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Définition : qu’est-ce qu’un protestantisme de conversion ?
Entretien avec Sébastien Fath, sociologue des religions
On parle d’Églises évangéliques pour désigner des Églises protestantes, mais il existe des Églises évangéliques au sens plus particulier du terme. Qu’est-ce qui relève de l’évangélisme ?

Sébastien Fath : S’il faut donner une définition en une seule phrase, je dirais que l’évangélisme est un protestantisme de conversion. Si l’on veut développer, je citerais la définition de l’historien britannique David Bebbington qui dégage quatre critères : La conversion, c’est-à-dire le changement radical de vie suite à l’expérience religieuse, en l’occurrence, la rencontre avec le Christ. Le biblicisme, la centralité de la Bible comprise non seulement comme contenant la Parole de Dieu, mais comme étant aussi véritablement cette Parole, parfaitement normative dans tous les domaines de la vie. Le militantisme, qui incite le chrétien converti à traduire son expérience par un engagement, un témoignage qui implique, à mon sens, assez nettement une « Église de professants » dans laquelle on entre suite à la profession personnelle de sa foi. Le crucicentrisme, dont parle le théologien anglican évangélique John Stott. Cette centralité de la croix invite à lire l’événement de la croix comme le point crucial de l’histoire humaine, le salut ne passant que par la croix. C’est un thème en principe très rémanent dans les prédications évangéliques.

Sébastien Fath est chercheur au groupe de sociologie des religions et de la laïcité (GSRL), laboratoire mixte entre CNRS et l’EHESS (École pratique des hautes études). Il est l’auteur de, Dieu bénisse l’Amérique, la religion de la Maison Blanche (Seuil, 2004).