Assemblée Générale 2026 : bilan, convictions et perspectives

Le samedi 28 mars s’est tenue l’assemblée générale du Défap. La chapelle du Défap a accueilli plus de 60 personnes, bénévoles, anciens volontaires, membres d’Églises et d’organismes partenaires, venues assister à la rétrospective de l’année 2025.

Le mot du Président et du Secrétaire général

Joël Dautheville, président du Défap, a ouvert la journée en prononçant un discours soulignant la nécessité pour le Défap de s’appuyer sur une stratégie claire, incarnée par le plan « Convictions et Actions » prolongé jusqu’en 2027, structuré autour du partenariat, de la justice sociale et de l’interculturalité. Malgré les incertitudes, la vitalité des équipes et la richesse des échanges demeurent. Dans un contexte marqué par un recul de l’intérêt pour la solidarité, le Défap est appelé à renforcer ses liens avec les Églises et à poursuivre un témoignage engagé, fidèle à sa mission. Dans cette dynamique, Vincent Nême_Peyron, secrétaire général du Défap, met en lumière, avec un regard neuf, la diversité et la richesse des actions de l’organisation, portées par une équipe engagée et des partenariats multiples. Il insiste sur cette pluralité comme une force, malgré les défis actuels, et souligne une refondation en cours, menée en lien étroit avec les Églises, dans un esprit de coopération et de confiance, fidèle à une mission centrée sur l’annonce de l’Évangile.

Les actions du Défap en 2025

Un temps a été consacré aux activités du Défap en 2025 présenté par les équipes du Défap. Cette intervention a souligné le rôle essentiel de l’institution dans le développement des liens entre Églises partenaires, l’engagement pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine, la promotion de l’interculturalité. À travers les échanges de personnes, l’accompagnement de pasteurs, de chercheurs et de volontaires, ainsi que de nombreux partenariats théologiques et solidaires en France et à l’international, le Défap contribue activement à rendre visible l’Eglise universelle.Sa bibliothèque questionne et éclaire les défis de vivre l’interculturalité. Parmi les 292 chercheurs accueillis en salle de lecture, nombreux sont les universitaires – étudiants ou enseignants – qui ont fait porter un éclairage nouveau sur nos fonds : recherches de provenance pour des objets, histoire coloniale de la Suisse, etc.La maision des missions, le « 102 » boulevard Arago, joue un rôle à part entière dans le double mouvement envoi/accueil qu’encourage le Défap : elle reçoit des représentants de tout le monde protestant francophone, ainsi que des groupes venus des paroisses françaises.

Vivre l’Évangile en contexte de violence : regards croisés

L’après-midi a été rythmé par deux interventions poignantes sous le thème « Comment vivre l’Évangile dans un contexte de souffrance et de violence ? »

La conférence du pasteur Benoît Amina Lwikitcha, doyen de la faculté de théologie protestante de l’université évangélique en Afrique (Sud-Kivu en RDC) met en lumière la tragédie des « enfants-serpents », nés de viols utilisés comme arme de guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, une région marquée depuis des décennies par des conflits violents, notamment dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Ces enfants subissent une « double peine » : rejetés par leurs mères traumatisées et stigmatisés par la communauté qui les associe à des croyances négatives (enfants sorciers ou porteurs de malheur), ils sont privés d’identité légale, d’accès à l’éducation et aux soins, devenant invisibles aux yeux de l’État. Livrés à eux-mêmes, ils sont exposés à de nouveaux dangers, notamment le recrutement par des groupes armés. Face à cette situation, les Églises jouent un rôle central en offrant accueil et accompagnement, malgré des moyens très limités et l’absence de soutien étatique. Le pasteur appelle ainsi à une mobilisation collective et internationale pour créer des structures d’accueil adaptées, briser la stigmatisation et redonner à ces enfants dignité, identité et avenir.

La conférence de Cyrille Payot, pasteur de l’EPUdF, retrace son expérience comme accompagnateur œcuménique en Cisjordanie dans le cadre du Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel, un programme international visant à protéger les populations et documenter les violations des droits humains. Durant trois mois en 2025, dans un contexte fortement dégradé depuis le Attaques du 7 octobre 2023, il a observé et rapporté de nombreux incidents affectant les civils : restrictions de circulation, violences, démolitions et précarisation. Malgré une présence devenue plus discrète et à l’impact limité, la mission permet un soutien ponctuel et une documentation essentielle relayée à l’international. De retour en France, il insiste sur l’importance du témoignage et appelle à une mobilisation fondée sur la justice, la vérité et le refus de la violence pour envisager une paix durable.