Madagascar au fil des jours : ancrage local, rituels partagés et souvenirs précieux
Depuis six mois, Léonie vit une expérience de volontariat à Madagascar, partagée entre une cantine scolaire et un orphelinat. Si la routine s’est installée, les rencontres et les événements vécus, des ateliers de Pâques aux reboisements en pleine nature, ont laissé une empreinte forte. Elle nous livre ici un témoignage vivant, drôle et émouvant, à l’approche de son départ.

Manao ahoana !
Cela paraît plus difficile d’écrire une lettre de nouvelles après six mois déjà passés ici à Mada, la découverte ayant laissé place à la routine. Mais en y repensant, depuis fin décembre, tellement de choses se sont passées !
À la cantine comme à l’orphelinat, le volontariat suit son cours. À la cantine, on continue de couper des légumes le matin et de prendre des élèves en soutien l’après-midi, avant de terminer la journée à Topaza pour donner des devoirs aux enfants et les corriger. Plutôt que de m’étaler sur ce que je fais depuis le début du volontariat à la cantine scolaire et à l’orphelinat, je vais vous raconter une anecdote pour chacun de ces deux points d’ancrage.
À Madagascar, quand arrive la saison des pluies commence la période des « reboisements », organisés par différentes associations. C’est assez drôle de voir l’importance que cela revêt pour de nombreuses personnes d’aller planter des arbres tandis que de nombreuses autres personnes font brûler la forêt, notamment pour récupérer du charbon. L’orphelinat a pris part à ce traditionnel reboisement, et j’ai donc eu la chance d’y prendre moi aussi part, à 2 reprises. La 1ère fois sur un immense terrain appartenant à la FJKM, à Andanona, où 10 000 arbres auraient été plantés (étant arrivée très tard dans la matinée, je n’en ai planté que 3, c’est pas énorme haha). La 2ème fois, c’était nettement différent, à part les adultes et les enfants et ados de Topaza, il devait y avoir à peine une vingtaine d’autres adultes, et nous avons planté des arbres fruitiers… dont les fruits seront justement récoltés pour l’orphelinat une fois les arbres suffisamment âgés pour en donner ! C’était super de prendre de l’air avec beaucoup plus de jeunes de Topaza que pour le 1er reboisement que nous avions fait, et qui plus est sur le terrain où est initialement né Topaza, bien loin de la capitale.
À la cantine scolaire, les semaines avant les vacances de Pâques ont été rythmées par la préparation des décorations de Pâques pour la salle, et autant vous dire qu’on a beaucoup rigolé. L’idée, c’était de faire peindre à chaque enfant un œuf de Pâques qu’on accrocherait ensuite dans la cantine à une grande corde pour qu’il y ait partout dans la cantine des œufs de Pâques qui flottent au-dessus des têtes des enfants. Sauf qu’ils sont une centaine à manger à la cantine, et qu’il fallait donc vider une centaine d’œufs pour en faire des omelettes, et ce sans les casser. Entre cette matinée de rires à souffler les œufs et l’atelier peinture des œufs par les enfants, cela reste sans doute mon meilleur souvenir de cette année passée à la cantine. Puisqu’il faisait très chaud et très beau, une fois que les grands avaient fini de peindre leurs œufs qui étaient déjà accrochés à la ficelle pour les pendre ensuite dans la cantine, ils se baladaient dehors avec leurs œufs comme si c’était un petit animal qu’ils promenaient, c’était vraiment trop drôle et surtout très mignon.
En dehors du volontariat, j’ai pris l’habitude d’aller voir des films à l’IFM, ce qui rend ma vie culturelle nettement plus développée à Tana qu’en France, je me suis essayée au padel et j’ai vécu la nuit la plus incroyable de ma vie. En effet, nous sommes allées avec notre ami Angelo, qui est entre autres reporter, à Mahamasina pour vivre le nouvel an Malagasy : « Taombaovao ». On était les seules vazaha présentes parmi des centaines de Malagasy, c’était hyper beau et émouvant de pouvoir assister à un tel événement, hyper nationaliste… auquel on n’aurait jamais pu assister sans Angelo.
Je finis de rédiger cette lettre en mai, et le déchirement de quitter en particulier les enfants et les jeunes de Topaza dans pas si longtemps que ça prend de plus en plus de place dans ma tête. En attendant j’essaie quand même de profiter le plus possible de chacun d’entre eux.
Léonie
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