Marie-Alix de Putter : « Un jour nous saurons »

Cette tribune de Marie-Alix de Putter, veuve d’Éric de Putter, a été publiée dans l’hebdomadaire Réforme pour le cinquième anniversaire de sa mort, le 5 juillet 2017.

Éric de Putter © Défap

Il y a cinq ans, le théologien Éric de Putter était poignardé à mort sur le campus de l’UPAC, à Yaoundé (Cameroun). La vérité n’a pas été faite et les meurtriers courent toujours.

Heureux toi qui ne peux te contenter de la justice des hommes ; tu découvriras ce que tu ne peux pas même soupçonner », écrivait Éric de Putter en 2010 dans une relecture assumée des Béatitudes. Cinq ans après son assassinat, le 8 juillet 2012 sur le campus de l’UPAC à Yaoundé (Cameroun), alors que meurtriers et commanditaires courent toujours, et que la justice des hommes au Cameroun comme en France est au point mort, ses mots ont en moi une résonance particulière.

Chaque jour depuis cinq ans, je revois cet homme profondément bon, passionnément non-violent et d’une intégrité absolue. Les adjectifs sont d’ailleurs toujours insuffisants lorsqu’il s’agit pour moi de le définir. Alors pourquoi une mort aussi violente ? L’avenir nous le dira. Dans un futur proche ou lointain, nous saurons. C’est une promesse, un engagement.

Justice pour Éric

D’ici là, ma certitude, c’est qu’en l’assassinant lâchement, les meurtriers et les commanditaires ont voulu tuer la personne extraordinaire qu’il était. Ils ont voulu tuer l’amoureux de liberté et l’épris de justice. Ils espéraient semer la peur, le chaos et le désarroi. Et pourtant, Éric est bien vivant dans les cœurs de tous ceux qui l’aiment. L’amour est immortel. Avec ses mille visages, il ne meurt jamais. Il se transforme, se transmet et se démultiplie.

Ainsi, plus de deux mille personnes se sont engagées pour réclamer justice pour lui, pour tous. En signant et en partageant une pétition appelant à faire la lumière sur les circonstances de la mort d’Éric et que justice soit rendue, il s’agissait non seulement de demander justice pour Éric, pour sa fille, pour sa veuve que je suis, pour sa famille mais aussi ses étudiants, ses amis, ses collaborateurs et bien au-delà. En effet, là où la justice fait défaut à un, elle fait défaut à tous. Ces milliers de signatures m’ont émue et encouragée dans la persévérance. Nous ne sommes pas seuls.

Cet encouragement se traduit aussi dans le soutien à l’association Semeurs de Liberté, créée en sa mémoire, et qui remet chaque année le Prix Éric de Putter au sein de la faculté de théologie de Strasbourg. D’une valeur de 2 000 euros, il est destiné à récompenser, en participant aux frais de publication, une thèse de doctorat spécialité « théologie protestante » ou « sciences religieuses », mais également un master mention « théologie protestante » de grande qualité et à caractère interdisciplinaire ou pluridisciplinaire.

À notre demande, une plaque a également été inaugurée dans les jardins du Défap, cette maison porteuse d’histoire et de mémoire.

Exigence et détermination

Si les institutions ecclésiales n’ont toujours pas su se montrer à la hauteur d’attentes légitimes, des hommes et des femmes, qui n’étaient pas préparés à un tel malheur, ont fait preuve, dans le secret de leur cœur, d’accueil, de simplicité, d’humilité et de compassion. D’une commune détermination, nous avons pu cheminer ensemble sur le long chemin de la justice. Ils se (re)connaissent et savent compter sur ma gratitude et mon respect.

Les hommes passent. Les institutions restent. Aussi, j’appelle les changements de gouvernance à ne pas être synonymes d’oubli, de détachement ou de lassitude. En tant que protestants, nous pouvons faire mieux. Nous le devons aux idéaux portés par la révélation de nos convictions et de notre foi commune. L’exigence et la détermination, c’est aussi cela l’Amour.

Depuis cinq ans, les personnes que je rencontre me demandent d’où me vient cette force, cette détermination qui m’accompagne et me porte. Outre l’évidente puissance de l’amour maternel, ma réponse, véritable profession de foi, reste invariable.

Plus fort que la mort

Lorsque la mort rôde, lorsque la colère aveugle, lorsque la tristesse enferme, lorsque les inégalités s’aggravent, lorsque la corruption et les injustices font loi, lorsque le racisme, le tribalisme, les préjugés, la violence, les conformismes et les hypocrisies semblent l’emporter, je persiste à affirmer que l’amour est plus fort que la haine, plus fort que la mort. L’amour nous permet d’accéder à ce que nous ne soupçonnons pas, ce que nous n’osons espérer. L’amour rend l’impossible possible.

Je crois en la puissance de la vie. C’est dans sa fragile beauté que je perçois sa profondeur et son authenticité. J’espère en la justice dont je connais les limites. Je sais devoir aller plus loin que ce qu’elle a à offrir.

Je crois que la fraternité fait vivre, fait revivre ; elle est vie. Les liens du sang ne sont ni plus forts ni plus sincères que les liens du cœur. Un Frère, une Sœur, c’est cette personne qui se tient à nos côtés, tantôt silencieuse, tantôt loquace, et toujours bienveillante, et nous dis : je suis là. Un présent infini qui ne se conjugue qu’à l’indicatif.

Foi sans conscience

Je redoute la foi sans conscience. Cette foi qui ne doute pas, qui rejette les questions et abandonne la raison. L’humilité de reconnaître que je doute laisse deviner en creux la réalité d’un authentique je crois.

Mes doutes sont autant d’ouvertures sur un chemin de liberté. Je crois qu’en dépit de ce que nous sommes et malgré ce que nous tardons à devenir, il y a en chacune, en chacun, une capacité d’émerveillement qui relie à la vie, à l’ultime. Je lui donne le nom d’espérance.

Cette espérance est vivifiée chaque jour par tous les signes d’affection reçus de tant de personnes !

Je n’aurais jamais assez de mots pour remercier toutes les mains tendues, tous les silences partagés, toutes les prières silencieuses et les messages fraternels reçus après le drame, ou après chaque article de Réforme. Certains paroissiens ont ainsi été les bras qui accueillent et qui réconfortent, les sourires vivants, les mots chaleureux, le regard bienveillant qui sauve. Ma gratitude pour eux, pour vous, n’a pas de limites.

Dans une conversation avec mon ami Marc-Frédéric Muller, alors que nous évoquions ensemble le pardon, je repensais à cette citation de Paul Ricœur, philosophe cher à Éric de Putter, qui dit qu’« entrer dans l’aire du pardon, c’est accepter de se mesurer à la possibilité toujours ouverte de l’impardonnable ».

L’impardonnable serait d’oublier. L’impardonnable serait de cesser d’aimer.

Marie-Alix de Putter, veuve d’Éric de Putter




Merci pour l’année écoulée ! / Confiance pour l’année à venir !

 

Merci pour l’année écoulée !

 

Mon âme, bénis l’Eternel !                

Que tout ce qui est en moi bénisse son saint Nom !     

Mon âme, bénis l’Eternel et n’oublie aucun de ses bienfaits !

Ps 103,1-2

 

Source : Thérèse Andrevon Gottstein  –
photo pour un futur projet de l’Institut Interreligieux Elijah Jérusalem http://elijah-interfaith.org

 

Seigneur,

Je regarde en arrière vers les années passées.

Je n’ai pu planifier ma vie, car j’étais incapable de la prévoir. Mais je devine la main qui me conduit.

Je m’émerveille du plan selon lequel tu as conduit ma vie, les courbes et les lignes droites de mon destin.

Tu m’as guidé et je discerne, après coup, que ce fut ta main.

Mes vœux furent nombreux à ne pas être exaucés et à présent je vois … cela était bon.

Je regarde en arrière et je te rends grâce.

Jörg Zink

 

Confiance pour l’année à venir !

 

Car auprès de toi est la source de la vie;
Par ta lumière nous voyons la lumière.

Ps 36,10

 

illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

   

Seigneur,

Tu m’offres cette nouvelle année  comme un vitrail à rassembler avec les 365 morceaux de toutes les couleurs qui représentent les jours de ma vie.

J’y mettrai le rouge de mon amour et de mon enthousiasme, le mauve de mes peines et de mes deuils, le vert de mes espoirs et le rose de mes rêves, le bleu ou le gris de mes engagements et de mes luttes, le jaune et l’or de mes moissons…

Je réserverai le blanc pour les jours ordinaires et le noir où tu sembles absent.

Je cimenterai tout par la prière de ma foi et par ma confiance sereine en toi.

Seigneur je te demande simplement d’illuminer de l’intérieur ce vitrail de ma vie, par la lumière de ta présence et par le feu de ton esprit de vie.

Ainsi par transparence, ceux que je rencontrerai cette année y découvriront peut- être le visage de ton Fils bien-aimé Jésus-Christ notre Seigneur.

G. Lecleir

Tous nos vœux de joie et de paix pour l’année 2016 !

 




Le courage d’espérer

 

Pour joindre le geste à la parole, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, se rend à Bangui entre le 23 et le 26 décembre pour les célébrations de Noël.

 

« Quel était donc le vrai courage du pape François ? Venir à Bangui en pleine période de troubles intercommunautaires ? Même si d’aucuns, pour n’avoir pas à le protéger, ont beaucoup insisté sur les risques qu’il courait, il semblerait bien que nul n’ait eu l’intention de s’attaquer à lui. Les Casques bleus des Nations unies, appuyés par la force française Sangaris, lui ont assuré un rempart efficace. Le danger principal était-il de se rendre à ma mosquée centrale ? Les militaires postés sur les minarets ont permis que les musulmans du quartier PK 5 puissent enfin sortir de leur isolement contraint en toute sécurité. Était-ce dans le stade dit « des 20 000 places » ? Là, ce sont 2 500 scouts qui ont été mobilisés pour s’assurer que tout aille bien.

Non, son vrai courage a été d’espérer, de croire en l’homme centrafricain, en sa capacité à dépasser les haines d’aujourd’hui pour reconstruire une nation unie.

C’était un courage nécessaire tant il semble faiblir chez ceux-là même qui en faisaient preuve jusque-là. Depuis fin septembre, la population centrafricaine a le sentiment d’être livrée à elle-même. Les forces internationales, après avoir été débordées les 26 et 27 septembre dernier, lors des événements qui ont fait plus de soixante-dix morts, paraissent désormais se désintéresser des milices armées qui continuent à endeuiller villes et campagnes. Les instances politiques ne montrent guère davantage de volonté de sortir de la crise et les élections sont maintenant prévues pour la fin décembre. Quant aux chefs rebelles, ils paradent impunément au milieu des représentants officiels des Nations unies, déclarant leur opposition aux élections et leur souhait d’une nouvelle transition… dont ils tireraient de nouveaux profits, à n’en pas douter.

Le pape François a eu du courage pour redonner un peu d’espérance. Pour que des mots simples comme « nous sommes frères », « pardon », « vivre ensemble » et « aimer » soient à nouveau prononcés. Pour que les jeunes musulmans enfermés dans le « ghetto » du quartier PK 5 sortent pour la première fois depuis des semaines vêtus de t-shirts à l’effigie du pape et viennent rejoindre les chrétiens dans le stade, pour la célébration finale.

Du courage pour espérer. Il en faudra encore beaucoup et les Centrafricains devront s’inspirer du pape François pour résister.

Du courage pour reconstruire. Il en faudra au futur président de la république et à son gouvernement, mais il sait déjà que tous ceux qui ont préparé, accompagné, prié pour la visite du pape seront prêts à accompagner cette nouvelle étape dans la reconstruction du pays.

Du courage pour espérer, il en faudra pour convaincre les anciens amis de la Centrafrique de ne pas s’en détourner, une fois la paix revenue.

Mais si la paix est fragile, l’espérance est forte, comme celle que le pape François vient de montrer. Et elle est communicative. Pendant deux jours, les Centrafricains se sont dit les uns aux autres, toutes confessions confondues : « Oui, nous pouvons vivre ensemble ».

Jean-Arnold de Clermont
Président du Défap.
»

 

Retrouvez régulièrement sur notre site les dernières nouvelles de Centrafrique.




« L’Action Commune » : qu’est-ce que c’est ?

 

Qu’est-ce que l’Action Commune ? Quel est son but ? Comment ce travail est-il réutilisé dans les paroisses de France ? Le pasteur Jean-Luc Blanc, du Défap, nous apporte des précisions à ce sujet.

 




ABS un jour, ABS toujours

 

De Sarraméa à Bordeaux

 

Jonathan Tholo est originaire de Nouvelle-Calédonie, et plus précisément de son île principale La Grande Terre. Il a grandi dans les montagnes, au village de Sarraméa, au nord-ouest de Nouméa.
Arrivé il y a cinq ans, ce jeune Kanak a fait le voyage jusqu’à la métropole pour suivre des études supérieures.

Il termine désormais son Master 2 et prépare les concours de la fonction publique, catégorie A et A+.

 

Remise de diplôme (au centre, Jonathan), DR

 

Son périple l’a amené dans plusieurs villes de France : il débute son DUT en gestion des entreprises, spécialité Ressources Humaines, à Bourges, où il passe deux ans. Avec cette formation, attiré par le droit, il décide de demander son équivalence pour entrer en troisième année de droit à Tours. Il y obtient une maîtrise en droit public.

Sa soif d’apprendre ne s’arrête pas là. Apprenant que l’université de Bordeaux propose un des meilleurs masters en droit international de métropole, il s’y installe et obtient son diplôme de M2 en septembre 2015.

 

Hasard d’un chemin de vie peu commun, la directrice de ce master est l’un de ses anciens professeurs de Nouvelle-Calédonie, rencontrée lors d’un semestre de droit. C’était l’époque où il se lançait dans les démarches pour intégrer le programme ABS (NB : le calendrier étant différent entre Nouvelle-Calédonie et métropole, il avait six mois de battement entre l’obtention de son bac et le début du DUT).

ABS, une seconde famille

 

Dès le départ, Jonathan savait qu’il ne quitterait jamais son île. Se former ailleurs oui, mais pour mieux revenir et participer à l’émancipation de la Calédonie.

Une rencontre va être déterminante, celle avec Lucette Poigoune, décédée il y a deux ans et autrefois responsable du programme ABS. Elle l’a aidé à avancer dans ses démarches et à consolider son projet. Sans elle, il n’aurait peut-être pas osé se lancer dans l’aventure.

 

Les ABS au Sénat, automne 2015 (DR)

Les ABS au Sénat, automne 2015 (DR)

 

L’ « Après-Bac-Service », c’est la première étape de ce parcours hors norme.

 

Pour lui, ABS, « c’est avant tout une famille » : un groupe d’étudiants, des responsables en France, au Défap, et à Nouméa. « On a créé des liens, c’était une aventure : la préparation, l’organisation du départ, la formation, l’accueil, les rencontres etc. »

Ce sont des petits groupes soudés, dont la cohésion a grandi tout au long du parcours, et ce pour le bien de chacun.

Les rencontres ABS, deux par an, sont un moment important qui permet de se remonter le moral et de se motiver, quand l’éloignement d’avec la famille se fait trop sentir, ou que les températures chutent beaucoup…

 

ABS, c’est aussi un suivi pédagogique, qui permet à de jeunes Calédoniens de ne pas se perdre dans les démarches administratives.

« Pascale* et Elisabeth** m’ont apporté une aide vitale, car il y a toujours des petites barrières qui nous bloquent », dit Jonathan. « Le Défap a été d’une très grande aide, et Pascale fait un travail formidable ».

Jonathan répète à plusieurs reprises ce mot, « famille ». Cela fait trois ou quatre ans qu’il n’est plus dans le programme, mais il entretient toujours des liens avec les anciennes promotions. Et avec les nouvelles. Depuis sa maîtrise, son projet professionnel étant plus clair et bien cadré, il fait partie du programme « Cadres Avenir »***.

 

Les ABS au Louvre, DR

Les ABS au Louvre, DR

 

Il propose désormais son aide à Pascale pour organiser les rencontres et aider les jeunes : il est lui-même passé par là et veut apporter son expérience aux nouveaux, et faire passer des messages qui sont pour lui importants. Il n’a d’ailleurs manqué aucun rendez-vous depuis deux ans.

Il est également engagé au sein de la Fédération nationale des étudiants calédoniens, qui lance plusieurs chantiers au niveau national pour la jeunesse calédonienne en métropole.

* Pascale Audo, en charge du suivi des étudiants ABS au Défap
** Elisabeth Marchand, autrefois en charge des envoyés et du programme ABS au Défap
*** « Le Programme Cadres Avenir accompagne pédagogiquement des personnes qui, disposant d’une expérience professionnelle de plusieurs années, ont pour objectif de parvenir à un poste de cadre moyen ou supérieur nécessaire au développement économique de la Nouvelle-Calédonie et souhaitent reprendre un cursus d’études supérieures en métropole. »

Prochaine rencontre

 

Jonathan est en train de préparer la prochaine rencontre ABS avec le Défap, qui aura lieu fin février 2016 à Évian. Au programme : sortie ski et – c’est l’une de ses idées – une visite des institutions à Genève, ville qu’il connaît bien. Un programme à la fois ludique et pédagogique.

 

Une dette de cœur…

 

Jonathan insiste : dans sa culture, le respect et la reconnaissance sont primordiaux.
Il en parle toujours aux nouvelles promotions : il comprend pourquoi les politiques ont décidé de lancer le programme ABS et celui de Cadres Avenir.

 

« Je sors d’une tribu du fin fond de la montagne. Jamais mes parents n’auraient pu financer mes études en métropole. Pour nous, c’était impensable : cette vie-là, c’est pour les autres ! ABS et Cadres Avenir m’ont donné la possibilité de réaliser mes rêves. Je ne serai jamais assez reconnaissant, car ce programme a changé ma vie. Après le collège, je me suis lancé dans un BEP secrétariat, dans un lycée professionnel. Ensuite, j’ai eu mon bac général. Alors, passer d’un BEP à la préparation du concours de l’ENA, un concours pour les hautes fonctions publiques en métropole, ça paraît vraiment improbable. »

…et des obligations qui n’en sont pas vraiment

 

Avec le programme Cadres Avenir, Jonathan « doit » huit ans à la Nouvelle- Calédonie.

Pour lui, ce n’est pas véritablement une obligation : son objectif a toujours été de retourner travailler « pour le pays ». Avant cela, il lui faudra accomplir quelques années en administration centrale, mais cela ne lui pose aucun problème.

Tout cela dépendra également de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie : réclamera-t-elle son indépendance ?

 

Pour le moment, il suit son chemin, comme tout métropolitain le ferait.

Une fois les compétences nécessaires acquises, il retournera là-bas, « au pays ». Parce que la base de son engagement, c’est de partager ce qu’il a reçu avec les siens.

 




Les couleurs des fleurs et de la misère

 

Vue sur Antananarivo, DR

 

Comme Antananativo est belle au soleil couchant ! Maisonnettes colorées, arbres en fleurs – ah, les jacarandas autour du Lac Anous… – on a l’impression que les douze collines de terre rouge se parlent et se répondent par les escaliers et les ruelles en dédale. Dominée par le palais de la reine, symbole de la nation malgache, la capitale de la Grande Île s’étend, au cœur du pays, sur les flancs d’une arête rocheuse qui culmine à plus de 1 400 mètres. Au-delà de la cité, les rizières offrent leur vert tendre à perte de vue.

 

Cette beauté un peu magique ne résiste hélas pas à la promenade détaillée. Au pas à pas, dans les rues ou à bord de bus surchargés, comment ne pas être pris à la gorge par la pauvreté sur les trottoirs défoncés de Tana ? Derrière les visages souriants, comment ne pas voir le règne sombre de la misère, celle qui fait disparaître des  enfants derrière la mendicité : noirâtres de saleté, ces gosses des rues,  pieds nus et en guenilles, sont si nombreux, couchés sur des cartons dans les tunnels enfumés par les voitures brinquebalantes. Des gosses qui mendient avec agressivité… De quoi d’autre que la violence, la rapine et l’ordure leur vie peut-elle être faite ? Un rat mort au pied d’un escalier, des venelles jonchées de détritus, c’est là tout leur univers, avec ces quelques bâtiments en construction au centre d’Antananarivo, maigre abri nocturne pour quelques-uns, les autres dorment sur les trottoirs. L’indigence, c’est la loi du plus fort…

 

Il ne faut certes pas enfermer Madagascar dans cette misère qui crie aux yeux du monde, résister aux statistiques récentes qui placent la Grande Île parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète. Des hommes et des femmes y vivent également décemment, sans doute mieux en province qu’à la capitale. Bien sûr, ils sont toujours à la merci de l’accident, de la maladie ou du chômage, car de système de protection sociale il n’y a pas pour le Malgache moyen. Il n’y a pas de filet pour celui qui tombe, sauf à utiliser la solidarité familiale. Et je salue ici l’action des multiples Églises et congrégations qui servent le peuple avec leurs écoles, leurs orphelinats, leurs dispensaires… Je salue l’action des envoyés du Défap en leur sein. Je salue ces professeurs de mathématiques qui, dans un lycée au toit de tôle, sans fenêtre, avec juste un tableau noir et des craies, enseignent les intégrales  à des jeunes de terminale, assis à quatre par bancs. Et je salue aussi ces jeunes qui, à l’orée de leur vie, travaillent pour réussir.

 

Il faudrait, me disait un ami, « un exode urbain » à Madagascar, un mouvement qui permettrait aux gens de retourner vivre à la campagne. Il faudrait des « serviteurs » qui viendraient développer des activités lucratives au service du peuple. Il de me citer des exemples d’entreprises qui savent allier éducation populaire et production lucrative.

 

Les  constructions montées par les Chinois « sont utiles au développement du pays » nous a dit l’ambassadeur de France, Véronique Vouland-Aneini, arrivée en août dernier : « bien que montant des bâtiments de piètre qualité, et usant d’une main d’œuvre journalière corvéable à merci, elles fournissent emplois et infrastructures. »

 

Les marchés battent leur plein et les foules, toujours jeunes, déambulent sur la chaussée, tant les petits commerces ont envahi les trottoirs. Que vend tout ce petit peuple, toute la journée assis qui par terre ou sur un seau ? Quelques oranges, des bananes, d’improbables téléphones portables made in China, pourquoi pas des roulements à billes et même des chaussures soi-disant de marques !

 

« Hélas commentait l’une de mes connaissances, enfant, j’ai appris que Madagascar était le quatrième exportateur de  riz au monde. Or aujourd’hui, pour nourrir son peuple, elle doit importer du riz ! » Certains de mes amis malgaches voient la main de la France dans les malheurs de la Grande Ile : l’ancienne puissance colonisatrice tirerait les ficelles pour ses propres intérêts aux dépends de ceux du peuple malgache. L’explication paraît courte, même si le rejet symétrique de la faute à la seule mal gouvernance locale paraît également insuffisant.

 

L’ambassadeur de France, qui a siégé au Conseil d’administration de l’Agence française de développement, nous a interrogés : « Comment participer au développement de Madagascar sans lui imposer notre propre modèle ce qui, de toute façon, est voué à l’échec ? Vous les religieux, vous connaissez les difficultés d’arriver dans un pays avec un message qui lui est étranger… Vous avez connu des heurs et des malheurs. Comment tirer des enseignements de votre expérience ? » Bonne question !

 




« Noël à Beyrouth »

 

« Alors que les familles libanaises s’apprêtent à célébrer Noël, que les rues de Beyrouth, à l’image de toutes les capitales du monde, scintillent en rouge et blanc, affichant l’apparence du bonheur, le mot « espérance » a-t-il encore un sens ici ?

 

Le sapin de Noël national et la mosquée Al-Hariri, centre de Beyrouth, 2008, DR

Le sapin de Noël national et la mosquée Al-Hariri, centre de Beyrouth, 2008 (Source : Flickr)

 

Depuis presque 6 mois, les poubelles quittent les beaux quartiers pour s’entasser aux abords de la ville, dans ces banlieues pourries où vivent les pauvres, les réfugiés. Un peu plus, un peu moins… qu’est-ce que ça peut bien leur faire après tout ? La crise des poubelles, symbole d’une crise plus profonde, a donné naissance à des mouvements de contestation citoyenne : « Vous puez ! » ; tags et slogans en anglais et en arabe montrant du doigt les vrais fautifs, « les saboteurs de la République » comme les appelle chaque matin le quotidien l’Orient-le-Jour.

 

Noël ici, c’est aussi la présence de 1 300 000 réfugiés Syriens, familles dont la plupart sont sans emploi, sans école, sans maison, sans avenir, est-ce encore une vie ?

Noël ici, c’est la guerre ou le blackout aux frontières Nord, Sud et Est. Au Liban, il n’y a guère que la Méditerranée qui offre aux regards l’illusion de la liberté vers l’occident.

Le Liban, pas encore guéri de sa guerre civile, traverse une crise profonde, majeure au dire des spécialistes, voyant ses élites intellectuelles s’hémophiliser vers des horizons plus sécures, plus prospères.

Noël ici, c’est donc tout cela à la fois, lassitude, incertitude et inquiétude, mises en scène dans une désinvolture, une légèreté et un humour déconcertants qui font, entre autre, le charme des Libanais.

 

Dans ce chaos généralisé, l’Eglise protestante française fait comme toutes les autres : elle prie, elle chante, elle célèbre ! Elle tourne ses regards vers Celui dont les pieds ont laissé une empreinte indélébile dans la terre levantine, la mémoire et les cœurs. Elle espère contre toute espérance, elle croit malgré le spectacle affligeant qui se joue sous ses yeux ; elle pleure et rie en même temps, parce qu’ainsi va la vie au Liban.

 

Nous resserrons nos rangs, sœurs et frères d’un même Père, amis de passage ou résidents de cette petite mais vivace « communauté des hauts de la Colline » pour vous souhaiter, sœurs et frères des Eglises CEEEFE un Noël plein de ce que votre cœur désire.

 

En Christ qui vient, Pierre Lacoste, pasteur. »

 




Mission Eben-Ezer : un acteur de cœur en Haïti

 

Petit tour d’horizon

 

La Mission Eben-Ezer a son siège aux Gonaïves, dans le nord-ouest d’Haïti. ONG haïtienne, fondée en 1969 en tant que communauté, elle est reconnue comme telle depuis 1986.
Le personnel se compose principalement de Haïtiens, appuyés par quelques étrangers, dont le Dr Claire Chappuis.

Cette ONG porte une vision globale du développement : « Un regard chrétien qui embrasse l’homme total » comme dit le pasteur Charles Guillot, directeur des radios Ebène. Elle est active à la fois dans le secteur de l’agriculture, de la santé et du développement économique (entreprenariat et coopératives), mais aussi de l’éducation à tous les niveaux (de la maternelle à l’université).

 

Un groupe d’enfants de l’orphelinat, DR

Les Gonaïves, un environnement incertain

 

Berceau de l’indépendance haïtienne, car c’est dans cette ville que celle-ci a été proclamée le 1er janvier 1804,  les Gonaïves illustre parfaitement les conséquences du désastre social et climatique qui menace les populations : les gens y vivent dans des conditions déplorables et la ville est l’un des endroits les plus exposés aux catastrophes naturelles (ouragans, inondations etc.).

En 2004, la tempête tropicale Jeanne a ravagé le pays : plus de la moitié des Haïtiens qui ont péri habitaient aux Gonaïves. En 2008, la ville a à nouveau échappé de peu à une inondation totale.

 

Ces catastrophes ne sont pas un hasard, elles s’expliquent par la localisation des Gonaïves : sur la côte du golfe de Gonâve, elles reposent sur ce qu’on appelle « un lit majeur », c’est-à-dire « la partie du lit d’un cours d’eau inondée seulement en cas de crue ». Par ailleurs, la déforestation massive des collines alentours facilite l’apparition de coulées de boue lors d’orages.

Le Dr Claire Chappuis et la Mission

 

Le Dr Chappuis est bénévole au sein de la Mission depuis 1985.

 

Un enfant parrainé, Oranel (DR)

Un enfant parrainé, Oranel (DR)

 

Elle est en charge de nombreuses tâches :

– le secrétariat exécutif du Centre Eben-Ezer, avec notamment l’aide à la rédaction de projets de toutes sortes ;

– le soutien à l’organisation de l’école pilote internationale (EPI)*, et plus précisément de ses relations avec le CNED (Centre national d’enseignement à distance, organisme français), et la scolarisation au moyen du parrainage ;

– le soutien à l’Université Chrétienne d’Haïti (UCH) notamment par le biais d’un programme éducatif « Santé et Développement », et par la formation des jeunes avec des séminaires « Vin Aprann Renmen » (Viens apprendre à aimer), dont le but est la prévention contre le sida et la gestion des relations garçons-filles.

Le Défap apporte son soutien aux actions de la Mission depuis toujours. Il accompagne le Dr Chappuis avec l’appui des Eglises de France. Deux envoyés ont déjà rejoint l’institution au cours des dernières années, notamment Karine Rinaldo qui a passé deux années complètes à Eben-Ezer, de 2012 à 2014.

 

Le bus de l'EPI, DR

Le bus de l’EPI, DR

 

Le secrétaire général du Défap s’est rendu en Haïti on octobre 2015. Renforcer les relations entre le Défap et Eben-Ezer s’inscrit comme une volonté forte et indispensable.

* NDR : Cette école fonctionne selon le système français, avec inscription au CNED. Elle compte environ une centaine d’élèves, de la maternelle à la terminale, et enseigne le créole, le français et l’anglais, en plus des autres matières.

Plus d’informations sur la mission Eben-Ezer et la mission du Dr Claire Chappuis




Hélène et Michel Brosille : un engagement fort à Madagascar

 

Du 21 septembre au 3 décembre 2015, Hélène et Michel sont retournés à Madagascar, un séjour double qui se situe, sur le plan institutionnel, dans le cadre des envois courts.

Accueillis au sein de l’Eglise luthérienne malgache, ils travaillent à l’Ecole Normale Luthérienne (appelée SFM – initiales malgaches), un centre de formation d’instituteurs et professeurs fondé par les missions norvégiennes. L’Église luthérienne norvégienne est présente depuis plus de deux cents ans dans la Grande île.

 

Sur le terrain de sport, avec des élèves maîtres en stage, DR

Sur le terrain de sport, avec des élèves maîtres en stage, DR

Les promotions – en général deux par an – sont composées d’une centaine d’élèves. Leur formation, à leur arrivée, est diverse : les « élèves maîtres » ont le brevet des écoles ou le bac et sont âgés de 18 à 35 ans. Pour certains d’entre eux, c’est la première fois qu’ils quittent leur village pour loger à l’extérieur, en l’occurrence dans l’internat. Du coup, l’ambiance du lieu est un peu particulière : chaque étudiant est amené à découvrir les différentes régions de Madagascar à travers ses relations avec les autres élèves maîtres.

 

À Madagascar, selon l’Unicef, à peine 9 % des enfants sont scolarisés en maternelle. Par ailleurs, avant la crise de 2009, 83 % des enfants allaient à l’école primaire, un taux tombé aujourd’hui à 73 % et qui peine à se relever. On comprend l’intérêt que porte l’Eglise à la formation de maîtres pour les écoles primaires.

 

De nouveaux défis

 

Depuis septembre 2015, un nouveau projet a débuté à la SFM, en accord avec les bailleurs de fonds (la mission norvégienne), et qui représente un vrai défi : inclure des professeurs et des enfants handicapés dans le cursus scolaire des enfants valides.
Leur but : démontrer le rôle crucial de l’inclusion d’enfants handicapés dans le système scolaire « normal ».

Actuellement, quatre aveugles et trois sourds font partie des élèves maîtres. L’idée consiste à apprendre à ces futurs professeurs à adapter leur pédagogie en fonction des élèves et de leur handicap, potentiel ou avéré.

 

Inauguration de la nouvelle salle de sciences, DR

Inauguration de la nouvelle salle de sciences, DR

 

L’autre grande nouveauté est la communication dans la langue des signes. Elle nécessite une réorganisation et un aménagement du temps ainsi qu’une forte évolution pédagogique. La difficulté est d’adapter la pédagogie pour que les traducteurs en langage des signes n’aient pas trop de mal à faire leur travail, et ajuster les supports, visuels ou tactiles, au handicap.

C’est un effort supplémentaire demandé aux formateurs, mais qui porte ses fruits : autrefois isolés voire rejetés, les handicapés sont désormais pris en charge.

 

Par ailleurs, Michel enseigne à chaque élève maître à être un agent de développement de l’environnement. En effet, la formation intègre des volets « pratiques » dans lesquels on apprend aux enfants ce que signifie protéger son environnement : il s’agit non seulement de sauvegarder la nature et respecter les écosystèmes, mais également de se comporter comme un citoyen responsable, développer son village et entretenir des relations harmonieuses avec autrui.

Cours à l’extérieur concernant l’environnement et le rôle de l’enseignant, DR

Un programme de remise à niveau

L’avantage dont disposent Hélène et Michel Brosille, c’est de bien connaître le terrain. Pendant deux ans, ils ont pu observer le fonctionnement de l’Ecole normale. Ils font partie de l’équipe des formateurs et essayent de donner l’opportunité aux élèves maîtres de parler français.

Paradoxalement, la bibliothèque représente à la fois un « plus » certain, mais également un défi à relever, car, dans une culture de tradition orale, donner l’habitude de la lecture aux stagiaires n’est pas chose facile, tout comme la pratique du français de l’anglais et la découverte de l’informatique.

 

Dès qu’ils ont achevé leur cursus, les élèves maîtres espèrent obtenir un emploi car l’école a bonne réputation. Certains passent des concours qui leur permettent de postuler ailleurs que dans l’enseignement, d’autres obtiennent leur baccalauréat.

 

Cependant, la vocation première de l’école reste la formation des enseignants destinés à alimenter les écoles luthériennes malgaches. Ce n’est qu’au vu du modeste salaire qui leur sera versé (l’équivalent de 30 € par mois en moyenne, que l’on doit ramener à l’échelle économique du pays où, selon la Banque mondiale, le revenu brut par habitant est de l’ordre de 36 dollars (32 €) par mois) que l’on comprend que certains utilisent cette formation comme un tremplin pour améliorer leur sort.

 

Hélène Brosille a fait un sondage : sur dix promotions de la SFM, soit un millier d’enseignants environ, 70 % restent dans l’éducation, mais seulement 40 à 45 % au sein de l’Eglise. Les autres, pour la plupart, entrent dans la fonction publique, où les salaires sont plus élevés.

Des conditions particulières

Depuis deux ans, l’école reçoit l’électricité grâce à un barrage hydraulique local. Un privilège, car il n’y a que 11 % de la population, notamment en ville, qui y a aujourd’hui accès. L’internat dispose également de l’eau courante.

 

Côté matériel, le Défap – qui a par ailleurs financé le laboratoire de sciences – offre à chaque élève maître, avec des amis, un dictionnaire et un livre d’aide à la lecture. Le ministère malgache de l’Éducation nationale fournit, quant à lui, des manuels. Hélas, ceux-ci sont parfois très complexes, au point qu’il arrive même qu’ils soient inutilisables dans la pratique.

 

Remise de dictionnaires, livres et de bibliothèques pratiques, DR

Ancrer l’éducation dans la réalité

Pour Hélène et Michel Brosille, il est important d’intégrer dans l’enseignement ce qui participe des habitudes et du vécu des élèves. Par exemples, Michel propose aux élèves maîtres des sorties durant lesquelles ils peuvent ramasser des plantes afin de cultiver eux-mêmes celles qui leurs sont familières.

 

Ce programme ne pourrait exister sans l’aide des Eglises de France et du Défap et c’est ainsi que se vit l’Église universelle, dans une foi de tous les jours qui unit les chrétiens d’un bout à l’autre de la planète.

 




« L’enfant est le pied du vieux »

 

Former la jeunesse, leur donner les moyens de construire, au propre comme au figuré, le monde dans lequel ils évoluent, voilà bien une utopie qui mérite son lieu.

A l’origine, il y a un don. Comme toujours. Et quand il n’est pas financier, on devine néanmoins son importance. Il est indissociable de tout projet, et peut revêtir différents visages : volonté, envie et espérance étaient eux aussi de la partie.

 

Le centre de formation, DR

Le centre de formation, DR

L’espace de formation professionnelle Darvari de Saint Louis a donc été inauguré le mois dernier. Nous y étions en la personne du pasteur Jean-Luc Blanc. Mais l’histoire débute en 2009 avec la création d’un premier centre de formation dédié aux techniques du froid, le Centre liberté. Habilement mené, ce projet donne des idées et d’autres succès voient le jour à sa suite.

Passées les formalités administratives et les difficultés économiques, des solutions sont trouvées pour financer la construction d’un second centre de formation, dédié à l’apprentissage des techniques d’éco-construction géobéton. Deux années passent et nous voilà en 2013 : le chantier école débute sous la direction d’un spécialiste, Sirlin Loufimpou, grâce au don de M. Loyson, exécuteur testamentaire de monsieur Darvari.

 

Le chantier, DR

Le chantier, DR

Le pasteur Jean-Luc Blanc, acteur important du projet, témoigne : « cette idée de chantier école vient du Défap. Nous avions expérimenté ce type de projet à Djibouti et les résultats étaient vraiment positifs. Quand M. Loyson a vu la qualité des formations dispensées par le centre de Dakar, il a tout de suite voulu apporter son aide ».

L’inauguration s’est faite dans un climat solennel et largement multiconfessionnel : un imam, un curé, un pasteur, le préfet et le gouverneur avec en toile de fond l’hymne national et le fameux ruban n’attendant que d’être coupé pour donner vie au nouveau centre de formation. Quinze diplômes ont été remis aux jeunes, déjà prêts à rendre service au village qui les accueille.

 

L'inauguration du centre, DR

L’inauguration du centre, DR

Prochain défi : relancer la vente de terrains pour financer la suite du programme, à savoir deux écoles, un centre de santé, une maison d’hôtes et l’extension de la boutique. N’ayons pas peur de nos ambitions, elles servent le futur.

 

Des élèves du centre, DR

Des élèves du centre, DR




L’Alter’Kiff : le rendez-vous de la jeunesse en 2016

 

“Y’a plus d’jeunesse” disent certains !

Preuve qu’ils ne vivent pas dans le même monde que nous. Il suffit pourtant de s’intéresser un tant soit peu aux initiatives des jeunes pour prendre conscience de leur présence et de leur énergie. Une force qui donne naissance à des projets porteurs de sens et d’avenir. L’Alter’Kiff 2016 est de ceux-là.

 

Alter'Kiff - EPUdF, DR

 

Ce camp service dédié aux 18-30 ans est organisé par l’Eglise protestante Unie avec le soutien du Défap.

Rendez-vous à Saint Malo en juillet 2016. Durant ce rendez-vous, formations rimeront avec animations et expérimentations avec comme mot d’ordre : bonne humeur et talents au service de notre Eglise !

En savoir plus : Site de l’EPUdF




Séminaire de formation au Gabon

 

Outre la charge du service RSI, Jean-Luc Blanc s’occupe également des relations avec les pays d’Afrique.
Il s’est rendu au Gabon dans le cadre d’un séminaire « Nouvelle Action Commune » (en savoir plus sur l’Action Commune), dont le thème est « Familles, Evangile et Cultures dans un monde en mutation ».
A la fin de ce séminaire, le pasteur a répondu à quelques questions.

 

 

Résumé de la vidéo

 

Le ressenti du pasteur Jean-Luc Blanc vis-à-vis du séminaire est globalement positif.

Il rappelle que l’animation théologique dans le cadre de la Cevaa s’adresse à des personnes qui ne sont pas forcément des théologiens. Elle vise donc à travailler avec les équipes des questions concrètes liées aux situations rencontrées sur le terrain.

Le but : trouver les réponses adéquates en construisant une théologie communautaire.

 

Il souhaite volontiers que ces séminaires soient plus interculturels, conscient que cela est compliqué à mettre en place et coûteux. L’idéal serait de confronter les différentes visions de la famille dans le monde, car les gens ne la conçoivent pas de la même manière en Europe, en Afrique ou dans le Pacifique. C’est d’ailleurs le but de la Cevaa : ouvrir les mêmes questions à plusieurs cultures.

 

Jean-Luc Blanc regrette cependant que ne soient pas ressorties de ce séminaire des idées plus audacieuses. De sa première participation à ce type de rencontre, en 1987, il dit : « à cette époque, on osait imaginer des choses différentes. On est devenu plus conservateurs qu’avant pour différentes raisons ».

 

Enfin, il trouve bon que le thème du mariage islamo-chrétien ait été traité, car l’approche interreligieuse est très différente d’une culture à l’autre. C’est un sujet transversal qui fonctionne à la fois entre Africains mais aussi en Europe ou dans le monde arabe.