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Entretien avec Christian Bonnet, secrétaire général du Service protestant de mission
janvier 2009
Les suites du Conseil du Défap de janvier 2009 : "Quel Défap les Eglises veulent-elles à l’horizon de 10 ans ?"

Q : Les Eglises qui constituent le Défap ont-elles approuvé dans leurs synodes les priorités de leur engagement missionnaire avec le Défap ?

Quatre des cinq Eglises qui constituent le Défap ont en effet pris le temps dans leurs synodes en 2008 d’étudier le texte sur les priorités missionnaires proposé par le Conseil du Défap et d’y apporter des remarques et des suggestions d’amélioration. Ces remarques ont toutes été intégrées dans le texte par le Conseil du Défap qui a pu, au cours de sa réunion de janvier 2009, en adopter la rédaction définitive. Ce texte sur les priorités de notre engagement missionnaire pour la période 2009-2011 constitue désormais le socle notre travail en commun. Il rappelle à la fois les principes selon lesquels nous voulons agir et les lieux de notre engagement. La convergence des Eglises sur ce texte a permis au Défap de préparer un plan d’action sur les trois prochaines années et notamment de lancer des projets ambitieux qui nécessitaient cet engagement pluriannuel. J’en cite trois parmi d’autres :

-   la construction d’un centre paroissial en Guadeloupe

-   l’appui à l’enseignement primaire à Madagascar

-   la rénovation des locaux de l’église protestante Djibouti sous forme d’un chantier- école.

Q : Suite au conseil d’administration du Défap de janvier 2009, quelles sont les perspectives d’action pour le prochain semestre ? Avec un bel appétit, le Conseil a lancé le Défap sur plusieurs chantiers très importants :

-   le dialogue avec trois Eglises qui sont candidates à un rapprochement, voire une adhésion au Défap : la Mission populaire évangélique, la Communauté des Eglises d’expression africaine en France, l’Eglise protestante malgache de France.

-   La réforme des structures juridiques du Défap avec une refonte des statuts de l’association loi 1901 et la création, dès l’été 2009, d’une fondation abritée au sein de la fondation du protestantisme.

-   La mise en oeuvre du plan d’action dans les cinq domaines prioritaires, tel que les exécutifs du Défap l’ont préparé par leurs missions et leurs contacts tout au long de l’année 2008 : à Madagascar, en Afrique centrale, dans les pays où les chrétiens sont minoritaires, dans les départements d’outre-mer, en Haïti.

-   La mise en oeuvre des orientations prises par l’assemblée générale de la Ceeva dans les Eglises de France et dans nos relations avec les Eglises partenaires : une priorité est donnée à l’animation théologique, aux actions en direction de la jeunesse, aux actions de plaidoyer sur des thèmes comme la migration ou l’accompagnement des personnes atteintes par le VIH/sida.

-   La poursuite d’un travail de réflexion à long terme sur la vocation du Défap, au service des Eglises de France dans leurs relations internationales comme dans leur souci de témoigner de l’Évangile en France. Quel Défap les Eglises veulent-elles à l’horizon de 10 ans ?

-   La création d’un nouvel outil accessible sur Internet permettant aux Eglises locales ou à toute personne un peu curieuse d’accéder à une information précise sur tous les projets soutenus par les Eglises luthériennes réformées en France au travers de leurs partenaires missionnaires. Le Défap va coordonner la création de cet outil qui donnera aussi accès aux projets soutenus par la Ceeva, l’Action chrétienne en Orient, Mission 21 ou les Missions luthériennes.

Q : Le Défap ouvre-il des postes d’envoyés en 2009 ? Pourquoi ?

Oui, le Défap a prévu d’ouvrir des postes nouveaux pour des envoyés en 2009. J’ai déjà parlé de l’enseignement à Madagascar : en plus des deux envoyés que nous avons déjà sur le terrain, nous comptons envoyer quatre personnes supplémentaires à partir de l’été 2009 et pour deux années au moins. La mission conduite en décembre en Haïti par Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, à la demande du Défap, fait ressortir clairement un besoin d’organiser et de développer le réseau d’enseignement protestant dans le pays. Nous avons le projet d’envoyer deux personnes pour travailler en appui sur l’organisation et et les programmes pédagogiques avec la Fédération protestante de l’enseignement.

Ce programme ambitieux se heurte aux contraintes budgétaires du Ministère des affaires étrangères. Il nous a envoyé des signaux selon lesquels la dotation budgétaire accordée au Défap n’augmenterait pas en 2009 par rapport à 2008, ce qui nous poserait un sérieux problème. Rien n’est encore définitif et nous sommes en négociation avec le Ministère à ce sujet.

Q : Pourquoi les départements d’outre-mer restent-ils dans la sphère d’activité du Défap ?

Les Eglises protestantes de type luthéro-réformé que l’on trouve dans les départements d’outre-mer étaient au départ des aumoneries. Elles ont ensuite acquis le statut d’Eglises autonomes et la question s’est posée tout naturellement de savoir à quelle union d’Eglise en métropole il convenait de les rattacher. L’affiliation à une Eglise particulière pose problème :
-   d’abord parce que ces Eglises ont vocation de rassembler très largement les protestants de différentes sensibilités (luthériens, réformés, mais aussi évangéliques)
-   ensuite parce qu’une vie consistoriales ou synodale serait bien difficile à organiser avec des Eglises aussi éloignées géographiquement C’est pourquoi, il a été demandé au Défap d’accompagner ces Eglises, comme pourrait le faire un inspecteur ecclésiastique ou un président de région à l’égard d’une Eglise locale. C’est donc le Défap qui recrute le pasteur, qui l’envoie, qui le visite régulièrement et qui subventionne l’Eglise locale pour lui permettre d’assumer la charge financière de cette desserte pastorale. Même une Eglise comme l’Eglises protestante de la Réunion, qui parviendra à d’ici quelques années à financer elle-même l’intégralité du coût du poste pastoral, ne souhaite pas rompre pour autant ce lien spirituel et symbolique avec les Eglises de France à travers le Défap. Le rôle dévolu au Défap n’est donc pas contesté pour l’instant, aucune Eglise de France n’ayant le désir d’assumer à elle seule la charge de l’accompagnement pastoral et financier de ces Eglises d’outre-mer.

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Le dépliant de présentation du Défap en 2009