L’Eglise Protestante de la Réunion en fête

Le 17 juin dernier, le Secrétaire Général du Défap, Bertrand Vergniol, a rendu visite à l’Eglise Protestante de la Réunion, à l’occasion de l’installation du nouveau Conseil Presbytéral.

L’EPR avait connu quelques difficultés après le départ annoncé de son pasteur basé à St Denis alors que le projet de construction du centre paroissial et social CMLK tardait à sortir de terre.
Cette Eglise protestante est loin de tout (à 10 000 kms de Paris), l’Eglise sœur la plus proche étant à l’île Maurice !
Cette expérience montre l’importance de ce genre de visite pour la communauté.

Le pasteur Bertrand Vergniol est venu écouter, encourager et aussi enseigner et former. Il a rappelé que l’Eglise ne peut et ne doit pas tourner autour d’elle-même !

L’évangile nous pousse à regarder autour de nous, à Mayotte, à Madagascar et aussi dans la rue d’à côté. Il était important de renouveler la confiance et de rassurer celles et ceux qui essaient de faire avancer les choses.

On peut dire que c’est plutôt réussi. La communauté n’attendait peut-être que ce déclic pour qu’un nouveau souffle gonfle les voiles qui ne sont en réalité pas si abimées que ça.
Désormais de nouvelles perspectives s’offrent à cette petite communauté et ses deux lieux de vie, St Denis à « LA SOURCE » et St Pierre.

 

Le Pasteur Bertrand Vergniol lors de sa visite à l’EPR, DR

 

L’Eglise Protestante de la Réunion remercie :
– son invité pour l’écoute et l’investissement à ses côtés
– le pasteur pour ce beau culte plein de vie et de diversité
– les jeunes pour leur présence et leur motivation pour le grand Kiff
– Angelo et Linou pour leur beau témoignage à l’occasion de leur confirmation
– le CP pour son engagement sincère et résolu !
– tout le monde pour le temps consacré et le partage constructif

Charles Bossert, pasteur de l’Eglise Protestante de la Réunion




Erica Brucker : une vie dédiée à la mission

Collaboratrice de longue date du Défap, Erica Brucker est décédée le 3 mai 2016 à 104 ans. Retour sur l’engagement d’une femme hors du commun.

Née à Sarre-Union, dans un milieu luthérien, Erica Brucker a fait des études de théologie à Genève, où elle décroche le diplôme de l’Institut des ministères féminins. Elle acquiert parallèlement une formation pédagogique et sociale. En 1955, elle répond à un appel de la Société des Missions Évangéliques de Paris (SMEP) et part au service des Églises évangéliques et baptistes du Cameroun, où elle va allier recherche biblique, réflexion sociologique sur le monde et prière commune.

 


Erica Brucker, DR

Elle effectuera, pour le compte de la SMEP, des tournées au Gabon en 1962, au Lesotho et à Madagascar en 1964, en Côte d’Ivoire et au Togo en 1965.
Revenue définitivement en France en 1965, c’est à partir des bureaux parisiens de la SMEP, devenus Service protestant de Mission – Défap en 1971, qu’Erica Brucker poursuit sa tâche comme responsable du service jeunesse, mais aussi par la création du service boursiers-formation. Son champ d’action s’étend à la formation de cadres envoyés par d’autres Églises d’Afrique anglophone, de Madagascar et d’Amérique latine.

 

Dès 1960, elle avait eu l’idée de créer des équipes itinérantes, à la fois œcuméniques et internationales, de techniciens : ce sont les Actions Apostoliques Communes (AAC), qui anticiperont la création de la Communanuté Évangélique d’Action Apostolique (Cevaa, dite aujourd’hui Communanuté des Églises en mission).

 

En retraite à partir de 1977 dans le 14e arrondissement, pendant près de trente ans Erica restera la cheville ouvrière d’un groupe oecuménique de recherche biblique, né dans la mouvance du Concile des jeunes de Taizé de 1978, devenu groupe « Prière pour le Monde ».

 




L’échange théologique entre Eglises de cultures différentes : une volonté qui ne se dément pas

Le Défap porte depuis toujours un programme de bourses théologiques. Cette spécificité est inscrite dans l’ADN de l’institution. Les échanges entre les différentes cultures théologiques favorisent le débat et permettent au réseau de développer ses compétences.

Le projet des boursiers du Défap s’inscrit dans un programme plus large, celui de la formation théologique. Il poursuit plusieurs objectifs.

 

Université Protestante au Congo, Kinshasa (Source : site de l'UPC)

Université Protestante au Congo, Kinshasa (Source : site de l’UPC)

 

En premier lieu, celui d’aider chaque faculté partenaire à se doter d’un professeur référent pour chaque discipline théologique.

A Madagascar par exemple, il y avait une carence en théologie biblique. Le Défap a donc formé deux professeurs de Nouveau Testament et commence à en former un en Ancien Testament.

L’institution apporte son soutien et ses compétences « sur-mesure », selon les besoins des facultés et des universités partenaires.

 

Tisser des liens multilatéraux

 

Le second but de la formation théologique du Défap est de développer des liens entre les facultés de théologie du Nord et celles du Sud pour développer une théologie interculturelle.

Les boursiers sont un élément clé de ce dispositif. Ce seront eux les cadres des facultés de théologie de demain, dans les pays où le Défap intervient. Dans les faits, les boursiers deviennent assez souvent doyen de leur faculté ou directeur d’un département.

 

De cette façon, un réseau d’amis du Défap se développe dans les facultés du sud. Il n’existe pas de facultés et universités protestantes, dans le pays où le Défap entretient des partenariats, qui ne compte pas un ancien boursier du Défap dans ses cadres, même celles avec lesquelles Défap travaille peu, comme l’importante université de Kinshasa (UPC).

Ce réseau d’anciens boursiers du Défap permet de développer les relations avec des facultés en France.
Ces théologiens, une fois formés, connaissent à la fois la manière de faire de la théologie dans le Nord et dans le Sud. Ces ponts sont indispensables pour garantir des relations saines et réciproques.

 

Publications

 

Nous arrivons donc au troisième objectif de ces échanges, les publications. Les travaux des boursiers sont fréquemment publiés et les ouvrages, pas seulement disponibles en Afrique mais également en Europe, sont marqués par les deux cultures, deux approches de la théologie.

Ainsi s’élabore une « théologie interculturelle » entre culture occidentale et culture africaine.

 

Quelques exemples de ces boursiers

Sébastien Kalongo, professeur à Kinshasa, a travaillé avec des chercheurs du CNRS. Il vient de publier le premier tome d’un ouvrage en deux parties sur les Pentecôtismes africains. Cette thématique intéresse énormément les chercheurs français, qui ont par ailleurs expliqué qu’ils n’auraient pas pu avoir ce matériel important sans l’aide du boursier du Défap.

Nadège Ngo Lend a réalisé sa thèse de doctorat en cotutelle (France-Cameroun) et va publier ici un ouvrage consacré à la dynamique de la transculturation, élaboré à partir des archives du Défap.

Samuel Dawai est en train de travailler avec un professeur de Montpellier sur un ouvrage concernant les millénarismes africains. En Afrique, il existe de nombreux courants millénaristes aujourd’hui, notamment des sectes qui inspirent tous les courants extrémistes, musulmans et chrétiens.

Lévin Ngangura, également boursier du Défap, a publié plusieurs ouvrages en France, notamment sur les femmes de la Bible.

Les boursiers du Défap sont principalement africains, mais aussi haïtiens ou nicaraguayens. La plupart sont repérés par des professeurs français lorsqu’ils donnent des cours sur place. Chaque année, on en compte une petite dizaine.

Ce programme de formation théologique est constitutif de l’histoire du Défap.

Si l’un des objectifs principaux reste le développement du réseau de boursiers, il est aussi primordial que ces derniers tissent des relations entre eux. C’est dans ce but que le Défap organise des week-ends boursiers. Ils sont l’occasion de créer un véritable réseau.

 




Stage au Bénin : une expérience réussie

La semaine du 4 avril, trente-deux pasteurs se sont retrouvés au Bénin dans le cadre d’un stage CPLR (Communion Protestante Luthéro-Réformée).

Si l’on en croit les participants, chacun, Béninois ou Français, est ressorti de ce stage enrichi et heureux de l’expérience.

 

Déroulement

 

En commençant ce genre de stage, on ne sait jamais si le courant va passer et si un vrai partage pourra avoir lieu. Il suffit de tellement peu pour gâcher la fête… Mais à Porto-Novo, tous les ingrédients d’un stage réussi étaient là et ont pu être combinés de manière à ce que tous puissent vivre intensément ce stage. Stagiaires et animateurs ont mis ensemble leurs moyens, leur bonne humeur et leur énergie pour la réussite de ce séjour.

Outre la dimension théologique du stage, les pasteurs ont pu découvrir le Bénin à la rencontre de la culture et de l’histoire du pays.

 

Le groupe dans une pirogue à Ganvié, DR

Le groupe dans une pirogue à Ganvié, DR

 

Premier arrêt : Ouidah, haut lieu de l’animisme local, le Vaudou, avec le fameux temple des Pythons. Cela a permis aux stagiaires de prendre connaissances des religions traditionnelles béninoises mais aussi de découvrir la route des esclaves, sur laquelle Ouidah se trouve puisque c’est de là que les esclaves embarquaient pour ne jamais revenir. Ce fut l’occasion de relire cette page douloureuse  de notre histoire commune.

 

Deuxième arrêt : le village de Ganvié. Ce lieu a été créé par des gens qui fuyaient l’esclavage et se sont réfugiés sur l’eau, pour avoir de meilleures chances de se défendre.

 

Troisième arrêt : le centre de Songhai. Celui-ci a mis en place un mode de développement intégré, qui démontre que l’on peut produire à des coûts intéressants des produits de qualité et vivre correctement grâce à eux au Bénin. Le centre est également à l’origine d’une école d’agriculture.

La méthode de ce centre a été développée sur plusieurs sites au Bénin.

 

Les 32 participants – 16 Français, 16 Béninois, dont un intervenant français, un béninois, trois animateurs français, trois béninois – ont été logés à l’UPAO (Université Protestante d’Afrique de l’Ouest). Cela leur a permis de rencontrer les professeurs et étudiants. Au-delà du stage, ils ont été plongés dans un univers où ils pouvaient échanger et découvrir le pays.

 

Contenu du stage

 

C’est autour de la question « développement durable et fin du monde » que les intervenants ont été invités à s’exprimer. La question qui se pose derrière cette formulation un peu provocatrice est : comment interpréter ensemble, Européens et Africains, la question du développement durable et Comment l’articuler avec une pensée qui implique que ce n’est pas sur notre monde que l’on fonde le sens de la vie ?

 

Procession durant le culte, DR

Procession durant le culte, DR

 

Outre les interventions de théologiens français et béninois, le président du Secaar (Service Chrétien d’Appui à l’Animation Rurale), venu du Cameroun pour l’occasion, a présenté l’approche mise au point par cet organisme sur le développement durable. La Pasteure Fidèle Gandonou a abordé la question du Féminisme comme moteur du développement ; le responsable de la Diaconie de l’Eglise Méthodiste est venu présenter plusieurs expériences concrètes menées par l’Eglise…

Ces diverses approches se retrouvaient autour d’une analyse de l’inquiétude et de la peur de l’avenir qui habitent nos contemporains qui, justement, vivent avec la crainte que le monde ne dure pas. Car, quand on parle de développement durable, cela sous-entend souvent que l’on craint, justement, qu’il ne le soit pas !

 

Rencontre avec l’Eglise locale

 

Bien entendu, les pasteurs stagiaires ont eu l’occasion de rencontrer l’Eglise locale. Nos pasteurs français disent avoir été agréablement surpris : ils ont eu l’impression de se retrouver chez eux dans cette Eglise à la liturgie si proche des nôtres. Chacun a eu l’occasion de participer activement à l’animation d’un culte dans une paroisse de Porto-Novo ou Cotonou.

Le bilan est donc très positif ; et chacun réfléchit aux suites que pourrait avoir cet échange pour lui donner la chance de porter encore plus de fruits !

 




Le Défap au Bénin : formation des pasteurs et projets en cours

C’est à l’occasion d’un stage de formation des pasteurs français et béninois que le pasteur Jean-Luc Blanc se rend au Bénin vendredi 1er avril. Il en profitera également pour effectuer un tour d’horizon des projets soutenus sur place par le Défap.

Le CPLR (Conseil Permanent Luthéro-Réformé) a mis en place cette formation permanente depuis maintenant une dizaine d’années. Elle organise dans ce cadre, tous les deux ans, un stage à l’étranger pour les pasteurs luthériens et réformés. 2014 fut l’année du Maroc, 2016 sera béninoise. La formation portera sur « le développement durable et la fin du monde ». Cette thématique sera abordée de manière transversale : articulation avec le monde professionnel, rapport à l’utopie que propose les nouveaux modes de pensée liés au développement durable, concept de responsabilité et d’espérance…

 

Jean-Luc Blanc et une envoyée du Défap au Bénin, Ganvié (Bénin), 2015, DR

Jean-Luc Blanc et une envoyée du Défap au Bénin, Ganvié (Bénin), 2015, DR

 

Mais son séjour ne portera pas sur ce seul événement. Il en profitera pour rendre visite à l’envoyé du Défap, Nicolas Fines, sur place pour dix mois. Il n’oubliera pas non plus de prendre des nouvelles des projets ambitieux portés par le Défap au Bénin. Projet avec l’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO) pour l’envoi d’un professeur de théologie, soutien à la bibliothèque, aide à l’édition d’un manuel de catéchisme dans les langues locales, rencontre avec les responsables de l’université et cerise sur le gâteau, le soutien à la radio de l’Eglise, en coopération avec Alain Meyer, financée par la Cevaa et DM-échange et mission.

 

Rendez-vous au prochain flash info Bénin, la semaine prochaine !




Un container humanitaire pour le Cameroun

Luc Carlen est un ancien envoyé du Défap au Cameroun. Son engagement dans la Mission ne se dément pas. Aujourd’hui, il s’investit dans de nombreuses actions. Parmi elle, l’envoi d’un container au nord Cameroun.

Luc Carlen est infirmier libéral. Il a vécu avec sa famille deux années à Pouss à l’extrême nord du Cameroun. Parti en 2010 dans le cadre d’un VSI (Volontariat de Solidarité Internationale), il travaillait au sein d’un dispensaire. Mais son engagement ne s’est pas arrêté à son retour en France.

 

Un container pour le Cameroun, DR

Un container pour le Cameroun, DR

 

Durant ce séjour, Luc et sa femme, Naomy, se sont investis avec l’Eglise locale dans un projet de construction d’un cabinet dentaire, un besoin urgent. Il fallait intégrer au sein même du complexe ce type de compétence.
Depuis son retour, en 2012, Luc rassemble de l’équipement médical destiné à « l’aile » dentaire du dispensaire. Soutenu par le Défap, et avec l’aide de plusieurs personnes, il a récupéré du matériel supplémentaire pour les autres spécialités de l’hôpital et d’autres structures médicales de l’Eglise Luthérienne du Cameroun : lits, fauteuils gynécologiques, fauteuils roulants, etc.

Outre cela, des livres ont été récoltés pour l’Institut théologique de la région extrême-nord.

 

En train de remplir le container, DR

En train de remplir le container, DR

 

Tout ce matériel va transiter par container. En partenariat avec l’association « Triangle d’Afrique », dont la mission est de favoriser liens et échanges humanitaires et culturels entre la France et le Cameroun, les Carlen et les bénévoles l’ont rempli. Rempli d’objets récoltés durant un an, celui-ci est parti pour le port d’Anvers le lundi 29 février. Il devrait atteindre sa destination d’ici la fin du mois de mars.

 

En plus de l’envoi de matériel, le projet inclut la formation du personnel : l’infirmier chef du centre où Luc a travaillé débutera son apprentissage en septembre 2016, avec, de nouveau, le soutien du Défap.

 

Luc Carlen a été membre de la Coluréum (Commission luthérienne des relations avec les églises d’outre-mer). Il est actuellement membre de la commission des projets du Défap.

 




Sofia Bazile, Madagascar – Normandie

Sofia Bazile est partie dix mois en service civique avec le Défap et l’association La Cause. Elle a vécu au sein de la communauté des soeurs de Mamré à Tananarive, assuré des animations auprès des enfants accueillis lors des repas et appuyé les micro-projets mis en place par la communauté.




Week-end kanak à Evian : une belle escapade !

Les 20 et 21 février, les « Après Bac Services » (ABS), jeunes étudiants de Nouvelle-Calédonie, se sont retrouvés pour un week-end organisé par le Défap, à Evian. Découverte et détente était de la partie.

Une arrivée compliquée

 

Le week-end à la neige prévu par le Défap a réuni une vingtaine de jeunes. Malgré quelques annulations, impératifs d’examens ou autres, les heureux participants ont eu le plaisir de découvrir les joies de la neige. Venant de Nouvelle-Calédonie, la surprise n’en était que plus exotique. Les téléphones et leurs corollaires, appareils photo et messageries instantanées, ont marché à plein régime, pour inclure les absents.

 

Les ABS à la neige ! DR

Les ABS à la neige ! DR

 

Les tentatives de la SNCF pour entamer la bonne humeur de nos skieurs ont échoué : week-end Defap VS Grèves de train, 1 – 0 !

Le week-end a été réadapté en fonction des aléas et les participants en ont été très contents.

Par ailleurs, la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) d’Evian a accueilli tout le monde et participé grandement à la réussite de ce week-end.


Double-thème du week-end

 

Au programme, et dans la ligne droite de la thématique des week-ends ABS de la promotion 2015-2016 : visite d’institutions. Les heureux participants ont eu la chance de visiter la deuxième ville la plus peuplé de Suisse, à savoir Genève.

Après le Sénat en octobre, les jeunes kanaks ont ainsi découvert le siège des Nations-Unies dans la capitale suisse.

Ce tour a été d’autant plus réussi que Jonathan Tholo, ancien ABS, a accompagné le Défap dans l’organisation : connaissant bien la ville, il a pu diriger tout ce petit monde à bon port. Sans compter que son statut tacite de « grand frère » a facilité la communication entre tous.

 

Les ABS devant le palais des Nations Unies, DR

Les ABS devant le palais des Nations Unies, DR

 

D’Evian à Genève, le trajet de bus a été fructueusement occupé par un quiz sur la Suisse.

Sur place ont été expliqués le rôle des institutions et la place de la société civile au sein de l’ONU.

Et après l’effort, le réconfort ! Nous avons laissé dernière nous le sérieux des institutions suisses pour un vrai moment de loisirs. Une après-midi « découverte neige » qui a comblé nos ABS.

 

Les ABS devant le Lac Léman, à Genève, DR

Les ABS devant le jet d’eau du Lac Léman, à Genève, DR

 

Au menu du soir : fondue !

Six ou sept paroissiens de l’EPUdF ont participé aux festivités. Un repas fut organisé au sein de la chaîne d’hôtels « sociale », « Ethic étapes », engagé entre autre dans l’accueil des groupes comprenant des personnes handicapées.


L’accueil : un aspect primordial

 

Les jeunes kanaks ont été très touchés de l’accueil de la paroisse d’Evian. Cela explique leur participation unanime au culte du dimanche matin au détriment de l’option « visite de la ville d’Evian ».

Nous avons profité de ce moment pour les écouter entonner un chant traditionnel, en signe de remerciement à la paroisse, accompagné de gestes coutumiers.

La paroisse d’Evian a spécialement organisé son culte dans la ville, et non dans une autre paroisse comme c’était prévu, pour ces jeunes. Le message du culte fut d’ailleurs centré sur la thématique de l’accueil et de l’encouragement.

 

Soirée festive avec les membres de la paroisse de l’Eglise protestante du Chablais, DR

Soirée festive avec les membres de la paroisse de l’Eglise protestante du Chablais, DR

 

Ce week-end s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse et détendue. L’objectif de cette escapade – remonter le moral des troupes en plein hiver et en période d’examens – semble avoir été atteint. Ce qui fait la différence pour les jeunes, ce n’est pas le lieu ou l’activité, mais le fait d’être ensemble. Et c’est vrai que ce moment a été l’occasion de belles rencontres.

 

On peut dire sans rougir que le programme Cadres Avenir, dont fait partie ABS, est une vraie réussite. Les étudiants calédoniens qui viennent dans ce cadre-là, avec le suivi scolaire et extra-scolaire que cela implique, ont un taux de réussite beaucoup plus élevé que les élèves qui viennent seuls.

Souhaitons à tous nos ABS une belle réussite dans leurs projets futurs !

 




Une ambiance familiale

Leslie Wanai a été stagiaire au Défap fin 2015. Jeune Calédonienne venue en France dans le cadre du programme ABS, elle a vécu un Noël loin des siens… enfin presque !

Elle a le regard vif et curieux de celle qui a tout à découvrir et n’est jamais au bout de ses surprises. Pourtant, c’est souvent elle qui crée l’étonnement quand elle évoque son histoire récente. Les cheveux sagement nattés, de grandes boucles d’oreilles qui accrochent la lumière, Leslie a le sourire communicatif et la gentillesse à fleur de peau. Elle est arrivée en 2013 pour faire un BTS « comptabilité / gestion des organisations » dans le cadre du programme Après-Bac-Service (ABS) géré par le Défap, lequel permet aux bacheliers calédoniens de venir faire leurs études en France (présentation du programme ABS).

 

Leslie Wanai, DR

Leslie Wanai, DR

 

Après une brève halte à Paris, elle a pris un train pour Aubenas, jolie commune de l’Ardèche qui allait l’accueillir et dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence avant d’y être invitée. Arriver de Nouvelle-Calédonie en France, c’est débarquer de l’autre côté de la planète, dans un monde où tout est différent : le climat, l’environnement, le mode de vie, la culture… « J’étais surprise, mais j’ai aussi eu l’impression de surprendre, confie-t-elle dans un grand rire, on s’attendait à me voir arriver vêtue d’un pagne, avec un collier de fleurs autour du cou et j’étais en jean et en sweat-shirt. C’était un choc de part et d’autre ! »

 

Une stagiaire studieuse

 

Afin d’avoir une vue d’ensemble de l’organisation d’une institution comme le Défap, Leslie a travaillé pour différents services :

– Relations et solidarité internationale (RSI), pour apprendre le fonctionnement du programme ABS « de l’intérieur » et comment se passe la coordination avec les associations partenaires ;

– Le Pôle France, avec lequel elle a assisté au culte de l’Institut Protestant de Théologie et organisé le Noël du Défap ;

– Le service financier, où elle a pu voir comment on boucle un budget.

 

Trois expériences qui lui ont permis de toucher du doigt la différence entre une association et une entreprise commerciale.

Mais outre l’objet social, diamétralement opposé, c’est surtout la différence d’ambiance qui a touché Leslie : « Il y a une vraie joie de vivre et de travailler au Défap. On n’y est pas simplement salarié, on y est engagé. Tous y investissent leur compétence professionnelle et leur énergie, mais également leur art de vivre et leurs petits talents personnels. C’est un peu comme une famille, surtout au moment des fêtes de fin d’année. »

 

Noël ici et là-bas

 

« Dans ma tribu, raconte Leslie, Noël commence dès le 1er décembre et la fête dure un mois. Nous partageons tout : repas, veillées, cultes… Nous organisons des jeux, des activités sportives auxquelles participent jeunes et vieux, nous montons des saynètes pour raconter la naissance de Jésus, ou la fuite en Égypte. C’est l’été, il fait chaud et le soleil brille tous les jours ou presque ! Une atmosphère complètement différente de celle de la France, qui s’attend plutôt au froid et à la neige ! »

 

Du coup, le soir de la fête de Noël du Défap, lorsque le pasteur Florence Taubmann a décidé de mettre en scène ses collègues, secrétaire général compris, pour qu’ils jouent les différents personnages autour de la nativité, Leslie a été très émue. Ce n’est pas facile d’être loin des siens, de l’île qu’elle aime et de ses traditions à un moment aussi important. Elle a donc participé au spectacle en projetant des photos de ses noëls familiaux, en plein été calédonien… Tous les enfants présents la regardaient, fascinés par cette jeune fille venue de si loin, d’un pays où « le monde est à l’envers » !

 

Leslie n’en demeure pas moins étonnée de voir les temples si peu remplis, même pour le 25 décembre. « Chez nous, les parents préparent le repas et les enfants s’occupent du culte et de sa liturgie. L’église est à nous ! La cloche sonne vers 19 h : tous se rejoignent alors pour le spectacle et le culte, puis on va dîner », explique-t-elle. Et les cadeaux ? « Bien sûr, on se fait des cadeaux, mais il n’y a pas la même frénésie qu’ici… »

 

Des projets et encore des projets

 

Leslie achèvera son BTS en mai 2016. Elle souhaite ensuite s’inscrire en licence et, si tout va bien, continuer par un master puis un doctorat « audit comptable » le tout, assorti d’expériences professionnelles. Ensuite, elle rentrera « à la maison » et lancera sa propre entreprise. Pour l’instant, elle préfère rester à Aubenas, auprès de ceux qui l’ont accueillie. Ils ont appris à la connaître : « on s’aime comme si nous étions en famille », dit-elle avec chaleur. C’est mieux que de faire des allers-retours en Nouvelle Calédonie, où chaque départ est malgré tout un arrachement.

 




Une envoyée au Caire

Eloïse Deuker est revenue en juin 2015 du Caire où elle a passé dix mois dans le cadre d’une mission du Défap et de l’ACO.

« Au terme de cinq années de théologie protestante, entre les facultés de Montpellier et de Strasbourg, je ressentais le besoin de faire une pause dans mon parcours universitaire et de répondre à l’appel et au désir de me mettre au service d’une mission à l’international. »

Eloïse est devenue une habituée de la mission à l’étranger : en 2008, elle est partie au Cameroun pour un mois et en 2011, au Togo pour deux semaines.

 

Eloïse, envoyée du Défap au Caire ©

 

Mission

« Je fais confiance au Défap et à ses actions », explique-t-elle. Elle aurait dû partir comme enseignante en Tunisie, mais un poste s’est libéré au Caire. Elle n’a pas résisté aux quarante siècles d’histoire de ce pays, elle s’y est rendue, avec une autre envoyée qui s’était engagée dans un orphelinat.

 

Pourquoi cette mission ?

 

Éloïse Deuker a de l’expérience dans le domaine de l’éducation : elle est diplômée en animation et a déjà enseigné le français. Mais « travailler en tant qu’enseignante [fut] une grande première ».

 

Eloïse et ses collègues du New Ramses College ©

 

Elle a donc pris son poste de professeur de français au New Ramses College, un établissement qui « dépend du Synode du Nil, principale Église protestante égyptienne ». Sa mission consistait « à prendre en charge l’apprentissage de l’expression orale en français, pour les classes équivalentes au CM1, CM2 et à la 6ème ».

Sans pour autant oublier sa « co-équipière » en poste à l’orphelinat : deux fois par semaine au minimum, elle s’y rendait pour assurer un soutien scolaire et/ou de l’aide à la vie quotidienne.

 

« La mixité est omniprésente »

Éloïse a beaucoup aimé le New Ramses College.

« Cette école a une particularité : la mixité est omniprésente. On y trouve de la mixité religieuse, car chrétiens et musulmans se côtoient dans le corps enseignants et chez les élèves. La mixité fille-garçon est aussi une caractéristique de cette école : contrairement à une grande majorité des établissements, tous apprennent ici à grandir ensemble. Enfin, dans certaines classes, on trouve une mixité entre les enfants ayant un handicap et ceux qui n’en ont pas. Dans cette société égyptienne fragmentée c’est, d’après moi, une bénédiction ! », écrit-elle.

 

Les élèves du New Ramses College © Albert Huber

 

Situation sécuritaire

 

Les premiers jours, Éloïse et sa collègue se sont retrouvées « sous le choc de la ville : immense, surpeuplée, sur-polluée, bruyante ».

Puis elles ont commencé s’y habituer, elles sont parties à la découverte de la métropole.

 

Bien sûr, Éloïse ne peut nier qu’il existe une « certaine instabilité politique ». Dans la presse, à la radio, au détour des conversations on apprend de temps à autre que des attentats ont eu lieu. Souvent, ils se produisent loin de la ville, près des frontières du Sinaï, notamment. Il faut avouer que ce genre de nouvelles crée une ambiance parfois tendue.

 

Mais la douceur de vivre orientale reprend vite le dessus et les deux envoyées se sont mises au rythme local. Elles ont rencontré des Égyptiens, avec qui elles ont sympathisé. Nombre d’entre eux avaient déjà voyagé en Occident. Elles se sont fait des amis européens au cours d’arabe.

Même si, bien souvent, elles étaient considérées comme des touristes et sollicitées par les mille et un petits vendeurs ambulants, elles ont su profiter de la vie de leur quartier, toujours très animée. « Nous étions comme des « extra-terrestres » car les gens ne sont pas vraiment habitués à avoir des résidentes étrangères à demeure, mais nous sommes parvenues à nouer des relations de voisinage, ce qui est très agréable », commente Éloïse.

 

Le New Ramses College © Albert Huber

 

« Vivre dans un pays musulman »

 

Par ailleurs, Éloïse a apprécié de vivre, pour la première fois de sa jeune existence, dans un pays musulman. Son regard sur les habitudes liées à l’islam a changé, y compris depuis son retour, « notamment sur les femmes voilées en France », explique-t-elle.

 

Bien sûr, elle a besoin de méditer sur son expérience de vie, mais déjà, elle sait que lorsqu’elle est arrivée avec son regard neutre sur ce pays qu’elle ne connaissait pas, elle y a « aspiré ce qu’[elle] a pu » et s’est mise « à l’écoute » des autres, la meilleure manière de s’imprégner de la vie locale et des coutumes d’autrui.

 

« Quand les gens pensent à l’Égypte, dit-elle, ils pensent au pays des pharaons. Ce qui m’a intéressée, c’est plutôt l’histoire contemporaine », comme « la situation de la communauté copte » ou « la manière de vivre l’islam au quotidien ».

Elle a également été touchée d’entendre discuter les jeunes, qui ont tous « des rêves pour leur pays ».

« Certains veulent partir, d’autres veulent rester et agir pour leur pays, c’est ce qui m’a touché le plus ».

 

« Au terme de cette année, qui a le plus appris ? Qui aura le plus enseigné à l’autre ? L’enseignante française ou les élèves égyptiens ? Si mes élèves sont aussi instruits que moi à la fin de cette année, je crois qu’il serait de bon ton de s’écrier « Al-Hamdoulillah » ! » N’est-ce pas la plus belle conclusion à laquelle puisse parvenir une envoyée ?

 




Session de formation des envoyés : bilan

La session de formation des futurs envoyés du Défap s’est terminée vendredi dernier, 17 juillet. Bilan.

Programme

 

Durant ces deux semaines de formation, les envoyés ont échangé sur de nombreux sujets. Outre apprendre à connaître le Défap (le lieu et l’association), ils ont assisté à divers ateliers :

 

  • Savoir témoigner de son expérience : comment exprimer et expliquer sa mission sur place ;
  • Connaître les enjeux géopolitiques des régions dans lesquelles ils se rendent ;
  • Connaître les différents dispositifs et cadres d’envoi en mission ;
  • Discuter autour de l’interculturalité ;
  • Parler sécurité et savoir comment réagir dans des situations délicates ;
  • Avoir une meilleure connaissance des crises et conflits en milieu interculturel ;
  • Discuter de l’interreligieux, et notamment des relations entre chrétiens et croyants d’autres confessions ;
  • Connaître mieux les inégalités Nord-Sud ;
  • Savoir comment gérer les relations avec l’Eglise d’accueil.

 

Les futurs envoyés et les formateurs ©

En plus de tous ces ateliers complets et enrichissants, les envoyés ont été briefés sur toutes les questions pratiques et administratives, et d’anciens envoyés du Défap sont venus témoigner afin de partager leur expérience avec eux.

 

Culte d’envoi

 

Le culte d’envoi animé par le Secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, a clos la session.

Il a rappelé, lors de ce culte, les grands principes de l’envoi par le Défap, les raisons derrière ce programme.

Ce culte a constitué en la lecture de divers textes bibliques et prières, entrecoupés de chants et de mots de réflexion en rapport avec la mission de la part du secrétaire général.

 

Un bilan positif

 

Le bilan de la session de formation est positif : les envoyés étaient contents de cette période d’échange et d’apprentissage.

 

Les envoyés lors de la session de formation ©

 

Ces derniers ont participé à trois phases de bilan :

  • Un bilan personnalisé : une rencontre entre les responsables concernés du Défap et chaque envoyé afin de déterminer ce qu’il a appris, ce qu’il a trouvé particulièrement intéressant, etc.
  • Un bilan oral en groupe : chacun a partagé son opinion et a échangé à ce sujet ;
  • Un bilan écrit : les envoyés ont noté les différents modules mis en place tout au long de la formation.
  • Un bilan de cette évaluation sera fait par le service des envoyés : c’est une façon pour le Défap de voir si les trois phases de bilan se recoupent et de savoir où en sont les volontaires à la fin de la formation.

Chaque envoyé a retiré quelque chose de cette formation à hauteur de ses espérances.

C’est également un groupe qui a bien fonctionné : un véritable échange a eu lieu entre eux, ce qui est un des objectifs principaux de ce temps fort du Défap.

 

Lire notre article précédent sur la session de formation
Lire nos prières en lien avec la session de formation des envoyés : « Voyagez léger » et « Mission surprenante »

 




Des magazines pour les jeunes de Madagascar

Dominique Ranaivoson, envoyée à Madagascar, demande de l’aide pour les jeunes de l’IFRP : ils ont besoin de plus de matériel pour étudier.

« Les étudiants qui passent trois ans à l’Institut de recherches pédagogiques (IFRP) se forment en vue d’enseigner dans les écoles protestantes, un réseau de 530 établissements répartis surtout sur les Hauts-Plateaux, sur la Côte Est, et dans quelques villes du Nord (Diego, Sambava) et de l’Ouest (Majunga, Marovoay).

 

Les instructions ministérielles les obligent à enseigner partiellement en français mais malgré leur bac et leurs connaissances théoriques, peu arrivent à parler et à s’exprimer par écrit. Pratiquement aucun n’a possédé un autre livre que la Bible.

 

Les étudiants de l’IFRP

 

Des enseignants leur donnent des cours de langue classiques tandis qu’avec moi ils suivent des formations courtes et intensives à raison de deux fois par an (une à quatre semaines).

Les supports sont multiples pour pratiquer la langue dans diverses circonstances et aborder des sujets de fond spirituels et pédagogiques.

 

Les études bibliques, les chants, les sketchs, les sorties culturelles (festivals, foire du livre, visites), les jeux, la manipulation d’albums jeunesse, la préparation de spectacles sont autant d’occasions de se délier la langue et de se former l’oreille.

Le Défap soutient l’édition d’un recueil de textes divers, la Petite Bibliothèque portative, qui leur est offerte en début de cycle. C’est une vraie valise et l’on apprend à se servir de tout ce qu’elle contient.

 

Spectacle à l’IFRP

 

Faire un bilan de ces actions qui manifestement leur font plaisir serait périlleux : certains ont fait des progrès remarquables et d’autres se contentent de suivre mais tous reçoivent un encouragement dans cet accompagnement.

Celui-ci se manifeste aussi concrètement lors de leur sortie quand nous leur offrons une valise, sorte de trousseau contenant des ouvrages de base : Bible, dictionnaires, grammaire, albums d’enfants et de lecture pour les primaires, livres d’anglais pour d’autres.

 

Remise de malles à l’IFRP

 

Nous achetons une partie de ces ouvrages neufs sur place (Bibles, dictionnaires) mais sollicitons en France des dons de magazines jeunesse tels que Youpi, J’aime lire, Belles Histoires… Les romans en volumes sont trop lourds et trop difficiles à lire.

 

Les étudiants de l’IFRP vous remercient ! »

 

    Dominique Ranaivoson
Envoyée en courts séjours à Madagascar