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Trois mois à Jérusalem, «cité de paix»

Date de publication : 10/04/2018

Pour Charlotte, jeune protestante qui a effectué une mission d'accompagnement œcuménique à Jérusalem dans le cadre du programme EAPPI, «la paix n'est ni dans la rue ni dans les esprits». À travers ses lettres, dont nous vous fournissons trois extraits, elle raconte les tensions sur place, décrit les missions de ce programme créé par le Conseil œcuménique des Églises, porté en France par la FPF et dont les candidats sont recrutés par le Défap.
Des soldats israéliens dans une rue de la vieille ville de Jérusalem © Charlotte pour EAPPI

 

«Jérusalem signifie étymologiquement «cité de paix». Ce n’est pas ce que j’ai observé. (...) La paix n’est ni dans la rue ni dans les esprits. Les jeunes craignent de se faire arrêter sur le chemin du lycée, accusés à tort d’un crime non commis. Les bédouins craignent que leurs maisons, en même temps que leur culture, soient démolies (...).

Lors de nos rondes dans la vieille ville, nous passions régulièrement devant la chapelle de Véronique, celle qui aurait donné son voile à Jésus pour qu’il s’essuie le visage lors du chemin de croix. Elle n’a pas changé le cours des choses, mais elle l’a soulagé de son fardeau pour un instant.

C’est ainsi que je vois ma mission d’accompagnement. Nous ne résolvons pas le conflit, nous essayons d’alléger le quotidien en faisant preuve de solidarité et d’humanité sous le signe de la non-violence et du respect des droits de l’homme. Car dans cette terre berceau de l’humanité, bien peu en font preuve(...).»

 

 

EAPPI et les missions des accompagnateurs œcuméniques

Pour aller plus loin :

«J’ai passé trois mois à Jérusalem. Et voici les missions des accompagnateurs œcuméniques : 

Nous surveillions l’accès au travail, à l’éducation et au lieu de culte. Nous assurions plusieurs fois par semaine une présence au checkpoints de Qalandiya. C’est la première humiliation de la journée. Attendre en ligne des heures qu’on les contrôle ainsi que tous les permis qui régissent leur vie. La ligne prioritaire étant toujours fermée, il est communément admis que les vieilles personnes et les femmes peuvent passer devant. Nous étions aussi présents au checkpoint via Dolorosa dans la vieille ville. Les lycéens y passent tous les jours et se font fouiller et vérifier leur identité par des soldats agressifs. 10 lycéens mineurs d’un même lycée ont fait de la prison durant mon séjour.

Nous visitions de manière hebdomadaire plusieurs villages bédouins. Visiter ces communautés d’anciens nomades enfermées entre le mur, des autoroutes et les colonies m’a particulièrement touchée. Le nomadisme est pour moi un symbole de liberté. Mais ici, ils sont dans une prison à ciel ouvert. Ne pouvant déjà plus se déplacer au gré des saisons, ils se battent pour maintenir ce qui reste de leur mode de vie et de leur terre.

Nous soutenions aussi les manifestations non-violentes menées par les Israéliens pacifistes. Ils se battent pour et au côté des Palestiniens pour mettre fin à l’occupation et aux colonies. La vie n’est pas facile non plus de leur côté du mur. Insultés, agressés, accusés de traitrise, ils portent les couleurs de la Palestine.

Nous assistions aux nombreuses démolitions. Ces démolitions ont pour motif l’absence de permis, sachant que seulement 13% du territoire reste à l’usage des Palestiniens, et que l’application de punitions collectives est interdite par le droit international (...).»

 

Combattre la violence par la non-violence

L'Esplanade des Mosquées, lieu concentrant les tensions © Charlotte pour EAPPI

«EAPPI est un programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël. Ses piliers sont l’impartialité et la non-violence. Ces deux concepts paraissent compliqués à concilier avec le conflit israélo-palestinien, mais ils étaient pourtant indispensables à respecter. Combattre la violence par la non-violence. Certains diront que c’est une utopie, je dirai que c’est le meilleur moyen. En effet, lui seul montre l’irrationalité et l’injustice de l’usage de la violence. Faire preuve de vulnérabilité dénonce l’agressivité.

On m’a demandé avant de partir, si j’allais porter un gilet par balle, ce à quoi j’ai toujours répondu : «non, mais je porterai un gilet avec une colombe pour me protéger». Une colombe contre une arme est un symbole plus fort.»

Retrouvez ci-dessous quelques images de la mission de Charlotte à Jérusalem :

 

EAPPI : un programme et des témoins
Le programme EAPPI (Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel) du COE (Conseil œcuménique des Églises) est porté par le protestantisme français depuis ses origines en 2002. Il est aujourd’hui coordonné en France par Jacques Toureille et Bertrand Vergniol. Les candidats sont recrutés par l’intermédiaire du Défap. Décrire à leur retour ce qu’ils ont vécu, à travers des lettres ou des cycles de conférences, fait partie de leur engagement dans le programme EAPPI. Témoins de la non-communication ou des difficultés à vivre et à comprendre les autres, les accompagnateurs EAPPI ont parfois été témoins de scènes violentes qu’ils partagent avec beaucoup d’émotion. Charlotte, après ses trois mois passés à Jérusalem, est de nouveau à Paris, et a entamé un cycle de conférences de sensibilisation à la situation dans le cadre universitaire, associatif, cultuel et médiatique.

 

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