Lettre de nouvelles : Grandir au fil de la mission

Malicka, volontaire de solidarité internationale, est chargée de la mission Wash – eau, hygiène, assainissement au Cameroun.Voilà… mon séjour touche bientôt à sa fin.

Cette année aura été pleine. Pleine de doutes, de rebondissements, de remises en question. Mais aussi pleine de rencontres, d’apprentissages et de découvertes.

À moins de deux mois de mon départ, je me surprends déjà à être nostalgique de Bafoussam. C’est drôle comme les choses fonctionnent : à peine les paysages, les rues et les marchés commencent-ils à devenir familiers qu’il est déjà temps de repartir. J’avais enfin trouvé mon rythme, aussi bien dans la ville que dans mon travail, et me voilà déjà en train de penser au retour.

Pourtant, les débuts n’ont pas été simples.

Les trois premiers mois, je ne pensais qu’à rentrer. Les délestages, les coupures d’eau, un quotidien auquel je n’étais plus habituée… Tout cela a été plus difficile que je ne l’avais imaginé. Heureusement, plusieurs collègues ont été très présents. Leur soutien a beaucoup compté et m’a permis de traverser cette période d’adaptation.

Lorsque je suis arrivée au CIPCRE, je pensais principalement faire de l’animation communautaire. J’ai vite découvert qu’ici, chacun met la main à la pâte et qu’il faut savoir sortir de sa fiche de poste. Il a donc fallu apprendre, s’adapter… et parfois transmettre à mon tour.

Les premiers mois ont été consacrés à la découverte du terrain, des écoles et des différentes communes d’intervention. Puis, progressivement, mes missions se sont diversifiées.

J’ai notamment travaillé sur le projet ASSO Filles, destiné à accompagner les jeunes filles victimes de mariages précoces, les mères mineures et leurs familles vers une réinsertion sociale, professionnelle et économique. À cette occasion, j’ai conçu une douzaine d’outils de suivi et de capitalisation afin de mieux valoriser le travail réalisé par les équipes.

À partir du mois de juin, j’ai retrouvé davantage le terrain, tout en développant une dimension plus communicationnelle de ma mission. J’ai réalisé des affiches, différents supports de communication et je travaille actuellement à la mise en forme de la Charte Genre pour la promotion d’une agriculture durable, ainsi qu’au prochain calendrier du CIPCRE consacré aux compétences de vie courante.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à concevoir de petits outils pédagogiques pour les Clubs Ados et les Espaces Amis des Enfants : des cartes, des mini-jeux et différents supports réalisés sur Canva pour aider les enfants à mieux identifier leurs émotions, apprendre à s’autoprotéger et connaître leurs droits.

L’un des moments dont je suis sans doute la plus fière reste l’organisation des activités du projet PECPEVI à Foumbot et à Koutaba. Pour cette animation, l’équipe m’a laissé une grande liberté dans la préparation. J’ai donc voulu y mettre un peu de ma personnalité : création de cartes de jeu, mini-diplômes pour valoriser les enfants, bracelets pour identifier les équipes, panneaux de notation pour le jury, barèmes, supports pour les concours… J’avais envie que tout soit à la fois ludique, pédagogique et réutilisable pour les prochaines activités. Voir les enfants s’approprier ces outils a été une vraie satisfaction.

En prenant un peu de recul, je réalise que cette année m’aura surtout appris à sortir de ma zone de confort. J’étais venue avec une idée assez précise de ce que serait ma mission. Finalement, elle a été bien plus large que ce que j’avais imaginé.

Aujourd’hui, je chemine doucement vers la fin de cette aventure avec un sentiment de satisfaction.

Mais je ne vous cache pas que j’appréhende déjà le retour.

À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore de logement en France et je n’ai pas de famille qui puisse m’héberger. Je serai accueillie quelque temps chez une amie, avec l’espoir que cette année d’engagement m’ouvrira des portes dans le domaine de la coopération internationale.

En y réfléchissant, cette mission aura finalement été une succession de cycles : les doutes du départ, l’acclimatation, l’habitude qui s’installe, la nostalgie au moment de partir… puis, déjà, l’inconnu du retour.

Le voyage continue simplement sous une autre forme.

Je termine cette lettre avec beaucoup de gratitude envers le Défap et le CIPCRE, qui m’ont offert cette aventure. Une aventure qui m’aura parfois bousculée, souvent fait grandir, et que je garderai longtemps en mémoire.

MalickaTélécharger la lettre




Lettre de nouvelles : Les petites aventures

De Madagascar à Paris, Nomena est engagé dans une mission de Volontariat de Solidarité Internationale avec le Défap et la Rédemption. Il partage ses petites aventures.

« Le printemps qui se lève à Paris, une bonne partie des environs se recouvre du vert des feuilles d’arbres et les fleurs s’épanouissent. Pour cette lettre de nouvelles, j’ai choisi de parler de mon temps de mars à mai.

Pour commémorer l’arrivée du printemps ici à Paris, je suis allé au Parc de Sceaux pour voir les cerisiers fleurir avec des pétales roses dignes d’une scène de manga de romance. Mis à part, j’ai pu revoir des amis de l’université qui étaient de passage ici à Paris, et comme je m’y connais un peu sur les lieux et endroits intéressants de la ville, me voilà en tant que guide touristique (mais avec un sens de l’orientation à remettre en question !).

Puis, vient le début avril et les festivités de Pâques. Malheureusement, la fête de Pâques pour moi ne s’était pas déroulée comme prévu puisque j’ai subitement attrapé un rhume. La guérison se faisait lentement mais sûrement, et avec les bons soins et bon petits remèdes traditionnels.

Côté la Rédemption, les permanences sont habituellement calmes. Cependant, depuis la seconde moitié du mois d’avril, des travaux en rapport avec les canalisations du quartier sont mis en place, et je me dois aussi, avec l’aide de la Présidente d’honneur de l’église, de surveiller leur activité et de comment est la progression des travaux. Malgré les va-et-vient des ouvriers et les bruits, je sens quand même une once de vie dans l’espace d’accueil lorsqu’il n’y a pas d’événement particulier.

En dehors du travail, je ne fais pas beaucoup de ce que j’appellerais une « grande aventure ». Pour ma part, j’aime bien faire des « petites aventures » du quotidien. Depuis que je suis en France, et notamment l’année dernière, je me suis fait une promesse, c’est de me forcer à ne pas tout le temps rester à la maison tous les week-ends pour éviter de rester à la maison. Une de mes activités favorites est de pouvoir faire des journées ou soirées jeux de société avec mes amis, on découvre de nouveaux jeux et on tisse des liens à partir de l’amusement. Aussi, j’explore des conventions sur le thème des mangas, de la culture geek que j’affectionne énormément.

Le mois de mai est probablement un mois assez bizarre pour ma part. Comme il s’agit de ma deuxième année de volontariat de solidarité internationale, la fin de ma mission approche. C’est alors qu’il y a la fameuse question autant importante que perturbante : « Et la suite, ce sera quoi ? » De ce que je retiens de ma mission, je peux constater que je suis quelqu’un qui aime bien aider à organiser des événements, à partager avec la communauté via les réseaux sociaux ou en parlant en physique. Une chose que je trouve intéressante durant ma mission, c’est la dualité entre la mission de la Rédemption ainsi que celle du Défap. Ce que j’aimerais parler dans dualité est le fait d’expérimenter une mission double dont l’un a une dimension où je travaille d’un côté, dans la permanence du midi à la Rédemption, beaucoup plus flexible, ainsi que la mission en tant qu’assistant communication au Défap, qui se rapproche plus d’une expérience dans une entreprise.

Encore quelques mois et je vois le bout de l’aventure en tant que Volontaire de Solidarité Internationale. Je ne cache pas que la fin de mission me fait peur, notamment sur la question de la suite post-volontariat. Malgré l’approche de la fin, il ne faut pas se mettre des pensées négatives et profiter de l’instant présent, de ne pas s’inquiéter de l’avenir, mais aussi, de ne pas oublier que le Seigneur veille sur nous, sur nos projets futurs, qu’ils soient encore flous ou évidents.

Pour conclure, nous entrons dans la période d’été : une saison que je n’affectionne pas beaucoup car je vais devoir affronter la canicule. Mais en contrepartie, je profiterai (sans mauvais jeu de mots) des « jours les plus longs » ici en France ! »

Nomena

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Lettre de nouvelles : Dieu agit dans les petites choses

Pasteur et directeur du centre de formation de l’Église Protestante Évangélique de Djibouti, Bernard poursuit sa mission en tant que volontaire de solidarité internationale.

« Chers amis et compagnons de mission,

Tout d’abord, je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour vos prières et votre soutien constant. Grâce à vous, nous avançons ensemble dans cette oeuvre, et je sens que votre fidélité nous accompagne jusque dans les moments les plus simples de la vie quotidienne.

Quant à moi, je poursuis cette mission avec engagement et confiance. Les responsabilités sont nombreuses, mais je trouve dans la prière et la communion fraternelle la force de continuer. Être pasteur et directeur du centre de formation est une tâche exigeante, mais aussi une source de joie : chaque rencontre, chaque progrès des apprenants ou des fidèles me rappelle que Dieu agit dans les petites choses du quotidien.

Permettez-moi de partager quelques nouvelles du centre de formation. Le cycle d’alphabétisation soutenu par Caritas Djibouti s’est achevé en ce mois de mars. Une nouvelle étape s’ouvre désormais avec l’initiation à l’informatique, qui accueillera les enfants ayant terminé le programme ainsi que d’anciens apprenants intégrés dans l’école classique. Par ailleurs, dans l’atelier de coupe et couture, les femmes m’impressionnent par leur créativité : elles transforment des tissus recyclés en sacs, pochettes d’ordinateurs et divers articles, et s’initient désormais à la confection de tenues africaines inspirées des styles d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

De plus, l’EPED, toujours en partenariat avec l’Agence Nationale des Personnes Handicapées (ANPH), se prépare à accueillir cinquante-cinq nouveaux jeunes en situation de handicap. Ceux-ci seront formés aux métiers de la maçonnerie de finition, de l’électricité, de la plomberie et de la pâtisserie. À l’issue de leur parcours, chacun effectuera un stage d’immersion en entreprise, de deux à cinq mois, constituant une étape essentielle pour renforcer leur employabilité et favoriser une insertion durable.

Parallèlement, la vie paroissiale demeure un lieu de communion et de croissance spirituelle. Chaque vendredi et dimanche, les cultes rassemblent fidèles et amis dans une atmosphère fraternelle. Pour moi, ces moments sont comme une respiration : au milieu des tâches administratives et des projets, je retrouve la joie simple de prier et chanter ensemble. Quelques adolescents recevront bientôt le baptême, et je suis ému de voir leur foi grandir. Enfin, l’Assemblée Générale organisée récemment a permis de renouveler les instances de la communauté. Ce fut un temps de reddition de comptes, de responsabilité partagée et de prière pour l’avenir de l’Église.

La vie à Djibouti nous offre également des impressions fortes. Cette année, le Ramadan et le Carême chrétien se déroulent simultanément. Les journées sont calmes, presque suspendues, mais dès la tombée du soir, les rues s’animent, les marchés s’emplissent de couleurs et de parfums, et les familles se retrouvent après la rupture du jeûne. Pour nous, vivre le Carême dans ce contexte est une invitation à la contemplation et au respect mutuel. Deux traditions spirituelles différentes rappellent ainsi l’importance du jeûne, de la prière et du partage.

Peu à peu, la fraîcheur s’efface pour céder la place à l’été et à ses chaleurs intenses. Cette transition saisonnière rappelle combien la vie ici demeure profondément marquée par les contrastes du climat.

Dans ce contexte, j’exprime ma gratitude aux autorités publiques, dont l’attention constante se manifeste par des actions concrètes en faveur de la santé de la population. Afin de prévenir la propagation du paludisme et de la dengue, le gouvernement a récemment organisé une vaste opération de pulvérisation aérienne couvrant l’ensemble de la ville. Réalisée à l’aide d’un avion, cette initiative témoigne du souci permanent des responsables de protéger les habitants et de préserver le bien-être collectif.

Enfin, je voudrais dire un grand merci à mon épouse et à mes enfants. Leur présence à mes côtés est une source de réconfort et de force. Ensemble, nous partageons les joies et les défis de la mission. Les enfants, malgré le changement de système scolaire et de cadre de vie, poursuivent leurs études avec courage et détermination. Certes, l’adaptation n’a pas toujours été facile, mais je suis profondément reconnaissant de voir leurs progrès et leur persévérance. Leur curiosité et leur capacité à s’intégrer dans ce nouvel environnement sont pour moi un témoignage vivant de la grâce de Dieu. Ma famille est mon premier cercle de soutien : leur patience, leur courage et leur foi m’aident à tenir dans les moments de fatigue et me rappellent que la mission est aussi une aventure partagée.

Chers amis, je vous remercie encore pour votre fidélité. Chaque geste, chaque pensée, chaque intercession nous accompagne et nous fortifie. Vous êtes véritablement des compagnons de route dans cette mission, et nous rendons grâce à Dieu pour votre présence à nos côtés.

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Recevez notre amitié fraternelle en Christ.

Bernard »

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Lettre de nouvelles : Un mois particulier

Malicka, volontaire de solidarité internationale, est chargée de la mission Wash – eau, hygiène, assainissement au Cameroun.

« Mars a été un mois assez particulier. J’ai l’impression que tout s’est accéléré d’un coup. Les journées sont bien remplies, parfois un peu longues, mais intéressantes. Ces dernières semaines, ma mission a beaucoup évolué. Je suis moins dans l’animation pure et plus dans tout ce qui est capitalisation, analyse, mise en forme des données… C’est un travail plus “dans l’ombre”, mais qui permet vraiment de comprendre ce qu’on fait, pourquoi on le fait, et ce que ça produit concrètement.

En ce moment, c’est aussi une période assez chargée parce qu’on attend la venue d’un partenaire. Du coup, tout le monde est un peu en mouvement, on prépare, on ajuste, on vérifie. Il y a une certaine pression, mais aussi une bonne dynamique d’équipe.

À côté de ça, il y a eu des moments qui m’ont fait du bien.

En mars, j’ai eu la chance de voir un ami qui est lui aussi en mission au Cameroun et qui est passé. Franchement, ça m’a fait plaisir. Ça casse un peu le rythme, ça rappelle aussi qu’on n’est pas seuls dans ce type d’expérience.

Et surtout, il y a eu le 8 mars.

Dans la structure, les femmes ont organisé des sorties. Elles cotisent entre elles, elles choisissent un lieu, et elles se retrouvent pour passer un moment ensemble. Les hommes sont invités aussi, mais l’initiative vient vraiment d’elles. On danse, on discute, on rigole… et c’était vraiment une belle découverte pour moi.

Ça a d’ailleurs lancé des discussions en réunion, notamment sur le sens du 8 mars. Le directeur expliquait que pour lui, ce n’est pas une fête mais une journée de lutte, de mémoire, et qu’il trouvait ça dommage d’en faire quelque chose de festif.

Et en même temps, moi, en voyant ces moments-là, je me suis dit autre chose.

Je me suis dit que se retrouver, se détendre, danser, profiter… ce n’est pasrien. Dans des contextes où les femmes portent énormément entre travail, famille, responsabilités, le fait de s’autoriser ça, ce n’est pas anodin. Pour moi, c’est aussi une forme de liberté.

Je pense qu’au final, le plus important, c’est de laisser le choix.

Certaines vont vouloir militer, d’autres vont vouloir souffler. Et peut-être que les deux ont leur place.

Ce mois de mars a été assez riche émotionnellement. Entre le travail, les échanges, les débats, les moments plus légers… il s’est passé beaucoup dechoses.

Aujourd’hui, je commence aussi à penser à la suite. On m’a proposé de prolongerla mission, ce qui fait plaisir, forcément. Mais en même temps, je me prépare aussi à l’idée du retour en septembre.

Je crois que je suis un peu entre les deux : contente de ce que je vis ici, et en train de réfléchir à ce qui vient après.En tout cas, je reste vraiment reconnaissante pour cette expérience.

Malicka »

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Lettre de nouvelles : Des animations, des rencontres et des retrouvailles

Tabitha, volontaire de réciprocité, effectue sa mission à Colmar au Centre Théodore Monod où elle organise des animations socioculturelles et des activités à destination des jeunes du campus.« Bonjour à toutes et à tous,

Alors que je vois approcher la fin de ma deuxième année de volontariat, j’ai eu envie de m’arrêter un instant pour partager avec vous le chemin parcouru.

Le retour aux sources

Tout a commencé en août dernier. Après avoir voyagé en Allemagne, en Pologne et en République tchèque, mon esprit avait besoin de repos. Je suis rentrée chez moi, au Togo, sur la terre de mes ancêtres. Ce retour aux racines a été mon remède. Retrouver ma mère, ma famille, et sentir la chaleur de ma terre m’a redonné une force immense. J’y ai puisé l’énergie nécessaire pour repartir, le cœur rempli de l’amour des miens.

Septembre à Colmar : un nouveau chapitre, une nouvelle personne

En septembre, je suis revenue à Colmar pour entamer ma deuxième année de mission. Mais ce retour était différent. Si la première année fut un temps de découverte, celle-ci s’est ouverte sous un éclat bien plus brillant. Je ne suis plus cette personne timide et hésitante des débuts. Aujourd’hui, je me sens ici comme dans ma propre demeure. Je ne suis plus une « invitée » dans le centre, je suis chez moi. L’aisance a remplacé le vertige, et je me sens enfin à ma place, utile et enracinée.

Ma mission d’animatrice : la magie de l’imaginaire

Ce qui donne tout son sens à mon quotidien, c’est mon rôle auprès des enfants. Ils sont ma plus belle flamme. Ce que j’adore par-dessus tout, c’est de pouvoir les faire voyager dans un monde imaginaire. Quand je crée des activités, j’aime inventer des univers, être drôle, et voir leurs yeux s’écarquiller. Leur créativité m’émerveille : ils imaginent des choses incroyables, et cet échange me rend profondément heureuse. En les aidant à s’évader, c’est mon propre cœur qui s’épanouit. L’année a repris avec une énergie folle, entre les activités de la semaine et nos moments partagés le week-end.

Taizé et la visite de mon père : la paix et l’équilibre Deux moments forts ont marqué ces derniers mois :

  • Mon séjour à Taizé : Ce fut une découverte totale. Une semaine de silence, de chants et de prière qui m’a apaisée. Je me suis sentie plus proche de Dieu, et cette paix intérieure m’aide beaucoup dans ma mission aujourd’hui.
  • La visite de mon père : Il m’avait tellement manqué ! Sa venue ici, à Colmar, a été un cadeau magnifique.

C’était comme si mes deux mondes se rejoignaient. Le voir découvrir mon environnement et ceux qui m’entourent m’a remplie de fierté. Je ne serais pas là même sans les personnes qui m’accompagnent. Mon référent, Gilles, est pour moi comme un père : il m’accueille, me guide et me protège avec une immense bienveillance. Et il y a Sophie, l’aumônière, dont la douceur et le grand cœur font que chaque journée se passe bien.

Aujourd’hui, je suis avide de nouvelles découvertes. Mon esprit reste curieux et mon cœur grand ouvert. Cette aventure humaine est, sans aucun doute, la plus belle expérience de ma vie. Je ne me contente pas de faire du volontariat, j’apprends à devenir moi-même (celle que j’ai toujours voulu être).

Merci de faire partie de ce voyage avec moi

Tabitha »

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Lettre de nouvelles : Une vision qui se développe

Actuellement en mission à Madagascar, Noémie est volontaire de service civique originaire de l’île d’Oléron. Avant son départ, ses attentes étaient simples : grandir dans un environnement inconnu, apporter un soutien affectif et éducatif aux enfants, vivre des moments de convivialité, découvrir la culture culinaire malgache, être en cohésion avec mon binôme et s’ouvrir au monde. Aujourd’hui, elle partage son aventure.

C’est toujours un exercice compliqué de résumer en quelques lignes des semaines, des mois de vécu… des ressentis, des rencontres. Mais c’est nécessaire d’écrire. Pour ne pas oublier. Pour laisser une trace. J’en suis à plus de la moitié de mon volontariat, et ça me déchire un peu le cœur et l’esprit de me dire que dans 4 mois, tout ça ne sera plus que des souvenirs. J’aimerais pouvoir arrêter le temps, juste un peu. Depuis ma dernière lettre, il s’est passé tellement de choses.

Déjà, niveau santé, je sens que mon système immunitaire s’est renforcé. Ça fait du bien de ne plus se sentir fébrile tous les quatre matins. Mais une nouvelle douleur est apparue à mon genou gauche, qui irradie dans toute la jambe. J’ai fait des examens ces derniers jours, j’attends les résultats… un peu dans le flou.

Concernant la mission, je me sens de mieux en mieux à la cantine. Toujours heureuse de partager ces moments avec les enfants. Par contre, j’ai arrêté de me rendre à l’orphelinat. Il y avait trop de frustration, de fatigue accumulée, des malentendus… et j’ai compris qu’il n’y avait rien de grave à ça. On ne peut pas s’entendre avec tout le monde. Même si j’adorais passer du temps avec les enfants là-bas, il fallait savoir s’arrêter pour que ça ne devienne pas quelque chose de négatif. Je préfère garder les bons souvenirs. À côté de ça, je fais plein d’activités avec les soeurs. Des gâteaux avec soeur Alexandrine, de la poterie avec soeur Pélagie… je lui lis même la Bible en anglais en la traduisant. Honnêtement, je n’aurais jamais imaginé faire tout ça un jour.Notre voyage sur la RN7 avec Lily, Ambre et Shekina a été un vrai régal. Les paysages me fascinent toujours autant. Le parc de l’Isalo, qu’on surnomme le Colorado malagasy, m’a vraiment marquée. Et puis des moments comme faire de la pirogue sur le canal du Mozambique… c’était incroyable. Mais au-delà des paysages, c’est surtout tout ce qu’on a partagé. On a tellement ri. Ça nous a fait du bien, à toutes.

J’ai aussi passé un week-end à Tamatave après le passage du cyclone avec mon ami journaliste Angelo. Beaucoup de dégâts, beaucoup d’émotions… J’y ai fait des interviews, des reportages, et surtout de très belles rencontres. Des gens forts, marqués, mais debout. J’ai fait deux fois du parapente… quel kiffe. Notamment à Ampefy, au-dessus du lac et des rizières. C’est le genre de moments où tu te sens vraiment vivante. Je crois que je peux le dire : je me sens épanouie. Ma vie sociale est riche, je fais plein de choses, je rencontre beaucoup de monde… je vis, tout simplement.

Ma vision du luxe a complètement changé. Avant, je pensais que le luxe, c’était l’opulence, les beaux hôtels, les piscines, les spas… Aujourd’hui, le luxe, c’est avoir accès à l’eau, à l’électricité, être en bonne santé, et être entourée de personnes avec qui tout partager. Avec le temps, je m’habitue au mora mora. Et j’aime ça. Prendre le temps. Pour soi. Pour découvrir. La phrase “ce n’est pas la destination qui compte mais le chemin parcouru, et surtout les détours” n’a jamais eu autant de sens. À Madagascar, tu peux tout organiser… il y aura toujours des imprévus. Et c’est ça, aussi, la beauté du pays. L’imprévisible. Tu apprends à t’adapter. Tout le temps.

Les Malagasy sont extrêmement accueillants. Toujours le sourire. Beaucoup d’entraide, surtout envers les vazaha. En tout cas, c’est comme ça que je le ressens. Si je suis perdue, je peux demander à n’importe qui. Mais il existe aussi des rivalités, de la jalousie… et ça, c’est plus dur à voir. Le pays est très pauvre : environ 81 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Une chose m’a profondément bouleversée : le rapport aux ancêtres. Quand quelqu’un décède, la famille se réunit, veille, célèbre. C’est beau. Très beau même. Je pensais que ça m’aiderait à apprivoiser la mort… mais c’est presque l’inverse. Ici, la mort est partout. Parfois sans explication. Dans mon quartier, il y a eu plusieurs décès ces derniers mois. Des jeunes. Même de mon âge. Et quand je demande pourquoi, on me répond juste qu’ils étaient “fatigués”. À 20 ans…Alors oui, ça me fait peur. Parce que ça reste flou. Mystérieux. J’ai vécu des choses que je n’aurais jamais imaginé vivre : un “coup d’État” en septembre, des éboulements de terrain chez nos voisins, pendant deux semaines, on a hébergé 32 personnes, le mpox, les cyclones qui frappent régulièrement l’île… Des événements forts, parfois violents, surtout dans un pays qui n’est déjà pas privilégié.

Mais malgré tout, je ne vois pas ça que comme du négatif. Au contraire. Ça me construit. Ça m’ouvre les yeux. Ça m’apprend qu’il n’y a pas qu’une seule façon de voir le monde. Toutes les cultures ont leur richesse. Toutes. Les paysages sont à couper le souffle : rizières en terrasses, montagnes sculptées, terre rouge, plages à l’eau turquoise, forêts tropicales… une faune unique. Mais au fond, ce ne sont pas les paysages le plus marquant. Ce sont les gens. C’est peut-être ça, le plus beau cadeau de ces six mois. Les soeurs d’abord. Je n’aurais jamais pensé créer des liens aussi forts avec elles. Moi qui ne viens pas du tout de ce monde religieux et spirituel… et pourtant. Les liens sont là. Sincères. Profonds. Et puis les enfants. Même quand on ne se comprend pas toujours avec des mots, ils sont tellement attachants. Ils m’apprennent chaque jour que l’amour est une langue universelle. Un regard, un geste, un sourire… et tout passe.

Madagascar est un pays que je recommande profondément. Une culture riche, intense, qui mérite d’être découverte. Je n’ai même pas encore parlé des fady, des croyances, des histoires de sorcières… ce sera pour une autre page de ma lettre de nouvelle. J’aime profondément ce pays.J’ai hâte de vivre encore ces prochains mois. J’ai hâte de faire découvrir tout ça à ma grande soeur. Ici, les gens prennent le temps. Et moi… j’apprends à faire pareil. Mirary tontolo andro mahafinaritra ho anao.

À bientôt !Télécharger la lettre




Lettre de nouvelles : Un printemps marquant

Demiana réalise actuellement une mission de service civique au sein de la communauté des diaconesses à Strasbourg. À travers cette lettre, elle partage son expérience de vie et d’engagement auprès des sœurs, les découvertes humaines et spirituelles qu’elle vit au quotidien, ainsi que les évolutions personnelles que cette mission lui apporte depuis son arrivée en France.

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Ça fait 5 mois que je fais mon service civique au sein de la communauté des diaconesses à Strasbourg.

Avec l’arrivée du printemps, les journées deviennent plus belles et ensoleillées, et cela fait vraiment du bien. Cela me rappelle aussi le chemin que je vis ici depuis cinq mois. Petit à petit, je me suis adaptée à cette nouvelle vie : le climat, la nourriture, le rythme… tout est devenu plus simple pour moi.

Ce qui me touche le plus, c’est ma mission avec les sœurs. Au début, tout était nouveau, mais aujourd’hui je me sens vraiment à ma place. Nous partageons beaucoup de moments ensemble : des sorties, des activités, des jeux… Ce sont des choses simples, mais pleines de joie. Cette mission m’apprend à être plus présente, plus patiente et plus ouverte aux autres.

J’ai aussi eu la chance de participer à des moments de partage avec d’autres personnes. Nous avons accueilli trois jeunes filles de 15 ans de l’école Lucie Berger, qui sont venues faire des activités avec les sœurs dans le cadre scolaire. J’ai participé avec elles, et c’était une très belle expérience. J’ai aussi visité cette école pendant la semaine de Pâques et j’ai parlé aux enfants de la manière dont nous fêtons Pâques en Égypte. C’était un moment simple et chouette, mais très touchant, et les enfants étaient adorables.

Sur le plan spirituel, je sens aussi un vrai changement en moi. J’aime beaucoup l’église où je vais : les messages sont simples mais profonds, ainsi que les chants. La vie avec les sœurs me fait grandir intérieurement, me fait réfléchir davantage et m’aide à voir les choses autrement.

La célébration de Pâques ici a été un moment très spécial pour moi. Le matin, nous avons fait l’aube pascale ensemble, puis nous avons participé à la messe. C’était un moment calme, profond et plein de paix.

Et voilà, j’aime bien ce que je fais et je suis contente.

Enfin, j’ai suivi deux formations qui m’ont aussi aidée à découvrir de nouvelles choses. La première, c’était en janvier, portait sur la laïcité en France et m’a permis de mieux comprendre la société ici. La deuxième, début avril, sur les médias, était intéressante et m’a appris de nouvelles choses.

Je vois un vrai changement en moi depuis mon arrivée : je me sens plus calme, plus ouverte et plus reconnaissante pour les petites choses. J’apprends chaque jour à travers les personnes que je rencontre et les expériences que je vis.

Merci.Télécharger la lettre




Lettre de nouvelles : Grandir dans l’accompagnement au quotidien

Jacob effectue actuellement une mission de service civique au sein de la Fondation Protestante Sonnenhof, à la Maison d’Accueil Spécialisée Catherine Zell. Engagé dans l’accompagnement de personnes dépendantes ou en situation de handicap, il partage à travers ce témoignage son évolution au sein de la structure, les apprentissages tirés du quotidien auprès des résidents ainsi que le regard nouveau que cette expérience humaine et professionnelle lui apporte.

Après cinq mois passés au sein de la Maison d’Accueil Spécialisée Catherine Zell, ma mission a progressivement pris une nouvelle dimension. Si les premières semaines avaient été marquées par la découverte de l’environnement et de ses acteurs, je me sens aujourd’hui davantage intégré dans le fonctionnement du service animation. Avec le temps, j’ai appris à mieux comprendre les repères des résidents, leurs habitudes, mais aussi leurs besoins spécifiques. Cette évolution m’a permis de trouver ma place, non seulement comme observateur, mais comme véritable acteur de l’accompagnement.

Mon engagement s’articule principalement autour de la mise en œuvre d’activités adaptées aux capacités des personnes accompagnées. J’interviens notamment dans des séances d’activité physique adaptée, des ateliers de lecture-écoute, des moments de médiation animale ainsi que des ateliers musicaux. Au fil des semaines, j’ai compris que ces activités ne sont pas de simples occupations. Elles constituent des espaces essentiels d’expression, de stimulation et de lien social. Chaque activité demande une attention particulière, afin de s’adapter au rythme, aux réactions et aux capacités de chaque résident.

Apprendre à observer et à s’adapter

L’un des apprentissages les plus marquants de cette mission réside dans la capacité à observer. Derrière chaque réaction, chaque comportement, il y a une manière de communiquer qu’il faut apprendre à décoder. J’ai ainsi pris conscience de l’importance de l’individualisation de l’accompagnement. Les activités ne peuvent être standardisées : elles doivent être pensées en lien avec les besoins de chaque résident et ajustées en permanence.

Une expérience au cœur du travail en équipe

Ma mission me permet de découvrir la richesse du travail en équipe pluridisciplinaire. Les échanges avec les professionnels m’apportent des repères essentiels pour mieux comprendre les situations et adapter mes interventions. J’évolue dans un environnement où la collaboration, l’écoute et le respect des rôles de chacun sont indispensables pour garantir un accompagnement de qualité.

Un regard renouvelé et transformation progressive

Avec le recul, cette expérience m’amène à porter un regard plus profond sur les enjeux liés à l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Elle met en évidence l’importance de favoriser l’inclusion, de préserver l’autonomie et de reconnaître la singularité de chaque personne. Au-delà des compétences développées, cette mission contribue à transformer ma manière de percevoir les relations humaines. Elle renforce en moi des valeurs essentielles telles que le respect, la patience et l’attention portée à l’autre.

Chaque jour passé dans cette structure est une occasion d’apprendre, de m’adapter et de grandir. Aujourd’hui, je poursuis cette mission avec un regard différent, plus conscient des enjeux et plus engagé dans les actions que je mène.

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Lettre de nouvelles : partages, rencontres, formations et découvertes

Galed est volontaire de solidarité internationale à Marseille. Dans le cadre de sa mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, il contribue à promouvoir l’éducation à la citoyenneté responsable et à la solidarité auprès des habitants d’un quartier prioritaire.

Ce début d’année a été une période particulièrement épanouissante pour moi. J’ai rapidement pris fonction et j’ai pu m’investir pleinement dans mes missions après le départ de Believe. Entre l’appui à la gestion du projet Vivres Solidaires, la logistique et la communication, j’ai eu l’opportunité de mettre mes compétences au service d’une cause qui me tient à cœur, dans un environnement à la fois stimulant et bienveillant.

Parmi les moments marquants, l’atelier cuisine avec les femmes bénéficiaires du programme reste une très belle expérience. Ensemble, nous avons préparé plusieurs spécialités comme la Ghribia, la Karantika ou encore un spinach stew, accompagnés de riz, de boulgour et de tagliatelles de carottes. Un moment riche en partage, en transmission de savoir-faire et en convivialité.

J’ai également eu le plaisir de retrouver les volontaires avec qui j’ai débuté cette mission lors de la formation « Valeurs de la République et laïcité » à Oullins, près de Lyon. Un temps fort d’échanges et de retrouvailles, qui m’a aussi permis de redécouvrir la ville.

Côté découvertes, un week-end à la montagne à Chaillol m’a offert une première expérience de la neige et du ski, une parenthèse rafraîchissante loin de Marseille.

Je me suis aussi impliqué dans l’exposition photo organisée à l’occasion des 200 ans de présence protestante à Marseille, autour du thème « Témoigner ». Entre installation des œuvres et gestion de la communication digitale, ce projet a été très enrichissant. Une fierté particulière : apparaître sur l’une des photos exposées, symbole de notre engagement à Marhaban.

Enfin, ce trimestre s’est clôturé avec la Fête de l’Alimentation 2026, co-organisée avec plusieurs associations. Théâtre, expo, musique et moments conviviaux ont rythmé cet événement, dans une ambiance chaleureuse et engagée. Un trimestre intense et formateur, marqué par l’engagement, les rencontres et de belles découvertes.

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Lettre de nouvelles : Temps forts entre rencontres et aventures

Asanat est Volontaire de Solidarité Internationale en France depuis 2025. Sa mission est d’accueillir et d’accompagner de jeunes et de familles en situation de précarité à Strasbourg.

Bonjour à tous,

Voilà déjà cinq mois que je vis cette aventure au sein de l’association l’Étage Club de Jeunes. Après la pause des fêtes de Noël, j’ai repris le chemin de ma mission avec un enthousiasme renouvelé pour cette année 2026.

Mon quotidien au cœur du social

Retrouver les bénéficiaires a été un vrai bonheur. Malgré la rudesse de l’hiver, c’est le sentiment d’être utile et la joie des rencontres qui me donnent, chaque matin, le courage d’avancer. Je découvre chaque jour la richesse des actions de l’association ; c’est un apprentissage permanent qui me fait grandir.Un des moments que j’apprécie particulièrement, ce sont les cours de français. C’est un espace de rencontre incroyable avec des personnes du monde entier. Parfois, j’ai le bonheur de pouvoir parler ma langue maternelle avec certains d’entre eux. Voir leur sourire quand ils trouvent quelqu’un qui les comprend vraiment n’a pas de prix ! Cela me permet aussi de les aider plus efficacement dans leur apprentissage. À la Loupiote, le contact avec les familles et les enfants complète cette expérience en m’apportant de nouvelles compétences humaines.

Moments forts et échanges

Ces derniers mois ont aussi été marqués par des moments de partage plus personnels :

Un échange riche : J’ai eu la chance de participer à un culte à Beblenheim, organisé avec le pasteur de l’ACO. J’y étais accompagnée d’une autre volontaire venant d’Égypte. Ce fut un moment d’échange passionnant où nous avons pu mettre en parallèle nos missions respectives ici en France et les progrès des projets en cours en Égypte.

Évasion et amitié : J’ai également eu l’opportunité de découvrir la Côte d’Azur avec deux amies. Ce fut un moment marquant car j’ai enfin pu voir la mer, ce qui change totalement de l’ambiance alsacienne. J’ai aussi remarqué une vraie différence culturelle et de rythme de vie par rapport à l’Alsace ; le climat plus doux et la proximité de la Méditerranée donnent une tout autre énergie. Enfin, j’ai fêté mon anniversaire entourée de mes amis, qui sont devenus pour moi une véritable deuxième famille ici.

Merci à vous tous qui m’accompagnez de près ou de loin dans cet engagement. Votre soutien et vos prières me portent au quotidien. Je vous dis à très bientôt pour la suite de mes aventures.

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Lettre de Nouvelles : Un temps pour assimiler et harmoniser

Laurent est volontaire de solidarité internationale en Tunisie depuis 2024, auprès de l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale, où il intervient comme chargé de projets agricoles. Avant son départ, il était jeune retraité, bénévole à la Croix-Rouge, avec un parcours marqué par de nombreux voyages et expériences professionnelles à travers plusieurs pays. Aujourd’hui, alors qu’il arrive au terme de sa mission, il revient sur cette expérience et partage le bilan humain et professionnel de son engagement.

Le temps passe toujours très voire trop vite lorsque vous êtes volontaires de solidarité internationale dans une mission à l’étranger. Le temps d’assimiler le mode de vie, comprendre les attentes de ce pays et celui de votre association d’accueil, d’initier des actions qui ont un sens et je me rends compte que cela fait déjà plus d’un an et demi que je suis arrivé ici en Tunisie.

En parallèle de la consolidation administrative de l’association et la coordination des projets actuels, j’ai orienté mon travail vers la recherche de nouveaux projets pour que l’association puisse continuer ses actions indispensables au développement de l’agroécologie en Tunisie. Une des particularités dans ce pays est que les associations existent uniquement grâce à des bailleurs de fonds étrangers. La recherche et la réponse à un appel à projet d’un bailleur de fonds nécessitent un travail important de toute l’équipe de l’association pour proposer un projet cohérent (durée, coût, moyens nécessaires, impact,…) et qui répond à nos valeurs et nos objectifs. Le délai entre notre proposition et son acceptation varie entre quelques mois à plus d’un an. Il faut donc accepter que le travail actuellement fait portera ces fruits après la fin de sa mission. Néanmoins, il arrive parfois que les bénéfices de ce travail d’équipe arrivent plus rapidement. C’est le cas par exemple de notre projet « Banque Verte » qui consiste à fournir du fourrage vert au bétail pendant la saison sèche et réhabiliter les sols en utilisant la plantation d’arbustes. Ce projet a été financé par le Défap sur 3 ans. Il fait partie d’une des activités prévues dans un projet plus vaste mené dans 3 gouvernorats sur 3 ans pour soutenir une Filières Agro-Soutenables pour la sécurité alimentaire (projet FASSA financé par la coopération italienne). En effet, le fourrage n’est pas suffisant pour alimenter le bétail et donc la Tunisie connait une diminution drastique de son cheptel avec un impact sur sa sécurité alimentaire. De plus, la dégradation de son sol rend les terres de plus en plus impropres à la culture. Pour répondre à ces deux défis, l’association propose des solutions de cultures agroécologiques dont le méteil (mélange de céréales et de légumineuses) et bien sur LA BANQUE VERTE.

Pour conclure, quand je suis arrivé ici je n’avais pas de connaissances particulières en agronomie et maintenant je commence à comprendre quelques notions indispensables pour l’agroécologie et croire qu’il existe des solutions pour que l’homme vive mieux en harmonie avec son environnement.

C’est aussi cela le volontariat de solidarité internationale, donner mais aussi recevoir.

Laurent

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Lettre de Nouvelles : Le quotidien à Akanisoa

Shékina est volontaire de service civique depuis septembre 2025 au sein de l’orphelinat Akanisoa, à Antsirabe, Madagascar. À travers cette lettre de nouvelles, elle partage sn quotidien, ses missions ainsi que les petites habitudes qu’elle commence à adopter.

Depuis ma dernière lettre, le quotidien suit son cours à Madagascar, avec cette impression que les journées se ressemblent parfois, mais qu’aucune ne se vit exactement de la même manière.

À l’orphelinat et à l’école rattachée à Akanisoa, je continue les activités avec les enfants, entre les temps d’enseignement, les animations et l’aide aux devoirs. Avec les semaines, certains repères se renforcent : je connais mieux leurs habitudes, leurs réactions, leurs petites personnalités aussi, et cela rend les échanges plus naturels. On sent qu’une relation de confiance s’installe davantage, aussi bien avec les enfants qu’avec l’équipe sur place. Ces dernières semaines, j’ai aussi pris davantage de plaisir dans les moments simples du quotidien. Parfois, ce sont de petites choses du quotidien, comme un trajet en cyclo-pousse, une promenade au marché ou une conversation imprévue, qui rendent la journée particulière. À force, certains visages deviennent familiers dans le quartier, et cela donne vraiment le sentiment de faire partie d’un environnement que l’on apprend peu à peu à habiter. À l’école, j’essaie toujours de varier les activités quand c’est possible, en cherchant des manières simples de capter l’attention des élèves. Certains jours sont plus faciles que d’autres, car l’énergie des enfants change beaucoup, mais cela fait aussi partie de l’apprentissage : savoir s’adapter, ajuster, recommencer autrement.

Le malgache continue aussi à prendre un peu plus de place dans mon quotidien. Je comprends davantage de mots qu’au début, surtout dans les échanges simples, même si je reste encore loin d’être totalement à l’aise. Les enfants continuent souvent à me corriger ou à m’apprendre de nouvelles expressions, toujours avec beaucoup de sérieux… et beaucoup de rires.

En ce moment, l’ambiance change peu à peu en ville, car dans quelques jours ce sera Pâques. Ici, cette période est très importante, et à Antsirabe on sent déjà que beaucoup de monde va arriver. Il y a déjà plusieurs installations en cours dans certains endroits de la ville : des manèges, une grande roue, des auto tamponneuses, des stands de barbe à papa, de pop-corn et même des châteaux gonflables. L’atmosphère devient progressivement plus animée, et cela change beaucoup le visage habituel de la ville. On m’a expliqué qu’il y aura énormément de personnes pendant cette période, avec beaucoup de déplacements et une ambiance très festive.

En dehors de la mission, je poursuis aussi mon installation dans cette vie ici. Je prends mes habitudes à Antsirabe, j’ai mes petits repères, mes endroits où j’aime aller, et je découvre encore certains aspects de la ville que je n’avais pas remarqués jusque-là. Il y a quelque chose d’assez apaisant dans cette routine, même lorsqu’elle reste simple. Ce que cette période m’apprend surtout, c’est l’importance de la régularité. Il ne se passe pas forcément de grands événements, mais ce sont souvent les petites choses répétées chaque jour qui construisent réellement l’expérience. Je continue donc cette mission avec reconnaissance, en mesurant la chance de vivre cette immersion au quotidien, avec tout ce qu’elle apporte humainement.

Shékina

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