Lettre de Nouvelles : Un temps pour assimiler et harmoniser
Laurent est volontaire de solidarité internationale en Tunisie depuis 2024, auprès de l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale, où il intervient comme chargé de projets agricoles. Avant son départ, il était jeune retraité, bénévole à la Croix-Rouge, avec un parcours marqué par de nombreux voyages et expériences professionnelles à travers plusieurs pays. Aujourd’hui, alors qu’il arrive au terme de sa mission, il revient sur cette expérience et partage le bilan humain et professionnel de son engagement.
Le temps passe toujours très voire trop vite lorsque vous êtes volontaires de solidarité internationale dans une mission à l’étranger. Le temps d’assimiler le mode de vie, comprendre les attentes de ce pays et celui de votre association d’accueil, d’initier des actions qui ont un sens et je me rends compte que cela fait déjà plus d’un an et demi que je suis arrivé ici en Tunisie.
En parallèle de la consolidation administrative de l’association et la coordination des projets actuels, j’ai orienté mon travail vers la recherche de nouveaux projets pour que l’association puisse continuer ses actions indispensables au développement de l’agroécologie en Tunisie. Une des particularités dans ce pays est que les associations existent uniquement grâce à des bailleurs de fonds étrangers. La recherche et la réponse à un appel à projet d’un bailleur de fonds nécessitent un travail important de toute l’équipe de l’association pour proposer un projet cohérent (durée, coût, moyens nécessaires, impact,…) et qui répond à nos valeurs et nos objectifs. Le délai entre notre proposition et son acceptation varie entre quelques mois à plus d’un an. Il faut donc accepter que le travail actuellement fait portera ces fruits après la fin de sa mission. Néanmoins, il arrive parfois que les bénéfices de ce travail d’équipe arrivent plus rapidement. C’est le cas par exemple de notre projet « Banque Verte » qui consiste à fournir du fourrage vert au bétail pendant la saison sèche et réhabiliter les sols en utilisant la plantation d’arbustes. Ce projet a été financé par le Défap sur 3 ans. Il fait partie d’une des activités prévues dans un projet plus vaste mené dans 3 gouvernorats sur 3 ans pour soutenir une Filières Agro-Soutenables pour la sécurité alimentaire (projet FASSA financé par la coopération italienne). En effet, le fourrage n’est pas suffisant pour alimenter le bétail et donc la Tunisie connait une diminution drastique de son cheptel avec un impact sur sa sécurité alimentaire. De plus, la dégradation de son sol rend les terres de plus en plus impropres à la culture. Pour répondre à ces deux défis, l’association propose des solutions de cultures agroécologiques dont le méteil (mélange de céréales et de légumineuses) et bien sur LA BANQUE VERTE.
Pour conclure, quand je suis arrivé ici je n’avais pas de connaissances particulières en agronomie et maintenant je commence à comprendre quelques notions indispensables pour l’agroécologie et croire qu’il existe des solutions pour que l’homme vive mieux en harmonie avec son environnement.
C’est aussi cela le volontariat de solidarité internationale, donner mais aussi recevoir.
Laurent
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