Equipes Régionales Mission : quelles missions pour demain?

LA MEDITATION DU JEUDI
A retrouver chaque semaine sur le site du Défap

21 septembre 2017 : début de la réunion des ERM © Défap

« Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. » Les voilà donc tous cheminant, guettant une présence… et Jésus leur apparaît. « Allez », leur dit-il, « faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » C’est par une méditation sur cette scène de l’envoi en mission des disciples, rapportée dans le chapitre 28 de l’Evangile de Matthieu, que le pasteur Joël Dautheville, président du Défap, a tenu à ouvrir la réunion des Equipes Régionales Mission, le jeudi 21 septembre. Un texte qui était autrefois lu fréquemment lors des cultes d’envoi de missionnaires, et peut-être un peu délaissé depuis, ayant été trop associé à une forme historiquement datée de la mission. Pourtant ces quelques versets renferment, selon le président du Défap, « une pépite évangélique ». Car parmi les onze appelés par Jésus sur la montagne, « certains eurent des doutes ». Ils n’en ont pas moins été envoyés en mission comme les autres.

Comment faire mieux ressortir la dimension missionnaire ?

Pour aller plus loin :
Extrait de la règle des diaconesses de Reuilly
Présentation d’Oïkocrédit par Gaël Marteau
Rencontrez la maison, découvrez la mission

« Jésus connaît ses disciples », a souligné Joël Dautheville, « il ne les a pas recrutés sur des critères de performance en termes de foi. Il ne faut donc pas imaginer des missionnaires pétris de certitudes… » Aujourd’hui encore, c’est tels que nous sommes, avec nos interrogations, que nous sommes envoyés. Avec une assurance toutefois : celle de ne pas oeuvrer en vain, si notre travail « se mue en rencontre de Dieu ». Ce qui ressortait en filigrane de la lecture faite par le pasteur Florence Taubmann, responsable du service « Animation-Formation » du Défap, qui a cité lors du culte un extrait de la règle des diaconesses de Reuilly, au chapitre « travail ».

Quelles formes la mission doit-elle prendre aujourd’hui ? A quoi sommes-nous appelés ? Les interrogations ne sont pas absentes du travail des Equipes Régionales Mission. Tout au long de l’année, les ERM, composées de pasteurs et de laïcs, soutiennent la dynamique missionnaire des régions et des Églises locales ; les rencontres organisées à Paris sont l’occasion d’échanger des nouvelles, de coordonner les activités et, plus largement, de faire avancer les réflexions sur la Mission. Ce 21 septembre, le programme d’une grande partie de la journée était consacré à des échanges sur le rôle même du correspondant local en paroisse.

Le besoin de susciter des vocations

Florence Taubmann © Défap

La réflexion prenait pour base le « carnet de route » rédigé et distribué aux ERM par le Défap en 2011, un document unanimement jugé précieux comme outil de travail et très complet… mais ayant besoin d’être adapté à un contexte qui évolue, tant dans sa forme que pour le fond. Après un début de matinée consacré à une présentation d’Oïkocrédit par Gaël Marteau, les échanges se sont engagés vers 11 heures sur une lecture approfondie de ce « Cahier du correspondant local Défap », avec une première question cruciale : ce nom de « correspondant » est-il encore adapté ? Comment trouver un terme faisant davantage apparaître sa dimension missionnaire ?

Ce travail engagé dans la matinée devait se poursuivre l’après-midi, après la projection d’un film présentant les activités du Défap – Service protestant de mission, en s’attachant à trois aspects : l’aspect communautaire (comment le Défap est-il vu dans les Eglises locales ?), la jeunesse, et le programme Mosaic. Mais les réflexions ont vite pris la forme d’échanges très libres sur la problématique des relations avec les catholiques ou d’autres Eglises protestantes, sur la formation des pasteurs à la mission, voire sur l’influence que peut avoir la « laïcité à la française » sur le témoignage. Avec quelques constats partagés : la mission devrait être une préoccupation centrale de l’Eglise locale. Et une dynamique à poursuivre : faire bouger le curseur entre institutionnel et vocationnel, pour favoriser ce dernier.




Les protestants français et la mission : entre patriotisme et universalité

Mais c’est aussi appréhender cette guerre à partir de ce qu’en disent d’autres témoins et acteurs  : hommes et femmes en mission, restés au loin (pasteurs, instituteurs et institutrices), populations autochtones, soldats « indigènes » et leurs familles, ou encore missionnaires de retour en France. Qu’ils soient infirmiers, interprètes, aumôniers, directeurs de foyer du soldat, sur le front ou à l’arrièrece que proposent ces parcours d’archives relève donc d’abord d’une invitation au décentrement.

Tirailleurs

Mais ces parcours s’offrent aussi comme autant de pistes d’exploration de la tension éprouvée durant ces années de guerre entre devoir patriotique et ouverture à l’universel. D’un côté, la guerre comme camouflet infligé à la mission chrétienne, dans le sillage de la mission civilisatrice dont l’Occident s’est jusque-là prétendu investi. De l’autre, la guerre en « success story » pour la mission car, par la venue sur le territoire métropolitain de chrétiens malgaches, tahitiens, kanak, la guerre n’apporte-t-elle pas la preuve concrète qu’un autre visage du christianisme est en train d’émerger, à des milliers de kilomètres de là ?

1914-1918 Les protestants français et la mission, entre patriotisme et universalité : parcours d’archives, c’est donc le titre de l’ouvrage sortit dernièrement et édité par Jean-François Faba, Claire-Lise Lombard, Bernard Moziman (Reims, Espace culturel protestant, 2017, 208 p.– ISBN 978-2-9547721-4-1).

Prix 25€ (disponible au Défap : 01 42 34 55 55 – bibliotheque@defap.fr)




Un concert de rock pour les 500 ans de la Réforme

Ils ont entre 12 et 25 ans, sont protestants et s’apprêtent à fêter la Réforme sous le signe du rock’n roll. 2 000 jeunes attendus pour cet événement, qui est ouvert à tous. Cette année, le groupe québécois Impact sera en tête d’affiche. Très connu dans le milieu de la musique chrétienne, le groupe de rockers entend bien faire bouger la foule au Zénith de Strasbourg.
Le festival Heaven’s door est l’un des évènements phares du festival « Protestants en fête ». Co-organisé par la Fédération protestante de France (FPF) et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), « Protestants en fête » avait réuni plus de 20 000 personnes à Paris lors de sa dernière édition, en 2013.


Affiche du groupe Impact, présent au festival 2017, DR

L’évènement « Protestants en fête » se déroule sur trois jours et met en avant trois thèmes forts comme la fraternité, l’exil et l’environnement, autour d’un programme chargé, avec des étapes déjà incontournables comme :
• Le Village des Fraternités
• Le concert Heaven’s Door au Zénith
• La cérémonie culturelle au Zénith
• L’opéra « Luther ou le mendiant de la grâce »
• « Luther aux quatre vents », le spectacle des Colibris, à la Cathédrale
• La Nuit des thèses, à L’Aubette

 


Affiche de « Protestants en fête », 2017, DR

 

Les inscriptions se font en ligne.
Plus d’infos sur www.heavensdoor.fr ou  sur www.protestantsenfete.org

 

 




L’instant du rayonnement divin !

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, frère de Jacques, et les conduisit sur une haute montagne où ils se trouvèrent seuls.
Il changea d’aspect devant leurs yeux ; son visage se mit à briller comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
Soudain les trois disciples virent Moïse et Élie qui parlaient avec Jésus.                                                Pierre dit alors à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici. Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’un nuage brillant vint les couvrir et du nuage une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je mets toute ma joie. Écoutez-le ! »
Quand les disciples entendirent cette voix, ils eurent tellement peur qu’ils se jetèrent le visage contre terre. Jésus s’approcha d’eux, les toucha et dit : « Relevez-vous, n’ayez pas peur. »
Ils levèrent alors les yeux et ne virent personne d’autre que Jésus. Tandis qu’ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit cette recommandation : « Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme revienne d’entre les morts. » Matthieu 17,1-9

 

Source : Pixabay

 

On ne sait rien des six jours qui se sont écoulés après les derniers enseignements de Jésus, mais on le retrouve maintenant en haut de la montagne, en compagnie de Pierre, Jacques et Jean, pour un temps de révélation.
Six jours : le temps de la création !
Le temps que de l’annonce de la mort, de la résurrection et de la venue du Fils de l’homme on passe au présent d’une vision éblouissante et étrange, qui n’est pas sans rappeler le rayonnement du visage de Moïse au Sinaï, ou sans anticiper l’ange qui annoncera la résurrection de Jésus au matin de Pâques. 
Sur la montagne les disciples sont plongés dans une réalité trans – temporelle où Jésus s’entretient avec Moïse et Elie.
Le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes, mille ans sont pour Lui comme un jour ! Cependant l’inestimable cadeau qui nous est fait, sans que nous ayons le moindre mérite à cela, c’est que parfois le temps de Dieu croise notre temps d’une manière fulgurante, nous montrant à voir l’indicible réalité de la Vie en Puissance, Vie en Eternité, Vie en Amour, laquelle se rie des frontières physiques et des comptages chronologiques.
Après tout, y a- t- il plus grand miracle dans la transfiguration de Jésus sur la montagne que dans sa présence réelle, actuelle, active en chacun d’entre nous -aujourd’hui comme hier et comme demain, quand notre regard, notre corps, notre vie se mettent au service de son merveilleux rayonnement en ce monde ?

 

 

Prions avec ces mots de Frère Roger, de Taizée. 
 

Toi, le Christ ressuscité,
T’attendre dans la paix des nuits,
Dans le silence des jours,
Dans la beauté de la création,
Comme aux heures de nos grands combats intérieurs,
C’est prier avec toi.
Tu fais alors fleurir nos déserts,
Tu nous conduis sur la montagne de la transfiguration.

 

Et notre propre transfiguration
Notre propre changement au-dedans
Est déjà sur terre le commencement
De notre résurrection avec toi.
Heureux les pèlerins qui, prenant force dans l’humble prière
Se tournent toujours à nouveau vers toi.
Pour ces pèlerins,
Même le val désertique devient un lieu de sources.

 

Loué soit l’Esprit Saint,
Esprit du Ressuscité,
Rosée recouvrant l’étonnement de nos vies

.

 


Source : Pixabay


 

 

 




Voyager autrement avec les lectures estivales (2/2)

 

Partir et raconter = Dem ak xabaar : une odyssée clandestine
De Mahmoud Traoré et Bruno Le Dantec, trad. ; Retamero, Sonia, interviewer. [Fécamp] : Lignes, 2017
316 pages (Lignes poche) (Cote : 120.255 TRA)

Il aura fallu 3 ans à Mahmoud Traoré pour rallier l’Espagne depuis le Sénégal. Il aura fallu 30 heures d’entretien en wolof pour obtenir ce récit traduit au plus près – au plus vrai – par Bruno Le Dantec. Ce témoignage unique retrace le parcours d’un jeune homme qui a décidé de « faire l’aventure » et se retrouve sur les chemins du migrant irrégulier. Mahmoud décrit la vie sur les routes et dans les ghettos, l’organisation et l’économie souterraines de la clandestinité. Il dévoile un quotidien fait d’attente, de violence, de dépossessions, mais aussi de solidarité et de courage. A travers ce récit, ce sont aussi les contradictions des politiques migratoires qui sont pointées obligeant ainsi le lecteur à faire évoluer son regard sur cette humanité clandestine : souvent sans-papiers mais jamais sans identité.

 

 

 

Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : l’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800)

De Robert C. DAVIS, traduit par Manuel TRICOTEAUX
Arles : Actes Sud, 2007
420 pages (Babel ; n° 839) (Cote : 230.216 DAV)

Robert C. Davis, professeur d’Histoire, étudie en profondeur un sujet méconnu de l’Histoire de l’esclavage : la traite des blancs dans l’espace méditerranéen (Alger, Tunis et Tripoli) du XVIe au XIXe s. Il s’agit d’un ouvrage richement documenté dans lequel l’auteur décrit avec précision l’ampleur de l’esclavage chrétien : de la capture en passant par le quotidien des captifs jusqu’au retour dans leur terre natale pour les plus chanceux. A travers cette étude, R. C. Davis s’interroge aussi sur l’effacement dans les mémoires de cette forme d’esclavage non-fondée sur des critères raciaux mais sur une hostilité entre 2 mondes.

 

A noter :

La bibliothèque du Défap – Service protestant de mission, se situe au 102 boulevard Arago, 75014 Paris.
Pour tout renseignement, contacter le 01 42 34 55 55 ou par mail à bibliotheque@defap.fr (site internet : www.defap-bibliotheque.fr).

Fermeture annuelle en août




Fragile sagesse des hommes !

Pendant que Salomon était à Gabaon, le Seigneur Dieu lui apparut durant la nuit dans un rêve et lui dit : « Que pourrais-je te donner ? Demande-le-moi. »

Salomon répondit : « Seigneur, tu as manifesté une grande bonté envers ton serviteur David mon père, tout comme lui-même s’est conduit en homme digne de confiance, juste et loyal envers toi ; et tu lui as conservé ta bonté en lui donnant un fils pour lui succéder comme roi, ainsi qu’on peut le voir aujourd’hui. Oui, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi pour succéder à mon père David. Mais moi, je suis encore trop jeune pour savoir comment je dois remplir cette tâche. Et je me trouve soudain à la tête du peuple que tu as choisi, ce peuple si nombreux qu’on ne peut pas le compter exactement. Veuille donc, Seigneur, me donner l’intelligence nécessaire pour gouverner ton peuple et pour reconnaître ce qui est bon ou mauvais pour lui. Sans cela, personne ne serait capable de gouverner ton peuple, qui est considérable. »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur. Il répondit donc au roi : « Tu n’as demandé pour toi-même ni de vivre longtemps, ni de devenir riche, ni que tes ennemis meurent ; tu as demandé de pouvoir gouverner mon peuple avec intelligence et justice. C’est pourquoi, conformément à ce que tu as demandé, je vais te donner de la sagesse et de l’intelligence ; tu en auras plus que n’importe qui, avant toi ou après toi. 1 Rois 3,5-12


Source : Pixabay

 

Avant de prononcer sa demande, le Roi Salomon exprime sa connaissance des actions de Dieu dans la vie de son père David. Cette connaissance est en même temps une reconnaissance, qui le conduit à l’humilité, c’est-à-dire à la conscience de sa petitesse face à la mission qui l’attend.

Alors il sait ce qu’il doit demander à Dieu :  en tant que son serviteur il lui faut « un cœur écoutant pour juger son peuple et pour discerner entre le bien et le mal. »

Et non pas « des jours nombreux, la richesse, et la mort des ennemis », ce qui exprimerait le souci de lui-même plus que le désir de remplir sa vocation et sa mission de roi !

A cette demande qui lui agrée, Dieu répond : « Tu as demandé un cœur sage et lucide, tu l’as ». Mais il ajoute : « afin qu’il n’y ait jamais personne comme toi, ni avant ni après toi. Et je te donne le surplus, c’est-à-dire la richesse et la gloire ».

Terrible piège !  Un roi puissant et glorieux peut-il rester sage ? Salomon, saisi par l’ivresse du pouvoir, ne le resta pas. Bâtisseur du temple il sut vaincre ses ennemis, mais il eut d’innombrables épouses et concubines, qui l’entraînèrent vers l’idolâtrie !

Qu’est-ce que la sagesse pour un homme ou une femme au pouvoir ?

Cela devrait rester « la crainte de l’Eternel », comme le dit Job au sein de son épreuve.

Traduit en langage séculier cela peut signifier : l’humilité, le sens des responsabilités, l’esprit d’écoute et de concertation, un mélange subtil de confiance et de méfiance, l’amour de son peuple et la culture de l’amitié avec les autres peuples…. le goût de la mesure mais aussi le courage de prendre parfois des décisions « hors mesure » … l’engagement total en même temps que la capacité de renoncement pour soi-même et de transmission à ceux qui prendront la suite… Ainsi soit-il !
 

Nous prions pour les femmes et les hommes qui exercent des responsabilités  politiques dans leur pays, avec cette prière attribuée à Clément de Rome, Père de l’Eglise du 1er siècle, qui fut évêque de Rome.

Accorde-leur, Seigneur, la santé et la paix, la concorde,
La stabilité pour qu’ils exercent sans heurt la souveraineté que Tu leur as remise.
C’est Toi, Maître, céleste roi des siècles, qui donnes aux fils des hommes, gloire, honneur et pouvoir sur les choses de la Terre.
Dirige, Seigneur, leur conseil, suivant ce qui est bien, suivant ce qui est agréable à tes yeux,
Afin qu’en exerçant avec piété, dans la paix et la mansuétude, le pouvoir que Tu leur as donné, ils te trouvent propice.

 


Source : Pixabay

Adinkra : ( symboles de l’Afrique de l’Ouest évocateurs de la sagesse traditionnelle)
Adinkra sont des symboles visuels, créés à l’origine par l’Ashanti du Ghana et le Gyaman de la Côte d’Ivoire, qui représentent des concepts ou des aphorismes, et sont largement utilisés dans les tissus, les poteries, les logos et la publicité.

 

 




Voyager autrement avec les lectures estivales (1/2)

 

Il est minuit, Monsieur Meyer ! de Jacques FORTIER.
Editeur Le Verger, collection Les enquêtes rhénanes, 2016
214 pages

Quand Jules Meyer est appelé par le docteur Schweitzer pour résoudre « un drame atroce et inexplicable » autour de Lambaréné, le détective ignore qu’il devra enquêter sur plusieurs morts mystérieuses.
Roman policier bien documenté et bien écrit, ce petit texte qui s’adresse à un large public sera d’autant plus apprécié par les connaisseurs de l’histoire missionnaire protestante au Gabon.

A propos de l’auteur :
Jacques Fortier est journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace et correspondant du Monde à Strasbourg. Il a publié, dans la même collection, trois autres enquêtes de Jules Meyer, Quinze jours en rouge, Dessine-moi un loup et Chapitre fatal à la cathédrale, ainsi que Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Kœnigsbourg, grand succès de librairie adapté en bande dessinée par Roger Seiter et Giuseppe Manunta.

 

 

Cité perdue. Port-au-Prince [Haïti] : Atelier du jeudi soir, 2017, 38 pages.
Par Marie-Dominique LOZE et Lyonel TROUILLOT.

Une prose poétique très courte pour un hymne au respect, à l’amour et au partage.
Extrait : « Je veux croire encore à la beauté des commencements. La main qui donne ne soupèse pas le don. Je veux croire à la paume ouverte, au banc et à la gourde pour la pause et la soif. »

 

A noter :

La bibliothèque du Défap – Service protestant de mission, se situe au 102 boulevard Arago, 75014 Paris.
Pour tout renseignement, contacter le 01 42 34 55 55 ou par mail à bibliotheque@defap.fr (site internet : www.defap-bibliotheque.fr).

Fermeture annuelle en août.

 




« Témoins de paix en Palestine »

Depuis 2002, 1800 témoins, de 25 pays différents, se sont succédés en Palestine et Israël. Engagés aux côtés du Conseil Œcuménique des Eglises dans le « Programme d’Accompagnement Œcuménique en Palestine et Israël » (EAPPI), ils ont vécu trois mois auprès des populations palestinienne et israélienne, en partageant leur vie quotidienne et leurs aspirations à la paix, soutenues par de nombreuses associations. Parmi eux quelques envoyés de France, trop rares… D’où l’importance de cet ouvrage, le premier en français, qui relate le contenu de l’engagement de cinq d’entre eux, donne la parole à des militants pacifistes tant israéliens que palestiniens. « Votre présence est le garant de notre existence», entend-on souvent de la part des chrétiens palestiniens qui ont appelé de leurs vœux cette «présence protectrice». C’est en pensant à eux, chrétiens de la Méditerranée s’il en est, que les auteurs, parmi lesquels figurent deux de ces témoins, ont rassemblé les témoignages et les informations contenus dans cet ouvrage. Il est important que des éléments de la vie quotidienne des populations palestiniennes soumises aux check-points, aux contrôles, à la privation de leurs droits fondamentaux, soient ainsi mis à la portée du public. Il est important également que d’aucuns sentent ainsi l’appel à poursuivre ce chemin qui ne doit pas s’arrêter, et qu’ils s’engagent à leur tour pour vivre ces semaines d’immersion dans une réalité douloureuse et pour rapporter à leur retour auprès de leurs communautés et concitoyens ce qu’ils auront vécu, vu et entendu.


Couverture de l’ouvrage « Témoins de paix en Palestine »

 

Le réseau Chrétiens de la Méditerranée, Citoyens pour la paix, suit ce programme depuis longtemps et a régulièrement diffusé les courriers des accompagnateurs et accompagnatrices qui ont sillonné les routes, de Jérusalem à Tulkarem, de Bethléem à Jayouz, de Yanoun à Hébron, de la vallée du Jourdain aux collines de Yatta… et aussi de Haïfa à Tel Aviv, de Sderot à Tibériade ou de Naplouse à Jéricho… En les suivant, vous passerez de longues heures à attendre l’ouverture d’un « portail agricole» qui sépare un village de ses champs ; vous visiterez une maison qui se confond avec le mur ; vous accompagnerez des enfants sur le chemin de l’école ; vous rendrez compte du massacre de brebis ou d’oliviers ; vous visiterez des familles obligées de rentrer chez elles par la fenêtre parce que leur porte est condamnée… Et vous côtoierez les acteurs et actrices d’associations souvent réduites en nombre d’adhérents mais si utiles à nourrir l’espoir qu’une autre manière de vivre ensemble est possible.

Titre : Témoins de paix en Palestine
Sous la direction de Lucienne Gouguenheim, Claire-Lise Ott, Jacques Toureille, Danielle Vergniol
Préface de Dominique Vidal
Editeur : Temps Présent
Paru le 15 juin 2017
170 pages
Prix : 14 euros




Bienvenue Tünde Lamboley !

D’origine hongroise, elle a fait ses études à Debrecen puis en France. Pasteur au sein de l’EPUdF depuis 2001, elle a vécu plusieurs années en Nouvelle-Calédonie avant d’être en poste dans le Chablais.

Membre de l’équipe régionale mission, elle a toujours été très engagée dans les projets interculturels et intergénérationnels.

Nous sommes tous ravis de l’accueillir.

 


Source : Peggy Kraag

 

 




Rencontre avec le pasteur Song

Ce pasteur, appelé à la paroisse Emmanuel, est arrivé le 28 mai en Europe dans le but de renouer les rapports avec la Fédération protestante de France et négocier un certain nombre de partenariats avec le Défap, « un parrain de cœur pour l’EPC » comme aime le dire le pasteur SONG. Il en a profité également pour rencontrer les secrétaires exécutifs et le secrétaire général de la Cevaa, afin de promouvoir la candidature de l’EPC au sein de la communauté. Il a été reçu par le secrétaire général du conseil œcuménique des Eglises à Genève, François Clavairoly, président de la Fédération protestante, par le président du département missionnaire à Lausanne et le responsable de l’Institut œcuménique (pour une demande de formation à l’attention des pasteurs de EPC).

Avec les communautés de l’EPC en France
Son séjour lui a également permis de rencontrer un grand nombre de communautés de l’EPC implantées en France. L’EPC, Eglise officiellement reconnue au Cameroun et existante de longue date, s’est implantée en Europe dans le but de promouvoir la mission et d’aller vers l’autre pour annoncer l’Evangile. Certaines communautés, agissant en France sous couvert de la loi 1901, se sont émancipées de cette mission et de l’autorité du conseil presbytéral. De nombreuses associations ont vu le jour, portant le nom de l’EPC mais ne répondant pas toujours aux critères de la constitution de l’EPC. Des divergences ont vu le jour allant jusqu’à la coupure entre certaines communautés et l’Eglise, voir même la naissance de regroupement sans lien avec des paroisses, laissant les communautés sans attaches aucune avec l’EPC.
La visite du pasteur fut ainsi l’occasion de rencontrer une grande partie de ces communautés pour installer un dialogue serein et constructif et permettre à celles qui s’étaient éloignées de la constitution de retrouver l’exercice de leurs activités dans un cadre légal.
Il témoigne : « Nous avons reçu un bon accueil et pu expliquer la vision de l’EPC a toutes  ces communautés ».

 

Jean-Emile Vincent SONG lors de son passage au Défap, juin 2017, DR

 

Renforcement des liens
L’EPC est membre depuis plus de 50 ans du Conseil œcuménique des Eglises (COE). Elle fut parmi les premières à rejoindre cette instance. « Il s’agit désormais de rendre plus fécond cette présence, d’échanger et de construire ensemble une relation vivante et pas seulement sur le papier », ajoute le pasteur Jean-Emile Vincent SONG.
En décembre, elle célèbrera ses 60 ans d’autonomie. Le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit, a promis d’assister aux festivités. Le pasteur et directeur de DM-echange et mission, Nicolas Monnier et le pasteur Clavairoly, Président de la FPF envisagent aussi de s’y rendre.

 

Former les pasteurs
Sur le terrain, les communautés de l’EPC ont besoin de travailler davantage en lien avec les autres.  Les Eglises, pour marcher ensemble, ont besoin de théoriciens formés, de personnes sensibilisées aux questions soulevées par la mise en place d’un vrai dialogue.
C’est la raison pour laquelle l’EPC souhaite envoyer des pasteurs en formation œcuménique en Europe. « L’harmonie entre les chrétiens doit s’exprimer au travers de réalisations communes concrètes », c’est là un des buts clairement indiqués par le COE. Mettre à disposition des fonds pour rendre ces formations possibles répond au besoin des Eglises sur place et œuvre à cette volonté de paix entre tous.
La décision a été prise d’envoyer 5 pasteurs par an en formation.
« Nous remercions le Défap pour tout ce qu’il fait actuellement pour notre église mais surtout pour le soutien qu’il nous apporte à différents niveaux : formation de nos pasteurs, accompagnement auprès de nos universités, projet de réhabilitation de nos centres hospitaliers. Ce qui m’ a particulièrement touché », conclue le pasteur, « c’est l’accueil qui partout nous a été offert lors de notre séjour. Nous avons été sans soucis et tous nous ont ouvert leurs portes dans la fraternité. Merci à Jean-Luc Blanc, et Pascale Audo pour leur grande disponibilité ».




Des jeunes pasteurs du Sud ont besoin de vous

« Leurs dossiers ont été sélectionnés par leur Église d’envoi. Ces candidats prometteurs sont appelés à devenir des pasteurs en responsabilité. Certains de ces profils, notamment des chrétiens peuls, sont très intéressants, mais les Églises qui les soutiennent dans leur démarche n’ont pas les moyens suffisants pour financer leur formation » témoigne Bernard Coyault, directeur d’Al Mowafaqa.

Aidons-les à poursuivre leur formation en apportant une contribution financière ou en relayant cette demande auprès d’institutions, d’Églises, de groupes d’amis…Aider ces jeunes candidats pasteurs, c’est aider le témoignage de leur Église. Dans les pays mentionnés (hormis le Bénin) il n’y a aucune faculté de théologie protestante ou évangélique de niveau universitaire, et la formation pastorale est souvent sommaire. Les tendances fondamentalistes y sont dominantes et exacerbées encore par les conflits interreligieux locaux : ceux-ci engendrent méfiance, préjugés, peurs, violence, compétition religieuse, etc.

Certains d’entre eux n’ont besoin d’un soutien que pour une année (8000 €) et seront pris en charge ensuite. D’autres, un soutien sur 3 ans (6800 €/an). Vous pouvez consulter ici le tableau des budgets des bourses d’étude et le profil des candidats retenus.

 

Bernard Coyault et la promotion 2017 du certificat Al Mowafaqa – DR

 

Une formation comme celle que dispense l’institut Al Mowafaqa permet à ceux qui en bénéficient d’introduire à leur retour d’autres approches dans leur Église d’origine, et ces personnes deviennent à leur tour des têtes de réseaux en matière de formation.

« Je connais des pasteurs sur le terrain qui assurent des séminaires de formation de plusieurs jours regroupant jusqu’à 300 ou même 500 évangélistes eux-mêmes responsables d’églises locales en zone rurale. L’impact est démultiplié… » poursuit Bernard Coyault. « Et investir dans la formation d’un de ces leaders, c’est influer sur la formation du peuple de l’Eglise, et indirectement, participer à des évolutions sociétales où les religions cessent d’être la cause des tensions et problèmes mais participent plutôt au progrès de la société et du vivre ensemble. Ce sont des enjeux vitaux. Ces régions d’où viennent ces étudiants qui nous sollicitent sont traversées par des extrémismes violents (dont les chrétiens sont souvent les victimes, mais parfois aussi – par leurs discours radicaux – des facteurs aggravants).

Votre soutien permettrait à deux, trois, peut être même tous ces candidats d’entamer leurs études à Al Mowafaqa dans un mois ! L’effet sera immédiat !

Un grand merci pour l’attention que vous porterez à cet appel.

 

N’hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire concernant ces candidatures (CV détaillé, lettres de recommandation, etc.).

Pour faire un don (en précisant « Bourses étudiants Afrique de l’Ouest » :
– Si vous résidez en France, vous pouvez adresser votre don à l’association des Amis d’Al Mowafaqa (don déductible des impôts – reçu fiscal) par chèque à l’ordre de « Amis d’Al Mowafaqa » à envoyer chez Morgane Bernet : 42 rue Villeneuve, 92110 Clichy, France ou par virement bancaire (le RIB de l’Association des Amis France est en téléchargement ici)
– Si vous êtes dans un autre pays, virement international sur notre compte bancaire au Maroc (téléchargez notre RIB  ici)

 

 

 

 




Sur la route des esclaves

« La place aux enchères »
A Ouidah, la chaleur peut parfois être écrasante. La découverte de la route des esclaves débute sur la place centrale, la Place aux enchères, où les esclaves étaient rassemblés et marqués au fer afin d’y être vendus. Le silence s’installe progressivement parmi les visiteurs, laissant pour certains leur imagination entendre le bruit des hommes et des chaînes.

Le « commerce » se faisait alors sous le contrôle d’un grand dignitaire de l’État, le yovogan, littéralement chef des Blancs, qui constituait l’interface commerciale entre les négriers européens et l’état négrier d’Abomey. Dans ce royaume relativement centralisé mis en place par le roi Agadja d’Agbomin (1708-1740), la traite négrière fut érigée en monopole royal par le roi Kpengla (1774-1789) et alimentée par de périodiques razzias aux marges du royaume.

Les esclaves parcouraient les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage, et du départ vers leur nouveau-monde, enchaînés les uns aux autres. Cette route, désormais jalonnée de statues présentant symboliquement les différents rois, nous raconte l’inimaginable. Elle questionne : comment penser la différence et la vie ? Le semblable et le dissemblable ?

Les vestiges de l’organisation
Ouidah constitue l’un des principaux ports d’exportation d’esclaves, plusieurs pays européens étaient organisés sur place, disposant de forts spécifiques : français, anglais, danois, hollandais et portugais. Seul existe encore ce dernier, désormais ouvert au public sous forme de musée.

 

Ouidah, avril 2017, DR

Arbre de l’oubli, présent sur le site de Ouidah, DR

 

La mort par étapes
Puis, vient la route de « l’Arbre de l’oubli », ainsi nommée du fait d’un rituel au cours duquel les esclaves tournaient autour d’un arbre pour oublier leurs origines et garantir leur servilité. L’Arbre du retour, planté par le roi du Dahomey et garantissant le retour des âmes des captifs après leur mort. Et enfin le Mémorial du souvenir, érigée sur la fosse commune des captifs morts avant la déportation. Un moment de recueillement, comme pour accueillir ensemble ces pensées que nous portons vers ceux qui ont souffert ici.
Quitter sa terre et laisser son âme
Erigée au niveau de symbole mondial de l’arrachement des captifs africains à leur terre, et de leur déportement vers les colonies d’outre-mer, Ouidah a bénéficié du soutien de l’UNESCO pour la création en 1995 de la « Porte du non retour ». Un monument imposant faisant désormais figure de lieu de mémoire primordial.

 


« Porte du non retour » à Ouidah, DR

 

Ouidah, lieu de mémoire collective, lieu d’une blessure intime mais aussi haut lieu du vaudou. La visite s’achève par le temple du python, un animal sacré dont le culte se pratique assidûment.

 

Exemplaire de « certificats de liberté » *, DR

* Ces documents administratifs émis au Sénégal, alors colonie française, datent de la fin du XIXème siècle. Ils servaient à officialiser le rachat de liberté. L’esclavage était pourtant aboli depuis 1848, mais si la traite transatlantique avait cessé, nombre de personnes demeuraient encore en servitude en 1882, date de son certificat.

 

 

 

Extrait d’un article publié sur le site de la Cevaa, dans le cadre de son Conseil exécutif au Bénin