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«Transformer et guérir un monde qui souffre»

Date de publication : 12/03/2018

Accepter de se laisser transformer par l'Esprit, pour pouvoir devenir des agents de transformation d'un monde qui souffre : telle était la teneur du discours d'ouverture du secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, au premier jour de la Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation d'Arusha. Mais si la souffrance et les besoins sont largement visibles, si l'idée est d'aller vers les marges, reste à déterminer quelles sont ces marges, et par rapport à quel "centre"...
Participants de la conférence d'Arusha du Conseil œcuménique des Églises. Photo: © Albin Hillert/COE

«Nous ne sommes pas simplement ici pour discuter, en tant qu’experts en œcuménisme ou en missiologie. Nous sommes ici pour nous interroger, pour écouter, pour comprendre quelle est la transformation à laquelle Dieu nous appelle.» C’est par ces mots qu’Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE) a ouvert le jeudi 8 mars la Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation à Arusha, en Tanzanie, sous le thème «Agir selon l’Esprit: appelés à être des disciples transformés.» En cette année 2018, le thème de la Conférence a été établi à partir du passage biblique de Galates 5.25 : «Si nous vivons par l’Esprit, laissons-nous aussi conduire par l’Esprit.» Le défi lors de cette Conférence est de comprendre ce que signifie pour les Églises, leurs membres et toutes celles et tous ceux qui travaillent en lien avec la mission, que d’être transformés par l’Esprit Saint, et ce que signifie participer à l’action de l’Esprit pour transformer et guérir un monde qui souffre. Plus d’un millier de participants du monde entier se sont rassemblés pour l’événement, organisé par l’Église évangélique luthérienne en Tanzanie, qui se termine le 13 mars.

La première Conférence missionnaire mondiale s’était tenue à Édimbourg, en Écosse, en 1910, et cette date est depuis considérée comme marquant le début du mouvement œcuménique international. Depuis lors, une série de conférences ont été organisées toutes les décennies. Lorsque le Conseil international des missions, l’un des fruits d’Édimbourg, a été incorporé au Conseil œcuménique des Églises en 1961, ce dernier a repris la tâche consistant à organiser régulièrement des Conférences missionnaires, à travers la création d’une Commission de mission et d’évangélisation (CME). Le but étant d’offrir aux Églises, aux personnes et aux mouvements impliqués dans les travaux de mission et de témoignage, de partager des réflexions, des expériences, des questions et des découvertes concernant les contenus et les méthodes du témoignage chrétien aujourd’hui. Avec pour objectif de permettre aux Églises et aux organisations missionnaires de mieux travailler ensemble dans la mission.

La mission et les marges

Pour aller plus loin :

Ces conférences mondiales sur la mission permettent aussi aux membres du COE de vivre concrètement une forme d’œcuménisme «plus large» grâce à la pleine participation des délégués de l’Église catholique romaine, présents aux côtés de ceux des églises évangéliques et pentecôtistes, et des mouvements missionnaires.

Mais qu’entend-on aujourd’hui par des termes tels que la mission et l’évangélisation? Beaucoup de choses ont changé depuis 1910 et la conférence d’Édimbourg. Par rapport à la conception de la mission alors en vigueur, qui mettait surtout l’accent sur l’implantation d’Églises et sur l’évangélisation, la réflexion et les pratiques des Églises ont radicalement évolué. Pour beaucoup d’entre elles il s’agit plutôt aujourd’hui de chercher à travailler avec les populations dans les zones de conflit, dans les régions du monde les plus touchées par le changement climatique, et dans des situations où la survie économique et les droits des populations sont menacés. Ce long processus de déconstruction et de reconsidération du concept de mission a été possible grâce à l’inclusion et à l’écoute de la pluralité des voix, cultures, regards, pratiques, besoins qui composent la mosaïque humaine et les Églises : les voix et les critiques des femmes, des jeunes, des populations du Sud, des minorités, des personnes handicapées, des marginalisés et des exclus.

Participants de la conférence d'Arusha du Conseil œcuménique des Églises. Photo: © Albin Hillert/COE

Un processus de long terme, toujours en cours, et qui provoque encore aujourd’hui de profonds questionnements, comme en témoigne le pasteur Gwenaël Boulet, représentant de l'Église protestante unie de France, qui suit sur ce blog dédié la conférence d'Arusha. «L’essentiel des conférences, études et échanges, note-t-il, portent sur la mission du disciple à aller vers les marges : les aveugles, les affamés, les boiteux, les prisonniers de notre époque. Autant le dire, il y a comme un air de théologie de la libération qui souffle par ici. Je dirai même une théologie de la libération à l’heure africaine, rythmée par les chœurs qui bien souvent sont accompagnés de danses (...) Allons vers les marges, car c’est là que Dieu nous appelle ! Oui, oui bien sûr, comment dire le contraire ? Comment ne pas reconnaître qu’il y a des personnes qui ne sont pas entendues, sur lesquelles le regard porte à peine et qui sont aujourd’hui ce Christ qui a faim, qui a soif, qui est captif, dont nous parle l’Évangile ? Comment en chrétiens pouvons-nous ignorer des réalités que l’Évangile nous appelle à transformer ?»

«Mais de quelles marges parlons-nous réellement ? Du Sud pauvre, dont le Nord riche serait le centre ? Des jeunes, des femmes, des handicapés, dont les vieux, les hommes, les personnes valides seraient le centre ? Des personnes sans Église, des personnes qui n’ont jamais entendu l’Évangile, des personnes de l’autre côté du seuil, dont il conviendrait encore de définir le centre ? (...) Pour l’heure la conférence a fait le choix de définir les jeunes, les femmes et les Africains comme des marges et de leur donner la parole.»

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