Un nouvel institut oecuménique à Beyrouth

Dans une région fragile, en proie aux antagonismes religieux divers, une bonne nouvelle est annoncée : l’ouverture d’un institut œcuménique pour le Moyen-Orient à Beyrouth (capitale du Liban). Créé à l’initiative de la World Student Christian Federation (WSCF),  qui regroupe des mouvements d’étudiants chrétiens du monde entier (catholiques, protestants, orthodoxes et anglicans), cet établissement s’est donné pour objectif de former des étudiants en sciences bibliques « grâce à des professeurs de théologie venus de tous les horizons, afin de prendre en compte la diversité des traditions chrétiennes », a déclaré le révérend Olav Fykse Tveit, secrétaire général de la WSCF.

 

Le révérend Olaf Tveit (en bas à droite) et les étudiants de l’Institut. (D.R.)

 

Les quarante premiers étudiants à intégrer l’institut sont déjà emblématiques de la diversité. Venus du Liban, d’Égypte, du Soudan, de Jordanie, de Syrie, de Palestine et d’Irak, ils représentent toutes les traditions chrétiennes présentes dans la région. « C’est un véritable défi que nous tentons de relever, a commenté le révérend Tveit, dans la mesure où nous vivons dans un monde en guerre. Exprimer une forme de solidarité et tenter de construire des relations pacifiques et de collaboration entre tous les chrétiens peut être considéré comme une forme de provocation. Or c’est ce que nous souhaitons à tout prix éviter », a-t-il expliqué. Le WSCF a, fort heureusement, une grande expérience en matière de formation à l’œcuménisme au Moyen-Orient, où il est implanté depuis plus de quarante-trois ans.
La formation des étudiants comprendra également un volet dialogue interreligieux, mais également des cours de relations internationales, d’économie du développement, et de sciences politiques afin de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, son histoire, ses problèmes et l’impact des enjeux contemporains sur les populations moyen-orientales.
Le Défap a un envoyé à Beyrouth, le pasteur Pierre Lacoste, qui anime l’Église protestante française de Beyrouth et sa communauté est très active sur les plans œcuméniques et interreligieux.
Pour en savoir plus sur ses activités, rendez-vous sur son site internet : http://epfb.net/

 




La sécurité en Afrique : un enjeu transfrontalier

Lors de leur session de formation, en juillet dernier, les jeunes envoyés ont assisté à un bref exposé sur la géopolitique de leurs pays d’envoi et, en particulier, sur les enjeux liés à la sécurité notamment en Afrique. C’est en effet l’une des principales préoccupations des États d’Afrique de l’ouest, comme l’a rappelé le président guinéen Alpha Condé, en visite chez ses homologues du Sénégal et du Niger.

 

Zones d’action du groupe terroriste Boko Haram (D.R.)

 

Au cœur des objectifs : le mouvement Boko Haram, groupe djihadiste d’origine nigériane, devenu transnational et transfrontalier, qui multiplie les actions terroristes dans toute la sous-région. L’instrument le plus performant dans cette lutte est désormais la Force mixte multinationale, dont l’état-major est basé à Ndjaména (Tchad), opérationnelle depuis début le 10 août. Avec le général nigérian Illya Abbah à sa tête, elle est composée de 8 500 hommes dont 2 000 policiers et gendarmes. Sa zone d’action comprend l’État de Borno, au Nigeria, une partie des départements frontaliers du Cameroun, le pourtour du lac Tchad et les frontières du Niger, le tout divisé en secteurs dotés chacun d’un commandant. Celui-ci est chargé de coordonner les actions menées par les armées nationales avec celles entreprises par la force mixte.
Le matériel militaire, la logistique et les ressources humaines sont mutualisées, ce qui devrait accroitre son efficacité. Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé la communauté internationale à soutenir financièrement les pays participants, à savoir le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin.




Du nouveau au service « animation-formation »

 

Un fort engagement religieux

 

Née en Bretagne, Florence Taubmann est d’origine catholique.

Elle a étudié à l’Institut protestant de théologie de Paris puis est devenue pasteur en 1992.

Après des « expériences paroissiales diverses » – en région parisienne puis à Limoges – elle revient de deux ans passés en Israël où elle a accompagné son mari.

 

Au milieu, Florence Taubmann à la session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

 

Une ouverture à l’autre

 

Toujours intéressée par de nouvelles rencontres, elle est passionnée par le dialogue avec les autres Eglises et les autres religions. L’œcuménisme est pour elle un sujet important.

Elle a d’ailleurs été présidente de l’Amitié judéo-chrétienne pendant six ans et a participé à l’animation de plusieurs groupes interreligieux (notamment entre juifs, chrétiens et musulmans). Mais  « je vais également à la rencontre du monde laïc, dit-elle. Et à Limoges je participais à une association de dialogue entre chrétiens et francs-maçons ».

Pour le pasteur Florence Taubmann, le soutien de l’autre est quelque chose de primordial dans son ministère. « La dimension personnelle et sociale est importante pour moi ». A l’aide spirituelle s’ajoute l’aide concrète, qu’elle considère comme essentielle.

 

Le Défap : une finalité logique

 

Ce n’est pas un hasard si Florence Taubmann est arrivée au Défap.

« Dans le ministère pastoral, j’aime la diversité, la possibilité d’exercer dans des postes différents. Mon arrivée au Défap est dans la suite de tout ce que j’ai vécu et développé auparavant, avec l’ouverture sur d’autres pays, le travail avec d’autres Eglises.

C’est une chance de devoir réfléchir sur ce qu’est aujourd’hui la mission du christianisme, et du protestantisme en particulier. On pose la question de manière abstraite et on la vit de manière concrète : comment un chrétien peut-il témoigner de sa foi dans le monde actuel, multiculturel et multi-religieux, sans chercher à convertir l’autre mais en faisant entendre l’Evangile ? Est-ce que la parole chrétienne peut faire du bien aujourd’hui ? »

 

L’arrivée au Défap

Florence Taubmann a rencontré Bertrand Vergniol, alors sur le point de devenir secrétaire général du Défap, en Israël/Palestine où il a passé trois mois.

Ils ont parlé du ministère : « Deux pasteurs se rencontrent, ils parlent de l’Eglise », dit-elle en plaisantant.

Lorsque le poste de chargée d’animation missionnaire s’est libéré, il lui a proposé : « C’était l’occasion d’avoir un autre regard, un autre type d’action et d’engagement, une autre manière de travailler », dit-elle. C’est également une façon pour elle de « repenser la mission ».

 

La mission

Florence Taubmann découvre aujourd’hui au Defap une équipe de professionnels et de bénévoles qui assument des tâches et responsabilités spécifiques. Mais elle se réjouit des temps d’échanges et de concertations, qui permettent aux idées et aux informations de circuler. Elle découvre aussi une « vie à l’échelle du monde, avec des envoyés et des nouvelles venant de partout, de France et de l’étranger».

 

Toutefois, elle réalise qu’il lui faudra du temps et de nombreuses visites pour prendre la mesure de sa mission. Même si la lecture et la formation sont importantes, rien ne remplace l’écoute et l’échange.

 




Session de formation des envoyés : bilan

La session de formation des futurs envoyés du Défap s’est terminée vendredi dernier, 17 juillet. Bilan.

Programme

 

Durant ces deux semaines de formation, les envoyés ont échangé sur de nombreux sujets. Outre apprendre à connaître le Défap (le lieu et l’association), ils ont assisté à divers ateliers :

 

  • Savoir témoigner de son expérience : comment exprimer et expliquer sa mission sur place ;
  • Connaître les enjeux géopolitiques des régions dans lesquelles ils se rendent ;
  • Connaître les différents dispositifs et cadres d’envoi en mission ;
  • Discuter autour de l’interculturalité ;
  • Parler sécurité et savoir comment réagir dans des situations délicates ;
  • Avoir une meilleure connaissance des crises et conflits en milieu interculturel ;
  • Discuter de l’interreligieux, et notamment des relations entre chrétiens et croyants d’autres confessions ;
  • Connaître mieux les inégalités Nord-Sud ;
  • Savoir comment gérer les relations avec l’Eglise d’accueil.

 

Les futurs envoyés et les formateurs ©

En plus de tous ces ateliers complets et enrichissants, les envoyés ont été briefés sur toutes les questions pratiques et administratives, et d’anciens envoyés du Défap sont venus témoigner afin de partager leur expérience avec eux.

 

Culte d’envoi

 

Le culte d’envoi animé par le Secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, a clos la session.

Il a rappelé, lors de ce culte, les grands principes de l’envoi par le Défap, les raisons derrière ce programme.

Ce culte a constitué en la lecture de divers textes bibliques et prières, entrecoupés de chants et de mots de réflexion en rapport avec la mission de la part du secrétaire général.

 

Un bilan positif

 

Le bilan de la session de formation est positif : les envoyés étaient contents de cette période d’échange et d’apprentissage.

 

Les envoyés lors de la session de formation ©

 

Ces derniers ont participé à trois phases de bilan :

  • Un bilan personnalisé : une rencontre entre les responsables concernés du Défap et chaque envoyé afin de déterminer ce qu’il a appris, ce qu’il a trouvé particulièrement intéressant, etc.
  • Un bilan oral en groupe : chacun a partagé son opinion et a échangé à ce sujet ;
  • Un bilan écrit : les envoyés ont noté les différents modules mis en place tout au long de la formation.
  • Un bilan de cette évaluation sera fait par le service des envoyés : c’est une façon pour le Défap de voir si les trois phases de bilan se recoupent et de savoir où en sont les volontaires à la fin de la formation.

Chaque envoyé a retiré quelque chose de cette formation à hauteur de ses espérances.

C’est également un groupe qui a bien fonctionné : un véritable échange a eu lieu entre eux, ce qui est un des objectifs principaux de ce temps fort du Défap.

 

Lire notre article précédent sur la session de formation
Lire nos prières en lien avec la session de formation des envoyés : « Voyagez léger » et « Mission surprenante »

 




Des magazines pour les jeunes de Madagascar

Dominique Ranaivoson, envoyée à Madagascar, demande de l’aide pour les jeunes de l’IFRP : ils ont besoin de plus de matériel pour étudier.

« Les étudiants qui passent trois ans à l’Institut de recherches pédagogiques (IFRP) se forment en vue d’enseigner dans les écoles protestantes, un réseau de 530 établissements répartis surtout sur les Hauts-Plateaux, sur la Côte Est, et dans quelques villes du Nord (Diego, Sambava) et de l’Ouest (Majunga, Marovoay).

 

Les instructions ministérielles les obligent à enseigner partiellement en français mais malgré leur bac et leurs connaissances théoriques, peu arrivent à parler et à s’exprimer par écrit. Pratiquement aucun n’a possédé un autre livre que la Bible.

 

Les étudiants de l’IFRP

 

Des enseignants leur donnent des cours de langue classiques tandis qu’avec moi ils suivent des formations courtes et intensives à raison de deux fois par an (une à quatre semaines).

Les supports sont multiples pour pratiquer la langue dans diverses circonstances et aborder des sujets de fond spirituels et pédagogiques.

 

Les études bibliques, les chants, les sketchs, les sorties culturelles (festivals, foire du livre, visites), les jeux, la manipulation d’albums jeunesse, la préparation de spectacles sont autant d’occasions de se délier la langue et de se former l’oreille.

Le Défap soutient l’édition d’un recueil de textes divers, la Petite Bibliothèque portative, qui leur est offerte en début de cycle. C’est une vraie valise et l’on apprend à se servir de tout ce qu’elle contient.

 

Spectacle à l’IFRP

 

Faire un bilan de ces actions qui manifestement leur font plaisir serait périlleux : certains ont fait des progrès remarquables et d’autres se contentent de suivre mais tous reçoivent un encouragement dans cet accompagnement.

Celui-ci se manifeste aussi concrètement lors de leur sortie quand nous leur offrons une valise, sorte de trousseau contenant des ouvrages de base : Bible, dictionnaires, grammaire, albums d’enfants et de lecture pour les primaires, livres d’anglais pour d’autres.

 

Remise de malles à l’IFRP

 

Nous achetons une partie de ces ouvrages neufs sur place (Bibles, dictionnaires) mais sollicitons en France des dons de magazines jeunesse tels que Youpi, J’aime lire, Belles Histoires… Les romans en volumes sont trop lourds et trop difficiles à lire.

 

Les étudiants de l’IFRP vous remercient ! »

 

    Dominique Ranaivoson
Envoyée en courts séjours à Madagascar




Togo : « l’hôpital de l’Espérance »

En mai, Timothée, Myriam, Jean, Heidi et Daniel Deglon, envoyés à Mango, au Togo, nous donnaient de leurs nouvelles.
L’hôpital de l’Espérance

 

« Déjà deux mois qu’il est ouvert ! Myriam y partage son mi-temps entre une journée par semaine à la consultation de jour et une garde par semaine (entre vingt-quatre et vingt-huit heures) à l’hôpital. Au-delà du travail médical lui-même, nous sommes reconnaissants de voir quel outil peut être cet hôpital.

 

Devant l’hôpital

 

Il l’est autant dans des situations encourageantes, comme celle de cette femme mordue par un serpent et qui se trouvait dans un état critique, dont la vie a été sauvée par un antipoison – ce malgré les délais. (…) mais également dans des situations plus difficiles, comme un de nos voisins en consultation qui annonce à Myriam que son foie est en grande partie détruit par le cancer et qu’il n’y a aucun traitement possible… C’est l’occasion d’annoncer l’Evangile (et d’en offrir un). »

 

A l’hôpital

Un début de ferme

 

« Nous avons pu installer une petite ferme sur le terrain de l’hôpital. Une partie de cette bâtisse a été financée par la vente d’un taureau que la mairie nous a donné pour nous remercier de cet hôpital ! Le reste l’a été par les aumôniers de l’hôpital et nous-mêmes.

 

La ferme est là pour contribuer financièrement aux soins des malades, et être un exemple autant que possible au niveau de la gestion d’une ferme, de la restauration des sols et de l’élevage.

 

La ferme

Récemment, un père venant de perdre son enfant à l’hôpital, a pu payer en nature une partie de sa facture, avec un mouton et une chèvre « à l’embouche » : c’est-à-dire que nous engraisserons et revendrons au bon moment. C’est une petite aide et une façon de partager quelque chose de commun avec les Mangolais, qui sont tous ou presque agriculteurs. »

L’Eglise « Bel Amour »

 

« Les premiers missionnaires arrivés à Mango avaient rapidement constitué un petit groupe de chrétiens, dont certains venaient du sud, mais quelques-uns de Mango : l’Eglise « Bel Amour ».

 

Au culte

 

Le groupe s’est aujourd’hui étoffé, avec l’arrivée d’une partie du personnel chrétien de l’hôpital venue du sud. Nous avons vraiment à coeur d’encourager cette Eglise à être tournée vers la ville et la région : que sa conduite soit « honorable » aux yeux des gens de l’extérieur, et que les gens du sud puissent s’adapter à la culture du nord et être eux-mêmes des missionnaires. »

 




Session de formation des envoyés : une diversité des profils

En ce moment a lieu au Défap la session de formation des envoyés : préparation des futurs envoyés avant leur départ en mission.
Une grande diversité

 

Cette session est sans doute parmi les plus diverses qu’ait connue le Défap : les envoyés viennent d’horizons très différents.

On remarque cependant toujours des problèmes de recrutement dans notre réseau d’Eglises : beaucoup d’envoyés viennent d’Eglises évangéliques et/ou indépendantes.
Par ailleurs, la plupart des envoyés de cette session découvre le Défap au travers de leur mission.

 

Mais cette diversité n’est pas forcément une mauvaise chose ! Elle fait du Defap un lieu de rencontre entre toutes ces tendances du protestantisme. Grâce à cette diversité, la formation se déroule dans une bonne ambiance, avec une forte cohésion entre les participants.

 

Session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

 

Débat autour des relations avec les Eglises d’accueil

 

Au niveau contenu et formation, les envoyés ont discuté de divers sujets : géopolitique, découverte du Défap, interculturalité, témoignages d’expérience, relations avec l’Eglise d’accueil etc.

 

Des débats ont eu lieu autour de la question du dialogue interreligieux et des relations avec les Eglises d’accueil. Une grande question est revenue : jusqu’où est-on prêt à aller dans le compromis avec les Eglises d’accueil pour composer avec des manières qui ne sont pas les nôtres ?

 

Session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

Tous les envoyés n’ont pas la même opinion, ce qui a enrichi le débat. Il est d’ailleurs étonnant de constater que certains envoyés sont hors de tout réseau religieux : ils se sont très bien intégrés et il semble qu’ils n’auront aucun problème à s’intégrer dans les Eglises d’accueil.

 

Au culte d’accueil, Jean-Luc Blanc leur a dit que leur mission est « plus d’apprendre des autres que de leur donner ».

 

A suivre : un écho du culte d’envoi et de l’évaluation de la formation.

 




Formation à l’islamologie : comprendre l’autre

Dans un souci de meilleur vivre-ensemble et de dialogue interreligieux, le Défap a ouvert un programme de bourses pour une formation à l’islamologie. Une première « promotion » est sortie fin juin 2015. Présentation et impressions.
Le programme

 

Ce programme a consisté à donner des bourses à cinq étudiants pour qu’ils étudient et obtiennent le certificat en islamologie de l’Institut al-mowafaqa de Rabat, au Maroc.
Cette première expérience a été un succès.

 

Les bourses pour l’Institut Œcuménique de Théologie ont été attribuées à un étudiant français en théologie, deux pasteurs centrafricains, une jeune pasteure camerounaise et une journaliste de l’Eglise sénégalaise.

 

Ce certificat de six mois d’initiation à l’islamologie est reconnu par l’université de Strasbourg. Il a pour but de former des gens dont ce n’est pas la spécialité mais qui travaillent ou sont en contact avec des musulmans, afin qu’ils comprennent mieux cette culture religieuse.

 

Cette première session a bien fonctionné, et les organisateurs espèrent que l’expérience sera renouvelée.

Le ressenti des étudiants

 

Les boursiers concernés étaient tous très contents d’avoir l’occasion de participer à ce programme. Ils l’ont trouvé très difficile : en six mois, ils ont dû apprendre l’arabe classique afin de lire des textes du Coran.
Les professeurs qu’ils ont eus, de grandes pointures en islamologie, ne réalisaient pas toujours que des chrétiens n’avaient pas de connaissances, ne seraient-ce que basiques, en culture islamique.

 

Les étudiants ont fait un rapport sur leur formation. Ils ont également dû faire, pour valider le certificat, une soutenance de fin de programme.

 

La pasteure camerounaise a soutenu sur le sujet « le dialogue interreligieux face au djihad ».

 

La pasteure camerounaise en train de présenter sa soutenance

Voici un extrait de son texte de soutenance :

« L’actualité est de plus en plus marquée par la manifestation des actes violents posés au compte du djihad. Le concept est donc connu par les sociétés entières, voire le monde entier, sans que l’on ait recours au sens fondamental de cette réalité. (…) Aujourd’hui, les medias ne s’embarrassent guère de nuances en traduisant le terme djihad par « guerre sainte ». (…)

 

La paix dans le monde commence par la paix dans nos quartiers, dans nos rues, en faisant que chacun devienne ambassadeur et responsable. Cela passe par une action concrète : rendre visite à son voisin, organiser un repas entre deux communautés religieuses pour ne citer que ceux-là. Pour bâtir un monde plus fraternel, il faut pouvoir conjuguer spiritualité et action, former aussi les jeunes musulmans et chrétiens à une vision juste du djihad. Car, un enracinement insuffisant en sa propre foi, une connaissance et une compréhension insuffisantes de la croyance et de la pratique des autres religions, peuvent mener à de fausses interprétations.

Pour affronter donc, les défis du dialogue avec l’Islam, il faut apprendre à affiner ses jugements, à déconstruire certaines certitudes, à relativiser certaines croyances et à redécouvrir le message intemporel et universel du Coran.  Déconstruire pour construire est un passage obligé, pour pouvoir discerner dans l’héritage des musulmans, la part du juste et du faux, la part d’utile à eux et à l’autre. 

Déconstruire pour construire, c’est aussi cesser de regarder le djihad, comme étant un problème lié à l’Islam, à l’arabe, au musulman. Nous pensons qu’il est impératif, de regarder le djihad tel que mené aujourd’hui, comme un fléau qui mine la société entière. »

 

Par ailleurs, un des pasteurs centrafricains a donné son ressenti sur la formation :

 

« J’ai beaucoup apprécié la manière avec laquelle nous avons été amenés dans les réflexions et échanges. Ceci a permis une réflexion active de tout le monde qui, malgré notre arrière-plan socio-culturel et religieux, notre vision du monde diverse, des approches différentes ont finalement rendu compte des enjeux des points inscrits aux débats. Je ne peux pas non plus oublier ces moments de partage libre, si enrichissants, où les expériences des uns viennent authentifier celles des autres. Oh ! C’est merveilleux cette formation ! »

Les avantages du programme

 

Cette formation a été bénéfique, notamment lorsque l’on sait que les pays où vivent les étudiants financés par le Défap possèdent une importante communauté musulmane : le Sénégal est majoritairement musulman, le Cameroun possède des problématiques liés à l’Islam au nord, la Centrafrique connaît des soucis de cohabitation entre les différentes cultures religieuses, et la France a un problème grandissant d’islamophobie.

 

Ces personnes vivant dans des zones où les relations avec les musulmans sont difficiles, il paraissait important de les « former » afin qu’ils aient une vision différente et plus juste de l’Islam, pour que la vie en communauté soit facilitée. Mais aussi, il est important qu’ils diffusent leurs connaissances autour d’eux.

 

Le Défap va suivre ce qu’ils vont faire, pour voir comment les choses peuvent avancer avec eux, et s’ils peuvent continuer leur réflexion en islamologie.

L’association espère également que plus de Français vont venir se former et utiliser leur connaissance en islamologie dans le réseau des paroisses.

 

L’idée de ce programme est de favoriser le dialogue interreligieux par une meilleure connaissance des autres cultures.

 

Pour en savoir plus sur l’Institut al-mowafaqa

 




Cameroun : témoignage d’un envoyé au Centre Technique de Garoua

Voici le deuxième témoignage de Nathan, envoyé en mission longue au Cameroun. De retour à Garoua, il atteste d’une réelle évolution et manifeste son engouement pour la vie sur place.
L’avancée du CTG (Centre Technique de Garoua)

« Il y a deux nouvelles salles de classe qui ont été construites au CTG », écrit Nathan.

Il explique les différents travaux qu’il entreprend : « Au CTG, je travaille principalement sur la conception de machines. Nous avons pu fabriquer un nouveau presse-brique, différentes machines pour un processus de fabrication de charbon à base de végétaux carbonisés, et, actuellement, j’ai lancé la fabrication d’une presse à huile manuelle.
A côté de ces nouveautés, nous avons déjà une gamme de produits que nous continuons de fabriquer en fonction des commandes (ex : lits et brancards pour l’hôpital).
»

 

Vie et travail au collège polyvalent

Avec grande joie, Nathan nous informe que « la classe de 5ème s’est ouverte au Collège Polyvalent » et que « le dernier jour d’école de 2014, le Collège a organisé une matinée animée par les élèves : sketches, danses, chants, avec pour finir les remises de bulletin et les tableaux d’honneur. »

« Sinon, côté boulot, j’ai installé un programmateur pour la sonnerie qui se déclenchait manuellement jusque-là. La récolte du matériel continue grâce aux donateurs. Le conteneur devrait voyager cet été. »

 

Carte du Cameroun (Source : Google Maps)

En rouge, Garoua

Fêtes et vie sur place

Comme partout au Cameroun, les coutumes ne font pas défaut.

« J’ai pu aussi assister à la fête traditionnelle des Sawa, qui est le peuple côtier du Cameroun. La fête « Ngondo » dure une semaine avec différentes manifestations : lutte traditionnelle, danse, élection de Miss Ngondo, course de pirogue et, à la fin, une soirée de gala. Cette année le thème était : l’espoir. »

 

Les fêtes de fin d’année, quant à elles, « sont très différentes de celles que l’on a en France », écrit-il. D’une part, parce-que « je n’ai pas pu les passer dans mon village comme d’habitude », mais surtout parce-que « nous avions des inquiétudes sur ce que Boko Haram (le groupe terroriste d’origine nigériane qui fait des incursions au Nord Cameroun, ndla) pouvait faire. Il n’y a pas eu d’incident dans la région Nord que je sache, mais nous suivons les informations comme vous à la télé, à la radio, aux blablas…  »

Fin janvier fut l’occasion pour Nathan de se présenter à l’UEBC (Union des Eglises Baptistes du  Cameroun) lors de leur conférence à Douala.

 




Affaire de Putter : “L’enquête a été bâclée”

Cet article a été publiée dans l’hebdomadaire Réforme pour le troisième anniversaire de la mort d’Éric de Putter, le 9 juillet 2015.

Éric de Putter © Défap

Il y a trois ans, Éric de Putter, théologien protestant, était assassiné au Cameroun. Depuis, l’enquête piétine. Réforme a rencontré l’ambassadeur français en poste à l’époque.

« Je suis à un point où je ne sais plus quoi faire. Mais je ne veux pas abandonner. » Au téléphone, la voix délicate de Marie-Alix de Putter n’en reste pas moins déterminée. Cela fait maintenant trois ans que son mari, qui enseignait l’hébreu, les sciences des religions et l’Ancien Testament à l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) de Yaoundé, au Cameroun, a été poignardé à leur domicile. Trois ans que les assassins courent toujours et que l’enquête piétine. Chaque année autour du 8 juillet, date de l’assassinat du théologien âgé de 31 ans, Réforme fait un point sur l’enquête et ne peut que constater l’impasse.

Commissions rogatoires

« À l’automne dernier, nous avons rencontré et demandé à des responsables de l’Église évangélique du Cameroun de faire tout ce qui était en leur pouvoir pour faire avancer l’enquête. En janvier, l’ambassade française à Yaoundé nous a informés que la commission rogatoire internationale des autorités camerounaises lui était parvenue pour être transmise aux autorités françaises. Je ne sais pas s’il y a une relation de cause à effet », confie Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap. Le Service protestant de mission avait envoyé Éric de Putter enseigner dans la capitale camerounaise en septembre 2010. « Depuis plus d’un mois, je demande à être reçu par le ministère de la Justice française pour savoir ce qui s’est passé depuis. Nous attendons le rendez-vous », ajoute Bertrand Vergniol. En revanche, aucune nouvelle de la commission rogatoire côté français.

Pour Bruno Gain, l’ambassadeur français en poste à Yaoundé en 2012, il ne faut pas attendre grand-chose de ces deux commissions rogatoires : « À l’heure où on transfère de l’argent d’un clic entre la France et l’île de La Barbade, la commission rogatoire, elle, met un temps fou à passer de service en service. »

L’ancien diplomate sort de sa poche un article de Marie-Alix et Éric de Putter publié trois mois avant l’assassinat, dans Mission, l’ancienne revue du Défap. Pour lui, ce texte est au cœur de l’affaire et éclaire la personnalité d’Éric de Putter, vraisemblablement trop intègre et franc pour un pays corrompu comme le Cameroun. « Nous étions venus ici pour tenter de participer à un mouvement d’unité et de convergence. C’est plutôt un éclatement sur une dispersion. Nous pensions venir partager un projet ecclésial et communautaire. C’est bien plutôt la lutte individuelle, la querelle des clochers, la compétition entre les Églises, et sans rire, cela se traduit dans le vocabulaire académique enseigné aux futurs pasteurs : compétitivité, croissance, rendement… », écrivent les époux de Putter. Ils déplorent également la corruption généralisée, les « préférences tribales » qui bloquent le pays. Et poussent « un cri d’alerte » pour lancer « une grande réflexion » et « fixer des objectifs ».

« Éric a dit tout haut ce que tout observateur averti pense tout bas. J’ai exactement la même vision du pays que lui. Cet article, j’aurais pu le signer », déclare Bruno Gain. Sauf que dans un pays comme le Cameroun, « miné par la corruption », critiquer ouvertement est dangereux. Bruno Gain avait croisé Éric de Putter à Yaoundé et l’appréciait : « Cet homme, d’une rigueur intellectuelle et morale, a été déçu et a laissé parler son cœur. Les volontaires envoyés comme lui vivent comme les Camerounais et pensent donc qu’ils sont immunisés contre les réactions de la population qui n’est pas forcément bien disposée envers les Occidentaux depuis la décolonisation. C’est un pays compliqué, où la corruption concerne toutes les couches de la société, y compris la fac dans laquelle Éric enseignait. »

« C’est vrai que l’ambassadeur a beaucoup parlé de cet article à l’époque. Je ne sais pas s’il a eu un rôle. Nous l’avons écrit de bonne foi, dans l’optique d’améliorer les choses et non de jeter la pierre. Et le magazine Mission était distribué aux volontaires, pas à l’extérieur », rétorque Marie-Alix de Putter. « On pensait donner des nouvelles aux autres volontaires du Défap, pas faire quelque chose de dangereux », ajoute-t-elle.

Ce texte intitulé « Cameroun : arrêtons de faire comme si tout allait bien ! » a été rédigé au début de l’année 2012, au retour d’un voyage du couple dans le nord du pays. Il n’a été publié qu’en avril 2012 à un moment où les relations d’Éric avec plusieurs personnes de l’université étaient particulièrement tendues, selon sa femme.

« Éric remplaçait un collègue pour coordonner la session d’examens à venir du département de théologie. Il avait décidé de faire respecter le règlement intérieur. Mais les gens de la fac ont pensé qu’il avait durci les règles. À partir de février, Éric a commencé à recevoir des menaces orales de la part d’enseignants et d’étudiants. Un ami étudiant croisé en dehors de la fac nous a dit qu’il ne préférait plus venir chez nous car c’était devenu trop dangereux vu ce qu’il entendait sur nous à l’université », se souvient Marie-Alix de Putter qui ajoute : « Éric l’a d’autant plus mal vécu qu’il était profondément convaincu que le débat et la confiance existaient dans un environnement d’Église. »

Isolés dans un monastère

Le climat sur le campus était tel que le couple avait prévu de s’isoler dans un monastère catholique de Yaoundé en attendant la fin des examens et leur retour en France prévu début août. Éric de Putter a été assassiné la veille de son déménagement du campus, selon sa femme « alors que nous ne l’avions dit à personne », précise-t-elle.

« À mon avis, il faut chercher les responsables dans ses connaissances de la faculté. Certains ont dû se sentir visés par cet article et ont eu peur des conséquences. Car si la corruption est généralisée, il y a parfois des arrestations et des condamnations à valeur d’exemple, même au plus haut sommet de l’État », lance, sans ciller, l’ex-ambassadeur.

À ce stade de l’enquête, les Camerounais ne font pas de lien entre l’assassinat d’Éric de Putter et son emploi à l’UPAC. Un constat répété par le recteur de l’université, joint par téléphone : « Peut-être que l’ambassadeur a des infos que nous n’avons pas. Moi, à ce stade, je n’ai aucune idée des responsables. Le conseil d’administration de l’UPAC a rencontré plusieurs fois le ministre de la Justice camerounaise. On nous répond que l’enquête suit son cours. Nous allons continuer de prier et d’intercéder jusqu’à ce que notre Dieu nous dévoile la vérité. Et grâce à Dieu, on trouvera un jour. C’est mon intime conviction de chrétien et de pasteur », répond calmement le professeur Bouba Mbima.

« L’enquête a été bâclée. Elle n’a pas été menée avec suffisamment de rigueur et on risque malheureusement d’attendre longtemps son issue », regrette l’ex-ambassadeur. Une position partagée par le colonel de gendarmerie français qui était à l’époque responsable de la sécurité de l’ambassade. Les deux hommes n’étaient pas impliqués dans l’enquête camerounaise mais ont observé le travail de la police et de la justice du pays africain. « La scène de crime n’a pas été préservée du passage et donc des traces des policiers et des curieux », « il n’y a pas eu de fouille autour de la maison pour retrouver l’arme du crime », « les enquêteurs se sont focalisés sur un étudiant de la victime et le doyen de l’université, finalement relâchés, sans chercher d’autres pistes », commence à lister l’officier, dépité.

Un autre élément n’a malheureusement pas joué en faveur du théologien, selon Bruno Gain. L’affaire a été beaucoup moins médiatisée que d’autres dossiers français, comme celui de l’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum, écrouée depuis 2008 (lire ci-contre). Le 3 juillet, François Hollande était en visite officielle au Cameroun. Il a évoqué avec le président camerounais, Paul Biya, le cas de Lydienne Yen Eyoum. A-t-il parlé de l’assassinat de l’enseignant protestant ? Nous n’avons pas reçu de réponse de l’Élysée à ce sujet.

« J’espère que l’avenir donnera tort à l’ambassadeur et que l’enquête aboutira. Ce n’est pas tenable et profondément injuste de ne pas connaître la vérité quand on sait à quel point Éric était à l’écoute et au service des autres », réagit Marie-Alix de Putter.

Hommages

Face à la lenteur de l’enquête, l’entourage d’Éric de Putter se mobilise pour entretenir son souvenir et défendre ses idéaux. Le 21 mars, une plaque a été inaugurée (voir photo) et un Ginkgo biloba a été planté dans le jardin du Défap. Un « arbre particulièrement résistant qu’Éric aimait et qui le rassérénait », a déclaré ce jour-là Marie-Alix de Putter. Un prix « Éric de Putter » a aussi été créé cette année à la faculté de théologie de Strasbourg, financé par l’association Semeurs de liberté. Côté Cameroun, chaque 8 juillet , une séance de prières est organisée sur le campus « pour la famille, son épouse, le Défap, nos autres partenaires et nos deux pays », précise le recteur Bouba Mbima. Un bâtiment de l’université et la promotion d’étudiants 2014 ont été baptisés « Éric de Putter ».

Et surtout, une réforme du fonctionnement financier et académique de l’UPAC a été enclenchée après la mort du théologien. La reprise des relations entre l’UPAC et ses partenaires internationaux (dont le Défap) en dépend. Y compris le dégel des subventions versées à l’université camerounaise.

Par Elise Bernind




Hommes et femmes de la mission : Eric Chapal

Portrait d’un animateur des Équipes Régionales Mission : Eric Chapal.
« Protestant historique »

 

Lorsqu’il se présente, Eric Chapal emploie instinctivement le terme « protestant historique ». D’origine cévenole, il a beaucoup de pasteurs dans sa famille.

Si lui-même n’est pas pasteur, cela ne l’empêche nullement d’être très investi dans l’action protestante et missionnaire.

Pour sa part, il a choisi une carrière dans les affaires, passant la majeure partie de son temps à l’étranger. Il est aujourd’hui retraité, très actif, notamment au Défap, où il est animateur bénévole pour la région Île-de-France.

 

Eric Chapal en mission au Bangladesh en 2009 pour Aquassistance

 

Implication au Défap

 

Depuis environ huit ans, Éric Chapal participe aux activités du Défap : lors de la reconstitution des équipes régionales, l’ancien président de région lui avait proposé de rejoindre l’équipe, ce qu’il a accepté tout de suite.

Les membres des Équipes Régionales Mission (ERM) sont effectivement nommés par les conseils régionaux. Ils viennent en appui aux Églises locales.

 

Ce qui intéresse Eric Chapal, c’est l’ouverture régionale et locale : son père, pasteur donc, recevait des missionnaires et leur faisait des conférences illustrées par des diapositives. L’implication d’Éric est donc loin d’être un hasard : il y a d’ailleurs deux Chapal dans les ERM.

 

Ouverture au monde : un choix professionnel et une passion

 

Eric Chapal a beaucoup voyagé pour son travail et possède énormément de contacts à l’étranger, multi-œcuméniques, ce qu’il estime vraiment enrichissant sur le plan personnel et spirituel. Cette ouverture sur le monde et sur autrui est d’ailleurs naturelle chez lui.

 

Ce choix (professionnel) est aussi une passion : il a donc décidé de prolonger cette activité de contact après sa retraite en intégrant une ONG du nom d’Aquassistance, créée par des cadres de la Lyonnaise des Eaux dans un but humanitaire. Cette initiative a aujourd’hui pris de l’ampleur et met désormais en place de nombreux projets d’accès à l’eau.

 

Depuis plus de dix ans qu’Éric Chapal en fait partie, une quinzaine de missions ont été menées à bien.
Pour lui, l’ouverture au monde et à autrui est une implication professionnelle, humanitaire mais également un engagement spirituel, ce qu’il réalise dans le cadre du Défap.

En 2012, à Madagascar, Eric Chapal et l’équipe avec laquelle il a travaillé pour la collecte des déchets

 

L’équipe régionale mission

 

Au sein de son équipe régionale, Eric Chapal s’occupe de l’animation et de l’organisation des réunions : il aide à définir des objectifs à court et moyen terme. Il aide également le conseil régional à recruter de nouveaux membres.

 

L’ERM de la région parisienne a, en ce moment, deux principaux axes d’action.

Le premier est l’accueil des communautés venant de l’étranger. Chaque ERM (une pour chaque région de l’EPUdf, c’est-à-dire neuf en tout) a considéré comme essentiel de vivre ce rappel d’appartenance à l’Église universelle.

Le deuxième, c’est le recrutement des correspondants du Défap dans les Églises locales, qui nécessite l’implication de bénévoles. Or, il existe 71 paroisses en région parisienne : d’une vingtaine de correspondants locaux il y a quelques années, on est passé à une cinquantaine. À savoir : ils sont tous membres du projet Mosaïc, ce qui est cohérent avec l’activité d’accueil des ERM.

 

L’un des objectifs des ERM en général est de pouvoir organiser une réunion des correspondants du Défap au moins une fois par an : il existe un véritable échange, notamment d’informations, entre le Défap et les Églises locales par ce biais.

 

Le Forum du Défap : un événement important

 

Pour Eric Chapal, le Forum du Défap, qui a lieu tous les quatre ans, est un événement marquant. C’est un temps fort, un élément visible qui touche de près les Églises locales et les implique encore davantage dans l’activité missionnaire.

Le dernier thème, « Le monde est chez toi », était très porteur de sens pour les habitants de l’Île-de-France, estime-t-il.

 

Réalisations

 

Eric Chapal a à son actif quelques jolis succès, comme être parvenu à remobiliser certaines paroisses.

Deux projets concrets ont vu le jour, qui lui sont particulièrement chers :

 

  • Alimentation en eau d’un orphelinat au Congo (Brazzaville) : la demande est venue du pasteur Jean-Luc Blanc et le projet a été réalisé par Aquassistance ;
  • Alimentation en eau d’un quartier périphérique de la ville de Kribi, au Cameroun, à la demande d’un paroissien d’Auteuil. Encore une fois, c’est l’ONG Aquassistance qui a pris en charge le projet.

 

Disponible, chaleureux et ouvert à autrui, Eric Chapal est un véritable « homme de la mission ».

 




Laos : une belle expérience et un départ plein d’émotions

Après six mois sans nouvelles, Nathanaël, envoyé au Laos, nous dévoilait ses dernières impressions et les interventions mises en place dans cette ultime lettre.
L’amélioration du quotidien

« La fin de l’année a été consacrée  à reformer les villageois sur l’importance d’améliorer les techniques agricoles telles que vacciner ses animaux pour prévenir les maladies, comment élever un cochon quand il est dans un enclos, ou bien pourquoi utiliser des produits naturels pour améliorer le sol de son potager ou prévenir les invasions de pucerons sur ses légumes. Ce sont des notions qui demandent du temps pour être comprises et mises en pratique car abstraites, anticipatives et nouvelles.

 

Nous avons eu un beau cadeau de Noël pour un village de 120 familles avec la mise en service du système d’adduction d’eau individualisé. Ce projet entrepris six mois en amont est arrivé à son terme juste avant les vacances de Noël et a permis à toute une communauté d’améliorer son quotidien et de se développer rapidement. Ainsi chaque famille a mis en place un superbe potager à côté de la maison, peut maintenant se laver avec de l’eau propre sans parcourir des grandes distances pour accéder à l’eau de la  rivière souvent sale et peut utiliser les toilettes construites avec facilité. […]

 

Nous avons aussi poursuivi l’amélioration de l’accès à l’eau […] dans nos quatorze villages et proposé à chaque famille d’avoir des toilettes si elles le désiraient. Enfin, un travail important de suivi pour les leaders des villages a été fait, nombreux sont ceux qui ont commencé à montrer l’exemple en ayant des toilettes et en les utilisant, en mettant les animaux en enclos, en ayant un potager à côté de la maison, en ayant une poubelle pour y jeter les déchets et en creusant un trou pour les brûler. Même si cela reste fragile et demande un suivi constant, la différence avec les villages avoisinants est visible.

 

 

Toutes ces améliorations ont été  récompensées il y a quelques semaines par les autorités du département de la santé qui ont déclaré cinq de nos villages cibles, village modèle au niveau de la santé. […] Il reste encore beaucoup à faire mais ces changements et distinctions encouragent à persévérer et poursuivre le travail commencé il y a déjà une année et demie. »

 

Une évolution des habitudes

 

« Le début d’année a été froid pour nous jusqu’à la mi-février, avec des nuits à 12°C. Nous en avons profité pour former nos communautés à la nutrition, les soins à apporter aux mamans et jeunes enfants, à parler planning familial et égalité des sexes. Ce sont des éducations villageoises qui sont données […] sur la place publique du village et des activités en lien avec l’éducation qui sont mises en pratique, comme par exemple les moyens de contraception existants ou encore le partage des tâches au sein de la famille avec la propreté de la maison et de ses alentours, qui n’incombe pas seulement aux femmes et aux filles. »

 

La gestion des projets

 

« Ces dernières semaines ont été aussi bien chargées car nous sommes déjà à la moitié du projet qui se terminera en juillet 2016. Moitié du projet veut dire évaluation pour voir si les objectifs fixés sont atteints. Ainsi, nous avons dû refaire notre enquête socio- économique pour pouvoir la comparer à celle réalisée en début de projet et la soumettre à nos donateurs. Nous avons aussi été évalués par nos partenaires locaux, les autorités, pendant plusieurs jours. Reste à attendre les conclusions. Se rajoute à cela une nouvelle activité d’éducation dirigée par Lydia qui prend enfin forme sur le terrain après des mois de préparation : la formation de villageois volontaires dans deux villages cibles. En plus de ce travail quotidien, une autre activité m’occupe bien en ce moment c’est la phase de transmission avec Thomas qui sera à partir du 1er mai le nouveau chef de projet. »

 

Beaucoup d’émotion

 

Durant ces six années passées au Laos, Nathanaël a vécu une expérience inoubliable. Il en gardera de nombreux souvenirs dont son plus beau Noël « passé à la ferme, au calme, avec la venue de mes collègues pour le réveillon. J’ai eu un très beau cadeau. En allant faire du vélo dans les villages, je suis tombé sur un petit groupe de personnes qui avaient des livres, ce qui est très rare dans nos villages. Quand ils s’approchent de moi, je remarque qu’il s’agit de la Parole. Nous avons pu échanger pendant un long moment  sur ce que nous vivons, […] et pleins d’autres sujets. Ce fut très encourageant pour moi de voir ces frères persévérer dans leur foi, malgré l’isolement. »

 

Par la suite Nathanaël a décidé de rentrer. « Décision qui n’a pas été facile à prendre car j’aime beaucoup être avec ces communautés qui m’apportent beaucoup, mais avec le recul je suis reconnaissant de l’avoir prise car j’ai besoin de repos. […] Je suis reconnaissant au Maître de m’avoir envoyé ici, de m’avoir équipé pour le servir pendant ces six belles années passées au Laos, pour ce qui a été semé, ce qui a déjà germé et ce qu’il fera encore germer. »