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Formation des envoyés : huit candidats au grand départ

Date de publication : 12/09/2017

En ce mois de septembre, une deuxième session de formation des envoyés a lieu au 102 boulevard Arago. Un moment crucial pour les candidats au départ, qui leur permet de faire le point sur leurs motivations, de se préparer aux réalités concrètes de leur future mission et du pays dans lequel ils seront amenés à travailler... Mais c'est aussi une tranche de vie indispensable qui leur donne l'occasion de se rencontrer et d'échanger avec les membres de l'équipe du Défap qui assureront leur suivi.

ÊTRE ENVOYÉ
Missions longues ou courtes, statuts des envoyés, sécurité : tout ce qu'il faut savoir

Septembre 2017 : première journée de la session de formation des envoyés © F. Lefebvre, Défap

Assise au bout d'une branche du "U" que forment les tables face à l'écran de projection, Laura Casorio s'adresse aux candidats au départ. "Nous sommes ici dans la salle de cours du Défap. Au XIXème siècle, la formation durait deux ans. On ne partait pas pour un an ou deux, mais... pour toute une vie. Et il fallait apprendre tout ce qui était nécessaire pour se débrouiller sur place. Y compris à construire sa propre case, sitôt qu'on débarquerait dans un pays d'Afrique." L'assistance écoute, attentive, observe les étagères décorées de tissus de couleurs venus du Sénégal, du Congo : "Ici, il y avait une véritable bibliothèque", commente l'intervenante, avant de glisser quelques mots sur les nombreux objets, parfois d'une grande valeur ethnologique ou historique, parvenus du bout du monde jusqu'au 102 boulevard Arago à l'occasion de ces voyages au long cours.

Nous sommes au deuxième étage du bâtiment du Défap, en plein Paris, mais la rumeur de la ville se fait déjà lointaine. Laura Casorio, chargée de la formation et du suivi des envoyés au sein du pôle RSI (Relations et Solidarités Internationales), a devant elle huit candidats au grand départ. C'est un petit groupe, comparé à celui du mois de juillet (22 personnes en tout) ; mais cette année, pour des raisons administratives, il n'a pas été possible de former tous les futurs envoyés au début de l'été, et une deuxième session a été rendue nécessaire en ce mois de septembre. Une session ramassée, cinq jours en tout, mais tout aussi riche : pendant une petite semaine, tous vont vivre ensemble au sein de la grande maison du boulevard Arago, où tout rappelle les relations tissées au fil de plus d'un siècle et demi d'échanges avec des pays lointains. Le Sénégal ou le Bénin, par exemple : c'est à des missions dans ces pays que se destinent Sarah, 19 ans, ancienne étudiante en théâtre et en musicologie, ou Chloé, 24 ans, enseignante en disponibilité. Tout comme Nathanaël, 23 ans, qui a une formation dans le domaine de la santé, ou Raphaël, 23 ans, venu d'Alsace et qui a suivi des études dans le domaine des sciences du sport. Marine, étudiante en droit de Montpellier, vise plutôt l'Egypte. Pour Camille, c'est plutôt le Congo-Brazzaville...

Une aventure dont on sort changé

Pour aller plus loin :
- Partir pour une mission longue avec le Défap
- Les envois courts

- Le statut de VSI : Volontaire de Solidarité Internationale

- France Volontaires, plateforme des volontariats internationaux d'échange et de solidarité
- La formation Sécurité des envoyés

Tous ces futurs envoyés sont jeunes, avec des expériences différentes de l'international, mais tous s'inscrivent déjà dans la longue lignée des échanges qui sont la marque du Défap. "Vous, vous allez partir, souligne d'ailleurs le pasteur Jean-Luc Blanc, responsable du pôle RSI, mais d'autres viennent en France par l'intermédiaire du Défap : des boursiers, par exemple. Et parmi les personnes avec lesquelles vous allez travailler au cours de votre mission, beaucoup ont connu le Défap à l'occasion d'un tel échange." Effet direct de ces relations de long terme, les envoyés peuvent s'attendre à être accueillis, encadrés, intégrés dès leur arrivée dans une communauté - bien loin de la solitude qui guette souvent les salariés expatriés. Avec des conséquences non négligeables à la fois sur leur travail et leur vie quotidienne, mais aussi sur leur sécurité : "Ce qui vous protège durant votre mission, insiste Jean-Luc Blanc, ce n'est pas la serrure de votre porte : c'est le fait que vous êtes reconnus membres d'une communauté, et respectés en tant que tels."

S'il ne faut aujourd'hui que quelques heures de vol pour se retrouver à l'autre bout de la planète, partir pour quelques mois ou un an comme volontaire, en mission dans un pays lointain, n'en reste pas moins une aventure. On en sort nécessairement changé. Pas question de s'y embarquer à la légère. Et se préparer au départ, c'est déjà partir un peu : se projeter dans un autre contexte culturel, se confronter à d'autres manières de vivre... et interroger ses propres motivations. Pourquoi partir en volontariat à l'étranger ? Qu'espère-t-on trouver ? A quelles réalités se retrouvera-t-on mêlé ? Pour les futurs envoyés, le temps de la formation au 102 boulevard Arago, au sein du vénérable bâtiment de l'ancienne Société des Missions Evangéliques de Paris, est déjà l'occasion de remettre en cause quelques certitudes. Notamment celles qui concernent la place du religieux, dans des pays où la laïcité, telle qu'elle est comprise et vécue en France, n'existe pas. Le programme de la formation explore des sujets cruciaux : santé, sécurité, formation civique et citoyenne, équilibre psycho-affectif, questions administratives... mais aussi crises et conflits en milieu interculturel, relations avec l'Eglise d'accueil, relations entre chrétiens et croyants d'une autre confession...

L'occasion pour les futurs envoyés d'apprendre à se connaître

La session de septembre 2017 de formation des envoyés © F. Lefebvre, Défap

Qu'ils partent sous le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) ou à l'occasion d'un service civique, pour quelques mois ou pour une mission plus longue, les futurs envoyés doivent tous passer par cette étape de la formation. Elle marque l'aboutissement d'une procédure de trois à six mois au cours de laquelle ils ont rencontré les membres de la CEP (Commission Echange de Personnes) pour faire le point sur leur projet, évaluer leurs compétences professionnelles, leurs aptitudes personnelles. Puis vient la formation, étape qui constitue une obligation légale, notamment au vu des enjeux de sécurité, mais qui représente surtout pour le Défap le moyen de leur fournir des outils pour pouvoir s'adapter aux enjeux d'un autre pays, d'une autre société, d'autres manières de vivre où le confort peut être des plus rudimentaires ; et les préparer à vivre une expérience qui les obligera à sortir de tous leurs cadres. Une tranche de vie irremplaçable, mais qui nécessite des bases bien établies.

Mais le temps de la formation, c'est aussi l'occasion pour les futurs envoyés de se rencontrer et d'apprendre à se connaître avant de se retrouver dispersés pour de nombreux mois ; l'occasion de parler avec les membres de l'équipe du Défap qui, depuis Paris, accompagneront leur mission sur le plan administratif, assureront leur suivi, resteront en contact avec eux et avec ceux qui s'apprêtent à les accueillir. C'est encore un temps pour faire groupe, rire ou chanter ensemble, partager des repas. Avant même leur départ, les futurs envoyés sont déjà un peu en mission.

Franck Lefebvre-Billiez

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