![]() |
![]() |
|||||
| Contact /BOUCLE_menuhoriz> | ||||||
|
In English Un service d’Eglises Nos partenaires Calendrier Assemblée générale 2010 Réflexions, entretiens Kit de com
Journées du patrimoine 2010 Djibouti Animation rurale Avec la Cevaa Outre-mer Formation théologique Education |
Entretien avec Leila Babès : "Se convertir est un droit fondamental"
propos recueillis par Linda Caille
150 Maghrébins demandent
le baptême chaque année
au sein de l’Église catholique.
Ils sont sûrement
trois à quatre fois plus
à grossir les rangs
des Églises et groupes évangéliques. L’Église orthodoxe ne relève pas de demande de ce type.
Par contre, ils seraient 50 000
à se convertir à l’Islam,
selon certaines estimations.
En quoi la conversion à une autre religion est-elle l’affirmation d’une liberté personnelle ? Je dirais que c’est plutôt la liberté de conscience qui constitue l’une des valeurs fondamentales de la modernité et des droits de l’Homme qui permet à l’individu de croire ou de ne pas croire, ou de choisir sa religion sans risquer d’être poursuivi, banni, ou menacé dans son intégrité physique ou morale. Toutes les religions n’admettent pas que leurs fidèles changent de credo, mais ce libre choix offert à l’individu comme un droit fondamental est concomitant d’une perte pour les Églises du contrôle qu’elles exerçaient sur la société et sur les hommes. Dans les sociétés modernes, la loi de l’État de droit est la même pour tous les citoyens, et se place au-dessus de toutes les lois religieuses lesquelles sont d’ailleurs devenues caduques. Une religion qui accepte que ses fidèles la délaissent est-elle une religion qui se modernise ? Comme je l’ai dit, les grandes religions n’acceptent jamais que leurs fidèles les délaissent. Mais dans les pays où la liberté de conscience est devenue un droit constitutionnel, les religions sont forcées de s’adapter et de respecter ce cadre de loi. La modernité d’une religion - si tant est que cette formulation soit juste - n’est pas dans le fait d’accepter que ses fidèles abandonnent leur ancien credo, mais d’admettre que cela est possible, et que les méthodes traditionnelles du contrôle des consciences comme la pression communautaire, les mesures d’intimidation, les menaces d’excommunication, en bref, toutes les atteintes physiques ou morales aux droits de l’Homme, sont définitivement révolues. Les enquêtes sociologiques montrent clairement l’exigence de la majorité des croyants - y compris les pratiquants - de vivre une religiosité libre et de moins en moins institutionnalisée, exigence que les Églises ont d’ailleurs parfaitement intégrée. La conversion est-elle le dernier tabou dans le dialogue interreligieux ? Le phénomène de conversion n’est pas une obligation, mais un libre choix. Il est effectivement souhaitable que les religions acceptent ce droit, cette liberté individuelle, qui ne peut que faciliter la pratique du dialogue interreligieux. Mais il y a une différence entre le libre choix et une politique de conversion planifiée par une religion en direction des adeptes d’une autre religion. Je ne crois pas que dans ce dernier cas la compétition, la course aux fidèles appartenant à une autre confession, soit propice au dialogue. Certaines communautés protestantes évangéliques revendiquent nombre de conversions de Maghrébins au christianisme. En quoi une lecture de la Bible de type évangélique se rapproche-t-elle d’une lecture littérale du Coran ? On a effectivement parlé d’un phénomène d’évangélisation dans certaines régions du Maghreb, en Kabylie notamment. Les informations dont je dispose incitent à réviser à la baisse les chiffres qui avaient été avancés, d’autant plus que cette affaire a fait l’objet d’une polémique dans la presse algérienne, et a eu pour effet une dramatisation des faits. Néanmoins, les avancées des mouvements évangéliques dans le monde sont réelles. Je ne crois pas pour ma part que l’adhésion des Maghrébins en question à ces Églises procède d’une lecture comparée du Coran et de la Bible. Les raisons de cette séduction sont probablement diverses. S’agissant du rapport aux Textes fondateurs, la figure de Jésus, qui occupe une place centrale dans le Coran, a dû être déterminante, comme modèle d’amour et de compassion. Face à des courants islamiques extrémistes pour qui l’usage de la violence est une méthode systématique, on comprend que certaines personnes nées de confession musulmane puissent être attirées par un credo qui place ces valeurs humanistes au centre de leur dispositif. C’est du moins, me semble- t-il, cette image qui a joué dans ces conversions. Je ne suis pas sûre toutefois que ces convertis soient suffisamment informés de la nature des mouvements qu’ils ont choisis, et qu’ils aient compris qu’ils ont affaire à des fondamentalistes. Aussi suis-je tentée de dire qu’il y a peu de chance que ces courants aient quelque succès en terre d’islam. Leïla Babès est professeur de sociologie des religions à l’université catholique de Lille. Elle vient de publier Le voile démystifié, Bayard 2004. Elle est aussi l’auteur avec Tareq Oubrou de Loi d’Allah, loi des hommes, liberté, égalité et femmes en Islam, paru chez Albin Michel en 2002, ainsi que l’Islam intérieur, Passion et désenchantement, Ed. Al-Bouraq, 2000 et de l’Islam positif. La religion des jeunes musulmans de France , Ed. de l’Atelier, 1997 |
|||||
|
defap.fr©2005 . infos éditeur
Conception graphique et maîtrise d'oeuvre : TwinfishDesign | Développement et hébergement : Wipsa
Sites partenaires : Cevaa - Communauté d’Eglises en Mission   DM - échange et mission   EELF - Eglise Evangélique Luthérienne de France   EPAL - Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine   ERF - Eglise Réformée de France   FPF - Fédération Protestante de France   UNEREI - Union Nationale des Eglises Réformées Evangéliques Indépendantes de France   |
||||||