Église et restauration sociale en Afrique : Rendez-vous le 15 octobre
Dans le cadre des conférences « Les jeudis du Défap », Fiston Mumbere Ngesera, enseignant à la faculté de Théologie Protestante de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs et Révérend Pasteur à l’Église du Christ au Congo, vous donne rendez-vous le 15 octobre pour présenter ses travaux sur « Église et restauration sociale en Afrique : Cas de la région des Grands Lacs ». Cette rencontre offrira d’abord un temps de présentation du chercheur et de ses travaux, suivi d’un espace de dialogue ouvert avec les participants.
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Le parcours de Fiston Mumbere Ngesera
Docteur en théologie biblique de l’Ancien Testament, Fiston Mumbere Ngesera enseigne à la Faculté de théologie protestante de l’Université libre des pays des Grands Lacs, à Goma, en République démocratique du Congo (RDC). Il est également pasteur au sein de l’Église du Christ au Congo. En 2025, il a bénéficié du soutien du Défap pour un séjour de recherche postdoctorale à Montpellier, consacré à l’approfondissement de sa thèse et à la préparation de sa publication. Ses travaux portent notamment sur la signification du culte dans le troisième livre d’Ésaïe, qu’il relit à la lumière du contexte de la région des Grands Lacs. Ce séjour lui a également permis de rencontrer des théologiens et des communautés protestantes françaises, enrichissant sa réflexion sur l’interculturalité et sa pratique pastorale.
De retour en RDC, il a poursuivi ses recherches sur le rôle des textes bibliques dans la réconciliation des peuples, l’accompagnement des jeunes grandissant dans un contexte de violence et la responsabilité individuelle et collective dans la reconstruction de la société. À travers son travail, il entend contribuer à une théologie engagée en faveur de la justice sociale, de la paix et du relèvement des communautés.
Pourquoi parler d’Église et restauration sociale en Afrique ?
Depuis plusieurs décennies, la région des Grands Lacs africains traverse des cycles des violences et des difficultés sociales. Cette région a été plongée dans une combinaison des dynamiques des conflits locaux, nationaux et régionaux dont les souvenirs et les répercussions continuent à se faire sentir jusqu’à nos jours. La violence vécue est fruit des plusieurs mutations dont les implications sont d’ordre économique, social et politique et les victimes de combat, généralement les femmes et les enfants, réfugiés et déplacés internes, font l’expérience d’un traitement inhumain caractérisé par la mal nutrition, les violences sexuelles, les massacres etc.
Dans cette réalité, l’Église chrétienne est pourtant présente à travers différentes communautés ecclésiales avec un taux du christianisme environnant 80%. En effet, dans les villes comme les villages, on peut inventorier un nombre considérable d’édifice dont le service est régulier avec des responsables bien établis pour paître le peuple de Dieu. D’ailleurs, chaque regroupement ecclésial s’identifie comme une institution de socialisation positive, de régulation des relations interpersonnelles ou d’encadrement spirituel de ses fidèles qui à leurs tours répondent favorablement aux différentes invitations cultuelles . Du coup, la question de la responsabilité de l’Église dans la restauration sociale se pose. Bien évidemment cette question ne suscite qu’un débat très ancien, celui du dialogue entre les actions cultuelles et la société, comme qui dirait, la rencontre entre « l’Église » et « l’État ».
Cette conférence propose une réflexion à partir d’un regard biblique et herméneutique issu de la lecture du Trito-Ésaïe (Ésaïe 56-66), un corpus textuel, où le culte est découvert dans un lien très évident avec la justice sociale. Pour ce corpus textuel, le culte est présenté comme une forme de piété sociale, une éthique envers le prochain qui se trouve dans le besoin, ce qui apparaît comme la norme et le critère sensible d’évaluation d’un culte authentique. L’hypothèse de la réflexion est donc que ce texte est susceptible de produire des repères d’actualité dans nos communautés actuelles et particulièrement ce que doit être le rôle de l’Église de la région des Grands Lacs africain en vue de la restauration de la justice sociale, la paix et le rétablissement intégral.
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