engagements pourront être entravés en cas de victoire du Front national : la parole en faveur de la liberté religieuse, les actions pour l’accueil des exilés, les œuvres auprès des plus vulnérables, le plaidoyer sur les questions climatiques, et de façon plus générale le projet de promotion de la fraternité dans une société qui a besoin de se rassembler.

A l’approche du deuxième tour, la FPF veut rester vigilante, attester de sa confiance dans la politique et contester tout ce qui mettrait en cause le message de l’évangile. Elle interpelle les citoyens concernant les dangers de l’abstention.

 

Retrouvez également les prises de position des Eglises mandatrices du Défap : l’Eglise Protestante Unie de France  https://www.eglise-protestante-unie.fr/actualite/la-fraternite-d-abord-9418  et l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace-Lorraine http://www.uepal.fr/Retrospective/Retrospective/declaration-commune-des-eglises-protestantes.html.




Fausses vérités et vrais mensonges

Jésus dit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis, mais qui passe par-dessus le mur à un autre endroit, celui-là est un voleur, un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le gardien lui ouvre la porte et les brebis écoutent sa voix. Il appelle ses brebis chacune par son nom et les mène dehors. Quand il les a toutes fait sortir, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Mais elles ne suivront pas un inconnu ; au contraire, elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas sa voix. »
Jésus leur raconta cette parabole, mais ses auditeurs ne comprirent pas ce qu’il voulait dire.
Jésus dit encore : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : je suis la porte de l’enclos des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs, des brigands ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé ; il pourra entrer et sortir, et il trouvera sa nourriture. Le voleur vient uniquement pour voler, tuer et détruire. Moi, je suis venu pour que les humains aient la vie et l’aient en abondance. 
Jean 10,1-10

 Source : Pixabay

Dans les circonstances que nous vivons aujourd’hui en France, cette parabole de Jésus, proposée comme lecture du jour pour le dimanche 7 mai, vient à point nommé.

Il y est question de porte, de voix, d’appel, d’accueil mais aussi de vol, d’imposture et de destruction.

Jésus nous invite à le reconnaître comme celui qui donne la vie et veille sur son troupeau.
Hélas, rien ne ressemble plus à la voix de Dieu que la voix de celui qui sait si bien la contrefaire : le diable, le diviseur, le fabricant de fausses vérités et de vrais mensonges, qui possède l’art de caresser et utiliser les souffrances, les frustrations, les déceptions des uns et des autres à son profit.

Il est des temps dans l’histoire où les combats politiques ressemblent étrangement, par leurs enjeux, aux combats spirituels fondamentaux : forces de vie contre forces de mort.

En ces cas extrêmes, les responsables religieux peuvent sortir de leur devoir de réserve. La démocratie est fragile, à tel point que ceux qui envisagent de la détruire n’ont même pas besoin de passer au-dessus des murs, il leur suffit d’emprunter la porte des urnes. A nous de ne pas la leur ouvrir pour garder notre pays généreux et ouvert.

Nous invitons nos frères et sœurs de toutes les Eglises avec lesquelles nous sommes en relation à prier pour nous, pour notre pays et ses citoyens en ces temps d’élection présidentielle.

Dieu de nos pères et Seigneur de tendresse,

Par ta parole tu fis l’univers,

Tu formas l’homme par ta Sagesse

Pour qu’il domine sur les créatures,

Qu’il gouverne le monde avec justice et sainteté,

Qu’il rende, avec droiture, ses jugements.

Donne-nous la Sagesse, assise près de toi.

Ne nous retranche pas du nombre de tes enfants :

Nous sommes tes serviteurs,

Frêles humains qui durent peu,

Trop faibles pour comprendre les préceptes et les lois.

Le plus accompli des enfants des hommes,

S’il lui manque la sagesse que tu donnes,

Sera compté pour rien.

Or la Sagesse est avec toi,

Elle qui sait tes œuvres.

Elle était là quand tu fis l’univers,

Elle connait ce qui plaît à tes yeux,

Ce qui est conforme à tes décrets.

Des cieux très saints, daigne l’envoyer,

Fais-la descendre du trône de ta gloire.

Qu’elle travaille à nos côtés

Et nous enseigne ce qui te plaît.

Car elle sait tout, comprend tout,

Guidera nos actes avec prudence et nous gardera par sa gloire.

La Sagesse de Dieu, c’est Jésus…

Seigneur, envoie ton Esprit Saint,

De sagesse, de prudence et de conseil sur chacun de tes enfants

Dieu des Pères et Seigneur de Miséricorde,

Toi qui, par ta Parole, a fait l’Univers,

Toi qui, par ta Sagesse, as formé l’homme

Pour dominer sur les créatures que tu as faites,

Pour régir le monde en sainteté et justice et exercer le jugement en droiture d’âme,

Donne-nous celle qui partage ton Trône, la Sagesse.

Source : Pixabay




Une marche symbolique pour célébrer autrement

Dimanche 30 avril 2017, Beyrouth : une nouvelle fête du travail, une nouvelle marche à travers la ville pour dire que les conditions d’emploi des 250 000 femmes travailleuses domestiques au Liban sont toujours aussi précaires. Salaire à 150 dollars par mois pour la grande majorité, jour de congés hebdomadaire non garanti,  contrat d’assurance santé minimaliste, conditions de logement indécentes, incarcération immédiate pour les clandestines en cas d’interpellation, enfants sans statut, droits non reconnus :la cause des employées de maison n’a guère évoluée depuis l’année dernière.

Le rassemblement à Sodeco square pour une marche d’une heure jusqu’à Raouché, bien encadré par une police bienveillante, a rassemblé un peu plus de monde que l’année passée (300 personnes environ). Mais il faut regretter que les syndicats de défense des droits des travailleuses n’ai pu s’accorder pour une manifestation commune. Quand les organisations et les Ego marchent devant, les idées passent derrière !

Pas de culte programmé à l’Eglise protestante française de Beyrouth qui avait appelé le dimanche précédent ses membres à rallier l’appel de Sodeco. L’évangile du jour nous invitait lui-même à cette marche.

Quelques représentants de l’Eglise protestante solidaires de la cause

En début de matinée, la méditation postée à toute l’Eglise par le pasteur sur le groupe Whatzapp, portait sur la marche des compagnons d’Emmaüs dans le récit de Luc 24. Trois jours après la mise à mort de leur Seigneur, déprimés, ils quittent Jérusalem devenue le lieu de leur désenchantement. Ils sont rejoints dans leur marche par Jésus. Cette marche est celle de la désillusion. L’évangéliste Luc choisit un lieu inconnu des cartes routières pour nommer leur destination. Emmaüs est un lieu symbolique. Disons qu’ils sont en marche vers nulle part. Il faudra que la parole soit partagée et que le pain soit rompu pour que leurs yeux s’ouvrent, les yeux de la foi : « Nos cœurs ne brûlaient-ils pas au dedans de nous quand il nous expliquait les Écritures en chemin ? »

 

Commence alors une nouvelle marche, en sens inverse, de nulle part vers le lieu du témoignage, Jérusalem, où se trouvent les autres disciples. C’est la puissance du ressuscité qui les mobilise maintenant.

La distance qui sépare Sodeco square de la corniche Raouché à Beyrouth fut en ce dimanche 30 avril notre Emmaüs-Jérusalem. La symbolique du culte protestant avait cédé la place à un autre symbole, celui marche à travers la ville pour réclamer un peu plus de justice.

Julia notre leader syndical !

Deux symboliques, une même puissance de vie, puisant la vérité de son témoignage dans une rencontre fondatrice avec Christ. Il y a des jours où prière, prédication et action se donnent la main pour célébrer autrement, dans la rue, avec et au milieu de tous.

Manifestants

Le Dieu qui a ramené le Christ de la mort à la vie est venu à notre rencontre pour nous rappeler que les mots amour et justice ne peuvent se satisfaire de célébrations désincarnées dans l’entre-soi. En ce dimanche 30 avril, à l’occasion d’une fête du travail à Beyrouth, nous avons marché avec lui et lui avec nous !

 

Article publié sur le site de l’Eglise Protestante Française de Beyrouth 

 




De Clermont-Ferrand à Tunis

Elle, c’est Hoby. De nationalité malgache, elle enseigne le français à l’école Kallaline de Tunis, où elle gère une classe de CM1 et une classe de CM2. Elle y enseigne le FLE ( Français Langue Étrangère) à des enfants tunisiens dont le français est une seconde langue ou complètement étrangère pour une minorité d’entre eux. Cette année 2016-2017 est sa cinquième en tant que VSI au sein de cette école. Avant cette mission, elle s’était installée à Clermont-Ferrand pour y poursuivre ses études. Elle a obtenu en 2011 un doctorat en didactique du Français Langue Étrangère.

Hoby Andrianirina dans sa classe, 2017, DR

Une rencontre décisive

« Peu avant l’obtention de mon diplôme, comme chaque étudiant qui se soucie de son avenir, je commençais à me poser des questions sur mon devenir professionnel », nous raconte-t-elle. « Où aller ? Dans quelle université travailler ? Rester en France ? Revenir à Madagascar ? Partir ailleurs ? », se demandait Hoby.
Un dimanche, à l’église de Clermont-Ferrand (l’EPE), elle rencontre Bernhard Reiss (le gérant de l’école Kallaline) qui était de passage dans son église. Cette rencontre a été décisive. « Dans son discours, Bernhard mentionnait, entre autres, un besoin urgent de l’école, celui de trouver des enseignants de FLE pour l’année scolaire à venir. Bizarrement, je me suis sentie concernée. Pourtant, ni la Tunisie ni l’enseignement du français à l’école primaire ne faisaient partie de mes ambitions professionnelles ».
Elle prend plus tard contact avec le couple Reiss, qui dirige l’école. « Je suis alors partie une semaine en Tunisie, à l’école Kallaline pour voir le travail et son environnement d’une manière concrète. J’ai compris alors que ma future étape de vie était là-bas. »

 

Arrivée à Kallaline

Dans l’école Kallaline, les enseignants de français sont pour la plupart des non-tunisiens. « Je suis arrivée dans un contexte où d’une part, l’école avait eu le projet d’étendre le nombre des classes (ils ont dédoublé le nombre des classes) et d’autre part, elle avait besoin d’enseignants de français pour répondre à cet objectif. »


Hoby et ses élèves, 2017, DR

 

Découvrir une nouvelle culture

« La première année a été très difficile », nous confie Hoby. « Même si j’étais persuadée que ma place était à l’école Kallaline, je n’étais pas épargnée des différents chocs culturels. La Tunisie constituait un nouveau monde et une nouvelle culture pour moi. J’étais confrontée à des personnes qui avaient d’autres façons de penser et de se comporter. Ceci est diffèrent de mon éducation et de ce que j’ai vu et vécu en France.
En plus, la méconnaissance de la langue locale était un grand handicap. Je ne m’intégrais pas dans les conversations, je m’excluais des groupes arabophones car je n’y comprenais rien. J’ai suivi des cours d’arabe deux fois par semaine mais j’étais vite découragée. Sur le plan du travail, c’était la première fois que j’enseignais à des enfants. J’avais déjà enseigné auparavant mais à des adultes et à des adolescents. Je ne savais pas comment m’y prendre d’autant plus que les enfants tunisiens ne sont pas faciles à gérer. »

Les premiers mois, le découragement était parfois au rendez-vous. « Mes premiers mois étaient remplis de doute. L’envie de quitter l’école m’est passée par la tête quelques fois. Mais, au fil du temps, des changements se sont opérés en moi. (Au départ, je croyais que c’était aux autres de s’adapter à moi). Je me suis remise à apprendre la langue locale et j’ai persévéré. Aujourd’hui, je ne prétends pas parler convenablement l’arabe mais de temps en temps, j’arrive à me faire comprendre. Je me suis même fait des amies. Car j’ai fait des efforts pour mieux comprendre les enfants et répondre à leurs besoins. J’ai mieux accepté aussi les différences culturelles et fait des efforts d’intégration dans la société. »

Un profond attachement à la mission

Hoby a su tisser des liens avec ses voisins et l’équipe pédagogique de l’école Kallaline.  « Une collègue me considère comme sa sœur, je fais partie de sa famille, ce qui a une signification profonde dans la société tunisienne. Et j’ai aussi le soutien et les prières de mes amis, de mes responsables à l’école, qui sont des bénédictions pour moi. Cela a eu des retombées positives sur moi. Le fait de savoir la présence de Dieu auprès de moi c’est une aide puissante. Au fil des ans, je me sens de plus en plus à l’aise ici. Cinq ans plus tard, j’y suis encore et je compte finir la dernière année qui me reste en tant que VSI à l’école Kallaline. »

Depuis qu’elle est sur place, Hoby a pris part à tous les projets d’équipe mis en place par l’école comme la préparation des fêtes de Noël, la préparation des éditions de la journée des livres, le club du samedi (dont elle est devenue la responsable depuis deux ans) ou encore les ateliers théâtre.
Hoby aimerait aujourd’hui développer d’autres aspects de sa mission. « Je ressens juste des besoins (comme avoir plus de partenariats avec des organismes ou des écoles étrangers), développer l’envie de lire chez l’élève mais je n’ai pas de projets à proposer pour cela. » 


Hoby et des collègues à la vente de livres d’occasion, 2017, DR

 

Un évènement marquant à Tunis

Durant ces quatre années, Hoby a vécu de nombreux moments de tension. Mais un l’a particulièrement marquée. C’est avec émotion qu’elle partage ce souvenir avec nous. « C’était le jour où il y avait l’attentat au musée du Bardo, il y a 2 ans exactement. C’était ma période de vacances, des amies étaient venues me rendre visite. Nous étions au musée un dimanche. Le mercredi suivant, l’attentat a eu lieu. A ce moment-là, nous étions à Bizerte, qui est à 1h30 de Tunis en voiture. Je me suis dit que cet acte aurait pu avoir lieu le jour où nous y étions. J’ai eu autant peur que mes visiteuses mais je devais les rassurer, les calmer et leur montrer que je maîtrisais notre situation alors que je ne maîtrisais rien du tout. Au fond de moi, je paniquais aussi car je me sentais responsable de mes visiteuses, nous étions loin de la maison et il fallait rentrer sur Tunis. J’ai continué à montrer la région de Bizerte à mes amies. Mais en même temps, je priais Dieu de nous protéger et de nous ramener à la maison sans problème. Ce fut le cas. Mais je garde encore un souvenir de ce jour comme si c’était hier. »




Nouvelle Calédonie : dernières nouvelles du lycée Do Neva rénové

«  La rentrée scolaire s’est bien effectuée le lundi 20 février avec la totalité des 10 classes ouvertes. Elle s’est effectuée avec une semaine de retard vu l’ampleur des travaux et une certaine pluie nous avait fait perdre trois jours.

L’effectif du LEPA est donc de 104 élèves du Cap ARC au Bac Pro « productions horticoles ».

La première partie de la rénovation a donc pu être achevée avec les quelques finitions encore à effectuer. Nous avons donc réceptionné :
• deux salles de classes au rez-de-chaussée du bâtiment administratif
• un bureau du directeur avec le secrétariat
• un bureau de la direction de l’internat
• la salle serveur et reprographie sécurisé

La deuxième partie est actuellement en cours de réalisation avec la rénovation de la salle du personnel, la salle informatique et la salle de repos du personnel. En effet nous avons dû attendre les quinze jours de congé de pâques pour ne pas perturber le bon fonctionnement de la première période de cours. Les travaux avancent et aujourd’hui sont perturbés par la venue d’un nouveau cyclone nommé COOK. J’espère qu’il ne va pas découvrir Do Neva.

Mais nos finances et nos subventions sont maintenant épuisées. Actuellement nous équilibrons le budget réhabilitation du bâtiment mais nous manquons toujours de fonds.

Nous remercions le Défap pour son action concrète envers notre établissement. »

 

 

Le bâtiment administratif en pleine rénovation, 2017, DR


Le jour de la rentrée au temple Do Neva, février 2017, DR




La bibliothèque du Défap s’expose à l’Institut du Monde Arabe

Depuis le 14 avril 2017, l’exposition « Trésors de l’Islam. De Tombouctou à Zanzibar » expose plus de 300 oeuvres à l’Institut du Monde Arabe, à Paris.

Ces oeuvres témoignent de l’influence de la pratique de l’Islam dans l’art et la culture des pays d’Afrique subsaharienne.

La bibliothèque du Défap participe à cette exposition par le prêt de quatre photos prises par l’institutrice missionnaire Anna Wuhrmann (1881-1971), envoyée par la SMEP au Cameroun (Royaume bamoun) .

 

 

Mosquée bamoun, DR

Portrait du roi Njoya, DR

Photo du Roi Njoya recevant dans une cour du palais, DR

L’exposition « Trésors de l’Islam en Afrique. De Tombouctou à  Zanzibar » se tient à l’Institut du Monde Arabe, du 14 avril au 30 juillet 2017, du mardi au dimanche.

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Pâques : le Défap s’adresse à vous

 

Les Rameaux à Bangui, Pâques à Paris…

La Passion de Bangui
Je rentre de Bangui en République centrafricaine.

En 2013-2015 ses habitants ont vécu l’abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas être (Evangile de Marc 13.14) : la ville mise à sac, des milliers de victimes, des quartiers ravagés, des centaines de milliers de déplacés.

Ce fut la désolation du Jeudi Saint, quand la trahison s’annonce (Marc 14.10-11), le drame du Vendredi Saint, lorsque le Juste est frappé, jugé, condamné (Marc 15.11-15).

La violence pure s’est calmée à Bangui, elle règne toujours en province.

Les Rameaux à Bangui
J’ai participé au culte des Rameaux à l’Eglise protestante du Christ Roi.
C’était dimanche dernier, nous fêtions l’entrée de Jésus à Jérusalem (Marc 11.1-10). Les enfants dansaient, les chorales chantaient, la pasteur banguissoise prêchait l’espérance, l’aumônier français baptisait deux bébés. Il faisait chaud, les enfants couraient partout, les oiseaux piaillaient dans les arbres… un beau dimanche de fête.

 

Culte des Rameaux, temple de Bangui, 2017, DR

 

Des naissances à Bangui
Nous logions dans la Communauté des Béatitudes.
Des religieux, des religieuses vivent là sur un grand terrain cultivé entouré de murs. Tout est paisible aujourd’hui. Mais lors des évènements, plus de trente mille personnes y ont trouvé refuge dix-huit mois durant. Ils se sont installés partout sous des abris de fortune, dans les couloirs, dans le poulailler, dans les vergers. Il a fallu les nourrir, apporter de l’eau, les soigner, éliminer les déchets… « Pas un mort en dix-huit mois, zéro dysenterie » m’a dit le Père supérieur mais « nous avons eu quatre cents accouchements ».

Les réfugiés sont rentrés maintenant dans leurs quartiers : ils étaient hier « déplacés » on les appelle aujourd’hui « retournés ».

 

Ecole Sica III, Bangui, 2017, DR

Pâques à Paris et à Bangui
À Bangui et à Paris nous vivons le week-end de Pâques. Sur les pas du Christ, Jésus de Nazareth, acclamé puis vilipendé, crucifié et vivant nous marchons ensemble, en ce temps de Pâques. Nous partageons la même vie désolante et joyeuse, les mêmes terreurs, les mêmes attentes. Nous prierons les uns pour les autres. Nous chercherons la fraternité, seul signe d’éternité que Dieu nous donne, en la personne de Jésus, le Christ. Et nous relirons ces deux derniers versets de l’Evangile de Marc : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents… Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l’accompagnaient.

 

Jeune fille dans la Communauté des Béatitudes, avril 2017, DR

 

 

Bertrand Vergniol, pasteur
Secrétaire général du Défap, Service protestant de mission.

 




Au service de la jeunesse camerounaise

 

Jonathan, vous êtes actuellement au Cameroun et vous avez « conçu » votre mission qui est issue d’un projet personnel, monté en collaboration avec le Défap. Ce n’est pas une démarche habituelle.

C’est vrai, j’étais parti en 2011 dans un échange interculturel au Cameroun avec le Défap. Début 2016, l’envie m’a repris de retourner dans ce pays, pour revoir les amis rencontrés lors de ce premier projet. Par chance, la possibilité de partir en mission s’est présentée. C’était pour moi l’occasion de vivre une immersion complète dans la culture camerounaise avec l’organisme de formation Intercordia.

J’ai donc pris la décision de partir, non pas à la rencontre de mes amis, mais en mission. Educateur de profession, j’ai voulu confronter mon savoir à une autre réalité et une autre culture. Mais je ne pouvais pas partir sans dimension spirituelle et religieuse. C’est pour cela que j’ai choisi une structure d’obédience protestante et surtout que j’ai demandé au Défap de me soutenir dans cette mission, dans l’élaboration et la réalisation.

 

Après toutes les démarches nécessaires, vous êtes installé au Cameroun depuis quelques mois. Comment s’est passée l’intégration ?

Aujourd’hui, cela fait 4 mois que j’ai commencé à travailler comme éducateur dans l’association AHP²V à Baham (Association Humanitaire pour la Promotion des Personnes Vulnérables). Cette structure accueille 25 jeunes (de 6 à 25 ans) socialement vulnérables. Leur vulnérabilité vient d’un handicap physique, d’un retard mental, ou d’une situation difficile à la maison, voire de leur statut d’enfant abandonné. Pour ceux qui connaissent un peu le secteur médico-social en France, cela englobe l’ensemble du panel des structures françaises (IME, IMPro, MECS, …).

Les jeunes ici sont accompagnés individuellement pour leur permettre de s’autonomiser et de prendre en main leur destin. Le centre propose de l’alphabétisation, des formations professionnelles (bijoux, couture, bougies, meubles en bambou, …), un soutien scolaire mais aussi le centre permet aux jeunes accueillis d’être opérés et rééduqués.

Quand je suis arrivé, étant éducateur sportif, on m’a dit : « tu animeras le sport et tu participeras aux différentes activités en fonction de tes envies et disponibilités ».
Je me suis rapidement rendu compte que le sport était vraiment minoritaire dans le programme (une demi-heure par semaine) et que ma place était principalement dans l’alphabétisation et les travaux du champ. Les encadrants quittent tous le centre à 16h pour permettre aux jeunes de s’entraider, de développer leurs compétences de vivre ensemble et de travaux quotidiens (nettoyage, cuisine, vaisselle…) mais ce n’est pas toujours aisé.

J’ai dû ainsi dépasser mes fonctions, prenant plus de place dans l’organisation et dans la gestion du temps, afin de permettre à chacun le meilleur développement possible.

 

Et au-delà de l’aspect professionnel ?

Dans ma mission, je cherchais aussi le côté spirituel, et j’ai été très surpris de la façon de voir la religion dans le centre. Ici, nous prions et méditions le lundi matin avec tous les jeunes, quelle que soit leur confession et le message qui est régulièrement passé est celui du travail. Il est demandé à chacun de travailler ce qu’il peut pour le bon fonctionnement du centre, que Dieu pourvoit aux gens qui travaillent. Le mot d’ordre pourrait être « aide-toi, le ciel t’aidera »  et « pardonnons-nous les uns les autres pour qu’un monde de paix soit possible ».

J’étais venu en mission pour découvrir une autre façon d’accompagner le handicap, mais je me suis rendu compte qu’ici, comme ailleurs, l’accompagnement commence par la mise au centre du facteur humain. Ici, comme en France, les encadrants essaient de prendre en considération la personne accueillie dans toutes ces dimensions, sa volonté, ses désirs…

 

Le travail social au Cameroun est-il si différent de celui que l’on connaît en France ?

Là où je vois la différence avec la France, c’est dans le soutien des institutions. Ici il n’y a pas de financement de la part de l’Etat et c’est un combat quotidien pour assurer la ration des enfants et financer les opérations des jeunes.

Je remercie toutes les personnes qui me soutiennent dans cette mission, qui me portent dans la prière, et ceux qui aideraient à la vie du centre ou pour les opérations des cinq jeunes qui sont toujours en attente.


( de gauche à droite ) Jonathan Lafont, le directeur du centre et Jean-Luc Blanc du Défap, DR