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Au sommaire :

« Israël-Palestine, y a- t- il des raisons d’espérer ? »

Date de publication : 04/04/2016

Florence et Michel Taubmann étaient invités le 17 mars à donner une conférence devant une cinquantaine de personnes au Centre 72 de Bois-Colombes sur le thème : "Israël-Palestine, y a- t- il des raisons d’espérer ?" Tous deux ont vécu deux ans et demi en Israël, où Florence a suivi des cours à l’Institut Chrétien d’Etudes juives alors que Michel était journaliste à I24 News, chaîne internationale d’informations diffusées en français, en anglais et en arabe. Voici des extraits de leur intervention.
« Israël-Palestine, y a- t- il des raisons d’espérer ? »

Photo de jérusalem

 

Ce sont d’abord les raisons de désespérer qui ont été évoquées :

Le conflit israélo-palestinien a déserté les feux de l’actualité depuis l’échec des énièmes pourparlers de paix sous l’égide de John Kerry et la meurtrière guerre de Gaza à l’été 2014 (environ 2000 Palestiniens tués, dont beaucoup d’enfants, ainsi que 63 soldats israéliens). Le contexte régional – avec plus de 200 000 morts en Syrie en 5 ans – et international, avec le feu qui ravage le monde musulman de la Tunisie au Pakistan en passant par les attentats en Europe, relativise forcément le conflit, d’autant que « l’Intifada des couteaux », qui a causé une trentaine de morts parmi les Israéliens juifs et près de 200 tués parmi les Palestiniens, n’a pas été suivie d’un soulèvement populaire et est vivement critiquée par nombre d’Arabes israéliens mais aussi par des Palestiniens des territoires occupés.

 

Photo pour un futur projet de l’Institut Interreligieux Elijah Jérusalem http://elijah-interfaith.org

Photo pour un futur projet de l’Institut Interreligieux Elijah Jérusalem http://elijah-interfaith.org

(Source : Thérèse Andrevon Gottstein)

 

Sur le plan politique, la situation parait également désespérante, avec ce paradoxe qu’une bonne majorité des Israéliens reste favorable à la solution des deux Etats, tout en se dotant d’un gouvernement, le plus à droite de l’histoire du pays, qui, en encourageant de nouvelles implantations en Cisjordanie, ne fait rien pour la création d’un Etat palestinien. Mais vivant dans un territoire de la taille de la Normandie, beaucoup d’Israéliens ne veulent pas prendre le risque de voir Daesh s’immiscer dans le pouvoir palestinien, alors que le Hezbollah continue de menacer la frontière avec le Liban, et qu’à Gaza le Hamas, qui conteste toujours l’existence d’Israël et mène le peuple d’une main de fer, fait pourtant figure de modéré face à toutes les factions islamistes en jeu pour lui ravir le pouvoir ?

 

C’est du côté de la société civile que des germes d’espoir se font sentir. Car au milieu de discours fatalistes et très sceptiques, où les uns et les autres s’accusent mutuellement d’être les fauteurs de guerre, existe une coopération économique et sécuritaire contre le terrorisme qui maintient ou construit des relations, et ce malgré le mur et les check-points qui pourrissent la vie des Palestiniens. En Cisjordanie, une majorité des habitants se déclare favorable à la paix. Et les Arabes israéliens - 20% de la population - sont en voie d’une meilleure intégration professionnelle et économique et montrent qu’une coexistence est possible entre Juifs et Arabes.

 

Ville de Jérusalem (Source : Pixabay)

Ville de Jérusalem (Source : Pixabay)

 

Aussi des initiatives intercommunautaires se poursuivent, dans le domaine de l’éducation, de la santé, de la médiation interculturelle, du sport, de l’art, afin de lutter contre les tentations de repli communautaire dues à un sentiment de lassitude après toutes ces années de conflit. Et ce qui peut paraître étonnant, des démarches de paix existent également chez des religieux, juifs et musulmans, qui s’appuient sur leur foi pour créer du vivre-ensemble et exprimer leurs désaccords autrement que par la violence. C’est souvent la reconnaissance de la souffrance de l’autre qui initie la reconnaissance de sa légitimité. C’est ainsi que le cercle des parents endeuillés réunit depuis 1995 des familles palestiniennes et israéliennes qui, à partir d’une même souffrance d’avoir perdu des enfants à cause du conflit, tentent de se mettre à la place de l’autre pour reconnaître sa légitimité.

 

Car tout est là : les enjeux ne sont pas seulement territoriaux mais historiques et symboliques. La Bible n’est pas un cadastre, mais en liant le peuple juif à cette terre elle pose forcément des questions d’interprétation, de légitimité, de situation et reconnaissance des uns et des autres. Dans la résolution du conflit se joue en partie le lien entre l’Orient et l’Occident, entre l’islam, le christianisme et le judaïsme. Il est à la fois essentiel qu’Israël reconnaisse aux Palestiniens leurs droits et leur place, sous peine de perdre son âme, mais aussi que l’islam reconnaisse positivement le rôle du judaïsme et du peuple juif dans sa propre genèse et son histoire, comme l’a fait pour une part le christianisme, depuis la seconde guerre mondiale. 

 

Tout en menant ce travail théologique de longue haleine, c’est en aidant les associations et les mouvements qui travaillent au dialogue et à la réconciliation que l’on peut le mieux aider ceux qui souffrent du conflit. Et en allant nombreux visiter cette terre extraordinaire.

 

Pour aller plus loin : statistiques

Sur Israël / Sur la Palestine

Quelques sites

Tourisme : http://travelpalestine.ps / www.otisrael.com
Médiation interculturelle : http://www.theparentscircle.com / www.friendsofroots.net / www.peres-center.org
Dialogue interreligieux : http://elijah-interfaith.org
Coopération sanitaire : www.uncoeurpourlapaix.org

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