La Lettre du Défap : dix ans déjà

Mai 2014 – juin 2024 : depuis dix ans, la Lettre du Défap vient apporter à chaque paroisse des nouvelles des envoyés, des projets, et plus largement des relations entretenues par-delà les frontières avec des Églises-sœurs présentes sur plusieurs continents. Créée à l’origine pour remplacer le magazine Mission, cette Lettre est aujourd’hui intégrée dans tout un écosystème d’outils de communication : site internet, réseaux sociaux, chaîne de podcasts, émissions radio… Le point sur ces évolutions avec ce numéro 38, déjà disponible au téléchargement, et très bientôt dans votre paroisse.
La Lettre du Défap, numéro 38 © Défap

 

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Le pasteur B. Vergniol, secrétaire général du Défap (2014-2017) écrivait dans son édito en 2014 : « La Lettre du Défap que vous avez entre les mains est un tout premier numéro. […] Elle a pour ambition d’être complémentaire de notre site internet, www.defap.fr, tout en reprenant quelques-uns de ses thèmes majeurs afin de satisfaire à la fois les internautes et ceux qui ne le sont pas. Nous avons conçu pour vous un bulletin essentiellement axé sur les actions que nous menons en France et à l’étranger, au nom des Églises protestantes de France. »

Depuis lors, l’espace de notre communication s’est élargi et ce numéro 38 de La lettre du Défap en fait ici un éventail : Facebook, YouTube, LinkedIn, Instagram, X (ex. Twitter), newsletter, une chaîne de podcasts… Tout cela indique une volonté d’adaptation en vue de toucher le plus grand nombre quel que soit l’âge et d’informer de la tâche que le Défap accomplit pour le compte de ses Églises membres ; une tâche dans laquelle Dieu s’incarne en « relation » et en « solidarité inter-ecclésiale transfrontalière ».

Aujourd’hui encore comme il y a dix ans, vous y trouverez l’essentiel des nouvelles des pays dans lesquels le Défap est engagé. Elle montre comment il continue et revisite sans cesse une fraternité qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Elle révèle dans ses lignes comment le Défap permet la rencontre, facilite la relation et invite à la réflexion sur la place et la responsabilité sociales et ecclésiales des Églises membres et des partenaires ; une plate-forme de réflexion et d’action au nom de l’évangile du Christ. L’action (Défap) et la communion (Cevaa) y sont déployées comme une épître adressée aux paroissien.nes.

Le Défap vous prie de l’accueillir comme une reconnaissance de vos soutiens tant spirituels que matériels.

Pasteur Basile ZOUMA
secrétaire général du Défap




S’engager, c’est bien ; sans se tromper, c’est mieux

À l’occasion de la présentation de la prochaine session de formation au départ des envoyés du Défap, retour sur une campagne tout juste lancée par France Volontaires, la plateforme de l’engagement international dont fait partie le Défap : elle cible le « volontourisme », pendant mercantile du volontariat international. Il se caractérise par des offres de « voyage solidaire » présentées par des organisations à but lucratif dans une logique purement commerciale, bien souvent au détriment de l’intérêt général et des populations. Pour lutter contre ces dérives, France Volontaires avait lancé un cycle d’ateliers dès fin 2020. La campagne de sensibilisation en cours a été mise en place avec l’organisation Friends-International.


De l’engagement solidaire, le « volontourisme » reprend généralement tous les codes. À ceci près qu’il est organisé par des entreprises, qui utilisent les méthodes commerciales du tourisme de masse sous couvert de l’image du volontariat international, afin de pouvoir faire du profit sur la misère et la détresse, mais aussi sur la bonne volonté de jeunes désireux de s’engager. Ces agences de voyage d’un genre particulier organisent leurs séjours, non pas en fonction des besoins des populations locales, mais plutôt de la loi de l’offre et de la demande. Les coûts des séjours de «volontourisme» sont généralement élevés, en moyenne 2000 euros / personne pour 2 semaines (vols non compris).

Alors que le rôle positif du volontariat international en faveur d’un monde plus solidaire a été souligné par le Secrétaire général des Nations unies, qui dans son rapport de synthèse de décembre 2014 notait que les volontaires constituent « un levier puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable », le « volontourisme », au mieux, n’apporte rien aux populations locales, et au pire, déséquilibre l’économie locale, entretient la pauvreté voire crée des inégalités nouvelles, tout en empêchant une vraie rencontre entre les volontaires et les populations locales, et en perpétuant les stéréotypes chez les uns comme chez les autres.

Les bonnes questions à se poser

Les acteurs du volontariat se mobilisent contre ces pratiques. En 2021, une loi a été adoptée pour encadrer les pratiques du volontourisme. Depuis, l’organisation Friends-International et France Volontaires travaillent pour alerter conjointement de ces effets néfastes sur toutes les parties prenantes, et font la promotion d’un volontariat respectueux dont l’impact sur les communautés locales se doit d’être bénéfique.

Afin de vivre une expérience de volontariat utile pour les communautés d’accueil comme pour soi, et qui ne porte pas préjudice à l’écosystème local, il faut bien préparer et se laisser le temps de mûrir son projet d’engagement. La recherche d’une mission de volontariat de qualité nécessite de se renseigner, se questionner, interroger, et bien souvent déconstruire des idées préconçues ou qu’on aurait fantasmées.

Pour vous y aider, voici une série de questions à vous poser (ou à poser) avant de vous engager :

  • Vos motivations : Questionnez votre projet de volontariat à l’international, mûrissez-le : Pourquoi voulez-vous partir ? Pourquoi à l’étranger ? Quelles sont vos aspirations ?
  • Les partenaires du projet : Quel est le statut de la structure qui propose une mission à l’étranger (entreprise, association…) ? Quels sont ses objectifs et ses valeurs ? Vous correspondent-ils ? La mission a-t-elle été construite en concertation avec la structure locale ? La mission se substitue-t-elle à un emploi local ? Fait-t-elle concurrence à une organisation locale ?
  • L’accompagnement : Une formation au départ est-elle prévue ? Un accompagnement durant la mission ? Et au retour ? Pouvez-vous être mis en contact avec des anciens volontaires/bénévoles ?
  • Les impacts : Quels sont les impacts (positifs, négatifs) de la mission en termes de contribution à l’intérêt général ? Et sur les communautés locales ? Ces impacts sont-ils mesurés ?
  • Les responsabilités : Quelle est la plus-value que vous pouvez apporter ? Quelles sont les compétences et qualifications nécessaires à la réalisation de la mission ? Pourriez-vous les exercer en France ?
  • La prise en charge de la mission : Les contributions financières demandées sont-elles raisonnables au regard du coût de la vie dans le pays ? Comment sont utilisées ces contributions et à qui sont-elles reversées ?
  • La protection des personnes vulnérables : La protection des personnes vulnérables (enfants, personnes en situation de précarité, malades…) est-elle prise en compte ? Des mesures de protection sont-elles mises en œuvre pour éviter toute forme d’abus ?



Dix jours pour se former au départ

En cette année 2024, la « session départ » du Défap est prévue du 1er au 11 juillet. Une période dense de formation pour les candidats au départ, avec des modules abordant aussi bien les questions de sécurité que d’interculturalité, la présentation des contextes dans lesquels s’effectueront les missions, les questions de santé… Mais aussi un moment privilégié d’échanges avec l’équipe du Défap, et entre futurs envoyés eux-mêmes, leur donnant l’opportunité d’interroger leurs motivations et de réfléchir à la manière dont ils se projettent dans leur future mission. Dix jours qui annoncent un changement radical, sachant qu’on revient toujours changé de l’expérience du volontariat…
Photo prise lors de la session 2023 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Les témoignages d’anciens envoyés du Défap regorgent de tranches de vie savoureuses, de remises en question et de découvertes. Découvertes sur des pays et des cultures où l’on s’immerge pour plusieurs mois ou plusieurs années, mais aussi découvertes sur soi-même. Et bien souvent, pour celles et ceux qui la vivent, l’expérience du volontariat international a un aspect décapant. Elle entraîne des prises de conscience, elle infléchit les choix de vie… « Je repartirai, c’est sûr. Et j’espère que vous partirez tous. Parce que ça change tout » : ces quelques mots d’Aurélie, ancienne envoyée du Défap au Cameroun, quelques mois après son retour, donnent une idée de l’impact que peut avoir l’expérience de l’engagement à l’étranger dans une vie. Elle y est retournée depuis lors, en mission courte, également avec le Défap. Samy, pour sa part, était parti à Madagascar pour une mission d’enseignement en 2017. Aujourd’hui, il y est toujours, et s’est spécialisé dans la formation des enseignants… Sans aller jusqu’à de tels changements de vie, tous les volontaires partis en mission ont pu expérimenter cette réalité qui est devenue l’un des slogans du Défap : « les échanges, ça vous change »…

Et c’est aussi pour cette raison que la session de formation au départ, organisée tous les ans au début du mois de juillet, est un moment si important dans la vie du Défap. Important pour les futurs envoyés : on ne part pas dans une telle aventure à l’improviste. Important pour l’équipe du Défap : une bonne partie de ses membres est mobilisée pour ces dix jours, outre les intervenants extérieurs. Une telle formation au départ est d’abord une obligation légale ; mais celle que dispense le Défap est reconnue comme l’une des plus fournies et des plus solides. C’est aussi une période charnière : pour les candidats au départ, elle intervient au bout d’un parcours de plusieurs mois rythmé par les rencontres avec la Commission Échanges de Personnes, la CEP, chargée de les sélectionner. Ces dix jours de formation représentent, pour les futurs volontaires, l’occasion de rencontrer enfin toute l’équipe du Défap et d’apprendre à mieux la connaître ; de découvrir aussi un peu plus le Défap lui-même, en étant logés sur place tout au long de la formation au départ ; et enfin, de se découvrir les uns et les autres, avant de partir, à l’automne, pour leurs divers lieux de mission… Ainsi, au-delà des thématiques abordées lors des présentations ou des ateliers, il y a dans cette période de formation brève, mais dense, un aspect d’échange et de rencontres indispensable. C’est au cours de ces quelques jours que se font les ultimes arbitrages, et que les candidats ont une dernière fois l’occasion d’interroger leurs motivations au départ…

Qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui rentre ?

Ouverture de la session 2021 de la formation des envoyés du Défap © Défap

Pour cette année 2024, cette « session départ » a lieu du lundi 1er au jeudi 11 juillet. En tout, une quinzaine de participants – la majorité étant des participantes – dont un couple. Ils et elles se destinent à partir pour des pays aussi divers que l’Égypte, la Tunisie, Djibouti, le Burundi, le Sénégal, Madagascar, l’île Maurice, le Bangladesh, l’Indonésie, le Cambodge, ou encore le Brésil. Et pour des missions aussi variées que de l’accompagnement scolaire ou de l’enseignement du français langue étrangère (FLE), des projets de santé, d’architecture, de la gestion de projets agricoles… Parmi ces futurs envoyés, certains partent sur des postes ouverts au sein d’institutions directement partenaires du Défap, d’autres bénéficient du mécanisme dit « d’intermédiation » qui permet à des organismes envoyant leurs propres volontaires de le faire via le Défap.

Au menu de ces dix jours de formation : des thèmes d’ordre pratique, comme les aspects administratifs de l’envoi ou les questions de santé ; d’autres davantage consacrés à l’interculturel et à la rencontre de l’autre, au contexte de la mission (contexte culturel, géopolitique ou ecclésial), à la prévention et à la gestion des crises et conflits… De manière générale, cette formation vise à répondre à quatre questions : qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui rentre ? Ce qui inscrit déjà la mission dans un temps plus long, et dans un contexte plus large. Si la question du « choc culturel » est largement abordée lors des « sessions départ », à travers plusieurs modules sur l’interculturel, il ne faut pas négliger pour autant le risque d’un « choc du retour » – un aspect qui est, pour sa part, plutôt abordé lors des « sessions retour » organisées chaque année en octobre avec les volontaires ayant achevé leur mission.

Et comme chaque année, cette session de formation des envoyés se clôturera par un culte d’envoi, célébré dans la chapelle du Défap, et ouvert à tous. Il aura lieu le jeudi en début d’après-midi, avec la participation des pasteurs Basile Zouma, Secrétaire général du Défap, et Jean-Pierre Anzala, Responsable du service Échange théologique.

Un aperçu d’une session de formation des envoyés du Défap © Défap

 




Rencontres missionnaires en Suisse

Les Secrétariats de la Cevaa, de DM et du Défap se réunissent en Suisse, à Bex, pendant trois jours, du 15 au 17 mai 2024. Des rencontres de ce type ont lieu tous les ans, et permettent à ces trois organismes missionnaires, qui partagent une histoire commune et nombre de leurs priorités, de coordonner leurs actions, d’évoquer leurs lieux d’engagement commun, de partager leurs réflexions sur les échanges de personnes… Cette année, la rencontre de Bex permet aussi de saluer l’action de Nicolas Monnier, directeur de DM depuis janvier 2015 et qui a choisi de quitter l’organisme suisse pour de nouveaux engagements.

Les représentants des trois Secrétariats Cevaa-DM-Défap, lors de la rencontre de mai 2024 à Bex © Défap

En 2023, la rencontre avait eu lieu à Versailles, à l’invitation du Défap. L’année précédente, à Sète, à l’invitation de la Cevaa. En cette année 2024, les représentants du Défap, de la Cevaa et de DM se retrouvent en Suisse, plus précisément à Bex, dans le canton de Vaud, à l’invitation de DM. Ces rencontres annuelles, dites « des trois Secrétariats », sont un des lieux de dialogue qui permettent à ces trois organismes missionnaires d’échanger sur leurs priorités communes et de coordonner leurs actions.

Entre la Cevaa, DM et le Défap, les liens sont nombreux. Sur le plan historique, tout d’abord : ces trois organismes sont nés à la même période, les années 1960-70, dans un milieu d’Églises protestantes qui s’efforçaient d’inventer de nouvelles collaborations ecclésiales dans un contexte marqué par la fin de la colonisation. DM, organisme missionnaire des Églises de Suisse romande, est né le premier, en 1963 ; la Cevaa et le Défap sont tous deux héritiers de la SMEP, la Société des missions évangéliques de Paris, qui choisit en 1971 de se scinder en une communauté d’Églises et en un organisme lié aux Églises de France pour pouvoir continuer à entretenir des relations sur un pied d’égalité entre Églises nées des travaux de la Mission de Paris. Enfin, les relations institutionnelles étaient présentes dès le début : à l’origine de la Mission de Paris, on trouve divers organismes européens, dont la Mission de Bâle ; et DM est lui-même en partie issu de la Mission de Paris.

De nombreux lieux d’engagement commun

L’arrivée en Suisse : les membres du Secrétariat du Défap avec Claudia Schulz, Secrétaire générale de la Cevaa © Défap

Entre ces trois organismes institués pendant la même période et entretenant des relations avec les mêmes pays, on retrouve encore aujourd’hui des domaines d’activité très proches, et des échanges réguliers. Parmi leurs points communs, l’envoi de personnes. Défap, Cevaa et DM ont donc régulièrement des envoyés présents dans leur réseau d’Églises ; certains de ces envoyés peuvent d’ailleurs parfois être volontaires pour l’un, puis pour l’autre organisme (c’est ce qui s’est déjà produit notamment pour des envoyés ayant la double nationalité française et suisse). Des partenariats peuvent aussi s’établir lors de la formation (des envoyés Cevaa ont pu participer à la formation au départ du Défap).

Parmi les autres points qui les rapprochent, on trouve aussi des lieux d’engagement commun, comme la CLCF (la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone), l’Institut Œcuménique de Théologie Al Mowafaqa, au Maroc, la revue Perspectives Missionnaires… Ou encore le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, qui cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Le Secaar bénéficie du soutien de DM notamment à travers des envoyés ; il est régulièrement sollicité par la Cevaa ; le Défap fait partie de ses membres fondateurs et s’est appuyé sur son expertise pour mettre en place son projet de compensation carbone.

Au revoir Nicolas Monnier !

Tous ces sujets sont au menu des échanges qui se déroulent à Bex, avec en outre des thématiques communes sur lesquelles les trois organismes ont eu à travailler au cours des dernières années : une séance de travail est ainsi prévue sur l’expérience de la réciprocité. Une autre est consacrée à l’Action commune de la Cevaa : lancée en octobre 2023 lors de l’Assemblée générale de Jacqueville (Côte d’Ivoire), elle a pour thème « Habiter autrement la création ». Cevaa, DM et le Défap partagent enfin des préoccupations communes : nécessaire adaptation aux changements des sociétés qui, partout en Europe, bousculent depuis plusieurs décennies à la fois Églises et organismes missionnaires ; et interrogations sur les finances – sujet sensible pour les trois organismes.

Cette rencontre est aussi l’occasion de saluer plus de huit années d’engagement de Nicolas Monnier à la tête de DM, dont il quitte la direction cette année. Mais son histoire commune avec le département missionnaire des Églises de Suisse romande avait en réalité commencé bien plus tôt, puisqu’avant d’en devenir le directeur en janvier 2015, il avait déjà été envoyé par DM au Mozambique en 2002 – une mission accomplie en famille, et qui représentait pour lui un retour aux sources, puisque c’est au Mozambique qu’il était né, de parents eux-mêmes missionnaires.




Djibouti : aider la population par la formation

Depuis des décennies, l’Église protestante évangélique de Djibouti (EPED) est engagée dans le développement et la formation des jeunes Djiboutiens afin de leur assurer un métier. Elle le fait à travers son Centre de Formation, qui s’adresse à un public d’enfants de 3 à 6 ans, mais aussi d’adultes voulant se former en langues étrangères (anglais et français), en informatique, bureautique et en communication de l’entreprise. Vitrine de l’action sociale de l’EPED, ce Centre, qui bénéficie du soutien du Défap, détient une solide expérience dans la formation des jeunes en général, et des jeunes en situation de handicap en particulier. Présentation par le pasteur Pierre Thiam, administrateur du Centre.

Remise des diplômes aux étudiants de la promotion 2023 au centre de formation de l’EPED © EPED

Le Centre de formation de l’Église protestante évangélique de Djibouti (EPED) est un point de passage pour divers jeunes garçons et filles de la capitale et des régions en quête de formations professionnelles. C’est la structure de service social de l’Église qui accompagne les jeunes à travers des formations professionnelles porteuses d’opportunités sur le marché du travail. Il s’ouvre sans exception à tous les élèves. L’accompagnement et la confiance des partenaires lui permettent d’être à la hauteur de sa mission de solidarité avec les populations.

Ses actions rapprochent l’Église de la population, donnent une visibilité certaine à l’Église sur le terrain et permettent de tisser des relations à tous les niveaux.

À Djibouti, l’Église protestante est bien connue de la population, des ministères du gouvernement, des organisations onusiennes, des agences d’État ou des ONG internationales. Toutes ces institutions sont des partenaires locaux de l’EPED à travers les nombreuses formations que le Centre a déroulées avec leur partenariat. Cela en fait un lieu de rencontre entre partenaires, certains d’entre eux s’y voyant pour la première fois. Quant aux élèves, ils y rencontrent les grands responsables qui animent la vie politique, sociale et économique du pays.

Un rôle social reconnu par les autorités djiboutiennes

Jeunes du centre de formation de l’EPED lors d’une installation électrique fonctionnant grâce à des panneaux solaires © EPED

Plusieurs personnalités visitent chaque année le centre de formation de l’Église. C’est le signe que l’EPED fait le pont entre les partenaires et permet de tisser des liens de solidarité dans le pays.

Un des chargés de mission à la présidence de la République, en visite dans les locaux, disait aux jeunes en formation : « Ne voyez pas seulement les signes distinctifs de l’Église à Djibouti mais regardez tout le travail social qu’elle fait dans notre pays pour le bien des populations ». Cette déclaration, non seulement résume le travail de l’EPED, mais constitue aussi un appel à maintenir l’œuvre sociale au service de la population.

Lieu d’inclusion sociale, le Centre accueille ensemble des élèves en situation de handicap, des enfants de la rue pour l’alphabétisation et des élèves valides pour apprendre à construire ensemble, une société où le droit de chaque personne est respecté, surtout le droit à l’éducation et le droit au bien-être.

Pasteur Pierre THIAM,
Église protestante évangélique de Djibouti




Journée internationale du volontariat : le pouvoir de l’action collective

La Journée internationale des Volontaires (JIV), organisée chaque 5 décembre, est placée en cette année 2023 sous le thème : #IfEveryoneDid. Si tout le monde s’engageait… le monde serait meilleur. Une utopie ? Depuis des années, le rôle crucial des volontaires internationaux en faveur de la paix, en faveur d’une meilleure compréhension entre les peuples, pour améliorer la résilience des sociétés face aux crises, est mis en avant par l’Onu. Ainsi que par les plateformes et collectifs avec lesquels le Défap est en lien, et qui œuvrent dans le domaine du volontariat, comme France Volontaires ou le CLONG Volontariat. À partir de ce 5 décembre et jusqu’à Noël, vous pourrez retrouver sur le site du Défap une série de témoignages de nos volontaires qui, chacune et chacun à sa manière, contribuent à construire un monde plus solidaire. Et ne manquez pas, le 17 décembre sur Fréquence protestante, l’émission « Courrier de mission », qui vous présentera les regards croisés de trois envoyés du Défap sur l’Égypte.

#IfEveryoneDid, thème de la Journée internationale des Volontaires 2023 © unv.org

Chaque année, le 5 décembre est l’occasion de rendre hommage aux volontaires du monde entier et de reconnaître la valeur du volontariat dans la promotion de la paix et du développement. Cette date est celle de la Journée internationale des Volontaires : elle a été choisie par les Nations Unies en 1985, avec l’idée de sensibiliser le public dans tous les pays, et de susciter les engagements. Cet intérêt affiché par l’Onu ne s’est jamais démenti : en 1997, l’Assemblée générale avait ainsi proclamé 2001 « Année internationale des volontaires ». Et à partir de 2011, les célébrations du dixième anniversaire de cette année spéciale ont donné lieu à des opérations de communication à grande échelle coordonnées par l’Onu, poursuivies les années suivantes et déclinées dès lors sous des thématiques mettant en avant l’impact positif du volontariat dans le monde. Pour 2012, c’était « Célébrer le volontariat » ; 2013 a permis de rendre un hommage particulier à la contribution des jeunes volontaires à la paix mondiale et au développement humain ; la Journée internationale du volontariat 2018 a mis en avant le rôle du volontariat pour améliorer la résilience des communautés face aux catastrophes naturelles, aux tensions économiques et aux chocs politiques…

L’année 2023 met en avant le pouvoir de l’action collective, à travers ce mot d’ordre : « If everyone did »… Les inégalités croissantes dans le monde incitent à coopérer pour trouver des solutions communes. Les volontaires, réunis par la solidarité, par leur action au quotidien, élaborent des solutions aux défis du développement et pour le bien commun. La manière dont ils et elles contribuent à un monde plus solidaire a été soulignée dès décembre 2014 par le Secrétaire général des Nations unies, qui dans son rapport de synthèse évoquait leur action comme « un levier puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ». Le volontariat de solidarité internationale (VSI) est une force à ne pas négliger : chaque année, ce sont ainsi 2000 volontaires qui partent sous statut VSI par le biais d’une trentaine d’associations agréées. Si l’on y ajoute d’autres statuts que celui de VSI, ce sont 10.000 personnes qui partent à l’étranger pour agir dans le domaine de la solidarité internationale. Et le développement de la réciprocité dans le volontariat international permet aussi de nourrir des relations plus équilibrées, des liens de coopération et de solidarité entre les pays plus solides et harmonieux.

Un travail en réseau

Session 2023 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Des valeurs que le Défap porte aussi à travers ses envoyés et à travers sa participation à la plateforme France Volontaires, ou au CLONG Volontariat (Comité de Liaison des ONG de Volontariat). Le travail du Défap est un travail en réseau : qu’il ait lieu en France ou à l’étranger, il ne peut exister que grâce aux liens noués et entretenus avec de nombreux partenaires. Des Églises, tout d’abord, puisqu’entretenir des relations entre communautés protestantes au près comme au loin est la vocation première du Service protestant de mission ; un riche milieu associatif, ensuite, puisque ces relations ne peuvent exister sans que se développent des actions et des projets en commun – et que ces projets relèvent souvent de l’éducation, du développement ou de la santé ; les pouvoirs publics, enfin, qui fixent le cadre nécessaire à ces relations et ces partenariats, et définissent les statuts des personnes amenées à travailler à l’étranger. Dans ce cadre, le Défap est un acteur à part entière de la solidarité internationale, à l’expertise reconnue, et membre de diverses plateformes au sein desquelles il travaille en commun avec des ONG dont les problématiques recoupent les siennes.

À partir de ce 5 décembre, vous pourrez donc écouter régulièrement sur le site du Défap des témoignages de nos volontaires. Vous pouvez déjà retrouver ci-dessous ceux de Nicolas, volontaire en Afrique du Sud ; de Pierre, à Djibouti ; de Stefanie et de « Ben », en Tunisie… Prochain épisode : rendez-vous avec Magda, service civique venue d’Égypte et accueillie en France, qui a effectué une mission de service civique chez les Diaconesses de Strasbourg.

Et pour aller plus loin, réécoutez cette émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante, et consacrée au recrutement et au suivi des volontaires : Anne-Sophie Macor, responsable du service RSI (Relations et Solidarité internationale) y évoque, au micro de Guylène Dubois, le parcours des « envoyés » du Défap, depuis le premier contact jusqu’à la fin de leur mission.
 

Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor, émission présentée par Guylène Dubois

Courrier de Mission
Émission du 17 septembre 2023 sur Fréquence Protestante



Session retour 2023 : de partout… vers Paris

La « session retour » des envoyés du Défap, module symétrique de la session de formation, a lieu cette année les mardi 28 et mercredi 29 novembre. Deux journées denses qui combineront moments de témoignage lors des sessions de groupe, et entretiens individuels, debriefing sur la mission de chacun et préparation à la réinsertion après le retour… Avec plusieurs enjeux : éviter le « choc du retour » et permettre aux participants de valoriser leur expérience de volontaires ; et préparer l’avenir, en songeant à la fois aux futurs envoyés qui prendront la suite sur les mêmes postes, et à des modalités d’engagement futur en lien avec le Défap.

Travaux de groupe lors d’une « session retour » des envoyés du Défap © Défap

Ils et elles seront une petite dizaine, en cette fin novembre, à prendre part à la « session retour » des envoyés. En provenance d’Égypte, de Madagascar, du Liban, de Côte d’Ivoire… mais aussi de France, puisque cette session 2023 va, pour la première fois, intégrer des volontaires en service civique accueillis en France, et venant d’Églises partenaires du Défap dans d’autres pays. Après plusieurs mois ou plusieurs années en mission dans un autre pays, les voilà de retour – ou sur le point de rentrer. Et il s’agit tout à la fois de faire le point sur ce qui a été fait, partagé et vécu ; d’échanger avec d’autres volontaires sur leur propre expérience ; de préparer cette période de l’après-mission, qui est tout aussi cruciale que celle du départ.

Parmi les participants de cette session, une grande diversité, à la fois dans les missions, mais aussi dans les profils. Armonie était ainsi partie comme VSI (Volontaire de Solidarité internationale) pour une mission d’enseignement à Madagascar. Elle est restée deux ans sur place, auprès d’enfants d’Antsirabe et Betafo. Également à Madagascar, Timothée s’adressait pour sa part à un autre public : titulaire d’un doctorat en Nouveau Testament, il enseignait la théologie. Parti en famille, il a passé cinq ans à Tananarive, où il était professeur titulaire à l’Institut Supérieur de Théologie Évangélique (ISTE). Étienne, parti comme VSI en Côte d’Ivoire, faisait de la gestion de projet auprès de l’Union des Églises Évangéliques Services et Œuvres, partenaire ivoirien de la Mission biblique. Julien était sur une mission de service civique en Égypte, au Caire, où il avait un rôle d’assistant d’éducation et d’accompagnement aux devoirs. Mona et Magda, pour leur part, venaient d’Égypte et ont effectué une mission de service civique en France, auprès des Diaconesses de Strasbourg. Believe, également venue en France pour une mission de service civique, qu’elle a effectuée à Marseille, est pour sa part originaire du Togo… Tous et toutes auront l’occasion d’échanger pendant les deux jours de cette « session retour », qui se tient cette année les mardi 28 et mercredi 29 novembre.

Le volontariat à l’international, une expérience à valoriser

L’expérience du volontariat à l’international agit toujours, pour celles et ceux qui la vivent, comme un révélateur. Elle met en lumière les forces et les faiblesses, les capacités d’adaptation, et toute personne qui est amenée à partir en mission en est nécessairement transformée. D’où l’importance, dans un premier temps, de la préparation au départ : non seulement il s’agit d’une obligation légale pour le Défap, mais c’est aussi l’occasion de fournir une « boîte à outils » aux volontaires s’apprêtant à laisser derrière eux leurs familles, leurs amis et leurs habitudes, de manière à les préparer à vivre pour le temps de leur mission dans un contexte radicalement différent, où ils seront confrontés à des enjeux nouveaux. De manière symétrique, les « sessions retours » représentent pour les envoyés revenant de mission l’une des rares occasions de se retrouver ensemble et de partager une expérience commune.

Au menu de ces deux journées denses : retours sur les missions des uns et des autres, avec des moments de témoignage au cours desquels chacune et chacun pourra évoquer sa découverte de la mission et de ses défis, de son contexte et du pays. Mais aussi préparation à la réinstallation, avec une préoccupation : transformer le vécu de la mission en expérience, pour qu’elle soit valorisée et qu’elle devienne un atout. Il n’est pas question de revenir simplement prendre sa place dans son milieu social ou familial, dans ses études ou sa vie professionnelle : faute de quoi, le risque est grand de connaître un « choc du retour », rendant la réinstallation plus difficile que le départ lui-même.

Ces « sessions retour » permettent aussi de replacer chaque projet individuel dans un projet collectif : car chacune de ces aventures vécue par les envoyés a été rendue possible par un cadre et par des relations établies de longue date entre le Service protestant de mission et ses partenaires. Il s’agit donc de faire en sorte que cette expérience du volontariat ne se limite pas à une parenthèse, ni pour les envoyés eux-mêmes, qui ont acquis une expérience au cours de la mission dont pourront bénéficier les futurs volontaires amenés à leur succéder, ni pour le Défap, pour lequel ils peuvent désormais, après avoir joué le rôle d’envoyés, endosser celui de témoins. Enfin, au-delà des sessions de groupe, ces deux journées seront l’occasion d’entretiens individuels avec le service du Défap chargé du suivi des volontaires.




Avec DM, soutenons la formation théologique

DM, le « cousin suisse » du Défap, fête ses 60 ans d’existence ce samedi 18 novembre à la cathédrale de Lausanne. Une célébration qui viendra en point d’orgue d’une année entière consacrée à cet anniversaire, et marquée par une soixantaine de gâteaux partagés avec des partenaires – dont le Défap. Car entre les deux institutions, les liens sont anciens et les passerelles nombreuses : proximité des visions et des modalités d’engagement, même pratique de l’envoi de personnes, soutien aux mêmes organismes œuvrant dans les milieux d’Églises, comme le Secaar en matière d’environnement, ou la CLCF en matière de formation théologique et de soutien aux bibliothèques universitaires… Précisément, DM consacre son appel de Noël à la CLCF. Avec un peu plus de 100 €, vous pouvez, vous aussi, permettre l’envoi de quatre livres neufs de théologie dans une de ces bibliothèques, pour aider à la formation de futurs pasteurs.

Une des formations organisées par la CLCF à destination des personnels de bibliothèques universitaires des facultés de théologie © CLCF

 

Je donne pour la CLCF

Une soixantaine de gâteaux partagés avec autant de partenaires… Tout au long de l’année 2023, au fil de leurs déplacements, les représentants de DM sont allés aux quatre coins du monde souffler des bougies en compagnie d’Églises ou d’organismes liés à des Églises, avec lesquels ils mènent des projets dans les domaines de l’agroécologie, de l’éducation, de la théologie… En Égypte, ils ont partagé un gâteau avec la paroisse protestante du Caire et d’Alexandrie ; en Côte d’Ivoire, un autre gâteau à Jacqueville, à l’occasion de l’Assemblée générale de la Cevaa ; un autre lors de l’Assemblée générale du Comité exécutif de l’ACO, l’Action Chrétienne en Orient ; au Bénin, avec le CIPCRE (Cercle International pour la Promotion de la Création) ; avec le département éducation de la FJKM, l’Église réformée malgache, à Madagascar ; avec, bien sûr, toutes les Églises de Suisse romande… À Paris, c’est à l’occasion de l’Assemblée générale du Défap, en mars, que DM est venu souffler les bougies de son soixantenaire.

Cette année de célébration va culminer samedi, 18 novembre, avec un culte spécial organisé à partir de 16 heures à la cathédrale de Lausanne. La prédication sera assurée par le Rev. Dr. Carlos Emilio Ham, pasteur cubain, recteur du SET (Seminario Evangelico de Theologia) ; à noter, pour les chants, la présence de chorales de communautés malgaches et coréennes.

Le Défap et DM, des liens anciens et nombreux

Célébration des 60 ans de DM au Mexique © DM

Cet anniversaire des 60 ans fêté tout au long de 2023, quand le Défap a fêté son cinquantenaire tout au long de 2021, est l’occasion de rappeler les liens qui unissent les deux organismes. DM, c’est un peu le cousin suisse du Défap. Né durant la même période mais quelques années auparavant ; œuvrant dans des milieux d’Églises similaires et invité comme le Défap aux Conseils et aux Assemblée générales de la Cevaa (DM est ainsi le département missionnaire des Églises de Suisse romande, quand le Défap réunit trois unions d’Églises protestantes françaises de tradition luthéro-réformée). Avec des modalités d’engagement et des visions très proches, une même pratique de l’envoi de personnes, des zones d’intervention qui se recouvrent en partie… DM a une histoire qui se rattache à la Société des missions évangéliques de Paris, dont est directement issu le Défap. DM et Défap ont eu l’occasion d’organiser des sessions communes de formation de volontaires, ainsi que des « sessions retour ». Des envoyés du Défap ont pu par la suite devenir envoyés de DM. Défap et DM sont en lien avec de nombreux partenaires communs. C’est le cas du Secaar, organisation au service du développement holistique, qui regroupe 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, et dont le Défap est membre fondateur. C’est également le cas de la CLCF, la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone, association missionnaire fondée par le Défap et DM au service des Églises et des institutions de formation théologique protestantes francophones à travers le monde. Son directeur, Maïeul Rouquette, a participé à la session de formation 2022 des envoyés du Défap. On retrouve dans son conseil d’administration Philippe Wasser, représentant de DM, ainsi que Claire-Lise Lombard et Jean-Pierre Anzala, représentants du Défap.

Ce que fait la CLCF

Précisément, DM consacre son appel de Noël à la CLCF. Un organisme discret mais dont le champ d’action est large : il couvre en effet l’Océan Indien (Madagascar, Réunion, Maurice), toute l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest, le Pacifique (Polynésie française, Nouvelle Calédonie, Fidji) et les Caraïbes. La CLCF favorise l’échange des savoirs théologiques en formant, équipant et accompagnant les bibliothèques théologiques d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Concrètement, elle envoie des conteneurs de livres à ses bibliothèques partenaires, organise des programmes de formation des auxiliaires de bibliothèque. Elle travaille avec une centaine d’institutions du monde protestant francophone.

Maïeul Rouquette (deuxième en partant de la droite) lors d’un déplacement au Cameroun © Maïeul Rouquette / CLCF

Pour 2024, la CLCF prépare un conteneur de livres à destination de 15 institutions d’Afrique centrale, ainsi qu’une formation d’un mois pour 15 bibliothécaires en août à Butare au Rwanda. En répondant à l’appel de DM, vous contribuerez à soutenir une institution qui associe DM et Défap depuis plus de trente ans, mais surtout, vous pourrez aider de manière concrète la formation théologique en Afrique francophone : en donnant un peu plus de 100 euros, vous permettrez l’envoi de quatre livres neufs de théologie. Avec 200 euros, vous contribuerez à un séjour de formation pour un.e bibliothécaire :

Je donne pour la CLCF

Comme le rappelle Maïeul Rouquette, « des bibliothèques bien fournies et bien organisées favorisent la formation théologique des futur.es pasteur.es et des leaders d’Église. » Retrouvez ci-dessous un entretien dans lequel il revient sur ce que lui a apporté son parcours en théologie, et partage les raisons qui l’ont poussé à s’engager au sein de la CLCF.

 




Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël

Chaque année, le Conseil œcuménique des Églises (COE) consacre la troisième semaine de septembre à des appels et à des actions pacifiques destinés à promouvoir, à travers le monde, une paix juste en Palestine et en Israël. En cette année 2023, la Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël se déroulera du 16 au 23 septembre, sur un thème inspiré de Matthieu 8,20 : «Nulle part où poser la tête». Le COE est également à l’origine du programme EAPPI (Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel), dont les buts sont d’apporter une présence pour apaiser les tensions, et de témoigner de la situation sur place. Il fait appel non seulement à des volontaires internationaux (en France, leur recrutement et leur suivi administratif sont assurés par le Défap), mais aussi à des organisations plaidant pour le respect des droits humains, tant côté palestinien que côté israélien.

Aqabat Jabr, camp de réfugiés palestiniens dans la vallée du Jourdain, à trois kilomètres au sud-ouest de Jéricho © EAPPI

Des ressources, réflexions, prières et autres textes sont proposées par le Conseil œcuménique des Églises pour aider les Églises et toutes les personnes de bonnes volontés à célébrer la Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël, du 16 au 23 septembre 2023. Pendant cette semaine, qui comprend la Journée internationale de prière pour la paix, le 21 septembre, les organisations chrétiennes, les paroisses et les croyant-e-s sont invité-e-s à rendre un témoignage commun en participant à des célébrations religieuses, à des événements pédagogiques et à des actions de soutien en faveur de la paix et de la justice pour les Israélien-ne-s et les Palestinien-ne-s.

Cette année marque le 75e anniversaire de la Nakba («catastrophe») de 1948 pour le peuple palestinien, et le comité de préparation des supports s’est interrogé sur l’injustice pour la famille. Il a choisi le verset Matthieu 8,20 de la Bible pour énoncer la question telle que présentée par Jésus Christ: «Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où poser la tête»

C’est à partir de ce verset que le thème de la Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël 2023 a été choisi: «Nulle part où poser la tête». Il décrit l’épreuve endurée par les familles palestiniennes et d’autres populations qui rencontrent des difficultés pour créer un foyer uni.

« Il est temps de chercher une paix juste »

Le pasteur Jerry Pillay, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), a rappelé que le COE soutenait le peuple palestinien et le peuple israélien à la recherche de la paix, de la justice et de la réconciliation.

«Nous devons œuvrer ensemble à l’édification d’un avenir meilleur, plus humain et plus sûr pour toutes et tous», a déclaré le pasteur Pillay. «Les enfants et les familles ne devraient pas vivre dans l’incertitude et la division, et certainement pas pendant des décennies. Il est temps de chercher une paix juste en Palestine et en Israël afin que les familles puissent poser la tête dans la paix, l’amour, l’unité et la joie.»

Le pasteur Kenneth Mtata, directeur du programme Témoignage public et diaconie du COE, a exhorté les personnes du monde entier à prier pour la Terre Sainte, en septembre et tout au long de l’année. «Prions ensemble pour que la situation – une situation dans laquelle tant de femmes, d’enfants et de famille n’ont nulle part où poser la tête – évolue», a-t-il précisé. «Nous, les Églises, efforçons-nous de préparer un monde où chacun et chacune pourrait non seulement poser la tête, mais également partager la paix.»




Tunisie : expérimenter face au changement climatique

Pour l’Église Réformée de Tunisie, la lutte contre la désertification entraînée par le réchauffement climatique est devenue un des axes majeurs de son engagement. Il se concrétise par ses relations avec l’association Abel Granier et avec l’ATAE (Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale), à travers des actions de sensibilisation et de formation des populations rurales. Des actions dans lesquelles s’implique Benoît Mougel, natif des Vosges mais présent depuis 2009 dans le pays, et qui sont soutenues par le Défap. Prochain objectif pour l’ATAE : mettre en place une ferme expérimentale, destinée à servir de vitrine de ses méthodes tout en permettant de faire vivre sur place des familles d’agriculteurs.

Un exemple des actions de l’ATAE en Tunisie : l’accompagnement de cinq familles d’agriculteurs dans la région de Bizerte sur la tenue de leurs oliveraies © ATAE

À 40 ans, Benoît Mougel a déjà vécu 14 ans en Tunisie. Lorsque ce natif des environs de Neufchâteau, dans les Vosges, est arrivé dans le pays en 2009, c’était pour y poursuivre sa formation théologique. Après quatre années d’études à l’Institut Biblique de Genève, il venait s’installer en famille pour suivre un stage pastoral au sein de l’ERT (l’Église Réformée de Tunisie). Ce devait être un séjour de deux ans. Il y vit toujours. Et son engagement au sein de l’Eglise, dont « Ben » est l’un des pasteurs à Tunis, se double désormais d’un engagement social, notamment auprès des agriculteurs tunisiens.

Cette odyssée tunisienne, qu’il vit avec son épouse Patricia et avec leurs enfants, trouve d’abord des racines dans son histoire personnelle. « Pur produit de la campagne », témoignait-il récemment dans un article de la revue Missiologie évangélique, « j’ai assez rapidement rêvé de devenir paysan. Ma bonne mère m’a rappelé il y a quelque temps ces paroles dites dans ma tendre enfance : Quand je serai grand, je lirai la Bible à mes vaches… » Mais elle s’explique aussi par des rencontres. Celle, tout d’abord, de May Granier et de l’association Abel Granier, du nom du père de May, pasteur né dans le Nord-Ouest de la Tunisie et qui avait consacré sa vie à réhabiliter des terres rendues incultes par le climat sec et par les mauvaises pratiques agricoles. Cette découverte devait réveiller le paysan toujours présent dans le cœur de « Ben » et le pousser à s’investir dans le domaine du développement agricole durable. Autre rencontre cruciale : celle du Secrétaire général du Défap, qui devait lui permettre de poursuivre son engagement avec le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale). Entretemps, les Mougel ont vécu des années au rythme des soubresauts de l’histoire tunisienne. «On a vécu la « révolution de jasmin » en 2010-2011», témoigne-t-il aujourd’hui. « C’est une des choses qui nous ont attachés à la Tunisie : voir cet enthousiasme, cette ferveur des gens », et leur volonté « de s’exprimer, de s’engager ». Mais après le départ du président Zine el-Abidine Ben Ali en janvier 2011, fuyant les manifestations massives de la population tunisienne, sont venues aussi les périodes de désillusion.

« En tant que communauté, comment peut-on être une bénédiction pour notre pays ? »

Récolte de fourrage dans une exploitation accompagnée par l’ATAE © ATAE

« La Tunisie, c’est un pays qui vit depuis des années des difficultés politiques, économiques, sociales », souligne Benoît Mougel. « C’est un pays qui souffre, à plein de niveaux différents. » Et le changement climatique n’est pas le moindre de ces maux, avec « des années de plus en plus difficiles, un manque de pluie, des épisodes de sécheresse de plus en plus importants, des températures qui dépassent parfois les 50 degrés »… La Tunisie apparaît ainsi comme l’un des pays les plus exposés aux risques de désertification : selon la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), une hausse des températures de 2 degrés sur dix ans s’est déjà traduite par une perte de 15 000 ha/an de terres agricoles.

C’est l’ampleur de cette menace qui a poussé l’Église Réformée de Tunisie à resserrer ses liens avec l’association Abel Granier et avec l’ATAE (Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale), qui en est directement issue. « C’est devenu un engagement d’Église », explique Benoît Mougel. « On se dit : en tant que communauté, comment peut-on être une bénédiction pour notre pays ? » En dépit de la croissance des zones urbaines, la population rurale représente encore près du tiers des habitants du pays. Une population qui a particulièrement souffert, non seulement de la crise consécutive à la « révolution de jasmin » qui a entraîné une décennie de croissance perdue, selon les chiffres de la Banque mondiale, mais aussi de la désertification qui menace les terres agricoles.

Benoît Mougel lors de son dernier passage au Défap © Défap

En multipliant les partenariats, et avec le soutien de volontaires envoyés par le Défap, l’ATAE informe, sensibilise les petits exploitants aux pratiques agricoles qui peuvent leur permettre de réhabiliter des terres apparemment trop arides pour supporter encore des cultures. Si elle reste une petite structure, animée par une dizaine de personnes, elle revendique l’accompagnement de 200 familles d’agriculteurs et des actions de sensibilisation dans 11 des 24 gouvernorats du pays. Mais au-delà, « Ben » et les membres de l’ATAE veulent mettre en place une structure qui sera une vitrine de leur action : une ferme expérimentale. « On travaille depuis 2017 pour porter ce projet », témoigne Benoît Mougel. « L’idée est d’avoir un lieu où l’on pourra mettre en pratique différentes méthodes développées par l’association Abel Granier, mais aussi développer de nouvelles techniques. Il s’agira également de voir les besoins des agriculteurs de manière plus large, au-delà des seules techniques agricoles : en réfléchissant aux aspects culturels, aux questions d’habitat et d’éco-construction… » Un lieu d’expérimentation, donc, mais dont la production devra aussi lui permettre d’être autonome sur le plan financier. « Ben » est confiant : « On a une petite équipe sur place, un nouveau VSI va nous rejoindre en septembre, puis un service civique en novembre… On a déjà commencé les activités dans une ferme qui nous accueille et qui joue un peu pour nous le rôle d’incubateur. »

 

Retrouvez ci-dessous le teaser du documentaire « Olivier, mon héritage » tourné par l’ATAE dans le gouvernorat de Bizerte, qui retrace deux ans d’accompagnement de cinq agriculteurs sur la tenue de leurs oliveraies, leurs défis et leur amour pour l’agriculture :

 

Retrouvez prochainement l’interview de « Ben » sur son engagement auprès de l’Église Réformée de Tunisie et pour la sauvegarde des terres agricoles, en podcast et sur le site du Défap.




Formation des envoyés du Défap : revivez la session 2023 en images

La session 2023 de formation des envoyés du Défap s’est tenue au 102 boulevard Arago, à Paris, du 3 au 13 juillet. Temps de rencontre et d’échanges, visite de la bibliothèque : retrouvez-nous en images…
Session 2023 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Tout au long de cette session 2023, vous avez pu nous suivre sur Facebook :

 

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Formation au départ : premiers échanges, premières découvertes

La session 2023 de formation des envoyés du Défap a commencé le 3 juillet au 102 boulevard Arago, à Paris. Une période dense d’une dizaine de jours que les candidats vont passer ensemble, non seulement pour acquérir une « boîte à outils » indispensable pour leur future mission, mais aussi pour apprendre à mieux se connaître et mûrir leur projet.
Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : les participants s’installent avant la présentation de l’équipe du Défap… © Défap

 

Lundi 3 juillet : dès le matin, le bâtiment du Défap se remplit de bruits de voix et d’allées et venues. Cette journée marque le début de la session de formation des envoyés : une période courte (une dizaine de jours) mais dense, à la fois pour les candidats au départ et pour les responsables de la formation. Pour celles et ceux qui s’apprêtent à partir à Djibouti, au Tchad, au Cameroun, en Tunisie, à Madagascar, les profils sont très divers, de même que leur connaissance des pays et des cultures de leur futur lieu de mission : jeunes professionnels ou encore en cours d’études, praticiens aguerris de l’international… Et les motivations pour partir sont tout aussi variées. Parmi la petite vingtaine de futurs envoyés qui se rassemblent peu à peu devant le buffet préparé dans le hall d’accueil, et commencent à échanger avec l’équipe du Défap, plusieurs générations sont représentées. Il y a celles ou ceux qui partent seuls, et pour qui cette mission sera une découverte ; il y a aussi des couples, déjà engagés dans des projets au long cours dans des pays qu’ils connaissent… Certaines et certains, la plupart, partiront sous statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) ou de Service civique, mais le Défap envoie aussi des pasteurs outre-mer… Une diversité qui favorise d’emblée les conversations, mais qui constitue aussi un défi pour la formation. Pour y répondre, une bonne partie de l’équipe est mobilisée, ainsi que des intervenants extérieurs ; avec des modules qui, plutôt que des savoirs théoriques, visent à fournir aux futurs envoyés une « boîte à outils » qui leur permettra de s’adapter au mieux une fois sur le terrain de leur mission.

Ce temps de formation s’inscrit dans un cadre légal, avec des obligations claires : les futurs VSI doivent une préparation technique adaptée à la nature de la mission, une information pertinente sur les conditions dans lesquelles elle devra s’exercer, et une sensibilisation aux relations interculturelles. Les futurs Services civiques doivent recevoir une formation civique et citoyenne. Mais les sessions de formation du Défap se distinguent à la fois par leur durée et par les sujets abordés, qui vont bien au-delà de ce cadre imposé. Pendant une dizaine de jours, les futurs envoyés vivront sur place, auront l’occasion de se découvrir, d’approfondir les raisons qui les poussent à partir… Si le besoin de vivre une expérience solidaire est largement partagé, certains connaissent bien les milieux d’Église dans lesquels leur mission va se dérouler, d’autres peu ou pas ; dans tous les cas, il convient de répondre à quatre questions essentielles : Qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui revient ?

Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : premier atelier pour « briser la glace »… © Défap

 

Le départ en mission, une expérience qui influe sur toute une vie

Ces quatre questions, Anne-Sophie Macor, qui fait partie de l’équipe du Défap où elle a notamment la responsabilité du suivi des envoyés, ne manque pas de les rappeler aux participants une fois ceux-ci installés dans la chapelle du 102 boulevard Arago, et après la présentation des permanents du Défap. C’est autour de ces questionnements qu’ont été construits ces dix jours de formation. Pour les futurs envoyés, cette période passée en commun au sein des locaux du Défap doit leur permettre de se préparer ; de partager une vision commune ; de s’inscrire dans un cadre ; d’acquérir de la confiance dans une structure qui assurera leur suivi à l’étranger tout au long de leur mission. Pour le Défap, il s’agit également de mieux connaître les envoyés – cette session vient alors compléter les divers entretiens que les uns et les autres ont eus tout au long du parcours de sélection de leur candidature – et aussi de se questionner sur leurs projets. « On a voulu avoir la formation la plus exhaustive possible, souligne Anne-Sophie Macor au cours de ce premier module de la matinée, avec un panel large d’intervenants, pour que vous puissiez avoir plusieurs points de vue. Les modules sont le plus interactifs possible : l’idée, c’est vraiment un enrichissement mutuel ».

Premiers échanges dans le jardin à la pause… © Défap

 

Au cours de cette première journée, après la rencontre de l’équipe des permanents du Défap et la présentation du programme par Anne-Sophie Macor, les envoyés ont droit à une visite de la bibliothèque : un lieu aux richesses inégalées en ce qui concerne l’histoire des missions protestantes, depuis les débuts de la SMEP (Société des Missions Évangéliques de Paris, l’ancêtre du Défap) jusqu’à aujourd’hui… mais aussi riche de ressources utiles pour les candidats au départ : c’est là qu’est établie la bibliographie distribuée à tous les participants de la session. Les journées suivantes verront se succéder les modules et les ateliers, de 9h30 à 18h30 : interculturalité, cadre de la mission, engagement personnel, questions de santé et de sécurité, enjeux géopolitiques, Églises et société, relations interreligieuses, rencontres avec d’anciens envoyés venus témoigner… Si la formation est riche en termes de contenus, cette dizaine de jours va surtout représenter pour tous l’occasion de confronter leurs visions et leurs engagements ; de mûrir une ultime fois leurs motivations… Et au bout du compte, ce qui sera déterminant, ce sera la capacité des futurs envoyés à entrer en dialogue et en relation, à questionner leur propre vision du monde dans des contextes culturels parfois déroutants pour s’adapter à leur lieu de mission : le savoir-être prime sur le savoir-faire. Ce n’est pas un hasard si les derniers entretiens ont lieu au cours de ces quelques jours. Et cette période passée ensemble sera aussi un sas avant de partir pour une expérience destinée à changer radicalement leur perception du monde, et à influer durablement sur leur vie.

Et c’est bien parce que tout envoyé qui part sera nécessairement confronté à de l’inconnu, à des expériences et à des rencontres qui auront un impact profond, que le Défap prépare aussi soigneusement les envois en mission. De la même manière, les retours doivent être préparés. Avec le même sérieux et la même minutie : car on rentre nécessairement changé de l’expérience du volontariat. Il n’est pas question de revenir simplement prendre sa place dans son milieu social ou familial, dans ses études ou sa vie professionnelle : faute de quoi, le risque est grand de connaître un « choc du retour », rendant la réinstallation plus difficile que le départ lui-même.

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