Lettre de nouvelles : Grandir au fil de la mission

Malicka, volontaire de solidarité internationale, est chargée de la mission Wash – eau, hygiène, assainissement au Cameroun.Voilà… mon séjour touche bientôt à sa fin.

Cette année aura été pleine. Pleine de doutes, de rebondissements, de remises en question. Mais aussi pleine de rencontres, d’apprentissages et de découvertes.

À moins de deux mois de mon départ, je me surprends déjà à être nostalgique de Bafoussam. C’est drôle comme les choses fonctionnent : à peine les paysages, les rues et les marchés commencent-ils à devenir familiers qu’il est déjà temps de repartir. J’avais enfin trouvé mon rythme, aussi bien dans la ville que dans mon travail, et me voilà déjà en train de penser au retour.

Pourtant, les débuts n’ont pas été simples.

Les trois premiers mois, je ne pensais qu’à rentrer. Les délestages, les coupures d’eau, un quotidien auquel je n’étais plus habituée… Tout cela a été plus difficile que je ne l’avais imaginé. Heureusement, plusieurs collègues ont été très présents. Leur soutien a beaucoup compté et m’a permis de traverser cette période d’adaptation.

Lorsque je suis arrivée au CIPCRE, je pensais principalement faire de l’animation communautaire. J’ai vite découvert qu’ici, chacun met la main à la pâte et qu’il faut savoir sortir de sa fiche de poste. Il a donc fallu apprendre, s’adapter… et parfois transmettre à mon tour.

Les premiers mois ont été consacrés à la découverte du terrain, des écoles et des différentes communes d’intervention. Puis, progressivement, mes missions se sont diversifiées.

J’ai notamment travaillé sur le projet ASSO Filles, destiné à accompagner les jeunes filles victimes de mariages précoces, les mères mineures et leurs familles vers une réinsertion sociale, professionnelle et économique. À cette occasion, j’ai conçu une douzaine d’outils de suivi et de capitalisation afin de mieux valoriser le travail réalisé par les équipes.

À partir du mois de juin, j’ai retrouvé davantage le terrain, tout en développant une dimension plus communicationnelle de ma mission. J’ai réalisé des affiches, différents supports de communication et je travaille actuellement à la mise en forme de la Charte Genre pour la promotion d’une agriculture durable, ainsi qu’au prochain calendrier du CIPCRE consacré aux compétences de vie courante.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à concevoir de petits outils pédagogiques pour les Clubs Ados et les Espaces Amis des Enfants : des cartes, des mini-jeux et différents supports réalisés sur Canva pour aider les enfants à mieux identifier leurs émotions, apprendre à s’autoprotéger et connaître leurs droits.

L’un des moments dont je suis sans doute la plus fière reste l’organisation des activités du projet PECPEVI à Foumbot et à Koutaba. Pour cette animation, l’équipe m’a laissé une grande liberté dans la préparation. J’ai donc voulu y mettre un peu de ma personnalité : création de cartes de jeu, mini-diplômes pour valoriser les enfants, bracelets pour identifier les équipes, panneaux de notation pour le jury, barèmes, supports pour les concours… J’avais envie que tout soit à la fois ludique, pédagogique et réutilisable pour les prochaines activités. Voir les enfants s’approprier ces outils a été une vraie satisfaction.

En prenant un peu de recul, je réalise que cette année m’aura surtout appris à sortir de ma zone de confort. J’étais venue avec une idée assez précise de ce que serait ma mission. Finalement, elle a été bien plus large que ce que j’avais imaginé.

Aujourd’hui, je chemine doucement vers la fin de cette aventure avec un sentiment de satisfaction.

Mais je ne vous cache pas que j’appréhende déjà le retour.

À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore de logement en France et je n’ai pas de famille qui puisse m’héberger. Je serai accueillie quelque temps chez une amie, avec l’espoir que cette année d’engagement m’ouvrira des portes dans le domaine de la coopération internationale.

En y réfléchissant, cette mission aura finalement été une succession de cycles : les doutes du départ, l’acclimatation, l’habitude qui s’installe, la nostalgie au moment de partir… puis, déjà, l’inconnu du retour.

Le voyage continue simplement sous une autre forme.

Je termine cette lettre avec beaucoup de gratitude envers le Défap et le CIPCRE, qui m’ont offert cette aventure. Une aventure qui m’aura parfois bousculée, souvent fait grandir, et que je garderai longtemps en mémoire.

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