Lévi Ngangura Manyanya et les racines africaines de la Bible

L’Afrique est aujourd’hui le continent où le nombre de chrétiens augmente le plus vite. Si le christianisme reste minoritaire en Afrique du Nord, il est devenu la religion la plus pratiquée en Afrique subsaharienne (63%), devant l’islam (30%) et les religions traditionnelles. Mais si le christianisme africain semble devoir jouer un rôle de plus en plus important dans le christianisme mondial, ce que la Bible doit à l’Afrique reste encore sous-évalué. Dans ses travaux actuels, portant sur la Bible hébraïque et les peuples d’Afrique dans l’Antiquité, le professeur Lévi Ngangura Manyanya tâche de mettre en valeur ces influences. Il effectue en ce moment un séjour de recherche en France, avec le soutien du Défap.

Le professeur Lévi Ngangura Manyanya dans le jardin du Défap © Défap

 

Lévi Ngangura Manyanya est docteur de l’université de Genève et professeur de Bible hébraïque et d’hébreu biblique à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, Goma, en République Démocratique du Congo. Il est aussi, actuellement, Président provincial de l’Église du Christ au Congo/Province du Sud-Kivu (ECC Sud-Kivu), ce qui représente 2,25 millions de membres répartis dans plus de 2500 Églises locales. Travaillant régulièrement avec le Défap, il est en congé recherche en France pour trois mois dans le cadre de ses travaux sur les influences africaines dans la Bible. Il est aussi l’un des rares théologiens africains à être régulièrement publiés en Europe. Pour son livre «L’ancêtre Jacob – Israël et ses origines selon Genèse 25-36», publié en 2014 aux éditions Olivétan, il avait bénéficié d’une bourse du Défap afin de faire des recherches en France. Il avait auparavant écrit «Figures des femmes dans l’Ancien Testament et traditions africaines» (éditions L’Harmattan, avril 2011) et «La fraternité de Jacob et d’Esaü – Quel frère aîné pour Jacob ?» (chez Labor et Fides, octobre 2009).

 

« Tout le monde sait ou presque que le christianisme se développe relativement bien en Afrique et, si le taux de croissance actuel se maintient, l’Afrique sera, sans nul doute, le continent où l’avenir du christianisme va se jouer. Plusieurs explications essaient, chacune à sa manière, de justifier un tel développement. Mais ce à quoi l’on prête souvent moins d’attention est la question de savoir ce que la Bible hébraïque, ou alors la culture juive dont elle constitue le document fondateur et, plus tard, le christianisme naissant qui a profondément marqué la culture occidentale, doit à l’Afrique.

Dans la mesure où l’Afrique semble avoir profondément fécondé la pensée juive et chrétienne — ce que nous allons essayer de démontrer dans cette étude — la Bible hébraïque porte l’empreinte de certaines conceptions, analyses et interprétations souvent développées, d’abord et avant tout, sur le sol africain. Elle occupe donc une place importante dans la formation de la Bible hébraïque.

Par cette étude sur le rôle déterminant joué par l’Afrique dans la formation de la culture juive et chrétienne, nous allons sans a priori examiner des textes bibliques et chercher à comprendre à quel moment, ou pourquoi, telle description des Africains a été mise par écrit par un rédacteur biblique donné. Puis, le contexte historique et l’usage d’autres documents extra-bibliques pourront également nous éclairer sur la manière dont les portraits des Africains se sont construits ou sont entrés dans la Bible. »

Lévi Ngangura Manyanya

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.