Formation CPLR : Regards croisés entre la France et le Sénégal

Du 16 au 26 juin 2026, la Maison des Missions, à Paris, a accueilli un stage de formation pastorale organisé par la Communion protestante luthéro-réformée (CPLR), le Service protestant de mission Défap et la CEVAA. Pendant dix jours, vingt pasteures et pasteurs venus de France, de Belgique et du Sénégal se sont retrouvés pour réfléchir ensemble aux défis du témoignage chrétien dans des contextes culturels et religieux contrastés.

Aujourd’hui, de nombreux ministres des Églises protestantes françaises exercent leur ministère dans des paroisses de plus en plus multiculturelles, sans pour autant avoir eu l’occasion de vivre une expérience internationale ou de découvrir d’autres réalités ecclésiales. Face à cette évolution, la CPLR et le Défap ont souhaité proposer une formation favorisant la rencontre interculturelle et l’ouverture à la dimension missionnaire, afin d’enrichir les pratiques pastorales et le regard porté sur les mutations du christianisme contemporain.

Inscrit dans le cadre de la formation permanente des pasteurs, le stage, intitulé « Contextes minoritaires ou sécularisés : regards croisés sur le témoignage entre la France, la Belgique et le Sénégal », a réuni des ministres de l’Église protestante unie de France, de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, de l’Église protestante unie de Belgique, de l’Église luthérienne du Sénégal et de l’Église protestante du Sénégal. Conçu comme un parcours en deux temps, il faisait suite à une première session organisée à Dakar en 2025. Cette seconde rencontre, à Paris, avait pour objectif de poursuivre les échanges, de partager les expériences pastorales et de renforcer les liens entre les Églises partenaires dans une démarche de réciprocité et d’enrichissement mutuel.

Le dialogue interreligieux et interculturels au cœur du stage

Comment témoigner de sa foi lorsque l’on appartient à une minorité religieuse ? Ou dans une société où la pratique religieuse recule ? Ces questions ont constitué le fil rouge de ce stage.

D’un côté, les pasteurs français et belges ont découvert la réalité du Sénégal, où les chrétiens représentent environ 5 % de la population dans un pays majoritairement musulman. Dans ce contexte, le témoignage chrétien se construit quotidiennement dans le dialogue, la coexistence et le respect des autres traditions religieuses. De l’autre, les pasteurs sénégalais ont été confrontés à la réalité française, marquée par la pluralité des convictions et l’éloignement d’une partie de la population des institutions religieuses.

Tout au long du stage, conférences, visites de terrain et échanges en groupes ont permis aux participants de confronter leurs expériences. Les pasteurs ont partagé leurs interrogations sur la manière d’accueillir des personnes aux parcours très divers, de dialoguer avec d’autres religions ou encore d’annoncer l’Évangile dans des sociétés profondément différentes.

Regards croisés sur des contextes culturels différent

Au-delà des questions liées au témoignage chrétien, le stage a également été l’occasion d’aborder plusieurs enjeux contemporains qui traversent aujourd’hui les Églises. Des temps de réflexion éthique ont permis aux participants de dialoguer sur des sujets parfois sensibles, comme la place des femmes dans le ministère pastoral, les questions liées à l’homosexualité ou encore l’évolution des sociétés face aux mutations culturelles.

Ces échanges ont révélé des approches souvent très différentes selon les contextes ecclésiaux et culturels. Loin de chercher à gommer ces divergences, les organisateurs ont privilégié une démarche d’écoute et de compréhension mutuelle.

Pour plusieurs participants, ces temps de dialogue ont constitué l’un des moments les plus marquants du stage. Ils ont montré qu’il est possible d’aborder des questions complexes sans renoncer au respect de l’autre, dans une démarche où la réflexion théologique se nourrit de la rencontre interculturelle.

Des liens renforcés entre Églises partenaires

L’un des temps forts du programme résidait dans l’immersion de chaque participant au sein de la paroisse de son binôme. Les pasteurs sénégalais ont été accueillis en France et en Belgique afin de partager le quotidien de leurs homologues : préparation des cultes, visites pastorales, vie communautaire et célébrations.

Cette immersion a permis de découvrir concrètement des pratiques pastorales parfois différentes. Les pasteurs sénégalais ont observé le fonctionnement de paroisses confrontées aux défis de la sécularisation, tandis que leurs collègues européens avaient auparavant découvert, au Sénégal, des communautés marquées par une présence importante des familles et des jeunes.

Cette réciprocité constitue l’un des fondements du programme porté par la CPLR et le Défap. En favorisant la rencontre de personne à personne, le stage contribue à tisser des liens durables entre les Églises partenaires et à favoriser le dialogue interculturel et une compréhension commune des défis auxquels elles sont confrontées aujourd’hui.

Au-delà des échanges théologiques et des découvertes culturelles, ce stage a surtout rappelé que la mission se nourrit de la rencontre. En confrontant leurs expériences, les pasteurs ont appris à mieux comprendre les réalités vécues par leurs partenaires et à porter un regard renouvelé sur leur propre ministère. Une expérience qui, bien au-delà de ces quelques jours de formation, ouvre la voie à une coopération durable entre les Églises et à une pratique pastorale toujours plus attentive aux défis d’un monde pluriel.