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Comment l'Église de Guadeloupe prend racine

Date de publication : 30/01/2015

Le début de la construction du centre protestant réformé de Guadeloupe, dont la première pierre a été posée le 24 janvier par la présidente du conseil presbytéral Marie-Laure Abinne, marque un tournant pour cette communauté en croissance. Principalement constituée, à l'origine, de familles venues de métropole et connaissant un fort taux de renouvellement, elle a su s'ouvrir à la société guadeloupéenne. "Fixer ses racines", selon le mot du pasteur Dimier. Notamment à travers son association diaconale "Men a lespwa"... Aujourd'hui, sa composition est à l'image de la Guadeloupe, et elle aspire à être présente dans les diverses îles de l'archipel. Mais pour cela, il lui faut un lieu visible, un centre à partir duquel elle puisse rayonner.

ACTUALITÉS ET FICHE PAYS
Le point sur la Guadeloupe et les actions du Défap

>> Soutien aux communautés protestantes d’Outre-mer <<
>> "Un nouveau temple pour les réformés de l'Église" : article sur le site de France-Antilles <<
>> Le site de l'Église protestante de Guadeloupe... <<
>> ... et la page de l'association diaconale "Men a lespwa" <<
>> Le site de Global Ministries <<
>> ... et une interview d'une envoyée de Global Ministries en Guadeloupe (archive) <<

 

Membres du conseil presbytéral sur le terrain acquis par l'Église protestante de Guadeloupe © Église protestante de Guadeloupe

Au sein de l'ensemble que composent les Églises Protestantes Réformées dans la Caraïbe, l'Église de Guadeloupe est une petite communauté : une trentaine de familles. Mais une communauté vivante, dynamique, en croissance, et qui aspire à porter son témoignage dans la société guadeloupéenne. C'est dans ce projet que s'inscrit le chantier qui a été officiellement lancé le samedi 24 janvier 2015 à Petit-Pérou, aux Abymes. Ce jour-là, la présidente du conseil presbytéral, Marie-Laure Abinne, a symboliquement posé la première pierre du futur centre protestant réformé de Guadeloupe. La cérémonie a eu lieu en présence du pasteur Jean-Pierre Anzala, envoyé du Défap, mais aussi de Monseigneur Jean-Yves Ricoreux et du père Blanchard, de l'Église catholique, ainsi que du père Nicholas Taza (maronite). Témoignant ainsi de la qualité du dialogue œcuménique en Guadeloupe... Ce moment clé de la vie de la paroisse protestante a été suivi par la presse locale (retrouvez ci-dessous une reproduction de l'article publié dans France-Antilles et accédez, en cliquant sur la photo, au texte en ligne sur le site du journal).

L'Église de Guadeloupe est jeune : elle est née dans les années 90, lorsque la fin du service militaire obligatoire en France a conduit à la réduction du dispositif des aumôneries militaires. Elle s'inscrit dans une société où les pratiques religieuses sont très présentes, et qui voit une diminution régulière de l'influence de l'Église catholique face à des mouvements d'implantation plus récente comme les adventistes ou les Témoins de Jéhovah. La communauté protestante guadeloupéenne fait partie des Églises de sensibilité luthéro-réformées présentes aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, que le Défap accompagne notamment en contribuant à financer des postes pastoraux. Dans le cas présent, l'accompagnement va plus loin, puisque le Défap est impliqué dans le montage financier pour acquérir le terrain et lancer les travaux du futur centre de Petit-Pérou...

« L'Église doit fixer ses racines »

 

Culte lors de la pose de la première pierre

M.-L. Abinne : un projet pour « accueillir et accompagner »

Pour Marie-Laure Abinne, l'enjeu est tout simplement de pérenniser et développer l'Église protestante de Guadeloupe. Par nature multiculturelle et multiethnique, elle a longtemps été composée en grande partie de personnes de passage, originaires de métropole, qui venaient travailler pour quelques mois ou quelques années avant de repartir. La présidente du conseil presbytéral se souvient d'une communauté protestante « qui se renouvelait souvent : dès lors, difficile de se fixer, de faire des projets. C'était un petit groupe : on parlait d'ailleurs de "paroisse" plutôt que "d'Église". Mais quand je suis arrivée, le pasteur Dimier, qui m'a accueillie, m'a tout de suite dit que l'Église était destinée à fixer ses racines. Que notre objectif devait être de faire venir les Guadeloupéens "de souche". » Au fil des années, ce même objectif a mobilisé les pasteurs qui se sont succédé en Guadeloupe, de Claude Gillet à Jean-Pierre Barlet en passant par Pascal Hickel, et toute la petite communauté protestante autour d'eux.

Des efforts persistants et, à la longue, payants, comme en témoigne aujourd'hui Marie-Laure Abinne : « L'investissement des familles sur place, la régularité des cultes et les nombreuses activités ont permis à cette Église de grandir. Si elle reste encore petite par la taille, elle est désormais véritablement à l'image de la Guadeloupe. On y trouve des paroissiens européens, des paroissiens afro-descendants, une communauté malgache (venue pour des raisons professionnelles). On y trouve même, ajoute avec un sourire la présidente du conseil presbytéral, de manière récurrente, un petit groupe d'Alsaciens. Il se renouvelle régulièrement - certaines familles arrivent, d'autres partent - mais nous avons toujours nos Alsaciens... »

L'importance de l'accompagnement des sortants de prison

Pose de la première pierre : photo de presse © France-Antilles

Parmi les nombreuses activités qui ont permis à l'Église de s'ouvrir à la société guadeloupéenne, "Men a lespwa" ("Main de l'espoir") occupe une place particulière. Il s'agit d'accompagner les sortants de prison et les Personnes Placées Sous Main de Justice (PPSMJ) - en particulier les jeunes. Depuis longtemps, l'aumônerie des prisons est une activité essentielle du pasteur et occupe une bonne partie de son temps. L'implication de bénévoles, et l'idée de créer une association diaconale, en ont logiquement découlé. Aujourd'hui, cette association est l'un des principaux outils de témoignage et favorise la visibilité de la communauté protestante dans le département. Elle a su se professionnaliser tout en étant toujours animée par des bénévoles : « Nous avons un partenariat avec une société missionnaire américaine, Global Ministries, détaille Marie-Laure Abinne. C'est elle qui, en lien avec le Défap, met à notre disposition un professionnel pour assurer l'encadrement des bénévoles de notre association diaconale. Nous pouvons compter ainsi tout à la fois sur l'engagement des bénévoles et sur le professionnalisme de l'encadrement, et nous espérons développer d'autres activités pour améliorer encore notre visibilité au sein de la population guadeloupéenne. »

Mais pour cela, il faut un lieu. La communauté protestante guadeloupéenne a depuis longtemps de bonnes relations avec une communauté de dominicaines située à Petit-Pérou, qui accueille les cultes les 2ème et 4ème dimanche de chaque mois, à 10h. « Mais pour être pris au sérieux, il faut que nous ayons notre propre adresse », souligne Marie-Laure Abinne. « C'est la condition essentielle pour nous différencier de la multiplicité des associations qui, en Guadeloupe, se créent dans tous les domaines. » Dans le paysage religieux guadeloupéen, où les groupes les plus divers n'hésitent pas à afficher leurs convictions sous la forme très concrète de panneaux publicitaires, ne pas avoir d'adresse, un lieu propre où accueillir les nouveaux venus, est un véritable frein au témoignage d'une Église... L'occasion d'obtenir un tel lieu s'est présentée à partir du milieu des années 2000 lorsque les sœurs dominicaines ont envisagé de vendre, par tranches, tout d'abord une partie de leur terrain, puis la chapelle, puis un ensemble immobilier plus vaste comprenant l'habitation proprement dite des religieuses, ainsi qu'une bibliothèque, des chambres d'accueil, une salle polyvalente... Une occasion inespérée pour la communauté protestante de Guadeloupe ; mais également un projet de grande ampleur, pour lequel il lui fallait absolument trouver des partenaires solides. Réussir le montage du financement a pris plusieurs années. L'Église protestante unie de France, la Fondation du protestantisme et le Défap (à travers sa fondation individualisée) ont été approchés et ont accepté de participer.

Rayonner vers le reste de l'archipel

Le conseil presbytéral lors de la visite de Bertand Vergniol, secrétaire général du Défap © Église protestante de Guadeloupe

La première phase du projet est désormais en route : sur la première partie du terrain, acquise auprès des sœurs dominicaines, va être édifié un presbytère. L'objectif au cours des prochaines années étant de réaliser, comme le décrit Marie-Laure Abinne « un projet global centré sur l'accueil et l'accompagnement. Dans un premier temps, à travers "Men a lespwa", nous avons commencé à accompagner les jeunes sortants de prison ; dans un deuxième temps, nous envisageons d'accompagner des citoyens qui pourraient avoir besoin d'une aide spirituelle... Il pourrait s'agir de Guadeloupéens ou de personnes venues d'ailleurs, qui voudraient venir en Guadeloupe pour allier accompagnement spirituel et tourisme ; les chambres et les salles de réunion devraient nous permettre de faire à la fois de l'hébergement et des sessions de prière communes. Quant à la grande salle modulaire, elle permettrait à la fois de créer de petits espaces pour accompagner les personnes en demande, et de donner à "Men a lespwa" les locaux dont elle est, elle aussi, encore dépourvue aujourd'hui... »

Au-delà, l'Église protestante de Guadeloupe compte sur ce centre pour pouvoir rayonner vers les autres îles de l'archipel. « Notre Église est aujourd'hui implantée au cœur des deux principales îles, la Grande-Terre et la Basse-Terre, décrit la présidente du conseil presbytéral. Mais nous ne devons pas y cantonner nos actions. Nous voulons être présents aussi à Marie-Galante, à La Désirade... Dans l'archipel des Saintes, il y a une famille de Terre-de-Haut, qui fait régulièrement le trajet jusqu'à chez nous. Nous avons déjà eu l'occasion d'organiser un culte dans cette île ; nous comptons, dans l'avenir, organiser d'autres cultes décentralisés... »

Franck Lefebvre-Billiez

En guise de conclusion : cliquez sur la reproduction d'article ci-dessous pour lire le texte du reportage sur le site de France-Antilles :

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