L’Armée du Salut fête ses 150 ans

 

« Si un frère ou une sœur n’ont pas de quoi se vêtir et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un de vous leur dise : « Allez en paix, tenez-vous au chaud et mangez à votre faim » sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela servirait-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas d’œuvres, elle est morte en elle-même. » Jacques 2,15-17

Dans son enseignement le maître pharisien Hillel posait ainsi la question de l’amour du prochain comme de soi-même : « Si tu ne prends pas soin de toi, qui le fera, mais si tu ne prends soin que de toi, qui es-tu ? Et si ce n’est maintenant, quand ? »

 

Catherine Booth & William Booth (Source : Wiki Commons)

« Le plus vite possible », répondit l’Armée du Salut, cette grande œuvre qui va fêter ses 150 ans ce dimanche 13 septembre 2015. Elle fut fondée en 1865 en Angleterre par un pasteur méthodiste et son épouse, William et Catherine Booth, qui, voyant la misère urbaine se développer en même temps que l’industrialisation, prirent conscience qu’ils ne pouvaient rester enfermés dans leur Eglise, mais qu’il fallait au contraire sortir, écouter et soulager les détresses des plus déshérités tout en leur redonnant dignité et espérance d’une vie meilleure. D’où les fameux trois S sur lesquels se fonde le travail des salutistes : Soupe – nourriture, Savon – dignité, Salut – vie spirituelle.

La force de cette vie spirituelle, quand on songe au rôle prépondérant de la musique dans la vie de l’Armée du Salut, c’est la joie : une joie profonde, éclatante, généreuse, la joie du service du prochain. Pas de foi sans œuvres de foi, nous dit Jacques, pas d’amour sans témoignages d’amour. Il en va de l’identité et de la cohérence chrétiennes.

Implantée en France depuis 1881, l’Armée du Salut s’est impliquée auprès des personnes en difficulté, créant notamment les « foyers du soldat » au cours de la première guerre mondiale. Elle s’est beaucoup développée entre les deux guerres en fondant de grandes institutions sociales, par exemple le Palais de la Femme à Paris. Elle a aujourd’hui élargi ses activités en direction de la jeunesse, avec des maisons d’enfants, des centres d’apprentissage, de prévention, d’aide aux handicapés …

Dans la droite lignée de la lutte contre toutes les formes d’exclusion, la Fondation de l’Armée du Salut en France accueille et accompagne également tout au long de l’année des milliers de migrants au sein de ses établissements, notamment aux centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) du Havre et de Belfort.

 

Fanfare de l'Armée du Salut, Source : Pixabay

Fanfare de l’Armée du Salut, Source : Pixabay

 

Avec beaucoup d’humilité nous pouvons nous inspirer de ces mots douloureux et courageux de William Booth :

« Tant que des femmes pleureront, je me battrai

Tant que des enfants auront faim et froid, je me battrai,

Tant qu’il y aura un alcoolique, je me battrai,

Tant qu’il y aura dans la rue une fille qui se vend, je me battrai,

Tant qu’il y aura des hommes en prison, et qui n’en sortent que pour y retourner, je me battrai,

Tant qu’il y aura un être humain privé de la lumière de Dieu, je me battrai,

Je me battrai,

Je me battrai,

Je me battrai. »

William Booth, 9 mai 1912

 




« Interpeller ceux qui pensent que la mission est terminée »

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

« Je me nomme Bijoux MAKUTA Likombe Moze, née le 28 juin 1976 à Mbandaka (RDC) dans la Mission protestante de Bolenge. Je suis neuvième d’une famille de onze enfants. Fille de pasteur, mariée à un fils de pasteur, j’ai trois enfants. Je suis pasteure ordonnée de la Communauté des Disciples du Christ au Congo, CDCC en sigle. Je travaille comme enseignante à l’Université Protestante au Congo dans le Département de Mission, Œcuménisme et Sciences des Religions. »

 

Bijoux Makuta

Bijoux Makuta

 

Pourquoi avez-vous postulé pour la bourse du Défap ? Quel lien entretenez-vous avec cette institution ?

 

« J’ai postulé pour la bourse du Défap pour pouvoir écrire ma thèse de doctorat dans un contexte multiculturel de la mission, pour tenir compte de la position des pasteurs occidentaux sur la mission en Afrique en ce qui concerne les peuples opprimés et les couches défavorisées de ladite société dont les femmes et les enfants.

L’impression que nous avons maintenant, c’est que pour l’Occident, la mission pour l’Afrique est terminée. Voyez-vous, lorsque vous lisez La mission de l’Église au XXIe siècle. Les nouveaux défis, Charols-France, Excelsis SARL, publié en 2010 sous la direction de Hannes Wiher, il est clairement dit que l’immigration ayant entrainé des masses de populations transculturelles en France, il y a lieu de voir la possibilité de faire la mission intérieure.

De plus, pour le cas de la France, il est dit que « Le protestantisme a souvent été considéré comme un élément étranger à la culture française. Dès le XVIe siècle, les protestants sont soupçonnés d’être sous l’influence allemande, suisse ou anglaise. » Aujourd’hui encore, pour beaucoup de Français, l’influence positive ou négative américaine et des Églises issues de l’immigration au sein du mouvement évangélique renforce l’impression d’une présence étrangère. Car, d’une certaine façon, être chrétien en France, c’est en quelque sorte être catholique (p. 41).

Le lien avec le Défap, c’est l’Université Protestante au Congo, c’est la mission. En effet, j’ai bénéficié de la recommandation de mon employeur l’UPC et de ma communauté, la CDCC, dont je suis à ce jour, pour cette dernière, par la grâce de Dieu, la première femme à atteindre le niveau de doctorat. »

Quelles études effectuez-vous ? Quelle a été votre formation jusqu’à présent ?

« Comme vous l’avez constaté, ma formation est essentiellement théologique. J’ai en poche, à ce jour, un Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en théologie de l’Université Protestante au Congo, la plus grande Université protestante de la République Démocratique du Congo, dont ma communauté, la CDCC, fait partie des cinq communautés co-fondatrices depuis sa création en 1959 par les missionnaires blancs, leur dernière œuvre commune avant l’autonomie de l’Église intervenue en 1960 suite ou conséquemment à l’indépendance politique du pays (La RDC).»

Bijoux Makuta

Bijoux Makuta

Parlez-nous un peu de votre sujet de doctorat. Pourquoi ce choix ?

 

« Ma thèse de doctorat porte sur « La mission évangélisatrice auprès des Pygmées. Expérience mystique et défis missiologiques en République Démocratique du Congo. »

Au pays, je travaille sous la direction de Professeur Robert N’KWIM Bibi-Bikan. En France, j’ai travaillé avec le Professeur Gilles VIDAL de l’Institut Protestant de Théologie, Vice-doyen (Histoire du christianisme à l’époque contemporaine) de la Faculté Libre de Théologie de Montpellier.
En effet, quel que soit le lieu de sa rédaction, la France ou la RDC, ce travail est rédigé dans le contexte congolais, selon les normes de rédaction des thèses doctorales et des Travaux de Fin d’Etudes de l’Université Protestante au Congo et de l’Université Catholique du Congo.

 

J’ai tenu à interpeller ceux qui pensent que la mission est terminée qu’il y a encore dans la fenêtre 10/40 un peuple de Dieu, à évangéliser, qui périt par manque de connaissance sur le vrai Dieu, le Dieu trinitaire qui donne le salut en Jésus-Christ, dont nous sommes tous, à des degrés différents, serviteurs et ambassadeurs. »

 

Quels sont vos objectifs pour les années à venir, notamment après votre doctorat ?

 

« Après mon doctorat, j’ai trois combats :

1. Chercher des fonds pour publier cette thèse sous forme de livre. La part des bénéfices de ventes du livre qui me revient me permettra, Dieu voulant, de réaliser les deux autres objectifs qui suivent ;

2. Faire de la mission évangélisatrice auprès des peuples opprimés et des couches défavorisées du monde un apostolat ;

3. Former les Pygmées à la théologie à un niveau universitaire en créant une sorte de structure d’encadrement rattachée à l’Université, ou au cas échéant, une ONG chargée essentiellement de la promotion des Pygmées. Pour cela, il faut des moyens, il faut chercher à trouver des partenaires financiers. »

 

Pour en savoir plus sur la thèse de Bijoux Makuta




L’Action Chrétienne en Orient : ne pas oublier les minorités

 

Rappel : l’ACO a été créée en 1922 par le pasteur Paul Berron. Témoin direct du génocide arménien au XXème siècle et du calvaire des survivants, il a vécu au Moyen-Orient entre 1915 et 1918.

L’ACO est un organisme missionnaire qui a pour souci principal la relation avec le Moyen-Orient et les communautés protestantes qui y sont présentes : Eglises protestantes du Liban, de Syrie, d’Iran mais aussi d’Egypte.

Depuis sa création, le poste de directeur de l’ACO est tenu par des pasteurs de l’UEPAL.

 

Pasteur Thomas Wild

Pasteur Thomas Wild

Quel est précisément votre rôle au sein de l’ACO ?

 

« Mon rôle est de suivre les projets avec les partenaires, projets surtout élaborés avec des Eglises locales.

Depuis 1995, l’ACO a évolué pour une partie de son travail sur le modèle de la Cevaa puisqu’avec les Églises protestantes d’Iran, d’Arménie, de Syrie et du Liban et nos partenaires européens, suisses et hollandais, nous formons une communauté où nous nous retrouvons tous autour d’une table pour soutenir des projets, et ensuite chacun cotise selon ses moyens. »

 

Comment et pourquoi avez-vous pris ces responsabilités ?

 

« Mon parcours de pasteur est marqué par la mission. J’ai été volontaire du Service National en 1975 au Gabon, au service de l’Eglise Evangélique du Gabon. Puis j’ai été pasteur en paroisse en Alsace.

J’ai eu un grand intérêt pour mon ministère gabonais car j’y ai fait beaucoup de découvertes en termes d’acculturation à la foi chrétienne. La rencontre entre Eglises d’Occident et d’ailleurs est nécessaire.

J’ai posé ma candidature pour être responsable du service missionnaire de l’UEPAL et je l’ai été pendant neuf ans. J’ai pu aller en Nouvelle-Calédonie, au Bénin…

 

La mission a continué à nourrir ma vie d’Eglise et de foi.

J’ai été en mission de nouveau en Alsace, à Saint-Thomas (Strasbourg centre), pendant douze ans. Là, le président de l’ACO m’a demandé si j’étais intéressé par ce poste.

Je suis heureux d’y être.
Je pensais que ce serait tranquille, mais c’était avant les printemps arabes ! Le Liban était un peu tendu mais le reste était calme. Maintenant, c’est paradoxalement le lieu le plus sûr de la région.

 

Je suis en relation avec des chrétiens qui vivent des choses difficiles. Le pasteur d’Alep – l’un de ceux avec lesquels nous travaillons – refuse de venir à nos réunions pour rester chez les siens. Je ne peux que tirer mon chapeau devant cette volonté de résister, même quand des bombes peuvent tomber à tout moment sur sa famille, et de maintenir la normalité de la vie dans un contexte où personne ne sait où l’on va. »

Êtes-vous en relation avec l’Œuvre d’Orient, organisme catholique qui vient en aide aux Chrétiens d’Orient ?

 

« Nous avons quelques contacts. Nous nous découvrons au fur et à mesure. C’est une machine beaucoup plus importante. Je connais et respecte beaucoup ce qu’ils font. Les catholiques belges font aussi un gros travail.

 

J’essaye surtout d’être connu dans l’ensemble du protestantisme franco-suisso-belge. Sur place, les collaborations œcuméniques sont beaucoup plus rares. En Orient, il y a à peu près toutes les familles d’Eglises. Au Liban, il y a dix-huit groupes religieux, dont onze groupes chrétiens, et les protestants ne forment qu’un seul groupe. La méthode de l’Empire ottoman a beaucoup marqué cette manière de penser : les groupes chrétiens étaient dans des ghettos.

 

L’identité religieuse est extrêmement importante en Orient. En France, il y a une grosse mécompréhension sur le rôle du religieux. En Orient, vous faites partie, de naissance, d’un groupe et vous n’en changez pas. Ça s’est transformé avec les printemps arabes et notamment quand les mouvements islamistes radicaux sont arrivés au pouvoir : pour eux les chrétiens sont tous « pareils ». Du coup, ils sont davantage solidaires. »

 

Quels sont les grands projets de l’ACO pour l’année à venir, ou ceux qui vous tiennent le plus à coeur ?

 

« Dans le rôle d’un organisme missionnaire traditionnel, nous avons répondu à une demande du Synode du Nil par l’envoi d’un professeur de français, un service civique, dans un lycée de prestige du Caire, le « New Ramses College ».

 

Un projet qui me tient beaucoup à cœur, c’est l’orphelinat Fowler : nous y envoyons des volontaires. Nous participons au « sauvetage » de jeunes filles qui souffrent du triple handicap d’être des filles, chrétiennes, abandonnées par leur famille, donc avec peu de chance dans la vie. Malgré cela, elles reconstruisent leur dignité.

Grâce à des camps de jeunes, des Alsaciens y vont, et des jeunes filles de l’institution viennent en France. Malgré toutes les barrières culturelles et sociales, de vraies relations d’amitié existent maintenant entre les résidentes de Fowler et nos jeunes.

Nous participons à un projet plus théologique avec CEOSS (Coptic Evangelical Organization for Social Services) : il s’agit de conférences sur une lecture respectueuse mais pas littérale des textes sacrés, une théologie respectueuse du texte tout en maintenant une analyse critique. Ce projet est lié à la relance d’un poste pastoral d’une petite paroisse francophone du Caire et d’Alexandrie, en collaboration avec la Suisse.

Avec le CEOSS, nous participons aussi à une formation sur la résolution non-violente des conflits. Il est important d’envoyer des gens et d’être présent dans un contexte où une partie de la population perçoit l’ouverture vers l’étranger comme cause de tout le mal. C’est un témoignage important.

 

Au Liban et en Syrie, il y a une problématique : des réfugiés/déplacés sont en train de peser sur les institutions. Les Eglises protestantes essayent de faire face avec des financements assez conséquents. Il existe un travail social important qui est fait auprès des réfugiés dans la banlieue de Beyrouth, une aide par les comités paroissiaux dans toute la Syrie, un travail médical, social et d’éducation à Alep. Il faut maintenir coûte que coûte le système éducatif : les Arméniens, notamment, en sont fiers. C’est la meilleure façon de combattre les conflits, en formant à la critique. C’est un travail soutenu par l’ACO.

 

Nous finançons aussi, à Homs, une maison de retraite : le fait que nous investissions de  nouveau dans cette ville a fait renaître l’espoir dans la population. »

Quelle est la nature de votre collaboration avec le Défap ?

 

« L’envoi de personnes est notre principal partenariat avec le Défap.

Je suis invité au conseil du Défap. Nous essayons de fonctionner dans la meilleure synergie possible. L’ACO est alsacienne par son histoire mais, à terme, nous voulons que la collaboration avec le Défap et la Fédération protestante de France se développe. Je travaille dans ce sens.

J’ai beaucoup voyagé en France pour donner un témoignage sur ce que nous faisons et comment vivent nos coreligionnaires dans ces pays.

 

Je voudrais insister sur la commémoration du génocide arménien cette année et toutes les questions qu’elle soulève, notamment : que fait l’Occident ?

L’ACO travaille pour qu’on se souvienne. Elle a le souci des minorités opprimées : c’est toute l’humanité qui se joue là. L’humanité de l’homme est perdue si on laisse l’oubli s’installer. C’est le devoir des chrétiens et des citoyens du monde de ne pas se résigner. »

A noter : le livre du fondateur de l’ACO, Paul Berron, « Souvenirs de jours sombres, le génocide arménien : un pasteur alsacien témoigne », a été republié chez L’Harmattan.

 




Des jeunes Kanaks à Paris

 

Pour ces bacheliers, c’est une totale découverte. Nombre d’entre eux n’avaient jamais quitté la Kanaky-Nouvelle Calédonie, d’où leur étonnement – teinté bien souvent d’un peu de timidité – devant la ville immense, ses immeubles, ses voitures, son bruit etc. Prendre le métro lorsque l’on n’est pas habitué, peut se révéler une véritable aventure.

Au Défap, nous avons oublié depuis longtemps que notre mode de vie citadin peut apparaître extrêmement étrange et ces jeunes, sans le vouloir, viennent nous en faire prendre conscience. Pour trouver notre Maison des missions, nous renseignons nos visiteurs en leur indiquant, entre autres, la présence de la gigantesque statue du lion de bronze de Bartholdi en plein centre de la place Denfert-Rochereau. Nos jeunes ABS n’ont pas vu ce lion… mais en revanche, ils ont identifié les arbres plantés un peu partout et grâce à eux, savent repérer notre boulevard. Autre culture, autre méthode, qui nous rappelle fort justement que nous ne détenons pas le monopole de la géographie !

 

Carte de Nouvelle-Calédonie, Source : Google Maps

Carte de Nouvelle-Calédonie, Source : Google Maps

Après bien des péripéties et de nombreux allers-retours des responsables du Défap à l’aéroport et dans les gares, les vingt-neuf ABS sont désormais arrivés à leur destination finale, où ils ont été chaleureusement accueillis. Les paroisses leur ont ouvert les bras et beaucoup d’anciens envoyés du Défap en Nouvelle Calédonie se sont rendus disponibles pour assurer leur réception et leur installation.

 

Cette année, ils sont éparpillés dans toute la France et non plus concentrés à Montpellier, Paris et Strasbourg. En effet, pour les universités, les ressortissants de l’outremer entrent désormais dans la catégorie « étudiants étrangers » et peuvent être affectés dans des villes plus petites comme Arras ou La Ciotat.

 

Tous les ABS sont également inscrits dans le programme Cadre avenir, un système spécifique qui permet à des bacheliers kanaks de faire des études supérieures pour avoir accès aux professions à statut cadre.

 

Mieux connaître le programme ABS




Frères humains, qui après nous vivez…

 

« Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis. » […]

 

Ces vers de François Villon, nous les portons tous dans notre cœur car ils commencent par une terrible interpellation, qui les place en dehors du temps et de l’événement et nous ramène à une seule condition : « frères humains… ». Ceux qui, par centaines de milliers désormais, frappent aux portes de l’Europe sont aussi nos « frères humains » et leur tragédie est la nôtre. Ce petit garçon noyé retrouvé sur une plage, dont la photo bouleversante fait aujourd’hui le tour du monde, nous interpelle et nous choque parce qu’il nous renvoie à notre propre humanité. Il nous dit que, quoique l’on s’en défende parfois, nous sommes les gardiens de nos frères. Ah Caïn, quelle leçon nous donnes-tu encore une fois ! Nous devons nous interroger : avons-nous correctement remplis notre rôle ? Ne serions-nous pas devenus indifférents ? « N’ayez les cœurs contre nous endurcis », nous dit Aylan, ce bambin syrien, à travers le terrible silence de sa mort. Nous devons l’entendre.

 

Photo migrants, source Flickr

Source : Flickr

Le Défap, à travers une « parole engagée » dont il fera le thème de son prochain forum, s’interroge sur la signification et la qualité de son engagement dans l’Évangile, qu’il concrétise par des actions interculturelles et interreligieuses, mais aussi par sa contribution à la réflexion collective. Aussi, nous relayons – voir plus bas – les communiqués de nos partenaires sur la question des migrants et invitons nos visiteurs internautes à la méditation.

 

Méditation

« Etrangers et voyageurs sur la terre »

Sans exils, sans exodes, sans voyages, sans déplacements et rencontres d’individus, de tribus, de peuples, sans traversées d’eaux dangereuses, sans pleurs et sanglots, sans peur et sans espérance, sans l’infime certitude d’un salut possible… il n’y aurait pas eu de Bible, il n’y aurait pas eu d’Abraham, il n’y aurait pas eu de Joseph, il n’y aurait pas eu d’enfants de Jacob réfugiés en Egypte, il n’y aurait pas eu de Moïse, il n’y aurait pas eu cette histoire d’Israël qui nous a finalement donné Jésus le Christ !

En tant qu’enfants de la Bible nous avons donc un lien spécial, profond, indestructible, avec le migrant, quel qu’il soit ! Nous avons une fraternité souterraine avec les partants, les arrivants, les déplacés ! Fraternité humaine tout simplement, universelle ! Mais au-delà, divine fraternité !

Sans doute ne sommes-nous pas capables de vivre quotidiennement au diapason de cette réalité spirituelle, ni d’endosser les exigences qu’elle comporte. Et si nous pouvons porter nos frères et sœurs dans la prière nous ne pouvons transformer véritablement leur sort immédiat, nous nous montrons si peu aptes à les porter dans leurs difficultés, leurs souffrances !

Mais déjà il nous est demandé de pleurer avec ceux qui pleurent, comme d’être dans la joie avec ceux qui sont dans la joie. Il nous est demandé de conjuguer, même dans le désordre, les gestes de la petite bonté. Il nous est encore demandé, quand nous en avons les talents,  d’organiser avec d’autres les grands secours, et de réfléchir avec d’autres pour apporter des réponses à plus long terme.

Mais quoi que nous fassions, n’oublions jamais qu’une foule n’est pas seulement une foule – mais un ensemble de visages, de noms, d’histoires singulières. Et quand l’ l’Histoire les transforme en destins tragiques, il nous incombe de ne pas nous détourner, et, quand la tentation s’exprime, dans notre société, de l’indifférence ou du rejet, il nous faut simplement rappeler que « ces étrangers et errants sur la terre et sur les mers », cela fut peut-être autrefois, cela aurait pu être aujourd’hui, cela pourrait être un jour, nous-mêmes, ou nos enfants, ou les enfants de nos enfants…

Car nous sommes étrangers et voyageurs sur la terre.

 

Partenaires : communiqués & prières

 

Interview d’Adrien SEKALI, coordinateur FEP pour l’accueil des réfugiés d’Irak et de Syrie

 

« Seigneur, notre Dieu et notre père, Des visages inconnus, des hommes, de femmes, Des vieux, des jeunes, des enfants reprennent les chemins de l’exil, de la déportation et de l’arrachement… » (Lire la suite de la prière rédigéé à l’occasion de l’assemblée générale de la réunion des Eglises francophones)

« Les migrants aussi méritent un accueil digne » (Armée du Salut)

« Accueil de réfugiés : l’exemple d’une communauté en Allemagne » (Regards Protestants)

Site de la Churches’ Commission for Migrants in Europe

 




Assemblée Générale de la Ceeefe : un bilan positif

 

Quel a été votre ressenti sur le déroulement de l’AG ?

« C’était une bonne assemblée générale, pour une première raison : presque tout le monde était là. Les vingt-huit communautés avec lesquelles la Ceeefe est en lien étaient représentées par une ou plusieurs personnes, sauf une ou deux à cause de problèmes de visa.

 

Les gens éprouvent de l’intérêt pour ce genre de choses aussi parce qu’ils se retrouvent. Ce n’est pas qu’une question de sujet abordé, mais aussi un moment où elles peuvent raconter ce qui s’est passée dans leur communauté. C’est un moment de fraternité, d’échange, de convivialité.

 

Un autre critère qui montre que l’AG s’est bien passée et qui semble intéressant : les anciens étaient remplacés par des nouveaux, des jeunes. Il y a un renouvellement des délégués. »

 

AG Ceeefe ©

Assemblée générale de la Ceeefe, août 2015 ©

 

Quels étaient les principaux thèmes et objectif de cette AG ?

 

« Le principal objectif de l’AG, c’est la rencontre et la vie des communautés locales, de savoir ce qu’il s’est passé dans l’année. Il y avait des choses positives et d’autres négatives, notamment des moments de crises.

 

Un invité était présent à l’AG : le président de l’EPUdF, Laurent Schlumberger, qui a abordé le thème de « Imaginons un christianisme post-confessionnel », au-delà des étiquettes.

 

Un autre thème a été abordé par moi-même : celui de la crise.

 

Le thème des migrants a aussi été discuté avec la réalisation que les Eglises présentes ont été constituées par des migrants, notamment des personnes chassées de France au XVIIème siècle.

Au Maroc également, il y a une vague de migrants, et les Eglises sont des lieux d’accueil.

C’était un thème imprévu mais que l’actualité a un peu imposé. Il n’était pas prémédité. C’était une réaction à chaud sur l’actualité. »

 

Assemblée générale de la Ceeefe, août 2015 ©

Assemblée générale de la Ceeefe, août 2015 ©

 

Quelle(s) conslusion(s) tirez-vous de cette AG ?

 

« Il n’y a pas eu de grande décision ou conclusion, mais une idée plus concrète. Il y a un projet que nous souhaitons voir aboutir : la finition du temple de Djibouti. Nous avons redit notre souhait de le voir abouti. Il faut maintenant trouver des financements pour achever ce projet. Il y a eu un consensus sur la nécessité d’arriver à cet objectif et l’idée que cela représente un enjeu considérable de pouvoir établir un lieu de culte dans un pays musulman comme Djibouti. »

Dans son message lors de l’AG, Bernard Antérion insiste sur la notion de « crise », notamment avec les événements qui ont eu lieu à Paris début 2015. Il nous dit :

« La crise est toujours un moment difficile, parfois tragique, qui, avec un avant et un après, peut permettre de réfléchir, d’agir, afin de modifier nos pensées, nos comportements, nos visions du monde, notre regard sur les religions et sur le christianisme ici ou là menacé ; ce temps critique permet aussi de modifier encore nos actions et nos projets dans nos Eglises, dans nos manières d’être en relation avec les autres. Sujets de rêve possible, et de crise tout aussi possible, voilà notre condition dans la réalité quotidienne d’un monde globalisé où soudain nous pouvons être concernés, comme témoins, acteurs, sujets d’un changement toujours inattendu. »

 

Assemblée générale de la Ceeefe, août 2015 ©

Assemblée générale de la Ceeefe, août 2015 ©

 

Il conclut par un message d’espoir et de fraternité :

« Nous le savons bien, ce sont nos échanges, nos relations, nos interpellations au cours de ces deux jours qui sont décisives pour nos Eglises et nos engagements. Nous y puisons énergie, réconfort, réflexion. Ce sont ces temps particuliers que nous pouvons répercuter dans nos diverses communautés, dans nos villes et nos lieux qui peuvent faire rêver et qui sont à la croisée des crises du monde et au centre de nos temps de crises ecclésiales et personnelles. Nous sommes appelés à une fraternité renouvelée et reçue comme une grâce comme un don de Dieu pour nous. Comme aime à le dire Claire Sixt-Gateuille, nos communautés sont appelées, dans leur vie, à « honorer le passé, naviguer à travers les changements au présent et construire l’avenir ». J’aimerais avec vous retenir pour notre service ces trois verbes : honorer, naviguer et construire ! »

 

Lire le communiqué de presse de l’AG de la Ceeefe

Lire la prière à l’intention des Eglises locales de la Ceeefe

 




Prier pour la Paix en Palestine et Israël

 

Les Eglises membres et organisations partenaires du COE, ainsi que toutes celles et ceux qui partagent l’espoir de la justice, sont invités à prendre, ensemble, des mesures pacifiques, en vue d’apporter un témoignage public international commun.

 

Participation à l’événement

 

Pendant cette semaine particulière, le but est que les Eglises participantes, provenant du monde entier, envoient un signal clair aux décideurs politiques, aux milieux concernés mais aussi à leurs propres paroissiens en faveur d’un accord de paix nécessaire assurant les droits et l’avenir des deux peuples.

 

Les participants organisent leurs activités autour de trois éléments :

 

  • Prier avec les Églises vivant sous l’occupation, en adoptant la « Prière spéciale de Jérusalem – 2015 »
  • Informer sur les actions qui contribuent à la paix et celles qui l’entravent sur le terrain, en particulier les colonies en territoires occupés.
  • Interpeller les responsables politiques en préconisant des stratégies œcuméniques pour la promotion de la paix dans la justice.

 

Rameau olivier, source : Pixabay

Source : Pixabay

 

Pourquoi cette semaine ?

 

L’objet de cet événement est d’appeler à la justice pour les Palestiniens, afin que les deux peuples, Israéliens et Palestiniens, puissent vivre en paix.
Cela fait 66 ans que l’Etat d’Israël a été fondé. Cependant, un Etat palestinien indépendant n’a pas été créé à la suite. De surcroît, Jérusalem-Est, la Cisjordanie et Gaza sont des territoires occupés depuis plus de quarante ans.

 

« Pourtant, le rêve d’une nation ne saurait se réaliser aux dépens d’une autre.

  • Il est temps pour les Palestiniens et les Israéliens de partager une paix juste.
  • Il est temps que la liberté succède à l’occupation.
  • Il est temps pour l’égalité des droits.
  • Il est temps que commence la guérison des âmes blessées. »

 

La semaine 2015

 

Le thème de la semaine est « Dieu a abattu les murs de séparation » (Ephésiens, 2, 14) avec un hashtag* dédié « #WallWillFall » à propager sur la toile.
Le but de cette semaine de prière est d’œuvrer pour la fin de l’occupation illégale de la Palestine.
Cette année, elle se concentre sur le Mur de Séparation. La Cour Internationale de Justice a établi il y a plus de dix ans que cette construction allait à l’encontre du droit international. Pourtant le Mur existe toujours, et sépare parfois les Palestiniens entre eux.

 

« Le message de notre semaine d’action est que le moment est venu pour les Palestiniens et les Israéliens de partager une paix juste. Il est temps de se libérer de l’occupation ; il est temps d’établir l’égalité des droits ; et il est temps de guérir les âmes blessées. »

* hashtag ou mot dièse est un outil de référencement utilisé sur les réseaux sociaux

 

Message de la Semaine mondiale de la Paix en Palestine et Israël

Pour en savoir plus sur le mur et sur la Semaine

Pour télécharger le texte de la liturgie du 20 septembre

 




Congo : l’impasse de la Constitution

 

N’est-il pas étrange ce pays où tout le monde – ou presque – s’attend désormais à ce que le président de la république se présente pour un troisième mandat, alors que la Constitution – sur laquelle tout le monde s’était accordé lors de son adoption – le lui interdit formellement ?

Au Congo Brazzaville, dans la sphère politique comme dans les médias, une idée fait son chemin : Denis Sassou Nguesso présentera sa candidature à sa propre succession en 2016. De nombreux hommes politiques s’insurgent pourtant contre ce projet – si c’en est vraiment un – y compris à l’intérieur du parti présidentiel, le Parti congolais du travail (PCT).

 

Denis Sassou Nguesso

Denis Sassou Nguesso (Source : Wikimedia Commons)

 

Des articles « intouchables »

Le fonds du problème se trouve précisément dans la Constitution elle-même. Ses auteurs ont voulu garantir le Congo contre toute mainmise personnelle sur les institutions, et en particulier sur la présidence de la république. Au sortir de la guerre civile, l’exigence de démocratie était telle que des verrous ont été placés dans la loi fondamentale pour écarter du pouvoir nombre d’ambitieux ou pour éviter, comme au Gabon voisin, que quiconque s’attarde au sommet de l’État plus que de raison.

L’article 57 qui limite à deux le nombre des mandats présidentiels qu’il est possible d’exercer successivement ; et l’article 58 qui déclare forclos tout candidat âgé de plus de 70 ans, ne sont pas susceptibles d’être réformés, comme le précise clairement l’article 185 : « La forme républicaine, le caractère laïc de l’État, le nombre de mandats du Président de la République ainsi que les droits énoncés aux titres I [De l’État et de la souveraineté, ndla] et II [Des droits et des libertés fondamentaux, ndla] ne peuvent faire l’objet de révision. » Un éventuel référendum portant sur une modification constitutionnelle des articles 57 ou 58 est donc tout bonnement impossible… selon la constitution elle-même.

 

Une nouvelle république ?

Il est donc inutile, comme certains opposants le font, de crier à l’abolition de la république : Denis Sassou Nguesso veut bien plutôt mettre en place une nouvelle république en faisant accepter aux Congolais une nouvelle constitution.

La manœuvre est habile et elle a déjà fait ses preuves dans d’autres pays : même si cette nouvelle Loi fondamentale prévoit, comme celle actuellement en vigueur, que le nombre des mandats successifs est limité à deux, et que l’article les concernant n’est pas réformable, le président sortant pourra se représenter puisqu’il s’agira d’une nouvelle république, ce qui remet « les compteurs à zéro ». Les mandats déjà effectués ne seront pas comptabilisés et Sassou Nguesso pourra s’installer pour un nouveau – voire même deux – septennat.

 

S’opposer à cette manigance est loin d’être facile. Les opposants en appellent à l’Union africaine, à la Charte africaine mais également à la communauté internationale. Mais pour le moment, les pressions restent de pure forme et seul le président de la république est le maître du jeu.

 

Rappelons que le Défap est présent et actif au Congo. Deux envoyés de la nouvelle session ont été recrutés pour venir en aide à trois hôpitaux durant dix mois : travail avec les personnes souffrant du VIH-SIDA, information sur la nutrition infantile et sur l’hygiène hospitalière, appui à la santé communautaire.

 




Le Défap présent à l’Assemblée générale de la Ceeefe

 

La Ceeefe réunit 35 Églises protestantes présentes dans 16 pays. Cette organisation témoigne des liens qui se créent entre communautés protestantes, malgré l’éloignement géographique.

Chaque année, la Ceeefe organise son Assemblée générale à Versailles à la fin du mois d’août. Le Défap y assiste en tant que partenaire.

 

Ceeefe

Source : site de la Ceeefe

 

Les deux organismes ont des projets en commun, telle que la rénovation du temple de l’Eglise protestante évangélique de Djibouti (lire : Chantier de Djibouti et Le chantier en 2015).

Ces deux institutions viennent également en aide à d’autres Eglises à l’étranger, comme celle du Liban (lire : Liban, un enjeu important pour l’Eglise protestante) ou encore celle de La Réunion (lire : La Réunion, promouvoir la vie protestante).

 

Elles soutiennent également toutes deux l’Institut Al-Mowafaqa (lire : Formation à l’islamologie).

 




Honneurs terrestres pour représentants spirituels

 

En décembre 2013, un grand quotidien français les avait surnommés « les trois saints de Bangui » : ce sont le pasteur protestant Nicolas Guerekoyame-Gbangou, 55 ans, président de l’Alliance des évangélistes en Centrafrique ; Mgr Dieudonné Nzapalainga, 46 ans, archevêque de Bangui et chef de l’Église catholique ; et l’imam Omar Kobine Layama, 53 ans, président de la Conférence islamique.

 

Le 19 août de chaque année, le Système des Nations Unies célèbre la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Ici photo de 2013 (Source : MINUSCA).

 

En clôture de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le 19 août dernier, ils se sont vus décerner, au siège des Nations unies à Genève, le Prix Sergio Vieira de Mello 2015, pour leurs efforts accomplis dans le processus de réconciliation en Centrafrique.

Cofondateurs de Interfaith Peace Platform, plateforme interreligieuse, ils travaillent à favoriser le dialogue entre les trois religions les plus largement représentées dans le pays, et encouragent toutes les mesures préventives à la violence interconfessionnelle, élément marquant dans la guerre civile qui endeuille le pays depuis maintenant trois ans.

 

Le prix Sergio Vieira de Mello est remis tous les deux ans à une personne, un groupe ou une organisation ayant œuvré à la réconciliation de parties en conflit, perpétuant ainsi le souvenir et l’idéal de Sergio Vieira de Mello, représentant du Secrétaire général des Nations unies, mort à Bagdad (Irak), le 19 août 2003 dans une attaque à la voiture piégée.

 




Attentat au Caire : des blessés mais pas de mort

 

Une voiture piégée a explosé devant un commissariat de la sécurité d’État. Cette attaque a été revendiquée  par un groupe djihadiste affilié à l’État islamique se faisant appeler « Province du Sinaï ».

Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2014, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi s’est employé à éliminer toute opposition de la scène politique, et en particulier les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi. La répression a été particulièrement sanglante dans le Sinaï. De ce fait, il est désormais confronté à de nombreuses attaques à caractère terroriste, qui portent un grave préjudice au tourisme, l’une des principales ressources de l’Égypte.

 

Carte d’Egypte, pointeur rouge : Le Caire (Source : Google Maps)

La loi antiterroriste votée mi-août, avec effet immédiat, punit la presse et toute expression publique, y compris sur les réseaux sociaux, qui viendraient contredire le discours officiel en matière de terrorisme. Elle renforce les mesures répressives engagées contre la confrérie des Frères musulmans, classée organisation terroriste depuis décembre 2013, et tous les groupes radicaux actuellement en cours de formation notamment au Caire, dans le Sinaï et dans le delta du Nil. Elle garantit l’impunité aux policiers qui feraient usage de la force dans le cadre de son application.

Les organisations internationales de défense des droits de l’homme estiment que le régime d’al-Sissi est plus répressif que celui de l’ancien président déchu Hosni Moubarak.

Le Défap a plusieurs envoyés en Égypte, mais tous sont actuellement en vacances en France.

 




Assises chrétiennes de l’écologie

 

Christian Krieger, vice-président de la Fédération protestante de France (FPF), y interviendra dans une conférence qui a pour thème : « La crise écologique : comment mobiliser les religions ? ».

Une question de toute première importance, y compris pour le Défap, qui a d’ailleurs rappelé dans son programme 2015-2018 que les questions liées à l’environnement sont partie intégrante des convictions d’aujourd’hui pour la mission.

En effet, d’une part les pays du Sud dans lesquels le Défap intervient sont souvent soumis à des problèmes de développement durable liés à la dégradation de l’environnement ou du climat, d’autre part les Églises se mobilisent également en France pour tenter d’influencer nos mentalités à tous sur des questions quotidiennes qui vont du tri sélectif au recyclage ou à la lutte contre le gaspillage.

 

 

Logo des Assises Chrétiennes de l’Ecologie (D.R.)

 

Par ailleurs, la FPF a édité un livret intitulé Les changements climatiques, signé par Martin Kopp, Otto Schäfer, Claire Sixt-Gateuille, Jacques Varet et Vincent Wahl, qui propose une réflexion éthique et théologique sur ce sujet.

A quelques mois de la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, il est important de rappeler que les enjeux sont de taille planétaire et que les protestants, même s’ils sont ultra-minoritaires dans le monde, participent au même titre que toutes les autres religions ou courants de pensée, à la mobilisation générale en faveur de l’environnement.

Pour en savoir plus : le site internet des Assises Chrétiennes de l’Ecologie